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mardi, mai 21, 2013

Suicide de Dominique Venner

La nouvelle par le Salon Beige :

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Dominique Venner se suicide dans Notre-Dame de Paris

Connu pour ses critiques de la religion catholique, de tendance païenne, (son blog), Dominique Venner s'est suicidé avec une arme à feu aujourd'hui dans Notre-Dame de Paris, provoquant l'évacuation de la cathédrale.
Dominique Venner dirigeait la Nouvelle Revue d'Histoire.
Europe 1 affirme que l'homme «s'est tiré une balle dans la bouche» et que la police a trouvé une lettre à côté de son corps.
Dominique Venner avait publié un commentaire aujourd’hui même :
«Il faudra certainement des geste nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines. Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes.
Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’essence de l’homme est dans son existence et non dans un « autre monde ». C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien.»
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Difficile de commenter à chaud.

J'aimais la Nouvelle Revue d'Histoire. Même si je ne partageais pas certaines de ses idées, notamment son anti-gaullisme et son néo-paganisme, j'avais pour Dominique Venner beaucoup d'estime.

Malgré la tentative dérisoire de Manuel Valls, il est impossible d'occulter la dimension politique et symbolique de son geste : un tel homme choisissant un tel lieu (et aussi une telle heure, juste ce qu'il faut pour passer au «vingt heures»), il n'y a aucune ambiguité.

 S'il subsistait le moindre doute, son ultime message le lève.

Ainsi, la France de 2013 est un pays où un intellectuel se suicide pour protester contre une politique. J'espère de tout coeur que ce sacrifice volontaire aura les conséquences positives qu'il en espère.

Ce suicide de Vieux Romain lui va bien.

Paix à son âme.



dimanche, octobre 07, 2012

Baltikum (2)

J'ai oublié deux points dans mon précédent billet :

> en postface, Venner publie le récit de sa visite à Ernst Von Salomon quelques mois avant sa mort. C'est étrange de voir ce bourgeois, qui fut un reitre, dans la RFA châtrée (un des fondateurs des Corps Francs finit sa vie comme organisateur du festival de Bayreuth).

> il est à la mode chez certains pompeux imbéciles de prétendre que l'Allemagne d'aujourd'hui est traumatisée par l'hyper-inflation des années 20 et d'autres imbéciles tout aussi pompeux de répondre que le vrai drame, c'est la déflation des années 30 qui amena Hitler au pouvoir.

Débat oiseux et sans intérêt : l'Allemagne des années 20 et 30 était en plein chaos et il est académique de débattre si, dans la tempête, telle vague est plus dangereuse que telle autre.

D'ailleurs, rechercher l'aversion actuelle de l'Allemagne à l'inflation dans un quelconque traumatisme historique prouve qu'on est un con qui n'a rien compris à la situation de 2012. Si l'Allemagne refuse l'inflation, ce n'est pas par traumatisme historique mais par intérêt : tous les pays vieillissants redoutent l'inflation.

D'autre part, je suis stupéfait de constater que l'Allemagne est en train de conquérir l'hégémonie continentale européenne, ce qu'elle avait échoué à faire en deux guerres mondiales.

Bien sûr, la France est associée à cette hégémonie. Comme vassal obéissant. Je ne suis pas sûr que les Français s'en réjouissent, heureusement nos intelligents politiciens font bien attention de ne pas demander l'avis de ces abrutis (qu'ils sont tout de même bien contents de trouver quand il s'agit de raquer les impôts confiscatoires dont ils se repaissent, rappelons le au passage).

samedi, octobre 06, 2012

Baltikum (D. Venner)

Ce livre raconte l'histoire des Corps Francs allemands entre 1918 et 1923.

On comprend que ce sujet ait attiré Dominique Venner, jeune parachutiste en Algérie, membre de l'OAS, emprisonné à la Santé. Le plus célèbre personnage des Corps Francs, Ernst Von Salomon les a appelés Les réprouvés.

Octobre-novembre 1918 : le Reich Allemand se dissout dans la défaite, la famine et la misère. On meurt de faim en Allemagne à cette époque.

Dans ce chaos où l'ordre se volatilise, les communistes prennent le pouvoir localement, à Kiel, à Berlin. Une république soviétique indépendante est proclamée en Bavière. Elle durera six mois, avec tous les attributs de la république soviétique : exécutions sommaires, tueries de masse et terreur.

L'armée qui, quelques jours plus tôt, était le symbole de l'ordre allemand disparaît : les soldats lâchent leur fusil et rentrent chez eux, aussi simplement que je l'écris.

Des officiers, des soldats endurcis par la guerre («La guerre, notre mère» écrit Ernst Jünger) et des étudiants prêts psychologiquement à partir à la guerre, qui n'envisagent pas d'autre vie que dans l'aventure et dans l'ordre, se regroupent volontairement. Ils trouvent dans un premier temps un modus vivendi avec la république de Weimar, qui a besoin d'eux, avant qu'ils ne divorcent.

Les combats entre Corps Francs et milices communistes sont réglés à coups de mitrailleuses et de canons, parfois aussi de chars d'assaut, il y a même un cas de bombardement aérien, dans les rues de Berlin et de Munich. Les morts se comptent par milliers.

Les Corps Francs combattent en Baltique, repoussant les Soviétiques et retrouvant la mission des chevaliers teutoniques, faire barrage aux hordes de l'est.

Ces Corps Francs font le ménage sans pitié. Ernst Von Salomon participe à l'assassinat du ministre Rathenau. On a attribué, avec un simplisme digne d'Anne Hidalgo, cet attentat à l'antisémistisme, c'est un peu plus fin : Rathenau représentait le cosmopolitisme et la dégradation de l'homo sapiens en homo economicus.

Beaucoup de nazis font leurs classes dans les Corps Francs (Hess, Himmler, Hitler lui-même) mais l'idéologie des Corps Francs, conservateurs et aristocratiques, colle mal avec celle du nazisme, révolutionnaire et plébéien. D'ailleurs, le nazisme vient plutôt du sud de l'Allemagne, Bavière et Tyrol, tandis que les Corps Francs sont d'esprit prussien.

C'est pourquoi des membres des Corps Francs, dont Salomon, deviennent anti-nazis tandis que d'autres font carrière dans le régime hitlérien.

On peut comprendre, sans approuver, que devant la perspective, réelle ou exagérée, du retour de telles violences, beaucoup préfèrent le nazisme.

Ces nuances sont importantes, surtout pour des lecteurs de 2012 assommés par un récit manichéen (et stupide) de l'histoire. Cet épisode est généralement ignoré des Français.

En nos temps où les politiciens oeuvrent avec constance, incompétence et lâcheté à détruire tout ce qui fait l'ordre de nos sociétés, il n'est pas inutile de rappeler le potentiel de violence que recèle le désordre.




mercredi, mars 14, 2012

L'imprévu dans l'histoire, treize meurtres exemplaires (D. Venner)

C'est de l'histoire plaisante, qui raconte des histoires mais invite à la réflexion.

Deux histoires particulières, l'une plutôt comique (d'humour noir), l'autre plus sérieuse.

Le 24 juin 1934, Alexandre 1er de Serbie est tué par les Oustachis à Marseille (à propos des Oustachis, lire le désopilant Les comitadjis, d'Albert Londres). Le ministre des affaires étrangères Louis Barthou (surnommé Bartoutou, à cause de ses fantasmes canins assouvis dans les bordels de luxe parisiens-c'était le bon temps- comme le savent les lecteurs d'Alphonse Boudard) périt dans l'attentat.

Le marrant de l'affaire, c'est qu'un rapport d'expertise balistique, soigneusement oublié dans un tiroir et re-découvert dans les années 60-70, montre que le ministre a été tué par une balle provenant de la police française ! Certains flics marseillais ont un peu perdu leur sang-froid et tiraillé sec sans trop de discernement, réussissant, ces maladroits, à flanquer une bastos dans le bras du ministre.

Une blessure au bras (la même que Maurice Genevoix) n'est pas mortelle ? C'est que vous oubliez la remarquable administration française des années 30 : le ministre a été laissé deux heures sans soins (inimaginable de nos jours, nous sommes beaucoup plus monarchistes), s'est vidé de son sang, un garrot a été posé mais mal et, quand, enfin, on s'est sérieusement occupé de son cas, il était trop tard.

La deuxième histoire est l'assassinat de JFK. Domnique Venner fait l'exposé le plus clair et le plus vraisemblable que j'ai lu jusqu'à maintenant.

Une remarque technique : D. Venner, grand passionné d'armes à feu, signale les gardes du corps de JFK ont fait une erreur grossière. Le premier coup de feu n'était pas mortel. Or, au lieu d'accélérer, le chauffeur a temporisé, comme paralysé, continuant à la même vitesse (~15 km/h), laissant Oswald, très bon tireur chez les Marines, ajuster son deuxième coup. Aucun garde du corps n'a réagi au premier tir. A 80 m, avec un fusil à lunette, ça ne pardonne pas. Venner met cela sur le compte de l'âge des gardes du corps, tous ayant plus de 40 ans (avec l'âge, les raideurs se déplacent).

Bien qu'ayant vu le film de l'assassinat de Kennedy plusieurs fois, je n'avais jamais remarqué que les choses se sont passées relativement lentement (la mesure pertinente de la lenteur est : combien de temps faut-il à un tireur concentré pour réarmer et réajuster ? Oswald était posté en enfilade par l'arrière, c'est-à-dire la meilleure position pour tirer sur un mobile, et il était bien entrainé).

Le célèbre film amateur de Zapruder est trompeur : il est tourné en défilade,ce qui donne une impression de vitesse.

Quant à la question "complot or not complot ?", Venner a une réponse subtile. Il compare Oswald à Ravaillac. Tous les deux ont vraisemblablement agi seuls. Cela ne signifie pas qu'ils ont pensé seuls. C'est une certitude que Ravaillac a été endoctriné par les jésuites et le parti espagnol. Quant à Oswald, il a passé deux ans en URSS et était marié à la fille d'un fonctionnaire russe.

Pour l'instigateur, celui qui pousse le tueur, c'est le crime parfait : participation matérielle inexistante, pas de preuves, pas de traces. Des doutes, des présomptions, d'intimes convictions, on ne déclenche pas une guerre avec l'Espagne ou la Russie pour cela.

Oswald a été assassiné par Ruby, qui avait des liens avec le KGB. Fin de l'affaire.

lundi, décembre 27, 2010

Le coeur rebelle (D. Venner)

Dominique Venner, sexagénaire, revient sur le jeune homme qu'il a été, engagé dans un commando de chasse en Algérie, puis membre de l'OAS projetant d'assassiner De Gaulle, puis détenu à la Santé.

Nul doute que la prison puis les années l'ont fait réfléchir. Il en ressort une vision faite de contradictions, comme souvent la vie.

Il reconnaît que la guerre est une chose horrible et, pourtant, il pense qu'il manque quelque chose dans la formation de tout homme qui n'a pas participé à une guerre. Il se sent plus d'accointances avec des guerriers de camps opposés qu'avec des puceaux de la guerre.

Avec le recul, il considère que sa participation à la guerre d'Algérie était une défense aux avant-postes de la civilisation occidentale dans la lutte millénaire qui l'oppose à la civilisation musulmane. Dans ces guerres de civilisation, la bonne défense se fait au-delà des frontières. Défendre ses frontières, c'est déjà avoir trop reculé. Sans aller jusqu'à écrire que les accords d'Evian sont l'équivalent moderne de la chute de Constantinople, il y voit un très mauvais signe.

Ce qui ne l'empêche pas de donner raison à De Gaulle dans sa célèbre tirade sur Colombey-les-deux-mosquées.

Ayant tour à tour admiré De Gaulle puis projeté de l'assassiner, il présente son analyse dans La grandeur et le néant.

L'abandon des harkis et des pieds-noirs restera une tache indélébile dans la vie de Charles De Gaulle. Il est difficile de ne pas penser que la paix en Algérie aurait pu se faire en évitant ces massacres.

Mais Venner partage la responsabilité : ce crime de De Gaulle (appelons les choses par leur nom) n'aurait pu avoir lieu sans la totale indifférence des Français de métropole et la non moins totale froideur de l'appareil d'Etat. N'oubliez jamais la phrase de De Gaulle (justement): «L'Etat est le plus froid des monstres froids».

Aujourd'hui, quand on me parle de l'indispensable protection de l'Etat, je ne peux m'empêcher de songer à ces Français émasculés et égorgés, à ces Françaises violées et éventrées, alors que la gendarmerie était à deux pas avec l'ordre de ne pas intervenir, à ces harkis débarquant à Marseille renvoyés à la mort par l'administration (1).

Plutôt que de devoir compter sur la protection de l'Etat, en laquelle je n'ai aucune confiance, je préférerai qu'on me laisse les moyens de me défendre.

Remarquons qu'une des raisons de De Gaulle de refuser les harkis était son opposition à l'immigration algérienne. On trouvera donc ironique qu'un prétendu gaulliste, Jacques Chirac, soit à l'origine du funeste regroupement familial.

On a bien pitié du sort des juifs pendant la guerre, on en accuse l'administration française, bien souvent à tort, et on s'en repent. Mais, là, où nul envahisseur ne faisait pression, où l'administration française est pleinement coupable, nulle repentance.


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(1) : on estime les massacres de harkis après la guerre à 60 000 / 70 000 (pour donner une comparaison, c'est du même ordre de grandeur que les pertes de l'armée française en 1940).