Pour éviter le Grexit, on a détruit l'idéal européen
***************
Nos puissants leaders ont montré qu'ils ne voulaient vraiment pas de Grexit, les
Grecs non plus. Mais on ne voit pas comment la Grèce pourra tenir ses
engagements, et donc une nouvelle crise aura lieu, dans six mois, dans un an…
Cette nuit, l'Europe a changé de nature. Elle est devenue perverse. On a imposé à
un petit pays membre des conditions que l'on exigeait auparavant par les armes.
C'est un petit progrès par rapport à l'histoire, mais c'est la destruction de l'idéal
européen.
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Bien sûr, ma divergence avec Wyplosz est simple : cette nuit, «l'Europe» n'a pas changé de nature. Elle a révélé sa vraie nature.
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lundi, juillet 13, 2015
samedi, juillet 11, 2015
C'est à n'y rien comprendre (Tsipras n'est pas cru, il est cuit)
L'Eurogroupe enfonce l'épée dans le bide de Tsipras jusqu'à la garde. Maintenant qu'il a commencé à céder, ils lui disent que le compte n'y est pas, qu'il faut céder encore plus.
Tiens, encore un article pour expliquer que l'européisme est une idéologie mortifère :
Jean-Pierre Le Goff : « L'Europe est devenue une utopie de substitution »
Je partage le désarroi de Charles Wyplosz (qui est d'une espèce rare et paradoxale : un partisan de l'Euro doté d'un bon sens économique) :
Grèce : on va crier victoire mais tout le monde a perdu
***************
[…]
Le Grexit est-il évité ? Finalement, Alexis Tsipras a présenté un programme. Une partie de ce petit miracle vient de l'aide de la France. Ce programme est étrange, puisqu'il ressemble à celui qu'il avait soumis au référendum, contre lequel il a fait campagne, et contre lequel il a un puissant mandat démocratique. On verra dans les heures qui viennent si les Européens l'acceptent. Mais la vraie question concerne les intentions de la BCE. En refusant pour des raisons obscures (pression sur l'électorat grec? [Je rappelle le cas de Schacht, en 1930, banquier central qui a fait tomber volontairement un gouvernement - allemand, il est vrai] Peur de l'opinion publique de l'Europe du Nord ? Dissensions internes ?) de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques en pleine hémorragie de retraits des dépôts, il a contraint le gouvernement à les fermer. Il faut maintenant les faire repartir. Pour cela la BCE doit rouvrir le robinet. Mais c'est trop tard. Les banques grecques sont sans doute en faillite (on ne le sait pas, la BCE, désormais autorité de surveillance européenne, garde un silence total). Pour cela, l'État a besoin de beaucoup d'argent frais, qu'il n'a bien sûr pas. Sans une injection rapide d'euros, les banques ne pourront pas redémarrer et la seule solution sera d'injecter des drachmes, et donc de quitter la zone euro. Rien
Le nouveau plan va-t-il enfin réussir ? C'est très improbable. On parle d'un nouveau prêt de quelque 50 milliards d'euros. D'après le FMI, qui a avancé ce chiffre la semaine dernière, la quasi-totalité de ce montant est destiné à honorer les dettes passées. Rien n'est prévu pour recapitaliser les banques. La logique d'austérité continue. Quand aux réformes promises, elles ne produiront leurs effets que très progressivement. En attendant? La mer bleue et les olives, sans doute. Curieusement, le plan grec ne parle pas de remise de dette, pourtant essentielle. S'agit-il d'une carotte soigneusement cachée, que l'on ressortira plus tard si les Grecs sont de bons garçons et de bonnes filles ?
Tout ça pour ça? S'il y a accord, on évitera le Grexit, pour l'instant. Les politiques de tous bords pourront faire ce qu'ils adorent: déclarer victoire et essayer d'oublier le problème. Mais le problème demeure, il reviendra, et la Grèce sera encore plus affaiblie. Franchement, c'est à n'y rien comprendre.
***************
Oui, c'est à n'y rien comprendre.
Enfin si, je comprends une chose : que j'ai bien fait de vous citer Shakespeare il y a deux jours.
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Bien sûr, il y a l'hypothèse des machiavélismes conjoints, Tsipras préparant en secret la sortie de la Grèce de l'Euro et les Allemands aussi. Mais la plupart du temps, l'hypothèse du machiavélisme est une auto-suggestion pour nous rassurer, pour continuer à croire que nos dirigeants, bien qu'ils nous paraissent fous et incompétents, savent ce qu'ils font.
Je comprends le désarroi des Français lucides au lendemain des accords de Munich : était-ce un lâche abandon ou une ruse pour préparer le réarmement ?
Tiens, encore un article pour expliquer que l'européisme est une idéologie mortifère :
Jean-Pierre Le Goff : « L'Europe est devenue une utopie de substitution »
Je partage le désarroi de Charles Wyplosz (qui est d'une espèce rare et paradoxale : un partisan de l'Euro doté d'un bon sens économique) :
Grèce : on va crier victoire mais tout le monde a perdu
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[…]
Le Grexit est-il évité ? Finalement, Alexis Tsipras a présenté un programme. Une partie de ce petit miracle vient de l'aide de la France. Ce programme est étrange, puisqu'il ressemble à celui qu'il avait soumis au référendum, contre lequel il a fait campagne, et contre lequel il a un puissant mandat démocratique. On verra dans les heures qui viennent si les Européens l'acceptent. Mais la vraie question concerne les intentions de la BCE. En refusant pour des raisons obscures (pression sur l'électorat grec? [Je rappelle le cas de Schacht, en 1930, banquier central qui a fait tomber volontairement un gouvernement - allemand, il est vrai] Peur de l'opinion publique de l'Europe du Nord ? Dissensions internes ?) de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques en pleine hémorragie de retraits des dépôts, il a contraint le gouvernement à les fermer. Il faut maintenant les faire repartir. Pour cela la BCE doit rouvrir le robinet. Mais c'est trop tard. Les banques grecques sont sans doute en faillite (on ne le sait pas, la BCE, désormais autorité de surveillance européenne, garde un silence total). Pour cela, l'État a besoin de beaucoup d'argent frais, qu'il n'a bien sûr pas. Sans une injection rapide d'euros, les banques ne pourront pas redémarrer et la seule solution sera d'injecter des drachmes, et donc de quitter la zone euro. Rien
Le nouveau plan va-t-il enfin réussir ? C'est très improbable. On parle d'un nouveau prêt de quelque 50 milliards d'euros. D'après le FMI, qui a avancé ce chiffre la semaine dernière, la quasi-totalité de ce montant est destiné à honorer les dettes passées. Rien n'est prévu pour recapitaliser les banques. La logique d'austérité continue. Quand aux réformes promises, elles ne produiront leurs effets que très progressivement. En attendant? La mer bleue et les olives, sans doute. Curieusement, le plan grec ne parle pas de remise de dette, pourtant essentielle. S'agit-il d'une carotte soigneusement cachée, que l'on ressortira plus tard si les Grecs sont de bons garçons et de bonnes filles ?
Tout ça pour ça? S'il y a accord, on évitera le Grexit, pour l'instant. Les politiques de tous bords pourront faire ce qu'ils adorent: déclarer victoire et essayer d'oublier le problème. Mais le problème demeure, il reviendra, et la Grèce sera encore plus affaiblie. Franchement, c'est à n'y rien comprendre.
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Oui, c'est à n'y rien comprendre.
Enfin si, je comprends une chose : que j'ai bien fait de vous citer Shakespeare il y a deux jours.
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Bien sûr, il y a l'hypothèse des machiavélismes conjoints, Tsipras préparant en secret la sortie de la Grèce de l'Euro et les Allemands aussi. Mais la plupart du temps, l'hypothèse du machiavélisme est une auto-suggestion pour nous rassurer, pour continuer à croire que nos dirigeants, bien qu'ils nous paraissent fous et incompétents, savent ce qu'ils font.
Je comprends le désarroi des Français lucides au lendemain des accords de Munich : était-ce un lâche abandon ou une ruse pour préparer le réarmement ?
mardi, mars 03, 2015
Pêle mêle
Poutine, Nemtsov : pourquoi nous ne comprenons rien à la Russie
L'intransigeance de l'Allemagne face à la Grèce : un message envoyé à la France
Interdiction de la fessée: pourquoi le Conseil de l'Europe mérite une correction
Bien sûr, à propos de la fessée, il n'y a aucun vrai problème : nous sommes en plein dans le coup classique, l'alliance des militants groupusculaires et des technocrates invente un problème, en réalité inexistant, et se propose ensuite de s'immiscer dans nos vies, sous prétexte de notre propre bien, pour le résoudre.
Notons que cette interdiction de la fessée participe de la prolophobie ambiante, les classes supérieures recourant à d'autres formes de violences éducatives.
L'affaire du voile intégral qui divise le Québec
L'intransigeance de l'Allemagne face à la Grèce : un message envoyé à la France
Interdiction de la fessée: pourquoi le Conseil de l'Europe mérite une correction
Bien sûr, à propos de la fessée, il n'y a aucun vrai problème : nous sommes en plein dans le coup classique, l'alliance des militants groupusculaires et des technocrates invente un problème, en réalité inexistant, et se propose ensuite de s'immiscer dans nos vies, sous prétexte de notre propre bien, pour le résoudre.
Notons que cette interdiction de la fessée participe de la prolophobie ambiante, les classes supérieures recourant à d'autres formes de violences éducatives.
L'affaire du voile intégral qui divise le Québec
lundi, décembre 22, 2014
Le vrai risque, c'est la France
Le vrai risque, c'est la France
Je vous rappelle l'excellente politique économique préconisée par Charles Wyplosz.
Aujourd'hui et depuis quarante ans, on augmente les dépenses publiques et on creuse les déficits pendant les crises puis on augmente les impôts pendant les reprises. Conclusion : l'économie française est de plus en plus communiste, et comme le communisme entraine la misère comme la concupiscence entraine le péché, les reprises sont de moins en moins fortes et les crises de plus en plus longues.
Wyplosz propose l'inverse : on diminue les impôts pendant les crises et on diminue l'emploi public et les dépenses publiques pendant les reprises. L'économie ainsi dé-communisée remboursera sans problème les dettes.
On peut rêver.
Je vous rappelle l'excellente politique économique préconisée par Charles Wyplosz.
Aujourd'hui et depuis quarante ans, on augmente les dépenses publiques et on creuse les déficits pendant les crises puis on augmente les impôts pendant les reprises. Conclusion : l'économie française est de plus en plus communiste, et comme le communisme entraine la misère comme la concupiscence entraine le péché, les reprises sont de moins en moins fortes et les crises de plus en plus longues.
Wyplosz propose l'inverse : on diminue les impôts pendant les crises et on diminue l'emploi public et les dépenses publiques pendant les reprises. L'économie ainsi dé-communisée remboursera sans problème les dettes.
On peut rêver.
samedi, octobre 25, 2014
La catastrophe de l'Europe allemande
L'Europe de Merkel, ou la revanche du Saint‐Empire romain germanique
Et dire qu'on a fait une batteuse aux SS français qui se battaient en 1945 pour une Europe allemande. Aujourd'hui, ils seraient des héros à Bruxelles ! (J'admets le caractère provocateur de cette déclaration)
Pourquoi la vision économique allemande est désastreuse pour l'Europe
Et dire qu'on a fait une batteuse aux SS français qui se battaient en 1945 pour une Europe allemande. Aujourd'hui, ils seraient des héros à Bruxelles ! (J'admets le caractère provocateur de cette déclaration)
Pourquoi la vision économique allemande est désastreuse pour l'Europe
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