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jeudi, avril 09, 2020

Société narcissique, société fragile.

Nous aïeux ont continué à vivre (certains diront « parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement », nous y reviendrons) malgré la peste, la variole, le choléra, la tuberculose.

Nous, occidentaux de 2020, mettons nos pays à l'arrêt pour une grosse grippe. Disons, pour ne pas être accusé de minimiser, une très grosse grippe (je n'en suis même pas sûr, très difficile d'y voir clair : on n'a toujours que des chiffres partiels, et peut-être partiaux. Le seul chiffre global pour la France, c'est l'INSEE qui indique que, du 1er au 23 mars, il y avait moins de morts en 2020 qu'en 2019).

Au pire, allez, la mortalité sera de 0,1 %, soit 67 000 morts en France. On sera très probablement largement en-dessous.

Pour les épidémies historiques, on parlait en pour-cents, voire en dizaines de pour-cents.

Nous n'avons par comparaison aucune résilience, nous sommes en fromage blanc. Jamais on n'avait ravagé l'économie pour si peu. Et ce n'est pas difficile de comprendre pourquoi.

Nos sociétés sont physiquement très fragiles : connectées, homogènes, centralisées. Tout le contraire de la robustesse, sans même parler d'anti-fragilité.

Mais, évidemment, la plus grande fragilité est dans les têtes : quand le narcissisme vous a fait perdre toute notion de dépendance et de finitude, la mort devient un danger hors de proportions, littéralement. Tout risque de mort, si minime soit-il, devient infiniment dangereux et donc non-hiérarchisable.

Ce qui hiérarchise, ce n'est plus la rationalité, puisque toute échelle de jugement a été abolie, c’est la mode. Aujourd'hui, le virus et le réchauffement climatique. Par contre, le cancer, 60 000 morts par an, pas à la mode.

Je ne sais pas si nous en tirerons les leçons, j'en doute. Ca nécessiterait un changement de vision du monde.

Alors, nos ancêtres qui « ne pouvaient pas faire autrement » ? A ma connaissance, la condition humaine n'a pas changé. Chaque génération a toujours fait comme elle pouvait. Et nous, avec toutes nos technologies, nous aurions pu faire autrement.





samedi, novembre 16, 2019

« Affaire » Finkielkraut : hélas, il n'y a pas de fond à la connerie et le naufrage intellectuel ne mollit pas.

Si vous n'avez pas entendu parler de la dernière « affaire » Finkielkraut :

Finkielkraut fait les frais de la nouvelle campagne de pub de Caroline de Haas. A moins que l’ironie ne soit trop compliquée à appréhender pour la militante néoféministe.

Polémique sur Finkielkraut : « Faudra-t-il désormais un permis de second degré ? »

Et le parti dit, par antiphrase, France Insoumise (il n'est pas la France, et pas insoumis non plus) s'enfonce :






Bien sûr, à l'origine de cette agitation, il y a la dégueulasserie gauchiste. Et la politique identitaire qui transforme ses adeptes en Narcisses fragiles ne supportant pas la moindre pique.

Mais ce n'est pas seulement de la mauvaise foi. Il y a une réelle difficulté à comprendre. Je le constate tous les jours : l'incapacité à interpréter des figures de style classiques (l'antiphrase, l'euphémisme, la litote, ...) progresse telle la méningite. Lentement, elle s'installe et s'incruste, comme un virus.

L'origine de cette maladie intellectuelle est parfaitement connue. Depuis les années 60, les classes d'en haut détruisent l'ascenseur social afin de se protéger de la concurrence de ceux d'en dessous. Le principal instrument de cette politique est le sabotage de l'école, qui finit par affecter toutes les classes sociales (vous remarquerez la faute sur « ses » et « trainent » dans le touit supra).

A force de faire tourner à fond pendant cinquante ans une école transformée en fabrique du crétin, on en obtient la conséquence logique : une société de crétins, qui ne comprennent plus (et souvent à peine) que le premier degré sujet-verbe-complément.

J'ai bien une technique pour essayer de pouvoir continuer à faire de l'humour : le bombardement. S'il arrive qu'une blague ne soit pas comprise comme une blague, par contre, si vous en faites dix, on vous classe comme un blagueur. On est mal à l'aise parce qu'on ne comprend pas, mais on a quand même compris qu'on ne comprenait pas tout.

Cette façon de faire présente trois inconvénients : elle n'est pas infaillible, il y a des abrutis qui ne comprennent vraiment pas, même à la dixième blague. Elle met mal à l'aise ceux qui ne comprennent pas l'humour. Et puis, surtout, elle dégrade terriblement la conversation : au lieu de piques subtiles et d'allusions fines, c'est la grosse Bertha.

Reste la solution Audiard : « Je ne parle pas aux cons ». Mais vu la génération spontanée fulgurante de l'espèce en question, ma conversation va vite se réduire à un ennuyeux monologue.

Notons que Finkielkraut devrait s'inspirer un peu de cette maxime. Il parle trop. Il y a trop de phrases dans ses interventions et trop de mots dans ses phrases. Il devrait apprendre les vertus de la sobriété et de la concision. Sans rien changer, bien entendu, au sens de ses propos.




dimanche, novembre 03, 2019

Tout le monde il est surdoué, surtout les crétins.

« C’est valorisant de penser qu’on a un enfant intelligent plutôt qu’un petit dragon » 

ENTRETIEN - Psychologue pour enfants, Caroline Goldman déplore un business du « surdon » en France, de nombreux professionnels surfant sur le désir narcissique des parents.

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« Je n’en peux plus. La moitié des parents sont convaincus que leur enfant est surdoué », raconte cette professeur des écoles, qui enseigne depuis cinq ans en maternelle dans un établissement privé et huppé de l’Ouest parisien. Cela « empire à l’école primaire puis au collège », renchérit une autre enseignante du même établissement, un âge où « les enfants insupportables ou en difficulté scolaire sont souvent présentés comme précoces par leurs parents ».
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En réalité, vu l'effondrement de l'intelligence des occidentaux, il est plus probable que le nombre de surdoués, suivant les critères d'avant, diminue. Evidemment, dans une classe d'abrutis, il est facile de traiter de surdoué celui qui sait écrire son nom à 7 ans.

Je connais un vieil instituteur qui avait un point de vue très simple sur ses élèves : « Il y a les cons. Et les autres, qui sont très peu nombreux ». Il se gardait bien d'en faire part aux parents.

Dans une classe de 30 élèves, c'est déjà bien si 1 ou 2 ont un vrai potentiel intellectuel, sans être forcément des surdoués.

C'est pourquoi, si l'objectif est l'instruction, c'est une très mauvaise idée de diminuer les effectifs par classe : on prive les élèves moyens de têtes de classe qui peuvent les entrainer.

Mais, bien sûr, si comme semblent l'estimer 99 % des Français, qu'ils soient parents d'élèves, enseignants ou politiciens, la première mission de l'école est le gardiennage des enfants, alors diminuer les effectifs par classe est une bonne idée. Ca soulage les gardiens-animateurs, les Gentils Organisateurs, comme on dirait dans un club de vacances, abusivement baptisés « professeurs ».

Au passage, la façon la plus simple de régler le problème des mères accompagnatrices voilées, c'est de supprimer les sorties scolaires, qui sont une distraction néfaste.


dimanche, novembre 25, 2018

Gilets jaunes : « Le peuple n'a ni raison ni tort, il décide »

Gilets jaunes : « Le peuple n'a ni raison ni tort, il décide »

C'est l'essence même de la démocratie  : le peuple est souverain, non parce qu'il a toujours raison, il ne s'agit pas de diviniser le peuple, mais parce qu'il est seul légitime à le faire (il manque juste un roi au-dessus pour symboliser le spirituel).

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« Beaufs », « racistes », « pas éduqués »... les « Gilets jaunes » n'ont pas échappé aux insultes ni au mépris, note Nicolas Vidal. Selon lui, cette attitude est caractéristique d'une élite libérale et mondialisée qui ne comprend ni n'écoute plus les classes populaires.
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En tant que Parisien d'importation, j'en connais des palanquées de ces demi-intellos qui se croient bien meilleurs que le peuple (écolos, végétariens, non fumeurs, féministes -mais pas en banlieue islamique, trottinetteurs, ...). Ils sont risibles car rien ne justifie leur vanité : ils sont au moins autant que ceux qu'ils méprisent le jouet de l'endoctrinement.

De plus, ce sont des enculés d'hypocrites : ils prônent l'ouverture mais eux ont les moyens financiers et sociaux de ne pas en subir les désagréments et ne s'en privent pas (ils vivent dans les bons quartiers, contournent la carte scolaire, ils compensent en partie le naufrage scolaire etc.).

On nous dit que Darmanin et Philippe ont des origines modestes. Mais, comme le dit Christophe Guilluy, c'est le destin de la plupart de ceux qui montent de trahir leurs origines (je le vois tous les jours -et ce n'est pas une image, j'ai les noms).

Le guignol en chef est finalement bien représentatif de ces gens :



Et :


Comment en sort-on ? C'est simple, je n'ai pas varié d'un iota de l'analyse de Philippe Seguin en 1992 (cet excellent discours dit tout et prévoit tout. Regardez le si vous ne le connaissez pas: ce sont 2h très bien employées) l'Euro est l'arme de l'oligarchie mondialisée pour vider de sa substance la démocratie dans les pays européens (1). L'invasion migratoire est l'autre branche de cette tenaille (2).



Comme Jeanne d'Arc, il faut aller à l'essentiel : on en sort en sortant de l'Euro. Tout le reste, c'est du bruit avec la bouche.

Les gilets jaunes, ces manants au sens étymologique (ceux qui restent), nous rapprochent-ils de l'éclatement de l'Euro ? Oui, dans la mesure où tout ce qui introduit un peu de réalité dans la vie politique fragilise ce monstre technocratique qu'est l'Euro.

Les possédants ont peur de la sortie de l'Euro ? La question qui se pose à eux est simple, c'est celle du patriotisme : préfères-tu la France ou ton patrimoine ? Certes, en réalité, la perte de patrimoine ne serait pas si importante qu'ils croient, voire nulle, mais c'est bien l'épouvantail qu'on leur agite et comme le courage n'est pas une vertu bourgeoise, ces cons votent Macron, au moins au second tour.

Je suis assez optimiste à long terme, disons à l'horizon 10-15 ans, mais, en attendant, ça va tanguer fort.

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(1) :



(2) : chacun aura remarqué la blancheur des gilets jaunes. Les colorés ne s'intéressent pas à la France mais à leur communauté (sauf, bien entendu, quand ils sont aussi français qu'un Auvergnat, comme dans nos vieux DOM-TOM).

dimanche, novembre 19, 2017

Des individus, et une société, malades de narcissisme

Exécution médiatique

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Peut-être faudrait-il aussi réflé­chir à cette étrange société qui se met en place, où le ressenti de chacun devient un absolu. Suffit-il de se sentir brusqué par un professeur pour transformer cela en traumatisme éternel qui justifierait une vengeance sans fin ?

Fabriquons-nous une humanité exagérément fragile et vengeresse ?
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Ingrid Riocreux, toujours très pertinente, à propos d'un reportage, évidemment laudateur, sur les « transgenres ».

Transgenres sur M6 : le sexe en zone trouble


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Derrière le ton guilleret et enthousiaste de la voix off, malgré les grandes musiques envahissantes censées nous tirer des larmes d’attendrissement bienveillant, ce reportage est donc particulièrement triste. Et l’on a l’impression d’être invité à se réjouir d’assister à autant de suicides qu’il y a de témoins. D’abord le suicide symbolique : le changement de prénom qui s’accompagne de propos du type « cette personne n’existe plus ». L’automutilation avec les sévices infligés au corps, soit directement (« Iris » racontant les douleurs que lui impose la nécessité de faire disparaître son sexe d’homme quand il s’habille), soit par une intervention que l’on peut difficilement qualifier de médicale (« ils ont un corps sain, nous leur donnons un corps imparfait », dit le médecin). Et au bout, parfois, l’auto-éradication réelle et absolue : « le taux de suicide est plus élevé que la moyenne chez les jeunes transgenres » (45:36). Et l’on nous donne l’exemple d’un ado qui s’est suicidé… parce que son école refusait son changement de prénom !

« Respecte mon choix » = approuve ou ferme ta gueule !

De fait, on ne peut qu’être dérangé par l’obsessionnel besoin que manifestent ces personnes d’être approuvées dans leurs choix. Choix de changer de sexe, de prénom, choix d’être opéré, choix de n’être pas opéré. Or, faire un choix, c’est toujours s’exposer à la critique. L’expression « respecter le choix de quelqu’un » n’a aucun sens : si l’on doit évidemment respecter tout le monde, on n’est absolument pas tenu d’approuver les choix de chacun. On est même parfaitement libre de les critiquer, de les réprouver, de les juger dégradants, de considérer que justement, le respect que l’on doit à toute personne humaine nous interdit de cautionner ce que ces gens se font à eux-mêmes. Et à leur entourage, contraint de les « accepter tels qu’ils sont », ou de passer pour méchant.

Et en observant les témoins choisis, on se prend à se demander si cette focalisation sur une hypothétique « dysphorie de genre » ne cache pas autre chose : un besoin maladif d’exister dans le regard d’autrui (« Laura » se filme en permanence) ou une manière détournée de surmonter une disgrâce physique (« Isaac » est obèse, « Cédric » et « Iris » souffrent manifestement de problèmes dermatologiques). En définitive, ce « problème » semble un moyen d’absorber tous les autres soucis de la vie, une version morbide du divertissement pascalien : oubliant tout, persuadées de tenir la clef de leur bonheur, ces personnes sacrifient leur vie à devenir, toujours plus, autres qu’elles-mêmes.

Je ne suis pas en train de nier la réalité de ce que ressentent ces gens. Sans entrer dans les détails, je dirai qu’il n’est pas facile de se construire en tant que femme auprès d’une mère qui dit « Quel dommage que ce soit fixé d’avance ! Il faut vivre le plus longtemps possible en faisant comme si on avait le choix ». C’est une institutrice qui m’a appris que j’étais une fille et je suis longtemps restée persuadée que ce verdict n’avait rien de définitif. Mais un jour, on se dit que ce qui est formidable, c’est justement le fait qu’on n’ait pas le choix, donc que le problème est réglé et qu’on peut se consacrer à des choses plus importantes. Tellement plus importantes que le petit moi-même.

Ma chance aura sans doute été de ne jamais rencontrer, durant mon enfance et mon adolescence, personne qui me parle de « personnalité à genre fluide » ou de « transgenre » (« Isaac » a un déclic le jour où elle tombe sur ce mot en surfant sur le web), de n’avoir pas internet, de ne pas me monter la tête en regardant, comme le fait « Cédric », les vidéos des youtubeurs trans. Sinon, qui sait, peut-être que moi aussi, aujourd’hui, je serais quelque chose entre le cobaye de labo et la bête de foire, et vous me verriez choisir la taille de mon phallus comme « Laura » celle de ses seins, tout en déplorant au micro d’M6, que le monde se montre si peu compréhensif envers moi.
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