Belgique: « La loi sur l’euthanasie ouvre à toutes les dérives »
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Victime de ce qui n’est rien de moins qu’une euthanasie par privation d’eau et de nourriture en raison de son lourd handicap, Vincent Lambert n’avait pas encore fermé les yeux que déjà les partisans de l’euthanasie se prenaient à rêver d’une légalisation de cette pratique en France, tout en vantant les mérites des lois belges relatives à la fin de vie. Pourtant ces dernières, et particulièrement la loi relative à l’euthanasie, laissent la porte largement ouverte à de graves dérives. C’est précisément sur de telles dérives que la CEDH est saisie pour la première fois dans une affaire Mortier c. Belgique.
[…]
Rappelons-en les faits. Madame Godelieve De Troyer, atteinte de dépression chronique pendant plus de 20 ans, a été euthanasiée en 2012 sans que ses enfants ne soient avertis, ceux-ci ayant été informés le lendemain du décès. Son fils, Tom Mortier, se plaint devant la Cour du manquement de l’État belge à son obligation de protéger la vie de sa mère au motif que la législation belge n’aurait pas été respectée et qu’il n’y a pas eu d’enquête effective sur ces faits qu’il a pourtant dénoncés à la justice. Il dénonce notamment le manque d’indépendance de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE) chargée de contrôler a posteriori la légalité des euthanasies. Il reproche en particulier le fait que le médecin qui a euthanasié sa mère est lui-même le président de cette Commission de contrôle ainsi que de l’association LevensEinde InformatieForum (LEIF) qui milite en faveur de l’euthanasie [comme je l'ai déjà écrit, je n'ai absolument aucune confiance dans les médecins pour protégé la vie. De plus en plus, leur patron n'est plus Hippocrate mais Mengele]. Or, sa mère a versé 2 500 € à cette association peu de temps avant son euthanasie.
[…]
On pourrait croire que la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, instance chargée de vérifier que les euthanasies pratiquées ont respecté les conditions et procédures légales et instituée par la loi du 28 mai 2002, compense les défauts de cette dernière. Il n’en est rien, comme le montre une fois encore la requête Mortier. La CFCEE manque en fait cruellement d’impartialité puisque sur les seize membres titulaires, au moins huit (et au moins six des seize suppléants) font partie d’associations militant en faveur de l’euthanasie (on compte par exemple les présidents du LEIF et de l’ADMD) et/ou sont des médecins pratiquant eux-mêmes des euthanasies. C’est le cas de son président néerlandophone, le Dr Wim Distelmans, qui n’est autre que le médecin qui a euthanasié Mme De Troyer !
[…]
Or des études révèlent par exemple que près de la moitié des euthanasies en Belgique n’ont pas été déclarées en 2007. En outre, si les termes de la loi relative à l’euthanasie sont effectivement flous et subjectifs, la Commission s’engouffre dans la brèche en les interprétant dans un sens excessivement extensif et libéral. Florilège: selon elle, la coexistence de plusieurs pathologies non graves et non incurables remplit l’exigence d’une affection grave et incurable ; elle a aussi approuvé des cas s’apparentant au suicide médicalement assisté alors qu’il n’entre pas dans le champ d’application de la loi ; il semble qu’elle ait validé l’euthanasie « en duo » obtenue par un couple dont l’un des membres ne se trouvait pas en phase terminale.
[…]
Ne pas condamner l’État dans cette affaire reviendrait donc à pratiquer la politique de l’autruche quant aux dérives de l’euthanasie, alors que la banalisation de la mentalité euthanasique en Belgique est réelle et fait des ravages. En témoignent par exemple les cas d’euthanasie sans obtention du consentement de la personne, l’ouverture de l’euthanasie aux mineurs «dotés de capacités de discernement» sans limite d’âge en 2014, ainsi que les chiffres officiels: de 235 euthanasies pratiquées en 2003, leur nombre a augmenté rapidement d’année en année pour atteindre 2537 en 2018, ce qui représente 2 % du total annuel des décès. Dans ce contexte, notons également que trois études ont révélé que «40 % des Belges sont pour l’arrêt des soins pour les plus de 85 ans». Si la Cour ne fait rien, elle accomplira le roman d’anticipation publié en 1907, Le Maître de la terre où l’auteur, Robert-Hugh Benson imagine des maisons d’euthanasie, où « d’un consentement unanime, les être inutiles, les mourants, étaient délivrés de l’angoisse de vivre ; les maisons spécialement réservées à l’euthanasie [prouvaient] combien un tel affranchissement était légitime. »
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Que des pays gravement décadents et qui ne méritent pas de vivre (je suis pour l'euthanasie politique !!!) comme la Belgique ou les Pays-Bas se livrent à ces folies, c'est très triste mais compréhensible.
Mais que ces conneries arrivent dans un vrai pays comme la France, c'est effroyable.
Et cet article nous raconte une autre face de cet horrible Meilleur des mondes :
Greta Thunberg, l’égérie verte de Davos ?
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mercredi, juillet 24, 2019
vendredi, août 21, 2015
Belgique, Pays-Bas : l'euthanasie plus meurtrière que les accidents de la route
Europe’s sinister expansion of euthanasia
Nous vivons dans un monde cinglé, et glaçant.
L'euthanasie est responsable d'une mort sur 22 en Belgique et aux Pays-Bas et les accidents de la route d'une sur 26.
Et qu'on ne me dise pas que l'euthanasie est volontaire : les dérives du système de contrôle belge sont bien connues (il ne contrôle rien du tout) comme est connu le pic d'euthanasie les veilles de départs en vacances.
Les mêmes qui veulent que nous nous saignions à mort au nom de la «solidarité», qui deviennent hystériques dès qu'on leur parle d'exécuter un affreux criminel, préconisent sans retenue la mise à mort des bébés (avortement) et des vieux et des malades (euthanasie).
Ils me dégoutent.
Nous vivons dans un monde cinglé, et glaçant.
L'euthanasie est responsable d'une mort sur 22 en Belgique et aux Pays-Bas et les accidents de la route d'une sur 26.
Et qu'on ne me dise pas que l'euthanasie est volontaire : les dérives du système de contrôle belge sont bien connues (il ne contrôle rien du tout) comme est connu le pic d'euthanasie les veilles de départs en vacances.
Les mêmes qui veulent que nous nous saignions à mort au nom de la «solidarité», qui deviennent hystériques dès qu'on leur parle d'exécuter un affreux criminel, préconisent sans retenue la mise à mort des bébés (avortement) et des vieux et des malades (euthanasie).
Ils me dégoutent.
mercredi, juin 17, 2015
Contrepoint à l'article Chantal Delsol sur Vincent Lambert
Un précédent billet sur cette affaire ayant provoqué beaucoup de commentaires, je complète par un article de Jean Clair :
Vincent Lambert : ce visage qu'on ne veut pas voir
***************
Chantal Delsol pose la seule question qui vaille: «D'où vient cette exaltation véhémente pour la piqûre létale ?» D'où vient cette joie mauvaise, ce mélange de honte et d'enthousiasme qui nous fait désirer la mort immédiate? Pulsion de mort, disait Freud, notre dernier des sages. Volonté forcenée de l'homme «moderne» de parvenir à une vie parfaite et qui, dans l'impuissance d'être satisfaite, se tourne en attraction suicidaire. La même qui nous pousse à des procédures niant l'humanité, la GPA, l'avortement généralisé, et sous le couvert hypocrite d'un monde enfin convaincu par la puissance technique, un eugénisme vu comme une extermination douce qui, sans livrer son nom, ne supporte plus l'image des ratés, des souffrants, des incurables, tous ces entre-deux qui nous renvoient le reflet insupportable de notre condition, alors qu'ils nous mettent sous les yeux l'énigme de la vie.
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Je suis circonspect (ça ne me ressemble pas) à propos de cette affaire Vincent Lambert.
Je partage les attendus philosophiques de Chantal Delsol et de Jean Clair. Les nihilistes me font vomir, quelqu'un comme Jean-Luc Romero me sort par les yeux.
C'est d'autant plus facile pour un chrétien que toute souffrance est, au final, le reflet des souffrances du Christ sur la croix. Des chrétiens, animés d'un courage dont je ne me sens pas capable, refusent les soins palliatifs pour imiter le Christ.
On connait l'histoire des deux déportés en camp de concentration obligés d'assister à la pendaison d'un enfant. «Alors, il est où, ton Dieu ?». Le chrétien répond : «Il est en face de toi, sur l'échafaud». Réponse que n'aurait faite ni un juif, ni un musulman.
Maintenant, il faut traduire ses principes de vie en décision au cas par cas. N'étant pas intime de Vincent Lambert, je suis réticent à trop insister.
Une remarque tout de même : ceux qui arguent du coût pour la collectivité de maintenir en vie quelques milliers de comateux sont des salauds. La collectivité gaspille beaucoup plus d'argent à arroser des bons-à-rien, des fouteurs de merde, des fainéants, des véreux, des escrocs, alors laissons tranquille ce budget qui protège des hommes vulnérables.
Vincent Lambert : ce visage qu'on ne veut pas voir
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Chantal Delsol pose la seule question qui vaille: «D'où vient cette exaltation véhémente pour la piqûre létale ?» D'où vient cette joie mauvaise, ce mélange de honte et d'enthousiasme qui nous fait désirer la mort immédiate? Pulsion de mort, disait Freud, notre dernier des sages. Volonté forcenée de l'homme «moderne» de parvenir à une vie parfaite et qui, dans l'impuissance d'être satisfaite, se tourne en attraction suicidaire. La même qui nous pousse à des procédures niant l'humanité, la GPA, l'avortement généralisé, et sous le couvert hypocrite d'un monde enfin convaincu par la puissance technique, un eugénisme vu comme une extermination douce qui, sans livrer son nom, ne supporte plus l'image des ratés, des souffrants, des incurables, tous ces entre-deux qui nous renvoient le reflet insupportable de notre condition, alors qu'ils nous mettent sous les yeux l'énigme de la vie.
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Je suis circonspect (ça ne me ressemble pas) à propos de cette affaire Vincent Lambert.
Je partage les attendus philosophiques de Chantal Delsol et de Jean Clair. Les nihilistes me font vomir, quelqu'un comme Jean-Luc Romero me sort par les yeux.
C'est d'autant plus facile pour un chrétien que toute souffrance est, au final, le reflet des souffrances du Christ sur la croix. Des chrétiens, animés d'un courage dont je ne me sens pas capable, refusent les soins palliatifs pour imiter le Christ.
On connait l'histoire des deux déportés en camp de concentration obligés d'assister à la pendaison d'un enfant. «Alors, il est où, ton Dieu ?». Le chrétien répond : «Il est en face de toi, sur l'échafaud». Réponse que n'aurait faite ni un juif, ni un musulman.
Maintenant, il faut traduire ses principes de vie en décision au cas par cas. N'étant pas intime de Vincent Lambert, je suis réticent à trop insister.
Une remarque tout de même : ceux qui arguent du coût pour la collectivité de maintenir en vie quelques milliers de comateux sont des salauds. La collectivité gaspille beaucoup plus d'argent à arroser des bons-à-rien, des fouteurs de merde, des fainéants, des véreux, des escrocs, alors laissons tranquille ce budget qui protège des hommes vulnérables.
dimanche, juin 14, 2015
Chantal Delsol sur l'affaire Vincent Lambert
Affaire Vincent Lambert : la vidéo, nouvelle étape de la tragédie
J'aime beaucoup Chantal Delsol. Même quand je ne partage pas tout (en l'occurrence, je suis d'accord), ce qu'elle dit est toujours fin et humain. Je n'ai pas vu cette fameuse video et je ne la verrai pas.
J'en ai ma claque de cette affaire Vincent Lambert, ce malheureux est de plus en plus instrumentalisé. Notre monde, avec ses flots lacrymaux et son sentimentalisme démonstratif, est hypocrite. Il est sans pitié pour les faibles (comme dit Bernanos : «l'homme moderne a la tripe sensible et le coeur dur»).
Mais je suis terrifié que l'Etat, avec ses gros sabots, se mêle de ces affaires et décide de notre mort.
J'ai déjà exprimé plusieurs fois mon point de vue : on devrait en rester en public à «Tu ne tueras point» et le reste devrait s'arranger dans le clair-obscur de l'intimité. Mais ça, c'était le monde d'avant, celui où les hommes étaient censés être libres, responsables, et dignes.
Notre monde à nous est glacé. Et glaçant.
J'aime beaucoup Chantal Delsol. Même quand je ne partage pas tout (en l'occurrence, je suis d'accord), ce qu'elle dit est toujours fin et humain. Je n'ai pas vu cette fameuse video et je ne la verrai pas.
J'en ai ma claque de cette affaire Vincent Lambert, ce malheureux est de plus en plus instrumentalisé. Notre monde, avec ses flots lacrymaux et son sentimentalisme démonstratif, est hypocrite. Il est sans pitié pour les faibles (comme dit Bernanos : «l'homme moderne a la tripe sensible et le coeur dur»).
Mais je suis terrifié que l'Etat, avec ses gros sabots, se mêle de ces affaires et décide de notre mort.
J'ai déjà exprimé plusieurs fois mon point de vue : on devrait en rester en public à «Tu ne tueras point» et le reste devrait s'arranger dans le clair-obscur de l'intimité. Mais ça, c'était le monde d'avant, celui où les hommes étaient censés être libres, responsables, et dignes.
Notre monde à nous est glacé. Et glaçant.
mercredi, janvier 07, 2015
Vincent Lambert n'est plus «comme nous», il n'a pas cessé pour autant d'être l'un de nous
J'ai été très content de lire ce texte. Il rompt avec les textes habituels sur ce sujet délicat, il donne un point de vue humain, ça manque beaucoup dans cette affaire.
Pour Vincent Lambert, il y aurait peut-être une solution. Connaissant mal cette affaire, je ne sais pas pourquoi elle n'a pas été essayée : que ses parents le prennent chez eux, avec une assistance à domicile.
A vrai dire, cela ne change rien à mon opinion, que je vous ai déjà exprimée : il n'y a aucun besoin, autre que l'idéologie nihiliste, de toucher aux lois actuelles. Il faut surtout augmenter les moyens humains et financiers des soins palliatifs. Moyens qui seraient très faciles à dégager si l'on faisait la chasse avec un peu de bon sens aux milliards gaspillés dans un système hospitalier ubuesque. Par exemple, on pourrait fermer les blocs chirurgicaux qui ne font pas assez d'opérations et qui sont, de ce fait, dangereux (1). Ah oui, mais ça vexe un maire ou un député.
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(1) : c'est une logique de maintien des compétences bien connue en aviation, où il existe des minima d'heures de vol pour garder les qualifications. Cela existe aussi dans le système hospitalier français, mais à des niveaux tellement bas, pour ne déranger personne, que ce n'est pas significatif.
dimanche, août 31, 2014
L'appel des médecins de demain contre le suicide assisté
L'appel des médecins de demain contre le suicide assisté
Bien sûr, toutes ces histoires de «mourir dans la dignité» se ramènent toujours à la même chose : considérer comme indignes de vivre les individus qui ne correspondent pas à certains critères, et, au final, que cela soit l'individu lui-même qui se juge indigne de vivre ne change pas grand'chose à la saloperie du raisonnement.
J'ai déjà abordé le sujet : euthanasie.
Voici ce qu'en pense Philippe Pozzo di Borgo :
J'ai côtoyé l'extrême fragilité, la différence insoutenable du polyhandicapé, du traumatisé crânien, la laideur de celui qui ne sait plus se contenir [...], gémit et hurle sans contrôle. Auraient-ils tous perdu leur dignité ? En présence de ces extrêmes, j'ai appris à devenir [...] simple récepteur de l'autre dans son infinie altérité. Désarmé face à cet autre tellement désarmant, je suis prêt à reconsidérer le monde avec tendresse et engagement.
Bien sûr, toutes ces histoires de «mourir dans la dignité» se ramènent toujours à la même chose : considérer comme indignes de vivre les individus qui ne correspondent pas à certains critères, et, au final, que cela soit l'individu lui-même qui se juge indigne de vivre ne change pas grand'chose à la saloperie du raisonnement.
J'ai déjà abordé le sujet : euthanasie.
Voici ce qu'en pense Philippe Pozzo di Borgo :
J'ai côtoyé l'extrême fragilité, la différence insoutenable du polyhandicapé, du traumatisé crânien, la laideur de celui qui ne sait plus se contenir [...], gémit et hurle sans contrôle. Auraient-ils tous perdu leur dignité ? En présence de ces extrêmes, j'ai appris à devenir [...] simple récepteur de l'autre dans son infinie altérité. Désarmé face à cet autre tellement désarmant, je suis prêt à reconsidérer le monde avec tendresse et engagement.
mardi, juin 24, 2014
Envoyons la machine Vincent Lambert à la casse (3)
L'arrêt du Conseil d'Etat validant la mort par déshydratation de Vincent Lambert ne me surprend pas : mes fidèles lecteurs savent dans quel mépris je tiens notre société.
Quelques articles et liens (merci Curmu) :
Affaire Vincent Lambert : Y a-t-il urgence à légiférer sur la fin de vie ?
Ce que révèle l'affaire Vincent Lambert des dérives de la médecine
Point de vue : euthanasie, ne touchez pas l'Intouchable !
What is bioethics ?
Harsh Medicine: Chapter one from "Culture of Death"
Enfin, on argue des sondages pour dire que les Français sont en faveur de l'euthanasie. C'te bonne blague !
La technique est toujours la même (très efficace, je dois le reconnaître) : la classe jacassante met un sujet à la mode en le présentant d'une manière partielle et partiale (ici, on nous tympanise de «mourir dans la dignité» sans jamais évoquer l'amélioration des soins palliatifs, qui contribueraient grandement au vivre dans la dignité).
Ensuite, on fait des sondages où, étant donné la présentation manichéenne du sujet («Préférez mourir tout de suite sans douleur ou plus tard dans des souffrances atroces ?», je caricature à peine), on obtient des réponses qui vont dans le sens de la classe jacassante. Et hop, le tour est joué : «Les Français sont majoritairement pour cette "avancée"».
Comme, chacun sait, quand le peuple est d'accord avec la classe jacassante (mais dans ce cas seulement), il est souverain (sinon, il est affreusement populiste qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire).
La ficelle est grosse, mais ça marche, alors pourquoi se gêner ?
Quelques articles et liens (merci Curmu) :
Affaire Vincent Lambert : Y a-t-il urgence à légiférer sur la fin de vie ?
Ce que révèle l'affaire Vincent Lambert des dérives de la médecine
Point de vue : euthanasie, ne touchez pas l'Intouchable !
What is bioethics ?
Harsh Medicine: Chapter one from "Culture of Death"
Enfin, on argue des sondages pour dire que les Français sont en faveur de l'euthanasie. C'te bonne blague !
La technique est toujours la même (très efficace, je dois le reconnaître) : la classe jacassante met un sujet à la mode en le présentant d'une manière partielle et partiale (ici, on nous tympanise de «mourir dans la dignité» sans jamais évoquer l'amélioration des soins palliatifs, qui contribueraient grandement au vivre dans la dignité).
Ensuite, on fait des sondages où, étant donné la présentation manichéenne du sujet («Préférez mourir tout de suite sans douleur ou plus tard dans des souffrances atroces ?», je caricature à peine), on obtient des réponses qui vont dans le sens de la classe jacassante. Et hop, le tour est joué : «Les Français sont majoritairement pour cette "avancée"».
Comme, chacun sait, quand le peuple est d'accord avec la classe jacassante (mais dans ce cas seulement), il est souverain (sinon, il est affreusement populiste qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire).
La ficelle est grosse, mais ça marche, alors pourquoi se gêner ?
lundi, juin 23, 2014
Envoyons la machine Vincent Lambert à la casse (2)
Dans la droite ligne du billet précédent :
L'homme actuel se traite en matériau
La vie humaine une valeur en chute
Et comme certains commentateurs ont évoqué la trahison de leurs devoirs par les médecins, ce commentaire extrait du blog de Philippe Bilger :
L'homme actuel se traite en matériau
La vie humaine une valeur en chute
Et comme certains commentateurs ont évoqué la trahison de leurs devoirs par les médecins, ce commentaire extrait du blog de Philippe Bilger :
Rédigé par : Parigoth | 22 juin 2014 à 15:36
samedi, juin 21, 2014
Envoyons la machine Vincent Lambert à la casse
La loi et la vie
Citons d'abord l'éditorial du Figaro :
***********
De son lit de douleur, celui qui est devenu un symbole et un enjeu pose la question: qu'est-ce qu'une vie? À quoi s'évalue-t-elle? À la capacité de manger, de parler, de ressentir? À partir de quel stade ne vaut-elle plus la peine d'être vécue? Des experts médicaux, l'Académie de médecine et le Comité national d'éthique ont déjà mis en garde le Conseil d'État contre une définition par trop restrictive de la vie, limitée à la seule «conscience».
Cette évolution a quelque chose de glaçant Notre époque, désorientée par l'effacement des repères éthiques, s'est détournée des autorités morales ou religieuses traditionnelles, et préfère s'en remettre en dernier ressort à des juges: en 2014, on ne cherche plus la voix de la sagesse dans les grands textes sacrés mais dans des Codes et des arrêts.
Cette évolution a quelque chose de glaçant.
On ne sait pas si mardi prochain le Conseil d'État suivra les conclusions de son rapporteur, préconisant l'interruption du «traitement», c'est-à-dire la mort. Mais ce jour-là, chacun devra avoir à l'esprit l'image d'Antigone acharnée à défendre la loi de l'humanité face à celle, implacable, de la cité de Créon.
***********
Glaçant. C'est le mot.
Je suis terrifié. Et deux fois terrifié :
• Terrifié par l'idée qu'il y aurait des vies qui ne vaudraient pas la peine d'être vécues. Cette idée me paraît criminelle. La notion sous-jacente que l'homme est une machine et qu'il faut la jeter à la poubelle quand elle ne fonctionne plus correctement m'effraie au delà de tout ce qu'on peut écrire. C'est un blasphème, contre Dieu, contre l'humanité. Si les mots «crime contre l'humanité» ont un sens, ils s'appliquent dans ce cas là.
• Terrifié par la perspective que la décision de savoir si ma vie, ta vie, nos vies méritent d'être vécues puisse être prise par des juges suivant une loi qui est, toujours, passagère et de circonstance.
Le fond de l'affaire, c'est un orgueil démesuré, qui est réellement (je le répète) blasphématoire : la volonté de contrôler la vie d'un bout à l'autre, l'incapacité à admettre que notre destin nous échappe.
A un bout de la vie, avec les avortements et les méthodes génétiques, on essaie de contrôler la naissance au point qu'on va bientôt pouvoir choisir son enfant sur catalogue. A l'autre bout, on veut pouvoir choisir l'heure et les conditions de sa mort et on élimine ceux qui, par leur malheureux destin, montrent que cette ambition n'est qu'une illusion perverse d'un monde ivre de technicité.
Comprenez moi bien. Il s'agit d'une discussion hautement philosophique mais pas seulement : un jour, cela peut être vous, ou votre mère, qu'on décide de débrancher ou pire, dans le cas de Vincent Lambert, de faire mourir de soif et de faim (car c'est bien de cela qu'il s'agit derrière les mots ronflants de «mourir dans la dignité»).
La loi Leonetti protège contre l'acharnement thérapeutique. Est-ce que nourrir un malade inconscient, c'est de l'acharnement thérapeutique ? Soyons sérieux. Si Vincent Lambert s'appelait Michael Schumacher, je ne suis pas sûr que la décision serait identique.
Le doute doit profiter à la vie.
Et j'en ai un peu marre du martèlement univoque de la propagande soi-disant progressiste. On a assez de recul avec l'expérience belge : derrière les grands mots, la réalité est sordide. Les pics d'euthanasie avant les départs en vacances, les héritiers pressés de toucher l'héritage, l'épouse qui veut refaire sa vie, les lits à libérer parce qu'ils coutent cher etc.
En tout cas, je suis bien content de ne pas être immortel : je ne sais pas comment je mourrai, mais notre époque m'inspire un profond dégoût et je ne serai pas malheureux de la quitter (au contraire d'autres êtres et d'autres choses qui me sont chères).
Citons d'abord l'éditorial du Figaro :
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De son lit de douleur, celui qui est devenu un symbole et un enjeu pose la question: qu'est-ce qu'une vie? À quoi s'évalue-t-elle? À la capacité de manger, de parler, de ressentir? À partir de quel stade ne vaut-elle plus la peine d'être vécue? Des experts médicaux, l'Académie de médecine et le Comité national d'éthique ont déjà mis en garde le Conseil d'État contre une définition par trop restrictive de la vie, limitée à la seule «conscience».
Cette évolution a quelque chose de glaçant Notre époque, désorientée par l'effacement des repères éthiques, s'est détournée des autorités morales ou religieuses traditionnelles, et préfère s'en remettre en dernier ressort à des juges: en 2014, on ne cherche plus la voix de la sagesse dans les grands textes sacrés mais dans des Codes et des arrêts.
Cette évolution a quelque chose de glaçant.
On ne sait pas si mardi prochain le Conseil d'État suivra les conclusions de son rapporteur, préconisant l'interruption du «traitement», c'est-à-dire la mort. Mais ce jour-là, chacun devra avoir à l'esprit l'image d'Antigone acharnée à défendre la loi de l'humanité face à celle, implacable, de la cité de Créon.
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Glaçant. C'est le mot.
Je suis terrifié. Et deux fois terrifié :
• Terrifié par l'idée qu'il y aurait des vies qui ne vaudraient pas la peine d'être vécues. Cette idée me paraît criminelle. La notion sous-jacente que l'homme est une machine et qu'il faut la jeter à la poubelle quand elle ne fonctionne plus correctement m'effraie au delà de tout ce qu'on peut écrire. C'est un blasphème, contre Dieu, contre l'humanité. Si les mots «crime contre l'humanité» ont un sens, ils s'appliquent dans ce cas là.
• Terrifié par la perspective que la décision de savoir si ma vie, ta vie, nos vies méritent d'être vécues puisse être prise par des juges suivant une loi qui est, toujours, passagère et de circonstance.
Le fond de l'affaire, c'est un orgueil démesuré, qui est réellement (je le répète) blasphématoire : la volonté de contrôler la vie d'un bout à l'autre, l'incapacité à admettre que notre destin nous échappe.
A un bout de la vie, avec les avortements et les méthodes génétiques, on essaie de contrôler la naissance au point qu'on va bientôt pouvoir choisir son enfant sur catalogue. A l'autre bout, on veut pouvoir choisir l'heure et les conditions de sa mort et on élimine ceux qui, par leur malheureux destin, montrent que cette ambition n'est qu'une illusion perverse d'un monde ivre de technicité.
Comprenez moi bien. Il s'agit d'une discussion hautement philosophique mais pas seulement : un jour, cela peut être vous, ou votre mère, qu'on décide de débrancher ou pire, dans le cas de Vincent Lambert, de faire mourir de soif et de faim (car c'est bien de cela qu'il s'agit derrière les mots ronflants de «mourir dans la dignité»).
La loi Leonetti protège contre l'acharnement thérapeutique. Est-ce que nourrir un malade inconscient, c'est de l'acharnement thérapeutique ? Soyons sérieux. Si Vincent Lambert s'appelait Michael Schumacher, je ne suis pas sûr que la décision serait identique.
Le doute doit profiter à la vie.
Et j'en ai un peu marre du martèlement univoque de la propagande soi-disant progressiste. On a assez de recul avec l'expérience belge : derrière les grands mots, la réalité est sordide. Les pics d'euthanasie avant les départs en vacances, les héritiers pressés de toucher l'héritage, l'épouse qui veut refaire sa vie, les lits à libérer parce qu'ils coutent cher etc.
En tout cas, je suis bien content de ne pas être immortel : je ne sais pas comment je mourrai, mais notre époque m'inspire un profond dégoût et je ne serai pas malheureux de la quitter (au contraire d'autres êtres et d'autres choses qui me sont chères).
jeudi, avril 17, 2014
«Je suis heureuse qu'ils ne m'aient pas débranchée»
«Je suis heureuse qu'ils ne m'aient pas débranchée»
Témoignage intéressant mais qui ne bouleverse pas mon opposition à l'euthanasie. Même sans lui, je continuerais à être contre. Comme dit Luc Ferry, je ne veux pas que ma mère se sente un jour des raisons de se dire qu'elle est de trop.
Chez les nihilistes gauchistes, on remarque un paradoxe, qui n'est qu'apparent : ils sont contre la peine de mort car l'infime possibilité de tuer un seul innocent les glace d'effroi, en revanche l'assassinat de 200 000 bébés par an, et de dizaines de milliers de vieux et d'handicapés s'il y avait l'euthanasie légale, c'est à leurs yeux un immense progrès du genre humain (j'en profite : voir Extrêmisme).
Comment expliquer ce paradoxe apparent ?
J'ai réellement essayé de comprendre et de trouver des explications complexes, mais, avec les années, ma position s'est simplifiée et radicalisée. C'est le Mal. Les gauchistes préfèrent tout simplement les criminels aux innocents.
S'agissant de la peine de mort, le prétexte de l'erreur judiciaire a pour résultat concret que des dizaines de coupables échappent à la guillotine.
Mon explication est moins simple qu'il n'y paraît : l'attirance pour le Mal occupe théologiens et philosophes depuis quelques siècles déjà. L'explication par la bêtise est plus facile.
Témoignage intéressant mais qui ne bouleverse pas mon opposition à l'euthanasie. Même sans lui, je continuerais à être contre. Comme dit Luc Ferry, je ne veux pas que ma mère se sente un jour des raisons de se dire qu'elle est de trop.
Chez les nihilistes gauchistes, on remarque un paradoxe, qui n'est qu'apparent : ils sont contre la peine de mort car l'infime possibilité de tuer un seul innocent les glace d'effroi, en revanche l'assassinat de 200 000 bébés par an, et de dizaines de milliers de vieux et d'handicapés s'il y avait l'euthanasie légale, c'est à leurs yeux un immense progrès du genre humain (j'en profite : voir Extrêmisme).
Comment expliquer ce paradoxe apparent ?
J'ai réellement essayé de comprendre et de trouver des explications complexes, mais, avec les années, ma position s'est simplifiée et radicalisée. C'est le Mal. Les gauchistes préfèrent tout simplement les criminels aux innocents.
S'agissant de la peine de mort, le prétexte de l'erreur judiciaire a pour résultat concret que des dizaines de coupables échappent à la guillotine.
Mon explication est moins simple qu'il n'y paraît : l'attirance pour le Mal occupe théologiens et philosophes depuis quelques siècles déjà. L'explication par la bêtise est plus facile.
Libellés :
euthanasie,
nihilisme,
saloperies gauchistes
jeudi, février 13, 2014
Inversion des valeurs : l'enfant belge et le girafon danois
La Belgique légalise l'euthanasie pour les mineurs
«La mort du girafon danois révèle un choc de cultures»
Les belges ont un semblant d'excuse : la Belgique n'est pas un vrai pays. Mais nous ?
«La mort du girafon danois révèle un choc de cultures»
Les belges ont un semblant d'excuse : la Belgique n'est pas un vrai pays. Mais nous ?
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mercredi, décembre 25, 2013
Contre le suicide assisté
Contre le suicide assisté
Je ne porte pas Luc Ferry dans mon coeur, c'est le type même du chrétien mondain et du bourgeois mou qui m'horripile.
Mais là, son démontage des faux arguments des nihilistes défenseurs de l'euthanasie est clair, net et humain.
Je ne porte pas Luc Ferry dans mon coeur, c'est le type même du chrétien mondain et du bourgeois mou qui m'horripile.
Mais là, son démontage des faux arguments des nihilistes défenseurs de l'euthanasie est clair, net et humain.
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mardi, décembre 17, 2013
Euthanasie : contre-témoignage
Cet article me dérange car il répond sur un mode émotionnel à des gens qui oeuvrent à ce qu'en tout, l'émotion remplace la réflexion :
La dignité de mon père
Néanmoins, il faut ce qu'il faut.
Le suicide pour convenances personnelles (si je puis dire. En tout cas, je place le suicide de protestation politique un peu à part), le suicide assisté et l'euthanasie me choquent profondément.
J'y vois une forme de blasphème et cela suffit à me les rendre détestables. Je crois d'ailleurs que le blasphème est, quand on a gratté toutes les couches d'arguments plus ou moins spécieux et controuvés, le but recherché.
En tout cas, je doute que le débat qui s'engage sur l'euthanasie réponde à un réel problème pratique. Je devine qu'on est dans le même cas que le «mariage pour tous» : on monte en épingle des pseudo-problèmes, alors que les lois existantes conviennent, pour imposer une loi idéologique censée combler un «vide juridique» inventé de toutes pièces pour les besoins de la manoeuvre.
Et comme d'habitude, les idéologues me retireront le droit de juger, au nom de «tu n'as pas vécu cette situation» (alors qu'eux donnent tous les jours leurs avis sur des situations dont ils sont à mille lieues). Mais Dalrypmle a écrit un article définitif sur le non-judgementalism (voir The rush from judgement).
Puisque je lis Chesterton :
Le suicide n'est pas seulement un péché, il est le péché. C'est le mal ultime, absolu, le refus de s'intéresser à l'existence ; le refus de prêter serment de fidélité à la vie. L'homme qui tue un homme tue un autre homme. L'homme qui se tue lui-même, tue tous les hommes, il efface de lui le monde. Son acte, en tant que symbole, est pire qu'un viol ou un attentat à la dynamite. Il détruit tout les édifices ; il insulte toutes les femmes. Le voleur se contente de diamants. Pas le suicidé : c'est là son crime. On ne peut le soudoyer, même en lui offrant les pierres étincelantes de la Cité céleste. Le voleur rend hommage aux choses qu'il dérobe, sinon à leur propriétaire. Mais le suicidé insulte tout ce qui est sur la terre en ne le volant pas. Il profane chaque fleur en refusant de vivre pour elle. Il n'est pas une minuscule créature dans le cosmos pour qui sa mort n'est pas un ricanement. Quand un homme se pend à un arbre, les feuilles devraient tomber de colère et les oiseaux s'envoler de fureur, car chacun d'eux a reçu un affront personnel. Certes il peut y avoir des excuses émotionnelles et tragiques à cet acte. Il y en a pour le viol, et presque toujours la dynamite. Mais si nous en venons à une claire notion, à une signification intelligente des choses, nous trouverons une vérité beaucoup plus rationnelle et philosophique dans la coutume d'enterrer à la croisée des chemins et dans la pratique d'enfoncer un épieu dans le cadavre que dans les distributeurs de M. Archer. Il y a donc un sens dans la coutume d'inhumer à part les suicidés. Leur crime est différent des autres : il rend impossibles même les crimes.
Vers la même époque, je lus une sottise solennelle et désinvolte écrite par un libre penseur ; il prétendait qu'un suicidé n'est autre qu'un martyr. Cet évident mensonge m'a permis de clarifier le problème. Un suicidé est manifestement l'opposé d'un martyr. Le martyr est un homme qui tient tellement à une chose en dehors de lui-même qu'il en oublie sa propre vie. Un suicidé est un homme qui se soucie tellement peu de ce qui est en dehors de lui qu'il veut voir la fin de tout. L'un veut que quelque chose commence ; l'autre veut que tout finisse. En d'autres termes, le martyr est noble, justement parce qu'il confesse ce dernier lien avec la vie. Renoncerait-il au monde, haïrait-il toute l'humanité, il place son coeur en dehors de lui-même. Il meurt afin que vive quelque chose. Le suicidé est ignoble parce qu'il n'a pas cette attache avec ce qui est ; il n'est qu'un destructeur ; spirituellement, il détruit l'univers. Puis je me rappelai l'épieu, la croisée des chemins et ce fait singulier que le Christianisme a montré une sévérité féroce à l'égard du suicide. Car le Christianisme a vivement encouragé le martyre.
Chesterton, Orthodoxie.
J'ajoute, pour ne pas être dupe des mots de l'ennemi, que l'expression «mourir dans le dignité» est vide de sens. La mort est la mort, point. L'agonie dans la dignité, c'est autre chose.
Mais, plutôt que de parler de mourir dans la dignité, pourquoi ne pas vivre dans la dignité, jusqu'au dernier souffle ? Entouré des siens, par exemple. Car, derrière toutes ces envolées lyriques sur la mort digne, il y a souvent que c'est chiant et couteux de s'occuper de pépé ou de mémé. Et je ne parle pas en l'air : j'ai des exemples dans les deux sens, dignes et indignes (et là, ces mots ont une signification), de l'attitude des proches.
La dignité de mon père
Néanmoins, il faut ce qu'il faut.
Le suicide pour convenances personnelles (si je puis dire. En tout cas, je place le suicide de protestation politique un peu à part), le suicide assisté et l'euthanasie me choquent profondément.
J'y vois une forme de blasphème et cela suffit à me les rendre détestables. Je crois d'ailleurs que le blasphème est, quand on a gratté toutes les couches d'arguments plus ou moins spécieux et controuvés, le but recherché.
En tout cas, je doute que le débat qui s'engage sur l'euthanasie réponde à un réel problème pratique. Je devine qu'on est dans le même cas que le «mariage pour tous» : on monte en épingle des pseudo-problèmes, alors que les lois existantes conviennent, pour imposer une loi idéologique censée combler un «vide juridique» inventé de toutes pièces pour les besoins de la manoeuvre.
Et comme d'habitude, les idéologues me retireront le droit de juger, au nom de «tu n'as pas vécu cette situation» (alors qu'eux donnent tous les jours leurs avis sur des situations dont ils sont à mille lieues). Mais Dalrypmle a écrit un article définitif sur le non-judgementalism (voir The rush from judgement).
Puisque je lis Chesterton :
Le suicide n'est pas seulement un péché, il est le péché. C'est le mal ultime, absolu, le refus de s'intéresser à l'existence ; le refus de prêter serment de fidélité à la vie. L'homme qui tue un homme tue un autre homme. L'homme qui se tue lui-même, tue tous les hommes, il efface de lui le monde. Son acte, en tant que symbole, est pire qu'un viol ou un attentat à la dynamite. Il détruit tout les édifices ; il insulte toutes les femmes. Le voleur se contente de diamants. Pas le suicidé : c'est là son crime. On ne peut le soudoyer, même en lui offrant les pierres étincelantes de la Cité céleste. Le voleur rend hommage aux choses qu'il dérobe, sinon à leur propriétaire. Mais le suicidé insulte tout ce qui est sur la terre en ne le volant pas. Il profane chaque fleur en refusant de vivre pour elle. Il n'est pas une minuscule créature dans le cosmos pour qui sa mort n'est pas un ricanement. Quand un homme se pend à un arbre, les feuilles devraient tomber de colère et les oiseaux s'envoler de fureur, car chacun d'eux a reçu un affront personnel. Certes il peut y avoir des excuses émotionnelles et tragiques à cet acte. Il y en a pour le viol, et presque toujours la dynamite. Mais si nous en venons à une claire notion, à une signification intelligente des choses, nous trouverons une vérité beaucoup plus rationnelle et philosophique dans la coutume d'enterrer à la croisée des chemins et dans la pratique d'enfoncer un épieu dans le cadavre que dans les distributeurs de M. Archer. Il y a donc un sens dans la coutume d'inhumer à part les suicidés. Leur crime est différent des autres : il rend impossibles même les crimes.
Vers la même époque, je lus une sottise solennelle et désinvolte écrite par un libre penseur ; il prétendait qu'un suicidé n'est autre qu'un martyr. Cet évident mensonge m'a permis de clarifier le problème. Un suicidé est manifestement l'opposé d'un martyr. Le martyr est un homme qui tient tellement à une chose en dehors de lui-même qu'il en oublie sa propre vie. Un suicidé est un homme qui se soucie tellement peu de ce qui est en dehors de lui qu'il veut voir la fin de tout. L'un veut que quelque chose commence ; l'autre veut que tout finisse. En d'autres termes, le martyr est noble, justement parce qu'il confesse ce dernier lien avec la vie. Renoncerait-il au monde, haïrait-il toute l'humanité, il place son coeur en dehors de lui-même. Il meurt afin que vive quelque chose. Le suicidé est ignoble parce qu'il n'a pas cette attache avec ce qui est ; il n'est qu'un destructeur ; spirituellement, il détruit l'univers. Puis je me rappelai l'épieu, la croisée des chemins et ce fait singulier que le Christianisme a montré une sévérité féroce à l'égard du suicide. Car le Christianisme a vivement encouragé le martyre.
Chesterton, Orthodoxie.
J'ajoute, pour ne pas être dupe des mots de l'ennemi, que l'expression «mourir dans le dignité» est vide de sens. La mort est la mort, point. L'agonie dans la dignité, c'est autre chose.
Mais, plutôt que de parler de mourir dans la dignité, pourquoi ne pas vivre dans la dignité, jusqu'au dernier souffle ? Entouré des siens, par exemple. Car, derrière toutes ces envolées lyriques sur la mort digne, il y a souvent que c'est chiant et couteux de s'occuper de pépé ou de mémé. Et je ne parle pas en l'air : j'ai des exemples dans les deux sens, dignes et indignes (et là, ces mots ont une signification), de l'attitude des proches.
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lundi, décembre 16, 2013
Euthanasie : toujours la même technique de propagande
La démarche propagandiste de la gauche à propos de l'euthanasie commence à me courir.
C'est toujours le même cinéma :
> on monte en épingle quelques cas. On fait dans le lacrymal sans retenue. Aucune pudeur.
> on disqualifie tout contradicteur comme un ennemi du genre humain, sans coeur, sans tripes, qui n'a jamais souffert lui et patati et patata.
> on enrobe la saloperie d'un beau vocable («mariage pour tous», «mourir dans la dignité», ...)
> puis on nous raconte que, de toute façon, c'est inéluctable, ça finira par arriver, alors pourquoi vous y opposer ? Toute résistance est inutile.
> Et hop, une ignominie majeure passe comme une lettre à la poste, la droite molle étant aux abonnés absents, tétanisée à l'idée de s'opposer au «progrès».
Ca me gonfle que les gauchistes nous prennent pour des cons et que, jusqu'à un certain point, ça marche.
En tout cas, le rouleau compresseur nihiliste est en marche et il est difficile de l'arrêter.
S'agissant du cas spécifique de l'euthanasie, on sait parfaitement comment cela va finir : on pique pépé avant de partir en vacances et on prend rendez-vous avec le notaire pour le retour des vacances.
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mardi, août 16, 2011
L'euthanasie à la mode
L'euthanasie est à la mode. A mes yeux, c'est le même genre de «débat» que le «mariage» homosexuel : certaines positions sont a priori considérées par la classe jacassante comme bonnes, intelligentes, généreuses et d'autres comme arriérées, rétrogrades, sans coeur. Bref, il n'y a pas de débat, il est tranché avant d'avoir eu lieu.
On parle de possibles «dérives» de l'euthanasie. Soyons clairs : en Hollande, il y a un pic d'euthanasies avant les départs en vacances. Check-list des vacances : gonfler les pneus, faire les valises, euthanasier pépé, abandonner le chien, prendre rendez-vous avec le notaire de pépé pour après les vacances ...
Certains pourront s'étonner que les mêmes qui sont contre la peine de mort soient partisans de l'avortement et de l'euthanasie, bref, que les mêmes qui n'ont aucun remord à tuer des enfants et des vieux innocents souffrent à l'idée de tuer des criminels. Mais c'est ignorer que ces gens-là ont une morale pervertie, miroir d'une saine morale. C'est le drame des hommes sans Dieu et sans dignité, sans transcendance et sans rien qui va au-delà de leurs pauvres personnes ...
Pour le reste, c'est ici.
On parle de possibles «dérives» de l'euthanasie. Soyons clairs : en Hollande, il y a un pic d'euthanasies avant les départs en vacances. Check-list des vacances : gonfler les pneus, faire les valises, euthanasier pépé, abandonner le chien, prendre rendez-vous avec le notaire de pépé pour après les vacances ...
Certains pourront s'étonner que les mêmes qui sont contre la peine de mort soient partisans de l'avortement et de l'euthanasie, bref, que les mêmes qui n'ont aucun remord à tuer des enfants et des vieux innocents souffrent à l'idée de tuer des criminels. Mais c'est ignorer que ces gens-là ont une morale pervertie, miroir d'une saine morale. C'est le drame des hommes sans Dieu et sans dignité, sans transcendance et sans rien qui va au-delà de leurs pauvres personnes ...
Pour le reste, c'est ici.
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(...)
Tout aussi fermement, le rapport de neuf pages réaffirme que «le droit de la personne à l'alimentation et aux mesures appropriées à la qualité de vie», comme la kinésithérapie, l'hygiène et la prévention des escarres, ne peut être «subordonné à sa capacité relationnelle», qu'«aucun médecin ne peut l'accepter». Pourtant, Vincent Lambert, depuis fin 2012, ne bénéficie plus de kiné ni d'orthophonie.
En d'autres termes, peu importe le degré de conscience ou de communication, un médecin «a mission de soigner», dit l'Académie en précisant ne pouvoir «souscrire» à une «distinction entre état végétatif chronique et état de conscience minimal».
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/15/01016-20140515ARTFIG00014-affaire-lambert-le-rappel-a-l-ordrede-l-academie-de-medecine.php
De quoi rassurer les patients potentiels qui se demandent parfois si, rentrant à l’hôpital par la porte des urgences, ils n'en sortiront pas par la cheminée de l'incinérateur sur un caprice d'un médecin de garde pressé de partir en congés.