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jeudi, mars 12, 2015

L’étrange black­out sur le saccage du Tribunal administratif de Toulouse

L’étrange black­out sur le saccage du Tribunal administratif de Toulouse

Dans la nuit du 8 au 9 mars, le Tribunal administratif de Toulouse a été entièrement vandalisé : dossiers éparpillés sur le sol, bureaux visités, photocopieurs renversés etc... Une magistrate a fait l'objet de menaces de mort. Ce tribunal juge un fort contentieux concernant le droit des étrangers. Y aurait-il là un début d'explication à ce saccage ?

C’est un fait divers, si l’on peut l’appeler ainsi, dont personne ou presque, ne parle. Et pourtant, il est d’une particulière gravité. Pour la première fois, depuis que la France se voit touchée par une série de dégradations, d’actes racistes, antisémites et d’attentats, un bâtiment judiciaire a fait l’objet d’un saccage en bonne et due forme. Cela s’est passé au Tribunal administratif de Toulouse, où sur quatre étages, bureaux de magistrats, de greffiers ont été littéralement vandalisés, vraisemblablement lors du week-end du 8 au 9 mars. Le lundi matin, vers 6 heures 30, les pompiers sont appelés pour un dégât des eaux au Tribunal. Ils sont abasourdis. La juridiction baigne dans l’eau. Visiblement au cours de la nuit, les robinets de l’ensemble du bâtiment ont été sciemment ouverts. L’eau a coulé plusieurs heures durant, abîmant sols et faux-plafonds…

Mais le pire est à venir : des dossiers sont éparpillés, parfois déchirés, des photocopieurs ont été renversés, des bureaux visités… Et surtout, sur les quatre étages apparaissent sous forme de tags, les mêmes inscriptions à la bombe de peinture noire : "Le prophète te jugera" ou encore "Avertissement." Le nom d’une magistrate, de confession musulmane, est même écrit sur les murs. Comme ceux de fonctionnaires de police. Les menaces de mort sont à peine voilées. Passé le moment de stupeur, le personnel prend vite conscience que ce saccage n’est sans doute pas le fait d’une bande de jeunes voyous et désoeuvrés… Non, cette intrusion, la nuit, survenue, coïncidence, la veille de la visite du vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé- aurait plutôt pour auteurs des individus connaissant parfaitement les lieux. On comprend pourquoi : le Tribunal administratif de Toulouse, qui couvre les départements de l’Ariège, l’Aveyron, la Haute-Garonne, le Tarn et la Haute-Garonne, outre six chambres chargées du contentieux dans divers domaines (logement, marchés, fonction publique, collectivités locales etc…), statue sur un important contentieux consacré au droit des étrangers.

Pour l’année 2014, comme l’a rappelé La Dépêche, l’un des rares journaux à avoir évoqué ce saccage ahurissant, 6 196 affaires ont été jugées, dont 1853 portant sur le droit des étrangers, parmi lesquelles 514 mesures d’éloignement…Or, certaines reconduites à la frontière ont dû fortement déplaire. D’où une possible vengeance qui aurait débouché sur une action violente. C’est en tout cas une hypothèse sur laquelle travaille de la Brigade de répression du banditisme de Toulouse.

Alors qu’il eut été normal de mettre en vacances le Tribunal pendant au moins une semaine, le temps de le remettre en état, rien n’a été fait. N’oublions pas le drame de Charlie Hebdo nous a dit un syndicaliste policier. C’est bien pour cette raison que l’Unsa-Police "demande aux pouvoirs publics de ne pas prendre ces menaces à la légère et d’assurer protection et assistance aux victimes de ces menaces." D’ailleurs, à propos de sécurité, le Tribunal n’avait fait l’objet d’aucune mesure en ce sens. Aujourd’hui, le personnel – une soixantaine de fonctionnaires et magistrats- vit très mal ces événements sur lesquels n’a lieu aucune communication. Ni, semble-t-il du côté du Parquet de Toulouse, ni du côté de la présidence du Tribunal. Pourquoi ce black-out ? A cause des élections départementales dont le premier tour se déroule dans 15 jours ? Poser la question, c’est peut-être y répondre. En tout cas, après l’engouement, l’espoir suscité par l’unité de la République tant célébrée le 11 janvier, on se dit que, oui, la France n’en finit pas de craquer.




samedi, juin 25, 2011

La décadence, l'imposture et la tragédie (A. Argoud)

Antoine Argoud est un des putschistes d'Alger et dirigeant de l'OAS.

Le cynique qui profite de la décadence, c'est De Gaulle. L'imposteur, c'est De Gaulle. Et le salaud qui fait la tragédie, c'est De Gaulle.

La haine anti-gaullliste d'Argoud est si forte qu'on est un peu étonné qu'il n'écrive pas que le premier vagissement gaullien était destiné à tromper sa nourrice.

A notre époque où tout le monde se dit gaulliste, il n'est pas sans intérêt de lire ce pamphlet, d'autant plus qu'Argoud, avec ses excès, n'est pas un médiocre.

Sur la période que je connais le mieux, la seconde guerre mondiale, Argoud reprend l'habituel refrain de l'armistice qui sauve les meubles et pousse Hitler à l'erreur fatale qui consiste à ne pas envahir l'Afrique du Nord, future base d'attaque contre lui. Il nous rejoue le coup de de Gaulle ambitieux sans scrupules qui fait carrière comme diviseur-épurateur de la malheureuse France vaincue.

Ces arguments se heurtent aux objections suivantes : Hitler avait-il en 1940 l'intention d'envahir l'Afrique du Nord ? Non. En avait-il les moyens ? Non. Les signataires français de l'armistice avaient-ils conscience de faire commettre une faute (éventuelle) à Hitler ? Non. Est-ce que l'armistice a empêché Hitler de faire débarquer Rommel en Afrique quand il en a eu envie ? Non.

Argoud s'appuie sur certaines déclarations de Churchill en omettant de les mettre en perspective.

Il passe directement à la guerre d'Algérie. Saut étrange car la formation à la guerre contre-insurrectionnelle s'est faite en Indochine pour la plupart des officiers, il est vrai qu'Argoud n'y a pas participé. On ne comprend pas la guerre d'Algérie si l'on n'a pas en tête l'exemple indochinois.

Argoud est très clair : le but de la guerre contre-insurrectionnelle est la conquête de la population, afin que les terroristes s'y sentent étrangers. Pour lui, cela passe par le triptyque protéger, encadrer, contrôler. Protéger signifie contrer le chantage sur la population pratiqué par les terroristes. Pour Argoud, cela implique nécessairement à un moment ou à un autre l'usage de la torture pour extraire des renseignements sur les terroristes cachés dans la population (voir la video ci-dessous) :


Yacef Saadi vs Colonel Roger Trinquier 1970 par Ali_La_Pointe

Argoud était contre la «corvée de bois», l'exécution au cours d'une fausse évasion. Lui était pour la justice sommaire mais publique, qui s'assume, qui a valeur démonstrative.

Argoud différencie la morale publique, collective, de la morale privée, individuelle. Il comprend qu'un homme puisse avoir des scrupules à torturer, pas un pays (Jean Dutourd fait exactement la même distinction, l'humour en plus, dans Les taxis de la Marne). Pour lui, le refus collectif de la torture, qui fait passer la morale individuelle avant la morale collective, est une lâcheté qui révèle la décadence du pays (1). Il oppose aux dénonciateurs de la torture le même genre d'argument qu'on oppose habituellement aux pacifistes : ceux-ci sont irresponsables en préférant sacrifier l'avenir à leur confort d'âme immédiat.

Ne pas s'engager, ne pas se battre, ne pas torturer, c'est douillet. Mais, face à des ennemis qui n'ont pas ces scrupules (et l'homme étant ce qu'il est, il y a toujours des ennemis qui n'ont pas ces scrupules), cette attitude conduit à la perte de la société dans laquelle on vit et cette perte est à terme bien plus lourde de malheurs que les mesures violentes, refusées par les belles âmes. Si l'on fait dans la comptabilité macabre, que pèsent les quelques milliers de torturés par l'armée française face aux dizaines de milliers de harkis assassinés dans des conditions atroces par le FLN, certains ébouillantés vifs ?

On trouve sur internet une critique par Pierre Viansson-Ponté des méthodes d'Argoud. Cette critique manque d'élévation et d'intelligence : elle me paraît digne d'un adolescent point trop finaud … Ou d'un intellectuel germanopratin. En effet, le raisonnement «il a torturé donc c'est un salaud. Ouh là là, c'est mal la torture» évacue le problème avant même qu'il ne soit posé. Aucun de ceux qui ont approché Argoud ne l'a décrit comme un minable (2), et pourtant, après une réflexion et une analyse dont il s'explique clairement dans son livre, il a décidé de torturer et de pratiquer la justice sommaire publique. La posture purement moralisatrice passe à coté des difficultés de la vraie vie, celle où un homme de devoir est obligé de choisir entre trahir sa mission et torturer. Cette attitude de père-la-morale est d'autant plus ridicule que c'est dans ce même milieu des moralisateurs gauchistes qu'il s'est trouvé des «porteurs de valises» pour aider le FLN à préparer des attentats qui n'épargnaient ni les femmes ni les enfants (3).

Je comprends les arguments d'Argoud. Utiliser la morale individuelle pour juger la pertinence d'une politique est plus qu'une erreur, c'est un péril mortel. Je me félicite de ne pas être devant le choix de torturer ou de trahir. Pourtant, il se peut que notre génération ou la suivante ait à choisir le niveau de violence acceptable au cours de la guerre raciale qui s'annonce (4).

La force rétrospective de ce livre vient aussi que l'argument gaullien «Colombey les deux mosquées» (5) a perdu beaucoup de sa valeur : nous avons abandonné l'Algérie et cela à peine retardé la contre-colonisation de dix ans. Alors quoi ? Nous avons abandonné le pétrole et le gaz algériens mais nous sommes envahis comme si l'Algérie était encore française. Les défenseurs des limes retrouvent de la pertinence.

Pour l'anecdote, Argoud s'est reconverti dans la graphologie. Il a été expert dans l'affaire du petit Gregory avant d'être rapidement mis sur la touche. On ne s'étonnera pas que son analyse de l'écriture de De Gaulle révèle un caractère trompeur. La conclusion d'Argoud est terrible :







Vous pourrez aussi trouver un passionnant entretien avec Argoud par Jacques Chancel en 1974 (je note au passage que c'est un exemple que l'expression était plus libre à l'époque. On n'ose imaginer en 2011 une telle émission sur une radio publique. On entend déjà les Fouquier-Tinville du «dérapage» appeler au licenciement de l'animateur) :

Argoud - Radioscopie

A la fin, il y a un passage sur les intellectuels absolument savoureux encore aujourd'hui. Le passage sur les généraux est également très actuel : les généraux français sont promus en proportion de leur servilité. Ce sont des roseaux, éventuellement peints en fer, ce qui qui aggrave le problème. Cette souplesse d'échine des officiers supérieurs est une plaie de l'armée française, moins visible mais aussi dommageable que la proportion de maghrébins mal intégrés.

Alors ? Vous avez compris que je suis opposé à Argoud sur son analyse du pétainisme. Je suis plus proche de lui sur son analyse de la guerre d'Algérie. Cependant, c'est un bonheur d'être confronté avec un homme si droit en notre monde de mollusques.

Si je pense que la France est en pleine décadence, je ne suis pas désespéré. Je crois qu'il est dans l'essence de certains hommes d'être droits envers et contre tout, y compris contre leur époque. Je ne prends pas plaisir à ce que 99 % des Français soient des lavettes et je n'ai pas la réponse à la question «serais-je capable de me sacrifier ?», mais je sais qu'il y aura toujours quelques hommes dont la droiture et l'esprit de sacrifice rachèteront bien des crimes, des fautes et des lâchetés.

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(1) : remarquons qu'on peut lire presque tous nos problèmes à la lueur de cette confusion funeste. Q'un individu veuille accueillir un immigré à ses frais et sous sa responsabilité, pourquoi pas ? Mais qu'il en tire que la société doive l'imiter est une folie. Qu'un individu veuille se montrer solidaire avec les pauvres et leur donner de l'argent, pourquoi pas ? Mais qu'il oblige la société à faire de même, erreur fatale. Etc.

(2) : ce qui n'est pas le cas d'Aussaresses par exemple.

(3) : c'est ce genre de propos, à la Le Monde, qui me conforte dans l'idée que la posture moralisatrice est la facilitée des idiots.

(4) : parmi les déclarations du maire écologiste de Sevran qui ont fait sensation, on note : «D'ici quatre ou cinq ans, si le manque d'effectif policier persiste, les forces armées seront envoyées dans les banlieues.» Pour ma part, je crois que cela sera le cas quels que soient les effectifs policiers

(5) «C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !»

Conversation entre De Gaulle et Alain Peyrefitte le 5 mars 1959 suite aux événements d'Algérie
C’était de Gaulle, tome 1, Alain Peyrefitte, éd. éditions de Fallois/Fayard, 1994 (ISBN 9782213028323), p. 52

vendredi, janvier 14, 2011

Les otages, la vie et la violence

Deux otages français au Niger ont été tués lors de l'opération visant à les libérer. Peut-être même que l'un d'eux a reçu des balles françaises. C'est bien dommage, mais c'est la vie.Espérons que cela se passera mieux la prochaine fois. Il n'y a pas grand'chose d'autre à en dire.

En revanche, les réactions à ces événements me mettent très mal à l'aise : on pinaille, on polémique, comme si cette violence était incongrue, inadmissible.

Sommes nous à ce point perdus dans l'irréalité que nous avons oublié que la violence est inséparable de l'homme, qu'elle est quelquefois nécessaire et qu'il faut en prendre son parti ?

Certains nous expliquent que la vie humaine est tellement plus précieuse que tout, que sa préservation justifie n'importe quoi, y compris de financer le terrorisme en lui payant des rançons.

Passons sur l'idiotie de la chose : les vies sauvées ainsi immédiatement seront payées plus tard par des vies perdues dans les attentats qu'elles auront financés.

Même en admettant que cela ne soit pas le cas, cette position fait fi de millénaires de philosophie et d'histoire. Chaque vie est certes précieuse, mais pas plus que la cause qui vaut qu'on meurt pour elle.

En effet, on considère depuis longtemps qu'il y a des causes qui valent qu'on y sacrifie sa vie. Plus, comme dans le cas des otages, il y a des causes qui valent qu'on y sacrifie la vie d'autrui.

L'attachement excessif à la vie (excessif car passant les bornes de la raison) me semble une grande faiblesse. Comme m'apparaît symétriquement être une grande faiblesse le goût mortifère pour le martyre.

Dans un pays normal, c'est-à-dire qui a encore ses couilles, la colère se tournerait, non pas vers ceux qui ont tenté ce qu'ils ont pu pour délivrer des compatriotes sans forfaire à l'honneur, mais vers les auteurs de cette prise d'otages.

vendredi, janvier 07, 2011

Le coût des «nouvelles» moeurs : la pauvreté des familles monoparentales

Un tiers des familles monoparentales sont pauvres

La question du coût économique et social des nouvelles mœurs (1) est taboue. Je soupçonne que ce coût est énorme, mais j'ai bien peu d'éléments concrets pour étayer ma thèse. Cependant, de temps en temps, un coin du voile se soulève, comme dans cet article.

On en revient à ma thèse : ces nouvelles mœurs ne sont possibles que grâce à la complaisance, voire à l'encouragement financier, de l'Etat-providence. Si celui-ci disparaît ou réduit la voilure, il sera de nouveau, comme dans toute l'histoire de l'humanité jusqu'à maintenant, nécessaire d'être en couple pour pouvoir élever des enfants sans mourir de faim.

Je suis par ailleurs d'accord avec le premier commentateur de l'article : une «famille monoparentale» n'est pas une famille (2) (les commentaires sont saignants).

On constate aussi une nouvelles fois la validation d'une autre de mes thèses : les femmes sont les grandes perdantes des mœurs «libérées», qui ont surtout libéré l'homme du devoir d'assumer sa famille pour le meilleur et pour le pire.

C'est un tour de force que d'avoir réussi à faire croire aux femmes qu'elles gagnaient à un système dont l'examen honnête montre qu'elles y perdent.

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(1) : vagabondage sexuel, adolescence permanente, divorce facile, aucun engagement, aucune contrainte.

(2) : sauf, éventuellement en cas de décès d'un des parents : il ne s'agit pas alors d'une fuite volontaire de ses devoirs, d'un caprice aux dépens de sa famille. L'image du parent et de la famille est préservée, ce qui change beaucoup pour la construction de l'enfant.

mercredi, décembre 22, 2010

«Les Arabes nous ont tout apporté» : Luc Ferry remis en place par Rémi Brague

Ah, comme c'est bon de voir un bien-pensant remis en place avec deux claques par un érudit.

Ce qui m'agace dans les propos du style de Luc Ferry, c'est que je sens qu'ils ne sont pas issus d'un amour passionné de la philosophie, mais de la lâcheté, de la peur de constater les différences (c'est coquet, pour des gens qui nous cassent les c..illes avec le «respect des différences») et les possibles sujets d'affrontement.

Si nous étions envahis par les Chinois au lieu d'être envahis par les Arabes, je ne doute pas un instant que les plateaux de télévision seraient submergés de Luc Ferrys nous expliquant doctement que Confucius et Saint Thomas d'Aquin sont tellement compatibles qu'ils couchaient ensemble.

Tout ce que l'idéologie interdit ...

Fromage Plus défend une thèse qui a le mérite de la simplicité : dans notre société socialiste, tout ce que l'idéologie interdit, le marché le permet. Tout ce qu'il est condamnable de dire ouvertement peut être signifié par l'intermédiaire de la publicité.

Il traque donc les publicités où sont exprimées les différences hommes-femmes, les différences entre races, les discours communautaristes, religieux, etc ...

La moisson est très abondante.

Dans son dernier billet Joyeux, il montre à quel point nous sommes, c'est bien connu, une société sans racines chrétiennes.

dimanche, décembre 12, 2010

Le mécanisme de l'invasion islamiste

Sur Riposte laïque, j'ai trouvé très bien fait le résumé suivant. Il ne tient qu'à nous de résister.

Ecoutons René Marchand, écrivain, journaliste, auteur de "La France en danger d’islam", qui interviendra le 18 décembre prochain, aux assises internationales sur l’islamisation de l’Europe, décrire cette réalité, dans un article publié récemment par Riposte Laïque.

"Dans une première phase, les opérations s’articulent sur trois axes :

– D’abord, faire venir en Europe le maximum de musulmans (ou de migrants susceptibles d’être islamisés, comme les Noirs d’Afrique).

– Les réislamiser, ce qui ne veut pas tant dire leur apprendre ou réapprendre les dogmes et lois de l’islam, les inciter à fréquenter la mosquée… Non, les réislamiser, c’est d’abord les doter de signes et de comportements marquant leur qualité de membres de la umma et, donc, de rendre impossible leur intégration dans le pays d’accueil. Comment ?

– les prénoms des enfants. Donner à un enfant un prénom musulman, c’est le tatouer à jamais comme musulman, ainsi que toute sa descendance, car un musulman ou un enfant de musulman ne peut quitter l’islam : c’est le crime d’apostasie, punissable de mort. Aujourd’hui, dans toute l’Europe, la pression sur les immigrés est telle qu’aucun d’eux ne peut appeler son rejeton Marcel, Alain ou Isabelle.

– le voile des femmes, qui signifie non seulement un statut diminué, mais aussi l’interdiction du mariage avec un non-musulman ; le voile, c’est le fanion d’une armée.

– le ramadan : le mois lunaire de jeûne a une fonction policière de premier plan : il permet de détecter les « mauvais musulmans », qui seront châtiés en conséquence et ramenés par la pression de la communauté dans le droit chemin.

– les mosquées, évidemment, qui sont bien autre chose que des « lieux de prière », à la fois mairies, lieux de réunions pour la politique et la propagande (c’est dans les mosquées que sont nés tous les mouvements d’opposition au « modernisme »), écoles, centres de formation continue, éventuellement casernes…

– les mœurs, les habitudes alimentaires (la viande halâl, licite…), qui, comme les prénoms et les vêtements, sont des marqueurs au quotidien, permanents, de l’identité et des rappels à ne pas se laisser entraîner vers l’assimilation à la société d’accueil.

– Habituer les Européens au « fait musulman », les amener à considérer la présence de l’islam comme « normale », non dérangeante et définitive, ce qui conduit à laisser aux envahisseurs toute latitude pour mener à son terme leur projet de conquête. Les prénoms, les voiles, les mosquées, le ramadan, la viande halâl… doivent être banalisés peu à peu sur notre territoire. La revendication pour des « arrangements raisonnables », au nom de notre tolérance, des droits de l’homme, du respect dû aux religions…sera méthodique, incessante, portant ici sur la séparation des hommes et des femmes dans les piscines, là sur tel ou tel chapitre de l’enseignement non conforme à la doctrine islamique. Il s’agit, on le voit, d’une conquête par petits bouts, portant à la fois sur les lois, les mœurs, les paysages…, « en peau de panthère », pour arriver à la reconnaissance par la loi d’une communauté identitaire – qu’on pourra qualifier de « religieuse » par ethnocentrisme – à l’intérieur de chaque pays, autrement dit : la libanisation.

L’étape suivante – tout aussi programmée – est la conquête du territoire lui-même."

http://www.ripostelaique.com/Ne-concevoir-l-islam-que-comme-une.html

René Marchand, et Riposte Laique, vont bien plus loin que Marine Le Pen, qui, par ailleurs, refuse de demander pardon à la bien-pensance et aux musulmans pour ses propos : "Je réitère qu’un certain nombre de territoires, de plus en plus nombreux, sont soumis à des lois religieuses qui se substituent aux lois de la République. Oui il y a occupation et il y a occupation illégale. J’entends de plus en plus de témoignages sur le fait que dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc".

jeudi, décembre 09, 2010

La censure ? Seulement pour les autres

La mauvaise foi de la bien-pensance est une arme très puissante.

Censurer un type qui se torche avec un drapeau français ? C'est une intolérable atteinte réactionnaire à la liberté d'expression, le prélude au défilé des chemises noires. En revanche, censurer une publicité catholique où il n'y a pas un mot plus haut que l'autre, c'est une banale affaire de relations entre un annonceur et son client.

Ah, les cons !

samedi, novembre 27, 2010

« L’effet cumulé, l’effet social de la généralisation de l’ironie, c’est tout de même un rétrécissement progressif des capacités humaines »

« L’effet cumulé, l’effet social de la généralisation de l’ironie, c’est tout de même un rétrécissement progressif des capacités humaines ».

Cette phrase de Pierre Manent dans un article de Causeur m'a frappé, car elle résonne avec un de mes malaises face au monde contemporain.

Discutant avec mon épouse, je me lamentais que les comiques aient disparu. Je ne goûte absolument pas l'ironie qui tient aujourd'hui lieu de comique. L'humour «Canal Plus» provoque chez moi plus de rage que de rire.

L'ironie est du cancre, disait Saint-Exupéry. Comme c'est juste. Nous sommes hélas cernés par les cancres.

Phèdre par Pierre Dac

jeudi, novembre 25, 2010

Le calice jusqu'à la lie : c'est carnaval

De plus en plus, la France est dirigée par la lie de la société : les fumeux, les immoraux, les dépourvus du moindre bon sens, les abrutis cyniques, les apatrides, les gommeux, les profiteurs, les baratineurs, les saltimbanques ...

On présente François Fillon comme le moins filou de notre gouvernement, mais enfin, il fait tout de même un discours de politique générale où il propose des «avancées sociales», terme convenu pour désigner le clientélisme dont nous souffrons depuis trente ans et qui nous rapproche chaque jour de la cessation de paiement. Les «transferts sociaux», c'est-à-dire le social-clientélisme, représentent 650 milliards d'€, nous en mourons et il faudrait en faire encore plus ? Quel médecin conseillerait à un empoisonné de reprendre une petite dose de poison ?

Si François Fillon est ce qui se fait de mieux, s'attendre au pire de la part des autres politiciens est d'un optimisme béat, ce n'est pas assez. Il faut s'attendre au cataclysme, à la fin du monde, au jugement dernier, à l'apocalypse.

Ailleurs, on nous parle d'une réforme de l'appareil judiciaire, sous l'impulsion de la technocratie européiste et anti-nationale, qui irait encore plus loin dans le penchant en faveur des criminels, les désormais fameux (pour les lecteurs de La Lime) «socialement proches». La soi-disant justice française était depuis longtemps une farce. Elle devient une farce sinistre.

Le carnaval, c'était ce moment où les faibles pouvaient se moquer des puissants, où les places étaient brièvement inversées.

La France de 2010, c'est carnaval tous les jours : les clandestins manifestent publiquement, les puissants s'humilient devant les bouffons télévisuels, les bons-à-rien obtiennent l'argent des travailleurs, on prend conseil auprès du plus bête (ça s'appelle un sondage, comme une coloscopie), le mensonge est érigé en vérité, la tromperie habile est admirée, le sacré est conspué et le profane est exalté. La tiers-mondisation de notre pays, la politique devenue folle et bête, la liberté d'expression bafouée, les imbéciles arbitres des élégances et du politiquement correct, les jaloux maîtres de tuer l'économie libre, les anti-éducateurs aux commandes de l'école ...

Quel dieu avons nous offensé pour susciter une telle vengeance ? Quelle faute avons nous commise ?

mercredi, novembre 24, 2010

Eloge des frontières (R. Debray)

Régis Debray est étrange : il est inclassable, c'est un gauchiste ou un ex-gauchiste, on ne sait pas très bien, qui soutient des idées en totale opposition avec la vulgate gauchiste en vigueur.

Ce texte est la transcription d'une conférence prononcée au Japon, seul pays avancé à avoir conservé des frontières géographiques, culturelles et spirituelles.

Que dit-il ? Que la frontière est consubstantielle à l'être, que l'acte fondateur consiste toujours à marquer la limite entre le dehors et le dedans. Cet acte peut-être fait par Dieu ou Romulus. La frontière est la protection de l'être et la condition de sa naissance. On ne dit pas par hasard qu'une femme en espoir d'enfant est enceinte. La frontière préserve le sacré, donc l'intime, et par voie de conséquence, le profondément humain. Un «citoyen du monde», à supposer qu'il existe, n'est pas un homme, il lui manque quelque chose.

C'est pourquoi les frontières ne disparaissent jamais : si on supprime les frontières nationales et culturelles, il s'en crée d'autres, religieuses et ethniques, par exemple. La mondialisation va de pair avec la montée des violences régionales, ethniques et religieuses, ce n'est pas une contradiction, c'est une conséquence logique de la nécessité des frontières : les grandes frontières nationales et culturelles sont remplacées par des petites frontières locales, ce qui est à mon sens une terrible régression.

L'envie d'un monde sans frontières est un nihilisme, une envie de néant, de mort (je suis en total accord avec Debray sur ce point).

Mais la frontière n'est pas étanche, elle est un filtre. On permet à certaines choses de passer, sans renoncer à soi-même, ce qui enrichit. C'est bien le drame que nous font vivre les tenants de l'aFrance d'après : la fusion dans un magma indéfini où le seul dénominateur commun serait notre renoncement à être français, où l'autre n'enrichit plus, mais détruit.

Si nous ne sommes plus français, nous ne serons pas pour autant citoyens du monde, nous serons autre chose, algériens, chinois, indiens, je ne sais.

Avec cette lecture, on constate donc à quel point nos pays occidentaux sont malades, atteints à la tête et au cœur. Vous savez ce que j'en pense : nos pays aspirent à un repos qui est celui de la mort, ils renoncent à être, à compter, à peser, à exister. D'où le suicidaire renoncement aux frontières.

dimanche, novembre 21, 2010

L'éducation sera bientôt un délit

Edwige Antier, une pédiatre foldingue qui, pour notre malheur, se trouve être député UMP, veut faire interdire la fessée et les «violences morales» sur les enfants.

Bien sûr, on nous sort l'éternel argument panurgesque que la France serait «en retard». Mais depuis quand est-ce une honte d'être en retard d'une connerie ?

Cette loi porte en germe l'interdiction de toute éducation.

En effet, l'éducation est une violence morale. Elle repose sur deux piliers : protéger et élever. Cette deuxième partie de l'éducation, l'élévation, recèle nécessairement une dose de violence. Elle consiste à frustrer l'enfant, à imposer des limites à son sentiment de toute-puissance et à l'arracher à la fusion maternelle. Pour élever un enfant (j'aime ce mot «élever»), il faut le hisser au-dessus de lui-même, lui faire faire des choses qu'au premier abord il n'a pas envie de faire, le forcer à faire plus : se tenir mieux, parler mieux, se comporter mieux.

Cette violence éducative peut s'exprimer de manière plus ou moins ostensible suivant les familles, les milieux et les traditions. Mais, elle est centrale à l'éducation, on ne peut l'en ôter sous peine de renoncer à l'éducation elle-même.

Car, cette violence éducative n'est ni sadique ni vaine, elle a un but et une utilité, elle est altruiste. Elle n'est en réalité que le reflet de la violence et de la finitude de la condition humaine. Pourquoi faut-il apprendre à un enfant à supporter les frustrations et à ne pas être esclave de son narcissisme ? Parce que la vie humaine est pleine de frustrations, de limites et d'atteintes au narcissisme, dont les ultimes ne sont rien d'autre que la vieillesse, la maladie et la mort.

Eduquer un enfant, c'est lui apprendre à vivre, et peut-être à être heureux, malgré les limites. Ne pas éduquer un enfant, c'est faire un adulte colérique et narcissique, sans cesse frustré, découragé, velléitaire et dépressif.

Donc, la bonne éducation ne va pas sans violence morale. Est-ce à l'Etat d'en juger les modalités, au-delà des lois qui existent, protégeant les personnes ? Bien sûr que non.

On me citera des Thénardier, mais ceux-là ne sont-ils pas déjà réprimés par la loi ? De manière plus réaliste, j'imagine un couple au bord du divorce où le simple fait de priver un enfant d'une glace parce qu'il n'a pas été sage sera dénoncé comme une insupportable violence à faire payer devant le juge.

On voit vite où cela mène : à l'auto-censure des rares pulsions d'éducation qui restent aux parents ; les maternants, les infantilisants, les laxistes, les ensauvageurs, les déséducateurs ayant désormais la loi pour eux.

Qu'il est triste d'avoir à rappeler ces notions si élémentaires qu'elles devraient aller sans dire.

samedi, novembre 20, 2010

Un policier renversé par un motard à la Courneuve

Quoi ? Pas de manifestations de d'jeuns exprimant leur légitime colère en se comportant comme des australopithèques ? Pas de mère éplorée beuglant à la télé : «'Ils' ont tué mon petit poussin d'amour qui n'a jamais fait de mal à une mouche» ? Pas de sentencieux oracles télévisuels dénonçant avec des trémolos d'indignation dans la voix d'inacceptables violences, déshonorant la patrie des drouâtd'lhomme ?

dimanche, novembre 14, 2010

Juppé à la défense : encore une catastrophe

Alain Juppé, nouveau ministre de la défense, est le prototype du technocrate à la vision bornée, représentant typique de la fausse droite, imbécile mais avec des grands mots appris à l'ENA. Il est l'exemple parfait qu'on peut être à la fois très instruit et un danger public.

On peut donc lui faire entière confiance pour tailler en pièces le peu de capacités qui restent à nos armées.

Pauvre France !

vendredi, novembre 12, 2010

Non à la mise sous condition de ressources des allocations familiales

Mettre sous condition de ressources les allocations familiales (1), c'est, de fait, les réserver aux immigrés, c'est-à-dire aggraver le Grand Remplacement dont la France meurt.

C'est évidemment hors de question aux yeux de tout Français digne de ce nom.

Que des Attali ou des Baroin promeuvent cette mesure justifie le mépris que nous avons pour eux depuis longtemps.

Ah, si nous pouvions nous débarrasser de cette racaille, riche et influente alliée de la racaille de banlieue ...

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(1) : prendre l'argent de ceux qui travaillent et créent de la richesse pour le donner aux feignasses et aux bons-à-rien, en salissant au passage le beau mot de solidarité, est certes une habitude bien ancrée, mais elle est en train de nous tuer. Probablement est-ce le but recherché.

jeudi, novembre 04, 2010

OGM : funeste victoire des obscurantistes

L'INRA a décidé de cesser ses recherches sur les OGMs. C'est une catastrophe pour l'agriculture française.

Or, il n'y aucune justification scientifique, économique ou politique à cet arrêt des recherches.

La seule justification est médiatique, émotionnelle et politicienne ; c'est-à-dire ce qui se fait de plus bas, de plus bête, dans l'espace public. Comme remarque la directrice de l'INRA, «ce sont les mêmes personnes qui nous expliquent que les OGMs sont diaboliques et qui, se rendant dans des conférences aux Etats-Unis, mangent des OGMs sans hésitation.»

Les OGMs progressent et tiennent certaines promesses. Rappelons qu'il y a déjà des millions d'hectares d'OGMs cultivés dans le monde depuis quelques années déjà, nous commençons à avoir du recul. Les OGMs sont l'avenir de l'agriculture et déjà une partie du présent.

Bien sûr, l'agriculture française n'en mourra pas. Elle continuera juste à décliner, en restreignant ses choix.

Cette «victoire» des bovésistes est une défaite de la pensée analytique dans ce qu'elle a de plus élevé : l'objectivité, le jugement, la décision dans l'incertitude.

Dans notre monde, tout est écrit (sur La Lime !). Même, en 2005, qu'il faut désobéir à Bové, mais qui lit les bons livres dans le foutoir d'informations qui nous cerne ?

Cette décision désastreuse a été couverte par le tintamarre des broutilles habituelles. Pauvres de nous.


(photographie : lumière de l'intelligence française)

Dans la famille Violence et Délinquance, je demande le père ! Pioche...

Dans la famille Violence et Délinquance, je demande le père ! Pioche...

Si je ne savais pas qu'Eric Zemmour soutient ces thèses depuis longtemps, je dirais qu'il lit La lime !

vendredi, octobre 22, 2010

Retraites en France : répartition ou capitalisation ? Une petite remarque historique qui éclaire bien des choses

La première loi (1910) sur les retraites ouvrières et paysannes instituait un système par capitalisation (évidemment : c'est le bon sens) géré par l'Etat (pourquoi pas ? Ce système n'a pas ma préférence mais il est moins catastrophique que la répartition).

C'est le gouvernement Pétain qui crée en 1941 la retraite par répartition, essentiellement pour prendre l'argent de la caisse de capitalisation pour le distribuer en allocations immédiates.

Les gauchistes, pour lesquels «pétainiste» est au rang des insultes suprêmes, se retrouvent donc à défendre un système social mis en place par Vichy pour des raisons purement opportunistes, pour ne pas dire malhonnêtes.

Ca ne vous fait pas rire ?

En réalité, il s'agit d'un débat purement idéologique : acceptez vous le capitalisme ? Poser cette question en 2010 me paraît absolument ridicule, mais nous sommes en France et, confits dans notre complexe de supériorité intellectuelle, nous ne sommes pas effrayés d'entretenir une dispute avec 150 ans de retard (je rappelle que Boehm-Bawerk, qui a réfuté le marxisme, vivait à Vienne à la fin du XIXème siècle).

En effet, si les gauchistes français acceptaient le principe du capitalisme, leur combat se déplacerait, ils ne seraient plus opposés à la capitalisation, mais ils se battraient pour que celle-ci soit contrôlée par l'Etat ou par les syndicats.

Mais ils sont dans une transe religieuse, c'est l'idée même d'accumulation de capital, pour la retraite ou pour autre chose, qui les met en furie. Et contre une colère religieuse, aucun argument pratique et rationnel ne prévaut. C'est pourquoi le passage en force est non seulement nécessaire mais la seule solution possible : on peut encore discuter pendant vingt ans avec ces gens, ça sera du temps perdu, rien ne les convaincra tant qu'ils auront la foi. Et quant à espérer qu'ils perdent la foi, pourquoi pas ? Mais on ne peut pas fonder une politique sur un espoir si aléatoire.

mercredi, octobre 20, 2010

La liberté suprême : la liberté de rester un enfant

Un texte de Dalrymple m'incite à la réflexion. on s'aperçoit au bout de soixante ans d'Etat-mamma que la liberté que prisent par-dessus tout les occidentaux est la liberté d'être dégagé de ses reponsabilités et d'être délié de ses engagements.

C'est la liberté de rester un enfant et, même, un enfant mal élevé.

On peut discerner sans trop de difficulté le faisceau de causes qui amènent les adultes à voir comme un bien suprême la liberté de ne pas se comporter en adultes :

> la détente suivant la terrible guerre mondiale de trente ans. Les après-guerres favorisent toujours le féminisme, le maternalisme et la régression infantile.

> la perte de religion. Or, la religion aidait les adultes à affronter les difficultés de la vie. Le socialisme, qui transfère à l'Etat la charge des tourments, est à cet égard une religion de substitution.

> la montée, parallèle à la perte d'influence de la religion, de l'idéologie socialiste, qui voit l'Etat comme un grande matrice protégeant ses enfants-citoyens.

> on ne peut ignorer la société de consommation qui a intérêt à des consommateurs impulsifs et irréfléchis, c'est-à-dire puérils.

> enfin, la forclusion du père. Le père, celui qui force l'enfant à se détacher de la mère et à devenir un adulte, est nié, vilipendé, insulté. La plupart des pères que je connais sont désormais des mères-bis.

Toutes ces causes se renforcent l'une l'autre et nous conduisent là où nous en sommes aujourd'hui.

mardi, octobre 05, 2010

Le féminisme, vache sacrée

Le féminisme étant triomphant (quelquefois, il me semble que le mot «triomphe» est faible pour décrire la situation du féminisme en Europe de l'ouest, implacable hégémonie (1) paraît plus adapté), il est considéré comme évident qu'il faut aménager la réforme des retraites pour qu'elle soit plus favorable aux femmes, ou, à défaut, comme l'écrivent des ministres dans Le Monde de ce jour, il faut faire des lois pour que les femmes gagnent autant, sinon plus, que les hommes, afin d'avoir la même retraite. Il est sacrilège de faire part de la moindre réticence sur ces questions, on se rangerait aussitôt entre le mangeur de bébés et le violeur de petites filles.

Mais si l'on veut aller sur ce chemin sexiste de faire des lois adaptées, poussons la logique jusqu'au bout : séparons les systèmes de retraite. Puisque les femmes vivent plus longtemps que les hommes, elles devraient cotiser plus longtemps et partir à la retraite plus tard, non ?

Je suis atterré, mais pas surpris, de constater dans les commentaires des lecteurs du Monde à quel point tous ou presque ont ingéré la vision féministe : les femmes sont les victimes innocentes, forcément innocentes, des méchants hommes.

Bien sûr, ma conviction que la société, elle, est victime du maternalisme envahissant, au détriment de tous, hommes et femmes, devient dans ses conditions totalement inaudible.

Notre société traditionelle, soi-disant paternaliste, a prouvé sa capacité à se perpétuer et à se défendre. Cette preuve est loin d'être faite pour notre société post-moderne féminisée. Pour l'instant, elle aurait plutôt prouvé sa capacité à osciller entre dictature des bons sentiments et anarchie des egos sur-vitaminés des monchéris-moncoeurs, c'est-à-dire sa capacité à «partir en couille».

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(1) : hégémonie seulement contestée, et avec quelle violence !, par les «divers». Mais il ne faut pas le dire.