mercredi, avril 25, 2012

L'erreur de calcul de Marine Le Pen

La stratégie de Marine Le Pen est limpide.

Elle favorise François Hollande en poussant au vote blanc des lepénistes. Par ce biais, elle espère provoquer un éclatement de l'UMP et devenir, pour 2017, le nouveau pôle ou, du moins, un des deux pôles, de la droite française.

C'est en quelque sorte la stratégie Carter.

Ce calcul me semble complètement erroné.

Marine Le Pen se trompe sur son propre électorat : la frayeur d'avoir provoqué l'élection de François Hollande poussera bon nombre d'électeurs du FN à «voter utile» aux législatives, c'est-à-dire UMP.

Le FN a un ancrage local très restreint. Les législatives ne sont donc pas une élection pour lui, le passé le prouve. Ce que Marine Le Pen aura gagné comme influence aux présidentielles, elle le perdra aux législatives. Mettre un socialiste pour cinq ans à la présidence pour une satisfaction d'un mois, c'est cher payé les petits plaisirs de Mme Le Pen.

Elle se trompe sur l'UMP : elle emploie jusqu'à plus soif l'expression UMPS mais n'en tire pas toutes les conséquences. Si elle croit qu'une défaite suffira à sortir l'UMP de l'orbite socialiste, elle se fourvoie ; les défaites face à François Mitterrand sont là pour le montrer. La défaite n'est pas un argument assez fort pour rapprocher du FN la droite soumise à la gauche.

Au mieux, elle obtiendra quelques ralliements individuels vite oubliés.

Et enfin, il y a l'intérêt de la France : installer pour cinq ans une hégémonie socialiste dans la perspective fumeuse de droitiser la politique me paraît totalement con. Mais l'intérêt de la France, qui s'en soucie ?

Elle prend le risque de se bayrouiser : en faisant passer d'abord ses rancoeurs, ses aigreurs et ses manoeuvres politicardes, elle perdra sa crédibilité.

Il arrive aux électeurs d'avoir la mémoire longue : elle pourrait bien payer en 2017 d'avoir fait élire Hollande. Quand on proclame si fort son attachement à la France et que, dans l'action, on se consacre exclusivement les petits calculs crapuleux de son parti, on prend le risque d'un retour de bâton.

Que devrait faire Marine Le Pen ?

Simplissime : favoriser l'élection de Nicolas Sarkozy en ne laissant aucun doute sur son rôle de faiseuse de roi et en profiter pour négocier cette implantation locale qui manque tant au FN.

Il ne reste plus qu'à espérer que les électeurs du FN seront plus intelligents que leur présidente.

Un dernier mot : Jacques Chirac est le politicien le plus calamiteux de la Vème République, même devant François Mitterrand. Avec son funeste quinquennat, il aura réussi à rétablir le règne des partis que la constitution faisait tout pour éviter.

Addendum du 26/04 : preuve que je ne suis pas encore mûr pour faire de la politique, j'ai oublié un point élémentaire. Le financement. Quitter l'UMP pour le FN, c'est quitter un  parti riche pour un parti pauvre. Encore un argument contre la stratégie Marine.

Comme les 500 signatures, les lois sur le financement des partis sont un instrument qui fige le paysage politique.




Deux trucs qui circulent

Mon père était un riche bourgeois (Médecin ORL, propriétaire de plusieurs cliniques) et il militait à l’extrême droite aux côtés de Maître Tixier-Vignancourt et pour l’OAS. J’ai passé mon enfance à Bois-Guillaume, ville résidentielle (sur les hauteurs de Rouen) où habitent les plus riches normands.

Je fus élevé chez les « bourges du privé », que je critique constamment à « St Jean-Baptiste de la Salle à Rouen . Puis j’ai continué mes études dans la commune des aristocrates et des grands-bourgeois à NEUILLY SUR SEINE où mes parents avaient acheté une superbe propriété. Malgré ma fortune et mon patrimoine estimé à plus de 10 Millions d’Euros, je ne paie pas l’ISF car un montage ingénieux sous forme de plusieurs SCI me rend quasiment introuvable par le fisc français. A la fin des années 70, sortant de l’ENA je sens que la droite va perdre et que Mitterrand est sur la pente ascendante, pour assurer mon avenir je choisis alors de rejoindre le PS.

Je n’ai jamais dirigé une grande ville. Je n’ai jamais dirigé une grande région. Je n’ai jamais été ministre ni secrétaire d’état. Je dirige malgré tout le département de la Corrèze qui est devenu grâce à moi en 4 ans le plus endetté de France (+ 25% de dette soit 3 fois plus que la moyenne nationale) et le seul où le nombre de fonctionnaires a augmenté de 50% dans le même temps (de 831 à 1231).

Pour 2012 dans mon département, j’ai déjà fait voter une hausse de 6.5% de la taxe foncière, de 300% les taxes sur les permis de construire. J’ai supprimé : les bourses étudiantes, la gratuité des transports scolaires, les 1000 € de prime de garde d’enfants et diminué presque toutes les aides aux personnes âgées ou dépendantes.

Je ne déjeune pas au Fouquet's, je vais dans un endroit plus discret mais encore plus chic où j'ai fêté ma récente victoire aux primaires socialistes et où dernièrement j'ai été l'invité d'un assez pauvre, Pierre BERGE. Ma cantine, c'est chez LAURENT dans le 8ème.

J'envisage d'augmenter de 45 milliards d'euros les impôts et taxes en tout genre car c'est plus facile que de diminuer le nombre de fonctionnaires, je souhaite d'ailleurs en embaucher 65.000 de plus ... Ce qui coûtera 100 milliards à la FRANCE car un fonctionnaire est payé par l’état à vie, sécurité de l’emploi oblige. Je n’aime pas les riches qui gagnent plus de 4000 euros par mois mais j'en gagne 7,5 fois plus avec mes 30.387 € par mois.

Donc 63% de plus que le Président de la République (19 331 € par mois) que j'accuse d'être proche des riches. Je m’appelle…



La cigale et la fourmi

Version allemande et version française

 *VERSION ALLEMANDE *

 Une fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule.
 Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.
 La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue.
 Une fois l'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
  La cigale grelottante de froid n'a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.
 FIN.
________________________________________________
  *VERSION FRANCAISE*

 La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l'été.
Une fois l'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande
pourquoi la fourmi a le droit d'être au chaud et bien nourrie tandis que les autres,
moins chanceux comme elle, ont froid et faim.

La télévision organise des émissions en direct qui montrent
la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo
de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.

Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir
cette pauvre cigale tandis que d'autres vivent dans l'abondance.

Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.

Les journalistes organisent des interviews, demandant pourquoi la fourmi
est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement
pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie 'sa juste part'.

La CGT , Le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire,
les Verts, le Modem, la Nouvelle Gauche, la Nouvelle Droite, le Juste Centre,
Droit Au Logement organisent seat-in et manifestations devant la maison de la fourmi.

Les fonctionnaires décident de faire une grève de solidarité
de 59 minutes par jour pour une durée illimitée.

Un philosophe à  la mode écrit un livre démontrant les liens
de la fourmi avec les tortionnaires d'Auschwitz.


Le chanteur Renaud compose la chanson 'Fourmi, barre-toi!'...


En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi
sur l'égalité économique et une loi (rétroactive à  l'été) d'anti-discrimination.

Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit
aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide.

La maison de la fourmi est préemptée par les autorités
car la fourmi n'a pas assez d'argent pour payer son amende et ses impôts.

La fourmi quitte la France pour s'installer en Suisse où elle contribue
à  la richesse économique.

La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée.

Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi
bien que le printemps soit encore loin.

Des rassemblements d'artistes et d'écrivains de gauche,
se tiennent régulièrement dans la maison de la fourmi.

L'ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale,
se détériore car cette dernière n'a rien fait pour l'entretenir.

Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.

Une commission d'enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d'euros.

La cigale meurt d'une overdose.

Libération et L'Humanité commentent l'échec du gouvernement
à  redresser sérieusement le problème des inégalités sociales. La maison est squattée par un gang de cafards immigrés.

Les cafards organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté...

Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France.


mardi, avril 24, 2012

Nicolas Sarkozy et François Hollande : deux hommes seuls

La solitude de Nicolas Sarkozy ne fait aucun doute : entre les jeunes (et moins jeunes) cons de l'UMP qui croient qu'une défaite aujourd'hui leur prépare une victoire en 2017, les Copé, NKM, et les vieux rassis aigris, Juppé, Raffarin qui se vengent de leur nullité, il ne reste plus grand monde.

La solitude de François Hollande est moins apparente, car de nombreux «amis» se rallient à la victoire (supposée). Mais sur qui cet homme qui n'a jamais eu d'écurie au PS peut-il compter ? Personne.

Le milieu politique est bien la lie de la société française.

La droite dure ? Quelle droite dure ?

J'en ai marre d'entendre des salopiauds malhonnêtes parler de droite dure. S'en servir d'épouvantail. Les mêmes qualifient-ils Mélenchon de gauche dure ?

Dure, sous-entendu : la droite, c'est mal, c'est agressif. Arrête ton char, Ben-Hur, il y a à peine une droite en France, alors une droite dure ... Il ne faut pas y compter.

Et croyez bien que je le regrette.

Le vin et le mythe du terroir


Le terroir vinicole m'a toujours paru surestimé : il n'est pas logique qu'une parcelle donne un vin grandiose et que, à d'infimes variations près, une parcelle située à quelques kilomètres soit censée donner un vin moyen. La vénération du terroir est en réalité une manière subreptice de figer des positions acquises, même quand les raisons de cette hiérarchie ont disparu. C'est la dictature des marques avant l'heure.

Rétablissons l'ordre des choses : il n'y a de richesses que d'hommes.

D'abord le client : il est bien connu que les vins étaient des piquettes là où la Dordogne n'était pas navigable et devenaient bons à partir de l'endroit où l'on pouvait naviguer jusqu'à Bordeaux, tout simplement parce qu'il y avait un intérêt commercial à faire de la qualité, la diffusion devenant possible. Cette différence n'a plus de raison d'être, sauf que le repérage par terroirs la fige.

Ensuite, le vigneron : avec les techniques modernes, on peut faire beaucoup de choses. Il devient possible de rattarper beaucoup de défauts, mais le vigneron peut aussi exprimer son talent et sa compétence.

Le problème pour le client est que le terroir n'est pas un critère sûr : sur le même terroir, il peut y avoir de bons et de mauvais vignerons. On en revient au critère d'avant les AOC : faire confiance au négociant et à sa sélection.

Il ya des chances qu'un Bourgogne Bouchard ou tasteviné soit bon.

Evidemment, cette discussion n'est pas très hallal.

Le terroir est-il de droite ?

Et si François Hollande est élu ?

Si François Hollande est élu, le gouvernement fera naufrage. Je redoute principalement trois choses :

> l'inaptitude du personnage. Un type qui a laissé vivoter le PS, un apparatchik dont le seul talent est la magouille entre courants, est absolument incapable de gouverner une France en crise. Cela va être une foire d'empoigne entre barons socialistes, tous plus dégoutants les uns que les autres, les Aubry, Hamon, Moscovici, Royal et compagnie. Sans compter de sordides alliés.

> des mesures «sociétales» (c'est-à-dire morales) atroces, dissolvantes, et irréversibles, car la droite sans couilles ne reviendra jamais dessus complètement : vote des étrangers, «mariage» des invertis, euthanasie ...

> une politique économique suicidaire : il s'agira de servir les clientèles. Ensuite, après nous, le déluge.

Plus globalement, je crains l'esprit sectaire et liberticide des socialistes : aujourd'hui, un non-socialiste est un mauvais républicain (ce dont je me contrefous), demain, ça sera carrément un mauvais Français. Et on peut faire confiance aux socialistes pour ne pas limiter la punition à quelques mots désagréable.

Cela sera le punition de la droite, qui, depuis vingt ans, légitime les idées de la gauche et trahit son devoir d'offrir une alternative aux Français. Dehors les Juppé, les NKM, les Borloo ... Mais, hélas, cela sera aussi une punition pour la France.

«Dans l'électorat populaire, l'antisocialisme domine»

«Dans l'électorat populaire, l'antisocialisme domine»

lundi, avril 23, 2012

Le vote musulman, c'est maintenant

Pris sur le blog d'Ivan Rioufol (pour ceux à qui il manquerait des raisons de voter Sarkozy) :

L’appel lancé lors des prières du vendredi par certains imams à un "vote massif halal" en faveur de la gauche et de François Hollande, en spécifiant que "l’abstention et le vote blanc sont haram (illicites)", est un soutien qui, bien que passé inaperçu, illustre l’ambiguïté du candidat socialiste dans sa défense de la laïcité.

Pour qui voter au deuxième tour ?

Bien sûr, mes convictions penchent du coté Sarkozy.

Mais je m'interroge sur la stratégie Carter : voter pour un nul de gauche (et Dieu sait si François Hollande a du potentiel) pour avoir ensuite une vraie droite, de la même façon que Reagan a succédé à Carter.

Mais c'est plus américain que français : en France, quelles que soient les circonstances, il n'y aura pas de vraie droite. Alors autant préférer la fausse droite à la vraie gauche.


Les sondages, pièges à cons

Il n'y a que ces crétins de journalistes pour croire les sondages électoraux (et bien entendu, les charlatans que sont les sondeurs eux-mêmes).

En effet, l'hypothèse que des électeurs de 2012 révèlent leur choix électoral quand un sondeur leur pose la question est à mon avis totalement dénuée de validité : je sais bien bien que les électeurs sont cons, mais tout de même, ils ont appris à se foutre de la gueule des sondeurs.

Nota : si on rapporte les scores de NS et FH du premier tour sur 100 %, on  a28,6/(28,6+27,1)=51,3 % pour Hollande. Nous sommes très loin des 53/47 des sondages, surtout si l'on considère que la réserve de voix de Sarkozy est au moins égale à celle de Hollande.

Premier tour des présidentielles

Pourquoi le cacher ? Je suis très satisfait de ce premier tour : il conforte toutes mes analyses.

La France est à droite quand le peuple français (ce qu'il en reste) se déplace pour voter.

Mélenchon et Bayrou étaient des bulles médiatiques poussées par ses connards bobos de la classe jacassante, totalement détachée des réalités (plusieurs journaux titrent sur la "surprise Le Pen", mais cela n'est une surprise que pour ces crétins de journalistes). Pour être restés politiquement corrects sur l'immigration et l'Europe, ces deux mous du genou ont raté leur électorat.

On remarquera que ces imbéciles de sondeurs sont encore dans les choux. Mais on s'en doutait, non ?

Nicolas Sarkozy est victime de ses deux erreurs politiques majeures : l'ouverture à gauche et le reniement du référendum de 2005. Quand on est élu à droite, on gagne les élections en faisant une politique de droite.

Dans ces conditions, je vois bien comment Sarkozy peut perdre, je ne vois pas comment Hollande peut gagner.

Je ne comprends pas comment les journaux peuvent dire (à part leur parti-pris gauchiste habituel) que Hollande est favori : 46 % des votes sont clairement à droite contre seulement 44 % clairement à gauche.

Si, entre les deux tours, Nicolas Sarkozy a l'audace de rompre avec le politiquement correct et de tendre la main au FN, il a gagné. S'il hésite à franchir le Rubicon, s'il se soumet une fois de plus à l'oligarchie que les Français rejettent, il est en situation délicate.

Comme c'est un homme sans convictions, il risque de ne pas être très net, je maintiens donc mon pronostic : 50, 2 % pour Sarkozy.


dimanche, avril 22, 2012

La démocratie malade ... de la démocratie

On se plaint souvent du malaise de la démocratie, mais sans aller au fond de l'analyse.

Le système majoritaire au suffrage universel induit un mécanisme simple : le politicien qui cherche à être élu doit acheter les votes des groupes influents avec l'argent extorqué par le fisc aux groupes moins influents.

L'apothéose de cette technique consiste à faire payer aux contribuables qui n'existent pas encore les cadeaux aux électeurs qui existent déjà. Cela s'appelle le déficit public. Autrement dit, l'endettement public, la banqueroute qui s'en suit et la misère qui va avec sont l'apothéose de la démocratie majoritaire à suffrage universel.

Vous me direz que, jusqu'à ces ces quatre dernières décennies, l'achat d'électeurs par l'endettement public n'était pas l'alpha et l'oméga de la politique. C'est une excellente remarque !

Pour que ce système maléfique fonctionne, il faut trois choses :

> des politiciens qui achètent les électeurs

> des électeurs qui se laissent acheter

> des créanciers généreux

Examinons ces trois composantes :

> les politiciens d'antan n'étaient pas des professionnels, ils avaient de ce fait un comportement «naïf». Ils amenaient avec eux en politique des valeurs et des comportements extérieurs à la logique du suffrage universel majoritaire : honneur, responsabilité. C'est De Gaulle répondant à un ministre qui s'inquiétait «Les Français vont crier» : «Et alors ?»

Aujourd'hui, au contraire, nous avons à faire à de véritables sociopathes. Les partis politiques sont des machines à sélectionner le plus vicieux, le plus menteur, le plus hypocrite, le plus dénué de scrupules.

François Mitterrand jugeait que les Jeunes Socialistes était l'école du vice (il savait de quoi il parlait) et j'ai des témoignages sur les Jeunes UMP qui ne laissent aucun doute sur le fait que ce vice est de tous les bords.

> pour ne pas se laisser acheter, les électeurs doivent penser, au-delà d'eux-mêmes, au bien de leur pays. Ils doivent constituer un peuple.

Or, le peuple français (1) a été dissous en pensée et en faits.

En pensée : le patriotisme a été discrédité par deux guerres mondiales et d'intenses propagandes soviétoïde et libertaire, pour une fois d'accord. Quels Français sont aujourd'hui prêts à mourir pour la France (sacrifice qui a toujours été la pierre de touche du patriotisme) ? Une infime minorité.

En faits : l'immigration de remplacement, aboutissant à une colonisation à rebours, a dissous le peuple français en un sordide brouet de communautés juxtaposées sur le territoire français.

> quant aux créanciers, il est facile de comprendre pourquoi ils étaient là : de l'argent à placer dans des Etats en bonne santé. Seulement, ces Etats ne sont plus en bonne santé.

Et maintenant ?

Le système est très stable, par en haut et par en bas.

Les sociopathes qui nous gouvernent sont à cent mille lieues de l'altruisme et de laisser la place, c'est contraire à leur être. Ils s'accrocheront jusqu'au bout, par tous les moyens.

Quant à l'électeur dressé à ne penser qu'à lui, ce n'est pas demain la veille qu'il reviendra d'un tel dressage.

Donc, nous ne sommes qu'au début du naufrage, qui va être long et douloureux (pas pour tout le monde).

Ensuite ?

Anarchie, dictature, suffrage censitaire ? Je ne sais pas.

(merci aux commentateurs pour les liens).

************
(1) : cette analyse est transposable à d'autres pays occidentaux.

samedi, avril 21, 2012

France : le suicide par le socialisme

Si Francois Hollande est élu, les socialistes, hégémoniques (école, presse, présidence, probablement assemblée, sénat, collectivités locales), pourront achever de détruire le peu qui reste de cette damnable particularité, obstacle à la grande fusion universaliste, qu'est un pays, en l'occurrence, le nôtre, la France. Tout y passera : nation (droit de vote des étrangers), famille (lubies homosexualistes), économie (assommoir fiscal et répression rouge et verte), peuple (immigration de remplacement), langue et histoire (école gangrenée de progressisme), frontières (génuflexion européiste) et, surtout, libertés de penser, d'exprimer, d'agir ...

Le mouvement sera irréversible, la dernière chance de la France était en 2007 et Nicolas Sarkozy l'a gâchée. Les Français ont-ils mérité ça ? En un mot : oui.

C'était l'objet de mes deux précédents billets de faire comprendre que ce suicide par le socialisme vient de loin.

Depuis trois cents ans que nous glissons sur cette pente, nous avons eu quelques brillantes rémissions : le Second Empire, la Belle Époque ... La France deviendra-t-elle le rêve socialiste ? Un terrain vague où s'affrontent, pour s'accrocher aux mamelles de l'Etat, des populations étrangères et hostiles ?

vendredi, avril 20, 2012

Les origines de la France contemporaine (H. Taine)

Taine établit dans cet ouvrage monumental une thèse devenue classique.

La monarchie, en annihilant les corps intermédiaires, a contraint la France à osciller entre anarchie (pouvoir faible) et tyrannie (pouvoir fort). L'âge classique a inventé l'homme abstrait, déraciné, l'homme-type des pièces de Molière.

Ces deux pinces, politique et intellectuelle, ont broyé la bonne pensée politique, faite d'attention aux réalités et aux contingences. De façon actuelle, on dirait que l'idéologie a remplacé la politique. La politique française moderne étant basée sur de fausses conceptions, il ne peut en advenir que des décisions néfastes.

Taine est mort avant d'avoir écrit la conclusion. Sa correspondance laisse entrevoir un grand pessimisme. On ne peut pas dire que l'histoire lui ait donné tort. Enfin, il considérait l'étatisation de l'instruction comme un crime. Là encore, il suffit de voir les fruits amers que nous en récoltons pour juger de la pertinence de ce jugement.

Reflections on the French revolution (E. Burke)

Burke a été moqué pour des erreurs factuelles. Cependant, la pertinence de cette analyse publiée en novembre 1790 ne laisse pas d'étonner. Burke tient que les institutions politiques sont un don du temps, un legs de nos ascendants que nous devons transmettre avec précaution à nos descendants. Ces institutions sont adaptées à l'homme tel qu'il est : inscrit dans le temps et l'espace.

Burke a le plus profond mépris pour Rousseau et Condorcet, qui raisonnent sur un homme abstrait, vidé de sa substance. Ce sont des fous dangereux. La déclaration des droits de l'homme bénéficie, bien entendu, du même mépris. L'universalisme lui semble, comme à moi, une sorte de maladie mentale.

Parmi les institutions à respecter, la première est la propriété, garante de la liberté. La nationalisation des biens du clergé fait dire à Burke que la révolution française s'écarte de ces sains principes et ne peut donc finir que dans les pires horreurs de la tyrannie sans frein. Pas mal vu, deux ans et demi avant la Terreur, non ?

Les lendemains qui fientent

Le prochain président de la république sera soit le socialiste à 148 % soit le socialiste à 153 %. Ils auront vaincu principalement trois socialistes : la nazie, le tchekiste et l'internationaliste paysan.

Vous connaissez le socialisme, cette doctrine qui aime tellement les pauvres qu'elle en fabrique par millions. Entre les différentes espèces de socialisme, la seule différence est le nombre de millions de morts considéré comme acceptable pour atteindre la béatitude de l'égalité dans la dèche. Le socialisme sous toutes ses formes a été essayé encore et encore : ça ne marche pas.

Nous allons donc persévérer dans l'erreur, l'essayer une fois de plus et, comme d'habitude, ça ne marchera pas. Bref, comme vous le voyez, les lendemains qui chantent sont repoussés à une date ultérieure.

La seule différence, de taille, avec Hollande est que l'hégémonie socialiste rendra probablement la catastrophe irréversible (droit de vote des étrangers = fin de la France, lentement mais sûrement). C'est pourquoi, malgré son lamentable socialisme progressiste, je vais voter Sarkozy.

Sept raisons de voter Sarkozy

Sept raisons de voter Sarkozy

samedi, avril 14, 2012

Harkis : responsabilité de la France?

Harkis : responsabilité de la France?

 Je suis plutôt gaulliste (pas de manière automatique, mais en y ayant réfléchi), cependant le traitement ignoble des harkis me reste en travers de la gorge. Je n'arrive pas à m'y faire.

Toutefois, la repentance m'insupporte : ce n'est pas «la France», qui est responsable, mais tel et tel politicien : De Gaulle, Joxe, Messmer ....

Présidentielles : le piège mortel du consensus mou

Je suis en train de lire Les décisions absurdes, tome 2, de Christian Morel. Aussi passionnant que le premier tome paru il y a dix ans, il donne des pistes inspirées par l'aéronautique, les centrales nucléaires, les sous-marins, les salles d'opérations et ... l'écriture de pièces par le théâtre du Splendid pour éviter les décisions absurdes.

Le vrai consensus est un moyen d'aboutir à des décisions très robustes. Le vrai consensus s'obtient en encourageant, et même en récompensant, l'expression des objections et en examinant celles-ci loyalement et à fond.

A l'inverse, le consensus mou peut mener à des décisions totalement folles. Le consensus mou s'obtient en faisant taire les objecteurs. La validité de la décision ne vient plus de ce qu'elle a résisté à l'épreuve de la contestation mais de ce que personne n'ose la contester.

Et cette décision dépourvue de robustesse est extrêmement difficile à mettre en cause puisqu'elle est supposée, à tort, avoir fait l'unanimité suivant le principe faux «qui ne dit mot consent». Le consensus mou est identifié comme une des causes majeures des deux accidents de navette spatiale. A tel point que la NASA, s'inspirant de ce qui se passe dans les sous-marins nucléaires, a institué le rôle d'avocat du diable, qui est chargé officiellement de contester chaque décision.

La politique française est, à l'évidence victime de consensus mou. Elle repose sur trois piliers très contestables :

> l'Etat est la source de tout bien, de toute justice, de toute beauté, de toute prospérité. L'Etat est sage, clairvoyant et désintéressé.

> «big is beautiful», l'Europe bruxelloise est le seul avenir de la France.

> l'immigration est une chance pour la France.

Or, la contestation de ces trois piliers n'est pas tolérée : on est dans le consensus mou, facteur de décisions absurdes, et non dans le vrai consensus.

L'exemple caricatural en est le procès Zemmour : non seulement l'objection de Zemmour vis-à-vis de l'immigration n'a pas été examinée de manière loyale, mais son expression, bien loin d'être encouragée, a été sanctionnée d'un procès perdu.

Le tour de force de la gauche d'avoir réussi à s'ériger en arbitre des élégances politiques et à délégitimer toute idée qui ne vient pas d'elle est certes digne d'admiration, mais il est mortifère. Il institue dans l'espace public des tabous qui font qu'on a jamais le choix qu'entre une décision de gauche et ... une décision de gauche.

Après, il n'y a pas lieu de s'étonner que la politique française se meuve dans un univers irréel propice à toutes les folies.

Le premier pas pour retrouver notre intelligence, c'est-à-dire des décisions robustes, est de permettre sans retenue l'expression de toutes les opinions.

On doit être légitime à dire publiquement, c'est-à-dire au journal de 20 h, qu'il faut renvoyer les immigrés dans leurs pays d'origine, qu'il faut sortir de l'UE ou licencier des fonctionnaires.

Mais, hélas, je crois que ce n'est pas demain la veille que nous retrouverons une telle liberté et nous sommes donc condamnés à subir des décisions politiques fragiles, n'ayant pas surmonté l'épreuve de la contestation.

Présidentielles : le détachement

Je vis dans un monde où les problèmes de la France sont clairs, les solutions simples et l'éventail des choix de mise en oeuvre restreint.

La campagne présidentielle me semble se dérouler dans un univers parallèle au mien : aucun problème n'est clairement exposé, les solutions ne sont pas évoquées et la mise en oeuvre n'existe pas.

Par exemple, j'entendais ce matin un hurluberlu nous expliquer avec beaucoup de reproche dans la voix que «Nicolas Sarkozy divise les Français, les oppose les uns aux autres».

Dans mon univers, cette phrase ne signifie rien, elle est creuse.

Dans mon univers, les Français sont divisés de fait, par des intérêts radicalement divergents et des idées irréconciliables, n'ayant aucun rapport avec tel ou tel politicien en particulier. Dans mon univers, constater ces divisions est le début de la sagesse. Les nier, c'est de fait privilégier le statu quo et légitimer la victoire des ceux qui sont déjà du bon coté du manche.

Je vous prends cet exemple car c'est le dernier en date. Mais chacune des phrases des candidats, de la gauche comme de la pseudo-droite, me semble venir d'une autre planète. Le fait d'être transmis par les journalistes, qui sont à mes yeux des extra-terrestres, renforce l'étrangeté de la chose.

On se moque de Jacques Cheminade, mais je ne le trouve pas beaucoup plus décalé que les autres.

Enfin, pour ne pas terminer sur le cloaque de la politique française, une photo de Gerda Maurus dans Frau im Mond :


vendredi, avril 13, 2012

Raymond Aubrac : la polémique post-mortem


JD Merchet, sur son blog, a eu l'excellente idée de donner la parole a deux points de vue opposés :

Courtois sur Aubrac

Delpla sur Aubrac

Vous connaissez mon anti-communisme primaire, dont je m'enorgueillis. Je suis plus enclin à croire Courtois. Mais pas seulement à cause de mes opinions politiques.

La biographie de Raymond Aubrac ressemble fort à celle d'un agent. On y retrouve notamment les mêmes zones d'ombre, les mêmes «coups de chance» difficilement explicables, autrement que par le soutien occulte d'une puissante organisation.

Tous ceux qui ont une tête d'alcoolique ne sont pas forcément alcooliques, mais si vous avez un gros nez rouge et une cirrhose du foie, il y a de bonnes chances que vous soyez alcoolique. Pour un agent soviétique, c'est pareil.

François Delpla exagère : l'argument «on n'a pas de documents» ne tient pas. Lui-même, dans le domaine qui est le sien des relations hitlero-churchiliennes, fait d'excellentes déductions sans documents directs.

Cependant, j'en reviens toujours à la même réflexion : on se focalise beaucoup trop sur la seconde guerre mondiale, le débat sur Raymond Aubrac devrait n'intéresser que les spécialistes et les passionnés.

Il n'est pas sain qu'on ignore complètement l'histoire de France, sauf deux périodes sur lesquelles on revient obsessionellement : la colonisation et la seconde guerre mondiale.

On devrait avoir un rapport plus équilibré à l'histoire, au lieu d'osciller entre amnésie et obsession.

L'essence est-elle trop chère ?

Nos candidats socialistes (assumés ou honteux) rivalisent de propositions toutes plus connes et interventionnistes les unes que les autres pour aider les Français à faire face à l'augmentation du prix de l'essence.

J'ai une solution simplissime évoquée par personne : baisser les dépenses publiques et les impôts. Les Français auront alors plus de pouvoir d'achat et le prix de l'essence sera moins douloureux.

Bref, l'essence est trop chère parce que les Français sont déjà pressurés par l'impôt. L'Etat n'est pas la solution, c'est le problème.

jeudi, avril 12, 2012

Top 10 du deux poids deux mesures des traitements réservés à la droite et à la gauche

Top 10 du deux poids deux mesures des traitements réservés à la droite et à la gauche

Basile de Koch tire sur Pulvar : défense de rire

Je parie que beaucoup de lecteurs sont, comme moi, exaspérés par Audrey Pulvar. Cette gauche bien-pensante, microcosmique, endogame, bourgeoise et friquée qui passe son temps à faire la leçon, afin d'affirmer sa conscience et sa supériorité, sur des sujets auxquels elle ne comprend absolument rien, vivant dans son univers irréel, cette gauche donne des envies de meurtre.

Surtout, crime suprême, qu'elle est totalement dépourvu d'humour : quand on est représentant du Bien, on ne plaisante pas.

Bref, j'éprouve un plaisir certain à voir la Pulvar déguster un cuisant ridicule : Défense de rire !

mercredi, avril 11, 2012

Socialisme : Bob en pleine forme

Notre ami Bob Marchenoir est en pleine forme :


La stupidité socialiste se résume en une phrase : les socialistes sont contre la pauvreté (c'est du moins ce qu'ils prétendent), mais il sont aussi contre la richesse (ils n'arrêtent pas de nous le dire).


Ca va pas être possible. Il va falloir choisir.



Allons, allons, Bob. Vous connaissez la réponse : les socialistes aiment tellement les pauvres qu'ils en créent par millions.

Témoignage, 6 ans avec Sarko

Témoignage, 6 ans avec Sarko

Socialisme, la paroxysme avant la chute ?

Nous vivons une campagne électorale d'un socialisme ahurissant. Nos malheurs viennent des méchants banquiers, l'Etat est notre sauveur. L'Etat doit s'occuper de tout, a un avis sur tout, est le seul juge du Bon, du Beau, du Juste. Taxons, taxons, taxons.

Après la banqueroute provoquée par trente ans de socialisme, que va-t-on faire ?

Je suis pessimiste : je pense que nous allons tenter de guérir les horreurs du socialisme par encore plus de socialisme et que nous allons nous enfoncer dans la crise.

Mais il existe une hypothèse plus optimiste qu'il faut aussi considérer. L'histoire n'est pas faite que de continuités. Il y a aussi des ruptures.

On peut aussi imaginer que la banqueroute qui vient frappe la socialisme d'un discrédit fatal. Je n'en vois pas le mécanisme, cela ne me semble pas le plus probable. Mais pourquoi pas ?

Vendée : du génocide au mémoricide (Reynald Secher)

Reynald Secher a atteint le fantasme de tout universitaire, malgré une carrière entravée par les gardes rouges de l'université française : défricher un domaine et en devenir le spécialiste reconnu.

Il a commencé par démontrer que les guerres de Vendée ont provoqué un génocide au sens moderne du terme, décrété par le comité de salut public, le premier et la matrice de tous les autres.

Ceci a brisé sa carrière naissante à l'occasion des commémoration du bicentenaire de 1989 car les zélateurs du socialisme ne lui ont pas pardonné ce sacrilège. Ils avaient le pouvoir. Comme ils représentent le Bien, ils n'ont pas l'habitude d'en user avec retenue contre leur ennemis.

Heureusement, les moyens de diffusion modernes font qu'il est difficile d'étouffer complètement la liberté d'expression, malgré toute l'énergie de l'appareil étatique et médiatique. Secher a conquis une notoriété méritée.

La thèse de Secher n'était une nouveauté que parce qu'un mémoricide avait été organisé sur cette question. En effet, un Gracchus Babeuf, un contemporain qu'on ne peut soupçonner de nostalgie royaliste, dénonçait déjà un «populicide».

Les scènes rappellent les Khmers rouges.

Sur Radio Courtoisie, j'ai entendu un universitaire se réclamant d'extrême-extrême gauche (oui, sur Radio Courtoisie !) accusant Jean-Luc Mélenchon d'être «la gauche de la droite» parce qu'il est immigrationniste et que l'immigration est l'armée de réserve du mondialisme. Raisonnement que j'ai tendance à approuver.

Cet universitaire , se réclamant de Babeuf, a expliqué que, de son point de vue de gauchiste, le génocide vendéen était l'extermination du peuple de Vendée par les bourgeois de Paris. Etonnant !

Vingt-cinq ans plus tard, Secher enfonce le clou définitivement, suite à sa découverte, assez stupéfiante, dans des cartons d'archives oubliés, de «petits papiers» du comité de salut public qui ne laissent plus aucun doute sur le fait que ce génocide fut voulu et planifié comme tel par les plus hautes autorités.

La thèse des robespierristes et néo-réobespierristes (hélas, ça existe encore), qui fait des massacres vendéens de malencontreux excès dus à l'anarchie de l'époque, est invalidée sans retour.

Ensuite, Secher s'attaque au mémoricide, complément indispensable du génocide et des massacres politiques (on le voit à l'oeuvre de nos jours en Chine communiste -cf  Simon Leys).

Il démonte le mécanisme par lequel, après avoir tenté de faire disparaître une population, on essaie d'effacer sa mémoire. On constate une fois de plus le rôle néfaste et politique du système éducatif étatisé dans ces entreprises de perversion de l'esprit et d'endoctrinement.

Heureusement, une mémoire orale a été transmise, qui donne de la chair aux documents.

Enfin, en postface, Stéphane Courtois nous sort une citation de l'icône Jaurès, à propos de la Vendée. Citation que n'auraient pas reniée Lénine ou Staline.

Décidément, au-delà des adaptations et des compromissions de circonstance, socialisme et démocratie sont aussi incompatibles que l'eau et le feu.

Vanneste, deuxième partie


Vanneste , première partie



Contrepoints : Qu’est-ce qu’un parlement godillot ?
Christian Vanneste : Les députés godillots tiennent avant tout à être réélus et ont tendance à flatter le pouvoir. En retour le pouvoir les flatte et leur en donne les moyens. C’est du donnant-donnant, accentué par le passage au quinquennat : le président est élu avant le Parlement, il peut faire sentir à chaque député qu’il lui doit son élection. Le pire, ce sont les années qui viennent de se dérouler, les députés sont priés de ne lever leur main que pour approuver l’exécutif. Un exemple : je suis en faveur de la suppression des départements, car c’est une strate coûteuse et obsolète. Mais lorsque nous discutions d’un projet de loi sur les collectivités territoriales, Hortefeux m’a répondu : « tu me demandes des choses et tu ne votes pas la loi ». C’est très piégeant, les députés n’ont pas d’autonomie, ils n’ont pas de droits en tant que tels et sont soumis à un marchandage permanent.
Est-ce que ce comportement godillot favorise les lois démagogiques ciblant une catégorie particulière ?
Oui bien sûr, la politique actuelle est une politique de marchés. Premièrement, vous avez d’un côté des professionnels, à l’image de Nicolas Sarkozy déclarant « mon métier c’est la politique ». Au passage, je serais d’avis que les politiciens aient de vrais métiers avant de s’engager, avec une connaissance pratique de la vie et des gens. Deuxièmement, ces professionnels considèrent que l’électorat est un marché segmenté en clientèles. Vous avez des groupes d’intérêt qu’il faut servir, soit en fonction de leur poids médiatique, de leur capacité de mobilisation dans les revendications sociales, ou encore de leur poids électoral. On distribue les prébendes, l’intérêt général étant complètement évacué dans ce genre de tractations.
Parmi ces clientèles, vous avez eu maille à partir avec ce qu’on appelle « le lobby gay », c’est-à-dire un ensemble d’associations militantes…
D’abord, je n’ai absolument rien contre les homosexuels, et surtout pas contre les personnes. Je déteste ces accusations d’homophobie. J’ai des amis homosexuels avec lesquels j’entretiens d’excellentes discussions et qui respectent mes opinions. Ainsi j’ai récemment dîné avec Renaud Camus avec qui j’ai sympathisé. Il n’est pas connu pour être un homme de gauche et certains le décrivent même comme le Mishima français.
Ce que je ne supporte pas c’est le lobby, le groupe de pression qui pousse la politique de notre pays dans un sens contraire à l’intérêt général, par des méthodes intellectuellement agressives comme le mensonge et le bourrage de crâne.
En particulier mes propos ne visaient qu’à dénoncer deux désinformations du lobby : le premier concerne la déportation des homosexuels, le second le nombre de familles homoparentales en France, 300 000 selon le chiffre répété par les media, alors que l’INED en compte 20 000.
On m’a collé une étiquette d’obsessionnel, mais lorsque l’on regarde mon travail parlementaire, on s’aperçoit que je n’évoque pratiquement jamais ce sujet qui m’intéresse moins que l’économie ou la sécurité même si la défense de la famille traditionnelle est pour moi cruciale, je me suis abstenu d’intervenir pendant le débat sur le mariage homosexuel. Je voudrais que l’on puisse parler de ces sujets tranquillement, mon attitude est avant tout intellectuelle, anti-lobbys et non moralisatrice.
La question du mariage homosexuel n’est-elle pas secondaire par rapport à celle du clientélisme et des associations subventionnées qui influencent l’opinion publique ?
Vous avez entièrement raison, d’autant que la première fois que j’ai eu un problème avec ce lobby c’était pour un problème de financement public. Lorsque je présidais la commission « Santé et Citoyenneté » au Conseil Régional du Nord, je me suis aperçu que de nombreuses associations percevaient des fonds sans remplir les conditions de leur mission.
La Droite Populaire n’a-t-elle pas pour fonction de singer une pseudo opposition au sein de l’UMP qui est un parti caporaliste ?
Au départ ce courant a une bonne origine, il s’agissait d’un regroupement de personnes aux idées claires et bien enracinées, qui souhaitaient manifester une sensibilité composée en grande partie de vrais gaullistes, de libéraux à droite du Parti Républicain et de Démocratie Libérale, dans le sillage d’Alain Griotteray. Ma spécificité au sein du groupe est que je me définis comme gaulliste moins étatiste, libéral et conservateur, avec un ancrage chrétien hérité de Maritain.
Ensuite il y a eu manifestement une tentative de récupération. Nous avons d’abord été bien traités, reçus partout, mais Thierry Mariani doit manifester une totale solidarité gouvernementale. Enfin l’arrivée imprévue d’Éric Raoult, était également destinée à tenir la Droite Populaire en laisse.
Comment voyez-vous votre avenir politique dans les mois qui viennent ?
Cet avenir pour le moment est certain : je suis toujours membre de l’UMP, pour une raison évidente, c’est qu’on ne peut exclure quelqu’un qui se contente de rappeler une vérité historique. L’UMP a cru intelligent d’annoncer que j’allais quitter la vie politique, ce qui a provoqué l’effet contraire. Jean-François Copé a refusé ma demande d’explication devant le Bureau Politique de l’UMP. La manœuvre pour m’exclure est irrecevable en droit. Si elle avait eu lieu, je l’aurais contestée devant les tribunaux et j’aurais gagné.
Dans l’éventualité où vous vous présenteriez aux élections législatives, sous quelle étiquette le ferez-vous ?
Pour l’instant je ne suis pas investi, peut-être que je me présenterai, ma décision n’est pas encore prise. Mais je viens tout juste d’être élu à la présidence du RPF. Ce que je crains, c’est que Nicolas Sarkozy soit battu. Malheureusement les faits penchent plutôt en faveur de cette hypothèse. De plus, dans la plupart des pays Européens les sortants sont battus. Dans ce cas, il y aurait sans doute une recomposition du paysage politique.
Pour remporter les législatives, l’UMP devra-t-elle faire alliance avec le FN ?
Non, cette option est impossible. D’une part cela provoquerait l’éclatement immédiat de l’UMP. Et d’autre part le FN ne veut pas de cette alliance, car c’est une entreprise familiale qui entend prospérer sur la défaite de la droite. Pour ma part, je préfèrerais une logique de bipartisme à l’anglo-saxonne, avec une élection à un seul tour par circonscription, favorisant un spectre très large de chaque côté.
Pour conclure, comment expliquez-vous la médiocrité du débat public actuel ?
On peut imputer les mauvais résultats de la France à l’absence dans le débat public des idées libérales et conservatrices. C’est une trahison qui nous coûte très cher car cela nous a empêché de faire les réformes salutaires au bon moment.
La France a toujours oscillé entre une droite qui a été un conservatisme de notables liés à des intérêts locaux, c’est-à-dire l’esprit de Pierre Queuille et de son successeur Jacques Chirac. Et d’autre part un délire révolutionnaire stupide, qui méconnait l’existence de deux révolutions françaises, dont la seconde, jacobine, a anéanti les résultats de la première, libérale. Cet esprit de changement brusque a détruit le réformisme et n’a cessé d’abaisser le pays.


mardi, avril 10, 2012

Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres

«Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres.»

Cette phrase, je l'ai entendue dans le podcast les Experts de BFM de ce matin.

Je le dis souvent d'une autre manière : je préférerais être cerné de milliardaires que de smicards, car il y a plus de chances de recevoir un pourboire de mille euros d'un milliardaire que d'un smicard.

Un coiffeur à Paris gagne cinquante fois plus qu'un coiffeur à Dakar et pourtant fait le même métier, tout simplement parce qu'il y a beaucoup plus de capital accumulé à Paris qu'à Dakar.

Hé bien, cette idée, qui est pour moi d'évidence, a suscité une vague de messages furibonds à la rédaction de BFM.

Pauvre France !

lundi, avril 09, 2012

Ministres communistes : la honte (2)

Je ne suis pas du tout surpris qu'il se soit trouvé un inconscient pour estimer que la possible présence de ministres communistes à notre gouvernement n'est pas pas vraiment une honte.

Une telle attitude ne peut s'expliquer que par la connerie (une connerie méchante, vicieuse, jalouse) ou une ignorance crasse.

Pour la connerie, je ne peux rien. En revanche, je peux tenter de guérir l'ignorance.

Bien sûr, la lecture du Livre noir du communisme suffit à remettre les pendules et les consciences à l'heure.

En attendant, je vous ai photographié quelques pages du Studio de l'inutilité (le fichier est un peu lourd), que je suis en train de lire :

Extrait : le Studio de l'inutilité

Pour l'anecdote : j'ai visité Tuol Sleng. C'est terrifiant de simplicité : il s'agit d'un ancien lycée. Pour torturer, il suffit de mettre deux cents personnes à vivre dans une salle de classe, de tremper les récalcitrants dans les jarres d'engrais et de jouer au ball-trap avec les bébés.

Sur les 16 000 à 20 000 personnes passées par Tuol Sleng, il y a eu en tout et pour tout quatorze survivants.

Douch, le tortionnaire en chef, n'a rien trouvé de mieux à dire que : «Je voulais être un bon communiste».

Au moins, les choses sont claires.

Et qu'on ne me dise pas que c'est hors-sujet : Jean-Luc Mélenchon a l'honnêteté, ou le cynisme, de ne pas cacher son admiration pour le régime chinois, c'est-à-dire, pour appeler les choses par leur nom, qu'il assume pleinement les millions de morts au nom du communisme chinois.

dimanche, avril 08, 2012

It's a riot

It's a riot

Encore un excellent article de Dalrymple. A propos du rapport de la commission d'enquête sur émeutes britanniques de 2011.

J'ai la flemme de traduire. Je résume.

Un seul point d'accord de Dalrymple avec le rapport : les émeutiers sont des victimes.

Mais pas de la police trop sévère, d'une société raciste ou de l'exclusion sociale, comme dit le très malhonnête rapport, envahi de psycho-blabla et socio-charabia. Non, ce sont des victimes des mauvaises idées des idéologues tarés qui ont inventé la culture de l'excuse.

Ils ont persuadés les pilleurs qu'ils avaient droit à tout alors que tout le monde sait, eux compris, qu'ils ne méritent rien. Les émeutiers n'avaient rien  à perdre, non parce qu'ils étaient pauvres -ils ne l'étaient pas- mais parce qu'ils savaient qu'ils ne perdraient rien, qu'ils ne seraient pas sanctionnés.

La commission, elle, vit dans un monde où toute colère est légitime, où le seul fait d'être en colère prouve qu'on est une victime et, donc, un Juste.

La commission aurait pu s'interroger sur la question du chômage des jeunes locaux alors qu'on importe de jeunes immigrés pour remplir des emplois non-qualifiés (même question en France). Mais, bien entendu, cela aurait mis en évidence les effets dévastateurs de l'assitanat.


Dalrymple à propos de l'élection d'un dhimmi islamiste en Grande-Bretagne


Theodore Dalrymple


A Little “Respect” Goes a Long Way


The odious George Galloway wins a parliamentary election in Britain.

6 April 2012
A recent election to the parliamentary seat of Bradford, in the north of England, has caused alarm in British political circles. The election was won, not by a candidate from any of the major political parties, but by George Galloway of the Respect party. Galloway is well-known as a leftist gadfly with a tendency to buffoonery, an eye to the main chance, and a record of public obsequiousness toward Saddam Hussein. He flirts with Islamism and has been suspected of corruption, but he always wins his libel actions against newspapers. He has been married four times, thrice to Muslims.

No one can say that the resounding defeat of the main political parties (Galloway received 56 percent of the vote, the Labour candidate 25 percent, and the Conservative 8 percent) was undeserved. Almost everyone in the country, of whatever political stripe, now believes that the British political class is unprecedentedly corrupt, opportunist, careerist, and uninterested in the national welfare. No one minds, then, that the main parties should have been humiliated.

But not by Galloway. This is the second parliamentary seat with a large Muslim electorate that he has won at the expense of the political establishment, principally that of the Labour party (both seats were traditionally Labour). He has done so by mixing left-wing ideas with vaguely Islamist sympathies. The very name of his party, Respect, is worrying if one has an ear for language. In street parlance, “respect” has the connotation not so much of obedience to the law so that everyone may go safely about his lawful business, but of the inspiration of fear in others such that they leave me alone even when I’m doing something illegal or unpleasant. “Intimidation” would probably be a better name for the party.

When the election results were announced, Galloway exclaimed, “All praise to Allah!,” to which his supporters responded, “Allah! Allah!” But the biggest cheer went up, at least according to the Guardian’s report, when he exclaimed: “Long live Palestine!”

Four days later, in the same newspaper, the political commentator Seumas Milne wrote that “the central thrust of Galloway’s pitch in Bradford was in fact about cuts, tuition fees, unemployment, poverty and the decline of a city.” This is a little like saying that when some of the people of Bradford marched through the streets calling for Salman Rushdie’s death after the publication of his Satanic Verses, they were protesting against the magic realist school of fiction.


Theodore Dalrymple is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute

samedi, avril 07, 2012

Sarokophobie, handicap ou atout ?

La sarkophobie trouve, à mon avis, sa force dans le fait que Nicolas Sarkozy est un miroir des Français moyens (quel Français moyen a lu La princesse de Clèves ? Sarko non plus). Les Français moyens n'aiment pas ce qu'ils voient dans ce miroir.

Quant à la sarkophobie médiatique, elle a les mêmes raisons en sens inverse : les bobos gauchos sont des prolophobes maladifs. Ils reconnaissant en Sarkozy un Français moyen. Ils en éprouvent une répulsion incontrôlable et envahissante. La gauche devrait s'interroger sur cette prolophobie, mais se remettre en question quand on est un représentant de droit divin du Bien ...

Bref, quand les Français détestent Sarkozy, c'est du masochisme. Quand les journalistes (par construction, dénationalisés) détestent Sarkozy, c'est de la prolophobie. Or, il pourrait bien que les Français finissent par ressentir que le mépris des «notoires et des notables» pour Sarkozy les vise par ricochet, les éloignant de la gauche. C'est pourquoi je pense que, dans l'intimité de l'isoloir, la sarkophobie est neutre, ses effets positifs et négatifs se compensent.

J'hallucine

Le petit Louis Sarkozy, fils du président français en exercice et de Cecilia Attias, va intégrer l’académie militaire à Leeds (Pennsylvanie). Une académie où l’on forme les futurs cadets de l’armée américaine

Je pense que cela se passe de commentaires.

Ministres communistes : la honte

Réflexions diverses de fin de campagne

Je partage avec Maxime Tandonnet une honte intense, très réelle, pas seulement rhétorique, à l'idée qu'il y aura peut-être, dans quelques semaines, au gouvernement de la France (par pudeur patriotique, je n'ose qualifier ce gouvernement de français), des ministres se réclamant du communisme.

J'éprouve la même honte que s'il y avait des ministres se réclamant du fascisme, puisqu'à mes yeux, la seule différence entre le communisme et le fascisme est que les communistes ont été parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, ce qui leur a permis de maquiller l'histoire en leur faveur (il y a une autre petite différence, macabre : le communisme a fait beaucoup plus de morts - et continuent à en faire- que le fascisme).

Je parle souvent de décadence. Ces mots peuvent quelquefois paraître creux. Des ministres communistes en sont une traduction très concrète.

Car se réclamer du communisme n'est pas anodin. C'est se référer à une vision du monde, à des idées et à une histoire qui furent les plus atroces de ce XXème siècle qui fut peut-être le pire siècle de l'histoire de l'humanité.

Des ministres communistes, cela signifie qu'il y a une part importante des Français qui ont la nostalgie de cette ignominie. C'est une insulte à l'intelligence -le communisme a échoué partout- et à la morale -le seul talent du communisme, c'est l'attentat aux libertés et le meurtre de masse.


vendredi, avril 06, 2012

En lisant Simon Leys lisant Chesterton

Simon Leys approche les quatre-vingts ans. Il est belge, vit en Australie et communique par fax avec son éditrice, qui ne l'a jamais vu.

Il s'était fait connaître en étrillant une maoïste à Apostrophes, seul cas dans l'histoire de cette émission où le passage de l'auteur a fait baisser les ventes. Il avait eu cette phrase mémorable qu'on pourrait rappeler à tous nos maoïstes plus ou moins repentis, les Sollers, les Kahn etc. : «Les idiots donnent des idioties comme les pommiers donnent des pommes».

Chacun de ses ouvrages est un bonheur. Vient de paraître Le studio de l'inutilité. On y trouve une citation de Chesterton, stupéfiante quand on songe qu'elle a nécessairement été écrite avant 1936, année de la mort de celui-ci. Voici :


Et ceci, qui paraît redoutablement adapté à la situation présente (car je ne puis croire que ce soit par un simple coïncidence que nous assistions simultanément au développement d'un mouvement en faveur de l'euthanasie et à une campagne pour autoriser le mariage des homosexuels) : «Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»

Leys cite aussi un écrit de 1926 :

«Les derniers en date de nos modernistes ont trouvé le moyen de proclamer une religion érotique qui simultanément exalte la luxure et interdit la fertilité (...) la prochaine grande hérésie sera tout simplement une attaque contre la moralité, et spécialement contre la moralité sexuelle. Et ça ne va pas venir des socialistes. La folie de demain n'est pas à Moscou, mais bien plutôt à Manhattan.»


Nous y sommes.


jeudi, avril 05, 2012

Le Mali expliqué par Bernard Lugan


Bernard Lugan : les deux guerres du Mali par realpolitiktv

Notre avenir : l'oscillation perpétuelle entre le drame et la médiocrité

Dans son discours de 1958, expliquant aux Français le plan Pinay-Rueff, De Gaulle déclare : «sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité».

Je me suis longtemps posé la question de l'avenir de la France. J'ai longtemps cru à un spectaculaire naufrage à la grecque. Puis je me suis dit que l'Etat français avait autrement plus de ressources oppressives que l'Etat grec et qu'il ne coulerait pas comme cela.

C'est en écoutant Jean-Pierre Petit que j'ai eu une révélation.

L'avenir de la France n'est en rien mystérieux : en fait, nous allons continuer, comme depuis trente ans à osciller perpétuellement entre le drame et la médiocrité.

Chaque crise sera plus profonde que la précédente, chaque sursaut moins haut que le précédent.

Finalement, il n'y aura pas de rupture, de grand soir ou d'effondrement. Il y aura  juste la poursuite de la décadence.

mercredi, avril 04, 2012

Jean-Pierre Petit prédit l'avenir et il est pas rose

Les experts BFM 04/04/2012

Ecoutez de la trentième minute à la fin. C'est saignant.

Mais, hélas, je partage entièrement le diagnostic et la prévision.

Je pense que, de crise en crise, nous sommes partis pour vingt ans de déclin.

Les jeunes politiciens, les NKM ou Montebourg, sont déjà pourris jusqu'à la moelle par une vision socialiste du monde. Donc, ceux qui sont susceptibles de nous sauver, nous devrons les attendre une génération, c'est-à-dire vingt ans.

La stratégie de l'échec


Nos politiciens sont tous engagés dans la stratégie de l'échec.

Elle tient en quelques mots : l'étatisme social-clientéliste qui règne en France est une stratégie catastrophique dans l'économie actuelle. Malheureusement, les Français, gouvernants et gouvernés sont drogués à la dépense publique, il est donc impossible de se faire élire sur un programme anti-catastrophe de réduction générale et drastique de la dépense publique.

«Attendons que les méchants spéculateurs, à qui nous demandons toutes les deux semaines de l'argent à genoux, nous mettent devant nos responsabilités, signifient aux Français ce que nous n'osons leur dire. Et après, nous réformerons.»

Cette stratégie appelle plusieurs réflexions :

> elle témoigne de la lâcheté de nos politiciens.

> elle est extrêmement dangereuse pour nos politiciens. Ayant fait des carrières feutrées, ils n'ont peut-être pas bien conscience du potentiel de violence d'un peuple trahi. Certes, il y a les CRS, mais c'est valable les premiers mois de crise : quand tout se délite, même les CRS ne suffisent plus.

> c'est très dangereux pour la France : comment prendre les bonnes décisions pour sortir de la crise alors que, depuis des mois, la campagne électorale se déroule sur des idées et des analyses radicalement fausses, que les issues de secours sont bouchées par des dinosaures marxistes ?

> enfin, je ne vois pas l'homme capable de mener une telle politique de la crise qui sauve. Pas un de ceux que je passe en revue n'a les qualités suffisantes, de très loin. Il faudrait être patriote, visionnaire et manoeuvrier.

Bref, avec la stratégie de l'échec, nous sommes assurés d'avoir l'échec, nullement le sursaut salvateur.

Fataliste, je ne me passionne pas pour les élections présidentielles ; tourné vers l'avenir, je suis déjà passé à autre chose


Je lis des commentateurs du Figaro absolument extatiques : l'élection de François Hollande serait une seconde libération, un nouveau août 44. Inversement, pour d'autres, l'élection de François Hollande serait une catastrophe cataclysmique.

J'avoue que qu'il m'est difficile d'y mettre tant de passion. La France va à la catastrophe et ni Sarkozy ni Hollande n'ont l'étoffe d'y faire face. Croire que tout le mal vient de Nicolas Sarkozy est d'une stupidité risible. Le mal remonte à 1974 et n'a fait que s'aggraver (merci, Mitterrand et Chirac). Quant à François Hollande, je crois effectivement que son élection serait une faute majeure, peut-être mortelle (1), dans une situation déjà dangereuse, mais Nicolas Sarkozy ne serait que marginalement meilleur.

Je suis comme un Français du printemps 1958  : les institutions actuelles sont pourries, je suis déjà passé à autre chose.

***********
(1) : cet homme hait la France traditionnelle, c'est-à-dire la France.

Richard Descoings est mort

Richard Descoings est mort. Je ne peux pas dire que je vais beaucoup le pleurer : à la tête de Sciences Po, il s'est comporté en véritable Attila de toute instruction, légitimant les lubies les plus dévastatrices du respect pour le savoir, de la "discrimination positive" à la suppression de l'épreuve de culture générale en passant par le salaire de footballeur.

Espérons que son remplacement sera l'occasion d'une salutaire remise en cause. Hélas, je ne me fais guère d'illusions.

mardi, avril 03, 2012

De l’impôt légitime à l’impôt inique par Charles Gave

De l’impôt légitime à l’impôt inique par Charles Gave

L'impôt c'est le vol.

Soyons plus exacts : un quart des budgets publics (et encore, en comptant très large) est consacré aux missions régaliennes, seules légitimes. Donc les impôts sont aux trois quarts du vol.

Je vois d'ici mes amis socialistes se précipiter pour me hurler aux oreilles que je suis un mauvais Français, que je dois me laisser tondre sans protester au nom de la «solidarité».

Hé bien non, votre «solidarité» n'est que l'alibi de l'escroquerie. D'ailleurs, vous le savez bien, amis socialistes : le jour où vous voulez être vraiment solidaires, vous n'envoyez pas un chèque à votre percepteur, qui l'accepterait pourtant d'enthousiasme comme recette exceptionnelle, mais à une association de votre choix.

dimanche, avril 01, 2012

François le Corrézien

Si vous voulez vous amuser sur les marchés, refusez les tracts du PS en gueulant distinctement, de manière à être entendu jusqu'à l'autre bout de la place du marché : «Non merci, je suis Corrézien».

  François Hollande : Corrézien le samedi, caméléon la semaine

La campagne de François Hollande à la lumière de la liturgie du dimanche des Rameaux

Cet article est excellent (La passion selon Hollande). Voici un extrait :

François Hollande a vécu, au cours des derniers mois, sa montée à Jérusalem. Ces mois furent longs. Très longs. C’est le principe même des primaires socialistes, c’en est le vice fondamental : exposer trop tôt un candidat à l’alternance aux vivats de l’opinion publique. Ce que le récit des Évangiles nous apprend – comme vérité politique fondamentale – dans la liturgie du dimanche des Rameaux, c’est que l’état de grâce ne dure qu’un temps, après quoi il faut qu’il disparaisse. En clair, François Hollande a mangé son pain blanc. Il a pu trop tôt se réjouir des acclamations des médias et d’une opinion publique qui, par nature, est versatile. Trop tôt, palmes et manteaux furent jetés au-devant de lui pour qu’il passe. Édouard Herriot disait que la politique était comme l’andouillette : ça devait sentir la merde, mais pas trop. Dans la veine de la métaphore gastronomique, on pourrait dire qu’une élection c’est comme un soufflé, c’est une question de timing : après l’heure, c’était pas l’heure, avant l’heure ça retombe.


[...] Le Parti socialiste devait préparer une tambouille gigantesque, il a préféré servir un aléatoire soufflé. Parce qu’à Terra Nova et les Inrockuptibles,c’est-à-dire chez ces banquiers qui dénoncent la banque, on ne mange pas n’importe quoi chez n’importe qui, d’autant plus qu’on comprend toujours tout à tout. Mais il y a une chose que l’on ne comprendra jamais, chez ces gens-là : c’est le peuple. On ne le comprendra jamais, parce qu’on le méprise. Et quand on ne le méprise pas, on le suspecte. On le suspecte – on a raison – de vouloir un jour tout, le lendemain son contraire. On le suspecte d’être populiste, le peuple. Et l’on finit par ne plus vouloir s’adresser à lui. Parce que c’est confortable de penser que la politique, on la fait entre soi. Au chaud. Entre gens bien qui s’entendent.

Vous savez que j'ai toujours trouvé les primaires du PS absolument connes (art. 1, art.2 et art. 3). Qu'on analyse ces primaires comme une des causes possibles de la défaite de Hollande me réjouit au plus haut point.