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mercredi, septembre 19, 2018

La gifle

« L'affaire de la gifle est le symptôme d'une société en manque d'autorité »


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Tous les pédopsychiatres, les enseignants, les magistrats, les policiers constatent le développement continu de nouvelles formes de violences dans la jeunesse. L'intolérance à la frustration qui caractérise tant de nos jeunes enfants et élèves sont des bombes à retardement pour la société de demain. Quand s'y ajoutent la déculturation de masse et/ou l'identitarisme d'une minorité qui s'estime toute-puissante, le danger est mortifère. Ces violences s'inscrivent pleinement dans le contexte d'un individualisme toujours plus amoral qui justifie, au nom de son bon droit, d'écraser l'autre ou de chasser en meute, qui un chauffeur et «son bus de merde» qu'on caillasse, qui une fille aux atours trop féminins pour ne pas être «une salope». Ce collégien se souviendra sans doute de cette gifle reçue pour l'insulte qu'il a proférée. Elle aura peut-être une valeur éducative, évitant que l'insulte restée impunie l'autorise, demain, à agresser physiquement un adulte qui lui ferait une remarque.

En effet, il faut s'inquiéter de la rapidité du passage des insultes aux coups devenue trop banale dans la jeunesse. Cela exige qu'on s'interroge sur notre modèle de civilisation, pas seulement sur notre «modèle de société» comme on l'entend dire pour la forme par ceux qui ont validé ce modèle de déconstruction de l'autorité et de la culture qui lui était adossée. La civilisation est une construction précieuse et fragile, élaborée par la chaîne de générations successives. La famille, où souvent le rôle du père s'efface soit pour ressembler à une maman-bis, soit pour déserter le champ éducatif abandonné à une mère qui doit jouer tous les rôles, est le lieu premier de la civilisation. Il est celui où se forge une vision du monde, des grands modèles d'action pour la vie future. Elle est ce lieu où se donne un enseignement moral qui n'a rien à faire dans l'école - lieu de transmission des savoirs et non une plateforme éducative où on formate les esprits aux enjeux de l'idéologiquement correct du moment, en se substituant à l'éducation familiale. La famille est ce lieu précieux qui préserve l'enfant de notre monde glorifiant l'utile et le bougisme, elle est le lieu où s'enseignent les permanences.
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Cette catastrophique forclusion du père qui ouvre le chemin de la barbarie vient de loin. Guillotiner Louis XVI, c'était déjà tuer le père. Mais il y a aussi beaucoup plus près.



mardi, novembre 28, 2017

Entretien avec Stéphane Courtois





Vous noterez, en particulier, deux points :

♘ Courtois dit, en tant que jeune étudiant en mai 68, la même chose que Raymond Aron, en tant que professeur : le point frappant est la pusillanimité des aînés, leur veulerie face à une jeunesse arrogante. Les hommes, en refusant de se comporter comme des hommes, sont pour beaucoup dans la situation d’alors et ses conséquences actuelles. Je connais l’explication : la dévaluation de la virilité par deux guerres mondiales et par la machine. Mais ça me réconforte peu.

♘ Les ennemis de Courtois sont acharnés à séparer Lénine des crimes du communisme, pour en charger Staline. C’est la vielle technique du KGB décrite par Volkoff dans Le retournement : on sauve le communisme par les intentions, supposées bonnes (ce qui est intellectuellement très pauvre, tout le monde a de bonnes intentions), et par une supposée malencontreuse dérive, qui gâcherait les pseudo-bonnes intentions. On n’est pas obligé de tomber dans le panneau.

jeudi, février 07, 2013

Qu'est-ce que l'éducation ?

Avec mes collègues, nous tenons des conversations de plus en plus élevées. Je commence à avoir la trouille : c'est anormal. Et tout ce qui est anormal doit susciter la peur, par pur instinct de  conservation (les «phobies» sont un signe d'intelligence basique). Donc, j'ai de plus en plus peur de mes collègues, déjà que je rase les murs et que  je porte un slip en zinc. Je me demande si je ne vais pas aller jusqu'au gilet pare-balles et à la kalach.

Vivement que nous recommencions à parler foot et bagnole.

Le sujet du jour était : «Qu'est-ce que l'éducation ?»

Excellente question puisque, sur ce sujet, le bon sens a subi depuis quelques décennies  une défaite en rase campagne dont nous voyons tous les jours les dramatiques conséquences.

Comme la guerre, l'éducation est un art tout d'exécution, mais, en théorie, c'est simplissime.

Eduquer, étymologiquement, c'est «conduire hors». Hors de quoi ? De l'enfance, bien entendu.

Et ce n'est pas nouveau, ça date des Romains (au moins). C'est dire si les relents réactionnaires et passéistes de l'éducation sont puissants, nauséabonds comme un clodo qui se déchausse.

Conduire hors de l'enfance ? Donc de la fusion maternelle et du fantasme de toute-puissance. C'est pourquoi l'éducation est à la fois frustrante et libératrice.

Frustrante, parce qu'elle pose des limites, la limite ultime et insurmontable de la vie adulte étant la mort acceptée. Libératrice parce qu'elle donne les outils pour affronter le réel et s'y épanouir. Toutes les micro-limites érigées quotidiennement par l'éducation «Mouche ton nez», «Dis bonjour à la dame», «Tiens toi droit» ne sont que les projections sur de petites situations de la Limite. Et ce rôle d'éducateur est symboliquement dévolu au père, cet ignoble intrus qui brise la fusion maternelle.

Inversement, la fusion maternelle est nécessaire pour acquérir la confiance mais devient à la longue étouffante et mortifère.

Bref, je pousse la folie jusqu'à prétendre cette chose horrible, fachisse, nazie, à savoir qu'en matière d'éducation, les sexes sont complémentaires.

Je n'ai malheureusement pas gardé un article fort intéressant d'un professeur de lycée expliquant qu'il trouvait que ses élèves étaient de plus en plus facilement découragés par les obstacles et devenaient dépressifs, qu'il y en avait de moins en moins de persévérants. Or, c'est pour moi un symptome de non-éducation, puisque je définis l'éducation comme l'apprentissage de la frustration afin de savoir s'épanouir malgré toutes les emmerdes qui nous tombent sur la gueule dans la vie.

La non-éducation est la facilité, c'est agreable de dire oui, mais aussi une trahison de ses devoirs.

L'explication de cette non-éducation ? La forclusion du père.

La plupart des pères que je connais se comportent comme des mères-bis et ne remplissent que très mal (en tout cas, pas aussi bien qu'ils le pourraient avec un peu de couilles) leur rôle d'éducateur. Seule leur présence, qu'ils ne peuvent totalement effacer, en introduisant un coin dans la fusion maternelle, joue encore un rôle éducatif. Quant aux «familles» monoparentales, mieux vaut ne pas en parler (on peut saluer les femmes seules qui arrivent quand même à éduquer leurs gosses).

Et l'on retombe sur le problème du conformisme qui modèle une société. Nos grands-parents se posaient-ils plus de questions que nous sur l'éducation ? Je n'en sais rien mais j'en doute. En revanche, l'exemple venu d'en haut et l'atmosphère générale étaient très différents.

Le père, et donc l'éducation, étaient valorisés. Aujourd'hui, le père, et donc l'éducation, sont dévalorisés. On a ce qu'on mérite.

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

samedi, octobre 06, 2012

A rapprocher du «mariage» homosexuel

Echirolles : où est le père ?

Les bien-pensants vont me hurler aux oreilles que cela n'a aucun rapport avec le «mariage» homosexuel. Pourtant, le rapport est si évident que je ne sens même pas la nécessité de l'expliciter.

lundi, septembre 24, 2012

Le vrai désastre social : divorces et familles décomposées

On nous parle de «mariage homosexuel». Ce n'est qu'un épiphénomène pour amuser la galerie.

Le vrai drame pour la société, c'est l'explosion des familles et l'augmentation du nombre de divorces.

De tout temps, on a tenu la famille pour le creuset de l'éducation à la vie en société. Quand la famille se décompose, cela ne peut qu'être une catastrophe pour la société. Ce mouvement fait partie du processus de décivilisation que nous vivons.

Bien sûr, les amis du désastre, parmi lesquels beaucoup de divorcés, nous racontent que ce n'est pas bien grave et, même, que c'est un progrès. Un progrès pour qui ?

Tous les enfants du divorce que je connais en ont souffert gravement. Mais, comme d'habitude, je suis sans doute victime d'une malédiction statistique.

Que disent les études ? Il est difficile de mesurer l'impact du divorce sur les résultats scolaires, mais ce n'est de toute façon pas un impact positif. Quant à l'impact du divorce sur la vie sentimentale des enfants, il est beaucoup plus net : probabilités d'insécurité sentimentale et de divorce beaucoup plus élevées.

C'est ce qui se voit, ce qui se mesure. Et on reste au niveau individuel.

Mais le divorce et la famille sans père est aussi une fabrique à sauvageons et à asociaux. Qui mesurera combien cela affecte la société ? Cette question est taboue, elle touche trop d'électeurs (les politiciens ne l'aborderont pas) et de consommateurs (les journaux se tairont aussi).

Seuls peut-être quelques poètes, parce qu'on ne les écoute pas et qu'ils ne dérangent personne, aborderont le sujet.

Je pense que la conséquence, pour la société, de la décomposition de la famille, en sus de l'ensauvagement, c'est la baisse de la créativité et de l'intelligence. En effet, la créativité se construit dans la discipline, contre les lois, contre le père. Si l'on supprime le père, plus de punching-ball, plus de discipline, donc plus de créativité.

vendredi, janvier 07, 2011

Le coût des «nouvelles» moeurs : la pauvreté des familles monoparentales

Un tiers des familles monoparentales sont pauvres

La question du coût économique et social des nouvelles mœurs (1) est taboue. Je soupçonne que ce coût est énorme, mais j'ai bien peu d'éléments concrets pour étayer ma thèse. Cependant, de temps en temps, un coin du voile se soulève, comme dans cet article.

On en revient à ma thèse : ces nouvelles mœurs ne sont possibles que grâce à la complaisance, voire à l'encouragement financier, de l'Etat-providence. Si celui-ci disparaît ou réduit la voilure, il sera de nouveau, comme dans toute l'histoire de l'humanité jusqu'à maintenant, nécessaire d'être en couple pour pouvoir élever des enfants sans mourir de faim.

Je suis par ailleurs d'accord avec le premier commentateur de l'article : une «famille monoparentale» n'est pas une famille (2) (les commentaires sont saignants).

On constate aussi une nouvelles fois la validation d'une autre de mes thèses : les femmes sont les grandes perdantes des mœurs «libérées», qui ont surtout libéré l'homme du devoir d'assumer sa famille pour le meilleur et pour le pire.

C'est un tour de force que d'avoir réussi à faire croire aux femmes qu'elles gagnaient à un système dont l'examen honnête montre qu'elles y perdent.

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(1) : vagabondage sexuel, adolescence permanente, divorce facile, aucun engagement, aucune contrainte.

(2) : sauf, éventuellement en cas de décès d'un des parents : il ne s'agit pas alors d'une fuite volontaire de ses devoirs, d'un caprice aux dépens de sa famille. L'image du parent et de la famille est préservée, ce qui change beaucoup pour la construction de l'enfant.