Je n’aime pas Angela Merkel.
Au début, elle m’a impressionné. Plus maintenant.
Elle est le prototype de nos politiciens contemporains, technocrates sans enfants, froids comme des icebergs, sans tripes, sans cœur, sans âme, mais, il est vrai, avec une tête. Pourtant, à quoi sert la tête quand on n’aime rien ?
Elle me semble beaucoup plus raisonner en fonction des intérêts de son pays que les politiciens français. Elle a réussi à poser la main de fer allemande, pas toujours dans un gant de velours, sur l’Europe, ce à quoi ont échoué deux guerres mondiales. Les Anglais ont bien raison de prendre leurs jambes à leur cou.
Mais les intérêts de l’Allemagne tels que les définis par Merkel sont à très courte vue. Elle mène une politique migratoire suicidaire, sa politique économique marche très bien mais prépare les désastres futurs (le mercantilisme, ça ne marche pas : les banques allemandes sont malades à proportion de ce que les industries sont en bonne santé), se mettre à dos tous les peuples européens n’est pas sain.
Bref, elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez, comme Macron. Et pour les mêmes raisons : le cœur n’est pas un organe surnuméraire.
Le choix allemand de Macron est le choix de la servitude. Dans les circonstances actuelles, le bon choix est celui de l’alliance anglaise. D’ailleurs, le bon choix stratégique pour la France est celui du grand large. Ne pas rester prisonnier des mesquineries continentales, se libérer en regardant loin. Pourquoi croyez que l’UERSS milite activement pour que la France se débarrasse de ses confettis d’empire ? Parce qu’ils nous libèrent en nous donnant des intérêts hors d’Europe.
Si Emmanuel Macron était autre chose qu’un abruti de technocrate, il le sentirait.
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mardi, septembre 26, 2017
jeudi, janvier 19, 2017
Européisme pas mort
Une thèse à la mode chez les conservateurs : l’européisme est zombie. Il est déjà mort mais il ne le sait pas encore.
Cette idée me paraît d’un optimisme délirant, façon alcoolique breton imbibé au Chouchen, ayant pissé sur les femmes infidèles, venant de découvrir que toutes les bouteilles ne sont pas vides et qu’il va pouvoir continuer à biberonner.
La vérité est que les européistes sont aujourd’hui très largement majoritaires dans les institutions et les lieux de pouvoir des pays européens, y compris dans le gouvernement et le parlement britanniques.
Oui, l’européisme en a pris un coup dans la cafetière, mais il est très très loin d’être mort, ou même mourant. Souvenez vous qu’il a eu la peau de Margaret Thatcher, qui était, me semble-t-il, autrement plus coriace que Theresa May (la « poll tax » n’était qu’un prétexte). Il faudra beaucoup plus qu’un referendum dans un pays de l’UE pour le mettre à genoux. L’européisme est à la fois un messianisme politique et l’idéologie qui justifie le pouvoir et l’opulence d’une caste. Il est donc d’une solidité d’airain. Il ne faut pas sous-estimer sa résistance.
Pour l’instant, c’est toujours l’européisme qui tient le manche bien ferme.
Éric Zemmour : "Theresa May et Angela Merkel... par rtl-fr
Cette idée me paraît d’un optimisme délirant, façon alcoolique breton imbibé au Chouchen, ayant pissé sur les femmes infidèles, venant de découvrir que toutes les bouteilles ne sont pas vides et qu’il va pouvoir continuer à biberonner.
La vérité est que les européistes sont aujourd’hui très largement majoritaires dans les institutions et les lieux de pouvoir des pays européens, y compris dans le gouvernement et le parlement britanniques.
Oui, l’européisme en a pris un coup dans la cafetière, mais il est très très loin d’être mort, ou même mourant. Souvenez vous qu’il a eu la peau de Margaret Thatcher, qui était, me semble-t-il, autrement plus coriace que Theresa May (la « poll tax » n’était qu’un prétexte). Il faudra beaucoup plus qu’un referendum dans un pays de l’UE pour le mettre à genoux. L’européisme est à la fois un messianisme politique et l’idéologie qui justifie le pouvoir et l’opulence d’une caste. Il est donc d’une solidité d’airain. Il ne faut pas sous-estimer sa résistance.
Pour l’instant, c’est toujours l’européisme qui tient le manche bien ferme.
Éric Zemmour : "Theresa May et Angela Merkel... par rtl-fr
mardi, décembre 27, 2016
« Après l'attentat de Berlin, tout change, mais tout reste pareil ! »
« Après l'attentat de Berlin, tout change, mais tout reste pareil ! »
Les peuples européens, en première ligne le peuple allemand, sont victimes d'une très grave maladie mentale. Un attentat ne suffit pas à les guérir.
Les peuples européens, en première ligne le peuple allemand, sont victimes d'une très grave maladie mentale. Un attentat ne suffit pas à les guérir.
jeudi, décembre 22, 2016
samedi, mai 21, 2016
La Turquie est devenue de facto membre de l'Union européenne, au nez et à la barbe des peuples qui n'en voulaient pas
Libre entrée des Turcs en Europe : où est la contrepartie ?
*********
Avec la libre entrée de ses ressortissants, la Turquie, qui bénéficie déjà de la libre entrée de ses marchandises et d'aides considérables, est devenue de facto membre de l'Union européenne, au nez et à la barbe des peuples qui n'en voulaient pas. Merci Madame Merkel, merci l'Europe.
*********
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Avec la libre entrée de ses ressortissants, la Turquie, qui bénéficie déjà de la libre entrée de ses marchandises et d'aides considérables, est devenue de facto membre de l'Union européenne, au nez et à la barbe des peuples qui n'en voulaient pas. Merci Madame Merkel, merci l'Europe.
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jeudi, mars 10, 2016
Deux chiffres pour prouver que les eurocrates sont fous à lier
1) aide promise à la Grèce pour faire face à l'invasion migratoire : 700 millions d'€.
2) aide promise à la Turquie pour faire face à l'invasion migratoire : 6 milliards d'€.
Est-il besoin d'en dire plus ?
2) aide promise à la Turquie pour faire face à l'invasion migratoire : 6 milliards d'€.
Est-il besoin d'en dire plus ?
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Les politiciens sont des traitres : la preuve par la nouvelle loi sur l'immigration
Immigration : cette loi votée en catimini qui élargit le droit du sol
**********
En pleine crise migratoire européenne, la loi socialiste du 8 mars 2016 affaiblit l'Etat dans la lutte contre l'immigration illégale. Aujourd'hui, seule une décision de reconduite à la frontière sur quatre prises par les préfets est appliquée (environ 15000 par an). Avec le nouveau dispositif, la paralysie du système ne peut que s'aggraver. Alors pourquoi une telle omerta sur un sujet aussi sensible ? Le silence général face à cette réforme reflète la situation politique. Le pouvoir socialiste n'est pas fier de cette concession à sa base militante, qui contraste si fortement avec ses postures de fermeté. Si le porte- parole des Républicains, Guillaume Larrivé s'est battu ardemment contre le projet de loi (il est intervenu 204 fois contre le texte), les grands leaders de la droite sont préoccupés par autre chose, tout comme d'ailleurs ceux d'extrême droite, plongés dans la course à la «dédiabolisation». Cette réforme, adoptée en catimini dans le dos des Français, alors que plusieurs pays d'Europe renforcent la rigueur de leurs lois sur l'immigration irrégulière, est un nouveau coup dur pour la démocratie.
**********
On remarque qu'ils sont tous à mettre dans le même sac, FN compris.
Quand j'écris qu'il faut fusiller des politiciens dans les fossés de Vincennes, cela devrait rester une fleur de rhétorique, que certains auraient loisir de juger d'assez mauvais goût. Pourtant, nos politiciens s'acharnent, jour après jour, à transformer cette tartarinade de comptoir en une nécessité vitale. Faut-il qu'ils soient convaincus de notre impuissance de sans-dents pour se laisser aller à ce comportement suicidaire. Mais tant va la cruche à l'eau ...
En complément, Zemmour sur Merkel :
Crise des migrants : "Le temps de toutes les... par rtl-fr
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En pleine crise migratoire européenne, la loi socialiste du 8 mars 2016 affaiblit l'Etat dans la lutte contre l'immigration illégale. Aujourd'hui, seule une décision de reconduite à la frontière sur quatre prises par les préfets est appliquée (environ 15000 par an). Avec le nouveau dispositif, la paralysie du système ne peut que s'aggraver. Alors pourquoi une telle omerta sur un sujet aussi sensible ? Le silence général face à cette réforme reflète la situation politique. Le pouvoir socialiste n'est pas fier de cette concession à sa base militante, qui contraste si fortement avec ses postures de fermeté. Si le porte- parole des Républicains, Guillaume Larrivé s'est battu ardemment contre le projet de loi (il est intervenu 204 fois contre le texte), les grands leaders de la droite sont préoccupés par autre chose, tout comme d'ailleurs ceux d'extrême droite, plongés dans la course à la «dédiabolisation». Cette réforme, adoptée en catimini dans le dos des Français, alors que plusieurs pays d'Europe renforcent la rigueur de leurs lois sur l'immigration irrégulière, est un nouveau coup dur pour la démocratie.
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On remarque qu'ils sont tous à mettre dans le même sac, FN compris.
Quand j'écris qu'il faut fusiller des politiciens dans les fossés de Vincennes, cela devrait rester une fleur de rhétorique, que certains auraient loisir de juger d'assez mauvais goût. Pourtant, nos politiciens s'acharnent, jour après jour, à transformer cette tartarinade de comptoir en une nécessité vitale. Faut-il qu'ils soient convaincus de notre impuissance de sans-dents pour se laisser aller à ce comportement suicidaire. Mais tant va la cruche à l'eau ...
En complément, Zemmour sur Merkel :
Crise des migrants : "Le temps de toutes les... par rtl-fr
mercredi, mars 09, 2016
Déboulonnage des idoles crypto-communistes : Lech Walesa
Lech Walesa, héros et traître
La question qui vient à l'esprit après avoir lu cet article est : et Merkel ? En effet, quand on sait qu'Angela Merkel a été élevée en Allemagne de l'Est parce que son père pasteur est passé d'ouest en est (hé oui, dans ce sens peu banal), il y a de quoi s'interroger.
Et François Hollande ? Voilà un type qui a vécu entouré de trotskistes infiltrés au PS, dont le plus célèbre fut Lionel Jospin, qui a exactement le caractère cynique et désabusé du traitre au long cours décrit par Le Carré ou Volkoff et qui mène la politique que mènerait un homme voulant discréditer la démocratie libérale et le capitalisme entrepreunarial. Fut il moins trotskiste que les autres ou mieux dissimulé ?
La question qui vient à l'esprit après avoir lu cet article est : et Merkel ? En effet, quand on sait qu'Angela Merkel a été élevée en Allemagne de l'Est parce que son père pasteur est passé d'ouest en est (hé oui, dans ce sens peu banal), il y a de quoi s'interroger.
Et François Hollande ? Voilà un type qui a vécu entouré de trotskistes infiltrés au PS, dont le plus célèbre fut Lionel Jospin, qui a exactement le caractère cynique et désabusé du traitre au long cours décrit par Le Carré ou Volkoff et qui mène la politique que mènerait un homme voulant discréditer la démocratie libérale et le capitalisme entrepreunarial. Fut il moins trotskiste que les autres ou mieux dissimulé ?
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Joseph Djougachvili Hollande,
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samedi, juillet 11, 2015
C'est à n'y rien comprendre (Tsipras n'est pas cru, il est cuit)
L'Eurogroupe enfonce l'épée dans le bide de Tsipras jusqu'à la garde. Maintenant qu'il a commencé à céder, ils lui disent que le compte n'y est pas, qu'il faut céder encore plus.
Tiens, encore un article pour expliquer que l'européisme est une idéologie mortifère :
Jean-Pierre Le Goff : « L'Europe est devenue une utopie de substitution »
Je partage le désarroi de Charles Wyplosz (qui est d'une espèce rare et paradoxale : un partisan de l'Euro doté d'un bon sens économique) :
Grèce : on va crier victoire mais tout le monde a perdu
***************
[…]
Le Grexit est-il évité ? Finalement, Alexis Tsipras a présenté un programme. Une partie de ce petit miracle vient de l'aide de la France. Ce programme est étrange, puisqu'il ressemble à celui qu'il avait soumis au référendum, contre lequel il a fait campagne, et contre lequel il a un puissant mandat démocratique. On verra dans les heures qui viennent si les Européens l'acceptent. Mais la vraie question concerne les intentions de la BCE. En refusant pour des raisons obscures (pression sur l'électorat grec? [Je rappelle le cas de Schacht, en 1930, banquier central qui a fait tomber volontairement un gouvernement - allemand, il est vrai] Peur de l'opinion publique de l'Europe du Nord ? Dissensions internes ?) de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques en pleine hémorragie de retraits des dépôts, il a contraint le gouvernement à les fermer. Il faut maintenant les faire repartir. Pour cela la BCE doit rouvrir le robinet. Mais c'est trop tard. Les banques grecques sont sans doute en faillite (on ne le sait pas, la BCE, désormais autorité de surveillance européenne, garde un silence total). Pour cela, l'État a besoin de beaucoup d'argent frais, qu'il n'a bien sûr pas. Sans une injection rapide d'euros, les banques ne pourront pas redémarrer et la seule solution sera d'injecter des drachmes, et donc de quitter la zone euro. Rien
Le nouveau plan va-t-il enfin réussir ? C'est très improbable. On parle d'un nouveau prêt de quelque 50 milliards d'euros. D'après le FMI, qui a avancé ce chiffre la semaine dernière, la quasi-totalité de ce montant est destiné à honorer les dettes passées. Rien n'est prévu pour recapitaliser les banques. La logique d'austérité continue. Quand aux réformes promises, elles ne produiront leurs effets que très progressivement. En attendant? La mer bleue et les olives, sans doute. Curieusement, le plan grec ne parle pas de remise de dette, pourtant essentielle. S'agit-il d'une carotte soigneusement cachée, que l'on ressortira plus tard si les Grecs sont de bons garçons et de bonnes filles ?
Tout ça pour ça? S'il y a accord, on évitera le Grexit, pour l'instant. Les politiques de tous bords pourront faire ce qu'ils adorent: déclarer victoire et essayer d'oublier le problème. Mais le problème demeure, il reviendra, et la Grèce sera encore plus affaiblie. Franchement, c'est à n'y rien comprendre.
***************
Oui, c'est à n'y rien comprendre.
Enfin si, je comprends une chose : que j'ai bien fait de vous citer Shakespeare il y a deux jours.
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Bien sûr, il y a l'hypothèse des machiavélismes conjoints, Tsipras préparant en secret la sortie de la Grèce de l'Euro et les Allemands aussi. Mais la plupart du temps, l'hypothèse du machiavélisme est une auto-suggestion pour nous rassurer, pour continuer à croire que nos dirigeants, bien qu'ils nous paraissent fous et incompétents, savent ce qu'ils font.
Je comprends le désarroi des Français lucides au lendemain des accords de Munich : était-ce un lâche abandon ou une ruse pour préparer le réarmement ?
Tiens, encore un article pour expliquer que l'européisme est une idéologie mortifère :
Jean-Pierre Le Goff : « L'Europe est devenue une utopie de substitution »
Je partage le désarroi de Charles Wyplosz (qui est d'une espèce rare et paradoxale : un partisan de l'Euro doté d'un bon sens économique) :
Grèce : on va crier victoire mais tout le monde a perdu
***************
[…]
Le Grexit est-il évité ? Finalement, Alexis Tsipras a présenté un programme. Une partie de ce petit miracle vient de l'aide de la France. Ce programme est étrange, puisqu'il ressemble à celui qu'il avait soumis au référendum, contre lequel il a fait campagne, et contre lequel il a un puissant mandat démocratique. On verra dans les heures qui viennent si les Européens l'acceptent. Mais la vraie question concerne les intentions de la BCE. En refusant pour des raisons obscures (pression sur l'électorat grec? [Je rappelle le cas de Schacht, en 1930, banquier central qui a fait tomber volontairement un gouvernement - allemand, il est vrai] Peur de l'opinion publique de l'Europe du Nord ? Dissensions internes ?) de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques en pleine hémorragie de retraits des dépôts, il a contraint le gouvernement à les fermer. Il faut maintenant les faire repartir. Pour cela la BCE doit rouvrir le robinet. Mais c'est trop tard. Les banques grecques sont sans doute en faillite (on ne le sait pas, la BCE, désormais autorité de surveillance européenne, garde un silence total). Pour cela, l'État a besoin de beaucoup d'argent frais, qu'il n'a bien sûr pas. Sans une injection rapide d'euros, les banques ne pourront pas redémarrer et la seule solution sera d'injecter des drachmes, et donc de quitter la zone euro. Rien
Le nouveau plan va-t-il enfin réussir ? C'est très improbable. On parle d'un nouveau prêt de quelque 50 milliards d'euros. D'après le FMI, qui a avancé ce chiffre la semaine dernière, la quasi-totalité de ce montant est destiné à honorer les dettes passées. Rien n'est prévu pour recapitaliser les banques. La logique d'austérité continue. Quand aux réformes promises, elles ne produiront leurs effets que très progressivement. En attendant? La mer bleue et les olives, sans doute. Curieusement, le plan grec ne parle pas de remise de dette, pourtant essentielle. S'agit-il d'une carotte soigneusement cachée, que l'on ressortira plus tard si les Grecs sont de bons garçons et de bonnes filles ?
Tout ça pour ça? S'il y a accord, on évitera le Grexit, pour l'instant. Les politiques de tous bords pourront faire ce qu'ils adorent: déclarer victoire et essayer d'oublier le problème. Mais le problème demeure, il reviendra, et la Grèce sera encore plus affaiblie. Franchement, c'est à n'y rien comprendre.
***************
Oui, c'est à n'y rien comprendre.
Enfin si, je comprends une chose : que j'ai bien fait de vous citer Shakespeare il y a deux jours.
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Bien sûr, il y a l'hypothèse des machiavélismes conjoints, Tsipras préparant en secret la sortie de la Grèce de l'Euro et les Allemands aussi. Mais la plupart du temps, l'hypothèse du machiavélisme est une auto-suggestion pour nous rassurer, pour continuer à croire que nos dirigeants, bien qu'ils nous paraissent fous et incompétents, savent ce qu'ils font.
Je comprends le désarroi des Français lucides au lendemain des accords de Munich : était-ce un lâche abandon ou une ruse pour préparer le réarmement ?
vendredi, juillet 03, 2015
Grèce : la phrase la plus importante de la semaine
Les Echos :
«Jeudi, Angela Merkel a rappelé une nouvelle fois qu’elle était contre une union de transfert devant le Bundestag.»
Comme «l'union de transfert» est la seule solution viable à long terme (voir mes nombreux billets sur le sujet), il n'y a plus que deux avenirs possibles :
«Jeudi, Angela Merkel a rappelé une nouvelle fois qu’elle était contre une union de transfert devant le Bundestag.»
Comme «l'union de transfert» est la seule solution viable à long terme (voir mes nombreux billets sur le sujet), il n'y a plus que deux avenirs possibles :
- l'éclatement de l'Euro. Je ne sais pas quand, mais un jour. Après tout, c'est le destin de la majorité des unions monétaires de l'histoire.
- les Allemands changent d'avis, démocratiquement ou non.
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Euro à la grecque
jeudi, mai 14, 2015
1914-1920 La grande illusion, quand la France perdait la paix (GH Soutou)
Livre passionnant, qui commence par une introduction fracassante qu'on peut résumer ainsi : la guerre vue d'en bas, qui est tellement à la mode, c'est bien gentil, mais c'est étroit, mesquin et, finalement, sans grand intérêt.
Les états d'âme du poilu Tartempion tels que rendus par ses carnets, la monographie sur la tranchée 22 du secteur 425 ou l'étude sociologique sur la petite cuillère comme arme de tranchée, ça va cinq minutes. C'est voyeur et, par définition, ça ne vole pas haut.
Pour comprendre la guerre, rien ne vaut d'aller voir là où tout se décide, dans les ministères et dans les chancelleries. Soutou assume crânement son parti-pris d'historien à l'ancienne.
Suivons-le.
Premier point, qui ne surprendra que les imbéciles, la France avait des buts de guerre. Il y a même eu une commission d'une trentaine de sommités politiques, universitaires et militaires qui fut chargée d'y réfléchir. Enfouis dans la poussière du Quai d'Orsay, ses rapports sont très intéressants et, sur certains sujets comme l'Ukraine ou les rapports des peuples slaves et de la Russie, étonnants d'actualité.
Deuxième point, ces buts de guerre ont varié avec le déroulement des événements. C'est bête à écrire : à cause de notre savoir rétrospectif, nous oublions trop souvent que l'issue d'une guerre est toujours incertaine et que, pendant celle-ci, tout est subordonnée à l'atteinte de la victoire. En fonction des velléités de détacher l'Autriche de l'Allemagne ou de la peur que la Russie ne conclut une paix séparée, les positions françaises sur les découpages territoriaux à l'est ont fluctué. On a du mal à se projeter à un siècle quand on n'est pas sûr que demain ne sera pas le jour de la défaite.
Troisième point, conséquence direct du point précédent, les buts de guerre ne furent jamais fixés de manière définitive jusqu'à ce qu'ils soient gravés dans le marbre par les traités de «banlieue parisienne» (Versailles, Trianon, Sèvres, Saint Germain en Laye).
Une occasion pour une paix négociée s'ouvre fin 1916-début 1917. Les contacts furent beaucoup plus sérieux qu'on ne l'a dit par la suite (évidemment : comme cela s'est mal terminé, personne n'avait intérêt à se vanter de ces contacts). Mais l'effondrement russe restaure l'Allemagne dans l'espoir d'une victoire rapide et referme la fenêtre d'opportunité. Par cette occasion manquée, les Européens ouvrent la voie à l'hégémonie américaine.
Soutou analyse sous l'angle politico-militaire la désastreuse offensive Nivelle du printemps 17. Soutou ne cite pas Churchill mais il aurait pu : «Au sommet, politique et stratégie militaire sont une seule et même chose» (1).
Il voit trois tendances politiques dans les décideurs français : les défaitistes, les jusqu'au-boutistes et les modérés.
Les premiers veulent une paix blanche au plus vite avant que les Allemands ne gagnent la guerre. Ils sont très minoritaires.
Les seconds veulent un règlement de paix punitif pour l'Allemagne. Il faut éviter que les Américains ne s'en mêlent trop, donc il faut donc une victoire rapide avant l'intervention américaine et, surtout, il faut devancer l'offensive allemande de printemps. Ils poussent à l'offensive Nivelle, à l'assaut frontal.
Enfin, les derniers veulent prendre des gages à l'Allemagne et obtenir des garanties mais dans une mesure acceptable pour les Américains. Ils se rallient à la stratégie prudente de Pétain : « J'attends les chars et les Américains ». Ils étaient également partisans de la stratégie périphérique.
Un pseudo-cabinet de guerre (Poincaré, jusqu'au-boutiste, est absent) prend le 3 avril 1917, le jour de l'entrée en guerre des Etats-Unis, une décision modérée et Nivelle accepte des objectifs très limités. Mais l'état-major, jusqu'au-boutiste lui aussi, parvient, avec l'aide de Poincaré, à renverser cette décision (2). Et c'est l'offensive Nivelle que nous connaissons.
Contrairement à ce qui s'est passé en 1914, quand l'état-major français n'avait pas du tout anticipé l'emploi des réservistes allemands dès le premier jour de la guerre, et malgré la surprise de l'effondrement de l'automne 1918, les Alliés ont une assez bonne évaluation de leurs ennemis en 1917.
Cependant, la rapidité de l'écroulement allemand surprend tout le monde. Les militaires teutons se débrouillent remarquablement bien pour faire porter aux civils la responsabilité de l'armistice et du traité de Versailles, donnant naissance au mythe du coup de poignard dans le dos, qui aura le succès que l'on sait. En réalité, les militaires allemands géraient le pays depuis 1916 et portent pleinement la responsabilité de la défaite, mais la politique se nourrit parfois plus de mythes que de faits.
Les Allemands ne s'adressent qu'aux Américains et parviennent à diviser les Alliés. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France arrivent à la table des négociations en n'étant d'accord deux à deux ni sur l'Allemagne ni sur la Russie. Peut-être est-ce de la vanité de ma part, mais il me semble que la position de la France, la plus méfiante, était la plus exacte.
On sombre dans les compromis bancals. De plus, en juin 1919, au moment de la négociation finale, les Alliés avaient commencé à démobiliser alors que l'armée allemande, réorganisée, était plus forte qu'en novembre 1918, ce qui empêchait les Français de montrer les dents.
Tout ceci fera dire à Jacques Bainville que le traité de Versailles est trop mou pour ce qu'il a de dur et trop dur pour qu'il a de mou. Pour Bainville, il fallait choisir : ou se réconcilier avec l'Allemagne, ou la démembrer. On a pris une voie intermédiaire qui cumule les inconvénients : une Allemagne hostile qui reste malgré tout puissante.
Remarquons que le démembrement de l'Allemagne est la voie qui fut suivie, par la force des choses entre 1945 et 1989, et que l'Europe de l'ouest ne s'en est pas plus mal portée. J'aime tellement l'Allemagne que je préfère quand il y en a deux.
En conclusion, lecture très intéressante, d'autant plus que certaines questions du début du siècle dernier redeviennent frappantes d'actualité.
On a beaucoup dit, dans les années1990-2000, que la guerre froide avait gelé en Europe les problèmes de nationalités, de minorités et de frontières et qu'ils revenaient du fond des glaces tels Hibernatus. On l'a dit, mais je ne suis pas sûr qu'on en ait pris toute la mesure.
La chute du mur de Berlin et la réunification allemande rendent obsolète et anachronique l'idée même d'Union Européenne. J'ai cru un temps, comme beaucoup, qu'il s'agissait juste d'un problème de modalités et de fonctionnement, mais non. La puissance allemande au centre de l'Europe rend impossible une union équilibrée de nations souveraines, l'idée d'union européenne est devenue invivable. On peut juste avoir une union de vassaux, un zollverein (3), bien connu des Allemands, puisque l'unification bismarckienne a commencé par un zollverein.
Cette analyse travaille certains Anglais et constitue le fond de leur euro-scepticisme. J'attends avec impatience que les dirigeants français prennent conscience de cette nouvelle donne qui était en germe depuis vingt ans et qui est en train d'éclore.
Vous me direz que certains politiciens français ont déjà franchi cette étape et ont déjà choisi. Malheureusement pour la France, ils ont choisi la vassalisation allemande.
***********
(1) : digression : ceux qui croient Hitler idiot feraient mieux de prendre au sérieux cette citation de son plus farouche ennemi, ils comprendraient que la plupart de ses décisions militaires aventureuses ont des motivations politiques réfléchies (par exemple, prouver aux occidentaux que l'Allemagne nazie est le meilleur rempart contre l'ours bolchévique).
(2) : ce renversement de décision se fait d'une manière qui n'étonnera pas les habitués des grosses organisations. La décision modérée du 3 avril, qu'on connaît par les témoignages, les correspondances et les carnets intimes, n'a pas été traduite immédiatement par un compte-rendu écrit et diffusé. Les jusqu'au boutistes continuent sur leur lancée, aucun des modérés ne prend le leadership pour rappeler la décision du 3 avril, qui tombe dans l'oubli.
(3) : union douanière
Les états d'âme du poilu Tartempion tels que rendus par ses carnets, la monographie sur la tranchée 22 du secteur 425 ou l'étude sociologique sur la petite cuillère comme arme de tranchée, ça va cinq minutes. C'est voyeur et, par définition, ça ne vole pas haut.
Pour comprendre la guerre, rien ne vaut d'aller voir là où tout se décide, dans les ministères et dans les chancelleries. Soutou assume crânement son parti-pris d'historien à l'ancienne.
Suivons-le.
Premier point, qui ne surprendra que les imbéciles, la France avait des buts de guerre. Il y a même eu une commission d'une trentaine de sommités politiques, universitaires et militaires qui fut chargée d'y réfléchir. Enfouis dans la poussière du Quai d'Orsay, ses rapports sont très intéressants et, sur certains sujets comme l'Ukraine ou les rapports des peuples slaves et de la Russie, étonnants d'actualité.
Deuxième point, ces buts de guerre ont varié avec le déroulement des événements. C'est bête à écrire : à cause de notre savoir rétrospectif, nous oublions trop souvent que l'issue d'une guerre est toujours incertaine et que, pendant celle-ci, tout est subordonnée à l'atteinte de la victoire. En fonction des velléités de détacher l'Autriche de l'Allemagne ou de la peur que la Russie ne conclut une paix séparée, les positions françaises sur les découpages territoriaux à l'est ont fluctué. On a du mal à se projeter à un siècle quand on n'est pas sûr que demain ne sera pas le jour de la défaite.
Troisième point, conséquence direct du point précédent, les buts de guerre ne furent jamais fixés de manière définitive jusqu'à ce qu'ils soient gravés dans le marbre par les traités de «banlieue parisienne» (Versailles, Trianon, Sèvres, Saint Germain en Laye).
Une occasion pour une paix négociée s'ouvre fin 1916-début 1917. Les contacts furent beaucoup plus sérieux qu'on ne l'a dit par la suite (évidemment : comme cela s'est mal terminé, personne n'avait intérêt à se vanter de ces contacts). Mais l'effondrement russe restaure l'Allemagne dans l'espoir d'une victoire rapide et referme la fenêtre d'opportunité. Par cette occasion manquée, les Européens ouvrent la voie à l'hégémonie américaine.
Soutou analyse sous l'angle politico-militaire la désastreuse offensive Nivelle du printemps 17. Soutou ne cite pas Churchill mais il aurait pu : «Au sommet, politique et stratégie militaire sont une seule et même chose» (1).
Il voit trois tendances politiques dans les décideurs français : les défaitistes, les jusqu'au-boutistes et les modérés.
Les premiers veulent une paix blanche au plus vite avant que les Allemands ne gagnent la guerre. Ils sont très minoritaires.
Les seconds veulent un règlement de paix punitif pour l'Allemagne. Il faut éviter que les Américains ne s'en mêlent trop, donc il faut donc une victoire rapide avant l'intervention américaine et, surtout, il faut devancer l'offensive allemande de printemps. Ils poussent à l'offensive Nivelle, à l'assaut frontal.
Enfin, les derniers veulent prendre des gages à l'Allemagne et obtenir des garanties mais dans une mesure acceptable pour les Américains. Ils se rallient à la stratégie prudente de Pétain : « J'attends les chars et les Américains ». Ils étaient également partisans de la stratégie périphérique.
Un pseudo-cabinet de guerre (Poincaré, jusqu'au-boutiste, est absent) prend le 3 avril 1917, le jour de l'entrée en guerre des Etats-Unis, une décision modérée et Nivelle accepte des objectifs très limités. Mais l'état-major, jusqu'au-boutiste lui aussi, parvient, avec l'aide de Poincaré, à renverser cette décision (2). Et c'est l'offensive Nivelle que nous connaissons.
Contrairement à ce qui s'est passé en 1914, quand l'état-major français n'avait pas du tout anticipé l'emploi des réservistes allemands dès le premier jour de la guerre, et malgré la surprise de l'effondrement de l'automne 1918, les Alliés ont une assez bonne évaluation de leurs ennemis en 1917.
Cependant, la rapidité de l'écroulement allemand surprend tout le monde. Les militaires teutons se débrouillent remarquablement bien pour faire porter aux civils la responsabilité de l'armistice et du traité de Versailles, donnant naissance au mythe du coup de poignard dans le dos, qui aura le succès que l'on sait. En réalité, les militaires allemands géraient le pays depuis 1916 et portent pleinement la responsabilité de la défaite, mais la politique se nourrit parfois plus de mythes que de faits.
Les Allemands ne s'adressent qu'aux Américains et parviennent à diviser les Alliés. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France arrivent à la table des négociations en n'étant d'accord deux à deux ni sur l'Allemagne ni sur la Russie. Peut-être est-ce de la vanité de ma part, mais il me semble que la position de la France, la plus méfiante, était la plus exacte.
On sombre dans les compromis bancals. De plus, en juin 1919, au moment de la négociation finale, les Alliés avaient commencé à démobiliser alors que l'armée allemande, réorganisée, était plus forte qu'en novembre 1918, ce qui empêchait les Français de montrer les dents.
Tout ceci fera dire à Jacques Bainville que le traité de Versailles est trop mou pour ce qu'il a de dur et trop dur pour qu'il a de mou. Pour Bainville, il fallait choisir : ou se réconcilier avec l'Allemagne, ou la démembrer. On a pris une voie intermédiaire qui cumule les inconvénients : une Allemagne hostile qui reste malgré tout puissante.
Remarquons que le démembrement de l'Allemagne est la voie qui fut suivie, par la force des choses entre 1945 et 1989, et que l'Europe de l'ouest ne s'en est pas plus mal portée. J'aime tellement l'Allemagne que je préfère quand il y en a deux.
En conclusion, lecture très intéressante, d'autant plus que certaines questions du début du siècle dernier redeviennent frappantes d'actualité.
On a beaucoup dit, dans les années1990-2000, que la guerre froide avait gelé en Europe les problèmes de nationalités, de minorités et de frontières et qu'ils revenaient du fond des glaces tels Hibernatus. On l'a dit, mais je ne suis pas sûr qu'on en ait pris toute la mesure.
La chute du mur de Berlin et la réunification allemande rendent obsolète et anachronique l'idée même d'Union Européenne. J'ai cru un temps, comme beaucoup, qu'il s'agissait juste d'un problème de modalités et de fonctionnement, mais non. La puissance allemande au centre de l'Europe rend impossible une union équilibrée de nations souveraines, l'idée d'union européenne est devenue invivable. On peut juste avoir une union de vassaux, un zollverein (3), bien connu des Allemands, puisque l'unification bismarckienne a commencé par un zollverein.
Cette analyse travaille certains Anglais et constitue le fond de leur euro-scepticisme. J'attends avec impatience que les dirigeants français prennent conscience de cette nouvelle donne qui était en germe depuis vingt ans et qui est en train d'éclore.
Vous me direz que certains politiciens français ont déjà franchi cette étape et ont déjà choisi. Malheureusement pour la France, ils ont choisi la vassalisation allemande.
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(1) : digression : ceux qui croient Hitler idiot feraient mieux de prendre au sérieux cette citation de son plus farouche ennemi, ils comprendraient que la plupart de ses décisions militaires aventureuses ont des motivations politiques réfléchies (par exemple, prouver aux occidentaux que l'Allemagne nazie est le meilleur rempart contre l'ours bolchévique).
(2) : ce renversement de décision se fait d'une manière qui n'étonnera pas les habitués des grosses organisations. La décision modérée du 3 avril, qu'on connaît par les témoignages, les correspondances et les carnets intimes, n'a pas été traduite immédiatement par un compte-rendu écrit et diffusé. Les jusqu'au boutistes continuent sur leur lancée, aucun des modérés ne prend le leadership pour rappeler la décision du 3 avril, qui tombe dans l'oubli.
(3) : union douanière
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samedi, juin 30, 2012
François blousé par Angela ?
Je suis bien content de ne pas m'être précipité pour écrire que le dernier sommet européen était une défaite de l'Allemagne (c'est une erreur de trop personnaliser). Il semble qu'en lisant les petites lignes, ce ne soit pas tout à fait vrai :
Merkel : défaite ou victoire tactique ?
Merkel : défaite ou victoire tactique ?
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