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Si avec ça, je ne passe pas à la télé dans trois jours, député dans deux semaines, président de la république dans deux ans, c'est à désespérer de la technologie moderne.
lundi, décembre 13, 2004
Petite défense de l'aviation générale
L'avion est un outil pour apprendre à se connaître et pour s'améliorer.
C'est une école de rigueur : un atterrissage un peu trop rapide, approximatif, mal centré, un vent retors, un sol glissant, et c'est la sortie de piste.
C'est une école de responsabilité : la décision du pilote doit minimiser les risques. Trop d'accidents, panne d'essence, collision avec le relief par mauvais temps, se sont produits parce que le pilote n'a pas su dire non à un passager qui voulait tant y aller quand même.
C'est une école de liberté : le pilote est commandant de bord. A mes débuts, j'avais un instructeur qui me reprenait lors des collationnements des ordres du contrôle : "Ne dis pas : 'On s'aligne et on décolle' mais 'JE m'aligne et JE décolle'"
Liberté : je n'emploie pas ce mot à la légère, pour me gargariser. Je sais qu'il est lourd d'histoire et de sang.
Nous sommes dans un monde où l'individu a de plus en plus de droits à condition d'avoir de moins en moins de personnalité. Le conformisme a remplacé la contrainte et la norme. Pour rependre un mot de Saint-Exupéry, un pilote aussi, on nous a coupé les bras et les jambes puis on nous a laissé libres de courir.
Le même raisonnement s'applique pour la corrida ou la chasse : activités que je n'apprécie pas pour ma part, mais pourquoi les restreindrait-on au-delà de ce qui est nécessaire à la protection de la nature ?
L'aviation légère est aujourd'hui très contestée par des riverains qui se plaignent des nuisances et des maires qui rêvent d'opérations immobilières sur les terrains.
Mais les riverains sont très souvent malhonnêtes : un terrain comme Toussus le Noble date de 1919, les lotissements qui l'entourent datent au plus tôt de la fin des années 70. N'y at-il pas une certaine mauvaise foi à se plaindre de nuisances qu'ils connaissaient parfaitement en s'installant et qui, à dire la vérité, ne sont pas si terribles ?
J'ai fait l'effort un samedi de beau temps, aux heures où les avions partent, de parcourir les quelques lotissements qui entourent Toussus. Franchement, il y a un désagrément, mais il n'est pas insurmontable avec quelques arrangements. Il est possible avec des riverains et des pilotes raisonnables de trouver des accords satisfaisants.
Mais, j'ai bien peur que ce qui gêne, au fond, beaucoup de ceux qui réclament la fermeture des terrains, ça soit la liberté des autres. Pour ma part, je vole souvent en semaine. Je serais curieux de connaître combien de gens je peux bien déranger.
Il n'y a pas que les riverains, il y a aussi l'administration de l'aviation civile qui semble mourir de trouille à l'idée que quelque chose puisse échapper à son contrôle. Le renforcement des règlements donne plus une impression de fébrilité que de maîtrise de la situation. Par exemple, les ZIT définitives (ZIT = Zones d'Interdiction Temporaires, mais le Temporaires est juste un trait d'humour administratif) de 5 km autour des centrales nucléaires sont juste une gesticulation médiatique : d'une part, un avion parcourt 5 km en moins de 2 minutes, d'autre part, un avion de tourisme est absolument incapable de faire un dégât sérieux à une centrale.
Le suicide par collision d'un immeuble de bureaux par un pilote aux commandes d'un Cessna 172 a suffi à permettre d'évaluer le peu d'effets de l'impact.
Enfin, un semi-remorque bourré d'explosifs ferait bien plus de dégâts et je n'ai pas entendu que les semi-remorques fussent interdits à moins de cinq kilomètres d'une centrale nucléaire.
On va me dire : "Ah ! La belle affaire , La grande nouveauté ! La liberté entravée par les jaloux et les puissants, du jamais vu ! Du sensationnel !"
Certes, mais ce qui n'est pas nouveau non plus c'est que la liberté, libérté chérie, exerce de puissants charmes sur ses adorateurs. Aviation générale pas morte !
Photo
C'est une école de rigueur : un atterrissage un peu trop rapide, approximatif, mal centré, un vent retors, un sol glissant, et c'est la sortie de piste.
C'est une école de responsabilité : la décision du pilote doit minimiser les risques. Trop d'accidents, panne d'essence, collision avec le relief par mauvais temps, se sont produits parce que le pilote n'a pas su dire non à un passager qui voulait tant y aller quand même.
C'est une école de liberté : le pilote est commandant de bord. A mes débuts, j'avais un instructeur qui me reprenait lors des collationnements des ordres du contrôle : "Ne dis pas : 'On s'aligne et on décolle' mais 'JE m'aligne et JE décolle'"
Liberté : je n'emploie pas ce mot à la légère, pour me gargariser. Je sais qu'il est lourd d'histoire et de sang.
Nous sommes dans un monde où l'individu a de plus en plus de droits à condition d'avoir de moins en moins de personnalité. Le conformisme a remplacé la contrainte et la norme. Pour rependre un mot de Saint-Exupéry, un pilote aussi, on nous a coupé les bras et les jambes puis on nous a laissé libres de courir.
Le même raisonnement s'applique pour la corrida ou la chasse : activités que je n'apprécie pas pour ma part, mais pourquoi les restreindrait-on au-delà de ce qui est nécessaire à la protection de la nature ?
L'aviation légère est aujourd'hui très contestée par des riverains qui se plaignent des nuisances et des maires qui rêvent d'opérations immobilières sur les terrains.
Mais les riverains sont très souvent malhonnêtes : un terrain comme Toussus le Noble date de 1919, les lotissements qui l'entourent datent au plus tôt de la fin des années 70. N'y at-il pas une certaine mauvaise foi à se plaindre de nuisances qu'ils connaissaient parfaitement en s'installant et qui, à dire la vérité, ne sont pas si terribles ?
J'ai fait l'effort un samedi de beau temps, aux heures où les avions partent, de parcourir les quelques lotissements qui entourent Toussus. Franchement, il y a un désagrément, mais il n'est pas insurmontable avec quelques arrangements. Il est possible avec des riverains et des pilotes raisonnables de trouver des accords satisfaisants.
Mais, j'ai bien peur que ce qui gêne, au fond, beaucoup de ceux qui réclament la fermeture des terrains, ça soit la liberté des autres. Pour ma part, je vole souvent en semaine. Je serais curieux de connaître combien de gens je peux bien déranger.
Il n'y a pas que les riverains, il y a aussi l'administration de l'aviation civile qui semble mourir de trouille à l'idée que quelque chose puisse échapper à son contrôle. Le renforcement des règlements donne plus une impression de fébrilité que de maîtrise de la situation. Par exemple, les ZIT définitives (ZIT = Zones d'Interdiction Temporaires, mais le Temporaires est juste un trait d'humour administratif) de 5 km autour des centrales nucléaires sont juste une gesticulation médiatique : d'une part, un avion parcourt 5 km en moins de 2 minutes, d'autre part, un avion de tourisme est absolument incapable de faire un dégât sérieux à une centrale.
Le suicide par collision d'un immeuble de bureaux par un pilote aux commandes d'un Cessna 172 a suffi à permettre d'évaluer le peu d'effets de l'impact.
Enfin, un semi-remorque bourré d'explosifs ferait bien plus de dégâts et je n'ai pas entendu que les semi-remorques fussent interdits à moins de cinq kilomètres d'une centrale nucléaire.
On va me dire : "Ah ! La belle affaire , La grande nouveauté ! La liberté entravée par les jaloux et les puissants, du jamais vu ! Du sensationnel !"
Certes, mais ce qui n'est pas nouveau non plus c'est que la liberté, libérté chérie, exerce de puissants charmes sur ses adorateurs. Aviation générale pas morte !
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Education nationale : peut mieux faire ?
Le lien ci-dessous mène à un "chat" du Monde avec Philippe Meirieu, un de ces théoriciens pédagogues qui ont contribué à mener le système éducatif où il est aujourd'hui. Mais ils n'étaient pas seuls, certains politiciens les y ont bien aidé.
Ce qu'il dit n'est pas inintéressant. Vous n'êtes pas obligés d'être d'accord, mais c'est instructif tout de même.
Lien : Education nationale : peut mieux faire ?
Ce qu'il dit n'est pas inintéressant. Vous n'êtes pas obligés d'être d'accord, mais c'est instructif tout de même.
Lien : Education nationale : peut mieux faire ?
Appelez moi Cannelle ...
Après la mort de l'ourse Cannelle dans les Pyrénées, on parle de réintroduire des femelles ourses.
En effet, les mâles, privés de femelles, dépérissent, s'étiolent, perdent l'appétit, jouent sans entrain à la belote.
Ce phénomène est très bien décrit dans La maison Tellier, de Maupassant, racontant la fermeture exceptionnelle, pour cause de première communion de la nièce de la patronne, d'une maison close provinciale. Le film qui en a été tiré est Le plaisir, de Max Ophuls, avec Danielle Darrieux.
Pour en revenir aux ours : les bergers, bien entendu, hurlent à l'assassinat de la petite entreprise, à la fin des haricots, aux carottes cuites, à la cabane sur le chien, au loup dans la bergerie, à l'apocalypse pastoral.
A long terme, le problème est réglé. Il suffit de patienter quelques dizaines de milliers d'années, l'homme est un super-prédateur du genre Attila, toute vie sauvage, animale ou végétale, aura disparu.
En attendant, il me semble avoir compris que les bergers pyrénéens sont sur la défensive bourrue, voire renfrognée, et assez ouverts au dialogue à coups de chevrotines.
Vu que dans d'autres régions, l'implantation de loups, d'ours et de touristes en short ne se passe pas si mal pour les bergers, il doit quand même y avoir un problème d'adaptation spécifique aux Pyrénées. On doit respecter les hommes plus que les bêtes et leur donner le temps et les moyens de s'adapter.
Il n'en reste pas moins que ça me ferait bien plaisir de voir des ours dans les Pyrénées. Et pas seulement des mâles velus, mais aussi de charmantes ourses.
En effet, les mâles, privés de femelles, dépérissent, s'étiolent, perdent l'appétit, jouent sans entrain à la belote.
Ce phénomène est très bien décrit dans La maison Tellier, de Maupassant, racontant la fermeture exceptionnelle, pour cause de première communion de la nièce de la patronne, d'une maison close provinciale. Le film qui en a été tiré est Le plaisir, de Max Ophuls, avec Danielle Darrieux.
Pour en revenir aux ours : les bergers, bien entendu, hurlent à l'assassinat de la petite entreprise, à la fin des haricots, aux carottes cuites, à la cabane sur le chien, au loup dans la bergerie, à l'apocalypse pastoral.
A long terme, le problème est réglé. Il suffit de patienter quelques dizaines de milliers d'années, l'homme est un super-prédateur du genre Attila, toute vie sauvage, animale ou végétale, aura disparu.
En attendant, il me semble avoir compris que les bergers pyrénéens sont sur la défensive bourrue, voire renfrognée, et assez ouverts au dialogue à coups de chevrotines.
Vu que dans d'autres régions, l'implantation de loups, d'ours et de touristes en short ne se passe pas si mal pour les bergers, il doit quand même y avoir un problème d'adaptation spécifique aux Pyrénées. On doit respecter les hommes plus que les bêtes et leur donner le temps et les moyens de s'adapter.
Il n'en reste pas moins que ça me ferait bien plaisir de voir des ours dans les Pyrénées. Et pas seulement des mâles velus, mais aussi de charmantes ourses.
Cinéma : Holy Lola
FFF
Raconte les péripéties d'un couple en mal d'adoption au Cambodge. Film émouvant. On a toujours plaisir à revoir ce pays si attachant.
(Mon système de notation va de (rien) à FFFF)
Raconte les péripéties d'un couple en mal d'adoption au Cambodge. Film émouvant. On a toujours plaisir à revoir ce pays si attachant.
(Mon système de notation va de (rien) à FFFF)
Medias : l'armée américaine se pose une question saugrenue
Avec cette candeur qui donne aux Américains un certain charme, l'armée américaine se pose publiquement une question : doit-elle ou non manipuler les opinions arabe, occidentale et américaine ?
Naïvement, je croyais que c'était déjà fait. Qui parle des 100 000 et quelques morts civils irakiens du fait de bombardements américains ?
Naïvement, je croyais que c'était déjà fait. Qui parle des 100 000 et quelques morts civils irakiens du fait de bombardements américains ?
Blog, koitesk ?
Blog, contraction de web log, est un mot assez laid mais bon, c'est l'usage. C'est simplement un journal de bord en ligne de manipulation aisée pour les attardés du numérique dans mon genre. Vous pouvez faire des commentaires. Dans l'idéal, un blog suscite l'intérêt et la discussion.
Dans la presse traditionnelle, le journaliste présente les faits "objectivement" puis expose son opinion.
Les blogs et les forums inversent cette logique : il y a d'abord débat d'opinion, ensuite c'est à chacun d'aller chercher des informations. Le réseau est une source inépuisable.
Est-ce plus honnête ? Je suis tenté de le croire : lecteur quotidien du Monde, je trouve quelquefois l'objectivité de façade très irritante, à tel point que je ne lis souvent que les pages débats (pas d'objectivité) et aussi nature et jardinage ; bien que n'ayant pas de jardin.
Cette manière de procéder est on ne peut plus naturelle :
Je me souviens que des camarades, des planqués en fait, m'avaient décrit, à moi réformé, l'horreur que furent leurs "trois jours". De fil en aiguille, une polémique s'en était suivie sur les capacités de marche de la légion romaine comparée aux vaillants soldats d'opérette que j'avais pour amis; polémique seulement soutenue par une vaste incompétence d'un coté comme de l'autre. Ensuite, la réponse, étayée par des exemples historiques, fut trouvée sur internet : 40 km/jour, toute équipée.
Dans la presse traditionnelle, le journaliste présente les faits "objectivement" puis expose son opinion.
Les blogs et les forums inversent cette logique : il y a d'abord débat d'opinion, ensuite c'est à chacun d'aller chercher des informations. Le réseau est une source inépuisable.
Est-ce plus honnête ? Je suis tenté de le croire : lecteur quotidien du Monde, je trouve quelquefois l'objectivité de façade très irritante, à tel point que je ne lis souvent que les pages débats (pas d'objectivité) et aussi nature et jardinage ; bien que n'ayant pas de jardin.
Cette manière de procéder est on ne peut plus naturelle :
Je me souviens que des camarades, des planqués en fait, m'avaient décrit, à moi réformé, l'horreur que furent leurs "trois jours". De fil en aiguille, une polémique s'en était suivie sur les capacités de marche de la légion romaine comparée aux vaillants soldats d'opérette que j'avais pour amis; polémique seulement soutenue par une vaste incompétence d'un coté comme de l'autre. Ensuite, la réponse, étayée par des exemples historiques, fut trouvée sur internet : 40 km/jour, toute équipée.
dimanche, décembre 12, 2004
Déficitons, déficitons ...
On savait les Français accros aux déficits publics et, comme tous les drogués, ils sont très attachés à leur dealer, l'Etat.
Voici maintenant que le déficit du commerce extérieur se creuse pour des raisons qui n'ont rien de réjouissantes ni de momentanées : manque de présence sur les marchés en croissance (Inde, Chine), quasi absence des marchés de hautes technologies à forte valeur ajoutée.
Je pense que ces déficits sont psychologiquement conjoints : l'Etat ne montrant plus l'exemple du mouvement, les hommes politiques jouant sur les peurs, il n'y a guère lieu d'être surpris de la frilosité des entreprises.
Il convient toutefois que je reste modeste : les explications ressortant de la psychologie collective peuvent être oiseuses et totalement à coté de la plaque. J'exprime mon sentiment et seulement mon sentiment : je n'ai aucune étude qui justifie ce que je viens d'écrire, c'est juste une intuition.
Voici maintenant que le déficit du commerce extérieur se creuse pour des raisons qui n'ont rien de réjouissantes ni de momentanées : manque de présence sur les marchés en croissance (Inde, Chine), quasi absence des marchés de hautes technologies à forte valeur ajoutée.
Je pense que ces déficits sont psychologiquement conjoints : l'Etat ne montrant plus l'exemple du mouvement, les hommes politiques jouant sur les peurs, il n'y a guère lieu d'être surpris de la frilosité des entreprises.
Il convient toutefois que je reste modeste : les explications ressortant de la psychologie collective peuvent être oiseuses et totalement à coté de la plaque. J'exprime mon sentiment et seulement mon sentiment : je n'ai aucune étude qui justifie ce que je viens d'écrire, c'est juste une intuition.
samedi, décembre 11, 2004
Encyclopédie Wikipedia : une adresse utile
Wikipedia : encyclopédie libre et gratuite, alimentée par ses utilisateurs.
La masse des utilisateurs est censée garantir que, au fur et à mesure de l'usage, les définitions s'affinent et s'améliorent.
La validité de cette hypothèse repose sur la foi en l'honnêteté des contributeurs.
Le danger n'est pas tant la manipulation (il y a un comité d'arbitrage) que le conformisme et la bien-pensance.
De toute façon, je trouve Wikipedia utile.
Lien : Encyclopédie Wikipedia
La masse des utilisateurs est censée garantir que, au fur et à mesure de l'usage, les définitions s'affinent et s'améliorent.
La validité de cette hypothèse repose sur la foi en l'honnêteté des contributeurs.
Le danger n'est pas tant la manipulation (il y a un comité d'arbitrage) que le conformisme et la bien-pensance.
De toute façon, je trouve Wikipedia utile.
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De l'humour
Autant l'avouer, les gens sans humour me font peur. Ca fait la même impression que toucher un serpent. Rien que de très désagréable.
L'humour consiste à se moquer de soi-même et, si il arrive que l'on se moque des autres, ce n'est que pour provoquer la joute.
J'aime l'humour anglais dont un des sommets est représenté par le très sérieux, du moins en surface, ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre qui commençait ses discours par :
"Il y a trois sortes de banquiers : ceux qui savent compter et ceux qui ne savent pas compter."
L'humour consiste à se moquer de soi-même et, si il arrive que l'on se moque des autres, ce n'est que pour provoquer la joute.
J'aime l'humour anglais dont un des sommets est représenté par le très sérieux, du moins en surface, ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre qui commençait ses discours par :
"Il y a trois sortes de banquiers : ceux qui savent compter et ceux qui ne savent pas compter."
Quelques livres recommandés
Tous ces livres méritent l'effort de les lire. Même ceux qui sont réputés difficiles, surtout ceux-là, car ce sont ceux qui dépaysent le plus. Bon voici une liste à peu près chronologique :
L'odyssée (Homère)
Ce chant a ému "des générations d'hommes, nombreuses comme les feuilles."
L'enquête (Hérodote) ; La guerre du Péloponnèse (Thucydide)
Ces deux-là sont toujours associés et opposés. L'un le conteur, l'autre le rigoureux. Les Grecs contre les Perses, Les Athéniens contre les Spartiates.
Nota : les bouquins de la Pléiade sont très solides : les oeuvres complètes Hérodote et Thucydide ont un peu moisies après avoir voisiné pendant six mois avec une bouteille d'eau fuyante dans un coffre de Clio mais elles sont encore lisibles.
La guerre des Gaules (JC)
Livre à la gloire de Jules César écrit par César, Jules.
Perceval le gallois (Chrétien de Troyes)
Un roman médiéval, tout en symboles
La divine comédie (Dante)
Dante, guidé par Virgile, descend aux Enfers chercher Beatrice. A-t-on fait mieux depuis ?
Oeuvres complètes de Villon
Maitre François nous initie à la grande truanderie. "Frères humains, qui après nous vivez, n'ayez contre nous le coeur endurci ...."
Oeuvres de Rabelais
Un autre maitre François. Le rire et la liberté.
Les Essais (Montaigne)
Celui-là a bien choisi la phrase gravée sur une des poutres de sa librairie :"Je suis un homme, et rien de ce qui humain ne m'est étranger." Une fête de l'intelligence. Pour ceux qui ne voudraient vraiment pas s'y mettre, je signale Montaigne à cheval, de Jean Lacouture, qui est un substitut, mais c'est à Montaigne ce que le mousseux est au champagne.
Nathalie Sarraute, la romancière, ne quittait jamais son exemplaire des Essais, paraît-il, et, dans les moments de déprime, l'ouvrait à une page au hasard, suivant la tradition russe avec la Bible, en invoquant "Montaigne, aide moi !" Parmi les amis de Montaigne, on compte La Bruyère, Voltaire, Stendhal, Jean Prévost, Saint-Exupéry. Je ne peux croire que cette affinité à travers les siècles avec des auteurs que, par ailleurs, j'apprécie soit un hasard sans signification.
Othello (Shakespeare)
Souvent placée en retrait des "trois grandes" (Hamlet, Mac Beth, King Lear), cette pièce présente pourtant le personnage le plus attachant, à mes yeux, de toute la littérature shakespearienne : Othello.
Sonnets (Shakespeare)
Se passe de commentaires, d'ailleurs je ne sais pas quoi dire
Phèdre (Racine)
Inceste, meurtres, jalousie, la vie, quoi ...
Le Misanthrope (Molière)
L'homme aux rubans verts aime Célimène. une comédie, presque une tragédie.
Romans et contes (Voltaire)
Mon conte préféré, c'est Zadig. Mais à chacun le sien.
Fables (La Fontaine)
Celui-là, jai hésité, mauvais souvenirs d'école. Mais en relisant en adulte, ça vaut le coup.
La chartreuse de Parme (Stendhal)
Stendhal écrivait ses romans d'une traite, sans ratures, car il travaillait d'abord sur lui-même et, quand il était prêt, ça sortait.
L'éducation sentimentale (Flaubert)
Il ne se passe rien que l'amour inassouvi entre Frédéric et madame Arnoux, et pourtant, c'est un grand roman.
La guerre et la paix (Tolstoï)
Une femme aime un homme et en épouse un troisième. J'ai tout lu en une demi-heure : il neige et ça parle de Russie (Woody Allen)
Anna Karénine (Tolstoi)
Vronski est séduisant, mais de là à abandonner mon fiston-que-j'aime ?
Histoire de la révolution française (J. Michelet)
Il est des livres qui deviennent des monuments mais n'en perdent pas leur qualité humaine pour autant. Vraiment un très grand livre. L'oeuvre d'une vie.
L'ancien régime et la révolution (Tocqueville)
Les misérables (Hugo)
Je suis une force qui va.
Nostromo (Conrad)
Le plus grand roman exotique ? En tout cas, un émerveillement
Alcools (G. Apollinaire)
La Lorelei, le Rhin, tout ça.
Ceux de 14 (M. Genevoix)
Terre des hommes (Saint-Exupéry)
Il cherche ce qu'il faut dire aux hommes et il finit par trouver
Le rivage des Syrtes (J. Gracq)
Comme Nostromo, un roman qui crée son univers
L'étrange défaite (M. Bloch)
Si vous voulez savoir ce que peut donner comme historien la maturation de plusieurs siècles de culture humaniste... Il ne se paye pas de mots : quand il écrit "Je souhaite que nous ayons encore du sang à verser", il pense d'abord au sien.
Fureur et mystère (R. Char)
Ecrit pendant la guerre, dans l'instant "Etre du bond. N'être pas du festin, son épilogue".
Le fil de l'épée et Mémoires de guerre (C. De Gaulle)
Un peu sa guerre des Gaules à lui. Comme la guerre des Gaules, c'est bien écrit, net et sans bavures... et il parle de lui.
Out of africa (Karen Blixen)
Conteuse exceptionnelle
Belle du seigneur (Cohen)
La joie, l'humour, la férocité. Alleluia pour le vieux juif.
Mémoires d'Hadrien (Yourcenar)
Fascinante, l'intimité d'un empereur
Oeuvres St John Perse
Spécial mais beau
Quelques livres qui se rattache plus ou moins à l'actualité :
No end save victory (ouvrage collectif)
Recueil d'articles sur des aspects oubliés ou inconnus de la seconde guerre mondiale. Passionante mise en perspective de l'histoire "officielle". Ca rend plus modeste lorsqu'on joue les stratèges en chambre sur la guerre d'Irak
Quelques livres d'actualités politico-économiques :
La guerre des deux France (J. Marseille) et La France qui tombe (N. Baverez) : plutôt de tendance décliniste, ils ont au moins le mérite de poser le débat
Le grand gaspillage (J. Marseille) et Etat d'urgence (ouvrage collectif) : émettent un diagnostic alarmant sur la santé, notamment financière mais pas seulement, de l'Etat français et proposent quelques pistes. Leurs évaluations recoupent approximativement celles de la cour des comptes : on pourrait, en posant les problèmes avec honnêteté et avec une vraie volonté de les résoudre, arriver, sans trop de douleurs mais avec quelques bousculades de situations figées à une réduction des dépenses, de l'ordre de 20 % avec plutôt une amélioration du service public.
Le problème est d'offre politique. Le diagnostic sur les maux de l'Etat et de la société français a été maintes fois émis par divers organismes ; mais il n'est pas ou peu partagé par les citoyens par absence de pédagogie des dirigeants et de projet construit (on restreint la politique à des slogans souvent très creux et à des querelles d'ambitions personnelles) ; d'où une inquiétude diffuse qui ne trouve aucun médiateur politique pour s'exprimer de manière positive et se transformer en action.
Les Français face à la réforme sont comme face à la roulette chez le dentiste : ils hurlent avant même qu'on les touche. Comment pourrait-il en être autrement alors qu'au lieu de leur ouvrir des perspectives, de prendre la barre, on s'évertue à leur faire peur et on donne à penser qu'on est victime d'évènements hors de contrôle ? "on", bien sûr, ce sont les politiciens.
Sur le sujet de l'action politique au sein de la société, deux livres de Nicolas Tenzer : Les valeurs des modernes et France : la réforme impossible ?
L'auteur pose à chaque fois la question : comment articuler individualisme et action collective dans le monde actuel ? Les réponses qu'il y apporte sont complexes, sa pensée ne s'est peut-être pas encore totalement cristallisée sur deux ou trois axes forts (nécessaires à l'action). En tous les cas, les propos sont fort instructifs. Pour ma part, cette question est la plus complexe que je rencontre actuellement, non seulement au niveau de la politique générale, mais à mon propre niveau : si je veux faire de la politique efficacement, comment m'y prendre ? Faire de la politique pour parler dans le vide, non merci.
Aujourd'hui, pour parodier une phrase des Anglais sur le football, la politique, c'est un jeu auquel tous les citoyens peuvent jouer et c'est un énarque qui gagne à la fin.
Enfin pour terminer sur une note optimiste :
Le modéle suédois (Magnus Falkehed) : réformer en profondeur tout en gardant un haut de niveau de prestations sociales est possible. Mais il y a du boulot ! Les Français n'étant pas plus bêtes que les Suédois, du moins je l'espère, nous devrions pouvoir y arriver aussi. Il "suffit" de s'y mettre.
L'odyssée (Homère)
Ce chant a ému "des générations d'hommes, nombreuses comme les feuilles."
L'enquête (Hérodote) ; La guerre du Péloponnèse (Thucydide)
Ces deux-là sont toujours associés et opposés. L'un le conteur, l'autre le rigoureux. Les Grecs contre les Perses, Les Athéniens contre les Spartiates.
Nota : les bouquins de la Pléiade sont très solides : les oeuvres complètes Hérodote et Thucydide ont un peu moisies après avoir voisiné pendant six mois avec une bouteille d'eau fuyante dans un coffre de Clio mais elles sont encore lisibles.
La guerre des Gaules (JC)
Livre à la gloire de Jules César écrit par César, Jules.
Perceval le gallois (Chrétien de Troyes)
Un roman médiéval, tout en symboles
La divine comédie (Dante)
Dante, guidé par Virgile, descend aux Enfers chercher Beatrice. A-t-on fait mieux depuis ?
Oeuvres complètes de Villon
Maitre François nous initie à la grande truanderie. "Frères humains, qui après nous vivez, n'ayez contre nous le coeur endurci ...."
Oeuvres de Rabelais
Un autre maitre François. Le rire et la liberté.
Les Essais (Montaigne)
Celui-là a bien choisi la phrase gravée sur une des poutres de sa librairie :"Je suis un homme, et rien de ce qui humain ne m'est étranger." Une fête de l'intelligence. Pour ceux qui ne voudraient vraiment pas s'y mettre, je signale Montaigne à cheval, de Jean Lacouture, qui est un substitut, mais c'est à Montaigne ce que le mousseux est au champagne.
Nathalie Sarraute, la romancière, ne quittait jamais son exemplaire des Essais, paraît-il, et, dans les moments de déprime, l'ouvrait à une page au hasard, suivant la tradition russe avec la Bible, en invoquant "Montaigne, aide moi !" Parmi les amis de Montaigne, on compte La Bruyère, Voltaire, Stendhal, Jean Prévost, Saint-Exupéry. Je ne peux croire que cette affinité à travers les siècles avec des auteurs que, par ailleurs, j'apprécie soit un hasard sans signification.
Othello (Shakespeare)
Souvent placée en retrait des "trois grandes" (Hamlet, Mac Beth, King Lear), cette pièce présente pourtant le personnage le plus attachant, à mes yeux, de toute la littérature shakespearienne : Othello.
Sonnets (Shakespeare)
Se passe de commentaires, d'ailleurs je ne sais pas quoi dire
Phèdre (Racine)
Inceste, meurtres, jalousie, la vie, quoi ...
Le Misanthrope (Molière)
L'homme aux rubans verts aime Célimène. une comédie, presque une tragédie.
Romans et contes (Voltaire)
Mon conte préféré, c'est Zadig. Mais à chacun le sien.
Fables (La Fontaine)
Celui-là, jai hésité, mauvais souvenirs d'école. Mais en relisant en adulte, ça vaut le coup.
La chartreuse de Parme (Stendhal)
Stendhal écrivait ses romans d'une traite, sans ratures, car il travaillait d'abord sur lui-même et, quand il était prêt, ça sortait.
L'éducation sentimentale (Flaubert)
Il ne se passe rien que l'amour inassouvi entre Frédéric et madame Arnoux, et pourtant, c'est un grand roman.
La guerre et la paix (Tolstoï)
Une femme aime un homme et en épouse un troisième. J'ai tout lu en une demi-heure : il neige et ça parle de Russie (Woody Allen)
Anna Karénine (Tolstoi)
Vronski est séduisant, mais de là à abandonner mon fiston-que-j'aime ?
Histoire de la révolution française (J. Michelet)
Il est des livres qui deviennent des monuments mais n'en perdent pas leur qualité humaine pour autant. Vraiment un très grand livre. L'oeuvre d'une vie.
L'ancien régime et la révolution (Tocqueville)
Les misérables (Hugo)
Je suis une force qui va.
Nostromo (Conrad)
Le plus grand roman exotique ? En tout cas, un émerveillement
Alcools (G. Apollinaire)
La Lorelei, le Rhin, tout ça.
Ceux de 14 (M. Genevoix)
Terre des hommes (Saint-Exupéry)
Il cherche ce qu'il faut dire aux hommes et il finit par trouver
Le rivage des Syrtes (J. Gracq)
Comme Nostromo, un roman qui crée son univers
L'étrange défaite (M. Bloch)
Si vous voulez savoir ce que peut donner comme historien la maturation de plusieurs siècles de culture humaniste... Il ne se paye pas de mots : quand il écrit "Je souhaite que nous ayons encore du sang à verser", il pense d'abord au sien.
Fureur et mystère (R. Char)
Ecrit pendant la guerre, dans l'instant "Etre du bond. N'être pas du festin, son épilogue".
Le fil de l'épée et Mémoires de guerre (C. De Gaulle)
Un peu sa guerre des Gaules à lui. Comme la guerre des Gaules, c'est bien écrit, net et sans bavures... et il parle de lui.
Out of africa (Karen Blixen)
Conteuse exceptionnelle
Belle du seigneur (Cohen)
La joie, l'humour, la férocité. Alleluia pour le vieux juif.
Mémoires d'Hadrien (Yourcenar)
Fascinante, l'intimité d'un empereur
Oeuvres St John Perse
Spécial mais beau
Quelques livres qui se rattache plus ou moins à l'actualité :
No end save victory (ouvrage collectif)
Recueil d'articles sur des aspects oubliés ou inconnus de la seconde guerre mondiale. Passionante mise en perspective de l'histoire "officielle". Ca rend plus modeste lorsqu'on joue les stratèges en chambre sur la guerre d'Irak
Quelques livres d'actualités politico-économiques :
La guerre des deux France (J. Marseille) et La France qui tombe (N. Baverez) : plutôt de tendance décliniste, ils ont au moins le mérite de poser le débat
Le grand gaspillage (J. Marseille) et Etat d'urgence (ouvrage collectif) : émettent un diagnostic alarmant sur la santé, notamment financière mais pas seulement, de l'Etat français et proposent quelques pistes. Leurs évaluations recoupent approximativement celles de la cour des comptes : on pourrait, en posant les problèmes avec honnêteté et avec une vraie volonté de les résoudre, arriver, sans trop de douleurs mais avec quelques bousculades de situations figées à une réduction des dépenses, de l'ordre de 20 % avec plutôt une amélioration du service public.
Le problème est d'offre politique. Le diagnostic sur les maux de l'Etat et de la société français a été maintes fois émis par divers organismes ; mais il n'est pas ou peu partagé par les citoyens par absence de pédagogie des dirigeants et de projet construit (on restreint la politique à des slogans souvent très creux et à des querelles d'ambitions personnelles) ; d'où une inquiétude diffuse qui ne trouve aucun médiateur politique pour s'exprimer de manière positive et se transformer en action.
Les Français face à la réforme sont comme face à la roulette chez le dentiste : ils hurlent avant même qu'on les touche. Comment pourrait-il en être autrement alors qu'au lieu de leur ouvrir des perspectives, de prendre la barre, on s'évertue à leur faire peur et on donne à penser qu'on est victime d'évènements hors de contrôle ? "on", bien sûr, ce sont les politiciens.
Sur le sujet de l'action politique au sein de la société, deux livres de Nicolas Tenzer : Les valeurs des modernes et France : la réforme impossible ?
L'auteur pose à chaque fois la question : comment articuler individualisme et action collective dans le monde actuel ? Les réponses qu'il y apporte sont complexes, sa pensée ne s'est peut-être pas encore totalement cristallisée sur deux ou trois axes forts (nécessaires à l'action). En tous les cas, les propos sont fort instructifs. Pour ma part, cette question est la plus complexe que je rencontre actuellement, non seulement au niveau de la politique générale, mais à mon propre niveau : si je veux faire de la politique efficacement, comment m'y prendre ? Faire de la politique pour parler dans le vide, non merci.
Aujourd'hui, pour parodier une phrase des Anglais sur le football, la politique, c'est un jeu auquel tous les citoyens peuvent jouer et c'est un énarque qui gagne à la fin.
Enfin pour terminer sur une note optimiste :
Le modéle suédois (Magnus Falkehed) : réformer en profondeur tout en gardant un haut de niveau de prestations sociales est possible. Mais il y a du boulot ! Les Français n'étant pas plus bêtes que les Suédois, du moins je l'espère, nous devrions pouvoir y arriver aussi. Il "suffit" de s'y mettre.
Les rennes redoublent-ils ?
Voici un article du Monde à propos des redoublements. On voit bien que poser la question des redoublements revient à s'engager dans un polémique stérile, la question à poser est :
Comment détecter et aider les élèves en difficulté scolaire ?
Ce débat n'est pas vraiment lancé.
La Finlande, en tête de la classe européenne, a banni son usage
LE MONDE 10.12.04 15h18
Une aide, qui associe les parents, est proposée aux enfants dès que des difficultés sont décelées.
Stockholm de notre correspondant en Europe du Nord
L'égalité des chances. L'expression revient sans cesse à la bouche des autorités finlandaises dès lors qu'on aborde le dossier de l'éducation. A les entendre, c'est l'une des clés principales de la réussite de leur système éducatif, récompensé, le 7 décembre, par une première place au classement trisannuel établi parmi les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Or, dans l'esprit finlandais, le redoublement d'une classe par un élève ne correspond pas à cette logique de l'égalité des chances. Au contraire, il creuse les inégalités. "Cela a quelque chose de frustrant et d'ennuyeux pour un enfant d'avoir à reprendre de zéro une année entière de cours, explique Pekka Kupari, chercheur à l'Institut pour la recherche sur l'éducation, à l'université de Jyvãskylã. En Finlande, nous pensons pouvoir soutenir les élèves autrement qu'en leur imposant le redoublement."
Aussi est-il quasiment banni dans ce pays nordique. Seuls 0,5 % des élèves ne passent pas automatiquement dans la classe suivante, d'après les statistiques du ministère de l'éducation. Comment concilier un tel principe avec un bon niveau général dans les classes finlandaises, reflété par la première place au classement de l'OCDE (consacré aux compétences des élèves de 15 ans) ? L'idée est de déceler le plus tôt possible les difficultés rencontrées par les élèves pour tâcher de les gommer dans la foulée.
"Dès qu'un enseignant remarque un problème chez un enfant, celui-ci se voit proposer des cours supplémentaires ou des activités particulières pour y remédier", pointe Jari Rajanen, conseiller au ministère de l'éducation. Selon lui, environ 6 % d'élèves par classe ont des besoins spéciaux. Un chiffre en légère hausse depuis le début de la décennie. "L'école doit faire face aux mêmes problèmes que ceux de la société", constate-t-il. D'où la nécessité de développer les relations entre les écoles et les familles. Des activités sont organisées avec les parents.
Pour les élèves d'origine étrangère, dont la proportion reste limitée (4 % dans les classes entre 7 et 12 ans, par exemple), l'accent est mis sur une bonne maîtrise de la langue finnoise, fort peu commode à apprendre. Dans certains quartiers des grandes villes, des écoles sont spécialement préparées à répondre à leurs besoins. Il n'empêche que ces élèves-là "ont plus de difficultés que les autres", reconnaît Maria Biskop, chargée de ce dossier au ministère.
Antoine Jacob
Comment détecter et aider les élèves en difficulté scolaire ?
Ce débat n'est pas vraiment lancé.
La Finlande, en tête de la classe européenne, a banni son usage
LE MONDE 10.12.04 15h18
Une aide, qui associe les parents, est proposée aux enfants dès que des difficultés sont décelées.
Stockholm de notre correspondant en Europe du Nord
L'égalité des chances. L'expression revient sans cesse à la bouche des autorités finlandaises dès lors qu'on aborde le dossier de l'éducation. A les entendre, c'est l'une des clés principales de la réussite de leur système éducatif, récompensé, le 7 décembre, par une première place au classement trisannuel établi parmi les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Or, dans l'esprit finlandais, le redoublement d'une classe par un élève ne correspond pas à cette logique de l'égalité des chances. Au contraire, il creuse les inégalités. "Cela a quelque chose de frustrant et d'ennuyeux pour un enfant d'avoir à reprendre de zéro une année entière de cours, explique Pekka Kupari, chercheur à l'Institut pour la recherche sur l'éducation, à l'université de Jyvãskylã. En Finlande, nous pensons pouvoir soutenir les élèves autrement qu'en leur imposant le redoublement."
Aussi est-il quasiment banni dans ce pays nordique. Seuls 0,5 % des élèves ne passent pas automatiquement dans la classe suivante, d'après les statistiques du ministère de l'éducation. Comment concilier un tel principe avec un bon niveau général dans les classes finlandaises, reflété par la première place au classement de l'OCDE (consacré aux compétences des élèves de 15 ans) ? L'idée est de déceler le plus tôt possible les difficultés rencontrées par les élèves pour tâcher de les gommer dans la foulée.
"Dès qu'un enseignant remarque un problème chez un enfant, celui-ci se voit proposer des cours supplémentaires ou des activités particulières pour y remédier", pointe Jari Rajanen, conseiller au ministère de l'éducation. Selon lui, environ 6 % d'élèves par classe ont des besoins spéciaux. Un chiffre en légère hausse depuis le début de la décennie. "L'école doit faire face aux mêmes problèmes que ceux de la société", constate-t-il. D'où la nécessité de développer les relations entre les écoles et les familles. Des activités sont organisées avec les parents.
Pour les élèves d'origine étrangère, dont la proportion reste limitée (4 % dans les classes entre 7 et 12 ans, par exemple), l'accent est mis sur une bonne maîtrise de la langue finnoise, fort peu commode à apprendre. Dans certains quartiers des grandes villes, des écoles sont spécialement préparées à répondre à leurs besoins. Il n'empêche que ces élèves-là "ont plus de difficultés que les autres", reconnaît Maria Biskop, chargée de ce dossier au ministère.
Antoine Jacob
Ebauche d'un projet politique
La France n'est plus un exemple. Il suffit de voir comment nos partenaires européens font semblant d'être durs d'oreilles quand on leur parle de "service public à la française". Les pays scandinaves font aujourd'hui figures d'exemples.
Mon souhait est que la France redevienne un exemple, non pas seulement dans les discours mais dans les faits.
En politique, je considère quatre priorités, dans l'ordre :
1) réformes des institutions : décentralisation des responsabilités, des moyens et des concertations, non cumul et renouvellement limité des mandats, élimination de couches (premier ministre, départements, certaines communes)
2) réforme de l'Etat : où sont les injustices à combattre ? Quelles missions on élimine, on garde, on crée, on délègue ? Mesure de l'efficacité ? Mieux fait par le privé ou par le public ? Local ou national ? Si on se posait vraiment toutes ces questions, on arriverait sans problèmes et sans de trop grandes douleurs, mais avec quelques remises en cause, à une amélioration du service public, tout en diminuant les effectifs (indispensable pour financer le chomage et les retraites). La Suède, le Danemark, la Norvège y sont bien arrivés. Sommes nous plus cons ou plus égoïstes que des chasseurs de rennes ?
Je ne donne pas de d'objectifs chiffrés, les chiffres n'étant que le symptôme, l'essentiel est la démarche.
Je reconnais que l'Etat français bouge, mais par la bande, par petites touches. Or, la réforme de l'Etat est à mes yeux un problème politique plus qu'économique : l'Etat en France, par tradition, par culture, donne l'exemple. Si il n'est pas un exemple de justice et d'efficacité, la France restera injuste et inégalitaire ("Des inégalités à l'américaine avec une fiscalité à la suédoise" : inégalités scolaires, inégalités sociales, inégalités professionnelles- les "in" et les "out").
D'où un besoin d'affichage, d'annoncer la couleur, au nom de la justice.
Mais dès qu'on parle de justice, dans un système injuste, on prend un risque (exemple parmi mille : comment expliquer la différence public-privé sur les retraites par un argument de justice ?), on ouvre la boite de Pandore. Donc il faut des gouvernants dotés d'une forte légitimité et d'un caractère bien trempé, et on revient au 1).
Le fond du problème est le suivant : sachant que les qualités qui permettent l'accession au pouvoir ne sont pas celles qui permettent d'exercer le pouvoir efficacement, paradoxe superbement expliqué par De Gaulle dans Le fil de l'épée (exemple : Mitterrand, Chirac, bons pour être élus, nuls pour gouverner), la transparence et l'exemplarité me semblent de bons moyens de réduire les dégâts. Après tout, quel mal y aurait-il à ce que les notes de frais des ministres soient publiés au journal officiel (bon, d'accord, tout est en nature) ?
3) mère de toutes les réformes (à part celle des institutions politiques) : l'éducation nationale (je n'ose même plus mettre de majuscules). Le symptôme est clair : le budget par élève ayant augmenté sans que les résultats ne s'améliorent, pour autant qu'on n'évite pas de les mesurer -cassons le themomètre, ça guérira la fièvre-, c'est le système qui est défaillant, non les moyens.
4) réforme du marché du travail et de la lutte contre le chomage : je complèterai ultérieurement ce point (protéger les individus non les emplois, impot négatif, contrat de recherche d'emploi, etc ..)
Maintenant que j'ai décrit ce qu'il faut faire, la question est comment le faire ? Beaucoup croient à une démarche rationnelle, transparente et consensuelle de type suédois. C'est possible mais je n'y crois pas. En France, je n'ai pas en tête de réformes fondamentales (si contre-exemples, informez moi, ça m'intéresse) qui n'aient été imposées par un pouvoir fort, souvent personnifié par un homme providentiel (Henri IV, Richelieu, Colbert, Robespierre, Napoléon, De Gaulle, Franck Boizard). C'est le fameux déficit de culture démocratique français. Je vois ça ainsi :
a) Trouver un homme (ou une femme ou un transexuel ou un présentateur de télé) providentiel. Je n'ai pas d'idée -Sarkozy pas vraiment à la hauteur, même si il est le seul à avoir compris que les Français attendent de l'action pas du blabla. Si pas d'homme providentiel, c'est plus dur. Il est possible qu'une évolution se fasse sans homme providentiel, c'est même souhaitable mais il faut à ce moment-là que la situation soit suffisamment dégradée pour qu'une forte majorité ait conscience de la nécessité de changer de raisonnement.
b) Foncer dans le tas : mettre en pratique des réformes exposées clairement et aux motifs transparents, guidées par des idées simples : la justice et l'efficacité, dès la prise du pouvoir sans tergiverser, sans discuter -expliquer mais pas discuter (ça exige de s'être préparé avant). Voir La disgrâce de Turgot (Edgar Faure) pour une explication de la nécessité de profiter du désarroi initial des conservatismes et corporatismes.
c) A toutes les oppositions répondre : "J'ai été élu pour 5 ans, si vous n'êtes pas contents, vous me foutrez un coup de pied au cul dans cinq ans." C'est démocratique, c'est propre, c'est net. Rien à perdre : depuis 20 ans, aucun pouvoir, qu'il ait fait quelque chose ou rien, n'a été reconduit. De plus, 5 ans, c'est à peu près le temps qu'il faut à une réforme pour faire sentir pleinement ses effets, bons ou mauvais.
Enfin, un commentaire esthétique : comme en mathématiques on dit qu'il y a des démonstrations élégantes, je suis convaincu qu'il y a en politique des réformes élégantes, concentrant l'énergie sur l'essentiel et non ailleurs, qui entraînent avec elles, comme par enchantement, tout un tas d'évolutions bénéfiques. Exemple extrême, on peut dire sans extrapolation que la décision des Etats généraux de réunir les trois ordres et de se constituer en Assemblée Nationale de juin 1789 suscite en écho tous les évènement et tous les changements, ô combien importants, jusqu'à la fête de la fédération de 1790, voire après. De même, moins fondamentalement, la création de la sécurité sociale après guerre change l'ensemble des rapports sociaux. La réforme élégante du XXIème siècle est, à mon avis, la décentralisation, la vraie, la pure, la dure, celle où un parigot abandonne vraiment du pouvoir et des moyens au profit d'un bouseux.
Bien qu'ayant parfaitement conscience que les étrangers sont des cons et que nous sommes supérieurement intelligents, je préconise de regarder ce qui se fait ailleurs, notamment en Suède, au Danemark, en Finlande voire en Irlande, en Suisse et en Grande-Bretagne.
Mon souhait est que la France redevienne un exemple, non pas seulement dans les discours mais dans les faits.
En politique, je considère quatre priorités, dans l'ordre :
1) réformes des institutions : décentralisation des responsabilités, des moyens et des concertations, non cumul et renouvellement limité des mandats, élimination de couches (premier ministre, départements, certaines communes)
2) réforme de l'Etat : où sont les injustices à combattre ? Quelles missions on élimine, on garde, on crée, on délègue ? Mesure de l'efficacité ? Mieux fait par le privé ou par le public ? Local ou national ? Si on se posait vraiment toutes ces questions, on arriverait sans problèmes et sans de trop grandes douleurs, mais avec quelques remises en cause, à une amélioration du service public, tout en diminuant les effectifs (indispensable pour financer le chomage et les retraites). La Suède, le Danemark, la Norvège y sont bien arrivés. Sommes nous plus cons ou plus égoïstes que des chasseurs de rennes ?
Je ne donne pas de d'objectifs chiffrés, les chiffres n'étant que le symptôme, l'essentiel est la démarche.
Je reconnais que l'Etat français bouge, mais par la bande, par petites touches. Or, la réforme de l'Etat est à mes yeux un problème politique plus qu'économique : l'Etat en France, par tradition, par culture, donne l'exemple. Si il n'est pas un exemple de justice et d'efficacité, la France restera injuste et inégalitaire ("Des inégalités à l'américaine avec une fiscalité à la suédoise" : inégalités scolaires, inégalités sociales, inégalités professionnelles- les "in" et les "out").
D'où un besoin d'affichage, d'annoncer la couleur, au nom de la justice.
Mais dès qu'on parle de justice, dans un système injuste, on prend un risque (exemple parmi mille : comment expliquer la différence public-privé sur les retraites par un argument de justice ?), on ouvre la boite de Pandore. Donc il faut des gouvernants dotés d'une forte légitimité et d'un caractère bien trempé, et on revient au 1).
Le fond du problème est le suivant : sachant que les qualités qui permettent l'accession au pouvoir ne sont pas celles qui permettent d'exercer le pouvoir efficacement, paradoxe superbement expliqué par De Gaulle dans Le fil de l'épée (exemple : Mitterrand, Chirac, bons pour être élus, nuls pour gouverner), la transparence et l'exemplarité me semblent de bons moyens de réduire les dégâts. Après tout, quel mal y aurait-il à ce que les notes de frais des ministres soient publiés au journal officiel (bon, d'accord, tout est en nature) ?
3) mère de toutes les réformes (à part celle des institutions politiques) : l'éducation nationale (je n'ose même plus mettre de majuscules). Le symptôme est clair : le budget par élève ayant augmenté sans que les résultats ne s'améliorent, pour autant qu'on n'évite pas de les mesurer -cassons le themomètre, ça guérira la fièvre-, c'est le système qui est défaillant, non les moyens.
4) réforme du marché du travail et de la lutte contre le chomage : je complèterai ultérieurement ce point (protéger les individus non les emplois, impot négatif, contrat de recherche d'emploi, etc ..)
Maintenant que j'ai décrit ce qu'il faut faire, la question est comment le faire ? Beaucoup croient à une démarche rationnelle, transparente et consensuelle de type suédois. C'est possible mais je n'y crois pas. En France, je n'ai pas en tête de réformes fondamentales (si contre-exemples, informez moi, ça m'intéresse) qui n'aient été imposées par un pouvoir fort, souvent personnifié par un homme providentiel (Henri IV, Richelieu, Colbert, Robespierre, Napoléon, De Gaulle, Franck Boizard). C'est le fameux déficit de culture démocratique français. Je vois ça ainsi :
a) Trouver un homme (ou une femme ou un transexuel ou un présentateur de télé) providentiel. Je n'ai pas d'idée -Sarkozy pas vraiment à la hauteur, même si il est le seul à avoir compris que les Français attendent de l'action pas du blabla. Si pas d'homme providentiel, c'est plus dur. Il est possible qu'une évolution se fasse sans homme providentiel, c'est même souhaitable mais il faut à ce moment-là que la situation soit suffisamment dégradée pour qu'une forte majorité ait conscience de la nécessité de changer de raisonnement.
b) Foncer dans le tas : mettre en pratique des réformes exposées clairement et aux motifs transparents, guidées par des idées simples : la justice et l'efficacité, dès la prise du pouvoir sans tergiverser, sans discuter -expliquer mais pas discuter (ça exige de s'être préparé avant). Voir La disgrâce de Turgot (Edgar Faure) pour une explication de la nécessité de profiter du désarroi initial des conservatismes et corporatismes.
c) A toutes les oppositions répondre : "J'ai été élu pour 5 ans, si vous n'êtes pas contents, vous me foutrez un coup de pied au cul dans cinq ans." C'est démocratique, c'est propre, c'est net. Rien à perdre : depuis 20 ans, aucun pouvoir, qu'il ait fait quelque chose ou rien, n'a été reconduit. De plus, 5 ans, c'est à peu près le temps qu'il faut à une réforme pour faire sentir pleinement ses effets, bons ou mauvais.
Enfin, un commentaire esthétique : comme en mathématiques on dit qu'il y a des démonstrations élégantes, je suis convaincu qu'il y a en politique des réformes élégantes, concentrant l'énergie sur l'essentiel et non ailleurs, qui entraînent avec elles, comme par enchantement, tout un tas d'évolutions bénéfiques. Exemple extrême, on peut dire sans extrapolation que la décision des Etats généraux de réunir les trois ordres et de se constituer en Assemblée Nationale de juin 1789 suscite en écho tous les évènement et tous les changements, ô combien importants, jusqu'à la fête de la fédération de 1790, voire après. De même, moins fondamentalement, la création de la sécurité sociale après guerre change l'ensemble des rapports sociaux. La réforme élégante du XXIème siècle est, à mon avis, la décentralisation, la vraie, la pure, la dure, celle où un parigot abandonne vraiment du pouvoir et des moyens au profit d'un bouseux.
Bien qu'ayant parfaitement conscience que les étrangers sont des cons et que nous sommes supérieurement intelligents, je préconise de regarder ce qui se fait ailleurs, notamment en Suède, au Danemark, en Finlande voire en Irlande, en Suisse et en Grande-Bretagne.
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