Yves de Kerdrel, de Valeurs Actuelles, se prétend sur écoutes et suivi pour avoir critiqué Manuel Valls.
Je ne sais pas si c'est vrai. En revanche, je n'ai aucune hésitation sur le fait que c'est vraisemblable.
Le pouvoir socialiste cumule les ingrédients nécessaires à des mises sur écoutes sans retenue : paranoïa (nous sommes cernés par de méchants ennemis), vanité (nous sommes les prêtres du Bien) et sentiment d'impunité (les medias, la police et la justice sont à notre botte).
Ceux qui prétendent que cette hypothèse est ridicule sont sans doute les mêmes qui trouvaient ridicule d'envisager que François Mitterrand mette sur écoute Carole Bouquet. C'était effectivement ridicule de mettre l'actrice sur écoutes. En revanche, cela n'était pas ridicule d'envisager que pouvoir socialiste puisse le faire puisque cela s'est révélé vrai.
D'ailleurs, on n'est jamais ridicule de croire un pouvoir socialiste capable de prendre des décisions ridicules. C'est juste la sagesse, le fruit de l'expérience.
Et puis, affirmer péremptoirement que telle ou telle mise sur écoute est invraisemblable après l'affaire Snowden, ça se pose là.
Pour ma part, si j'avais à parier, j'évaluerai la vraisemblance de «Yves de Kredrel sur écoutes» à 70 %.
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dimanche, août 11, 2013
lundi, juillet 23, 2012
Dans deux jours vous travaillerez enfin pour vous !
Dans deux jours vous travaillerez enfin pour vous !
Kerdrel donne quelques chiffres mais l'essentiel est connu : les hommes de l'Etat français, qui financent leur clientélisme par l'impôt et par la dette, sont des voleurs.
Le problème : que faire ?
Et c'est là que les choses se gâtent : à part l'exil, je ne vois pas de solution réaliste. Ces gens-là détiennent tous les leviers, notamment ceux de la parole publique. Ils osent même accuser les victimes qui protestent de manque de patriotisme. Non seulement il faut se laisser détrousser, mais, en plus, il faut y prendre plaisir.
Kerdrel donne quelques chiffres mais l'essentiel est connu : les hommes de l'Etat français, qui financent leur clientélisme par l'impôt et par la dette, sont des voleurs.
Le problème : que faire ?
Et c'est là que les choses se gâtent : à part l'exil, je ne vois pas de solution réaliste. Ces gens-là détiennent tous les leviers, notamment ceux de la parole publique. Ils osent même accuser les victimes qui protestent de manque de patriotisme. Non seulement il faut se laisser détrousser, mais, en plus, il faut y prendre plaisir.
Libellés :
Kerdrel,
oppression fiscale
jeudi, juillet 19, 2012
Folie fiscale
L'éditorial d'Yves de Kerdrel ci-dessous est de pur bon sens, mais le matraquage de jalousie et d'envie des dernières années a été si puissant que la logique la plus élémentaire devient inaudible.
Je dis souvent que je préférerais être entouré de milliardaires que de smicards, que la France est un pays qui importe des bons-à-rien et exporte des riches, que c'est une folie suicidaire.
Mais je crois que plus personne ne m'entend, ou, plus exactement, que ceux qui pensent comme moi sont nombreux mais qu'ils sont privés de parole publique, le débat politique se déroule comme s'ils n'existaient pas, comme si leurs idées n'existaient pas, comme si les fous, c'était eux.
Peut-on raisonnablement attendre quelque chose d'autre d'un pays qui pense qu'on devient riche en volant les pauvres, que mieux vaut l'égalité dans la misère que l'inégalité dans la richesse, que toute inégalité de fait est une injustice (sauf quand cette inégalité est due à l'Etat) et que l'Etat est la solution de tous les problèmes ?
Ce pays a choisi le socialisme comme mode de suicide, c'est long et douloureux.
Folie fiscale
Yves de Kerdrel
Faire payer les riches. Voilà au moins une promesse sur laquelle François Hollande ne pourra pas être pris en défaut. Les députés socialistes devaient porter hier soir l'ISF à un niveau sans précédent. Une mesure qui va contraindre un peu plus de 250.000 foyers fiscaux à acquitter pas moins de 2,3 milliards d'euros supplémentaires.
À ce niveau-là de taxation, ce n'est plus de «l'effort», c'est de la confiscation. Ce n'est plus de la contribution au redressement du pays, c'est de la spoliation. Ce n'est plus une mobilisation des forces vives, mais au contraire le moyen le plus simple pour écœurer tous les Français qui croient au travail, qui participent à la croissance du pays et qui épargnent pour leur retraite ou pour les générations futures.
Le problème d'une mesure comme celle-là, c'est qu'elle ne représente qu'un article de loi pour une majorité socialiste qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez. Alors que les dégâts à court et moyen termes vont être terribles. En faisant partir de France tous ceux qui en ont assez d'être stigmatisés, pointés du doigt et finalement taxés à outrance. Donc tous ceux qui détiennent ces capitaux, ces idées, et une part de ce génie français.
En désabusant aussi tous ces jeunes qui créent leur entreprise, surfent sur la vague du numérique et voient poindre à l'horizon cet ISF, sans compter le futur taux marginal d'imposition à 75 %.
À l'heure du Tour de France, qui réunit tous les Français dans une même aventure sportive, le gouvernement serait bien inspiré de relire ces propos de bon sens du grand cycliste que fut Bernard Hinault: «Quand je donne quatre coups de pédales, il y en a trois pour l'État et un pour moi .» Avant que la France ne se vide à la fois de ses grandes fortunes et de ses jeunes talents.
Je dis souvent que je préférerais être entouré de milliardaires que de smicards, que la France est un pays qui importe des bons-à-rien et exporte des riches, que c'est une folie suicidaire.
Mais je crois que plus personne ne m'entend, ou, plus exactement, que ceux qui pensent comme moi sont nombreux mais qu'ils sont privés de parole publique, le débat politique se déroule comme s'ils n'existaient pas, comme si leurs idées n'existaient pas, comme si les fous, c'était eux.
Peut-on raisonnablement attendre quelque chose d'autre d'un pays qui pense qu'on devient riche en volant les pauvres, que mieux vaut l'égalité dans la misère que l'inégalité dans la richesse, que toute inégalité de fait est une injustice (sauf quand cette inégalité est due à l'Etat) et que l'Etat est la solution de tous les problèmes ?
Ce pays a choisi le socialisme comme mode de suicide, c'est long et douloureux.
Folie fiscale
Yves de Kerdrel
Faire payer les riches. Voilà au moins une promesse sur laquelle François Hollande ne pourra pas être pris en défaut. Les députés socialistes devaient porter hier soir l'ISF à un niveau sans précédent. Une mesure qui va contraindre un peu plus de 250.000 foyers fiscaux à acquitter pas moins de 2,3 milliards d'euros supplémentaires.
À ce niveau-là de taxation, ce n'est plus de «l'effort», c'est de la confiscation. Ce n'est plus de la contribution au redressement du pays, c'est de la spoliation. Ce n'est plus une mobilisation des forces vives, mais au contraire le moyen le plus simple pour écœurer tous les Français qui croient au travail, qui participent à la croissance du pays et qui épargnent pour leur retraite ou pour les générations futures.
Le problème d'une mesure comme celle-là, c'est qu'elle ne représente qu'un article de loi pour une majorité socialiste qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez. Alors que les dégâts à court et moyen termes vont être terribles. En faisant partir de France tous ceux qui en ont assez d'être stigmatisés, pointés du doigt et finalement taxés à outrance. Donc tous ceux qui détiennent ces capitaux, ces idées, et une part de ce génie français.
En désabusant aussi tous ces jeunes qui créent leur entreprise, surfent sur la vague du numérique et voient poindre à l'horizon cet ISF, sans compter le futur taux marginal d'imposition à 75 %.
À l'heure du Tour de France, qui réunit tous les Français dans une même aventure sportive, le gouvernement serait bien inspiré de relire ces propos de bon sens du grand cycliste que fut Bernard Hinault: «Quand je donne quatre coups de pédales, il y en a trois pour l'État et un pour moi .» Avant que la France ne se vide à la fois de ses grandes fortunes et de ses jeunes talents.
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Kerdrel,
Les conneries de Hollande,
oppression fiscale
mercredi, juin 27, 2012
mardi, juin 12, 2012
samedi, mai 26, 2012
dimanche, décembre 11, 2011
Tout vaut mieux que l'assistanat !
Tout vaut mieux que l'assistanat !
Par Yves Kerdrel dans Le Figaro
Publié le 05/12/2011 à 17:14
Au commencement était, non pas le verbe, mais Martin Hirsch ! Ce donneur de leçons présomptueux [le mot est faible ] avait convaincu Nicolas Sarkozy de créer le revenu de solidarité active, appelé RSA. L'idée était de faire en sorte que tout chômeur qui reprend un travail soit vraiment incité à le faire et ne soit pas pénalisé sur le plan financier. L'enfer étant pavé de bonnes intentions, le RSA a été élaboré avec quelques vices de fabrication. Si bien qu'il coûte aujourd'hui 8 milliards d'euros par an à la collectivité… Surtout, il continue de participer au «millefeuille» de l'assistanat, qui va de la «prime de Noël» à la couverture maladie universelle en passant par l'aide pour le fioul.
Il y a quelques mois, lorsqu'un homme politique, fût-il démocrate-chrétien comme Laurent Wauquiez, a soulevé publiquement la question de cet assistanat qui «ronge les classes moyennes», quel tollé ! Ce ministre a été sommé de présenter sa démission au locataire de Matignon, qui l'a heureusement refusée. Il faut dire qu'un sondage avait alors révélé que deux tiers des français partageaient l'indignation du maire du Puy-en-Velay.
Depuis, le climat s'est nettement décomplexé autour de ce sujet. D'abord, les caisses sont vides, et personne ne peut dire qu'il n'est pas au courant de la situation des finances publiques, après deux plans consécutifs de rigueur. Ensuite, sur la proposition de l'ex-ministre Marc-Philippe Daubresse, le gouvernement est convenu de demander aux bénéficiaires du RSA une contrepartie sous la forme de sept heures de travail par semaine. Proposition qui ne choque personne, même pas les habituelles bonnes consciences de gauche, pour lesquelles «une allocation est toujours un dû». Enfin, à l'approche de l'élection présidentielle, tous ceux qui aiment d'habitude à «faire du social» ou à «faire pleurer dans les chaumières» hésitent quelque peu devant l'exaspération des 43 millions de Français qui constituent ces classes moyennes, trop aisées pour être aidées, et pas assez payées pour être sereines.
C'est ce moment qu'a choisi Laurent Wauquiez pour revenir sur le débat qu'il avait suscité il y a quelques mois, dans un excellent ouvrage, où il prend le temps de décrire tous les symptômes de cette terrible maladie de notre époque qu'est l'assistanat, en la distinguant bien de l'assistance. Car ce sont deux notions bien différentes, mais qui ont suscité tant de confusions abusives !
Dans ce livre, La Lutte des classes moyennes (éd. Odile Jacob), il y a trois idées, peut-être banales, mais si agréables à lire sous la plume d'un homme politique, de surcroît jeune. La première, c'est que «nous sommes arrivés au bout de la logique du système de protection sociale, tel qu'il a été conçu dans l'après-guerre». Laurent Wauquiez démontre comment nos États-providence sont devenus des machines à faire des chèques en ignorant totalement le mot «social». Ce qui l'amène à dire que «l'assistanat est au fond le pire ennemi du social. Si nous ne pouvons pas apporter la preuve que l'argent public est utilisé pour aider ceux qui en ont vraiment besoin, alors je suis convaincu qu'il se produira un rejet d'ensemble de notre contrat social». Quel diagnostic à la fois lucide et terrible !
Deuxième idée chère à Laurent Wauquiez: quel que soit le système de redistribution mis en place, il est d'une complexité incroyable et malsaine à cause d'un empilement d'aides diverses et variées. À l'heure actuelle, un couple peut recevoir, avec le RSA, 1 030 euros chaque mois (soit l'équivalent d'un smic net), auxquels s'ajouteront des transports gratuits, une couverture maladie universelle (coût : 6 milliards par an pour la collectivité), des tarifs sociaux pour l'eau, le gaz et l'électricité, une aide pour le fioul, la prise en charge des frais de cantine et la prime de Noël (coût : 400 millions d'euros). Mais pourquoi ne pas supprimer ce «millefeuille» et le remplacer par une allocation unique ?
Enfin, troisième suggestion de Laurent Wauquiez, une fois mise en place cette «ressource unique», celle-ci ne doit jamais dépasser 80 % du smic. Car «la solidarité nationale est un devoir, mais elle ne doit pas s'exercer au point de troubler les repères : l'argent du travail doit toujours être supérieur à l'argent des allocations».
Certains trouveront sans doute qu'il y a de la naïveté dans les propos du ministre. Il s'agit plutôt de fraîcheur dans le débat politique qui s'entrouvre, à quelques mois des élections. Ces quelques rappels sont d'un tel bon sens qu'ils expliquent le silence assourdissant des socialistes sur ce grand sujet de société, dont ils ont pourtant fait, pendant des années, leur petit fonds de commerce.
Par Yves Kerdrel dans Le Figaro
Publié le 05/12/2011 à 17:14
Au commencement était, non pas le verbe, mais Martin Hirsch ! Ce donneur de leçons présomptueux [le mot est faible ] avait convaincu Nicolas Sarkozy de créer le revenu de solidarité active, appelé RSA. L'idée était de faire en sorte que tout chômeur qui reprend un travail soit vraiment incité à le faire et ne soit pas pénalisé sur le plan financier. L'enfer étant pavé de bonnes intentions, le RSA a été élaboré avec quelques vices de fabrication. Si bien qu'il coûte aujourd'hui 8 milliards d'euros par an à la collectivité… Surtout, il continue de participer au «millefeuille» de l'assistanat, qui va de la «prime de Noël» à la couverture maladie universelle en passant par l'aide pour le fioul.
Il y a quelques mois, lorsqu'un homme politique, fût-il démocrate-chrétien comme Laurent Wauquiez, a soulevé publiquement la question de cet assistanat qui «ronge les classes moyennes», quel tollé ! Ce ministre a été sommé de présenter sa démission au locataire de Matignon, qui l'a heureusement refusée. Il faut dire qu'un sondage avait alors révélé que deux tiers des français partageaient l'indignation du maire du Puy-en-Velay.
Depuis, le climat s'est nettement décomplexé autour de ce sujet. D'abord, les caisses sont vides, et personne ne peut dire qu'il n'est pas au courant de la situation des finances publiques, après deux plans consécutifs de rigueur. Ensuite, sur la proposition de l'ex-ministre Marc-Philippe Daubresse, le gouvernement est convenu de demander aux bénéficiaires du RSA une contrepartie sous la forme de sept heures de travail par semaine. Proposition qui ne choque personne, même pas les habituelles bonnes consciences de gauche, pour lesquelles «une allocation est toujours un dû». Enfin, à l'approche de l'élection présidentielle, tous ceux qui aiment d'habitude à «faire du social» ou à «faire pleurer dans les chaumières» hésitent quelque peu devant l'exaspération des 43 millions de Français qui constituent ces classes moyennes, trop aisées pour être aidées, et pas assez payées pour être sereines.
C'est ce moment qu'a choisi Laurent Wauquiez pour revenir sur le débat qu'il avait suscité il y a quelques mois, dans un excellent ouvrage, où il prend le temps de décrire tous les symptômes de cette terrible maladie de notre époque qu'est l'assistanat, en la distinguant bien de l'assistance. Car ce sont deux notions bien différentes, mais qui ont suscité tant de confusions abusives !
Dans ce livre, La Lutte des classes moyennes (éd. Odile Jacob), il y a trois idées, peut-être banales, mais si agréables à lire sous la plume d'un homme politique, de surcroît jeune. La première, c'est que «nous sommes arrivés au bout de la logique du système de protection sociale, tel qu'il a été conçu dans l'après-guerre». Laurent Wauquiez démontre comment nos États-providence sont devenus des machines à faire des chèques en ignorant totalement le mot «social». Ce qui l'amène à dire que «l'assistanat est au fond le pire ennemi du social. Si nous ne pouvons pas apporter la preuve que l'argent public est utilisé pour aider ceux qui en ont vraiment besoin, alors je suis convaincu qu'il se produira un rejet d'ensemble de notre contrat social». Quel diagnostic à la fois lucide et terrible !
Deuxième idée chère à Laurent Wauquiez: quel que soit le système de redistribution mis en place, il est d'une complexité incroyable et malsaine à cause d'un empilement d'aides diverses et variées. À l'heure actuelle, un couple peut recevoir, avec le RSA, 1 030 euros chaque mois (soit l'équivalent d'un smic net), auxquels s'ajouteront des transports gratuits, une couverture maladie universelle (coût : 6 milliards par an pour la collectivité), des tarifs sociaux pour l'eau, le gaz et l'électricité, une aide pour le fioul, la prise en charge des frais de cantine et la prime de Noël (coût : 400 millions d'euros). Mais pourquoi ne pas supprimer ce «millefeuille» et le remplacer par une allocation unique ?
Enfin, troisième suggestion de Laurent Wauquiez, une fois mise en place cette «ressource unique», celle-ci ne doit jamais dépasser 80 % du smic. Car «la solidarité nationale est un devoir, mais elle ne doit pas s'exercer au point de troubler les repères : l'argent du travail doit toujours être supérieur à l'argent des allocations».
Certains trouveront sans doute qu'il y a de la naïveté dans les propos du ministre. Il s'agit plutôt de fraîcheur dans le débat politique qui s'entrouvre, à quelques mois des élections. Ces quelques rappels sont d'un tel bon sens qu'ils expliquent le silence assourdissant des socialistes sur ce grand sujet de société, dont ils ont pourtant fait, pendant des années, leur petit fonds de commerce.
mercredi, juin 02, 2010
Excellent article d'Yves de Kerdrel dans Le Figaro
La chronique d'Yves de Kerdrel
Par Yves de Kerdrel
Le Figaro 31/05/2010 | Mise à jour : 19:15 Réaction (2)
Société de confiance versus société d'assistance
Lors d'un récent déjeuner réunissant le corps de l'Inspection des finances, Alain Minc a dit, à ses pairs présents, qu'en tant que «représentants de l'élite du pays» ils avaient le devoir «de propager un message d'optimisme». Cette scène incroyable, où le conseiller du monarque demande aux «fermiers généraux» de répandre des mots doux aux oreilles des citoyens, pour qu'ils cessent de penser à la crise, a quelque chose de surréaliste, sinon de suranné.
Les Français n'attendent pas qu'on leur raconte tous les soirs Alice au pays des merveilles, afin de les endormir. Ils réclament des politiques, un devoir de vérité et d'action. En cela, le travail que mène depuis quelques semaines Éric Woerth, sans se laisser distraire par les bruits de la Cour, est exemplaire. Voilà un ministre qui a pris en mains, dans le sillage de ce qu'a déjà fait, sur les régimes spéciaux, Xavier Bertrand, un dossier ô combien complexe. Il s'est fixé un but et un calendrier. Et il trace son chemin. Il mène sa réforme. Il bouscule les tabous. Bref, il fait le job, comme disent les Américains.
Il a réussi à faire passer dans l'opinion le recul de l'âge de la retraite avec une facilité déconcertante. Et les manifestations syndicales de la semaine passée ressemblaient davantage à un convoi funèbre enterrant les dernières illusions d'archéo-socialistes qu'à un baroud d'honneur. Si tout continue de se passer de cette manière, Éric Woerth pourra dévoiler à la mi-juin les couleurs de sa réforme. Et un mois plus tard la présenter en Conseil des ministres.
Une perte de confiance dans l'État
S'il est important que cette réforme soit menée de manière claire, rapide et courageuse, c'est parce qu'elle peut redonner confiance, primo en l'action politique, secundo en la capacité de la France à se transformer et tertio, parce que c'est tout de même un sujet à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Les socialistes qui sont encore bouleversés à l'idée que Nicolas Sarkozy ait pu ébranler, la semaine passée, la statue de François Mitterrand, pensent toujours que les Français aiment entendre dire «demain on rasera gratis!». Ils croient que c'est par de nouvelles protections et un surcroît d'État-providence que l'on va redonner de l'enthousiasme à une France anxiogène. Ils ressortent de vieilles théories de sociologues américains sur la société du «care» et du «bien-être», pour réinventer un État surpuissant dont la seule tâche sera de redistribuer davantage d'allocations, et donc de ponctionner plus d'impôts. Quel programme enthousiasmant!
Si au lieu d'aller chercher leurs idées dans des théories éculées, ils regardaient la France de ce début 2010, ils verraient que la consommation s'enraye et que l'épargne atteint des niveaux records. Qu'est-ce que cela veut dire? Tout simplement que lorsque l'on a plus confiance dans un État surendetté, et que l'on ignore encore quel type de retraite on aura, il est rationnel de se créer une épargne de précaution. Dès lors que les Français reprendront confiance dans l'action de ceux qu'ils ont élus et dans la solidité de leur pays, alors ils consommeront de nouveau. Ils s'endetteront. Ils feront des projets pour l'avenir. Et il en est de même pour les 2,7 millions de petites et moyennes entreprises qui n'osent plus investir par peur de cette incertitude ambiante.
Un climat de précampagne
Alain Peyrefitte avait montré, dans le sillage du sociologue Max Weber, les liens qui unissent l'économie et la confiance. Pas un mot n'est à changer dans ce qu'il a écrit sur la société de confiance. Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI, donnait il y a quelques jours un exemple précis de cette mécanique vertueuse: «Si les gens prennent leur retraite plus tard, rappelle-t-il comme une évidence, ils ont moins besoin d'épargner et ils peuvent donc consommer un peu plus.» De la même manière s'ils constatent que l'État peut mener une politique sérieuse et rigoureuse en matière de finances publiques, ils arrêteront de s'inquiéter pour l'avenir de leurs enfants. Point n'est besoin de parler d'austérité, ou de promettre «du sang, de la sueur et des larmes», il suffit de suivre les prescriptions du rapport Champsaur-Cotis qui suggère une diminution raisonnée, mais tonique, des dépenses publiques au cours des dix années qui viennent.
À deux ans de la prochaine élection présidentielle, la France semble déjà entrée dans un climat de précampagne. Avec, d'un côté, des socialistes en situation de déni de vérité et, de l'autre, une majorité qui a fort à faire avec la sortie de crise. Le plus important, c'est que dans ce moment crucial, le gouvernement ne cède en rien ni sur son calendrier ni sur sa volonté réformatrice. Ce sont les meilleurs gages que la droite pourra présenter en 2012, «à ce vieux pays recru d'épreuves», comme l'écrivait le général de Gaulle. À ce pays qui mérite davantage une société de confiance, qu'une société d'assistance… et donc d'aliénation.
Par Yves de Kerdrel
Le Figaro 31/05/2010 | Mise à jour : 19:15 Réaction (2)
Société de confiance versus société d'assistance
Lors d'un récent déjeuner réunissant le corps de l'Inspection des finances, Alain Minc a dit, à ses pairs présents, qu'en tant que «représentants de l'élite du pays» ils avaient le devoir «de propager un message d'optimisme». Cette scène incroyable, où le conseiller du monarque demande aux «fermiers généraux» de répandre des mots doux aux oreilles des citoyens, pour qu'ils cessent de penser à la crise, a quelque chose de surréaliste, sinon de suranné.
Les Français n'attendent pas qu'on leur raconte tous les soirs Alice au pays des merveilles, afin de les endormir. Ils réclament des politiques, un devoir de vérité et d'action. En cela, le travail que mène depuis quelques semaines Éric Woerth, sans se laisser distraire par les bruits de la Cour, est exemplaire. Voilà un ministre qui a pris en mains, dans le sillage de ce qu'a déjà fait, sur les régimes spéciaux, Xavier Bertrand, un dossier ô combien complexe. Il s'est fixé un but et un calendrier. Et il trace son chemin. Il mène sa réforme. Il bouscule les tabous. Bref, il fait le job, comme disent les Américains.
Il a réussi à faire passer dans l'opinion le recul de l'âge de la retraite avec une facilité déconcertante. Et les manifestations syndicales de la semaine passée ressemblaient davantage à un convoi funèbre enterrant les dernières illusions d'archéo-socialistes qu'à un baroud d'honneur. Si tout continue de se passer de cette manière, Éric Woerth pourra dévoiler à la mi-juin les couleurs de sa réforme. Et un mois plus tard la présenter en Conseil des ministres.
Une perte de confiance dans l'État
S'il est important que cette réforme soit menée de manière claire, rapide et courageuse, c'est parce qu'elle peut redonner confiance, primo en l'action politique, secundo en la capacité de la France à se transformer et tertio, parce que c'est tout de même un sujet à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Les socialistes qui sont encore bouleversés à l'idée que Nicolas Sarkozy ait pu ébranler, la semaine passée, la statue de François Mitterrand, pensent toujours que les Français aiment entendre dire «demain on rasera gratis!». Ils croient que c'est par de nouvelles protections et un surcroît d'État-providence que l'on va redonner de l'enthousiasme à une France anxiogène. Ils ressortent de vieilles théories de sociologues américains sur la société du «care» et du «bien-être», pour réinventer un État surpuissant dont la seule tâche sera de redistribuer davantage d'allocations, et donc de ponctionner plus d'impôts. Quel programme enthousiasmant!
Si au lieu d'aller chercher leurs idées dans des théories éculées, ils regardaient la France de ce début 2010, ils verraient que la consommation s'enraye et que l'épargne atteint des niveaux records. Qu'est-ce que cela veut dire? Tout simplement que lorsque l'on a plus confiance dans un État surendetté, et que l'on ignore encore quel type de retraite on aura, il est rationnel de se créer une épargne de précaution. Dès lors que les Français reprendront confiance dans l'action de ceux qu'ils ont élus et dans la solidité de leur pays, alors ils consommeront de nouveau. Ils s'endetteront. Ils feront des projets pour l'avenir. Et il en est de même pour les 2,7 millions de petites et moyennes entreprises qui n'osent plus investir par peur de cette incertitude ambiante.
Un climat de précampagne
Alain Peyrefitte avait montré, dans le sillage du sociologue Max Weber, les liens qui unissent l'économie et la confiance. Pas un mot n'est à changer dans ce qu'il a écrit sur la société de confiance. Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI, donnait il y a quelques jours un exemple précis de cette mécanique vertueuse: «Si les gens prennent leur retraite plus tard, rappelle-t-il comme une évidence, ils ont moins besoin d'épargner et ils peuvent donc consommer un peu plus.» De la même manière s'ils constatent que l'État peut mener une politique sérieuse et rigoureuse en matière de finances publiques, ils arrêteront de s'inquiéter pour l'avenir de leurs enfants. Point n'est besoin de parler d'austérité, ou de promettre «du sang, de la sueur et des larmes», il suffit de suivre les prescriptions du rapport Champsaur-Cotis qui suggère une diminution raisonnée, mais tonique, des dépenses publiques au cours des dix années qui viennent.
À deux ans de la prochaine élection présidentielle, la France semble déjà entrée dans un climat de précampagne. Avec, d'un côté, des socialistes en situation de déni de vérité et, de l'autre, une majorité qui a fort à faire avec la sortie de crise. Le plus important, c'est que dans ce moment crucial, le gouvernement ne cède en rien ni sur son calendrier ni sur sa volonté réformatrice. Ce sont les meilleurs gages que la droite pourra présenter en 2012, «à ce vieux pays recru d'épreuves», comme l'écrivait le général de Gaulle. À ce pays qui mérite davantage une société de confiance, qu'une société d'assistance… et donc d'aliénation.
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