dimanche, octobre 11, 2026

Mazarin (Pierre Goubert)

Le ton condescendant est quelquefois irritant, même si, par exemple, ce menteur de Michelet mérite d'être moqué.

Goubert expose deux thèses :

1) Mazarin a terminé l'œuvre essentiellement inachevée de Richelieu. Sans lui, la réputation de son prédécesseur n'aurait pas été ce qu'elle est.

2) La Fronde est avant tout une révolte fiscale née des nécessités du financement de la guerre.

Comme dit l'Américain Randolph Bourne, la guerre est la santé de l'Etat. Elle justifie toutes les oppressions et toutes les spoliations, tous les empiétements et toutes les expansions du monstre.

Le problème de Mazarin est simple à énoncer : comment financer la guerre contre les Habsbourgs ?

À cette époque encore civilisée, on considère que le roi doit vivre des revenus de ses domaines et que tout impôt national permanent est illégitime. Bien sûr, l'idée de notre impôt sur les revenus aurait paru tyrannique.

Mazarin doit donc emprunter de l'argent à ceux qui en ont, la haute noblesse, par l'intermédiaire des financiers, hommes de paille, qui se récupèrent en jonglant avec les impôts et les taxes. La France est l'exact inverse d'aujourd'hui : un Etat pauvre dans un pays riche.

La majorité de Louis XIV clôt la période tumultueuse de la régence. Le Grand Condé commet l'affront invraisemblable et fort peu judicieux d'être absent des cérémonies de la majorité (comment le vainqueur de Rocroi put-il manquer à ce point de jugeote ?). Louis XIV, un rancunier, ne l'oubliera jamais : il passera force pommade à son cousin mais veillera toujours à le tenir éloigné des responsabilités.

La thèse de Goubert mérite considération : Mazarin a achevé ce que Richelieu avait commencé.  Sans cet achèvement, l'œuvre de Richelieu n'aurait pas la réputation qu'elle a. Je trouve son argumentaire convaincant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire