Affichage des articles dont le libellé est commémorations 14-18. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est commémorations 14-18. Afficher tous les articles

lundi, novembre 11, 2019

La dignité et la honte

Finalement, c'est assez dans la ligne du billet précédent. Il ne faut jamais oublier ce qu'est Macron, politiquement et personnellement : il est le Destructeur.

Politiquement, il est l'homme de l'effacement de la France. Personnellement, il est l'adolescent en colère qui détruit pour s'affirmer.

Déjà, les Anglais nous avait donné une leçon magistrale, avec une cérémonie de très haute tenue à Thiepval, à comparer avec la cérémonie de la honte à Verdun.


mardi, novembre 13, 2018

France-Serbie : cent ans d’amitié piétinés par Macron

Décidément, le 11 novembre, ce n'était pas son jour, au Macron :

France-Serbie : cent ans d’amitié piétinés par Macron

Commémoration du 11 novembre : la Serbie injustement humiliée

*************
« On a merdé ». La formule émane d'un membre haut placé du service du protocole de l'Élysée

[…]

Le 6 décembre, Emmanuel Macron doit se rendre à Belgrade. Son homologue a promis un accueil « grandiose », histoire de lui faire comprendre que du côté serbe, quand il s'agit d'honorer l'amitié forgée dans le sang entre nos deux pays, on évite de « merder ». Cette fois, c'est la France qui risque de se sentir humiliée.
*************

« On a merdé ». Bien piètre excuse pour ignorer ce qu'un écolier de 6ème savait il y a quarante ans (aujourd'hui, les écoliers ne savent plus rien, mais c'est une autre histoire). Et Macron ? Qu'est-ce qu'il sait ? Bon d'accord, pour lui, la France n'existe pas, alors la Serbie ...

Là encore, le minus de l'Elysée est le digne successeur de François Hollande, qui avait oublié d'envoyer un ministre aux obsèques de Roland de la Poype, juste Compagnon de la Libération, Grand-Croix de la Légion d'Honneur, Héros de l'Union Soviétique, c'est-à-dire dans l'échelle des valeurs de la hollando-macronie, quelques crans en-dessous de Cyril Hanouna.



Allez, consolation, j'avais prévu toutes ces conneries (ce billet date de 2013) :

Frappe préventive sur les commémorations de 2014

En fait, cela ne me console de rien.

J'ai honte.

lundi, novembre 12, 2018

Le 11 novembre d'E. Macron n'est pas celui de la France

11 novembre 2018 : Emmanuel Macron a été lamentable, et même insultant, pour les raisons exposées dans les deux articles en lien (même si celui d’Edouard Husson est brouillon).

Je crois que, comme le dit Emmanuel Todd, notre président est un imbécile. Certes, il est sûrement plus intelligent que le Français moyen, mais on n’exige pas la même chose de ceux qui sont en haut que de ceux qui sont en bas : « Ceux qui nous gouvernent et commandent, s’ils ne sont très loin au-dessus de nous, sont très loin en-dessous ». Dans le marigot des chefs d’Etat, ce n’est pas une lumière : Trump, Poutine et Salvini sont probablement plus rusés et plus fins. Il est plutôt dans les médiocres technocrates, genre Merkel et May.

Mais, hélas, cela ne l'empêchra pas de gouverner.

Centenaire de 1918 : un rendez-vous manqué avec l’Histoire

Le fiasco du 11 novembre parisien

dimanche, novembre 11, 2018

samedi, octobre 27, 2018

Bonnes 17 premières minutes de Zemmour




A partie de 25', on en apprend de belles sur « Mimi » Marchand, la grande amie de la vioque. Toujours ce penchant macronien pour la racaille. Décidément, ces gens-là sont égaux à eux-mêmes. Le bourgeois minable qui compense son manque de virilité en s'encanaillant, un grand classique.

Et on a honte. Parce que ce pauvre type n'est pas resté ce qu'il est, un petit bourgeois d'Amiens, mais est devenu président de la république.

mercredi, octobre 24, 2018

Commémorons le 11 novembre 1918 avec un peu d’avance, à notre manière

Sur l'excellente suggestion d'un lecteur.

Ca a une autre gueule que l'adolescent attardé de la vioque. J'ai honte d'un tel parallèle.

Allons :




Je ne suis pas pétainiste et je n'aime pas les nostalgiques du pétainisme. Mais dans mon argumentation, j'essaie d'utiliser des idées de l'époque, de manière à ne pas tomber dans le péché d'anachronisme.

Ceux qui exècrent Pétain aujourd'hui me dégoûtent, ce sont de minables salopards.

Conformistes et serviles comme ils sont, ils ne donnent aucune raison de douter qu'ils auraient été les premiers à lécher le cul du Maréchal. On connaît cette race des sycophantes, toujours au service du pouvoir. Les Joffrin (de son vrai nom Mouchard !) et compagnie auraient couru à Vichy.

Alors, que ces connards se taisent !

Il n'y a rien à changer à ce que dit De Gaulle de Pétain. Pendant la première guerre mondiale, Philippe Pétain a bien mérité de la patrie :

mardi, octobre 23, 2018

Commémorations du 11 novembre 2018 : le traitre Macron s'approprie l'histoire de France

Macron refuse d’honorer les maréchaux de la Grande guerre et veut partager l’arme nucléaire avec l’Allemagne.

Le Salon Beige nous fait son couplet pétainiste habituel (c'est un utile rappel que la connerie est éternelle) mais, à part ça, vous savez ce que je pense : Emmanuel Macron est un traitre au plein sens du terme, qui, dans un monde bien fait, conduit après procès au peloton d'exécution au fort de Montrouge.

Bien sûr, cette traitrise est, comme d'habitude dans les hautes sphères, parée des plus nobles justifications, on connaît le numéro. Mais les citoyens doivent regarder les choses en face, au-delà des boniments médiatiques.

Macron rajoute l'ignominie à la traitrise, en traitant par une communication abjecte, les Poilus comme des victimes, des petits lapinous sans défense. Juste pour remettre les choses à leur place : dans sa section en 1914, Maurice Genevoix avait un Français de Californie ayant dépassé les 50 ans, revenu exprès, alors qu'aucune crainte ne l'y obligeait (les pandores ne seraient pas allés le chercher à Los Angeles) pour faire son devoir. Ce n'était un petit lapinou sans défense. Macron est bien Hollande en pire.




Il y a toujours les fayots de service comme Dary ou Merchet, mais dans l'ensemble, les réactions sont saines :



Une des manières de rendre hommage aux soldats de 14-18 est de réfléchir à ce qu'ils ont fait. Puisque je vous parle de Michel Goya :


Les Poilus et l'anti-fragilité

Je me permets de citer Michel Goya intégralement avec quelques commentaires :

*********

A quelques semaines de la fin des célébrations de la Grande guerre, à la sempiternelle question « comment ont-ils tenu ? » je préfère m’interroger sur la manière dont ils ont vaincu. L’armée française ne s’est pas contentée de résister, faisant effectivement preuve d’une solidité extraordinaire, elle s’est également totalement transformée en l’espace de quatre années  seulement pour devenir la plus puissante du monde. Elle illustre ainsi parfaitement le concept développée par Nassim Nicholas Taleb d’organisation anti-fragile [excellent bouquin], c’est-à-dire de structure qui ne se dégrade pas avec les épreuves mais au contraire se renforce et se développe.

L’enracinement dans les ressources de la nation

Il faut d’abord rappeler que parmi les grandes nations belligérantes, c’est la France qui avait le moindre potentiel économique et démographique, potentiel encore amoindri par l’occupation allemande de régions industrielles. Au moment de l’armistice, c’est pourtant l’armée de cette même France qui, malgré les pertes immenses, domine. Elle surclasse une armée allemande en cours de désagrégation rapide et dépasse de loin la jeune armée américaine (équipée en grande partie par la France et dont un tiers des équipages de chars ou des servants d’artillerie sont français). L’armée britannique connait une progression de puissance très rapide mais elle ne représente encore que 60 % de la puissance française à la fin de la guerre.

Cette révolution repose d’abord sur une mobilisation sans égale de la nation. Cette nation vieillie et au régime politique instable a pourtant réussi, non sans douleurs et tensions, à mobiliser ses ressources humaines et économiques comme aucune autre dans le monde. Elle a été capable aussi d’orienter cet effort intelligemment grâce à de nombreux liens entre les mondes civil et militaire. S’il comprend quelques inconvénients le régime parlementaire oblige aussi les représentants de la nation à s’intéresser à la chose militaire. Il suffit de consulter les débats parlementaires d’avant-guerre ou simplement de lire L’armée nouvelle de Jean Jaurès pour appréhender le niveau de compétence technique des députés et sénateurs de l’époque. Beaucoup d’entre eux rejoignent d’ailleurs le front d’où ils continuent à assurer le lien avec le Parlement [par exemple, Driant tué au bois des Caures le premier jour de la bataille de Verdun].

L’armée qui se mobilise en 1914 est aussi en grande majorité composée de civils prenant l’uniforme. Ces civils viennent avec leur capital de compétences particulières dont beaucoup seront très utiles lorsque la guerre se transformera à la fin de 1914. Au printemps 1915, le lieutenant de réserve Cailloux récupère deux tracteurs à chenilles qu’il possédait dans son exploitation agricole de Tunisie et les offre à son régiment pour tracter des pièces d’artillerie lourde dans les Vosges. C’est probablement le premier emploi militaire en France d’engins à chenilles. D’un autre côté, la grande majorité des officiers possède également une culture scientifique, technique chez les Polytechniciens qui servent alors en nombre dans l’artillerie et le génie mais aussi chez les officiers des armes de mêlée qui se passionnent souvent pour les sciences humaines. Le colonel Estienne, artilleur et scientifique, pionnier à la fois de l’aviation et des chars, est l’exemple parfait de ces « connecteurs ». Malgré les apparences conservatrices, l’armée française est alors une armée ouverte.

La circulation des idées

L’information circule vite et beaucoup dans l’armée française. On ne fait en réalité qu’adapter au contexte de guerre des habitudes prises dans le temps de paix, lorsqu’après la guerre de 1870 on a créé 400 bibliothèques de garnison, plusieurs revues militaires et surtout incité les militaires, en fait les officiers, à écrire. Contrairement à la période précédente où le maréchal Mac Mahon « rayait de l’avancement tout officier qui a son nom sur un livre », il est désormais de bon ton d’avoir écrit. Les officiers brevetés de l’Ecole supérieure de guerre se présentent en donnant le nom de leur éditeur. De fait, jamais les militaires français n’ont autant écrit et débattu qu’entre 1871 et 1914. Cela ne va sans problèmes, entre effets de groupthink de la part d’hommes issus du même milieu et de la même formation ou au contraire débats violents. C’est avec un collage de doctrines peu compatibles que l’armée française entre en guerre en août 1914 mais beaucoup d’officiers ont pris l’habitude d’analyser systématiquement les choses et d’exprimer leurs idées, et cette habitude perdure pendant la guerre.

Chaque opération, chaque combat fait l’objet d’un compte-rendu, on parlerait aujourd’hui de retour d’expérience (retex), et quand on examine ces documents on est frappé par leur honnêteté voire parfois leur impertinence. Cela permet, avec le système des officiers de liaison, au Grand quartier général, d’avoir une vision assez juste des évènements. Dès les 16 et 22 août 1914, le GQG peut édicter des notes destinées à corriger les premières déficiences constatées. Ces rapports circulent aussi très vite entre divisions voisines ou par le biais de lettre et de télégrammes entre les différents réseaux de camarades des différentes promotions.

Lorsque la guerre de tranchées apparaît, les débats persistent et ne sont pas considérés comme des trahisons ou des « atteintes au moral » pour reprendre une expression récente du chef d’état-major des armées. Lorsque domine le paradigme de « l’attaque brusquée » en 1915 (la percée du front allemand par une seule grand offensive), Foch et plusieurs autres polytechniciens proposent plutôt la « conduite scientifique de la bataille » (une série de préparations-assaut pour chaque position successive jusqu’à la percée) tandis que Pétain ébauche l’idée de la « bataille latérale » (des attaques limitées sur plusieurs points séparés du front pour l’ébranler et non le percer). Lorsqu’en septembre 1915 l’offensive de Champagne marque l’impasse de l’ »attaque brusquée », on fait appel à l’ « opposition » de Foch pour conduire la grande bataille suivante sur la Somme. Après son échec relatif, c’est le modèle de Nivelle (le retour de l’attaque brusquée avec des moyens modernes) qui s’impose puis celui de Pétain.

Pétain, généralissime, organise lui-même les débats, parfois sous la direction d’un de ses adjoints pour les questions importantes (« faut-il imiter les Allemands en créant des troupes d’assaut ? » dirigé par le général Debeney) ou par le biais de la section études du GQG pour les questions plus techniques (« comment organiser le groupe de combat d’infanterie » à l’été 1917). Encore une fois, on se trompe, on se dispute mais ça bouillonne d’idées.

L’exploitation des idées

Cette manière de faire permet d’exploiter les idées et d’abord toutes celles qui ont été accumulées avant la guerre. Il faut bien comprendre que l’armée française n’a pu vaincre que parce que avant-guerre elle a consacré des ressources à des projets alternatifs. Dans un contexte de ressources rares relativement à l’Allemagne, l’armée française a accepté de « gâcher » du temps, de l’argent, quelques munitions, etc. en laissant des originaux tester des méthodes non réglementaires ou créer des prototypes. Elle a ensuite vécu toute la guerre sur cette « réserve » d’idées. Cela a d’abord été sensible pendant les premières semaines de la guerre lorsqu’après les désastres de la bataille des frontières, il a fallu innover à grande vitesse. Toutes ces idées plus ou moins cachées apparaissent au grand jour, sont testées en grandeur nature et lorsqu’elles réussissent, elles se diffuent très vite. C’est un des secrets du "miracle de la Marne" qui permet à l’armée française de compenser son infériorité en moyens disponibles pour l’entraînement des forces (les effectifs sont les mêmes pour un budget inférieur presque de moitié à celui de l’Allemagne).  

L’armée française qui se bat début septembre n’est plus la même que celle qui se battait deux semaines plus tôt. L’aviation qui n’était censée faire que l’observation apprend, avec l’aérostation retirée des places-fortes, à faire du réglage d’artillerie. Elle commence à frapper les ennemis au sol et même à engager le combat contre les autres avions. Très loin de son règlement de manœuvre, l’artillerie de campagne prépare les attaques, pratique le tir indirect, de nuit, les barrages fixes et même roulants. Ses capitaines guident les tirs à distance (quitte à écumer la France et la Suisse pour trouver du câble téléphonique). L’infanterie a appris à coordonner son action avec les artilleurs, à s’accrocher au sol et même le creuser, à diluer ses dispositifs d’attaque. La cavalerie improvise les premières automitrailleuses, se dote (parfois en les volant) d’outils afin de tenir le terrain et dope sa puissance de feu en récupérant des mitrailleuses dans les dépôts.  

A cette première phase, qui concerne surtout les innovations de méthodes, succède la nécessaire adaptation à la guerre de tranchées, qui peu ont anticipé. Cette adaptation se fait à récupérant sur « étagère » tous les prototypes techniques utiles en les perfectionnant éventuellement. L’artillerie française fonctionne ainsi avec des pièces qui ont toutes été inventées avant-guerre. L’armement de l’infanterie de tranchées est également tout entier développé à partir de prototypes déjà existants (fusil-mitrailleur Chauchat, mortiers, canon de 37 mm et même fusils semi-automatiques) ou utilisées à petite échelle dans d’autres armes (les grenades du génie).

Les équipements vraiment nouveaux viennent de l’industrie des communications et surtout de l’automobile, domaines dans lesquels la France est en pointe. La France va terminer la guerre avec 80 000 camions, 2 000 chars et 400 automitrailleuses (plus que tous les autres belligérants réunis dans les trois cas) et plus de 3 500 avions en ligne (plus que les Allemands). L’armée française est la seule à disposer de 37 régiments automobiles d’artillerie de campagne. C’est cette mobilité opérative qui va permettre de concentrer les forces d’un point à l’autre du front plus vite que toute autre armée, stopper les offensives allemandes du printemps 1918 puis de prendre et conserver l’initiative des opérations offensives.

Le soutien aux entrepreneurs

Derrière des innovations, il y a toujours des innovateurs ou plus exactement des entrepreneurs capables de porter des projets face aux difficultés de toutes sortes.

Ces entrepreneurs peuvent être des tacticiens qui, on l’a vu, proposent des modes d’action différents. Or l’armée française, plutôt rigide dans son avancement dans le temps de paix (il suffit généralement de réussir le concours de Saint-Cyr ou de Polytechnique et de ne pas se faire remarquer en mal pour y faire une brillante carrière) devient une vraie  méritocratie en temps de guerre. Plus de 40 % des généraux d’août 1914 sont limogés avant la fin de l’année et parmi les grands chefs qui conduiront l’armée vers la victoire, beaucoup ne sont que colonels (Pétain, Fayolle, Debeney ou même Nivelle) au début du conflit.

Ce sont aussi des techniciens. Le GQG est assailli de nombreuses propositions. Certaines sont peu sérieuses, comme le projet du soldat Raffray du 103e RI sur un appareillage assez fantaisiste destiné à remplacer les hommes de liaison ou celui du sous-lieutenant Malassenet proposant un nouvel alphabet télégraphique pour remplacer le morse. Ces projets sont rejetés mais ils ont été, étudiés avec soin. D’autres dossiers sont beaucoup plus importants et sérieux. En novembre 1914, le commandant du génie Duchêne propose un mortier de tranchée qui aboutit en janvier 1915 au canon de tranchée de 58 mm. Par ses multiples propositions le capitaine Sacconey réorganise à peu près complètement l’aérostation française. Les entrepreneurs les plus célèbres restent cependant les grands organisateurs des transmissions (colonel Férrié et commandant Fracque) de l’aéronautique (commandant Barès, colonel Duval), du service automobile (commandant Doumenc) et des chars (colonel Estienne), parrainés directement par le général en chef et dont ils deviennent les conseillers directs. On notera au passage le grade modeste de ces hommes à qui cette armée de plus de 330 généraux fait confiance.

Les ressources nouvelles dont disposent les armées permettent à ces hommes de créer des laboratoires tactiques où ils expérimentent leurs idées. Ces laboratoires où l’on pratique l’écoute et la stimulation mutuelle peuvent être spontanés, comme en 1915 l’escadrille MS3 des Roland Garros, Guynemer et Brocard qui expérimente le combat aérien, ou aidés par le GQG lorsque l’investissement est trop important, comme le groupement de chasse du commandant de Rose à Verdun en février 1916 ou l’Artillerie spéciale du colonel Estienne en septembre 1916 (il lui aura fallu dix mois pour créer la première unité de chars en partant de rien).

Lorsque ces laboratoires, souvent après avoir surmonté quelques déboires initiaux, obtiennent des succès, leurs procédés sont généralisés. Le groupement de Rose donne naissance aux groupes de chasse affectés à chaque armée ou à la division aérienne de 1918. La voie sacrée de Doumenc est reproduite sur la Somme puis à plusieurs exemplaires simultanés lors des offensives de 1918. La première génération de chars de 1917, très imparfaite, fait place aux 21 bataillons du remarquable char léger FT-17 de 1918 qui redonne de la puissance offensive à l’infanterie française. On est alors très près de créer des divisions blindées françaises.

Il ne suffit pas d’innover, il faut aussi faire en sorte que les nouveautés efficaces remplacent les habitudes dépassées. Dans ce processus de destruction créatrice, la régulation est assurée par un réseau d’inspections d’armes et d’écoles qui se met en place pendant la guerre avec une systématisation avec l’arrivée de Pétain à la tête de l’armée.  Chaque spécialité a ainsi son école où on recueille et synthétise les retours d’expérience et les idées avant de les transformer en règlements, bulletins et surtout en cours dispensés à tous. Les inspecteurs d’armes, qui dirigent aussi souvent ces établissements sont les conseillers directs du général en chef.

Au bilan, malgré les pertes terribles, les échecs, les tensions internes, l’armée française résiste et apprend. Même les mutineries de 1917 peuvent apparaître comme la colère de soldats professionnels qui font grève pour protester contre la manière dont ils sont utilisés. A partir du printemps 1916, les Français font jeu égal avec les Allemands et à partir de 1917, ils développent un modèle propre qui en fait l’armée la plus moderne du monde. 

La victoire est le résultat de la volonté mais aussi et surtout de l’intelligence. Ce sont aussi la liberté d’expression, les débats, le bouillonnement d’idées, la culture scientifique du corps des officiers, la culture militaire des élites civiles, l’acceptation du « gaspillage » de ressources pour les projets alternatifs qui ont rendu la victoire possible. C’était il y a cent ans.

*********






lundi, mai 30, 2016

L'envers de Verdun

La France de 2016 est un pays désespérant.



Robert Redeker : « Nous n'étions plus à Douaumont mais à la Verdun pride »

**************
Jamais au cours de cet anniversaire n'a été rappelé avec la précision nécessaire qui étaient vraiment ces soldats de Verdun. La plupart étaient des paysans. Beaucoup ne parlaient qu'une de ces langues, si belles, qui poussent très loin leurs racines dans l'histoire de notre pays et qu'un fanatisme criminel veut éradiquer, le breton ou l'occitan. Le paysan sait qu'il appartient à la terre. Ces soldats héroïques savaient ce que c'est que défendre la terre, que défendre le sol. Ils ne concevaient pas la patrie comme un réceptacle de valeurs, mais comme la terre nourricière, la vraie mère d'où ils sont nés. Ils ne sont pas morts pour des idées, contrairement au cliché partout répété, non, ils sont morts pour la France, pour défendre le sol de la patrie, pour protéger ses frontières, ils sont morts avec l'amour de la France au cœur et à l'âme. Le même mot, cœur, dit amour et courage. Ils sont morts dans l'amour et dans le courage.

[…]

Ces cérémonies ont occulté la notion de victoire. Est-il tabou d'en parler ? Or, les héros de Verdun, les terreux et les autres, issus d'autres classes sociales que la paysannerie, désiraient ardemment la victoire, versaient leur sang pour elle, qu'ils obtinrent. Sauver la terre de France de la rapacité allemande passait par la victoire à Verdun et sur les autres champs de bataille. Nous vivons dans un pays qui a honte de ses victoires militaires, qui ne veut pas fêter Austerlitz, qui veut commémorer Verdun sans dire qu'il vaincu l'Allemagne ! En ces temps de déchirement du tissu national, le souvenir de la victoire aurait dû servir à réveiller la fierté d'être français, à sortir la fierté française du sommeil dans lequel la maladie de la repentance l'a plongé.

[…]

Les discours officiels remplacèrent ce qu'il importait de réduire au silence - le soldat et sa vérité, la terre, la paysannerie, les frontières, la victoire - par des généralités moralisatrices sur la guerre et ses horreurs, sans oublier l'amitié entre les peuples. Ces facilités de rhétorique mentent. Ces clichés de dissertation de Sciences Po et d'écoles de journalisme trichent.

[…]

Il eût fallu organiser, dans un silence de cathédrale, dans un recueillement collectif, des lectures poétiques autour du sacrifice, de la mort généreuse, de la nation et de la patrie. La lecture publique de Péguy y eût été tout indiquée. On préféra autre chose. On opta pour une voie plus conviviale. On osa faire fête de cette commémoration. Une chorégraphie chatoyante zigzagua presque joyeusement entre les tombes. Des ballons furent lâchés. François Hollande s'aventura en un étrange propos : « Verdun est pour la première fois honoré non pour son passé de souffrance mais pour son message d'espérance» . Pour galvaniser ce message d'espérance, on transforma la commémoration en un spectacle bariolé, on y insuffla de la gaité ! A quoi sert-elle, cette fête ? A organiser l'oubli. L'oubli du soldat. L'oubli du pourquoi de son sacrifice.

Sous la présidence de François Hollande, le soldat inconnu venait de mourir une seconde fois. Nous n'étions plus à Douaumont, nous étions dans la Verdun Pride !
**************

Que François Hollande soit un traitre qui piétine allègrement tout ce que nous tenons pour sacré, que sa place soit au bagne ou dans les fossés de Vincennes, on ne peut pas dire que c'est une révélation. Mais cet olibrius est président de la république, ça fait mal.

Pourtant, prenons garde d'oublier l'essentiel : peu importent les grotesques cérémonies du tyran, le vrai tombeau des héros est le coeur des vivants.

Pour ma part, je me souviendrai de mon arrière-grand-père, mort pour la France en octobre 14. Ca aurait de la gueule si, en France, nous faisions comme les Russes un régiment immortel.

Evidemment les Valls, les Sarkozy, les Belkacem seraient un peu gênés, mais ça ne me dérangerait pas beaucoup.



dimanche, février 21, 2016

Pourquoi les Poilus de Verdun nous parlent encore

Pourquoi les Poilus de Verdun nous parlent encore

Il y a cent ans, commençait la bataille de Verdun.

Vous savez que je suis très irrité par notre propension à considérer les Poilus comme des victimes. C'est une forme d'irrespect navrante.

Oh, il ne faut pas en chercher l'explication bien loin : si nous les considérions pour ce qu'ils furent, acteurs, adultes, patriotes, tenaces et héroïques, nous verrions tout ce que nous ne sommes pas et nous refusons ce miroir accusateur. Alors ce sont des victimes, nous pouvons nous reconnaître dans ce miroir là. Le seul problème, c'est qu'il est faux.

Le bois des Caures

Le jour baisse et il commence à neiger. Pas plus d’un quart des chasseurs a survécu au bombardement, mais ils s’accrochent au terrain. Les Allemands réussissent malgré tout à se rendre maîtres de quelques positions en première ligne. Les chasseurs de lieutenant ROBIN contre-attaquent pendant la nuit pour reprendre un poste perdu. Quelques autres tirent jusqu’à ce qu’ils n’aient plus de munitions.

[…]

Le colonel marche calmement, le dernier, sa canne à la main. Il vient de faire un pansement provisoire à un chasseur blessé, dans un trou d’obus, et continue seul sa progression lorsqu’une balle l’atteint à la tempe. Les chasseurs ont perdu 90 pour 100 de leurs effectifs, mais leur résistance a retardé de façon décisive la progression allemande. 

*************
Les lettres de Poilus expriment des sentiments complexes, contradictoires qui varient au fil du temps et des phases de la guerre. Reste le fait : des hommes se sont maintenus dans des conditions effroyables sur la ligne de feu, d'autres non, qui se sont dérobés ou ont jeté leurs armes prématurément. Les premiers ont été infiniment plus nombreux que les autres, et c'est pour cela que Verdun n'a pas été pris, et c'est aussi pour cela que la bataille de 300 jours fut si longue et si meurtrière.

On a parfois l'impression que les Poilus de la guerre de 14 étaient faits d'une autre humanité que la nôtre …

Beaucoup des combattants étaient des paysans, ce qui accrédite le lieu commun que la résistance des Poilus à des conditions de vie extrêmement pénibles tenait à leur rusticité. En réalité, si les ouvriers qualifiés avaient tôt été retirés du front pour servir dans les usines qui produisaient le matériel nécessaire à la guerre, de nombreux combattants étaient instituteurs, domestiques, fonctionnaires, artisans, commerçants, et, dans la tranchée, les lieutenants et les capitaines étaient exposés de façon comparable à leurs hommes, les responsabilités et le devoir d'exemplarité en plus. Les contemporains ont eux-mêmes été surpris par la résistance d'une génération de Français éduqués et déjà bénéficiaires de conditions de vie meilleures, présumés amollis. On a aussi pensé que ces hommes étaient moins sensibles à la peur, à la vue du sang, à la blessure et à la perspective de la mort. C'est faux et injuste. La volonté des familles et des camarades de conserver aux tués leur identité de personne et de citoyen jusque dans la mort, même en masse, révèle une sensibilité identique à la nôtre. Il y a sans doute, à cette époque, une pudeur plus grande dans l'expression du sentiment, une réserve virile valorisée contre la sentimentalité supposée féminine, mais l'étendue des traumatismes psychologiques de la guerre et leurs longues résonances témoignent d'une guerre qui atteint les âmes, jusque dans les petites fermes des endroits les plus reculés du pays, autant que les corps. C'est vrai aussi, évidemment, des combattants venus des colonies. Le nombre des stèles individuelles qui portent le nom et le prénom de soldats venus d'Afrique en atteste.
*************








vendredi, septembre 05, 2014

Le 5 septembre 1914, Péguy

Le 5 septembre 1914, Charles Péguy est tué à l'ennemi, dans un champ de betteraves de Villeroy. La grande tombe et le monument existent toujours. Il est facile de s'y rendre en venant de Paris.

Cette mort a été tellement célébrée et récupérée, pas toujours dans des conditions d'honnêteté et de respect parfaites, qu'il est inutile d'insister.

Il est juste et conforme à nos temps de grande  misère intellectuelle et morale que la commémoration officielle du 7 septembre ne comporte que des personnalités politiques mineures (mais un évêque viendra). Quand on voit qui et comment elle commémore, on peut juger notre époque, au moins du coté de la classe dirigeante. Car les humbles ont rendu à Péguy l'hommage qu'il mérite :



Une messe était célébrée ce soir à Ste Clotilde.

Il est de bon ton d'écrire que Péguy reste très actuel. Certes. Ce sont des mots qui ne coutent rien : nos contemporains seraient horrifiés s'ils lisaient vraiment Péguy, non parce qu'il écrit le mot «race», qui n'effraie que les imbéciles nominalistes, mais parce que ses écrits sont subversifs. Ils condamnent notre époque avec des bruits de tonnerre et des éclairs d'épouvante.

Comme Chesterton, il insiste sur la maladie spirituelle de nos temps de malheurs, malheurs non pas physiques, malheurs de l'âme.

Péguy n'est pas une grenouille de bénitier, un écrivain de bondieuseries. Comme non-marié à l'église, il est exclu des sacrements. Mais il a écrit l'extraordinaire Mystère de la charité de Jeanne d'Arc.

Quelques citations de Péguy (empruntées à Maxime Tandonnet) :

- Dans le monde moderne, c’est l’ingratitude qui est rituelle; c’est elle qui est devenue comme un devoir, une obligation, presque une fidélité.

- Une capitulation est essentiellement une opération par laquelle on se met à expliquer au lieu d’agir. Et les lâches sont des gens qui regorgent d’explication.

- Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte.

- On n’a pas le droit de trahir les traîtres mêmes. On n’a jamais le droit de trahir. Les traîtres, il faut les combattre, pas les trahir.

- On ne remplace personne. On ne remplace rien. Tout est irréversible.

-Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique.

mardi, avril 08, 2014

Commémorations de 1914 : Mère, voici vos fils qui se sont tant battus ...

Puisque je cite Péguy, voici ses vers les plus célèbres. A juste titre me semble-t-il, parce qu'ils étaient, écrits en décembre 1913, à ce point prémonitoires (1) qu'ils semblent inspirés.


°°°°°°°°°°°°°°
Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,
Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.

Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu,
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.

 [...]

Mère voici vos fils qui se sont tant battus.
Vous les voyez couchés parmi les nations.
Que Dieu ménage un peu ces êtres débattus,
Ces coeurs pleins de tristesse et d'hésitations.

Et voici le gibier traqué dans les battues,
Les aigles abattus et les lièvres levés.
Que Dieu ménage un peu ces cœurs tant éprouvés,
Ces torses déviés, ces nuques rebattues.

Que Dieu ménage un peu ces êtres combattus,
Qu'il rappelle sa grâce et sa miséricorde.
Qu'il considère un peu ce sac et cette corde
Et ces poignets liés et ces reins courbatus.

Mère voici vos fils qui se sont tant battus.
Qu'ils ne soient pas pesés comme Dieu pèse un ange.
Que Dieu mette avec eux un peu de cette fange
Qu'ils étaient en principe et sont redevenus.

Mère voici vos fils qui se sont tant battus.
Qu'ils ne soient pas pesés comme on pèse un démon.
Que Dieu mette avec eux un peu de ce limon
Qu'ils étaient en principe et sont redevenus.

Mère voici vos fils qui se sont tant battus.
Qu'ils ne soient pas pesés comme on pèse un esprit.
Qu'ils soient plutôt jugés comme on juge un proscrit
Qui rentre en se cachant par des chemins perdus.

Mère voici vos fils et leur immense armée.
Qu'ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.
Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre
Qui les a tant perdus et qu'ils ont tant aimée.
°°°°°°°°°°°°°°



Les commémorations officielles de la guerre de 14 m'inspirent les plus grandes craintes.

On va nous présenter ceux de 14 comme des victimes, victimes des industriels cupides, des politiciens idiots et des officiers sadiques. C'est une trahison. Qu'on se souvienne alors de Péguy :

Mère voici vos fils et leur immense armée.
Qu'ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.

Qu'on ne verse pas dans le sentimentalisme de bas étage, qu'ils ne soient pas jugés sur leur seule misère, qu'on respecte ces soldats qui furent des hommes.

Péguy, Genevoix, étaient Normaliens. Combien de Normaliens et d'Enarques seraient aujourd'hui capables de commander une section d'infanterie au feu ? Cela devrait inciter à la modestie ceux qui les traitent avec commisération.

*********************
(1) : le lieutenant Charles Péguy (officier de troupe, comme Maurice Genevoix, comme Alain-Fournier, comme Louis Pergaud), 41 ans, est mort à Villeroy, pendant la bataille de l'Ourcq, le 5 septembre 1914, d'une balle en plein front, parmi les blés.

jeudi, mars 27, 2014

1914 : notre perspective faussée

La guerre de 14 fut une folie.

D'où il découle inconsciemment que nos aïeux furent des fous.

Pour échapper à cette accusation inconsciente, nous préférons une autre accusation, moins infamante : nos aïeux furent des moutons, amenés à l'abattoir par des politiciens stupides et des militaires sanguinaires. Les politiciens et les militaires sont, au sens précis du terme, des boucs-émissaires : on les charge des péchés de la tribu entière. D'où les chromos à la Tardi, qui font plaisir à la génération actuelle mais sont de pures constructions idéologiques.

Pour nous débarrasser de l'accusation inconsciente envers nos aïeux d'avoir été soit des fous soit des moutons, nous devons d'abord l'exprimer : ce sont les quelques lignes qui précèdent. Maintenant, nous devons l'analyser.

Ce que nous savons ne nous raconte pas du tout la même histoire. On parle pudiquement de consentement à la guerre. Soyons plus nets : en 1914, pour autant qu'on puisse le savoir, avec toutes les nuances et les prudences d'usage, il y avait, majoritairement, une approbation de la guerre. Ils n'étaient pas des moutons, mais des citoyens en armes.

Alors, revient, consciemment cette fois, la question «Nos aïeux étaient-ils fous ?».

Non, ils n'étaient pas fous, ils étaient mal informés, ils commettaient une erreur d'analyse tragique.

La guerre de 14 fut une folie. C'est exact, mais ceci est une connaissance rétrospective. L'anachronisme, principal écueil de l'historien.

Nos aïeux n'étaient pas fous, tout simplement parce qu'ils ne savaient pas qu'ils s'engageaient dans une folie. C'est le sempiternel «les hommes font l'histoire mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font». Ils croyaient s'engager dans une guerre de 1870 nouvelle mouture. Même si cela nous dérange, quelques centaines de milliers de morts pour défendre sa patrie, sa terre et sa liberté ne leur semblait pas un prix excessif. Personne n'avait envisagé qu'on compterait les morts par millions.

Pour les Européens de 1914, la guerre n'étaient pas une expérience personnelle, 1870 était loin dans le temps. La guerre de Sécession, la guerre des Boers et la guerre des Balkans de 1912, qui auraient pu servir d'avertisseur, étaient loin dans l'espace.

Nos aïeux n'étaient ni des fous ni des moutons, ils étaient des hommes dans l'erreur. Nous, tout fiers de notre savoir rétrospectif, pouvons nous jurer que nous ne nous ne faisons jamais d'erreur ?

Bien sûr, mon attitude humble, partant du principe qu'il n'y a aucune raison que nos ancêtres fussent plus cons que nous, n'a aucune chance d'être entendue. Elle est si contraire à la pente de notre époque. Nous adorons rien tant que faire la leçon aux hommes du passé et nous complaire dans une supériorité factice.

On pourrait reporter l'accusation de folie aux quelques hommes, Guillaume II et Clemenceau entre autres, qui, une fois connue la nature folle de cette guerre, firent des offres de paix à des conditions qu'ils savaient inacceptables pour l'ennemi. Ceci est une autre histoire. Au lieu de porter sur des millions d'hommes, elle concerne une poignée. Nous en parlerons une autre fois.

vendredi, janvier 03, 2014

12 mythes de de l'année 1914 (JC Delhez)

Je trouve l'auteur excessif : pour démythifier, il est obligé d'exagérer les mythes. Cependant, son livre est bien intéressant. La remarque qu'il fait sur le peu d'historiens français qui vont chercher dans les archives allemandes interpelle.

Je suis entièrement d'accord avec son interprétation stratégique. Sur le front occidental, trois batailles et trois batailles seulement comptent, les autres furent meurtrières mais sans conséquence stratégique :

1) La Bataille des Frontières, que la France a perdue et qui a failli se conclure par la «traditionnelle» victoire allemande en six semaines (1870, 1940).

Elle est très méconnue et pourtant elle fit beaucoup plus de victimes que Verdun. Quelques uns ont entendu parler du désastre de Charleroi, mais qui connaît Neufchateau ? Pourtant cette rencontre perdue met à mal l'idée, pas forcément idiote, de Joffre de couper la pointe de l'avance allemande. Tout son plan est par terre.

Surtout, elle eut une grande conséquence stratégique : elle donna accès aux Allemands pour toute la durée du conflit à la minette lorraine, qui vint jusqu'à représenter les deux tiers de la production allemande de minerai de fer.

On peut fantasmer sur le nombre de mois sont la guerre aurait été écourtée sans ce fait majeur.

2) La première bataille de la Marne (1914), qui interrompit la poussée victorieuse des Teutons.

3) La seconde Bataille de la Marne (1918) qui entama la marche à la victoire finale. Victoire d'autant plus digne de louanges qu'elle se fit avec deux innovations majeures qui surprirent les Allemands : l'unité de commandement des Alliés et l'emploi massif et inédit du couple char-avion (que ne nous en sommes souvenus en 1940 !)

jeudi, octobre 03, 2013

Faut-il réhabiliter les mutins de la première guerre mondiale ?

Comme prévu, les manoeuvres pour saloper la mémoire des combattants français de la première guerre mondiale ont commencé.

A travers une réhabilitation en bloc des mutins, il s'agit tout simplement de mettre un signe d'équivalence entre les mutins et les Morts pour la France. Une belle saloperie !

Réhabiliter ? Pourquoi pas ? Mais sur une base individuelle. Et justement, les réhabilitations individuelles, cela a déjà été fait dans les années 20.

Le sujet est clos et aucune nécessité de bon aloi n'oblige à rouvrir le débat. Il n'y a que de mauvaises raisons.

C'est dans la logique d'une vie en société d'instrumentaliser d'une façon ou d'une autre les héros pour les transformer en symboles. Mais pervertir le sens de leur combat, c'est d'une bassesse insupportable, guère étonnante de la part de cette gauche française moralement corrompue.

Sur les sujets polémiques de la première guerre mondiale, je ne vois toujours pas de raison de changer une virgule de ces deux billets :

Les généraux français de la première guerre mondiale étaient-ils des idiots sanguinaires ?

Verdun, le Coq Hardi, les Eparges

Quant à Tardi, qui, comme Plantu, est de ceux qui pervertissent et instrumentalisent le combat des Poilus (combien d'albums vendus ? Combien de bénéfices ?) :

Et hop, une bonne remise à leur place des pacifistes


jeudi, août 29, 2013

Frappe préventive sur les commémorations de 2014

Entre 1914 et 1918, des millions de Français ont accepté de tuer et d'être tués par patriotisme. Comme Camille Pascal, je suis persuadé qu'on fera tout pour nous le faire oublier.

Le mot patrie est devenu une incongruité, l'amour de la patrie est considéré comme psychologiquement pathologique et comme politiquement suspect (en revanche, on tresse des louanges à cette idole frelatée qu'est la république).

Le patriotisme de nos aïeux est un reproche permanent à notre société d'individus-rois.

C'est pourquoi je suis certain que la désinformation turbinera à fond lors des commémorations de 2014, façon Tardi.

Avant que le tir de barrage de la grosse Bertha du politiquement correct rende tout débat inaudible, je me permets de vous rappeler ces billets, toujours valables :

Verdun, le Coq Hardi, les Eparges

Les généraux français de la première guerre mondiale étaient-ils des idiots sanguinaires ?


vendredi, janvier 25, 2013

Vers un escamotage du centenaire de la guerre de 14 ?

Mon sixième sens, mon intuition masculine, me dit que le gouvernement va escamoter le centenaire de la guerre de 14, genre Chirac et Austerlitz en 2005.

Comme c'est un peu plus gros, on fera le service minimum, façon Tardi : les pauvres pioupious victimes. Même pas du devoir, mais d'affreux généraux sanguinaires.

A cette indigne infantilisation des Poilus que je sens venir, on opposera le lieutenant Genevoix, le Normalien si fier d'être un officier de troupe, expliquant que dans sa section il y avait un français vivant en Californie, quinquagénaire, donc tout à fait à l'abri de la guerre, qui avait rejoint dès les premières rumeurs de guerre.

A l'origine du mauvais traitement que nous faisons subir à la mémoire des combattants de  14-18 ? Notre lacheté. Lâcheté à reconnaitre que nos aïeux n'étaient peut-être pas de gentils pacifistes mais des bellicistes, lâcheté à comparer notre patriotisme et notre sens du devoir aux leurs.




mardi, janvier 15, 2013

Et hop, une bonne remise à leur place des pacifistes

Légion d'honneur : le revers du refus de la médaille

Je hais les pacifistes car le pacifisme est une pires formes de lâcheté et d'irresponsabilité : non seulement, il épargne à soi-même les risques, mais il les fait courir aux autres, au pays entier.

J'aime Brassens, malgré son pacifisme, mais je n'ai que mépris pour Tardi : à mes yeux, son traitement de la première guerre mondiale est une saloperie, une insulte aux combattants par la désinformation qu'il propage (j'ai traité le sujet de la motivation des soldats dans Verdun, le Coq hardi, les Eparges).

L'auteur de l'article a tout à fait raison de rappeler Simon Epstein à notre bon souvenir.

Enfin, le parallèle Brassens / de La Poype est impitoyable.