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vendredi, mai 29, 2020
Boudard plutôt qu'Audiard ? Vas-y Fonfonse !
Je préfère largement Alphonse Boudard à Michel Audiard, dont nous fêtons le centenaire.
Ils ont des parcours similaires : l'un né en 1925 et élevé (faut le dire vite) dans le 13ème, ouvrier typographe. L'autre est né en 1920 et élevé dans le 14ème, livreur de journaux. Tous deux plus ou moins abandonnés par leurs parents (on remarquera que l'école de l'époque donnait tout de même aux mauvais élèves quelques bases qui manquent bien maintenant).
Mais l'un est, à mes yeux, beaucoup plus attachant que l'autre.
Boudard a un caractère entier, tandis qu'Audiard est louvoyant. L'un est un authentique Résistant, blessé et médaillé de guerre, même s'il nous expliquera ensuite que c'est un pur hasard (on est libre de ne pas tout à fait le croire). L'autre est un trafiquant de marché noir vaguement collabo (et anti-gaulliste toute sa vie) qui fait passer de pauvres chats de gouttière pour du lapin.
L'un est un authentique truand alors que l'autre se donne juste l'air canaille.
Et puis, surtout, l'un est un écrivain tandis que l'autre est un dialoguiste de cinéma, certes de grand talent.
Bref, vous l'avez compris, je préfère Boudard à Audiard.
Je relis Les vacances de la vie.
Je vous encourage très vivement à lire Boudard : on trouve la liste de ses oeuvres sur Wikipedia (conseil : La fermeture, L'étrange M. Joseph, La cerise ...). Très faciles d'accès d'occasion.
Libellés :
Audiard,
Boudard,
France d'avant
dimanche, avril 24, 2011
Le hotu (A. Simonin)
Albert Simonin, contrairement à Audiard qui parle un français imagé, parle véritablement argot.
Par exemple, Simonin a participé au Cave se rebiffe, même si les dialogues sont officiellement d'Audiard :
Jean Gabin Bernard Blier - La réclusion ça... par ChrisGabin
On notera qu'Albert Simonin n'a pas eu sa rue dans le 18ème à cause d'une malheureuse brochure, avec quelques phrases antisémites, écrite en collaboration. Encore un grand moment de terrorisme intellectuel : trois phrases assez banales à l'époque suffisent à discréditer un homme aux yeux de la bien-pensance (qui pense peu, il est vrai).
Simonin a commis une trilogie dans la Série Noire Le Hotu, Hotu soit qui mal y pense, Le Hotu s'affranchit.
Je ne résiste pas à vous en citer les premières lignes, qui décrivent une grivelèrie (délit consistant à partir d'un restaurant sans payer) :
D'un coup de châsses en chanfrein, Petit-Paul frimait le garçon. Incliné à quarante-cinq degrés pour verser le caoua, ce loufiat lui apparaissait, l'heure de la tortore révolue, et celle de l'addition approchant, beaucoup mois débonnaire qu'il n'avait semblé au moment du hors d'oeuvre. Mis en relief par la lampe franfreluchée posée sur la table, l'implantation basse des crins raides posés sur le front, les sourcils broussailleux, et les méplats des maxillaires taillées comme à la hache, évoquaient l'homme des bois.
Petit-Paul pensa que la décarrade allait pas être du mille-feuilles. Sans être positivement balèze, le gonze devait tenir sur ses cannes et malgré ses quarante piges ne pas renâcler à la châtaigne. restait bien sûr la pointe de vitesse au démarrage pour départager le cave des marloupins.
Par exemple, Simonin a participé au Cave se rebiffe, même si les dialogues sont officiellement d'Audiard :
Jean Gabin Bernard Blier - La réclusion ça... par ChrisGabin
On notera qu'Albert Simonin n'a pas eu sa rue dans le 18ème à cause d'une malheureuse brochure, avec quelques phrases antisémites, écrite en collaboration. Encore un grand moment de terrorisme intellectuel : trois phrases assez banales à l'époque suffisent à discréditer un homme aux yeux de la bien-pensance (qui pense peu, il est vrai).
Simonin a commis une trilogie dans la Série Noire Le Hotu, Hotu soit qui mal y pense, Le Hotu s'affranchit.
Je ne résiste pas à vous en citer les premières lignes, qui décrivent une grivelèrie (délit consistant à partir d'un restaurant sans payer) :
D'un coup de châsses en chanfrein, Petit-Paul frimait le garçon. Incliné à quarante-cinq degrés pour verser le caoua, ce loufiat lui apparaissait, l'heure de la tortore révolue, et celle de l'addition approchant, beaucoup mois débonnaire qu'il n'avait semblé au moment du hors d'oeuvre. Mis en relief par la lampe franfreluchée posée sur la table, l'implantation basse des crins raides posés sur le front, les sourcils broussailleux, et les méplats des maxillaires taillées comme à la hache, évoquaient l'homme des bois.
Petit-Paul pensa que la décarrade allait pas être du mille-feuilles. Sans être positivement balèze, le gonze devait tenir sur ses cannes et malgré ses quarante piges ne pas renâcler à la châtaigne. restait bien sûr la pointe de vitesse au démarrage pour départager le cave des marloupins.
vendredi, octobre 29, 2010
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