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jeudi, mai 07, 2020

lundi, avril 27, 2020

Avis scientifiques contradictoires. Comment s'y retrouver ?

En ce moment, c'est la foire aux avis scientifiques. Comment s'y retrouver ? Quelques pistes. Il s'agit des sciences aux causalités incertaines. Le modèle de la physique, très mathématique, est trompeur.

Prenons l'exemple de l'épidémie.

1) Exercez votre jugement. Rien ne vous délivrera de l'incertitude.

Face à l'inconnu, il n'y a pas de gourou, de maître qui a toujours raison. Pas de théorie absolue. Personne n'a la vérité absolue. Einstein a dit beaucoup de conneries, Raoult aussi.

Rien ne vous délivrera du poids de l'incertitude. Assumez le. Faites de l'incertitude un indicateur : si vous devenez trop certain, c'est que vous êtes au train de vous planter.

2) Faites l'entonnoir : des ordres de grandeur aux mécanismes, pas l'inverse.

Si vous allez des mécanismes aux ordres de grandeur, c'est un processus divergent qui vous fera penser beaucoup d'absurdités.

Si vous croyez avoir compris comment fonctionne le virus et que vous essayez d'en déduire le nombre de victimes, vous introduisez un risque d'erreur à chaque étape (transmission, contamination, infection, développement ...).

A l'inverse, commencez par raisonner sur les ordres de grandeur, vous minimisez les hypothèses et donc les erreurs possibles.

Si vous dites qu'un virus à propagation rapide et qui a fait 20 000 morts en France en trois mois ne pourra pas en faire plus de 100 000, vous n'avez que deux sources d'erreur : le nombre de morts mesuré et la rapidité de propagation. Vous avez donc une fourchette relativement restreinte : 20 000-100 000.

Les modèles basés sur les mécanismes, qui ont besoin d'hypothèses taux de contagion, de taux de contamination et de taux de mortalité, ont annoncé une fourchette de 50 000-500 000 morts !

Raisonnez de la macro vers la micro. Ce n'est pas infaillible, mais ça minimise le risque d'erreur.

3) N'ayez pas le fétichisme des chiffres.

Les chiffres sont trompeurs. Raisonnez en ordres de grandeur, « avec les mains ».

Si vous avez besoin de 12 chiffres significatifs ou si vous utilisez plus de 3 nombres pour expliquer un phénomène, c'est que vous faites fausse route.

Le tableau Excel à 300 lignes et 400 colonnes, c'est juste pour faire mousser le débile qui l'a fait.

Ne vous fiez jamais aux modèles numériques. C'est de la propagande.


4) Faites la part de l'inconnu et du non-linéaire.

Il faut faire la part de l'inconnu : les krachs arrivent, le climat peut diverger, le virus arrive.


5) Utilisez l'historique

Des krachs sont déjà arrivés, donc il est probable qu'il y en aura d'autres.

En revanche, on n'a jamais vu le climat diverger et les mutations dangereuses de virus en cours d'épidémie sont rarissimes.

Essayez de raisonner par analogie.

Ca met en perspective le le paragraphe précédent. C'est très important, sinon vous laissez emporter par le flux de l'hystérie.

6) N'ayez pas le fétichisme de la méthode.

La plupart des découvertes scientifiques sont arrivées par hasard ou par intuition (il faut des gens suffisamment bons pour attraper les coups de chance par les cheveux) et ont été validées par l'usage et par l'habitude.

Les fétichistes de la méthode, comme les anti-Raoult, sont des ignorants de l'histoire des sciences et, surtout, des gens incapables de supporter l'incertitude que je mentionne au départ. On retrouve la même faiblesse psychologique, philosophique, chez les fétichistes du chiffre.


mardi, avril 21, 2020

Le Raoult du jour.




Il est clair que Raoult poursuit un combat méthodologique, mais je ne suis pas sûr que ses opposants le comprennent.

Le protocole de l'IHU de Marseille comprend quatre volets :

1) Tests extensifs sans attendre les symptômes.

2) Hydroxychloroquine.

3) Antibiotique Azythromycine.

4) Surveillance cardiaque à cause des effets secondaires de la chloroquine.

Le but est d'empêcher l'entrée dans la phase grave de la maladie.

Or, il apparaît possible, voire probable, que les antibiotiques sont plus importants dans cette histoire que la chloroquine et qu'on peut se passer de choloroquine.

Comme la polémique (vu les attaques ad hominem, on est assez éloigné de la disputatio scientifique) a été focalisée sur la chloroquine, ses opposants pourraient dire que ça donne tort à Raoult.

Je ne pense pas beaucoup m'aventurer en disant qu'il répondrait que peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu'il attrape les souris. Son protocole fonctionne et, s'il a eu une part de chance, c'est qu'il a su la provoquer avec une intuition juste et que l'histoire des sciences est pleine de fameux coups de chance, la célèbre sérendipité des anglo-saxons.

On est en plein dans la démonstration du Contre la méthode de Feyerabend.

Bien évidemment, les ayatollahs de la méthode, les abrutis des essais randomisés en double aveugle et les corrompus de Big Paharma ne le lui pardonneront jamais.

Le Twitt du jour, est une contestation bienvenue des modèles numériques.

Je ne suis pas contre les modèles numériques, mais ça doit rester un truc de deuxième ou de troisième ordre par rapport à d'autres démarches. En faire un outil quasi-exclusif et prédictif, comme dans le cas de l’épidémie et du climat, c’est du charlatanisme pur et simple. Un modèle numérique dans des domaines hautement chaotiques, ça sert au mieux à faire une autopsie en essayant de faire varier le poids des différents facteurs pour analyser, bref une étude paramétrique.

Mais des prédictions, certainement pas.


lundi, mai 06, 2019

Epidémie de rougeole, épidémie de connerie.

Etats-Unis : 60 nouveaux cas de rougeole en une semaine (il n'y a pas de quoi se relever la nuit dans un pays de plus de 300 millions d'habitants).

Néanmoins, c'est intéressant, car s'il y a des cas de rougeole, C'est par refus de la vaccination.

Ce refus est symptomatique car il est au confluent de plusieurs tendances de notre époque :

1) L'effondrement de l'intelligence des occidentaux. On est, tout simplement, de plus en plus con, de plus en plus crédule et, donc, de plus en plus irrationnel. La probabilité de choper une sale maladie dans une population non-vaccinée est beaucoup plus élevée que les risques de la vaccination. Dans les gens que je connais, les opposants à la vaccination ne sont pas les plus futés, pour le dire gentiment.

2) L'hyper-individualisme. La vaccination n'est pas seulement une précaution individuelle, c'est un geste social. Il y a un coté passager clandestin : si je ne me vaccine pas, j'évite le risque (très hypothétique) de la vaccination et, si tous les autres prennent ce risque (à ma place) et se vaccinent, je ne tomberai pas malade.

3) La défiance excessive vis-à-vis de la science. C'est une réaction au scientisme. Avec les conneries réchauffistes et écolo-catastrophistes, qui participent à l'ambiance apocalyptique, ça n'est pas près de s'arrêter.

4) La défiance vis-à-vis des autorités et de leurs recommandations. Comme pour le  point précédent, on ne peut pas dire que cela soit totalement infondé : ces dernières décennies, les autorités ont plus qu'abusé des mensonges et des manipulations d'opinion.

Il n'y a pas à dire : nous vivons une époque formidable.


dimanche, décembre 30, 2018

Scientifiques et charlatans : la science et son double (contre le scientisme)

Notre époque (que je prends pour parfaitement idiote, nous vivons sous le règne de l'idiocratie) oscille entre le scientisme (tout ce que disent les scientifiques est parole d'évangile) et la superstition (tout ce que disent les scientifiques est faux, la vérité est ailleurs).

La science n'est pas un catalogue de vérités et de certitudes mais une démarche.

Cette incertitude radicale étant difficile à supporter, chaque science a engendré son double charlatanesque :

Astronomie                                    Astrologie
Algèbre                                          Numérologie
Chimie                                           Alchimie (Newton s'y intéressait)
Electricité                                      Spriritisme
Génétique                                      Eugénisme
Pharmacopée moderne                  Homéopathie
Conquête spatiale                          Ufologie
Climatologie                                  Réchauffisme

Bien entendu, j'en oublie.

Tout ça pour dire qu'il faut savoir utiliser les scientifiques pour ce qu'ils sont, ni plus ni moins.




vendredi, mars 24, 2017

BCG

BCG : vaccin bilié de Calmette-Guérin. Vaccin contre la tuberculose.

J'ai une grande admiration pour cette première génération de pasteuriens, les Roux, Calmette, Guérin. Ils ont sauvé plus de vies qu'Hitler, Staline et Mao n'en ont perdues, ce qui n'est pas un mince exploit.

Travailleurs acharnés, expérimentateurs inlassables, observateurs exceptionnels, ils étaient des empiriques purs, avec des connaissances théoriques d'immunologie et de biologie moléculaire quasi-nulles. Ils lançaient des dizaines d'expériences en parallèle, sur plusieurs années, testant parfois les remèdes sur eux-mêmes.


Le BCG, un vaccin né de la ténacité




samedi, janvier 21, 2017

Renan reçoit Pasteur

Le 27 avril 1882, Louis Pasteur est reçu par l'Académie Française.

Comme le veut l'usage, il fait l'éloge de son prédécesseur, Emile Littré. Conformément à son caractère rugueux, Pasteur transforme vite l'éloge en critique.

En tant que directeur, Ernest Renan lui répond :

« Nous sommes bien incompétents, Monsieur, pour louer ce qui fait votre gloire, ces expériences admirables par lesquelles vous atteignez jusqu'aux confins de la vie, cette ingénieuse façon d'interroger la Nature qui, tant de fois, vous a valu de sa part les réponses les plus claires.

En un mot, Monsieur, vous avez ce quelque chose qui appartient au même degré à Galilée, à Pascal, à Michel-Ange et à Molière : le génie.

Mais ce n'est pas une raison pour mépriser les disciplines qui ne sont pas les vôtres.

Chez nous, vous finirez par trouver que les prudentes abstentions de M. Littré avaient du bon. Vous assisterez aux peines que se donne notre philosophie pour faire la part de l'erreur. A la vue de tant de bonnes choses qu'enseignent les lettres, en apparence frivoles, vous arriverez à penser que le doute discret, le sourire, l'esprit de finesse dont parle Pascal, ont aussi bien leur prix. En un mot, Monsieur, nous vous communiquerons nos hésitations ; vous nous communiquerez votre assurance ... Soyez le bienvenu. »

On peut avoir soixante ans, être à juste titre une gloire nationale, et se prendre une volée de bois vert comme un jeune homme.



L'Académie Française est précieuse, elle reste un des derniers conservatoires de cet esprit de finesse qui se perd.

Il y a quelques années, le cardinal Lustiger, atteint d'un cancer qui ne pardonne pas et se sachant près de sa fin, était venu faire des adieux tout en retenue à l'illustre assemblée.

Dans un registre plus joyeux, Paul Valéry fait l'éloge de son prédécesseur, qu'il détestait, sans prononcer une seule fois son nom.


lundi, septembre 21, 2015

La NASA et la vie extra-terrestre

Vous connaissez le coup : la NASA monte en épingle n’importe quoi, vraiment n’importe quoi, pour nous faire croire que nous nous approchons de la connaissance d’une vie extra-terrestre. C’est une pure question publicitaire afin d’assurer la survie budgétaire d’une bureaucratie.

La science est exactement à l’inverse

Plus nous progressons dans la connaissance de la vie sur terre, plus nous réalisons à quel point elle tient de la probabilité très faible (du miracle, dirait-on en termes non scientifiques). Par conséquent, les possibilités de divergence sont très restreintes. L’exigence de similitude avec la Terre de l’hypothétique planète hébergeant la vie extra-terrestre s’accroit. Par exemple, maintenant qu’on pense que les marées ont joué un rôle dans l’apparition de la vie, il faut aussi que cette planète ait un satellite ressemblant à la Lune.

En fait, il y a dans l’univers une planète qui ressemble vachement au portrait-robot de la planète qui pourrait donner naissance à la vie et nous la connaissons déjà, elle s’appelle la Terre.

Bien sûr, on peut essayer d’imaginer une vie extra-terrestre différente de la nôtre et, donc, apparaissant dans des conditions très différentes de celles de la Terre. Mais, pour l’instant, on a fait chou blanc, même s’il y a des théories intéressantes.

lundi, mars 17, 2014

Pourquoi les jeunes délaissent les sciences

Pourquoi les jeunes délaissent les sciences

Cet article des Echos est très superficiel.

Expliquer la défaveur des sciences en Occident par le manque d'informations est naïf, voire idiot. D'ailleurs, cette hypothèse n'explique pas, symétriquement, pourquoi les sciences sont en faveur dans les pays en développement. L'information y est-elle meilleure ?

La vraie raison de cet abandon est beaucoup plus profonde : les valeurs et les mécanismes de la pensée scientifique sont en opposition complète avec ce qui est à la mode dans nos sociétés décadentes.

A l'optimisme du chercheur, s'oppose l'humeur noire d'une société mourante qui cède à l'obscurantisme ; au goût de la vérité, le relativisme érigé en valeur suprême ; à la rigueur intellectuelle, la suprématie de l'opinion vaseuse ; à l'effort, l'attirance pour la facilité ; à la règle d'airain de la démonstration, la préférence pour le bavardage...

Pas étonnant que nos jeunes se détournent d'un monde qui leur est si complètement étranger.




samedi, décembre 18, 2010

VA : deux articles, un réjouissant, un navrant

Un article réjouissant sur une société privée qui fait mieux que La NASA (l'esprit de conquête n'est pas mort en occident) :

Une start-up dans les étoiles

Et un article navrant :

Pourquoi je ne sera pas prof

lundi, avril 05, 2010

Réchauffisme, climatologie et épistémologie

Le réchauffisme est scientifiquement mort, à supposer d'ailleurs qu'il ait jamais été vivant. Théorie faible et mal fondée dès sa naissance, il est normal qu'elle meurt après que ses faiblesses se soient petit à petit précisées à mesure que les connaissances progressaient.

Par contre, il restera la question épistémologique: les réchauffistes les plus virulents se sont livrés à des malhonnêtetés anti-scientifiques (rétention d'informations, falsification de données, intimidation, ...).

Or, ils n'ont pas suscité dans la communauté scientifique la réprobation scandalisée qu'on était en droit d'attendre face à de tels comportements. Les mauvaises pratiques n'ont pas mis leurs auteurs au ban de leur profession.

L'argument tant utilisé du consensus devrait révolter tout scientifique digne de ce nom, quelles que soient ses opinions sur le climat : il n'en a rien été. La contestation a été faible.

Il conviendra donc de faire une analyse du fonctionnement de la communauté scientifique. D'autant plus qu'il y a eu d'autres affaires de fraude ces dernières années dans d'autres domaines que le climat.

Les scientifiques sont des hommes comme les autres, avec les mêmes faiblesses. Mais on peut espérer perfectionner le fonctionnement de la recherche.

mercredi, février 10, 2010

Darwinisme, créationnisme et structuralisme

Un article de Jean Staune a déclenché les foudres des abonnés du Monde. Pensez donc : il remettait en cause le darwinisme.

C'est toujours la même histoire, comme la complexité est incompréhensible au plus grand nombre, on sort de l'incertitude et de l'incompréhension à coups d'attitude religieuse.

Petit récapitulatif :

> darwinisme: l'évolution est le fruit du hasard et de la sélection naturelle.

> créationnisme : l'évolution est le fruit d'un «dessein intelligent».

> structuralisme : l'évolution est le fruit du hasard et de la sélection mais dans des possibilités restreintes par les structures, les lois de la nature. Par exemple, il a été démontré que sur n'importe quelle planète ayant une pesanteur de l'ordre de grandeur de la terre, un animal de la taille d'un gros mammifère à six pattes était fort improbable. Il est donc fort improbable qu'une évolution différente de celle qu'on connait soit possible.

Je ne maîtrise pas ce sujet, je me renseigne.

lundi, janvier 25, 2010

Les Z machines

Amis lecteurs, béotiens de la technique, il est temps que vous en appreniez un peu plus sur les Z machines.



L'article de Wikipedia étant très bien fait, je vous y renvoie : Z machines.

Que faut-il en retenir ?

Il y a une Z machine à Sandia, aux USA évidemment.

Elle a permis d'atteindre, pour des raisons pour l'instant inconnues, des températures supérieures à celle du soleil ou d'une explosion H.

On peut supposer qu'on arrivera à maîtriser de telles températures, puisqu'on arrive déjà à les créer (oui, je sais, je suis optimiste). Cela prendra sans doute des décennies et des milliards de dollars (vous voyez, je ne parle pas de yens ni d'euros. Les Etats-Unis, puissance au bord de la catastrophe, c'est une fable pour obsédés de l'anti-américanisme).

Les perspectives sont renversantes : on pourrait alors fusionner des atomes plus lourds, et donc plus aisément manipulables, que les classiques deuterium et hydrogène. On pourrait même choisir des couples qui ne dégagent aucune radioactivité.

L'espoir est une énergie quasiment inépuisable.

Le problème qui reste est : une Z machine peut elle avoir un rendement positif ? Produire plus d'énergie qu'elle en consomme ?

Aujourd'hui, nous en sommes très loin, mais il y a une autre manière de voir les choses : nous n'en avons jamais été si près.

Evidemment, la Z machine est honnie des écolos, elle met à bas tout leur millénarisme. Mais, bon, si on devait écouter ces gens ...

samedi, décembre 12, 2009

More than unity

Les réchauffistes sont pour la plupart des illuminés, pour ne pas dire des cons. Mais, quelquefois, je sous-estime à quel point.

Un mien ami travaillant dans les projets futuristes d'un grand groupe européen m'a raconté que le vert y était à la mode, je m'en doutais, mais qu'au sein de cette mode, la mode en pointe, c'est le «more than unity», la recherche de processus énergétiques ayant un rendement supérieur à un.

A cet énoncé, j'ai été pris d'un fou rire, et j'espère que vous aussi. Traduisons en termes triviaux : croire à un rendement supérieur à un, c'est croire au mouvement perpétuel.

Mais j'ai assez vite déchanté : il m'a expliqué qu'ainsi, avec ces conneries qui ne tromperaient pas un élève de première S, ils obtenaient des crédits européens massifs !

Le pire, c'est qu'au delà des escrocs, qui sont finalement un moindre mal, des gens dangereux y croient vraiment.

Comment une industrie qui fabrique des engins auxquels il vous arrive de confier vos vies peut-elle se laisser aller à de telles absurdités ?

jeudi, novembre 26, 2009

La science et la démocratie des ânes

La science est fondamentalement anti-démocratique : le nombre ne fait rien à l'affaire et tous les avis ne s'y valent pas.

Elle entre donc en collision frontale avec l'hyper-démocratie de nos sociétés qui est basée sur l'axiome que tout le monde peut émettre une opinion sur n'importe quel sujet avec une égale légitimité.

Axiome qui peut se comprendre dans le domaine purement politique, mais qui, étendu à tous les autres, devient grotesque. Auriez vous recours à un referendum pour décider de quelle maladie vous êtes atteint ou préféreriez vous avoir recours à un seul homme mais un spécialiste ?

C'est bien à ce type de grotesque, sans que cela paraisse choquer, que nous assistons quand nous entendons Jean-Louis, Yann, Nicolas et José donner à tort et à travers leur avis sur les OGMs, le nucléaire ou le climat.

Je crains que ça soit la facilité qui l'emporte, l'émotion collective, la magie, la peur, l'approximatif et non la réflexion individuelle, la rationalité, l'incertitude, la rigueur.

Que tout cet obscurantisme prenne prétexte de la science me fait peur pour l'avenir de celle-ci. A force de l'utiliser à tort et à travers, on court le risque qu'elle ait perdu sa valeur aux yeux des peuples quand nous en aurons réellement besoin.

C'est pourquoi il me semble d'autant plus important de défendre la science, à commencer par la première de ses démarches, qui déplaît tant aux médias et aux politiques, qui est de dire «on ne sait pas» quand on ne sait pas.

Le crime des réchauffistes contre la science n'est pas d'avoir émis une hypothèse, c'est de la présenter comme une certitude incontestable et (presque) incontestée.

(A propos des manipulations des réchauffistes, il y a celle sur les ours blancs qui me fait rire - voir ce très bon article).

vendredi, août 14, 2009

Le culte de l'avion cargo

Je dédis ce texte à mes amis réchauffistes.

La science du culte de l'avion cargo

Les dernières lignes de ce texte décrivent par antiphrase tout le drame actuel de la climatologie.

Vous remarquerez que ce texte a été écrit bien avant qu'on parle du réchauffisme, tant il est vrai que, même en science, la malhonnêteté et l'auto-suggestion sont des comportements intemporels.

Pour ma part, je croirais un réchauffiste le jour où il m'expliquera ses efforts pour démontrer que le CO2 n'a aucune influence sur le climat. C'est bien ce que dit Feynman, un vrai scientifique doit étudier toutes les hypothèses, même celles contraires à sa conviction.

C'est en essayant de réfuter la dérive des continents que Wegener l'a démontrée, voilà un scientifique honnête. Je connais des réchauffistes qui sont devenus sceptiques après réflexion ; en sens inverse, jamais.

dimanche, juin 14, 2009

Pour la seule vraie médecine, la médecine moderne

C'est un fil de discussion qui valait déjà le bûcher haldien (L'homophobie est plus drôle que l'homophilie). Il a dérivé sur les médecines dites traditionnelles (en fait, la médecine moderne, expérimentale et rationnelle, est une tradition occidentale : Ambroise Paré opérait il y a presque cinq cents ans).

Je vous ai fait un copier-coller des interventions d'un commentateur pseudonymé Pakounta, d'après ce qu'on en devine, un médecin septuagénaire. J'ai juste ajouté entre crochets un peu de contexte.

Bonne lecture :

******************
Et puis d’abord, question de langage (essentiellement pour Marine) [une commentatrice, vous l'aviez deviné].

Sous prétexte qu’il existe des homosexuels on appelle les autres “hétérosexuels”. Non. Ils sont simplement “normaux”.

C’est comme en médecine. Sous le prétexte qu’un illuminé, au 18ème siècle, a inventé (!) l’homéopathie, on appelle la médecine classique “allopathie”, ce qui ne signifie rien. Soigner par “l’autre” (dans le sens de “opposé”) ? En quoi par exemple un vaccin est-il “autre” par rapport à la maladie ? Il lui est justement semblable, c’est comme ça que ça marche. En quoi l’hygiène est-elle “autre” par rapport aux microbes ? Il faudrait, pour éviter les infections, se salir un tout petit peu – homéo – pour que ça guérisse ? Non. Il y a la médecine, et puis les fadaises. Qui peuvent marcher, dans certains cas, et JAMAIS comme les “pratiquants” le pensent (l’acupuncture, par exemple, aide à supprimer des douleurs, mais il n’y a pas plus de méridiens et de courants d’énergie que d’intelligence dans les boyaux de la tête de mâme Royal).

Bon. C’était sur la forme. Je reviendrai peut-être sur le fond. Mais j’ai pas le temps.

[Un commentateur tire de cette première intervention l'opinion que Pakounta considère l'homéopathie comme «un truc de pédés». Ca prouve bien qu'il y a vraiment des cons sur internet, d'où la réplique qui suit. Une aide à la lecture : «dégenrer» consiste à enlever toute mention de genre dans un texte, pratique des homosexuels et autres transexuels militants tarés.]

Où ai-je dit que ce sont des trucs de pédé ? A moins d’un second degré masqué de votre part, je ne vois pas…

Je me suis borné (c’est ma nature) à mettre en parallèle les appellations artificielles des gens normaux et de la vraie médecine.

L’acupuncture fonctionne (un peu) mais pas comme le revendiquent ses adeptes, théories fumeuses équivalentes des modèles précoperniciens du système solaire : ça prétend expliquer, mais c’est faux d’un bout à l’autre.

Quant à l’homéopathie, elle marche très bien sur les gens pas malades. Savez-vous que l’oscillococcinum, dont on nous rebat les oreilles chaque hiver, est une préparation ultra-ultra-ultra-diluée de coeur et de foie de canard dans l’eau sucrée ? Sans doute pour lutter contre le froid de canard. Ce genre (pas dégenré) de choses me ravit.

Mais je m’égare. On parlait de dégenrage (dégenrement ? dégenration ? dégenrure ?), pas de nominage abusif.

[Marine défend l'homéopathie]

@ Marine, encore

Ne vous aventurez pas sur un terrain que vous ne connaissez pas.

L’homéopathie a été inventée par Hahnemann, jamais les Chinois n’ont pratiqué les dilutions infinitésimales (avec succussion, indispensable, on croit rêver !)

L’acupuncture fonctionne un peu, notamment contre la douleur. On commence à comprendre un peu comment. Ca n’a RIEN à voir avec les explications chinoises. Les méridiens : quels méridiens ? Quel support ? Quelle structure ? Où ? La circulation d’énergie ? Quelle énergie ? Sous quelle forme ? Thermique ? Electrique ? Mécanique ? Quoi ? Comment ? Ce sont des MOTS.

Ce n’est pas parce qu’un truc est ancien qu’il est vrai. Que les Chinois aient une connaissance des plantes médicinales, c’est une évidence. Nos herboristes en savaient autant. Les Chinois parlent de méridiens, nous avions nos théories des “humeurs” (la bile noire, vous connaissez les atrabilaires ?). Tout ça n’est que tentative d’explication. Sans aucun fondement, sans aucune réalité.

La population du monde (pour notre malheur à venir) a commencé à exploser quand on a compris par la science à quoi étaient dues les maladies, et peu à peu comment les traiter.

S’en référer, aujourd’hui, à la médecine chinoise, alors que pratiquement tous nous avons été sauvés, à un moment ou un autre, par la médecine occidentale (angine, polio, diabète, n’importe quoi, nous avons pratiquement tous vécu ou risqué un incident qui aurait pu mettre notre vie en jeu et dont nous avons été sauvés par la médecine) pour le coup ça me tr.. le c… Faut le faire !

Exemples : Vous avez eu l’appendicite ? Vous êtes morte. Vous avez eu une angine à streptocoques (ultra banal) : vous avez un rhumatisme articulaire, avec un coeur à bout de souffle, gros comme un melon. Boris Vian est mort de ça. Vous avez eu la tuberculose ? Si oui, vous n’allez pas bien. Les hostos, autrefois (juste avant la guerre) étaient pleins de jeunes tuberculeux qui mouraient et qui sont désormais sauvés par les antibiotiques. Vous avez eu la diphtérie ? Non, c’est vrai, vous avez été vaccinée. Sinon, mal barrée. Un panaris ? Mal ou trop tard soigné, c’est l’amputation ou la septicémie. Les exemples sont à l’infini.

[Marine, qui est un peu maso, en remet une couche en écrivant qu'elle est d'accord sur tout sauf la médecine chinoise et l'homosexualité]



@ Marine
Donc sur rien, en fait.

Et ne croyez pas qu’à mon âge – que je vous tairai, y’a pas place pour 3 chiffres – je n’aie ni lu, ni réfléchi. Et que je ne me sois pas renseigné.

TOUS les progrès médicaux des deux derniers siècles, ceux qui ont permis de diviser par 20 à 100 la mortalité infantile, de prolonger la vie de 3 mois tous les ans, d’éradiquer des fléaux comme la tuberculose qui ravageait la jeunesse, de faire disparaître la variole, de réduire la polio à une maladie rare, de faire disparaître des hôpitaux français les insuffisances cardiaques gravissimes qui rendaient grabataires des hommes de 30 ans à cause du rhumatisme articulaire aigu, de faire vivre les gens atteints de mucoviscidose jusqu’à des 20 ou 30 ans (c’est encore peu et tragique) alors qu’ils mouraient à 2-3 ans, TOUT, absolument TOUT, est dû à la médecine occidentale.

Seule l’anesthésie et ses progrès faramineux a permis les immenses avancées de la chirurgie, cardiaque, osseuse, neurologique, réparatrice. Seule la médecine occidentale a su extraire les principes actifs des plantes utilisées depuis des millénaires et les utiliser avec une précision millimétrique. Les progrès de l’imagerie médicale, l’échographie, le scanner, l’IRM, la tomographie à émission de positons, TOUT est dû aux occidentaux ou, plus généralement, à des Européens (les Russes en font partie).

Il n’y a pas UNE exception. Pas UNE. La lèpre, la peste, sont traitées. Le tétanos est prévenu avec une efficacité prodigieuse par la vaccination. Les femmes ne meurent plus en couches (1000 fois moins qu’avant). On ne meurt plus d’une infection dentaire qui dégénère en septicémie. On ne meurt plus de l’appendicite (coliques de miserere, ça s’appelait, parce qu’il n’y avait plus qu’à faire sa prière).

Tout le reste n’est que discours creux. Que l’homéopathie aide à guérir en sept jours un rhume qui passe normalement en une semaine, c’est un fait. Que l’acupuncture soit utilisée comme antalgique, c’est un fait. Mais les neuroleptiques, les antidépresseurs, les anxiolytiques, tout ça c’est de la médecine scientifique, européenne (que les Européens responsables vivent en Europe, en Amérique, en Australie, en Afrique du sud). Pareil pour les antalgiques. Pour la quinine et les antipaludéens.

TOUT.

La médecine chinoise, c’est l’herboriste du coin. Et les Chinois ne sont pas fous. Quand c’est grave, ils font comme tout le monde : scanner, chirurgie, antibiotiques. Chimiothérapie. Médicaments, des vrais.

Et tout ça, même dispensé de manière plus fruste en Afrique, a permis aux Africains de passer en 50 ans (de 59 à 2009) de quelque 350 millions à plus de 900 millions, avec les deux milliards prévus pour 2050. L’Afrique dont on ne cesse de nous répéter qu’elle se meurt !

Alors, les méridiens…

Il n’y a pas d’autre médecine.

[Un autre commentateur le taxe d'expéditif et prend exemples sur ses propres guérisons homéopathiques.]

Quand vous aurez mon expérience, vous verrez que je ne suis pas expéditif.

A part ça, c’est bien, soignez-vous à l’homéopathie. J’ai cru comprendre que vous êtes jeune. Vous pourriez aussi bien vous soigner au jus de citron, ou aux billes de caoutchouc, ou au papier mâché. Vous n’êtes pas malade.

Le diabète, c’est une maladie. Pas d’homéopathie. L’insuffisance cardiaque, c’est une maladie. Pas d’homéopathie. Un méningiome, c’est une maladie. Pas d’homéopathie. Un herpès cornéen, c’est une maladie (ça rend aveugle). Pas d’homéopathie. L’intolérance au gluten, c’est une maladie. Pas d’homéopathie. Tout comme ça.

Les maladies ne se soignent pas à l’homéopathie. Les bobos se soignent avec n’importe quoi. Vous avez des bobos, tout baigne.

[Marine revient avec tous les poncifs anti-médecine et accuse Pakounta de ne pas avoir regardé les «autres médecines»]

1. C’est justement parce que j’ai regardé que je conclus que seule la médecine occidentale a permis – progressivement – des avancées réelles.
2. Vous avez l’air de penser que la médecine occidentale ne fait ni terrain ni prévention. Vous en savez bien peu…
3. La médecine énergétique. C’est celaaa, oui… Quand vous aurez une notion claire de ce qu’est l’énergie, vous me l’expliquerez, et je vous écouterai.
4. Je connais beaucoup de crétins parmi les médecins.
5. Il n’y a pas de médecins “allopathes”.
6. Donnez-moi une définition claire de “maladie”. Et en particulier de “maladie mentale”.
7. Quand les civilisations plus anciennes n’ont rien trouvé, elles ne peuvent rien nous apporter. Quand elles ont trouvé des trucs, on ne se prive pas de les utiliser. On s’intéresse même à la manière dont les chimpanzés choisissent des plantes pour se soigner. Le génie de la médecine occidentale, c’est de comprendre comment ça marche, et de trouver le principe actif. Elle n’est absolument pas fermée.
8. Enfin, votre “désolement” (désolation ? désolure ?) à l’égard de Visibilité [un intervenant particulièrement con que Marine défend] me paraît tout à fait mal-t-a-propos. Qui a réussi, dans un torrent de fautes d’orthographe, à me traiter de “vieux réac rétrograde” et à stigmatiser sans rien savoir de moi mon “univers étriqué de catho puritain” ? Ca, ça ne vous désole pas, apparemment.

Voilà. Si j’ébranle vos convictions, j’en suis ravi. Si je ne les ébranle pas, j’en suis désolé pour vous, mais je m’en fous.

Construire une pensée cohérente est long et difficile. Vous avez encore le temps.

[Marine se réfugie dans l'argument ultime des abrutis de la bien-pensance acculés : leur adversaire est intolérant et cela le condamne même, surtout, si il a raison.]

@ Marine, et après j’arrête, c’est le blogue du Pélicastre, ici

“et bien sûr, tout ceux qui ne sont pas d’accord avec vous sont des cons”

BIEN SUR QUE NON !!! Les cons, ce n’est pas ceux qui ne pensent pas comme moi. C’est ceux qui ne pensent pas. Tout court. Qui croivent (comme on dit quand on est culturé) savoir, alors qu’il n’ont pas le début du commencement de l’ébauche d’une culture. Qui assènent leur “croivance” comme une vérité indispensable, invitent au dialogue sur des âneries et réfutent comme réactionnaires les arguments de ceux qui ont passé de longues années à réfléchir, observer, comprendre, relier.

C’est-y clair ? Ou bien m’ai-je pas bien fé compri ?
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mercredi, septembre 10, 2008

Eventuel réchauffement climatique : enfin un début de compréhension de l'effet de serre

Effet de serre saturé

Pour ceux que la science intéresse (j'entends par cette expression exclure tous ceux qui n'y cherchent qu'une justification de leurs fantasmes), je vous ai mis en lien un article qui éclaire certains mécanismes de base de l'effet de serre (1).

L'effet de serre échappe pour le moment à la compréhension sur bien des aspects fondamentaux (ceux qui nous racontent comme Al Gore que «the science is settled» sont tout simplement des escrocs et des menteurs).

Cet article apporte une petite pierre (notamment dans le jardin des réchauffistes).

Je ne suis pas étonné que le rôle du CO2 soit minimisé : j'ai toujours été mal à l'aise pour réconcilier, d'un coté, le fait que tous, mêmes les réchauffistes les plus ardents, s'accordaient à considérer le CO2 comme un gaz à effet de serre (2) mineur par rapport à l'eau, et, de l'autre coté, la thèse comme quoi les variations de CO2 auraient un impact majeur sur le climat.

J'ai bien lu des tentatives de réconciliation, mais soit elles m'ont semblé fumeuses, soit je ne les ai pas comprises (3).

Je suis très perplexe sur notre capacité à isoler l'influence humaine sur le climat et le sujet ne présente à mes yeux que peu d'intérêt pratique, puisque l'homme s'adapte spontanément au climat.

Par contre, je suis très content de constater que, malgré les pollutions médiatiques, politiques et conformistes, il reste des scientifiques qui travaillent en toute honnêteté et non pour dire ce qui plait pour recevoir des subventions.

(1) : cette expression me gêne beaucoup car dans la plupart des cas où elle est employée, elle est impropre.

(2) : quelle que soit la définition qu'on donne de l'effet de serre

(3) : bien sûr, dans les explications que je n'ai pas comprises (si je comprenais tout, je serais climatologue !), il se peut qu'il y ait la bonne.