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dimanche, avril 26, 2020

La vie, la mort, le virus.

Ce billet va être très court, il tient en une citation :

La souci excessif de la santé a toujours quelque chose de morbide.

                                                              GK Chesterton

Eric Zemmour, après un reportage sur la grippe de Hong-Kong de 1969, où on voit que les Français continuent à vivre comme d'habitude sans en faire une batteuse conclut les interrogations des invités par un définitif : « Ils avaient plus de vitalité que nous, c'est tout ».

Saint Jean-Paul II (1) parlait de culture de mort. Nous en avons un exemple concret par le virus : nous préférerons nous suicider avec le confinement plutôt que de risquer de vivre avec le risque mortel du virus.

Et puis, notre imprévoyance, c'est aussi une conséquence de la culture de mort : nous ne voulons plus nous battre pour rester dans l'histoire. Nous voulons mourir tranquillement renversés dans le fossé. Que tout soit linéaire vers l'agonie, sans sursaut, sans anicroche.

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(1) : ça me fait toujours bizarre de l'appeler saint car je pense immédiatement au sketch de Coluche : « On a poussé un Polonais vers la fenêtre ... Jean-Polski, y a ta bagnole qui gêne ... Quoi ! Ma bagnole ! ... C'est lui le pape ! ... Aaaaaah ! ... C'est un Polonais ! ... Oooooooh ! ».

dimanche, mai 19, 2019

Vincent Lambert : la saloperie par bienveillance.

Personne ne sait ce que ressent Vincent Lambert. Son médecin a annoncé l'arrêt des traitements à partir du 20 mai.

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Tous ces gens bienveillants…

Pourquoi ? Pourquoi tant de gens bienveillants, médecins, juges, ministre de la Santé, veulent-ils autant que cet homme, le plus vulnérable d’entre tous les citoyens français, soit mis à mort ? Parce qu’il est insupportable de ne pas comprendre, de ne pas savoir, de ne rien maîtriser à son état ? Parce que ça coûte trop cher ? Sommes-nous entrés dans l’ère de la mise à mort comptable ? De la gestion administrative et financière de la vie humaine ? Sommes-nous redevenus des barbares ?
On va procéder au lent assassinat de Vincent Lambert. C’est le premier d’entre nous à qui ce traitement est officiellement infligé, avec le concours et le soutien de l’Etat. Les gens bienveillants continueront, et petit à petit, on commencera à se faire à l’idée qu’il est bon et raisonnable de faire disparaître d’autres gens inutiles. Ce meurtre programmé est une honte, un scandale sans fond, comme parfois sont les actes des gens trop bienveillants. Ou le sont-ils vraiment ?

mercredi, janvier 07, 2015

Vincent Lambert n'est plus «comme nous», il n'a pas cessé pour autant d'être l'un de nous



J'ai été très content de lire ce texte. Il rompt avec les textes habituels sur ce sujet délicat, il donne un point de vue humain, ça manque beaucoup dans cette affaire.

Pour Vincent Lambert, il y aurait peut-être une solution. Connaissant mal cette affaire, je ne sais pas pourquoi elle n'a pas été essayée : que ses parents le prennent chez eux, avec une assistance à domicile.

A vrai dire, cela ne change rien à mon opinion, que je vous ai déjà exprimée : il n'y a aucun besoin, autre que l'idéologie nihiliste, de toucher aux lois actuelles. Il faut surtout augmenter les moyens humains et financiers des soins palliatifs. Moyens qui seraient très faciles à dégager si l'on faisait la chasse avec un peu de bon sens aux milliards gaspillés dans un système hospitalier ubuesque. Par exemple, on pourrait fermer les blocs chirurgicaux qui ne font pas assez d'opérations et qui sont, de ce fait, dangereux (1). Ah oui, mais ça vexe un maire ou un député.

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(1) : c'est une logique de maintien des compétences bien connue en aviation, où il existe des minima d'heures de vol pour garder les qualifications. Cela existe aussi dans le système hospitalier français, mais à des niveaux tellement bas, pour ne déranger personne, que ce n'est pas significatif.

jeudi, novembre 27, 2014

L'avortement, un droit fondamental ?

J'ai été très marqué par un professeur, pourtant de gauche, qui m'a dit : «On critique les dictatures totalitaires, mais, tu sais, avec notre droit à l'IVG, nous serons peut-être considérés comme des génocidaires par nos arrières-petits-enfants».

IVG : La réaction de Jean‐Christophe Fromantin aux attaques

Que l'avortement soit une possibilité dans certaines situations de détresse, je veux bien en discuter. Mais de là à en faire un droit fondamental et de ce fait indiscutable, presque un devoir dans le cas de malformations ... c'est une folie furieuse, une soif de destruction diabolique, satanique.

A l'ouverture des camps de concentration, Bernanos a dit : «Satan a reparu visiblement dans le monde».

J'ai la même réaction : on en revient au monde pré-chrétien, où le pater familias avait droit de vie ou de mort sur ses enfants, sauf que, dans notre monde, c'est la mère qui a droit de vie ou de mort sur ses enfants (à rapprocher des affaires de bébés dans les congélateurs où les mères écopent de peines étonnamment légères. A l'heure où l'on a la phobie du crime sexuel pédophile, on banalise l'infanticide, pourvu que le meurtrier soit la mère. Comprenne qui pourra).

Nota : j'ai vu plusieurs fois revenir sur les forums «l'argument» «Les hommes devraient être interdits de débats sur ce sujet», ce qui m'a permis d'apprendre qu'un enfant ne se fait plus à deux mais est désormais issu du corps féminin par une parthénogénèse spontanée (ce dont je me doutais depuis la loi Taubira). Le progrès fait rage.

mardi, novembre 25, 2014

Bien mourir

Fin de vie : mourir vraiment dans la dignité

Il fut une époque où le bien mourir était un art. Non pas qu'on ignorait la peur de la mort, au contraire, mais on tachait de la maitriser autant que possible.

mardi, juin 24, 2014

Envoyons la machine Vincent Lambert à la casse (3)

L'arrêt du Conseil d'Etat validant la mort par déshydratation de Vincent Lambert ne me surprend pas : mes fidèles lecteurs savent dans quel mépris je tiens notre société.

Quelques articles et liens (merci Curmu) :

Affaire Vincent Lambert : Y a-t-il urgence à légiférer sur la fin de vie ?

Ce que révèle l'affaire Vincent Lambert des dérives de la médecine

Point de vue : euthanasie, ne touchez pas l'Intouchable !

What is bioethics ?

Harsh Medicine: Chapter one from "Culture of Death"

Enfin, on argue des sondages pour dire que les Français sont en faveur de l'euthanasie. C'te bonne blague !

La technique est toujours la même (très efficace, je dois le reconnaître) : la classe jacassante met un sujet à la mode en le présentant d'une manière partielle et partiale (ici, on nous tympanise de «mourir dans la dignité» sans jamais évoquer l'amélioration des soins palliatifs, qui contribueraient grandement au vivre dans la dignité).

Ensuite, on fait des sondages où, étant donné la présentation manichéenne du sujet («Préférez mourir tout de suite sans douleur ou plus tard dans des souffrances atroces ?», je caricature à peine), on obtient des réponses qui vont dans le sens de la classe jacassante. Et hop, le tour est joué : «Les Français sont majoritairement pour cette "avancée"».

Comme, chacun sait, quand le peuple est d'accord avec la classe jacassante (mais dans ce cas seulement), il est souverain (sinon, il est affreusement populiste qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire).

La ficelle est grosse, mais ça marche, alors pourquoi se gêner ?


lundi, juin 23, 2014

Envoyons la machine Vincent Lambert à la casse (2)

Dans la droite ligne du billet précédent :

L'homme actuel se traite en matériau

La vie humaine une valeur en chute

Et comme certains commentateurs ont évoqué la trahison de leurs devoirs par les médecins, ce commentaire extrait du blog de Philippe Bilger :

Cette affaire Lambert nous amène à exprimer ici des opinionspersonnelles, reposant plus sur divers critères subjectifs et sur l'émotion que sur des bases sérieuses.

Mais l'Académie de Médecine avait déjà mis les points sur les « i » :
«L'arrêt de vie, en réponse à une demande volontaire à mouriralors que la vie en elle-même n'est ni irrémédiablement parvenue à son terme, ni immédiatement menacée ne peut être assimilée à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s'agirait «seulement» d'une aide au suicide, il n'est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort». 
(...)
Tout aussi fermement, le rapport de neuf pages réaffirme que «le droit de la personne à l'alimentation et aux mesures appropriées à la qualité de vie», comme la kinésithérapie, l'hygiène et la prévention des escarres, ne peut être «subordonné à sa capacité relationnelle», qu'«aucun médecin ne peut l'accepter». Pourtant, Vincent Lambert, depuis fin 2012, ne bénéficie plus de kiné ni d'orthophonie.
En d'autres termes, peu importe le degré de conscience ou de communication, un médecin «a mission de soigner», dit l'Académie en précisant ne pouvoir «souscrire» à une «distinction entre état végétatif chronique et état de conscience minimal».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/15/01016-20140515ARTFIG00014-affaire-lambert-le-rappel-a-l-ordrede-l-academie-de-medecine.php
Merci à l'Académie de Médecine de rappeler avec fermeté ces principes qui devraient aller de soi mais que trop de nos contemporains y compris ceux qui occupent des postes à responsabilités ont tendance à oublier.
De quoi rassurer les patients potentiels qui se demandent parfois si, rentrant à l’hôpital par la porte des urgences, ils n'en sortiront pas par la cheminée de l'incinérateur sur un caprice d'un médecin de garde pressé de partir en congés.
Ceci dit, si la justice persiste à vouloir condamner à mort un de ces nouveaux accusés coupables d'être innocents, devra-t-elle recruter et former des bourreaux successeurs de Deibler pour cette besogne ?

samedi, juin 21, 2014

Envoyons la machine Vincent Lambert à la casse

La loi et la vie

Citons d'abord l'éditorial du Figaro :

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De son lit de douleur, celui qui est devenu un symbole et un enjeu pose la question: qu'est-ce qu'une vie? À quoi s'évalue-t-elle? À la capacité de manger, de parler, de ressentir? À partir de quel stade ne vaut-elle plus la peine d'être vécue? Des experts médicaux, l'Académie de médecine et le Comité national d'éthique ont déjà mis en garde le Conseil d'État contre une définition par trop restrictive de la vie, limitée à la seule «conscience».

Cette évolution a quelque chose de glaçant Notre époque, désorientée par l'effacement des repères éthiques, s'est détournée des autorités morales ou religieuses traditionnelles, et préfère s'en remettre en dernier ressort à des juges: en 2014, on ne cherche plus la voix de la sagesse dans les grands textes sacrés mais dans des Codes et des arrêts.

Cette évolution a quelque chose de glaçant.

On ne sait pas si mardi prochain le Conseil d'État suivra les conclusions de son rapporteur, préconisant l'interruption du «traitement», c'est-à-dire la mort. Mais ce jour-là, chacun devra avoir à l'esprit l'image d'Antigone acharnée à défendre la loi de l'humanité face à celle, implacable, de la cité de Créon.
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Glaçant. C'est le mot.

Je suis terrifié. Et deux fois terrifié :

•  Terrifié par l'idée qu'il y aurait des vies qui ne vaudraient pas la peine d'être vécues. Cette idée me paraît criminelle. La notion sous-jacente que l'homme est une machine et qu'il faut la jeter à la poubelle quand elle ne fonctionne plus correctement m'effraie au delà de tout ce qu'on peut écrire. C'est un blasphème, contre Dieu, contre l'humanité. Si les mots «crime contre l'humanité» ont un sens, ils s'appliquent dans ce cas là.

• Terrifié par la perspective que la décision de savoir si ma vie, ta vie, nos vies méritent d'être vécues puisse être prise par des juges suivant une loi qui est, toujours, passagère et de circonstance.

Le fond de l'affaire, c'est un orgueil démesuré, qui est réellement (je le répète) blasphématoire : la volonté de contrôler la vie d'un bout à l'autre, l'incapacité à admettre que notre destin nous échappe.

A un bout de la vie, avec les avortements et les méthodes génétiques, on essaie de contrôler la naissance au point qu'on va bientôt pouvoir choisir son enfant sur catalogue. A l'autre bout, on veut pouvoir choisir l'heure et les conditions de sa mort et on élimine ceux qui, par leur malheureux destin, montrent que cette ambition n'est qu'une illusion perverse d'un monde ivre de technicité.

Comprenez moi bien. Il s'agit d'une discussion hautement philosophique mais pas seulement : un jour, cela peut être vous, ou votre mère, qu'on décide de débrancher ou pire, dans le cas de Vincent Lambert, de faire mourir de soif et de faim (car c'est bien de cela qu'il s'agit derrière les mots ronflants de «mourir dans la dignité»).

La loi Leonetti protège contre l'acharnement thérapeutique. Est-ce que nourrir un malade inconscient, c'est de l'acharnement thérapeutique ? Soyons sérieux. Si Vincent Lambert s'appelait Michael Schumacher, je ne suis pas sûr que la décision serait identique.

Le doute doit profiter à la vie.

Et j'en ai un peu marre du martèlement univoque de la propagande soi-disant progressiste. On a assez de recul avec l'expérience belge : derrière les grands mots, la réalité est sordide. Les pics d'euthanasie avant les départs en vacances, les héritiers pressés de toucher l'héritage, l'épouse qui veut refaire sa vie, les lits à libérer parce qu'ils coutent cher etc.

En tout cas, je suis bien content de ne pas être immortel : je ne sais pas comment je mourrai, mais notre époque m'inspire un profond dégoût et je ne serai pas malheureux de la quitter (au contraire d'autres êtres et d'autres choses qui me sont chères).