Je suis en train de lire Les décisions absurdes, tome 2, de Christian Morel. Aussi passionnant que le premier tome paru il y a dix ans, il donne des pistes inspirées par l'aéronautique, les centrales nucléaires, les sous-marins, les salles d'opérations et ... l'écriture de pièces par le théâtre du Splendid pour éviter les décisions absurdes.
Le vrai consensus est un moyen d'aboutir à des décisions très robustes. Le vrai consensus s'obtient en encourageant, et même en récompensant, l'expression des objections et en examinant celles-ci loyalement et à fond.
A l'inverse, le consensus mou peut mener à des décisions totalement folles. Le consensus mou s'obtient en faisant taire les objecteurs. La validité de la décision ne vient plus de ce qu'elle a résisté à l'épreuve de la contestation mais de ce que personne n'ose la contester.
Et cette décision dépourvue de robustesse est extrêmement difficile à mettre en cause puisqu'elle est supposée, à tort, avoir fait l'unanimité suivant le principe faux «qui ne dit mot consent». Le consensus mou est identifié comme une des causes majeures des deux accidents de navette spatiale. A tel point que la NASA, s'inspirant de ce qui se passe dans les sous-marins nucléaires, a institué le rôle d'avocat du diable, qui est chargé officiellement de contester chaque décision.
La politique française est, à l'évidence victime de consensus mou. Elle repose sur trois piliers très contestables :
> l'Etat est la source de tout bien, de toute justice, de toute beauté, de toute prospérité. L'Etat est sage, clairvoyant et désintéressé.
> «big is beautiful», l'Europe bruxelloise est le seul avenir de la France.
> l'immigration est une chance pour la France.
Or, la contestation de ces trois piliers n'est pas tolérée : on est dans le consensus mou, facteur de décisions absurdes, et non dans le vrai consensus.
L'exemple caricatural en est le procès Zemmour : non seulement l'objection de Zemmour vis-à-vis de l'immigration n'a pas été examinée de manière loyale, mais son expression, bien loin d'être encouragée, a été sanctionnée d'un procès perdu.
Le tour de force de la gauche d'avoir réussi à s'ériger en arbitre des élégances politiques et à délégitimer toute idée qui ne vient pas d'elle est certes digne d'admiration, mais il est mortifère. Il institue dans l'espace public des tabous qui font qu'on a jamais le choix qu'entre une décision de gauche et ... une décision de gauche.
Après, il n'y a pas lieu de s'étonner que la politique française se meuve dans un univers irréel propice à toutes les folies.
Le premier pas pour retrouver notre intelligence, c'est-à-dire des décisions robustes, est de permettre sans retenue l'expression de toutes les opinions.
On doit être légitime à dire publiquement, c'est-à-dire au journal de 20 h, qu'il faut renvoyer les immigrés dans leurs pays d'origine, qu'il faut sortir de l'UE ou licencier des fonctionnaires.
Mais, hélas, je crois que ce n'est pas demain la veille que nous retrouverons une telle liberté et nous sommes donc condamnés à subir des décisions politiques fragiles, n'ayant pas surmonté l'épreuve de la contestation.
samedi, avril 14, 2012
Présidentielles : le détachement
Je vis dans un monde où les problèmes de la France sont clairs, les solutions simples et l'éventail des choix de mise en oeuvre restreint.
La campagne présidentielle me semble se dérouler dans un univers parallèle au mien : aucun problème n'est clairement exposé, les solutions ne sont pas évoquées et la mise en oeuvre n'existe pas.
Par exemple, j'entendais ce matin un hurluberlu nous expliquer avec beaucoup de reproche dans la voix que «Nicolas Sarkozy divise les Français, les oppose les uns aux autres».
Dans mon univers, cette phrase ne signifie rien, elle est creuse.
Dans mon univers, les Français sont divisés de fait, par des intérêts radicalement divergents et des idées irréconciliables, n'ayant aucun rapport avec tel ou tel politicien en particulier. Dans mon univers, constater ces divisions est le début de la sagesse. Les nier, c'est de fait privilégier le statu quo et légitimer la victoire des ceux qui sont déjà du bon coté du manche.
Je vous prends cet exemple car c'est le dernier en date. Mais chacune des phrases des candidats, de la gauche comme de la pseudo-droite, me semble venir d'une autre planète. Le fait d'être transmis par les journalistes, qui sont à mes yeux des extra-terrestres, renforce l'étrangeté de la chose.
On se moque de Jacques Cheminade, mais je ne le trouve pas beaucoup plus décalé que les autres.
Enfin, pour ne pas terminer sur le cloaque de la politique française, une photo de Gerda Maurus dans Frau im Mond :
La campagne présidentielle me semble se dérouler dans un univers parallèle au mien : aucun problème n'est clairement exposé, les solutions ne sont pas évoquées et la mise en oeuvre n'existe pas.
Par exemple, j'entendais ce matin un hurluberlu nous expliquer avec beaucoup de reproche dans la voix que «Nicolas Sarkozy divise les Français, les oppose les uns aux autres».
Dans mon univers, cette phrase ne signifie rien, elle est creuse.
Dans mon univers, les Français sont divisés de fait, par des intérêts radicalement divergents et des idées irréconciliables, n'ayant aucun rapport avec tel ou tel politicien en particulier. Dans mon univers, constater ces divisions est le début de la sagesse. Les nier, c'est de fait privilégier le statu quo et légitimer la victoire des ceux qui sont déjà du bon coté du manche.
Je vous prends cet exemple car c'est le dernier en date. Mais chacune des phrases des candidats, de la gauche comme de la pseudo-droite, me semble venir d'une autre planète. Le fait d'être transmis par les journalistes, qui sont à mes yeux des extra-terrestres, renforce l'étrangeté de la chose.
On se moque de Jacques Cheminade, mais je ne le trouve pas beaucoup plus décalé que les autres.
Enfin, pour ne pas terminer sur le cloaque de la politique française, une photo de Gerda Maurus dans Frau im Mond :
vendredi, avril 13, 2012
Raymond Aubrac : la polémique post-mortem
JD Merchet, sur son blog, a eu l'excellente idée de donner la parole a deux points de vue opposés :
Courtois sur Aubrac
Delpla sur Aubrac
Vous connaissez mon anti-communisme primaire, dont je m'enorgueillis. Je suis plus enclin à croire Courtois. Mais pas seulement à cause de mes opinions politiques.
La biographie de Raymond Aubrac ressemble fort à celle d'un agent. On y retrouve notamment les mêmes zones d'ombre, les mêmes «coups de chance» difficilement explicables, autrement que par le soutien occulte d'une puissante organisation.
Tous ceux qui ont une tête d'alcoolique ne sont pas forcément alcooliques, mais si vous avez un gros nez rouge et une cirrhose du foie, il y a de bonnes chances que vous soyez alcoolique. Pour un agent soviétique, c'est pareil.
François Delpla exagère : l'argument «on n'a pas de documents» ne tient pas. Lui-même, dans le domaine qui est le sien des relations hitlero-churchiliennes, fait d'excellentes déductions sans documents directs.
Cependant, j'en reviens toujours à la même réflexion : on se focalise beaucoup trop sur la seconde guerre mondiale, le débat sur Raymond Aubrac devrait n'intéresser que les spécialistes et les passionnés.
Il n'est pas sain qu'on ignore complètement l'histoire de France, sauf deux périodes sur lesquelles on revient obsessionellement : la colonisation et la seconde guerre mondiale.
On devrait avoir un rapport plus équilibré à l'histoire, au lieu d'osciller entre amnésie et obsession.
L'essence est-elle trop chère ?
Nos candidats socialistes (assumés ou honteux) rivalisent de propositions toutes plus connes et interventionnistes les unes que les autres pour aider les Français à faire face à l'augmentation du prix de l'essence.
J'ai une solution simplissime évoquée par personne : baisser les dépenses publiques et les impôts. Les Français auront alors plus de pouvoir d'achat et le prix de l'essence sera moins douloureux.
Bref, l'essence est trop chère parce que les Français sont déjà pressurés par l'impôt. L'Etat n'est pas la solution, c'est le problème.
J'ai une solution simplissime évoquée par personne : baisser les dépenses publiques et les impôts. Les Français auront alors plus de pouvoir d'achat et le prix de l'essence sera moins douloureux.
Bref, l'essence est trop chère parce que les Français sont déjà pressurés par l'impôt. L'Etat n'est pas la solution, c'est le problème.
jeudi, avril 12, 2012
Basile de Koch tire sur Pulvar : défense de rire
Je parie que beaucoup de lecteurs sont, comme moi, exaspérés par Audrey Pulvar. Cette gauche bien-pensante, microcosmique, endogame, bourgeoise et friquée qui passe son temps à faire la leçon, afin d'affirmer sa conscience et sa supériorité, sur des sujets auxquels elle ne comprend absolument rien, vivant dans son univers irréel, cette gauche donne des envies de meurtre.
Surtout, crime suprême, qu'elle est totalement dépourvu d'humour : quand on est représentant du Bien, on ne plaisante pas.
Bref, j'éprouve un plaisir certain à voir la Pulvar déguster un cuisant ridicule : Défense de rire !
Surtout, crime suprême, qu'elle est totalement dépourvu d'humour : quand on est représentant du Bien, on ne plaisante pas.
Bref, j'éprouve un plaisir certain à voir la Pulvar déguster un cuisant ridicule : Défense de rire !
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mercredi, avril 11, 2012
Socialisme : Bob en pleine forme
Notre ami Bob Marchenoir est en pleine forme :
La stupidité socialiste se résume en une phrase : les socialistes sont contre la pauvreté (c'est du moins ce qu'ils prétendent), mais il sont aussi contre la richesse (ils n'arrêtent pas de nous le dire).
Ca va pas être possible. Il va falloir choisir.
Allons, allons, Bob. Vous connaissez la réponse : les socialistes aiment tellement les pauvres qu'ils en créent par millions.
La stupidité socialiste se résume en une phrase : les socialistes sont contre la pauvreté (c'est du moins ce qu'ils prétendent), mais il sont aussi contre la richesse (ils n'arrêtent pas de nous le dire).
Ca va pas être possible. Il va falloir choisir.
Allons, allons, Bob. Vous connaissez la réponse : les socialistes aiment tellement les pauvres qu'ils en créent par millions.
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Socialisme, la paroxysme avant la chute ?
Nous vivons une campagne électorale d'un socialisme ahurissant. Nos malheurs viennent des méchants banquiers, l'Etat est notre sauveur. L'Etat doit s'occuper de tout, a un avis sur tout, est le seul juge du Bon, du Beau, du Juste. Taxons, taxons, taxons.
Après la banqueroute provoquée par trente ans de socialisme, que va-t-on faire ?
Je suis pessimiste : je pense que nous allons tenter de guérir les horreurs du socialisme par encore plus de socialisme et que nous allons nous enfoncer dans la crise.
Mais il existe une hypothèse plus optimiste qu'il faut aussi considérer. L'histoire n'est pas faite que de continuités. Il y a aussi des ruptures.
On peut aussi imaginer que la banqueroute qui vient frappe la socialisme d'un discrédit fatal. Je n'en vois pas le mécanisme, cela ne me semble pas le plus probable. Mais pourquoi pas ?
Après la banqueroute provoquée par trente ans de socialisme, que va-t-on faire ?
Je suis pessimiste : je pense que nous allons tenter de guérir les horreurs du socialisme par encore plus de socialisme et que nous allons nous enfoncer dans la crise.
Mais il existe une hypothèse plus optimiste qu'il faut aussi considérer. L'histoire n'est pas faite que de continuités. Il y a aussi des ruptures.
On peut aussi imaginer que la banqueroute qui vient frappe la socialisme d'un discrédit fatal. Je n'en vois pas le mécanisme, cela ne me semble pas le plus probable. Mais pourquoi pas ?
Vendée : du génocide au mémoricide (Reynald Secher)
Reynald Secher a atteint le fantasme de tout universitaire, malgré une carrière entravée par les gardes rouges de l'université française : défricher un domaine et en devenir le spécialiste reconnu.
Il a commencé par démontrer que les guerres de Vendée ont provoqué un génocide au sens moderne du terme, décrété par le comité de salut public, le premier et la matrice de tous les autres.
Ceci a brisé sa carrière naissante à l'occasion des commémoration du bicentenaire de 1989 car les zélateurs du socialisme ne lui ont pas pardonné ce sacrilège. Ils avaient le pouvoir. Comme ils représentent le Bien, ils n'ont pas l'habitude d'en user avec retenue contre leur ennemis.
Heureusement, les moyens de diffusion modernes font qu'il est difficile d'étouffer complètement la liberté d'expression, malgré toute l'énergie de l'appareil étatique et médiatique. Secher a conquis une notoriété méritée.
La thèse de Secher n'était une nouveauté que parce qu'un mémoricide avait été organisé sur cette question. En effet, un Gracchus Babeuf, un contemporain qu'on ne peut soupçonner de nostalgie royaliste, dénonçait déjà un «populicide».
Les scènes rappellent les Khmers rouges.
Sur Radio Courtoisie, j'ai entendu un universitaire se réclamant d'extrême-extrême gauche (oui, sur Radio Courtoisie !) accusant Jean-Luc Mélenchon d'être «la gauche de la droite» parce qu'il est immigrationniste et que l'immigration est l'armée de réserve du mondialisme. Raisonnement que j'ai tendance à approuver.
Cet universitaire , se réclamant de Babeuf, a expliqué que, de son point de vue de gauchiste, le génocide vendéen était l'extermination du peuple de Vendée par les bourgeois de Paris. Etonnant !
Vingt-cinq ans plus tard, Secher enfonce le clou définitivement, suite à sa découverte, assez stupéfiante, dans des cartons d'archives oubliés, de «petits papiers» du comité de salut public qui ne laissent plus aucun doute sur le fait que ce génocide fut voulu et planifié comme tel par les plus hautes autorités.
La thèse des robespierristes et néo-réobespierristes (hélas, ça existe encore), qui fait des massacres vendéens de malencontreux excès dus à l'anarchie de l'époque, est invalidée sans retour.
Ensuite, Secher s'attaque au mémoricide, complément indispensable du génocide et des massacres politiques (on le voit à l'oeuvre de nos jours en Chine communiste -cf Simon Leys).
Il démonte le mécanisme par lequel, après avoir tenté de faire disparaître une population, on essaie d'effacer sa mémoire. On constate une fois de plus le rôle néfaste et politique du système éducatif étatisé dans ces entreprises de perversion de l'esprit et d'endoctrinement.
Heureusement, une mémoire orale a été transmise, qui donne de la chair aux documents.
Enfin, en postface, Stéphane Courtois nous sort une citation de l'icône Jaurès, à propos de la Vendée. Citation que n'auraient pas reniée Lénine ou Staline.
Décidément, au-delà des adaptations et des compromissions de circonstance, socialisme et démocratie sont aussi incompatibles que l'eau et le feu.
Il a commencé par démontrer que les guerres de Vendée ont provoqué un génocide au sens moderne du terme, décrété par le comité de salut public, le premier et la matrice de tous les autres.
Ceci a brisé sa carrière naissante à l'occasion des commémoration du bicentenaire de 1989 car les zélateurs du socialisme ne lui ont pas pardonné ce sacrilège. Ils avaient le pouvoir. Comme ils représentent le Bien, ils n'ont pas l'habitude d'en user avec retenue contre leur ennemis.
Heureusement, les moyens de diffusion modernes font qu'il est difficile d'étouffer complètement la liberté d'expression, malgré toute l'énergie de l'appareil étatique et médiatique. Secher a conquis une notoriété méritée.
La thèse de Secher n'était une nouveauté que parce qu'un mémoricide avait été organisé sur cette question. En effet, un Gracchus Babeuf, un contemporain qu'on ne peut soupçonner de nostalgie royaliste, dénonçait déjà un «populicide».
Les scènes rappellent les Khmers rouges.
Sur Radio Courtoisie, j'ai entendu un universitaire se réclamant d'extrême-extrême gauche (oui, sur Radio Courtoisie !) accusant Jean-Luc Mélenchon d'être «la gauche de la droite» parce qu'il est immigrationniste et que l'immigration est l'armée de réserve du mondialisme. Raisonnement que j'ai tendance à approuver.
Cet universitaire , se réclamant de Babeuf, a expliqué que, de son point de vue de gauchiste, le génocide vendéen était l'extermination du peuple de Vendée par les bourgeois de Paris. Etonnant !
Vingt-cinq ans plus tard, Secher enfonce le clou définitivement, suite à sa découverte, assez stupéfiante, dans des cartons d'archives oubliés, de «petits papiers» du comité de salut public qui ne laissent plus aucun doute sur le fait que ce génocide fut voulu et planifié comme tel par les plus hautes autorités.
La thèse des robespierristes et néo-réobespierristes (hélas, ça existe encore), qui fait des massacres vendéens de malencontreux excès dus à l'anarchie de l'époque, est invalidée sans retour.
Ensuite, Secher s'attaque au mémoricide, complément indispensable du génocide et des massacres politiques (on le voit à l'oeuvre de nos jours en Chine communiste -cf Simon Leys).
Il démonte le mécanisme par lequel, après avoir tenté de faire disparaître une population, on essaie d'effacer sa mémoire. On constate une fois de plus le rôle néfaste et politique du système éducatif étatisé dans ces entreprises de perversion de l'esprit et d'endoctrinement.
Heureusement, une mémoire orale a été transmise, qui donne de la chair aux documents.
Enfin, en postface, Stéphane Courtois nous sort une citation de l'icône Jaurès, à propos de la Vendée. Citation que n'auraient pas reniée Lénine ou Staline.
Décidément, au-delà des adaptations et des compromissions de circonstance, socialisme et démocratie sont aussi incompatibles que l'eau et le feu.
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Vanneste, deuxième partie
Vanneste , première partie
La Droite Populaire n’a-t-elle pas pour fonction de singer une pseudo opposition au sein de l’UMP qui est un parti caporaliste ?
Christian Vanneste : Les députés godillots tiennent avant tout à être réélus et ont tendance à flatter le pouvoir. En retour le pouvoir les flatte et leur en donne les moyens. C’est du donnant-donnant, accentué par le passage au quinquennat : le président est élu avant le Parlement, il peut faire sentir à chaque député qu’il lui doit son élection. Le pire, ce sont les années qui viennent de se dérouler, les députés sont priés de ne lever leur main que pour approuver l’exécutif. Un exemple : je suis en faveur de la suppression des départements, car c’est une strate coûteuse et obsolète. Mais lorsque nous discutions d’un projet de loi sur les collectivités territoriales, Hortefeux m’a répondu : « tu me demandes des choses et tu ne votes pas la loi ». C’est très piégeant, les députés n’ont pas d’autonomie, ils n’ont pas de droits en tant que tels et sont soumis à un marchandage permanent.
Est-ce que ce comportement godillot favorise les lois démagogiques ciblant une catégorie particulière ?
Oui bien sûr, la politique actuelle est une politique de marchés. Premièrement, vous avez d’un côté des professionnels, à l’image de Nicolas Sarkozy déclarant « mon métier c’est la politique ». Au passage, je serais d’avis que les politiciens aient de vrais métiers avant de s’engager, avec une connaissance pratique de la vie et des gens. Deuxièmement, ces professionnels considèrent que l’électorat est un marché segmenté en clientèles. Vous avez des groupes d’intérêt qu’il faut servir, soit en fonction de leur poids médiatique, de leur capacité de mobilisation dans les revendications sociales, ou encore de leur poids électoral. On distribue les prébendes, l’intérêt général étant complètement évacué dans ce genre de tractations.
Parmi ces clientèles, vous avez eu maille à partir avec ce qu’on appelle « le lobby gay », c’est-à-dire un ensemble d’associations militantes…
D’abord, je n’ai absolument rien contre les homosexuels, et surtout pas contre les personnes. Je déteste ces accusations d’homophobie. J’ai des amis homosexuels avec lesquels j’entretiens d’excellentes discussions et qui respectent mes opinions. Ainsi j’ai récemment dîné avec Renaud Camus avec qui j’ai sympathisé. Il n’est pas connu pour être un homme de gauche et certains le décrivent même comme le Mishima français.
Ce que je ne supporte pas c’est le lobby, le groupe de pression qui pousse la politique de notre pays dans un sens contraire à l’intérêt général, par des méthodes intellectuellement agressives comme le mensonge et le bourrage de crâne.
En particulier mes propos ne visaient qu’à dénoncer deux désinformations du lobby : le premier concerne la déportation des homosexuels, le second le nombre de familles homoparentales en France, 300 000 selon le chiffre répété par les media, alors que l’INED en compte 20 000.
On m’a collé une étiquette d’obsessionnel, mais lorsque l’on regarde mon travail parlementaire, on s’aperçoit que je n’évoque pratiquement jamais ce sujet qui m’intéresse moins que l’économie ou la sécurité même si la défense de la famille traditionnelle est pour moi cruciale, je me suis abstenu d’intervenir pendant le débat sur le mariage homosexuel. Je voudrais que l’on puisse parler de ces sujets tranquillement, mon attitude est avant tout intellectuelle, anti-lobbys et non moralisatrice.
La question du mariage homosexuel n’est-elle pas secondaire par rapport à celle du clientélisme et des associations subventionnées qui influencent l’opinion publique ?
Vous avez entièrement raison, d’autant que la première fois que j’ai eu un problème avec ce lobby c’était pour un problème de financement public. Lorsque je présidais la commission « Santé et Citoyenneté » au Conseil Régional du Nord, je me suis aperçu que de nombreuses associations percevaient des fonds sans remplir les conditions de leur mission.
Au départ ce courant a une bonne origine, il s’agissait d’un regroupement de personnes aux idées claires et bien enracinées, qui souhaitaient manifester une sensibilité composée en grande partie de vrais gaullistes, de libéraux à droite du Parti Républicain et de Démocratie Libérale, dans le sillage d’Alain Griotteray. Ma spécificité au sein du groupe est que je me définis comme gaulliste moins étatiste, libéral et conservateur, avec un ancrage chrétien hérité de Maritain.
Ensuite il y a eu manifestement une tentative de récupération. Nous avons d’abord été bien traités, reçus partout, mais Thierry Mariani doit manifester une totale solidarité gouvernementale. Enfin l’arrivée imprévue d’Éric Raoult, était également destinée à tenir la Droite Populaire en laisse.
Comment voyez-vous votre avenir politique dans les mois qui viennent ?
Cet avenir pour le moment est certain : je suis toujours membre de l’UMP, pour une raison évidente, c’est qu’on ne peut exclure quelqu’un qui se contente de rappeler une vérité historique. L’UMP a cru intelligent d’annoncer que j’allais quitter la vie politique, ce qui a provoqué l’effet contraire. Jean-François Copé a refusé ma demande d’explication devant le Bureau Politique de l’UMP. La manœuvre pour m’exclure est irrecevable en droit. Si elle avait eu lieu, je l’aurais contestée devant les tribunaux et j’aurais gagné.
Dans l’éventualité où vous vous présenteriez aux élections législatives, sous quelle étiquette le ferez-vous ?
Pour l’instant je ne suis pas investi, peut-être que je me présenterai, ma décision n’est pas encore prise. Mais je viens tout juste d’être élu à la présidence du RPF. Ce que je crains, c’est que Nicolas Sarkozy soit battu. Malheureusement les faits penchent plutôt en faveur de cette hypothèse. De plus, dans la plupart des pays Européens les sortants sont battus. Dans ce cas, il y aurait sans doute une recomposition du paysage politique.
Pour remporter les législatives, l’UMP devra-t-elle faire alliance avec le FN ?
Non, cette option est impossible. D’une part cela provoquerait l’éclatement immédiat de l’UMP. Et d’autre part le FN ne veut pas de cette alliance, car c’est une entreprise familiale qui entend prospérer sur la défaite de la droite. Pour ma part, je préfèrerais une logique de bipartisme à l’anglo-saxonne, avec une élection à un seul tour par circonscription, favorisant un spectre très large de chaque côté.
Pour conclure, comment expliquez-vous la médiocrité du débat public actuel ?
On peut imputer les mauvais résultats de la France à l’absence dans le débat public des idées libérales et conservatrices. C’est une trahison qui nous coûte très cher car cela nous a empêché de faire les réformes salutaires au bon moment.
La France a toujours oscillé entre une droite qui a été un conservatisme de notables liés à des intérêts locaux, c’est-à-dire l’esprit de Pierre Queuille et de son successeur Jacques Chirac. Et d’autre part un délire révolutionnaire stupide, qui méconnait l’existence de deux révolutions françaises, dont la seconde, jacobine, a anéanti les résultats de la première, libérale. Cet esprit de changement brusque a détruit le réformisme et n’a cessé d’abaisser le pays.
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Christian Vanneste,
conservatisme à la française
mardi, avril 10, 2012
Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres
«Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres.»
Cette phrase, je l'ai entendue dans le podcast les Experts de BFM de ce matin.
Je le dis souvent d'une autre manière : je préférerais être cerné de milliardaires que de smicards, car il y a plus de chances de recevoir un pourboire de mille euros d'un milliardaire que d'un smicard.
Un coiffeur à Paris gagne cinquante fois plus qu'un coiffeur à Dakar et pourtant fait le même métier, tout simplement parce qu'il y a beaucoup plus de capital accumulé à Paris qu'à Dakar.
Hé bien, cette idée, qui est pour moi d'évidence, a suscité une vague de messages furibonds à la rédaction de BFM.
Pauvre France !
Cette phrase, je l'ai entendue dans le podcast les Experts de BFM de ce matin.
Je le dis souvent d'une autre manière : je préférerais être cerné de milliardaires que de smicards, car il y a plus de chances de recevoir un pourboire de mille euros d'un milliardaire que d'un smicard.
Un coiffeur à Paris gagne cinquante fois plus qu'un coiffeur à Dakar et pourtant fait le même métier, tout simplement parce qu'il y a beaucoup plus de capital accumulé à Paris qu'à Dakar.
Hé bien, cette idée, qui est pour moi d'évidence, a suscité une vague de messages furibonds à la rédaction de BFM.
Pauvre France !
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BFM,
déclin de l'intelligence des Français,
économie
lundi, avril 09, 2012
Ministres communistes : la honte (2)
Je ne suis pas du tout surpris qu'il se soit trouvé un inconscient pour estimer que la possible présence de ministres communistes à notre gouvernement n'est pas pas vraiment une honte.
Une telle attitude ne peut s'expliquer que par la connerie (une connerie méchante, vicieuse, jalouse) ou une ignorance crasse.
Pour la connerie, je ne peux rien. En revanche, je peux tenter de guérir l'ignorance.
Bien sûr, la lecture du Livre noir du communisme suffit à remettre les pendules et les consciences à l'heure.
En attendant, je vous ai photographié quelques pages du Studio de l'inutilité (le fichier est un peu lourd), que je suis en train de lire :
Extrait : le Studio de l'inutilité
Pour l'anecdote : j'ai visité Tuol Sleng. C'est terrifiant de simplicité : il s'agit d'un ancien lycée. Pour torturer, il suffit de mettre deux cents personnes à vivre dans une salle de classe, de tremper les récalcitrants dans les jarres d'engrais et de jouer au ball-trap avec les bébés.
Sur les 16 000 à 20 000 personnes passées par Tuol Sleng, il y a eu en tout et pour tout quatorze survivants.
Douch, le tortionnaire en chef, n'a rien trouvé de mieux à dire que : «Je voulais être un bon communiste».
Au moins, les choses sont claires.
Et qu'on ne me dise pas que c'est hors-sujet : Jean-Luc Mélenchon a l'honnêteté, ou le cynisme, de ne pas cacher son admiration pour le régime chinois, c'est-à-dire, pour appeler les choses par leur nom, qu'il assume pleinement les millions de morts au nom du communisme chinois.
Une telle attitude ne peut s'expliquer que par la connerie (une connerie méchante, vicieuse, jalouse) ou une ignorance crasse.
Pour la connerie, je ne peux rien. En revanche, je peux tenter de guérir l'ignorance.
Bien sûr, la lecture du Livre noir du communisme suffit à remettre les pendules et les consciences à l'heure.
En attendant, je vous ai photographié quelques pages du Studio de l'inutilité (le fichier est un peu lourd), que je suis en train de lire :
Extrait : le Studio de l'inutilité
Pour l'anecdote : j'ai visité Tuol Sleng. C'est terrifiant de simplicité : il s'agit d'un ancien lycée. Pour torturer, il suffit de mettre deux cents personnes à vivre dans une salle de classe, de tremper les récalcitrants dans les jarres d'engrais et de jouer au ball-trap avec les bébés.
Sur les 16 000 à 20 000 personnes passées par Tuol Sleng, il y a eu en tout et pour tout quatorze survivants.
Douch, le tortionnaire en chef, n'a rien trouvé de mieux à dire que : «Je voulais être un bon communiste».
Au moins, les choses sont claires.
Et qu'on ne me dise pas que c'est hors-sujet : Jean-Luc Mélenchon a l'honnêteté, ou le cynisme, de ne pas cacher son admiration pour le régime chinois, c'est-à-dire, pour appeler les choses par leur nom, qu'il assume pleinement les millions de morts au nom du communisme chinois.
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dimanche, avril 08, 2012
It's a riot
It's a riot
Encore un excellent article de Dalrymple. A propos du rapport de la commission d'enquête sur émeutes britanniques de 2011.
J'ai la flemme de traduire. Je résume.
Un seul point d'accord de Dalrymple avec le rapport : les émeutiers sont des victimes.
Mais pas de la police trop sévère, d'une société raciste ou de l'exclusion sociale, comme dit le très malhonnête rapport, envahi de psycho-blabla et socio-charabia. Non, ce sont des victimes des mauvaises idées des idéologues tarés qui ont inventé la culture de l'excuse.
Ils ont persuadés les pilleurs qu'ils avaient droit à tout alors que tout le monde sait, eux compris, qu'ils ne méritent rien. Les émeutiers n'avaient rien à perdre, non parce qu'ils étaient pauvres -ils ne l'étaient pas- mais parce qu'ils savaient qu'ils ne perdraient rien, qu'ils ne seraient pas sanctionnés.
La commission, elle, vit dans un monde où toute colère est légitime, où le seul fait d'être en colère prouve qu'on est une victime et, donc, un Juste.
La commission aurait pu s'interroger sur la question du chômage des jeunes locaux alors qu'on importe de jeunes immigrés pour remplir des emplois non-qualifiés (même question en France). Mais, bien entendu, cela aurait mis en évidence les effets dévastateurs de l'assitanat.
Encore un excellent article de Dalrymple. A propos du rapport de la commission d'enquête sur émeutes britanniques de 2011.
J'ai la flemme de traduire. Je résume.
Un seul point d'accord de Dalrymple avec le rapport : les émeutiers sont des victimes.
Mais pas de la police trop sévère, d'une société raciste ou de l'exclusion sociale, comme dit le très malhonnête rapport, envahi de psycho-blabla et socio-charabia. Non, ce sont des victimes des mauvaises idées des idéologues tarés qui ont inventé la culture de l'excuse.
Ils ont persuadés les pilleurs qu'ils avaient droit à tout alors que tout le monde sait, eux compris, qu'ils ne méritent rien. Les émeutiers n'avaient rien à perdre, non parce qu'ils étaient pauvres -ils ne l'étaient pas- mais parce qu'ils savaient qu'ils ne perdraient rien, qu'ils ne seraient pas sanctionnés.
La commission, elle, vit dans un monde où toute colère est légitime, où le seul fait d'être en colère prouve qu'on est une victime et, donc, un Juste.
La commission aurait pu s'interroger sur la question du chômage des jeunes locaux alors qu'on importe de jeunes immigrés pour remplir des emplois non-qualifiés (même question en France). Mais, bien entendu, cela aurait mis en évidence les effets dévastateurs de l'assitanat.
Dalrymple à propos de l'élection d'un dhimmi islamiste en Grande-Bretagne
Theodore Dalrymple
A Little “Respect” Goes a Long Way
The odious George Galloway wins a parliamentary election in Britain.
6 April 2012
A Little “Respect” Goes a Long Way
The odious George Galloway wins a parliamentary election in Britain.
6 April 2012
A recent election to the parliamentary seat of Bradford, in the north of England, has caused alarm in British political circles. The election was won, not by a candidate from any of the major political parties, but by George Galloway of the Respect party. Galloway is well-known as a leftist gadfly with a tendency to buffoonery, an eye to the main chance, and a record of public obsequiousness toward Saddam Hussein. He flirts with Islamism and has been suspected of corruption, but he always wins his libel actions against newspapers. He has been married four times, thrice to Muslims.
No one can say that the resounding defeat of the main political parties (Galloway received 56 percent of the vote, the Labour candidate 25 percent, and the Conservative 8 percent) was undeserved. Almost everyone in the country, of whatever political stripe, now believes that the British political class is unprecedentedly corrupt, opportunist, careerist, and uninterested in the national welfare. No one minds, then, that the main parties should have been humiliated.
But not by Galloway. This is the second parliamentary seat with a large Muslim electorate that he has won at the expense of the political establishment, principally that of the Labour party (both seats were traditionally Labour). He has done so by mixing left-wing ideas with vaguely Islamist sympathies. The very name of his party, Respect, is worrying if one has an ear for language. In street parlance, “respect” has the connotation not so much of obedience to the law so that everyone may go safely about his lawful business, but of the inspiration of fear in others such that they leave me alone even when I’m doing something illegal or unpleasant. “Intimidation” would probably be a better name for the party.
When the election results were announced, Galloway exclaimed, “All praise to Allah!,” to which his supporters responded, “Allah! Allah!” But the biggest cheer went up, at least according to the Guardian’s report, when he exclaimed: “Long live Palestine!”
Four days later, in the same newspaper, the political commentator Seumas Milne wrote that “the central thrust of Galloway’s pitch in Bradford was in fact about cuts, tuition fees, unemployment, poverty and the decline of a city.” This is a little like saying that when some of the people of Bradford marched through the streets calling for Salman Rushdie’s death after the publication of his Satanic Verses, they were protesting against the magic realist school of fiction.
Theodore Dalrymple is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute
No one can say that the resounding defeat of the main political parties (Galloway received 56 percent of the vote, the Labour candidate 25 percent, and the Conservative 8 percent) was undeserved. Almost everyone in the country, of whatever political stripe, now believes that the British political class is unprecedentedly corrupt, opportunist, careerist, and uninterested in the national welfare. No one minds, then, that the main parties should have been humiliated.
But not by Galloway. This is the second parliamentary seat with a large Muslim electorate that he has won at the expense of the political establishment, principally that of the Labour party (both seats were traditionally Labour). He has done so by mixing left-wing ideas with vaguely Islamist sympathies. The very name of his party, Respect, is worrying if one has an ear for language. In street parlance, “respect” has the connotation not so much of obedience to the law so that everyone may go safely about his lawful business, but of the inspiration of fear in others such that they leave me alone even when I’m doing something illegal or unpleasant. “Intimidation” would probably be a better name for the party.
When the election results were announced, Galloway exclaimed, “All praise to Allah!,” to which his supporters responded, “Allah! Allah!” But the biggest cheer went up, at least according to the Guardian’s report, when he exclaimed: “Long live Palestine!”
Four days later, in the same newspaper, the political commentator Seumas Milne wrote that “the central thrust of Galloway’s pitch in Bradford was in fact about cuts, tuition fees, unemployment, poverty and the decline of a city.” This is a little like saying that when some of the people of Bradford marched through the streets calling for Salman Rushdie’s death after the publication of his Satanic Verses, they were protesting against the magic realist school of fiction.
Theodore Dalrymple is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute
samedi, avril 07, 2012
Sarokophobie, handicap ou atout ?
La sarkophobie trouve, à mon avis, sa force dans le fait que Nicolas Sarkozy est un miroir des Français moyens (quel Français moyen a lu La princesse de Clèves ? Sarko non plus).
Les Français moyens n'aiment pas ce qu'ils voient dans ce miroir.
Quant à la sarkophobie médiatique, elle a les mêmes raisons en sens inverse : les bobos gauchos sont des prolophobes maladifs. Ils reconnaissant en Sarkozy un Français moyen. Ils en éprouvent une répulsion incontrôlable et envahissante. La gauche devrait s'interroger sur cette prolophobie, mais se remettre en question quand on est un représentant de droit divin du Bien ...
Bref, quand les Français détestent Sarkozy, c'est du masochisme. Quand les journalistes (par construction, dénationalisés) détestent Sarkozy, c'est de la prolophobie. Or, il pourrait bien que les Français finissent par ressentir que le mépris des «notoires et des notables» pour Sarkozy les vise par ricochet, les éloignant de la gauche. C'est pourquoi je pense que, dans l'intimité de l'isoloir, la sarkophobie est neutre, ses effets positifs et négatifs se compensent.
Quant à la sarkophobie médiatique, elle a les mêmes raisons en sens inverse : les bobos gauchos sont des prolophobes maladifs. Ils reconnaissant en Sarkozy un Français moyen. Ils en éprouvent une répulsion incontrôlable et envahissante. La gauche devrait s'interroger sur cette prolophobie, mais se remettre en question quand on est un représentant de droit divin du Bien ...
Bref, quand les Français détestent Sarkozy, c'est du masochisme. Quand les journalistes (par construction, dénationalisés) détestent Sarkozy, c'est de la prolophobie. Or, il pourrait bien que les Français finissent par ressentir que le mépris des «notoires et des notables» pour Sarkozy les vise par ricochet, les éloignant de la gauche. C'est pourquoi je pense que, dans l'intimité de l'isoloir, la sarkophobie est neutre, ses effets positifs et négatifs se compensent.
J'hallucine
Le petit Louis Sarkozy, fils du président français en exercice et de Cecilia Attias, va intégrer l’académie militaire à Leeds (Pennsylvanie). Une académie où l’on forme les futurs cadets de l’armée américaine
Je pense que cela se passe de commentaires.
Je pense que cela se passe de commentaires.
Ministres communistes : la honte
Réflexions diverses de fin de campagne
Je partage avec Maxime Tandonnet une honte intense, très réelle, pas seulement rhétorique, à l'idée qu'il y aura peut-être, dans quelques semaines, au gouvernement de la France (par pudeur patriotique, je n'ose qualifier ce gouvernement de français), des ministres se réclamant du communisme.
J'éprouve la même honte que s'il y avait des ministres se réclamant du fascisme, puisqu'à mes yeux, la seule différence entre le communisme et le fascisme est que les communistes ont été parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, ce qui leur a permis de maquiller l'histoire en leur faveur (il y a une autre petite différence, macabre : le communisme a fait beaucoup plus de morts - et continuent à en faire- que le fascisme).
Je parle souvent de décadence. Ces mots peuvent quelquefois paraître creux. Des ministres communistes en sont une traduction très concrète.
Car se réclamer du communisme n'est pas anodin. C'est se référer à une vision du monde, à des idées et à une histoire qui furent les plus atroces de ce XXème siècle qui fut peut-être le pire siècle de l'histoire de l'humanité.
Des ministres communistes, cela signifie qu'il y a une part importante des Français qui ont la nostalgie de cette ignominie. C'est une insulte à l'intelligence -le communisme a échoué partout- et à la morale -le seul talent du communisme, c'est l'attentat aux libertés et le meurtre de masse.
Je partage avec Maxime Tandonnet une honte intense, très réelle, pas seulement rhétorique, à l'idée qu'il y aura peut-être, dans quelques semaines, au gouvernement de la France (par pudeur patriotique, je n'ose qualifier ce gouvernement de français), des ministres se réclamant du communisme.
J'éprouve la même honte que s'il y avait des ministres se réclamant du fascisme, puisqu'à mes yeux, la seule différence entre le communisme et le fascisme est que les communistes ont été parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, ce qui leur a permis de maquiller l'histoire en leur faveur (il y a une autre petite différence, macabre : le communisme a fait beaucoup plus de morts - et continuent à en faire- que le fascisme).
Je parle souvent de décadence. Ces mots peuvent quelquefois paraître creux. Des ministres communistes en sont une traduction très concrète.
Car se réclamer du communisme n'est pas anodin. C'est se référer à une vision du monde, à des idées et à une histoire qui furent les plus atroces de ce XXème siècle qui fut peut-être le pire siècle de l'histoire de l'humanité.
Des ministres communistes, cela signifie qu'il y a une part importante des Français qui ont la nostalgie de cette ignominie. C'est une insulte à l'intelligence -le communisme a échoué partout- et à la morale -le seul talent du communisme, c'est l'attentat aux libertés et le meurtre de masse.
Libellés :
2012 année chiatique,
dictature du Bien
vendredi, avril 06, 2012
En lisant Simon Leys lisant Chesterton
Simon Leys approche les quatre-vingts ans. Il est belge, vit en Australie et communique par fax avec son éditrice, qui ne l'a jamais vu.
Il s'était fait connaître en étrillant une maoïste à Apostrophes, seul cas dans l'histoire de cette émission où le passage de l'auteur a fait baisser les ventes. Il avait eu cette phrase mémorable qu'on pourrait rappeler à tous nos maoïstes plus ou moins repentis, les Sollers, les Kahn etc. : «Les idiots donnent des idioties comme les pommiers donnent des pommes».
Chacun de ses ouvrages est un bonheur. Vient de paraître Le studio de l'inutilité. On y trouve une citation de Chesterton, stupéfiante quand on songe qu'elle a nécessairement été écrite avant 1936, année de la mort de celui-ci. Voici :
Et ceci, qui paraît redoutablement adapté à la situation présente (car je ne puis croire que ce soit par un simple coïncidence que nous assistions simultanément au développement d'un mouvement en faveur de l'euthanasie et à une campagne pour autoriser le mariage des homosexuels) : «Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»
Leys cite aussi un écrit de 1926 :
«Les derniers en date de nos modernistes ont trouvé le moyen de proclamer une religion érotique qui simultanément exalte la luxure et interdit la fertilité (...) la prochaine grande hérésie sera tout simplement une attaque contre la moralité, et spécialement contre la moralité sexuelle. Et ça ne va pas venir des socialistes. La folie de demain n'est pas à Moscou, mais bien plutôt à Manhattan.»
Nous y sommes.
Il s'était fait connaître en étrillant une maoïste à Apostrophes, seul cas dans l'histoire de cette émission où le passage de l'auteur a fait baisser les ventes. Il avait eu cette phrase mémorable qu'on pourrait rappeler à tous nos maoïstes plus ou moins repentis, les Sollers, les Kahn etc. : «Les idiots donnent des idioties comme les pommiers donnent des pommes».
Chacun de ses ouvrages est un bonheur. Vient de paraître Le studio de l'inutilité. On y trouve une citation de Chesterton, stupéfiante quand on songe qu'elle a nécessairement été écrite avant 1936, année de la mort de celui-ci. Voici :
Et ceci, qui paraît redoutablement adapté à la situation présente (car je ne puis croire que ce soit par un simple coïncidence que nous assistions simultanément au développement d'un mouvement en faveur de l'euthanasie et à une campagne pour autoriser le mariage des homosexuels) : «Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»
Leys cite aussi un écrit de 1926 :
«Les derniers en date de nos modernistes ont trouvé le moyen de proclamer une religion érotique qui simultanément exalte la luxure et interdit la fertilité (...) la prochaine grande hérésie sera tout simplement une attaque contre la moralité, et spécialement contre la moralité sexuelle. Et ça ne va pas venir des socialistes. La folie de demain n'est pas à Moscou, mais bien plutôt à Manhattan.»
Nous y sommes.
jeudi, avril 05, 2012
Notre avenir : l'oscillation perpétuelle entre le drame et la médiocrité
Dans son discours de 1958, expliquant aux Français le plan Pinay-Rueff, De Gaulle déclare : «sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité».
Je me suis longtemps posé la question de l'avenir de la France. J'ai longtemps cru à un spectaculaire naufrage à la grecque. Puis je me suis dit que l'Etat français avait autrement plus de ressources oppressives que l'Etat grec et qu'il ne coulerait pas comme cela.
C'est en écoutant Jean-Pierre Petit que j'ai eu une révélation.
L'avenir de la France n'est en rien mystérieux : en fait, nous allons continuer, comme depuis trente ans à osciller perpétuellement entre le drame et la médiocrité.
Chaque crise sera plus profonde que la précédente, chaque sursaut moins haut que le précédent.
Finalement, il n'y aura pas de rupture, de grand soir ou d'effondrement. Il y aura juste la poursuite de la décadence.
Je me suis longtemps posé la question de l'avenir de la France. J'ai longtemps cru à un spectaculaire naufrage à la grecque. Puis je me suis dit que l'Etat français avait autrement plus de ressources oppressives que l'Etat grec et qu'il ne coulerait pas comme cela.
C'est en écoutant Jean-Pierre Petit que j'ai eu une révélation.
L'avenir de la France n'est en rien mystérieux : en fait, nous allons continuer, comme depuis trente ans à osciller perpétuellement entre le drame et la médiocrité.
Chaque crise sera plus profonde que la précédente, chaque sursaut moins haut que le précédent.
Finalement, il n'y aura pas de rupture, de grand soir ou d'effondrement. Il y aura juste la poursuite de la décadence.
Libellés :
France,
la décadence,
Naufrage de l'Etat-mamma
mercredi, avril 04, 2012
Jean-Pierre Petit prédit l'avenir et il est pas rose
Les experts BFM 04/04/2012
Ecoutez de la trentième minute à la fin. C'est saignant.
Mais, hélas, je partage entièrement le diagnostic et la prévision.
Je pense que, de crise en crise, nous sommes partis pour vingt ans de déclin.
Les jeunes politiciens, les NKM ou Montebourg, sont déjà pourris jusqu'à la moelle par une vision socialiste du monde. Donc, ceux qui sont susceptibles de nous sauver, nous devrons les attendre une génération, c'est-à-dire vingt ans.
Ecoutez de la trentième minute à la fin. C'est saignant.
Mais, hélas, je partage entièrement le diagnostic et la prévision.
Je pense que, de crise en crise, nous sommes partis pour vingt ans de déclin.
Les jeunes politiciens, les NKM ou Montebourg, sont déjà pourris jusqu'à la moelle par une vision socialiste du monde. Donc, ceux qui sont susceptibles de nous sauver, nous devrons les attendre une génération, c'est-à-dire vingt ans.
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conservatisme à la française,
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la décadence
La stratégie de l'échec
Nos politiciens sont tous engagés dans la stratégie de l'échec.
Elle tient en quelques mots : l'étatisme social-clientéliste qui règne en France est une stratégie catastrophique dans l'économie actuelle. Malheureusement, les Français, gouvernants et gouvernés sont drogués à la dépense publique, il est donc impossible de se faire élire sur un programme anti-catastrophe de réduction générale et drastique de la dépense publique.
«Attendons que les méchants spéculateurs, à qui nous demandons toutes les deux semaines de l'argent à genoux, nous mettent devant nos responsabilités, signifient aux Français ce que nous n'osons leur dire. Et après, nous réformerons.»
Cette stratégie appelle plusieurs réflexions :
> elle témoigne de la lâcheté de nos politiciens.
> elle est extrêmement dangereuse pour nos politiciens. Ayant fait des carrières feutrées, ils n'ont peut-être pas bien conscience du potentiel de violence d'un peuple trahi. Certes, il y a les CRS, mais c'est valable les premiers mois de crise : quand tout se délite, même les CRS ne suffisent plus.
> c'est très dangereux pour la France : comment prendre les bonnes décisions pour sortir de la crise alors que, depuis des mois, la campagne électorale se déroule sur des idées et des analyses radicalement fausses, que les issues de secours sont bouchées par des dinosaures marxistes ?
> enfin, je ne vois pas l'homme capable de mener une telle politique de la crise qui sauve. Pas un de ceux que je passe en revue n'a les qualités suffisantes, de très loin. Il faudrait être patriote, visionnaire et manoeuvrier.
Bref, avec la stratégie de l'échec, nous sommes assurés d'avoir l'échec, nullement le sursaut salvateur.
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Naufrage de l'Etat-mamma
Fataliste, je ne me passionne pas pour les élections présidentielles ; tourné vers l'avenir, je suis déjà passé à autre chose
Je lis des commentateurs du Figaro absolument extatiques : l'élection de François Hollande serait une seconde libération, un nouveau août 44. Inversement, pour d'autres, l'élection de François Hollande serait une catastrophe cataclysmique.
J'avoue que qu'il m'est difficile d'y mettre tant de passion. La France va à la catastrophe et ni Sarkozy ni Hollande n'ont l'étoffe d'y faire face. Croire que tout le mal vient de Nicolas Sarkozy est d'une stupidité risible. Le mal remonte à 1974 et n'a fait que s'aggraver (merci, Mitterrand et Chirac). Quant à François Hollande, je crois effectivement que son élection serait une faute majeure, peut-être mortelle (1), dans une situation déjà dangereuse, mais Nicolas Sarkozy ne serait que marginalement meilleur.
Je suis comme un Français du printemps 1958 : les institutions actuelles sont pourries, je suis déjà passé à autre chose.
***********
(1) : cet homme hait la France traditionnelle, c'est-à-dire la France.
Richard Descoings est mort
Richard Descoings est mort. Je ne peux pas dire que je vais beaucoup le pleurer : à la tête de Sciences Po, il s'est comporté en véritable Attila de toute instruction, légitimant les lubies les plus dévastatrices du respect pour le savoir, de la "discrimination positive" à la suppression de l'épreuve de culture générale en passant par le salaire de footballeur.
Espérons que son remplacement sera l'occasion d'une salutaire remise en cause. Hélas, je ne me fais guère d'illusions.
Espérons que son remplacement sera l'occasion d'une salutaire remise en cause. Hélas, je ne me fais guère d'illusions.
mardi, avril 03, 2012
De l’impôt légitime à l’impôt inique par Charles Gave
De l’impôt légitime à l’impôt inique par Charles Gave
L'impôt c'est le vol.
Soyons plus exacts : un quart des budgets publics (et encore, en comptant très large) est consacré aux missions régaliennes, seules légitimes. Donc les impôts sont aux trois quarts du vol.
Je vois d'ici mes amis socialistes se précipiter pour me hurler aux oreilles que je suis un mauvais Français, que je dois me laisser tondre sans protester au nom de la «solidarité».
Hé bien non, votre «solidarité» n'est que l'alibi de l'escroquerie. D'ailleurs, vous le savez bien, amis socialistes : le jour où vous voulez être vraiment solidaires, vous n'envoyez pas un chèque à votre percepteur, qui l'accepterait pourtant d'enthousiasme comme recette exceptionnelle, mais à une association de votre choix.
L'impôt c'est le vol.
Soyons plus exacts : un quart des budgets publics (et encore, en comptant très large) est consacré aux missions régaliennes, seules légitimes. Donc les impôts sont aux trois quarts du vol.
Je vois d'ici mes amis socialistes se précipiter pour me hurler aux oreilles que je suis un mauvais Français, que je dois me laisser tondre sans protester au nom de la «solidarité».
Hé bien non, votre «solidarité» n'est que l'alibi de l'escroquerie. D'ailleurs, vous le savez bien, amis socialistes : le jour où vous voulez être vraiment solidaires, vous n'envoyez pas un chèque à votre percepteur, qui l'accepterait pourtant d'enthousiasme comme recette exceptionnelle, mais à une association de votre choix.
dimanche, avril 01, 2012
François le Corrézien
Si vous voulez vous amuser sur les marchés, refusez les tracts du PS en gueulant distinctement, de manière à être entendu jusqu'à l'autre bout de la place du marché : «Non merci, je suis Corrézien».
François Hollande : Corrézien le samedi, caméléon la semaine
François Hollande : Corrézien le samedi, caméléon la semaine
La campagne de François Hollande à la lumière de la liturgie du dimanche des Rameaux
Cet article est excellent (La passion selon Hollande). Voici un extrait :
François Hollande a vécu, au cours des derniers mois, sa montée à Jérusalem. Ces mois furent longs. Très longs. C’est le principe même des primaires socialistes, c’en est le vice fondamental : exposer trop tôt un candidat à l’alternance aux vivats de l’opinion publique. Ce que le récit des Évangiles nous apprend – comme vérité politique fondamentale – dans la liturgie du dimanche des Rameaux, c’est que l’état de grâce ne dure qu’un temps, après quoi il faut qu’il disparaisse. En clair, François Hollande a mangé son pain blanc. Il a pu trop tôt se réjouir des acclamations des médias et d’une opinion publique qui, par nature, est versatile. Trop tôt, palmes et manteaux furent jetés au-devant de lui pour qu’il passe. Édouard Herriot disait que la politique était comme l’andouillette : ça devait sentir la merde, mais pas trop. Dans la veine de la métaphore gastronomique, on pourrait dire qu’une élection c’est comme un soufflé, c’est une question de timing : après l’heure, c’était pas l’heure, avant l’heure ça retombe.
[...] Le Parti socialiste devait préparer une tambouille gigantesque, il a préféré servir un aléatoire soufflé. Parce qu’à Terra Nova et les Inrockuptibles,c’est-à-dire chez ces banquiers qui dénoncent la banque, on ne mange pas n’importe quoi chez n’importe qui, d’autant plus qu’on comprend toujours tout à tout. Mais il y a une chose que l’on ne comprendra jamais, chez ces gens-là : c’est le peuple. On ne le comprendra jamais, parce qu’on le méprise. Et quand on ne le méprise pas, on le suspecte. On le suspecte – on a raison – de vouloir un jour tout, le lendemain son contraire. On le suspecte d’être populiste, le peuple. Et l’on finit par ne plus vouloir s’adresser à lui. Parce que c’est confortable de penser que la politique, on la fait entre soi. Au chaud. Entre gens bien qui s’entendent.
Vous savez que j'ai toujours trouvé les primaires du PS absolument connes (art. 1, art.2 et art. 3). Qu'on analyse ces primaires comme une des causes possibles de la défaite de Hollande me réjouit au plus haut point.
François Hollande a vécu, au cours des derniers mois, sa montée à Jérusalem. Ces mois furent longs. Très longs. C’est le principe même des primaires socialistes, c’en est le vice fondamental : exposer trop tôt un candidat à l’alternance aux vivats de l’opinion publique. Ce que le récit des Évangiles nous apprend – comme vérité politique fondamentale – dans la liturgie du dimanche des Rameaux, c’est que l’état de grâce ne dure qu’un temps, après quoi il faut qu’il disparaisse. En clair, François Hollande a mangé son pain blanc. Il a pu trop tôt se réjouir des acclamations des médias et d’une opinion publique qui, par nature, est versatile. Trop tôt, palmes et manteaux furent jetés au-devant de lui pour qu’il passe. Édouard Herriot disait que la politique était comme l’andouillette : ça devait sentir la merde, mais pas trop. Dans la veine de la métaphore gastronomique, on pourrait dire qu’une élection c’est comme un soufflé, c’est une question de timing : après l’heure, c’était pas l’heure, avant l’heure ça retombe.
[...] Le Parti socialiste devait préparer une tambouille gigantesque, il a préféré servir un aléatoire soufflé. Parce qu’à Terra Nova et les Inrockuptibles,c’est-à-dire chez ces banquiers qui dénoncent la banque, on ne mange pas n’importe quoi chez n’importe qui, d’autant plus qu’on comprend toujours tout à tout. Mais il y a une chose que l’on ne comprendra jamais, chez ces gens-là : c’est le peuple. On ne le comprendra jamais, parce qu’on le méprise. Et quand on ne le méprise pas, on le suspecte. On le suspecte – on a raison – de vouloir un jour tout, le lendemain son contraire. On le suspecte d’être populiste, le peuple. Et l’on finit par ne plus vouloir s’adresser à lui. Parce que c’est confortable de penser que la politique, on la fait entre soi. Au chaud. Entre gens bien qui s’entendent.
Vous savez que j'ai toujours trouvé les primaires du PS absolument connes (art. 1, art.2 et art. 3). Qu'on analyse ces primaires comme une des causes possibles de la défaite de Hollande me réjouit au plus haut point.
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2012 année chiatique,
François la gélatine
samedi, mars 31, 2012
Islam, islamisme et immigration
De ce que j'ai compris de l'islam, je suis assez proche de l'interprétation des islamistes.
Individuellement :
> un bon musulman immigré ne peut peut pas s'intégrer dans un pays occidental (donc de culture chrétienne). Il doit se conformer à des pratiques (hallal, pas d'alcool, cinq prières par jour, femmes voilées, polygamie, éviter le contact avec les impies, devoir de guerre sainte, etc...). qui empêchent l'intégration.
> inversement, un immigré qui s'intègre cesse d'être un bon musulman. L'intégration, ça va jusqu'à manger du porc parce qu'en France, on mange comme les Français.
Donc, quand on raisonne non plus au niveau de l'individu mais des populations, on a trois possibilités :
> les populations immigrées, assez nombreuses pour former des enclaves, restent, en proportion suffisamment forte, bonnes musulmanes et ne s'intègrent pas. Elles profitent même de la faiblesse des pays d'accueil pour les forcer à adopter leurs pratiques. C'est tout le débat, très important, contrairement à ce que disent certains imbéciles et certains traitres, sur le hallal. Nous suivons, hélas, ce processus de soumission.
> les immigrés musulmans cessent au bout de quelques générations de se sentir musulmans et s'intègrent. C'est la thèse de Dalrymple. Je ne crois pas à cette possibilité pour l'instant. Nous, occidentaux de souche, ne sommes pas assez fiers de nous et exigeants pour que ce transfert de fidélité soit attrayant et naturel. La minorité non-intégrée et la nostalgie grégaire des pseudos-intégrés sont trop puissantes.
> une évolution des coutumes et de l'interprétation de l'islam vers la modernité telle qu'on pourrait adopter un mode de vie occidental sans cesser d'être un bon musulman. On en parle beaucoup dans les medias mais, à ce jour, c'est de la poudre aux yeux. Au contraire, la revendication identitaire rétrograde musulmane progresse.
Dans tous les cas de terrorisme islamiste de nos contrées, le moteur psychologique est cette tension entre bon musulman et mode de vie occidental, déraciné de là-bas mais pas enraciné ici, les loyautés partagées et conflictuelles. Cette tension, quand elle devient insupportable, débouche sur un comportement suicidaire meurtrier. Tout le jeu pervers des prédicateurs islamistes consistent à attiser cette tension au point que leur bombe humaine, correctement conditionnée, explose (1).
Notre responsabilité d'hôtes de l'immigration musulmane n'est pas de manquer de générosité, avis idiot des repentants de tous poil, mais de manquer de fermeté, de ne pas trancher le noeud de cette tension en exigeant de choisir une loyauté et une seule.
************
(1) : on me dit que Merah a agi seul :
1) c'est faux.
2) même si c'était vrai, il n'en resterait pas moins un produit des islamistes, comme Ravaillac est un produit des jésuites et Lee Harvey Oswald un produit des communistes.
Individuellement :
> un bon musulman immigré ne peut peut pas s'intégrer dans un pays occidental (donc de culture chrétienne). Il doit se conformer à des pratiques (hallal, pas d'alcool, cinq prières par jour, femmes voilées, polygamie, éviter le contact avec les impies, devoir de guerre sainte, etc...). qui empêchent l'intégration.
> inversement, un immigré qui s'intègre cesse d'être un bon musulman. L'intégration, ça va jusqu'à manger du porc parce qu'en France, on mange comme les Français.
Donc, quand on raisonne non plus au niveau de l'individu mais des populations, on a trois possibilités :
> les populations immigrées, assez nombreuses pour former des enclaves, restent, en proportion suffisamment forte, bonnes musulmanes et ne s'intègrent pas. Elles profitent même de la faiblesse des pays d'accueil pour les forcer à adopter leurs pratiques. C'est tout le débat, très important, contrairement à ce que disent certains imbéciles et certains traitres, sur le hallal. Nous suivons, hélas, ce processus de soumission.
> les immigrés musulmans cessent au bout de quelques générations de se sentir musulmans et s'intègrent. C'est la thèse de Dalrymple. Je ne crois pas à cette possibilité pour l'instant. Nous, occidentaux de souche, ne sommes pas assez fiers de nous et exigeants pour que ce transfert de fidélité soit attrayant et naturel. La minorité non-intégrée et la nostalgie grégaire des pseudos-intégrés sont trop puissantes.
> une évolution des coutumes et de l'interprétation de l'islam vers la modernité telle qu'on pourrait adopter un mode de vie occidental sans cesser d'être un bon musulman. On en parle beaucoup dans les medias mais, à ce jour, c'est de la poudre aux yeux. Au contraire, la revendication identitaire rétrograde musulmane progresse.
Dans tous les cas de terrorisme islamiste de nos contrées, le moteur psychologique est cette tension entre bon musulman et mode de vie occidental, déraciné de là-bas mais pas enraciné ici, les loyautés partagées et conflictuelles. Cette tension, quand elle devient insupportable, débouche sur un comportement suicidaire meurtrier. Tout le jeu pervers des prédicateurs islamistes consistent à attiser cette tension au point que leur bombe humaine, correctement conditionnée, explose (1).
Notre responsabilité d'hôtes de l'immigration musulmane n'est pas de manquer de générosité, avis idiot des repentants de tous poil, mais de manquer de fermeté, de ne pas trancher le noeud de cette tension en exigeant de choisir une loyauté et une seule.
************
(1) : on me dit que Merah a agi seul :
1) c'est faux.
2) même si c'était vrai, il n'en resterait pas moins un produit des islamistes, comme Ravaillac est un produit des jésuites et Lee Harvey Oswald un produit des communistes.
Libellés :
choc des civilisations,
colonisation à rebours
vendredi, mars 30, 2012
Vanneste, première partie
Christian Vanneste : « le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme »
Publié le 28/03/2012
Le fougueux député du Nord répond en philosophe aux questions de Contrepoints sur l’actualité politique et sociale.
Entretien exclusif de Contrepoints.
Contrepoints : Pensez-vous qu’il existe un espace pour le libéral-conservatisme ?
Christian Vanneste : Il faut commencer par distinguer trois niveaux : sémantique, politique et idéologique. Sur le plan sémantique il n’y a rigoureusement aucun espace, car l’opinion dominante en France refuse l’emploi des mots. Le terme conservatisme est systématiquement dénigré par les responsables. Écoutez le président de la République par exemple. Chaque fois qu’il emploie le mot conservateur c’est manifestement pour stigmatiser une attitude. Dans les pays anglo-saxons, les partis de droite s’assument comme conservateurs, ce qui correspond à ma position dans tous les domaines, alors que la gauche y désigne des libéraux. En France, même le mot libéral est quasiment une injure, parce qu’il y a une confusion entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, bien-sûr toujours suspecté d’hyper-libéralisme, une espèce de capitalisme sauvage. Ce qui est consternant dans la mesure où parmi les plus grands penseurs libéraux, il y a un certain nombre d’auteurs français importants, ne serait-ce que Montesquieu, Benjamin Constant qui est complètement ignoré, Bastiat et l’immense Tocqueville, un des penseurs les plus lucides sur l’évolution de la démocratie. Leur occultation en France est tout à fait scandaleuse. Il faut rappeler que la philosophie libérale appartient à notre histoire.
Quant au champ politique, il est malheureusement en train de se rétrécir, puisque vous avez par exemple un courant qui a osé se réclamer du libéralisme, ce sont Les Réformateurs menés par Hervé Novelli, à la suite d’Alain Madelin, sur des positions davantage économiques. Pourtant même sur ce terrain, il n’a guère été suivi. On pourrait à peine citer quelques maigres avancées, comme le statut d’auto-entrepreneur. Le bilan reste très faible par rapport à ce qu’on aurait pu et dû faire. Si vous voulez, en paraphrasant Sieyès, on pourrait dire « qu’est-ce que le libéralisme ? Rien. Qu’est-ce qu’il devrait être ? Tout ». Car c’est exactement ce dont la France a besoin, dans une situation de recul que l’actuel président de la République n’a pas redressée.
Comment expliquer cette inertie ?
Cela peut se résumer ainsi : l’apparente résistance de la France à la crise repose sur une politique de consommation essentiellement fondée sur les prestations sociales et donc sur le transfert des revenus, alimenté par une dépense publique monstrueuse qui fait de la France un pays socialiste, que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne. Quand vous avez 56% du PIB en dépense publique, vous êtes évidemment dans une structure socialiste. Cette dépense permet entre autres d’entretenir un secteur protégé confortable, avec des assistés dotés de revenus même quand le pays se porte mal, et avec de nombreux fonctionnaires qui ne ressentent pas les effets de la crise. Ce système est alimenté par le déficit, donc par la dette.
Malheureusement M. Sarkozy est quelqu’un qui parle beaucoup, qui s’agite beaucoup, mais qui n’a pas eu le courage de faire les réformes à la hauteur de nos problèmes, même s’il en a réalisé davantage que ses prédécesseurs.
Situez-vous la place du libéralisme à droite ou à gauche ?
Dans le paysage idéologique, il existerait un espace possible à droite, à condition d’avoir un libéralisme économique combiné avec un conservatisme social, ou bien avec un souci général des libertés individuelles primant sur l’égalitarisme. En revanche, il n’en existe pas pour le libertarisme, c’est-à-dire une pseudo émancipation des mœurs qui serait, de mon point de vue, une forme de suicide social.
Y a-t-il une droitisation de la campagne de M. Sarkozy ?
Le drame du président Sarkozy est qu’il n’a pas de ligne directrice. Il n’est pas un stratège mais un tacticien de la politique. Il prend des idées dans l’air du temps, qui peuvent être de droite dans la mesure où elles lui paraissent bonnes pour communiquer, mais dont l’éventuelle mise en place est suivie de mesures contradictoires en fonction des circonstances. Ce fut le cas par exemple avec la suppression de la « double peine », suivie de textes répressifs contre l’immigration. Les contre-mesures en appellent d’autres et ainsi de suite. Cette attitude empirique, dénuée de règle éthique et de cohérence, s’est particulièrement vue lors de l’ouverture à gauche, catastrophique puisqu’elle a montré que la droite a peur de défendre ses idées et s’inspire de la gauche avec vingt ans de retard. Au fond elle se cantonne dans une attitude purement pragmatique, fait diversion sur le sécuritaire et se contente de proposer un moindre mal économique, apparemment opposé à la gauche, alors que dans les pays anglo-saxons, elle a su imposer ses valeurs.
Sarkozy installe-t-il un climat de défiance sur les questions de sécurité ?
Nicolas Sarkozy fait une campagne en deux temps, d’abord réduire les marges du FN en séduisant son électorat. Bien entendu s’il passe le premier tour, il changera son fusil d’épaule et cherchera à se recentrer pour rallier les voix de François Bayrou. Il pense à la communication avant d’agir en usant d’une tactique opportuniste. C’est la thèse d’Éric Zemmour, lorsqu’il dit que le gouvernement est conçu comme un casting et non comme une équipe de gens compétents. La défiance vient de ce manque de vision : quand Nicolas Sarkozy lance une idée, il est automatiquement soupçonné de calcul électoraliste et donc cela la décrédibilise. Cela avait été le cas lors du débat sur l’Identité Nationale. D’une manière générale, le jeu politicien consiste à nourrir des espoirs avec des gesticulations. Hollande a ainsi promis du rêve, ce qui me paraît malheureux. L’élection de 2007 avait provoqué des attentes fortes et par son absence de perspective, le président a déçu et créé un sentiment de désillusion. Son actuel slogan de candidat sur la France forte ne suscite guère d’enthousiasme.
À propos de laïcité « à la française ». Que pensez-vous de la proposition de François Hollande d’inscrire la laïcité dans la Constitution ?
Parmi les idées intéressantes du président, la laïcité positive était excellente : elle consiste à ne privilégier aucune religion mais à les respecter toutes. C’est l’esprit du texte même, en abandonnant son orientation agressive et sectaire développée au début du XXème siècle. Lors de l’inventaire des biens du Clergé imposé de façon violente, c’était vraiment une guerre injuste entre l’État et l’Église. La laïcité positive est une prise en compte de la réalité des rapports apaisés tels qu’ils doivent exister entre la politique et les religions.
Cette mesure peut-elle freiner la montée des extrémismes religieux ?
L’idée d’introduire la laïcité dans la Constitution, c’est comme la volonté de supprimer le mot race, il s’agit d’un cache-misère sémantique. On change les mots pour ne pas parler des idées, puisque le mot race est justement utilisé pour interdire les discriminations. Comme avec les communistes, il y a une volonté de table rase. On veut garder le crime mais supprimer le mot qui le désigne, c’est idiot. Montesquieu disait qu’il ne fallait toucher à une loi qu’en tremblant, or sur ce sujet on doit trembler beaucoup, la Constitution est faite pour que l’on ne la change pas. Personnellement, je suis opposé à toute inflation législative.
Comment empêcher cette inflation de lois ?
Un moyen efficace serait de mettre en place un comité d’évaluation et de contrôle indépendant, pour que le Parlement s’occupe beaucoup plus de vérifier l’impact de la loi et les conséquences pratiques de sa mise en œuvre à long terme. Trop de lois sont inutiles ou inappliquées, comme celle interdisant les attroupements dans les halls d’immeubles qui attentent à la liberté de circuler. Il faudrait aussi empêcher les mandats multiples. Une idée à laquelle je tiens est le référendum d’initiative populaire, comme en Suisse. Car un gouvernement ne laisse jamais passer une proposition de loi qui lui déplaît, en revanche il va imposer des projets qui lui plaisent. Vous avez vu par exemple l’opération menée par le Gouvernement et un député pour pénaliser la négation du génocide arménien. Il s’agissait bien sûr de faire voter les 300 000 arméniens. Ce n’est pas de la bonne politique car même si le génocide des arméniens en 1915 dans l’Empire Ottoman est une certitude, la mission parlementaire créée durant ce mandat pour traiter de la question des lois mémorielles avait clairement conclu qu’il ne fallait plus de lois dès lors que la réforme de 2008 permettait les résolutions. Durant mon dernier mandat parlementaire j’ai été le membre de la majorité qui a le plus souvent voté contre les textes gouvernementaux, en étant aussi souvent libéral que conservateur. J’ai voté contre Hadopi par exemple, qui est une vraie atteinte aux libertés.
Pourquoi n’y a-t-il pas une rébellion des députés ?
Parce que le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme.
Publié le 28/03/2012
Le fougueux député du Nord répond en philosophe aux questions de Contrepoints sur l’actualité politique et sociale.
Entretien exclusif de Contrepoints.
Contrepoints : Pensez-vous qu’il existe un espace pour le libéral-conservatisme ?
Christian Vanneste : Il faut commencer par distinguer trois niveaux : sémantique, politique et idéologique. Sur le plan sémantique il n’y a rigoureusement aucun espace, car l’opinion dominante en France refuse l’emploi des mots. Le terme conservatisme est systématiquement dénigré par les responsables. Écoutez le président de la République par exemple. Chaque fois qu’il emploie le mot conservateur c’est manifestement pour stigmatiser une attitude. Dans les pays anglo-saxons, les partis de droite s’assument comme conservateurs, ce qui correspond à ma position dans tous les domaines, alors que la gauche y désigne des libéraux. En France, même le mot libéral est quasiment une injure, parce qu’il y a une confusion entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, bien-sûr toujours suspecté d’hyper-libéralisme, une espèce de capitalisme sauvage. Ce qui est consternant dans la mesure où parmi les plus grands penseurs libéraux, il y a un certain nombre d’auteurs français importants, ne serait-ce que Montesquieu, Benjamin Constant qui est complètement ignoré, Bastiat et l’immense Tocqueville, un des penseurs les plus lucides sur l’évolution de la démocratie. Leur occultation en France est tout à fait scandaleuse. Il faut rappeler que la philosophie libérale appartient à notre histoire.
Quant au champ politique, il est malheureusement en train de se rétrécir, puisque vous avez par exemple un courant qui a osé se réclamer du libéralisme, ce sont Les Réformateurs menés par Hervé Novelli, à la suite d’Alain Madelin, sur des positions davantage économiques. Pourtant même sur ce terrain, il n’a guère été suivi. On pourrait à peine citer quelques maigres avancées, comme le statut d’auto-entrepreneur. Le bilan reste très faible par rapport à ce qu’on aurait pu et dû faire. Si vous voulez, en paraphrasant Sieyès, on pourrait dire « qu’est-ce que le libéralisme ? Rien. Qu’est-ce qu’il devrait être ? Tout ». Car c’est exactement ce dont la France a besoin, dans une situation de recul que l’actuel président de la République n’a pas redressée.
Comment expliquer cette inertie ?
Cela peut se résumer ainsi : l’apparente résistance de la France à la crise repose sur une politique de consommation essentiellement fondée sur les prestations sociales et donc sur le transfert des revenus, alimenté par une dépense publique monstrueuse qui fait de la France un pays socialiste, que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne. Quand vous avez 56% du PIB en dépense publique, vous êtes évidemment dans une structure socialiste. Cette dépense permet entre autres d’entretenir un secteur protégé confortable, avec des assistés dotés de revenus même quand le pays se porte mal, et avec de nombreux fonctionnaires qui ne ressentent pas les effets de la crise. Ce système est alimenté par le déficit, donc par la dette.
Malheureusement M. Sarkozy est quelqu’un qui parle beaucoup, qui s’agite beaucoup, mais qui n’a pas eu le courage de faire les réformes à la hauteur de nos problèmes, même s’il en a réalisé davantage que ses prédécesseurs.
Situez-vous la place du libéralisme à droite ou à gauche ?
Dans le paysage idéologique, il existerait un espace possible à droite, à condition d’avoir un libéralisme économique combiné avec un conservatisme social, ou bien avec un souci général des libertés individuelles primant sur l’égalitarisme. En revanche, il n’en existe pas pour le libertarisme, c’est-à-dire une pseudo émancipation des mœurs qui serait, de mon point de vue, une forme de suicide social.
Y a-t-il une droitisation de la campagne de M. Sarkozy ?
Le drame du président Sarkozy est qu’il n’a pas de ligne directrice. Il n’est pas un stratège mais un tacticien de la politique. Il prend des idées dans l’air du temps, qui peuvent être de droite dans la mesure où elles lui paraissent bonnes pour communiquer, mais dont l’éventuelle mise en place est suivie de mesures contradictoires en fonction des circonstances. Ce fut le cas par exemple avec la suppression de la « double peine », suivie de textes répressifs contre l’immigration. Les contre-mesures en appellent d’autres et ainsi de suite. Cette attitude empirique, dénuée de règle éthique et de cohérence, s’est particulièrement vue lors de l’ouverture à gauche, catastrophique puisqu’elle a montré que la droite a peur de défendre ses idées et s’inspire de la gauche avec vingt ans de retard. Au fond elle se cantonne dans une attitude purement pragmatique, fait diversion sur le sécuritaire et se contente de proposer un moindre mal économique, apparemment opposé à la gauche, alors que dans les pays anglo-saxons, elle a su imposer ses valeurs.
Sarkozy installe-t-il un climat de défiance sur les questions de sécurité ?
Nicolas Sarkozy fait une campagne en deux temps, d’abord réduire les marges du FN en séduisant son électorat. Bien entendu s’il passe le premier tour, il changera son fusil d’épaule et cherchera à se recentrer pour rallier les voix de François Bayrou. Il pense à la communication avant d’agir en usant d’une tactique opportuniste. C’est la thèse d’Éric Zemmour, lorsqu’il dit que le gouvernement est conçu comme un casting et non comme une équipe de gens compétents. La défiance vient de ce manque de vision : quand Nicolas Sarkozy lance une idée, il est automatiquement soupçonné de calcul électoraliste et donc cela la décrédibilise. Cela avait été le cas lors du débat sur l’Identité Nationale. D’une manière générale, le jeu politicien consiste à nourrir des espoirs avec des gesticulations. Hollande a ainsi promis du rêve, ce qui me paraît malheureux. L’élection de 2007 avait provoqué des attentes fortes et par son absence de perspective, le président a déçu et créé un sentiment de désillusion. Son actuel slogan de candidat sur la France forte ne suscite guère d’enthousiasme.
À propos de laïcité « à la française ». Que pensez-vous de la proposition de François Hollande d’inscrire la laïcité dans la Constitution ?
Parmi les idées intéressantes du président, la laïcité positive était excellente : elle consiste à ne privilégier aucune religion mais à les respecter toutes. C’est l’esprit du texte même, en abandonnant son orientation agressive et sectaire développée au début du XXème siècle. Lors de l’inventaire des biens du Clergé imposé de façon violente, c’était vraiment une guerre injuste entre l’État et l’Église. La laïcité positive est une prise en compte de la réalité des rapports apaisés tels qu’ils doivent exister entre la politique et les religions.
Cette mesure peut-elle freiner la montée des extrémismes religieux ?
L’idée d’introduire la laïcité dans la Constitution, c’est comme la volonté de supprimer le mot race, il s’agit d’un cache-misère sémantique. On change les mots pour ne pas parler des idées, puisque le mot race est justement utilisé pour interdire les discriminations. Comme avec les communistes, il y a une volonté de table rase. On veut garder le crime mais supprimer le mot qui le désigne, c’est idiot. Montesquieu disait qu’il ne fallait toucher à une loi qu’en tremblant, or sur ce sujet on doit trembler beaucoup, la Constitution est faite pour que l’on ne la change pas. Personnellement, je suis opposé à toute inflation législative.
Comment empêcher cette inflation de lois ?
Un moyen efficace serait de mettre en place un comité d’évaluation et de contrôle indépendant, pour que le Parlement s’occupe beaucoup plus de vérifier l’impact de la loi et les conséquences pratiques de sa mise en œuvre à long terme. Trop de lois sont inutiles ou inappliquées, comme celle interdisant les attroupements dans les halls d’immeubles qui attentent à la liberté de circuler. Il faudrait aussi empêcher les mandats multiples. Une idée à laquelle je tiens est le référendum d’initiative populaire, comme en Suisse. Car un gouvernement ne laisse jamais passer une proposition de loi qui lui déplaît, en revanche il va imposer des projets qui lui plaisent. Vous avez vu par exemple l’opération menée par le Gouvernement et un député pour pénaliser la négation du génocide arménien. Il s’agissait bien sûr de faire voter les 300 000 arméniens. Ce n’est pas de la bonne politique car même si le génocide des arméniens en 1915 dans l’Empire Ottoman est une certitude, la mission parlementaire créée durant ce mandat pour traiter de la question des lois mémorielles avait clairement conclu qu’il ne fallait plus de lois dès lors que la réforme de 2008 permettait les résolutions. Durant mon dernier mandat parlementaire j’ai été le membre de la majorité qui a le plus souvent voté contre les textes gouvernementaux, en étant aussi souvent libéral que conservateur. J’ai voté contre Hadopi par exemple, qui est une vraie atteinte aux libertés.
Pourquoi n’y a-t-il pas une rébellion des députés ?
Parce que le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme.
Libellés :
Christian Vanneste,
conservatisme à la française
Notre démocratie bloquée, encore un mystère
The economist s'en étonne. Il n'est pas le seul.
De toutes les élections européennes récentes, la présidentielle française est la seule à avoir passé sous silence le problème de l'endettement public et de la réduction des déficits. Seul Bayrou en parle, mais comme une tactique marketing, dès qu'il s'agit d'être un peu précis, plus personne.
Dans les semaines suivant la présidentielle, peut-être dans les jours ou les heures, il ne va être question que de cela. En effet, la France est désormais le seul pays européen en déficit chronique à ne pas avoir entamé le début du commencement de l'esquisse d'une réforme structurelle. Donc, tout bon investisseur va fuir la dette française. Le scénario est écrit, après la Grèce, le Portugal, l'Espagne, on connaît par coeur.
Or, le taux d'épargne privé record depuis 1983, tant des particuliers que des entreprises, prouve, non plus par des sondages mais par des actes pécuniaires, ce qui est beaucouplus significatif, que les Français ne sont pas dupes de ce silence et pratiquent une équivalence ricardienne d'anthologie (1).
Donc les Français ont compris que l'ère de la consommation financée par les déficits publics est finie et ces déficits les inquiétent au point qu'ils épargnent comme des écureuils en automne.
J'en tire la conclusion qu'il y avait (maintenant, il est trop tard) un créneau pour le candidat "thatcherien" (modéré, à la française), partant en campagne très tôt de manière à acclimater ses thèmes. Marine Le Pen, François Bayrou et, très loin derrière, Nicolas Sarkozy étaient les candidats "naturels" pour ce type de programme.
Qui plus est (cette analyse n'engage que moi), je pense que ce créneau est gagnant : celui qui montre une voie crédible pour se sortir de la m..de à de sérieuses chances de l'emporter. Car la crédibilité des candidats actuels, telle que mesurée par les sondages, n'est vraiment pas terrible. Un programme cohérent et réaliste, même difficile, appuyé sur la pédagogie (donc une campagne longue), avait ses chances. Les temps ont changé depuis les 3 % de Madelin (je pense que les scores de Mélenchon sont en trompe-l'oeil ; ils sont acquis sur une population bobo petit-fonctionnaire dont on exagère l'importance).
Pourquoi personne ne l'a saisi ? C'est à mes yeux un mystère : j'envisage la politique moderne comme du marketing, j'ai du mal à comprendre qu'un créneau ne soit pas occupé.
La seule explication que je trouve est désespérante : tous les candidats méprisent les Français, ils sont tous d'accord pour les croire incapabes d'entendre le discours de l'effort.
**************
(1) : Ricardo, à l'opposé du keynésianisme, prétendait que les acteurs économique anticipaient les hausses d'impots par de l'épargne équivalente, d'où l'inefficacité de la "relance" par la dépense publique.
De toutes les élections européennes récentes, la présidentielle française est la seule à avoir passé sous silence le problème de l'endettement public et de la réduction des déficits. Seul Bayrou en parle, mais comme une tactique marketing, dès qu'il s'agit d'être un peu précis, plus personne.
Dans les semaines suivant la présidentielle, peut-être dans les jours ou les heures, il ne va être question que de cela. En effet, la France est désormais le seul pays européen en déficit chronique à ne pas avoir entamé le début du commencement de l'esquisse d'une réforme structurelle. Donc, tout bon investisseur va fuir la dette française. Le scénario est écrit, après la Grèce, le Portugal, l'Espagne, on connaît par coeur.
Or, le taux d'épargne privé record depuis 1983, tant des particuliers que des entreprises, prouve, non plus par des sondages mais par des actes pécuniaires, ce qui est beaucouplus significatif, que les Français ne sont pas dupes de ce silence et pratiquent une équivalence ricardienne d'anthologie (1).
Donc les Français ont compris que l'ère de la consommation financée par les déficits publics est finie et ces déficits les inquiétent au point qu'ils épargnent comme des écureuils en automne.
J'en tire la conclusion qu'il y avait (maintenant, il est trop tard) un créneau pour le candidat "thatcherien" (modéré, à la française), partant en campagne très tôt de manière à acclimater ses thèmes. Marine Le Pen, François Bayrou et, très loin derrière, Nicolas Sarkozy étaient les candidats "naturels" pour ce type de programme.
Qui plus est (cette analyse n'engage que moi), je pense que ce créneau est gagnant : celui qui montre une voie crédible pour se sortir de la m..de à de sérieuses chances de l'emporter. Car la crédibilité des candidats actuels, telle que mesurée par les sondages, n'est vraiment pas terrible. Un programme cohérent et réaliste, même difficile, appuyé sur la pédagogie (donc une campagne longue), avait ses chances. Les temps ont changé depuis les 3 % de Madelin (je pense que les scores de Mélenchon sont en trompe-l'oeil ; ils sont acquis sur une population bobo petit-fonctionnaire dont on exagère l'importance).
Pourquoi personne ne l'a saisi ? C'est à mes yeux un mystère : j'envisage la politique moderne comme du marketing, j'ai du mal à comprendre qu'un créneau ne soit pas occupé.
La seule explication que je trouve est désespérante : tous les candidats méprisent les Français, ils sont tous d'accord pour les croire incapabes d'entendre le discours de l'effort.
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(1) : Ricardo, à l'opposé du keynésianisme, prétendait que les acteurs économique anticipaient les hausses d'impots par de l'épargne équivalente, d'où l'inefficacité de la "relance" par la dépense publique.
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2012 année chiatique,
La lie
Le mystère des sondages
Les sondages de premier tour et de deuxième tour sont incohérents : les sondages donnent une avance à Nicolas Sarkozy au premier tour et une victoire nette de François Hollande au second. Nicolas Sarkozy et François Hollande devraient faire jeu égal au deuxième tour, vu le premier tour (ou, inversement, François Hollande devrait être plus haut au premier tour pour justifier l'écart de second tour).
Aucune des explications que j'ai pu entendre pour expliquer cette bizarrerie ne me satisfait. Je peux me tromper, mais je ne crois pas à un report massif de Bayrou sur Hollande (des centristes qui votent massivement à gauche, ça serait une vraie nouveauté).
C'est pour moi un mystère.
J'ai tendance à croire les sondages de premier tour : les sondages de deuxième tour sont conditionnels donc peu fiables. Mais j'aimerais comprendre.
De plus, je crois et j'espère que la stratégie de Hollande de faire de cette élection un plébiscite anti-Sarkozy est vouée à l'échec : c'est vraiment la stratégie la plus minable qu'on puisse imaginer. En 1981, Mitterrand a fait au moins semblant d'avoir un programme.
Je maintiens mon pronostic depuis Noël : Sarkozy vainqueur à 50,2 %. Je me demande même si je ne suis pas un peu pessimiste.
Je compte sur mes bien-aimés lecteurs pour me le reprocher si je me trompe et me féliciter si j'ai raison.
J'ai aussi parié une bouteille de champagne avec un collègue.
Aucune des explications que j'ai pu entendre pour expliquer cette bizarrerie ne me satisfait. Je peux me tromper, mais je ne crois pas à un report massif de Bayrou sur Hollande (des centristes qui votent massivement à gauche, ça serait une vraie nouveauté).
C'est pour moi un mystère.
J'ai tendance à croire les sondages de premier tour : les sondages de deuxième tour sont conditionnels donc peu fiables. Mais j'aimerais comprendre.
De plus, je crois et j'espère que la stratégie de Hollande de faire de cette élection un plébiscite anti-Sarkozy est vouée à l'échec : c'est vraiment la stratégie la plus minable qu'on puisse imaginer. En 1981, Mitterrand a fait au moins semblant d'avoir un programme.
Je maintiens mon pronostic depuis Noël : Sarkozy vainqueur à 50,2 %. Je me demande même si je ne suis pas un peu pessimiste.
Je compte sur mes bien-aimés lecteurs pour me le reprocher si je me trompe et me féliciter si j'ai raison.
J'ai aussi parié une bouteille de champagne avec un collègue.
jeudi, mars 29, 2012
Ce n'est pas parce que c'est idiot que cela ne se fera pas
J'entends des trucs du genre «Augmenter les impôts sans diminuer les dépenses ? Même les socialistes ne sont pas si cons», «Taxer les riches à 75 %, c'est de l'esbroufe, ils ne le feront jamais», «Donner le droit de vote aux étrangers, allons, paroles, paroles», «Régulariser massivement les clandestins, c'est trop impopulaire» ...
Détrompez vous, si il y a une certitude, c'est la capacité des politiciens, spécialement les socialistes, à faire d'énormes conneries qui créent des situations de fait accompli extrêmement nocives.
Non seulement, je crois que François Hollande ne bluffe pas, qu'il fera une bonne partie de ce qu'il promet s'il est élu, mais je suis persuadé que, quand la réalité aura montré, à notre grand malheur à tous, à quel point il se trompe, il ne se repentira pas, il accusera des boucs-émissaires et continuera à nous faire son insupportable morale.
Heureusement, je pense que Sarkozy va gagner. Ca sera juste moins pire.
Détrompez vous, si il y a une certitude, c'est la capacité des politiciens, spécialement les socialistes, à faire d'énormes conneries qui créent des situations de fait accompli extrêmement nocives.
Non seulement, je crois que François Hollande ne bluffe pas, qu'il fera une bonne partie de ce qu'il promet s'il est élu, mais je suis persuadé que, quand la réalité aura montré, à notre grand malheur à tous, à quel point il se trompe, il ne se repentira pas, il accusera des boucs-émissaires et continuera à nous faire son insupportable morale.
Heureusement, je pense que Sarkozy va gagner. Ca sera juste moins pire.
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dictature du Bien,
François la gélatine,
le socialisme partout
mercredi, mars 28, 2012
L'article de Robert Redeker du 19 septembre 2006
Rappelons que Robert Redeker est menacé de mort et sous protection policière, suite à cet article, que Le Figaro s'est, avec grand courage, excusé d'avoir publié. Redeker a été très peu soutenu.
Cet article est toujours actuel.
"Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.
L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.
Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?
Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».
D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».
Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.
De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.
Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.
La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.
Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.
Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein."
Cet article est toujours actuel.
"Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.
L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.
Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?
Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».
D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».
Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.
De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.
Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.
La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.
Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.
Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein."
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