J'hésite encore sur la question de savoir si les Français ont les politiciens qu'ils méritent. C'est une question fondamentale : si la réponse est négative, il suffit de remplacer les politiciens faillis, pas facile mais faisable. Si la réponse est positive, il n'y a plus guère d'espoir pour la France.
Or, depuis un mois, à cause des conversations de campagne électorale, je change peu à peu d'avis.
Tous sont d'accord pour se plaindre de la situation de notre pays, mais ensuite ?
Il y a d'abord la forte cohorte de ceux qui gobent ce que racontent les médias parce que, même en sentant qu'on leur bourre le mou, c'est trop fatiguant de penser par soi-même (pléonasme). Un interlocuteur me l'a avoué presque dans les termes que j'utilise. La paresse comme premier paramètre politique.
Ensuite, il y a ceux, beaucoup plus nombreux qui font une analyse lucide mais qui refusent d'en tirer les conclusions, par pusillanimité. "Voter Le Pen ? Voter Mélenchon ? M'abstenir ? Surtout pas !" Bin alors, ne te plains pas : en restreignant ton choix aux guignols Fillon et Macron, tu condamnes le pays à la politique dont tu réprouves les conséquences. Bossuet et compagnie : Dieu rit des prières qu'on lui fait pour écarter des maux dont on chérit les causes.
Jacques de Guillebon, dans Causeur, détourne une phrase de La Tour du Pin : les pays sans esprit d'aventure sont condamnés à mourir de froid. C'est la seule raison de voter Le Pen (ou Mélenchon) que je partage sans réserve : l'aventure. Le rivage des Syrtes à domicile : mieux vaut mourir d'un dernier sursaut que d'un coma.
Ou, comme disent les Tontons Flingueurs, quand ça change, ça change, faut pas se laisser démonter. Ou, plus adapté, une brute qui marche va plus loin qu'un intellectuel assis.
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vendredi, avril 14, 2017
samedi, décembre 31, 2016
Chevènement : à la mode de chez nous
Jean-Pierre Chevènement est à la mode. Engouement usurpé qui m'irrite fort, car c'est un leurre néfaste. Il faut tout de même rappeler ce qu'est Chevènement, un homme qui a toujours été en retard de trois ou quatre trains et qui a fait beaucoup de mal à la France : rouge quand il fallait être libéral, suppôt des pédagogistes quand il fallait être traditionaliste et aujourd'hui, il est souverainiste et fourrier de l'islam quand il faut être identitaire et anti-islam.
Il est devenu le refuge de tous les imbéciles qui ne veulent pas assumer la radicalité de la situation et préfèrent s'accrocher à de vieilles lunes (la république, la laïcité) qui ne sont pas à la hauteur des enjeux, certains me sont sympathiques (David Desgouilles), d'autres antipathiques (Florian Philippot, Natacha Polony).
Mais tous en commun d'avoir quelques trains de retard dans leur réflexion sur la France et son avenir. En cela, finalement, ils sont très français, du moins représentatifs d'une tendance politique française bien ancrée : il y a souvent les immobilistes qui se résignent sur le tard à des demi-mesures et les révolutionnaires, qui ont pour l'instant disparu, sauf sur ce blog :-) et peu de gens entre.
Il est devenu le refuge de tous les imbéciles qui ne veulent pas assumer la radicalité de la situation et préfèrent s'accrocher à de vieilles lunes (la république, la laïcité) qui ne sont pas à la hauteur des enjeux, certains me sont sympathiques (David Desgouilles), d'autres antipathiques (Florian Philippot, Natacha Polony).
Mais tous en commun d'avoir quelques trains de retard dans leur réflexion sur la France et son avenir. En cela, finalement, ils sont très français, du moins représentatifs d'une tendance politique française bien ancrée : il y a souvent les immobilistes qui se résignent sur le tard à des demi-mesures et les révolutionnaires, qui ont pour l'instant disparu, sauf sur ce blog :-) et peu de gens entre.
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