Je réponds au site Covidémence, qui a eu l'amabilité de me citer.
Commençons par un avertissement sémantique : j'emploie l'expression « coup monté » parce que le mot « complot » a été piégé par la CIA, connoté négativement (« complotisme », « complotiste »), pour dissimuler ses propres complots (les renversements de Mossadegh et d'Allende, par exemple. Les révolutions « de couleur » plus récemment).
L'auteur du site Covidémence (que j'appellerai désormais Gaston, puisqu'il veut rester anonyme) et moi sommes d'accord sur l'essentiel : depuis fin 2019 (mais avec des racines bien plus anciennes), le monde (au moins l'Occident et l'Asie) est en proie à une tentative (pour l'instant couronnée de succès) d'établir un monde « huxleyen », où ceux d'en haut règnent sans partage et sans possibilité d'être renversés.
Ma divergence porte sur les modalités : je ne crois pas au complot de A à Z, du virus fabriqué jusqu'au vaccin obligatoire, en passant par la défaite de Trump.
Je crois à un terrain préparé dans lequel le virus est tombé comme une graine.
Le terrain
1) un peuple d'abrutis (les 4 hébétudes de Renaud Camus), lâches, terrifiés par la mort (1). Un peuple divisé de courage (j'aime bien cette vieille expression de Ronsard).
2) des élites intrinsèquement perverses, au sens psychiatrique, qui aspirent à la domination sadique et jouisseuse. Elles sont habituées depuis 20 ans à utiliser le principe de précaution comme arme de soumission des peuples.
Elles connaissent aussi sur le bout des doigts les techniques de manipulation des masses (comme je dis toujours : si vous croyez que les centaines de milliards de francs, d'euros, de dollars, de ce que vous voulez, dépensés par les publicitaires et par les propagandistes d'Etat depuis 150 ans pour manipuler les peuples l'ont été en vain, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'au trou du cul).
Bill Gates n'est pas le moins pervers de la bande.
3) un climat anxiogène vis-à-vis d'une épidémie à venir alimenté par des films et par des séries.
5) la Chine aux aguets, assoiffée de puissance, mise en alerte sur ces sujets par les comédies du H1N1 et du SRAS.
La graine
1) Le COVID, artificiel ? Naturel ? Un accident ? Une arme ? Je n'en sais rien. Par exemple, Raoult (lié à la Chine) a dit que ses équipes n'avaient pas trouvé de trace de manipulation humaine dans le génome du virus, d'autres sont moins affirmatifs.
Il faut comprendre qu'au fond, ça n'a aucune importance : des virus chinois, il y en a tous les hivers (grippe aviaire, peste porcine, etc). L'important, c'est que fin 2019, à cause de la réélection de Trump (les Chinois savent lire un calendrier), le pouvoir chinois était prêt à saisir l'occasion qui se présenterait.
3) les lâches gouvernants occidentaux ont été la proie de cette panique orchestrée par les Noiches, il y a eu une contagion de l'imbécilité (faut tout de même pas prendre Macron et Véran pour des flèches).
4) la perversité intrinsèque de nos dirigeants est revenue au galop. En avril, Macron a du éprouver des orgasmes multiples de tout ce qu'il arrivait à nous foutre sur la gueule.
Le point de basculement de l'improvisation affolée vers la perversité réfléchie est très clair : quand on a compté « les cas » au lieu des morts, quand on a rendu obligatoire les masques totalement inutiles et quand on a parlé de deuxième confinement si nous n'étions pas obéissants. A ce moment, nous sommes au printemps 2020. L'épidémie est finie, mais, au lieu de la déclarer telle, les gouvernements entretiennent la psychose.
Voilà la covidémence est installée, souveraine, idéologisée, détachée de toute entrave dans le réel. Avec sa cohorte de covidéments totalement verrouillés, indécrottables, prêts à dégainer les mots qui blessent (« égoïste, irresponsable, tueur de vieux ») et, pourquoi pas, à passer aux violences physiques.
La suite
Elle est évidente : la martingale du pouvoir absolu est trop jouissive pour les pervers qui nous dirigent. Après la tyrannie sanitaire, nous allons passer à la tyrannie tout court. Des habitudes sont prises, des précédents créés.
Bien sûr, on relâchera de temps en temps la pression, pour pouvoir la remettre un cran plus fort au tour d'après.
Et, puis, au besoin, pour réactiver le traumatisme, tout le bestiaire y passera : après la grippe du pangolin, la grippe du vison, la grippe du raton-laveur, la grippe du fox-terrier à poils durs, la grippe de l'antilope mongole, la grippe du mammouth à rétropédalage intégré ... Ce ne sont pas les idées qui vont manquer.
Que faire ?
1) ETEINDRE LA TELE ET LA RADIO.
Si vous n'éteignez pas la télé et la radio, tous les excellents (et modestes) conseils que je vous donne sont inutiles. Je ne suis pas plus fort que la télé et la radio. Vous n'êtes pas plus fort que la télé et la radio.
2) Vous avez un toit, à manger, à boire, éventuellement une famille et des amis ? Travailler à ce que tout cela dépende le moins possible de l'Etat, travailler votre autonomie.
3) Vous avez une pile de bouquins ? Bonne lecture. N'oubliez pas d'aller vous promener. Et n'oubliez pas que, de toute façon, vous allez mourir, cette pensée vous libère.
4) Quand on a peur du jugement de Dieu, on a nettement moins peur des virus et du gouvernement.
************
(1) :
(2) Ingénierie sociale, la fabrique du consentement (vous remarquerez que cette video n'est pas exempte de procédés de propagande : musique dramatique, ton complotiste, etc. C'est quand même une excellente video) :
Dans cette histoire, les noirs ne sont qu'un prétexte. En réalité, c'est une histoire entre blancs, avec des alibis noirs.
Comme l'écologisme, comme le veganisme, comme le sans-frontiérisme, comme la lutte contre le « fascisme » et contre le « populisme », la repentance colonialo-esclavagiste et le racisme anti-blanc qui l'accompagne ne sont que des moyens pour ceux d'en haut (pour la plupart blancs) de culpabiliser les blancs d'en bas, qui sont un danger politique (ils pourraient les virer du pouvoir, ces cons), et ainsi de garder le pouvoir malgré leurs échecs.
Superbe tour de passe-passe pour dissimuler la lutte des classes sous la lutte des races ... et continuer à empocher gras.
C'est un cas d'anthologie d'idéologie des dominants justifiant leur domination. Karl Marx doit en avoir une érection dans sa tombe.
Élection de Macron, difficultés du Brexit, éjection de Salvini : nous assistons à la contre-attaque de l’hyper-classe mondialisée contre les peuples. Remarquez que les deux derniers cas reposent sur le refus assumé de retourner aux urnes.
Ces victoires sont-elles durables ?
Oui, parce que le Système contrôle plus que jamais le débat public.
Non, parce que les problèmes non résolus s’aggravent.
Il n’est pas impossible que les peuples se soumettent et tombent dans la dépression. Après tout, c’est leur position par défaut depuis trente ans.
Combien de temps un pouvoir peut-il se maintenir en place par le mépris et par la peur ? Il est assez douteux de croire que cette solution peut être éternelle, et même durable, mais après tout, tout ce qui est pris n’est plus à prendre.
1) Jusqu’à maintenant les banques centrales soutenaient à bout de bras les banques privées pour qu’elles fassent rouler les dettes étatiques (principalement détenues par des riches de toute nature) devant elles et, incidemment, prêtent (essentiellement aux riches, là encore). Ce système accroit les inégalités de manière considérable (ce n’est pas pour rien que le marché de l’immobilier de luxe et celui des voitures de collection ont flambé) et est la cause profonde du Brexit, de Trump, de Salvini, des GJ.
2) Avec les taux négatifs, ce système arrive à bout de souffle : les banques privées gardent encore trop d’argent pour elles.
3) Plutôt que d’organiser la banqueroute et de liquider l’océan de dettes détenues par les riches (terme générique, pas le temps d’être plus précis), ce qui serait une manière de remettre les pendules à zéro, les banques centrales vont, à la japonaise, directement acheter des dettes étatiques (vous remarquerez que tout un tas de barrière légales est censé empêcher cela et qu’on va s’asseoir joyeusement dessus). Cela va gagner du temps, beaucoup de temps. On serre encore plus fort le couvercle sur la marmite.
4) Ce système va encore accroitre les inégalités. Vont en profiter ceux qui sont près du robinet étatique : fonctionnaires, subventionnés de toutes sortes, et, comme d’habitude, les riches bien connectés (ceux qui doivent leur réussite à leur carnet d’adresses). C’est, tout simplement, l’étatisation communiste de l’économie et, par ricochet, de la société. Avec les mêmes conséquences (et les mêmes hommes : quelle est la différence entre un énarque de 2019 et un apparatchik brejnévien de 1979 ?).
Ceux qui soutenaient que les banques centrales sont, par principe, anti-démocratiques, vont être justifiés.
5) Puis, un jour lointain, tout cela explosera, façon Venezuela. Mais en attendant, « on en aura bien profité ».
Le mouvement des gilets jaunes est une excellente chose. C'est le retour de la démocratie (de travers, hésitante, brouillonne, certes) qu'on n'osait plus espérer :
***********
Ce vendredi, le vide laissé dans la Cour de Matignon nous montrait de manière éclatante qu’aujourd’hui, c’est le peuple qui fait sécession. Le système l’a oublié, qu’à ne cela ne tienne, il tente de faire sans lui. Pas nécessairement contre lui, mais sans lui. Pas nécessairement non plus en voulant à tout prix inventer une démocratie directe, la grande attention portée à la représentativité de ses porte-paroles par le mouvement est très éclairante de ce point de vue. Une grande concertation dans les territoires ? A quoi bon si tout est déjà décidé. Pourquoi prendre la peine de parler avec des gens qui veulent « écouter le dialogue », comme le déclarait Edouard Philippe face à Jean-Jacques Bourdin dans un étrange lapsus cette semaine, formule qui montre bien l’idée que le Premier ministre semble se faire de sa place -et de la leur- dans ces échanges ?
***********
Quand j'ai appris que les gilets jaunes avaient posé un lapin à E. Philippe, ma première réaction fut « Dans ton cul, connard ! ». Ce n'est pas très élégant, je l'admets, mais ça traduit bien mon sentiment.
Les fidèles lecteurs de ce blog savent dans quel mépris, fondé et argumenté, je tiens Emmanuel Macron et son gouvernement (ainsi, au passage, que leurs électeurs) mais leur autisme dépasse l'imagination :
Si le président n'était pas un branlotin narcissique pour bourgeois épais, on peut imaginer différents scénarios ayant une intelligence politique : recul complet du pouvoir, référendum, démission du président, dissolution de l'assemblée nationale ...
Mais l'autre abruti est tellement à l'ouest qu'il est probable qu'il va faire trop peu trop tard et que la situation va s'envenimer.
J'étais à Paris cet après-midi, pas dans les manifestations. Je n'avais jamais entendu un tel ballet de sirènes de police. Et pourtant, j'en ai entendu. Quand on vit depuis vingt-cinq ans à Paris, et qu'on a vu de près et de loin quelques manifestations, on sait ce que cela signifie : la perte de contrôle.
Et je comprends en lisant les nouvelles que cette journée a été aussi coton en province.
L'équation est simple : des gilets jaunes qui n'ont pas grand'chose à perdre + des casseurs qu'on a laissé prospérer depuis des années + une police débordée + un pouvoir autiste + des partis politiques et des syndicats discrédités = ...... ?
C'est évidemment la porte ouverte à toutes les aventures.
Je pense beaucoup aux précédents historiques. Cela ne m'incite guère à l'optimisme. C'est l'hiver, ça calme certaines ardeurs, mais le printemps risque d'être chaud. Je suis très inquiet.
Si vous l'êtes pas, c'est que vous êtes inconscient. Ou que vous savez quelque chose que j'ignore (prière de m'indiquer d'urgence quoi).