Pénibilité et libéralisme
C'est très clair.
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mercredi, janvier 06, 2016
mardi, décembre 09, 2014
Les cheminées au bois des Parisiens polluent autant que le véhicules diesel ? On nous prend vraiment pour des cons
Pour justifier l'interdiction des feux dans les cheminées en région parisienne, on nous raconte qu'ils polluent autant que la circulation des véhicules diesel.
C'est invraisemblable, on nous prend vraiment pour des cons.
Il s'agit évidemment d'une mesure partielle, partiale et idiote.
De plus, il faut arrêter de considérer qu'une ville non pollué et vivante est possible : La biopolitique, nouvel idéal national ?
C'est invraisemblable, on nous prend vraiment pour des cons.
Il s'agit évidemment d'une mesure partielle, partiale et idiote.
De plus, il faut arrêter de considérer qu'une ville non pollué et vivante est possible : La biopolitique, nouvel idéal national ?
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samedi, août 02, 2014
Pourquoi les Français sont exaspérés par les radars
Pourquoi les Français sont exaspérés par les radars
Christian Crombaz récidive : les radars sont un moyen pour l'administration de faire sentir leur sujétion aux Français, de leur montrer qui c'est le chef et qu'ils ne sont que des sujets.
Tout le monde sait bien que la sécurité routière n'est qu'un prétexte (1) pour emmerder les Français dans ce que la voiture représente et que les hommes de l'Etat détestent : la liberté individuelle et la famille.
Mais, hélas, à lire les réactions sur le site du Figaro, je doute que les Français soient encore en état de le comprendre.
**************
(1) : la vitesse n'est qu'une composante des accidents et les radars ne traitent qu'une partie de cette composante. D'ailleurs, les statistiques ne montrent aucune rupture au moment de l'introduction des radars (si la moitié des radars était dans des zones dangereuses, ça serait déjà bien).
Christian Crombaz récidive : les radars sont un moyen pour l'administration de faire sentir leur sujétion aux Français, de leur montrer qui c'est le chef et qu'ils ne sont que des sujets.
Tout le monde sait bien que la sécurité routière n'est qu'un prétexte (1) pour emmerder les Français dans ce que la voiture représente et que les hommes de l'Etat détestent : la liberté individuelle et la famille.
Mais, hélas, à lire les réactions sur le site du Figaro, je doute que les Français soient encore en état de le comprendre.
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(1) : la vitesse n'est qu'une composante des accidents et les radars ne traitent qu'une partie de cette composante. D'ailleurs, les statistiques ne montrent aucune rupture au moment de l'introduction des radars (si la moitié des radars était dans des zones dangereuses, ça serait déjà bien).
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mardi, avril 08, 2014
Souveraineté
Radars, limitation de vitesse à 80 : pourquoi les Français disent stop
Mes fidèles lecteurs auront compris que Combaz prend le prétexte des limitations de vitesse pour pointer le problème de la perte de souveraineté des Français sur leur propre vie.
Visiblement, c'est trop subtil pour la plupart des commentateurs du Figaro, qui discutent pour ou contre la limitation à 80, sans comprendre que le problème de Combaz est qu'on ne leur demande pas leur avis. Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.
Ils confirment donc à leur insu le propos de Combaz.
Les Français sont quelquefois désespérants.
Mes fidèles lecteurs auront compris que Combaz prend le prétexte des limitations de vitesse pour pointer le problème de la perte de souveraineté des Français sur leur propre vie.
Visiblement, c'est trop subtil pour la plupart des commentateurs du Figaro, qui discutent pour ou contre la limitation à 80, sans comprendre que le problème de Combaz est qu'on ne leur demande pas leur avis. Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.
Ils confirment donc à leur insu le propos de Combaz.
Les Français sont quelquefois désespérants.
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samedi, septembre 22, 2012
La sale mentalité
Lors de mon séjour dans la France provinciale, on m'a raconté les histoires suivantes, que j'ai des raisons de croire, vu la source et les protagonistes :
> Tel, qui va faire ses courses avec sa propre voiture, fait appel au SAMU pour aller à son rendez-vous mensuel chez le médecin parce qu'il trouve le véhicule sanitaire léger inconfortable.
> Telle, qui n'est pas malade, va chez le médecin toutes les semaines.
> Telle autre, qui travaille dans un hôpital, se fait faire un arrêt de travail un lundi sur deux pour prolonger le week-end.
> Telle autre enfin, qui se fait faire un scanner de la tête pour de légers vertiges alors que le médecin l'avait prévenue que c'est un effet secondaire prévisible d'un nouveau médicament qu'il lui a prescrit.
Quand on a l'outrecuidance de s'étonner de tel comportements, la réponse est «On y a droit». Je ne sais si c'est vrai, le fait est qu'il n'y a aucune enquête, aucune sanction et aucune restriction. Et il se trouve des médecins pour accepter.
Mais quelle sale mentalité !
A leur place, j'aurais honte. J'ai du cumuler dix jours d'arrêt de travail en quinze ans et je vais voir le médecin une à deux fois par an.
Mais non, pas du tout. Ils n'ont pas honte. Au contraire, c'est vous qui passez pour un malappris, un insulteur, si vous avez l'audace de suggérer qu'il y a abus au détriment de la collectivité, que de tels comportements ne sont pas à la gloire de ceux qui les adoptent.
Et ce ne sont pas des gens particulièrement méchants ou vicieux.
Bien sûr, il n'y a rien là de surprenant : les libéraux ont prévenu de longtemps que les systèmes collectivistes déresponsabilisants encourageraient l'immoralité et installeraient une sale mentalité.
Mais, tout de même, constater la véracité de cette prédiction est navrant.
> Tel, qui va faire ses courses avec sa propre voiture, fait appel au SAMU pour aller à son rendez-vous mensuel chez le médecin parce qu'il trouve le véhicule sanitaire léger inconfortable.
> Telle, qui n'est pas malade, va chez le médecin toutes les semaines.
> Telle autre, qui travaille dans un hôpital, se fait faire un arrêt de travail un lundi sur deux pour prolonger le week-end.
> Telle autre enfin, qui se fait faire un scanner de la tête pour de légers vertiges alors que le médecin l'avait prévenue que c'est un effet secondaire prévisible d'un nouveau médicament qu'il lui a prescrit.
Quand on a l'outrecuidance de s'étonner de tel comportements, la réponse est «On y a droit». Je ne sais si c'est vrai, le fait est qu'il n'y a aucune enquête, aucune sanction et aucune restriction. Et il se trouve des médecins pour accepter.
Mais quelle sale mentalité !
A leur place, j'aurais honte. J'ai du cumuler dix jours d'arrêt de travail en quinze ans et je vais voir le médecin une à deux fois par an.
Mais non, pas du tout. Ils n'ont pas honte. Au contraire, c'est vous qui passez pour un malappris, un insulteur, si vous avez l'audace de suggérer qu'il y a abus au détriment de la collectivité, que de tels comportements ne sont pas à la gloire de ceux qui les adoptent.
Et ce ne sont pas des gens particulièrement méchants ou vicieux.
Bien sûr, il n'y a rien là de surprenant : les libéraux ont prévenu de longtemps que les systèmes collectivistes déresponsabilisants encourageraient l'immoralité et installeraient une sale mentalité.
Mais, tout de même, constater la véracité de cette prédiction est navrant.
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lundi, février 06, 2012
«En France, la météo suscite le catastrophisme»
Cet article m'intéresse car on y voit autrement qu'au seul niveau financier les ravages de l'Etat-providence, sur les mentalités notamment.
Le Figaro
Pour Emmanuel Garnier, historien du climat, membre senior de l'Institut universitaire de France (université de Caen) et professeur invité à l'université de Cambridge, «nos concitoyens manifestent une «intolérance» à la météorologie non standard».
Le Figaro - Un coup de froid au cœur de l'hiver et cela devient le sujet de conversation numéro un des Français, pendant plus d'une semaine. Sommes-nous une exception ?
Emmanuel Garnier - En France, la météo n'existe que par ses manifestations extrêmes. On n'en parle que lors des grosses ruptures. Cela conduit le plus souvent à une sorte de dramatisation. Une forme de catastrophisme qui est typiquement française. Je me souviens l'été dernier d'avoir été sollicité sans cesse sur le manque de pluie. Alors qu'on ne parlait pas encore de sécheresse on projetait déjà l'effondrement des cours des céréales. On pourrait presque dire que nos concitoyens manifestent une «intolérance» à la météorologie non standard.
Qu'est-ce qu'une météorologie standard ?
Si l'on caricature un petit peu, les Français considèrent qu'un bon hiver est un hiver sans neige et sans verglas en ville ou sur les routes mais avec un parfait enneigement dans les stations de ski… Globalement, ils ne sont jamais contents du temps qu'il fait. La météo suscite très rarement un discours positif.
Les réactions sont-elles si différentes que cela dans les autres pays?
En Angleterre, par exemple qui subit à peu près les mêmes frimas que nous, l a réaction est effectivement assez différente. Il y a bien sûr des reportages à la télévision et les gens en parlent entre eux mais c'est une situation qui est jugée normale. Ce type de météo est simplement considéré comme faisant partie de l'hiver. C'est la même chose en Espagne où les populations font face sans se poser plus de questions.
Qu'est-ce que cela traduit?
Il y a clairement l'idée en France que l'on ne doit pas être affecté par la nature. Nous restons les héritiers de l'idée de progrès qui ne devrait plus permettre que l'on souffre du froid ou du chaud. Cela traduit en même temps une grande vulnérabilité et une grande attente envers l'Etat.
Vous considérez que ce n'est pas à l'État d'intervenir ?
Il ne faut pas tout attendre de l'État. On n'admet plus par exemple qu'il neige sur le périphérique parisien! Lors de la tempête de 1999, je me trouvais dans un petit village des Vosges. Dès que le temps s'est calmé, tous les habitants qui avaient une tronçonneuse sont sortis pour déblayer les troncs qui bloquaient les accès. Lorsque les services départementaux publics sont arrivés le lendemain le travail était en partie fait et il n'y avait aucune animosité. Par ailleurs, le maintien d'un réseau dense d'agents de l'Etat comme ceux de l'ONF (office national des forêts) connaissant très bien le terrain a rendu l'action des secours particulièrement efficace pour rétablir les lignes électriques implantées en forêt. Je ne crois pas que cela se passerait de la même manière aujourd'hui. Les crises plus récentes nous ont montré que l'on était de moins en moins tolérants et résilients.
Des Français qui attendent trop de l'Etat ?
Ce dernier est également responsable de cette situation. Notre classe politique ne cesse de dire qu'elle prend en main le risque en vertu de l'adage bien connu «dormez en paix bonnes gens...la République veille!». Jadis, on transmettait la mémoire des risques. Jusque dans les années 50, il y avait un peu partout en France des repères de sécheresse, de submersion ou d'inondation. Tout cela a disparu probablement à la faveur de l'exode rural puis de l'urbanisation et de la littoralisation galopantes.
Les autorités locales ou gouvernementales bien souvent refusent de tenir un discours sur le risque. Elles préfèrent assurer qu'elles feront face. Et quand ce n'est pas possible, on opte pour des solutions radicales telles que les zones noires. Pourtant, une prévention bien comprise et durablement assumée aurait été plus rationnelle à la fois sur les plans humain et financier. N'oublions pas que des décisions prises dans l'urgence coûtent généralement fort cher au contribuable.
Certains pays gèrent-ils mieux ces situations ?
La submersion de Hambourget d'une partie du Schleswig-Holstein en 1962 a donné naissance à une approche du risque littoral durable parce que fondée sur une transmission de la connaissance des zones dites «insubmersibles de mémoire d'homme» qui constituent aujourd'hui des refuges pour les populations et la création de repères visuels de plusieurs mètres sur lesquels sont reportés les hauteurs de vagues depuis le XVIIe siècle. Ces marques sont autant d'avertissements lancés aux promoteurs et à tous ceux qui seraient tentés d'y voir une opportunité immobilière. Bien entendu, ces témoignages matériels archivistiques et oraux existent dans notre pays mais les recommandations faites au lendemain du désastre de Xynthia semblent décidémment rester lettre morte.
L'idée de la toute puissance de l'État républicain est une posture par ailleurs dangereuse pour la Nation car elle peut faire renaître en cas d'échec des théories du complot. Lors des inondations de la Somme en 2001, les habitants de la région se sont persuadés qu'elles avaient été volontairement provoquées pour, disait-on, épargner la capitale. Il a fallu que Lionel Jospin, alors premier ministre, se déplace sur le terrain pour expliquer que les inondations étaient aussi le fruit de pluies très importantes. Mais il a eu de la peine à se faire entendre.
Que faut-il faire ?
On a abandonné la prudence pour l'Etat providence. Il faut se réadapter notamment en réintroduisant parmi les populations vulnérables une culture de la survie fondée sur des dispositifs très pratiques: reconnaissance de secteurs refuges, en villes comme à la campagne, réaménagement des territoires à l'aune de l'expérience historique, recréation de dispositifs collectifs à l'échelle du village ou du quartier. Ils permettraient aux communautés de limiter les effets d'une catastrophe naturelle dans ses premières heures avant même l'arrivée des secours.
Le Figaro
Pour Emmanuel Garnier, historien du climat, membre senior de l'Institut universitaire de France (université de Caen) et professeur invité à l'université de Cambridge, «nos concitoyens manifestent une «intolérance» à la météorologie non standard».
Le Figaro - Un coup de froid au cœur de l'hiver et cela devient le sujet de conversation numéro un des Français, pendant plus d'une semaine. Sommes-nous une exception ?
Emmanuel Garnier - En France, la météo n'existe que par ses manifestations extrêmes. On n'en parle que lors des grosses ruptures. Cela conduit le plus souvent à une sorte de dramatisation. Une forme de catastrophisme qui est typiquement française. Je me souviens l'été dernier d'avoir été sollicité sans cesse sur le manque de pluie. Alors qu'on ne parlait pas encore de sécheresse on projetait déjà l'effondrement des cours des céréales. On pourrait presque dire que nos concitoyens manifestent une «intolérance» à la météorologie non standard.
Qu'est-ce qu'une météorologie standard ?
Si l'on caricature un petit peu, les Français considèrent qu'un bon hiver est un hiver sans neige et sans verglas en ville ou sur les routes mais avec un parfait enneigement dans les stations de ski… Globalement, ils ne sont jamais contents du temps qu'il fait. La météo suscite très rarement un discours positif.
Les réactions sont-elles si différentes que cela dans les autres pays?
En Angleterre, par exemple qui subit à peu près les mêmes frimas que nous, l a réaction est effectivement assez différente. Il y a bien sûr des reportages à la télévision et les gens en parlent entre eux mais c'est une situation qui est jugée normale. Ce type de météo est simplement considéré comme faisant partie de l'hiver. C'est la même chose en Espagne où les populations font face sans se poser plus de questions.
Qu'est-ce que cela traduit?
Il y a clairement l'idée en France que l'on ne doit pas être affecté par la nature. Nous restons les héritiers de l'idée de progrès qui ne devrait plus permettre que l'on souffre du froid ou du chaud. Cela traduit en même temps une grande vulnérabilité et une grande attente envers l'Etat.
Vous considérez que ce n'est pas à l'État d'intervenir ?
Il ne faut pas tout attendre de l'État. On n'admet plus par exemple qu'il neige sur le périphérique parisien! Lors de la tempête de 1999, je me trouvais dans un petit village des Vosges. Dès que le temps s'est calmé, tous les habitants qui avaient une tronçonneuse sont sortis pour déblayer les troncs qui bloquaient les accès. Lorsque les services départementaux publics sont arrivés le lendemain le travail était en partie fait et il n'y avait aucune animosité. Par ailleurs, le maintien d'un réseau dense d'agents de l'Etat comme ceux de l'ONF (office national des forêts) connaissant très bien le terrain a rendu l'action des secours particulièrement efficace pour rétablir les lignes électriques implantées en forêt. Je ne crois pas que cela se passerait de la même manière aujourd'hui. Les crises plus récentes nous ont montré que l'on était de moins en moins tolérants et résilients.
Des Français qui attendent trop de l'Etat ?
Ce dernier est également responsable de cette situation. Notre classe politique ne cesse de dire qu'elle prend en main le risque en vertu de l'adage bien connu «dormez en paix bonnes gens...la République veille!». Jadis, on transmettait la mémoire des risques. Jusque dans les années 50, il y avait un peu partout en France des repères de sécheresse, de submersion ou d'inondation. Tout cela a disparu probablement à la faveur de l'exode rural puis de l'urbanisation et de la littoralisation galopantes.
Les autorités locales ou gouvernementales bien souvent refusent de tenir un discours sur le risque. Elles préfèrent assurer qu'elles feront face. Et quand ce n'est pas possible, on opte pour des solutions radicales telles que les zones noires. Pourtant, une prévention bien comprise et durablement assumée aurait été plus rationnelle à la fois sur les plans humain et financier. N'oublions pas que des décisions prises dans l'urgence coûtent généralement fort cher au contribuable.
Certains pays gèrent-ils mieux ces situations ?
La submersion de Hambourget d'une partie du Schleswig-Holstein en 1962 a donné naissance à une approche du risque littoral durable parce que fondée sur une transmission de la connaissance des zones dites «insubmersibles de mémoire d'homme» qui constituent aujourd'hui des refuges pour les populations et la création de repères visuels de plusieurs mètres sur lesquels sont reportés les hauteurs de vagues depuis le XVIIe siècle. Ces marques sont autant d'avertissements lancés aux promoteurs et à tous ceux qui seraient tentés d'y voir une opportunité immobilière. Bien entendu, ces témoignages matériels archivistiques et oraux existent dans notre pays mais les recommandations faites au lendemain du désastre de Xynthia semblent décidémment rester lettre morte.
L'idée de la toute puissance de l'État républicain est une posture par ailleurs dangereuse pour la Nation car elle peut faire renaître en cas d'échec des théories du complot. Lors des inondations de la Somme en 2001, les habitants de la région se sont persuadés qu'elles avaient été volontairement provoquées pour, disait-on, épargner la capitale. Il a fallu que Lionel Jospin, alors premier ministre, se déplace sur le terrain pour expliquer que les inondations étaient aussi le fruit de pluies très importantes. Mais il a eu de la peine à se faire entendre.
Que faut-il faire ?
On a abandonné la prudence pour l'Etat providence. Il faut se réadapter notamment en réintroduisant parmi les populations vulnérables une culture de la survie fondée sur des dispositifs très pratiques: reconnaissance de secteurs refuges, en villes comme à la campagne, réaménagement des territoires à l'aune de l'expérience historique, recréation de dispositifs collectifs à l'échelle du village ou du quartier. Ils permettraient aux communautés de limiter les effets d'une catastrophe naturelle dans ses premières heures avant même l'arrivée des secours.
samedi, janvier 14, 2012
Qu'avons nous fait pour mériter cela ?
En 2012, sera vraisemblablement élu président de la république un homme qui nous proposera, comme remède à la crise de l'Etat-providence, encore plus d'Etat-providence, un homme qui, là où il faudrait l'ordre et la liberté, mettra encore plus de désordre, d'impôts et d'assistanat.
Qu'avons nous fait pour mériter cela ?
Certains disent : nous avons offensé Dieu en guillotinant notre roi. D'autres : nous nous sommes suicidés en 1914. D'autres encore : nous avons perdu en 1940 une guerre que l'Armée Rouge et l'Armée Yankee ont gagné.
Je ne sais. Mais ce que je sais, c'est que notre déclin intellectuel collectif est incontestable. Peut-être, tout simplement, est-ce du à ce que nous n'avons pas la modestie d'être conservateurs, que nous croyons que nous pouvons fourrer nos pattes partout.
Allez, cadeau, ce texte extraordinairement prophétique de Tocqueville :
Qu'avons nous fait pour mériter cela ?
Certains disent : nous avons offensé Dieu en guillotinant notre roi. D'autres : nous nous sommes suicidés en 1914. D'autres encore : nous avons perdu en 1940 une guerre que l'Armée Rouge et l'Armée Yankee ont gagné.
Je ne sais. Mais ce que je sais, c'est que notre déclin intellectuel collectif est incontestable. Peut-être, tout simplement, est-ce du à ce que nous n'avons pas la modestie d'être conservateurs, que nous croyons que nous pouvons fourrer nos pattes partout.
Allez, cadeau, ce texte extraordinairement prophétique de Tocqueville :
dimanche, décembre 11, 2011
Tout vaut mieux que l'assistanat !
Tout vaut mieux que l'assistanat !
Par Yves Kerdrel dans Le Figaro
Publié le 05/12/2011 à 17:14
Au commencement était, non pas le verbe, mais Martin Hirsch ! Ce donneur de leçons présomptueux [le mot est faible ] avait convaincu Nicolas Sarkozy de créer le revenu de solidarité active, appelé RSA. L'idée était de faire en sorte que tout chômeur qui reprend un travail soit vraiment incité à le faire et ne soit pas pénalisé sur le plan financier. L'enfer étant pavé de bonnes intentions, le RSA a été élaboré avec quelques vices de fabrication. Si bien qu'il coûte aujourd'hui 8 milliards d'euros par an à la collectivité… Surtout, il continue de participer au «millefeuille» de l'assistanat, qui va de la «prime de Noël» à la couverture maladie universelle en passant par l'aide pour le fioul.
Il y a quelques mois, lorsqu'un homme politique, fût-il démocrate-chrétien comme Laurent Wauquiez, a soulevé publiquement la question de cet assistanat qui «ronge les classes moyennes», quel tollé ! Ce ministre a été sommé de présenter sa démission au locataire de Matignon, qui l'a heureusement refusée. Il faut dire qu'un sondage avait alors révélé que deux tiers des français partageaient l'indignation du maire du Puy-en-Velay.
Depuis, le climat s'est nettement décomplexé autour de ce sujet. D'abord, les caisses sont vides, et personne ne peut dire qu'il n'est pas au courant de la situation des finances publiques, après deux plans consécutifs de rigueur. Ensuite, sur la proposition de l'ex-ministre Marc-Philippe Daubresse, le gouvernement est convenu de demander aux bénéficiaires du RSA une contrepartie sous la forme de sept heures de travail par semaine. Proposition qui ne choque personne, même pas les habituelles bonnes consciences de gauche, pour lesquelles «une allocation est toujours un dû». Enfin, à l'approche de l'élection présidentielle, tous ceux qui aiment d'habitude à «faire du social» ou à «faire pleurer dans les chaumières» hésitent quelque peu devant l'exaspération des 43 millions de Français qui constituent ces classes moyennes, trop aisées pour être aidées, et pas assez payées pour être sereines.
C'est ce moment qu'a choisi Laurent Wauquiez pour revenir sur le débat qu'il avait suscité il y a quelques mois, dans un excellent ouvrage, où il prend le temps de décrire tous les symptômes de cette terrible maladie de notre époque qu'est l'assistanat, en la distinguant bien de l'assistance. Car ce sont deux notions bien différentes, mais qui ont suscité tant de confusions abusives !
Dans ce livre, La Lutte des classes moyennes (éd. Odile Jacob), il y a trois idées, peut-être banales, mais si agréables à lire sous la plume d'un homme politique, de surcroît jeune. La première, c'est que «nous sommes arrivés au bout de la logique du système de protection sociale, tel qu'il a été conçu dans l'après-guerre». Laurent Wauquiez démontre comment nos États-providence sont devenus des machines à faire des chèques en ignorant totalement le mot «social». Ce qui l'amène à dire que «l'assistanat est au fond le pire ennemi du social. Si nous ne pouvons pas apporter la preuve que l'argent public est utilisé pour aider ceux qui en ont vraiment besoin, alors je suis convaincu qu'il se produira un rejet d'ensemble de notre contrat social». Quel diagnostic à la fois lucide et terrible !
Deuxième idée chère à Laurent Wauquiez: quel que soit le système de redistribution mis en place, il est d'une complexité incroyable et malsaine à cause d'un empilement d'aides diverses et variées. À l'heure actuelle, un couple peut recevoir, avec le RSA, 1 030 euros chaque mois (soit l'équivalent d'un smic net), auxquels s'ajouteront des transports gratuits, une couverture maladie universelle (coût : 6 milliards par an pour la collectivité), des tarifs sociaux pour l'eau, le gaz et l'électricité, une aide pour le fioul, la prise en charge des frais de cantine et la prime de Noël (coût : 400 millions d'euros). Mais pourquoi ne pas supprimer ce «millefeuille» et le remplacer par une allocation unique ?
Enfin, troisième suggestion de Laurent Wauquiez, une fois mise en place cette «ressource unique», celle-ci ne doit jamais dépasser 80 % du smic. Car «la solidarité nationale est un devoir, mais elle ne doit pas s'exercer au point de troubler les repères : l'argent du travail doit toujours être supérieur à l'argent des allocations».
Certains trouveront sans doute qu'il y a de la naïveté dans les propos du ministre. Il s'agit plutôt de fraîcheur dans le débat politique qui s'entrouvre, à quelques mois des élections. Ces quelques rappels sont d'un tel bon sens qu'ils expliquent le silence assourdissant des socialistes sur ce grand sujet de société, dont ils ont pourtant fait, pendant des années, leur petit fonds de commerce.
Par Yves Kerdrel dans Le Figaro
Publié le 05/12/2011 à 17:14
Au commencement était, non pas le verbe, mais Martin Hirsch ! Ce donneur de leçons présomptueux [le mot est faible ] avait convaincu Nicolas Sarkozy de créer le revenu de solidarité active, appelé RSA. L'idée était de faire en sorte que tout chômeur qui reprend un travail soit vraiment incité à le faire et ne soit pas pénalisé sur le plan financier. L'enfer étant pavé de bonnes intentions, le RSA a été élaboré avec quelques vices de fabrication. Si bien qu'il coûte aujourd'hui 8 milliards d'euros par an à la collectivité… Surtout, il continue de participer au «millefeuille» de l'assistanat, qui va de la «prime de Noël» à la couverture maladie universelle en passant par l'aide pour le fioul.
Il y a quelques mois, lorsqu'un homme politique, fût-il démocrate-chrétien comme Laurent Wauquiez, a soulevé publiquement la question de cet assistanat qui «ronge les classes moyennes», quel tollé ! Ce ministre a été sommé de présenter sa démission au locataire de Matignon, qui l'a heureusement refusée. Il faut dire qu'un sondage avait alors révélé que deux tiers des français partageaient l'indignation du maire du Puy-en-Velay.
Depuis, le climat s'est nettement décomplexé autour de ce sujet. D'abord, les caisses sont vides, et personne ne peut dire qu'il n'est pas au courant de la situation des finances publiques, après deux plans consécutifs de rigueur. Ensuite, sur la proposition de l'ex-ministre Marc-Philippe Daubresse, le gouvernement est convenu de demander aux bénéficiaires du RSA une contrepartie sous la forme de sept heures de travail par semaine. Proposition qui ne choque personne, même pas les habituelles bonnes consciences de gauche, pour lesquelles «une allocation est toujours un dû». Enfin, à l'approche de l'élection présidentielle, tous ceux qui aiment d'habitude à «faire du social» ou à «faire pleurer dans les chaumières» hésitent quelque peu devant l'exaspération des 43 millions de Français qui constituent ces classes moyennes, trop aisées pour être aidées, et pas assez payées pour être sereines.
C'est ce moment qu'a choisi Laurent Wauquiez pour revenir sur le débat qu'il avait suscité il y a quelques mois, dans un excellent ouvrage, où il prend le temps de décrire tous les symptômes de cette terrible maladie de notre époque qu'est l'assistanat, en la distinguant bien de l'assistance. Car ce sont deux notions bien différentes, mais qui ont suscité tant de confusions abusives !
Dans ce livre, La Lutte des classes moyennes (éd. Odile Jacob), il y a trois idées, peut-être banales, mais si agréables à lire sous la plume d'un homme politique, de surcroît jeune. La première, c'est que «nous sommes arrivés au bout de la logique du système de protection sociale, tel qu'il a été conçu dans l'après-guerre». Laurent Wauquiez démontre comment nos États-providence sont devenus des machines à faire des chèques en ignorant totalement le mot «social». Ce qui l'amène à dire que «l'assistanat est au fond le pire ennemi du social. Si nous ne pouvons pas apporter la preuve que l'argent public est utilisé pour aider ceux qui en ont vraiment besoin, alors je suis convaincu qu'il se produira un rejet d'ensemble de notre contrat social». Quel diagnostic à la fois lucide et terrible !
Deuxième idée chère à Laurent Wauquiez: quel que soit le système de redistribution mis en place, il est d'une complexité incroyable et malsaine à cause d'un empilement d'aides diverses et variées. À l'heure actuelle, un couple peut recevoir, avec le RSA, 1 030 euros chaque mois (soit l'équivalent d'un smic net), auxquels s'ajouteront des transports gratuits, une couverture maladie universelle (coût : 6 milliards par an pour la collectivité), des tarifs sociaux pour l'eau, le gaz et l'électricité, une aide pour le fioul, la prise en charge des frais de cantine et la prime de Noël (coût : 400 millions d'euros). Mais pourquoi ne pas supprimer ce «millefeuille» et le remplacer par une allocation unique ?
Enfin, troisième suggestion de Laurent Wauquiez, une fois mise en place cette «ressource unique», celle-ci ne doit jamais dépasser 80 % du smic. Car «la solidarité nationale est un devoir, mais elle ne doit pas s'exercer au point de troubler les repères : l'argent du travail doit toujours être supérieur à l'argent des allocations».
Certains trouveront sans doute qu'il y a de la naïveté dans les propos du ministre. Il s'agit plutôt de fraîcheur dans le débat politique qui s'entrouvre, à quelques mois des élections. Ces quelques rappels sont d'un tel bon sens qu'ils expliquent le silence assourdissant des socialistes sur ce grand sujet de société, dont ils ont pourtant fait, pendant des années, leur petit fonds de commerce.
dimanche, octobre 16, 2011
L'imposture de l'État-providence
TRIBUNE - La philosophe Chantal Delsol souligne la contradiction entre l'accoutumance des citoyens aux droits et l'incapacité de l'État à penser au long terme.
Pour «Le Figaro»
Au plan d'austérité, les Français réagissent déjà comme les Grecs. Pourtant, il est bien probable que nous devrons bientôt nous doter de plans d'austérité plus lourds que quelques économies sur les cigarettes et les boissons sucrées. On imagine la pétaudière que ce sera.
Les Grecs et les Français sont-ils de mauvais citoyens ? Il n'y a aucune raison de le penser. Mais ils s'imaginent que leurs droits acquis sont indispensables à leur dignité. Autrement dit, que celui qui voudrait les rogner est un sadique. La réalité est tout autre. Pourtant, ils ont quelques bonnes raisons de raisonner ainsi.
Serinez à un peuple à longueur de décennies qu'il a un droit naturel sur tout ce que la bonne fortune lui a acquis. Déclamez-lui des strophes morales sur son droit opposable au logement. Servez-lui la retraite à 60 ans en lui expliquant qu'il y va de sa dignité élémentaire (ce qui fait apparaître les partis adverses comme des barbares). Faites-le évoluer dans l'atmosphère de l'assurance généralisée. Laissez le citoyen se persuader qu'il vit avec les biens essentiels à un simple humain, et non avec les avantages d'un pays riche. Et ensuite allez lui parler d'austérité. Mais il fera la révolution ! Car il aura le sentiment (puisque vous le lui aurez mis dans la tête) qu'on lui confisque l'essentiel, qu'on porte donc atteinte à son humanité.
Un peuple nanti au fil du temps de droits importants s'y habitue comme à n'importe quel confort, et vite il les considère comme naturels et fondamentaux. Ce qui est très humain. Le rôle d'un gouvernement responsable serait cependant de ne pas le laisser croire.
On ne pense jamais que les droits sont relatifs à leur possible réalisation. Il serait aberrant de décréter le droit de tous à l'université dans un pays qui ne peut s'offrir aucune université. Et même si tous les hommes de la terre sont également dignes, leurs droits peuvent être revendiqués seulement au regard de chaque situation. C'est ainsi que dans des pays riches comme les nôtres, la réalisation des droits devrait être conditionnée par la capacité de l'État à garantir ces droits non seulement à court terme, mais à long terme.
Il y a une contradiction dramatique entre l'accoutumance des citoyens aux droits et l'incapacité congénitale d'un gouvernement démocratique à penser à long terme. Ainsi, les gouvernements démocratiques des pays riches sont criminels quand ils déversent la providence étatique à coups d'endettement ininterrompu. Non seulement parce qu'il est irresponsable de gérer un budget en ne comptant que sur l'emprunt, même si l'on est keynésien (la croissance n'est pas un pari que l'on peut faire si tranquillement). Mais surtout parce qu'il est criminel de déverser à longueur d'années des droits-créances payés par l'emprunt, sachant bien que lorsqu'il faudra rembourser, les citoyens jugeront absolument injuste de se voir privés de droits qu'on leur a servis comme immortels. Les gouvernements confèrent des droits dont ils connaissent le caractère temporaire, mais ils les donnent pour essentiels. C'est une supercherie honteuse. On donne un droit à la retraite à 60 ans au nom de la dignité humaine élémentaire, et on paye cela en ajoutant chaque matin un emprunt à l'autre. On multiplie les emplois aidés, toujours financés par la dette. Et cela en protestant que chacun a droit à un emploi, que c'est un droit inaliénable, etc. Alors que c'est un droit de pays riche, qui peut se permettre de prendre en compte la dignité de ses citoyens dans toutes ses dimensions. Naturellement, quand il faut rembourser la dette et par conséquent limiter ces droits, les citoyens estiment qu'on les traite comme des animaux en leur retirant l'essentiel - car c'est bien ce qu'on leur a répété depuis des décennies. Le ressentiment et la révolte deviennent donc les enfants légitimes de l'austérité. Alors que des gouvernements simplement honnêtes et prudents ne se seraient jamais avancés aussi loin, n'auraient pas suscité de vaines illusions.
On va prétendre qu'un gouvernement démocratique ne saurait faire autrement : on a tort. Les Suisses ont pu il y a quelques années supprimer une partie non négligeable du statut de la fonction publique sans déclencher aucune révolte. La France devant une telle réforme serait à feu et à sang, parce que ses gouvernements lui font croire que ces avantages sont nécessaires et immortels.
Ainsi a-t-on vu tout récemment, lors des primaires socialistes, une véritable surenchère de promesses de droits-créances : la retraite revue à 60 ans et même plus bas encore, les embauches de fonctionnaires et d'emplois aidés… Toutes annonces qui sonnent comme de vieilles litanies et qui rendent désormais leurs auteurs pathétiques, car tout le monde sait ce que cela vaut en termes d'austérité à venir, et par conséquent de révoltes à venir. Quelques naïfs pourtant vont encore y croire, laissant comprendre à quel populisme bas de gamme nous sommes désormais rendus.
Pour «Le Figaro»
Au plan d'austérité, les Français réagissent déjà comme les Grecs. Pourtant, il est bien probable que nous devrons bientôt nous doter de plans d'austérité plus lourds que quelques économies sur les cigarettes et les boissons sucrées. On imagine la pétaudière que ce sera.
Les Grecs et les Français sont-ils de mauvais citoyens ? Il n'y a aucune raison de le penser. Mais ils s'imaginent que leurs droits acquis sont indispensables à leur dignité. Autrement dit, que celui qui voudrait les rogner est un sadique. La réalité est tout autre. Pourtant, ils ont quelques bonnes raisons de raisonner ainsi.
Serinez à un peuple à longueur de décennies qu'il a un droit naturel sur tout ce que la bonne fortune lui a acquis. Déclamez-lui des strophes morales sur son droit opposable au logement. Servez-lui la retraite à 60 ans en lui expliquant qu'il y va de sa dignité élémentaire (ce qui fait apparaître les partis adverses comme des barbares). Faites-le évoluer dans l'atmosphère de l'assurance généralisée. Laissez le citoyen se persuader qu'il vit avec les biens essentiels à un simple humain, et non avec les avantages d'un pays riche. Et ensuite allez lui parler d'austérité. Mais il fera la révolution ! Car il aura le sentiment (puisque vous le lui aurez mis dans la tête) qu'on lui confisque l'essentiel, qu'on porte donc atteinte à son humanité.
Un peuple nanti au fil du temps de droits importants s'y habitue comme à n'importe quel confort, et vite il les considère comme naturels et fondamentaux. Ce qui est très humain. Le rôle d'un gouvernement responsable serait cependant de ne pas le laisser croire.
On ne pense jamais que les droits sont relatifs à leur possible réalisation. Il serait aberrant de décréter le droit de tous à l'université dans un pays qui ne peut s'offrir aucune université. Et même si tous les hommes de la terre sont également dignes, leurs droits peuvent être revendiqués seulement au regard de chaque situation. C'est ainsi que dans des pays riches comme les nôtres, la réalisation des droits devrait être conditionnée par la capacité de l'État à garantir ces droits non seulement à court terme, mais à long terme.
Il y a une contradiction dramatique entre l'accoutumance des citoyens aux droits et l'incapacité congénitale d'un gouvernement démocratique à penser à long terme. Ainsi, les gouvernements démocratiques des pays riches sont criminels quand ils déversent la providence étatique à coups d'endettement ininterrompu. Non seulement parce qu'il est irresponsable de gérer un budget en ne comptant que sur l'emprunt, même si l'on est keynésien (la croissance n'est pas un pari que l'on peut faire si tranquillement). Mais surtout parce qu'il est criminel de déverser à longueur d'années des droits-créances payés par l'emprunt, sachant bien que lorsqu'il faudra rembourser, les citoyens jugeront absolument injuste de se voir privés de droits qu'on leur a servis comme immortels. Les gouvernements confèrent des droits dont ils connaissent le caractère temporaire, mais ils les donnent pour essentiels. C'est une supercherie honteuse. On donne un droit à la retraite à 60 ans au nom de la dignité humaine élémentaire, et on paye cela en ajoutant chaque matin un emprunt à l'autre. On multiplie les emplois aidés, toujours financés par la dette. Et cela en protestant que chacun a droit à un emploi, que c'est un droit inaliénable, etc. Alors que c'est un droit de pays riche, qui peut se permettre de prendre en compte la dignité de ses citoyens dans toutes ses dimensions. Naturellement, quand il faut rembourser la dette et par conséquent limiter ces droits, les citoyens estiment qu'on les traite comme des animaux en leur retirant l'essentiel - car c'est bien ce qu'on leur a répété depuis des décennies. Le ressentiment et la révolte deviennent donc les enfants légitimes de l'austérité. Alors que des gouvernements simplement honnêtes et prudents ne se seraient jamais avancés aussi loin, n'auraient pas suscité de vaines illusions.
On va prétendre qu'un gouvernement démocratique ne saurait faire autrement : on a tort. Les Suisses ont pu il y a quelques années supprimer une partie non négligeable du statut de la fonction publique sans déclencher aucune révolte. La France devant une telle réforme serait à feu et à sang, parce que ses gouvernements lui font croire que ces avantages sont nécessaires et immortels.
Ainsi a-t-on vu tout récemment, lors des primaires socialistes, une véritable surenchère de promesses de droits-créances : la retraite revue à 60 ans et même plus bas encore, les embauches de fonctionnaires et d'emplois aidés… Toutes annonces qui sonnent comme de vieilles litanies et qui rendent désormais leurs auteurs pathétiques, car tout le monde sait ce que cela vaut en termes d'austérité à venir, et par conséquent de révoltes à venir. Quelques naïfs pourtant vont encore y croire, laissant comprendre à quel populisme bas de gamme nous sommes désormais rendus.
lundi, juillet 25, 2011
L'Etat dans l'ADN de la France ?
Marine Le Pen a déclaré, pour justifier son programme socialiste, que l'Etat est dans l'ADN de la France. Cette image suppose que l'étatisme était un ferment de la France dès les origines.
L'affirmation est spécieuse : il n'est guère possible de comparer l'Etat monarchique et l'Etat actuel.
Quoi de commun entre l'Etat de Louis XIV dont en pleine guerre les dépenses représentaient 15 % du PIB et l'Etat actuel qui, avec 57 % du PIB, n'arrive plus à maintenir une justice, une police et une armée dignes de ce nom ? Quoi de commun entre l'Etat de Colbert, qui comptait autant de fonctionnaires qu'une de nos régions de 2011, et l'Etat actuel qui emploie un quart de la population active ?
Et je suis remonté à Louis XIV pour être gentil, il passe pour le plus étatiste de nos rois. On peut venir plus près de nous : en 1872, les dépenses publiques représentaient 11 % du PIB.
De plus, on peut retourner l'image : avec le même ADN, on peut faire un beau corps bien développé ou une tumeur cancéreuse.
Et puisqu'on parle de l'histoire de France, on notera avec intérêt que les périodes les plus prospères ne furent pas nécessairement les plus interventionnistes, que l'on songe au début du 18ème siècle ou au Second Empire.
Que l'Etat ait été important dans le développement de la France ne signifie en rien que son expansion sans frein soit à coup sûr une bonne chose, que la situation actuelle soit incontestablement enviable.
Bref, Marine Le Pen a décidément presque tout faux en économie. Le seul point avec lequel je m'accorde, c'est la sortie de l'Euro.
...
L'affirmation est spécieuse : il n'est guère possible de comparer l'Etat monarchique et l'Etat actuel.
Quoi de commun entre l'Etat de Louis XIV dont en pleine guerre les dépenses représentaient 15 % du PIB et l'Etat actuel qui, avec 57 % du PIB, n'arrive plus à maintenir une justice, une police et une armée dignes de ce nom ? Quoi de commun entre l'Etat de Colbert, qui comptait autant de fonctionnaires qu'une de nos régions de 2011, et l'Etat actuel qui emploie un quart de la population active ?
Et je suis remonté à Louis XIV pour être gentil, il passe pour le plus étatiste de nos rois. On peut venir plus près de nous : en 1872, les dépenses publiques représentaient 11 % du PIB.
De plus, on peut retourner l'image : avec le même ADN, on peut faire un beau corps bien développé ou une tumeur cancéreuse.
Et puisqu'on parle de l'histoire de France, on notera avec intérêt que les périodes les plus prospères ne furent pas nécessairement les plus interventionnistes, que l'on songe au début du 18ème siècle ou au Second Empire.
Que l'Etat ait été important dans le développement de la France ne signifie en rien que son expansion sans frein soit à coup sûr une bonne chose, que la situation actuelle soit incontestablement enviable.
Bref, Marine Le Pen a décidément presque tout faux en économie. Le seul point avec lequel je m'accorde, c'est la sortie de l'Euro.
...
Libellés :
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dimanche, juillet 03, 2011
mercredi, mars 23, 2011
Catastrophe au Japon : les Français en dessous de tout
Une catastrophe s'est produite au Japon. Les Japonais ont gardé leur sang-froid. Quant aux Français :
> les écologistes ont été odieux
> les medias ont été hystériques et alarmistes
> les officiels ont donné leur avis à tort et à travers
> les gouvernants ont été lâches et suiveurs
> une part de la population s'est affolée sans raison
> les expatriés se sont carapatés comme en 40 (1)
Inutile de chercher les causes bien loin : l'idéologie du «care» (comme dirait Martine), l'assistanat généralisé, l'antienne comme quoi le moindre problème doit susciter une réponse étatique, a transformé les Français en poules mouillées égoïstes, incapables de faire face aux risques de la vie, même chez les autres.
Nous vivons exactement dans une expérience en vraie grandeur le reproche essentiel des libéraux au socialisme, ce n'est pas un reproche économique mais moral : corrompre les hommes.
******************
(1) Le Figaro : «un malaise s'est installé. Si des cadres et entreprises françaises ont géré avec calme et respect pour leurs employés japonais cette période de risques, d'autres n'ont visiblement pas eu la manière. «Les Français ont souvent donné une impression de fébrilité, voire ont déguerpi de manière peu décente, commente un Français de Tokyo, cela va laisser des traces. Certains cadres vont avoir du mal à revenir devant leurs troupes japonaises. Nous avons une chance, c'est que les Japonais sont larges d'esprit et fidèles.»
> les écologistes ont été odieux
> les medias ont été hystériques et alarmistes
> les officiels ont donné leur avis à tort et à travers
> les gouvernants ont été lâches et suiveurs
> une part de la population s'est affolée sans raison
> les expatriés se sont carapatés comme en 40 (1)
Inutile de chercher les causes bien loin : l'idéologie du «care» (comme dirait Martine), l'assistanat généralisé, l'antienne comme quoi le moindre problème doit susciter une réponse étatique, a transformé les Français en poules mouillées égoïstes, incapables de faire face aux risques de la vie, même chez les autres.
Nous vivons exactement dans une expérience en vraie grandeur le reproche essentiel des libéraux au socialisme, ce n'est pas un reproche économique mais moral : corrompre les hommes.
******************
(1) Le Figaro : «un malaise s'est installé. Si des cadres et entreprises françaises ont géré avec calme et respect pour leurs employés japonais cette période de risques, d'autres n'ont visiblement pas eu la manière. «Les Français ont souvent donné une impression de fébrilité, voire ont déguerpi de manière peu décente, commente un Français de Tokyo, cela va laisser des traces. Certains cadres vont avoir du mal à revenir devant leurs troupes japonaises. Nous avons une chance, c'est que les Japonais sont larges d'esprit et fidèles.»
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le socialisme partout
mardi, mars 01, 2011
H16 fait son cinéma
Seulement 3 films français rentables (en salle) en 2010
Encore une preuve que :
> les subventions créent des clientèles qui rendent impensable la suppression des dites subventions.
> les subventions sont un détournement de fonds cousin du vol à main armée en forêt de Bondy.
> les subventions sont les ennemis de l'art.
Encore une preuve que :
> les subventions créent des clientèles qui rendent impensable la suppression des dites subventions.
> les subventions sont un détournement de fonds cousin du vol à main armée en forêt de Bondy.
> les subventions sont les ennemis de l'art.
vendredi, février 18, 2011
The big society reminds us how things used to be
The Big Society is a bad name for a sensible idea
Tuesday February 15,2011
By Theodore Dalrymple, social commentator
The Big Society is a bad name for a sensible idea: namely that citizens should not rely upon the State and its bureaucracies for their own welfare. Instead, they should form voluntary associations to look after both themselves and others.
This is much easier said that done, of course. A bureaucracy can be created in an afternoon but it cannot be dissolved in a decade. When Mr Clegg tells us that we should not trust any government, including his own, he is quite right. “The natural inclination of government,” he said, “is to hoard power and information; to accrue power to itself in the name of the public good.” Or, as as an American senator once put it, you cannot get a hog to slaughter itself.
There is evidence from India, too. A civil servant there, noticing that thousands of ancient files that would never be open again were clogging up the office, went to his boss and asked if he could throw them away. His boss thought about it for a few moments, and then said: “Yes, provided you copy them in triplicate.”
Decreasing the size and reach of the state will not be easy, therefore. It has insinuated itself into every corner of our lives. Almost everything we do in public is filmed – we all have walk-on parts every day in countless films.
When you give money to a large charity, you are not so much being generous as voluntarily paying more tax. For many charities are de facto subcontractors to the state. The government is usually by far the largest single donor; it’s a cliché, no doubt, but he who pays the piper calls the tune.
Such charities are, in effect, misrepresenting themselves to the public. It is not only financial corruption that we should fear but even more the moral corruption of which this dishonesty is an example.
How do we love the state? Let us count the ways.
We entrust the State with our health care, cradle to grave; it educates us, right up to postdoctoral level if need be; it guarantees our retirement; for about a third of us, it houses us; it employs many of us, either directly or indirectly; it even keeps us amused, through the BBC. For an increasing number of children, the State – and the TV in the bedroom – is the only father they will ever know. It gives us rights we never knew we had, but once we have them we are reluctant to lose them.
This is all very convenient in a way, even delightful. So many responsibilities are taken away from us but the money in our pocket – admittedly much reduced by the taxes we have to pay – is indeed like pocket money. As children we spent it on sweets, as adults we spend it on entertainments and holidays. Why save, when everything will be taken care of? The problem with the State taking care of everything is twofold. First it tends to destroy our character, something that can be observed every day. Our faculties such as prudence and planning for unpleasant eventualities are lost if they are not exercised, a trend surely borne out by the fact that we as a nation save nothing and borrow much.
The second problem is that the State isn’t very good at what it does. How many of us find that, if we can afford it, we are willing to pay privately for services that are supposed to be provided by the State, such as education and dentistry? People pay twice over, first in taxes, then as fees – and the taxes drive up the fees.
If we cannot afford private services, how many of us are really satisfied with what we receive? If we are not, there’s nothing we can do about it and if we are, it is often because we have low expectations. In effect, we are all paupers at the gate of King State. We are paupers even when we are not poor.
There is no doubt that this is very gratifying to many of our governors. It flatters their self-importance which is often their strongest character trait. But it leaves the rest of us reduced human beings.
No one who’s had many dealings with British officialdom can be under any illusions as to the warmth of its heart. Indeed, it can show no compassion because it, unlike real charity, can make no distinction between the deserving and the undeserving. To fail to make this distinction is to increase the number of the undeserving. But human nature being what it is, no one can long feel benevolent towards the undeserving. So the comfort of the State is always cold comfort.
And there is another way in which handing over everything to the State hardens our hearts: we come to believe that, having paid our taxes, we have paid our dues to society. When we have spent half of our time, nearly, in working for the State (as we do even if we are employed in the private sector), we do not feel much inclined to perform social service afterwards, even for those close to us. Where the State takes care of us all, we become separated from one another.
Our governors, in their search for power, have done everything possible to make the State our family: and they have, in large part, succeeded. A third of us are now completely dependent on the State: and the supposed dependence of women on men – actually inter-dependence – has been replaced by dependence on bureaucrats. And all this costs so much in taxes that many have to go out to work when they do not want to.
In the name of social solidarity we have turned ourselves into a lonely crowd. But whether we can get the hog to slaughter itself is another matter – there are too many of us at the trough for it to be easy.
Tuesday February 15,2011
By Theodore Dalrymple, social commentator
The Big Society is a bad name for a sensible idea: namely that citizens should not rely upon the State and its bureaucracies for their own welfare. Instead, they should form voluntary associations to look after both themselves and others.
This is much easier said that done, of course. A bureaucracy can be created in an afternoon but it cannot be dissolved in a decade. When Mr Clegg tells us that we should not trust any government, including his own, he is quite right. “The natural inclination of government,” he said, “is to hoard power and information; to accrue power to itself in the name of the public good.” Or, as as an American senator once put it, you cannot get a hog to slaughter itself.
There is evidence from India, too. A civil servant there, noticing that thousands of ancient files that would never be open again were clogging up the office, went to his boss and asked if he could throw them away. His boss thought about it for a few moments, and then said: “Yes, provided you copy them in triplicate.”
Decreasing the size and reach of the state will not be easy, therefore. It has insinuated itself into every corner of our lives. Almost everything we do in public is filmed – we all have walk-on parts every day in countless films.
When you give money to a large charity, you are not so much being generous as voluntarily paying more tax. For many charities are de facto subcontractors to the state. The government is usually by far the largest single donor; it’s a cliché, no doubt, but he who pays the piper calls the tune.
Such charities are, in effect, misrepresenting themselves to the public. It is not only financial corruption that we should fear but even more the moral corruption of which this dishonesty is an example.
How do we love the state? Let us count the ways.
We entrust the State with our health care, cradle to grave; it educates us, right up to postdoctoral level if need be; it guarantees our retirement; for about a third of us, it houses us; it employs many of us, either directly or indirectly; it even keeps us amused, through the BBC. For an increasing number of children, the State – and the TV in the bedroom – is the only father they will ever know. It gives us rights we never knew we had, but once we have them we are reluctant to lose them.
This is all very convenient in a way, even delightful. So many responsibilities are taken away from us but the money in our pocket – admittedly much reduced by the taxes we have to pay – is indeed like pocket money. As children we spent it on sweets, as adults we spend it on entertainments and holidays. Why save, when everything will be taken care of? The problem with the State taking care of everything is twofold. First it tends to destroy our character, something that can be observed every day. Our faculties such as prudence and planning for unpleasant eventualities are lost if they are not exercised, a trend surely borne out by the fact that we as a nation save nothing and borrow much.
The second problem is that the State isn’t very good at what it does. How many of us find that, if we can afford it, we are willing to pay privately for services that are supposed to be provided by the State, such as education and dentistry? People pay twice over, first in taxes, then as fees – and the taxes drive up the fees.
If we cannot afford private services, how many of us are really satisfied with what we receive? If we are not, there’s nothing we can do about it and if we are, it is often because we have low expectations. In effect, we are all paupers at the gate of King State. We are paupers even when we are not poor.
There is no doubt that this is very gratifying to many of our governors. It flatters their self-importance which is often their strongest character trait. But it leaves the rest of us reduced human beings.
No one who’s had many dealings with British officialdom can be under any illusions as to the warmth of its heart. Indeed, it can show no compassion because it, unlike real charity, can make no distinction between the deserving and the undeserving. To fail to make this distinction is to increase the number of the undeserving. But human nature being what it is, no one can long feel benevolent towards the undeserving. So the comfort of the State is always cold comfort.
And there is another way in which handing over everything to the State hardens our hearts: we come to believe that, having paid our taxes, we have paid our dues to society. When we have spent half of our time, nearly, in working for the State (as we do even if we are employed in the private sector), we do not feel much inclined to perform social service afterwards, even for those close to us. Where the State takes care of us all, we become separated from one another.
Our governors, in their search for power, have done everything possible to make the State our family: and they have, in large part, succeeded. A third of us are now completely dependent on the State: and the supposed dependence of women on men – actually inter-dependence – has been replaced by dependence on bureaucrats. And all this costs so much in taxes that many have to go out to work when they do not want to.
In the name of social solidarity we have turned ourselves into a lonely crowd. But whether we can get the hog to slaughter itself is another matter – there are too many of us at the trough for it to be easy.
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Etat-mamma
mardi, novembre 23, 2010
La crise irlandaise met la démocratie en question
Qu'est-ce que l'endettement généralisé ?
C'est le moyen qu'ont trouvé les politiciens occidentaux pour financer la démagogie qui leur permet d'être élus. Ils achètent leur élection en offrant aux électeurs des prestations, des services et des emplois qu'ils ne font pas payer à leur juste prix.
Des politiciens qui renoncent à cette mauvaise habitude peuvent-ils gagner les élections contre des politiciens qui n'y renoncent pas ?
Si la réponse est négative, alors la démocratie aura vécu.
C'est le moyen qu'ont trouvé les politiciens occidentaux pour financer la démagogie qui leur permet d'être élus. Ils achètent leur élection en offrant aux électeurs des prestations, des services et des emplois qu'ils ne font pas payer à leur juste prix.
Des politiciens qui renoncent à cette mauvaise habitude peuvent-ils gagner les élections contre des politiciens qui n'y renoncent pas ?
Si la réponse est négative, alors la démocratie aura vécu.
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Fin de l'Etat-mamma
jeudi, octobre 07, 2010
La réforme ou la faillite ? Ca sera la faillite
Alain Madelin dit : «Avant, on avait le choix entre la réforme ou l'endettement. On a choisi l'endettement. Maintenant, on a le choix entre la réforme ou la faillite.»
Ca sera la faillite. Le seul doute qu'il y a, c'est la date.
En effet, nous sommes une démocratie. Or, les assistés, qui ont intérêt à empêcher toute réforme, sont majoritaires (plus de la moitié des Français reçoivent plus de la moitié de leurs revenus de la collectivité), aux dépens des non-assistés.
C'est pourquoi les impots augmenteront, tuant un peu plus l'économie productive, et qu'il n'y aura aucune réforme importante, juste des ajustements à la marge pour éviter le plus longtemps possible que le système s'écroule.
Il n'y a que deux possibilités pour éviter la faillite et imposer la réforme : l'homme providentiel façon De Gaulle 1958 ou l'intelligence collective. La première solution n'est pas en vue, la seconde n'est pas dans nos traditions, où l'intelligence est imposée d'en haut.
Donc l'Etat français fera défaut.
Ca sera pour chacun une catastrophe à court terme, qui soulève des questions intéressantes du genre de celle-ci : que se passera-t-il dans les banlieues allogènes soudain sevrées d'assistanat, alors même que la police et l'armée seront en graves sous-effectifs, sous-payés, et avec des moyens inadaptés et vieillissants ?
Mais, à moyen terme, c'est une excellente nouvelle : partout où cela s'est produit, la décrue de l'Etat-mamma a fini par amener le retour à meilleure fortune.
Autant le savoir.
Ca sera la faillite. Le seul doute qu'il y a, c'est la date.
En effet, nous sommes une démocratie. Or, les assistés, qui ont intérêt à empêcher toute réforme, sont majoritaires (plus de la moitié des Français reçoivent plus de la moitié de leurs revenus de la collectivité), aux dépens des non-assistés.
C'est pourquoi les impots augmenteront, tuant un peu plus l'économie productive, et qu'il n'y aura aucune réforme importante, juste des ajustements à la marge pour éviter le plus longtemps possible que le système s'écroule.
Il n'y a que deux possibilités pour éviter la faillite et imposer la réforme : l'homme providentiel façon De Gaulle 1958 ou l'intelligence collective. La première solution n'est pas en vue, la seconde n'est pas dans nos traditions, où l'intelligence est imposée d'en haut.
Donc l'Etat français fera défaut.
Ca sera pour chacun une catastrophe à court terme, qui soulève des questions intéressantes du genre de celle-ci : que se passera-t-il dans les banlieues allogènes soudain sevrées d'assistanat, alors même que la police et l'armée seront en graves sous-effectifs, sous-payés, et avec des moyens inadaptés et vieillissants ?
Mais, à moyen terme, c'est une excellente nouvelle : partout où cela s'est produit, la décrue de l'Etat-mamma a fini par amener le retour à meilleure fortune.
Autant le savoir.
mercredi, septembre 29, 2010
Conférence Charles Gave : l'Etat est mort, vive l'état
Comme d'habitude, très clair, très pédagogue; à base de graphique clairs.
Le raisonnement s'articule de la façon suivante :
> ce sont les entrepreneurs qui créent la croissance et les emplois. Tendanciellement, le taux de profits doit être supérieur aux revenus de la rente pour que l'économie soit créative, ce qui n'est pas le cas en France sur ces trente dernières années. C'est pourquoi Charles Gave conclut que le fait que les jeunes Français veuillent à 75 % devenir fonctionnaires est une preuve d'intelligence : en France, le risque ne paye pas.
> l'Etat tue la croissance : plus la part de l'Etat dans l'économie croit, plus la croissance baisse, plus le chômage augmente (non, l'Etat ne «crée» pas d'emplois).
> les taux d'intérêts sont corrélés à la croissance. Donc plus l'Etat tue la croissance, plus il se finance à des taux bas, c'est pourquoi la charge de la dette est restée relativement stable malgré l'explosion de l'endettement. C'est un cercle très vicieux. Charles Gave considère que la génération soixante huitarde, qui a liquidé le patrimoine dont elle a hérité, qui a endetté ses enfants sans leur consentement et qui a mis en place ce système vicieux, est la plus bête de l'histoire de France. Je suis du même avis : jamais dans notre histoire, même après la peste noire, même après la guerre de trente ans, même après les guerres napoléoniennes, aucune génération ne fut structurellement plus pauvre que la précédente comme l'est celle des enfants de 68.
> Ce cercle vicieux est brisé quand la croissance est négative : puisque le taux d'intérêt nominal ne peut pas être négatif et que les revenus de l'Etat sont corrélés à la croissance, les revenus de l'Etat baissent et ne permettent plus d'assurer le service de la dette, même si les taux d'intérêts sont très bas. C'est le stade où le parasite étatique, après avoir tué son hôte, commence à mourir.
> le différentiel de taux français par rapport à l'Allemagne monte lentement, il est à peu près où était la Grèce il y a trois à quatre ans. C'est pourquoi Charles Gave prévoit une situation à la grecque en France entre 2012 et 2017. Inutile que je vous rappelle longuement le scénario-catastrophe : une mauvaise nouvelle (dégradation de note, rumeur malencontreuse ...), panique sur les marchés financiers, l'Etat français ne peut plus honorer ses échéances (1). Ensuite, on enchaine avec les mesures habituelles : baisse du salaire des fonctionnaires, privatisation de l'instruction, suppression des aides sociales etc...
> le seul moteur politique qui permettrait d'éviter cette catastrophe est la trouille qu'ont nos politiciens d'une hégémonie allemande (hégémonie préparée par trente ans de politique désastreuse). Ce moteur risque de ne pas être assez puissant.
> Cette catastrophe à court terme est une bénédiction à moyen terme. Comme le prouvent tous les exemples (USA et GB 1980, Suède, Canada, Australie, 1990), le recul de l'Etat, même forcé, finit par provoquer un regain de prospérité. A cela s'ajoute le fait que le recul de l'Etat est un bien non seulement économique mais aussi social et politique. Charles Gave, volontiers provocateur, n'hésite pas à affirmer qu'il se sent plus en sécurité juridique et fiscale à Hong-Kong qu'en France.
En résumé, on va en baver, mais les libéraux n'ont jamais eu autant le vent en poupe : ils sont les seuls qui ont une analyse et des solutions cohérentes.
Blog : l'Etat est mort, vive l'état
Addendum du 30/09 : Charles Gave a brièvement parlé de politique. Il est persuadé qu'un gouvernement sera obligé de prendre des mesures drastiques, genre diminution des salaires des fonctionnaires de 25 %. Il préfère dans ce cas un gouvernement socialiste dont la main tremblera moins que celle de la droite frileuse.
***************
(1) : la France est le troisième marché de dettes au monde après les USA et le Japon. On a les podiums qu'on peut. Quand nous ferons défaut, personne n'aura la taille de venir à notre secours.
Le raisonnement s'articule de la façon suivante :
> ce sont les entrepreneurs qui créent la croissance et les emplois. Tendanciellement, le taux de profits doit être supérieur aux revenus de la rente pour que l'économie soit créative, ce qui n'est pas le cas en France sur ces trente dernières années. C'est pourquoi Charles Gave conclut que le fait que les jeunes Français veuillent à 75 % devenir fonctionnaires est une preuve d'intelligence : en France, le risque ne paye pas.
> l'Etat tue la croissance : plus la part de l'Etat dans l'économie croit, plus la croissance baisse, plus le chômage augmente (non, l'Etat ne «crée» pas d'emplois).
> les taux d'intérêts sont corrélés à la croissance. Donc plus l'Etat tue la croissance, plus il se finance à des taux bas, c'est pourquoi la charge de la dette est restée relativement stable malgré l'explosion de l'endettement. C'est un cercle très vicieux. Charles Gave considère que la génération soixante huitarde, qui a liquidé le patrimoine dont elle a hérité, qui a endetté ses enfants sans leur consentement et qui a mis en place ce système vicieux, est la plus bête de l'histoire de France. Je suis du même avis : jamais dans notre histoire, même après la peste noire, même après la guerre de trente ans, même après les guerres napoléoniennes, aucune génération ne fut structurellement plus pauvre que la précédente comme l'est celle des enfants de 68.
> Ce cercle vicieux est brisé quand la croissance est négative : puisque le taux d'intérêt nominal ne peut pas être négatif et que les revenus de l'Etat sont corrélés à la croissance, les revenus de l'Etat baissent et ne permettent plus d'assurer le service de la dette, même si les taux d'intérêts sont très bas. C'est le stade où le parasite étatique, après avoir tué son hôte, commence à mourir.
> le différentiel de taux français par rapport à l'Allemagne monte lentement, il est à peu près où était la Grèce il y a trois à quatre ans. C'est pourquoi Charles Gave prévoit une situation à la grecque en France entre 2012 et 2017. Inutile que je vous rappelle longuement le scénario-catastrophe : une mauvaise nouvelle (dégradation de note, rumeur malencontreuse ...), panique sur les marchés financiers, l'Etat français ne peut plus honorer ses échéances (1). Ensuite, on enchaine avec les mesures habituelles : baisse du salaire des fonctionnaires, privatisation de l'instruction, suppression des aides sociales etc...
> le seul moteur politique qui permettrait d'éviter cette catastrophe est la trouille qu'ont nos politiciens d'une hégémonie allemande (hégémonie préparée par trente ans de politique désastreuse). Ce moteur risque de ne pas être assez puissant.
> Cette catastrophe à court terme est une bénédiction à moyen terme. Comme le prouvent tous les exemples (USA et GB 1980, Suède, Canada, Australie, 1990), le recul de l'Etat, même forcé, finit par provoquer un regain de prospérité. A cela s'ajoute le fait que le recul de l'Etat est un bien non seulement économique mais aussi social et politique. Charles Gave, volontiers provocateur, n'hésite pas à affirmer qu'il se sent plus en sécurité juridique et fiscale à Hong-Kong qu'en France.
En résumé, on va en baver, mais les libéraux n'ont jamais eu autant le vent en poupe : ils sont les seuls qui ont une analyse et des solutions cohérentes.
Blog : l'Etat est mort, vive l'état
Addendum du 30/09 : Charles Gave a brièvement parlé de politique. Il est persuadé qu'un gouvernement sera obligé de prendre des mesures drastiques, genre diminution des salaires des fonctionnaires de 25 %. Il préfère dans ce cas un gouvernement socialiste dont la main tremblera moins que celle de la droite frileuse.
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(1) : la France est le troisième marché de dettes au monde après les USA et le Japon. On a les podiums qu'on peut. Quand nous ferons défaut, personne n'aura la taille de venir à notre secours.
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jeudi, juillet 15, 2010
mercredi, mai 19, 2010
Retraites : nous crèverons de notre bêtise
La solution, non point parfaite -il n'existe aucune solution parfaite, sauf dans le monde criminel des utopies socialistes-, de nos problèmes de retraite est connue, c'est la capitalisation.
Mais voilà, elle a été diabolisée pour des raisons d'idéologie et de soif de pouvoir inextinguible. En effet, la retraite par répartition offre aux politiciens et aux «partenaires sociaux» (nom politiquement correct des vautours copains-coquins du syndicalisme) un champ sans égal pour le déploiement de leur mégalomanie. Sans compter que spolier les jeunes grâce à la contrainte étatique au profit des vieux soixante-huitards leur garantit de rester au pouvoir.
Les Français ne sont pas dupes des conneries qu'on leur raconte : dès qu'ils le peuvent, ils mettent de l'argent de coté pour leur retraite, une capitalisation décidée spontanément, mais sans les avantages d'un système organisé dans ce but.
Nous nous y prenons si tard que la transition sera douloureuse mais nous aurons au moins l'expérience de la foule de pays qui nous ont précédés pour nous guider. Hélas, un ministre vient encore de déclarer qu'il n'était pas question d'évoquer la capitalisation (1).
Nous crèverons de cette bêtise de refuser un système meilleur parce qu'une oligarchie qui tire avantage du système mauvais existant nous répète des fadaises pour faire durer un peu plus longtemps son gagne-pain.
Car, tout comme l'Euro éclatera, la retraite par répartition disparaîtra (2). C'est inscrit dans la démographie.
L'intelligence aurait consisté à préparer cette transition, comme le Chili, il y a vingt ans. Le simple bon sens consisterait à la faire tout de suite. La bêtise consiste à la repousser encore de dix ans.
**************
(1) : on le comprend. La capitalisation, ce sont des citoyens responsables. La répartition, ce sont des citoyens-enfants réfugiés dans le giron de l'Etat-mamma qui décide pour eux. Un politicien véreux incline à préférer la solution qui augmente son pouvoir.
(2) : presque : il ne serait pas idiot d'avoir un système minimal de répartition comme filet pour les plus imprévoyants.
Mais voilà, elle a été diabolisée pour des raisons d'idéologie et de soif de pouvoir inextinguible. En effet, la retraite par répartition offre aux politiciens et aux «partenaires sociaux» (nom politiquement correct des vautours copains-coquins du syndicalisme) un champ sans égal pour le déploiement de leur mégalomanie. Sans compter que spolier les jeunes grâce à la contrainte étatique au profit des vieux soixante-huitards leur garantit de rester au pouvoir.
Les Français ne sont pas dupes des conneries qu'on leur raconte : dès qu'ils le peuvent, ils mettent de l'argent de coté pour leur retraite, une capitalisation décidée spontanément, mais sans les avantages d'un système organisé dans ce but.
Nous nous y prenons si tard que la transition sera douloureuse mais nous aurons au moins l'expérience de la foule de pays qui nous ont précédés pour nous guider. Hélas, un ministre vient encore de déclarer qu'il n'était pas question d'évoquer la capitalisation (1).
Nous crèverons de cette bêtise de refuser un système meilleur parce qu'une oligarchie qui tire avantage du système mauvais existant nous répète des fadaises pour faire durer un peu plus longtemps son gagne-pain.
Car, tout comme l'Euro éclatera, la retraite par répartition disparaîtra (2). C'est inscrit dans la démographie.
L'intelligence aurait consisté à préparer cette transition, comme le Chili, il y a vingt ans. Le simple bon sens consisterait à la faire tout de suite. La bêtise consiste à la repousser encore de dix ans.
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(1) : on le comprend. La capitalisation, ce sont des citoyens responsables. La répartition, ce sont des citoyens-enfants réfugiés dans le giron de l'Etat-mamma qui décide pour eux. Un politicien véreux incline à préférer la solution qui augmente son pouvoir.
(2) : presque : il ne serait pas idiot d'avoir un système minimal de répartition comme filet pour les plus imprévoyants.
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mercredi, avril 21, 2010
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