Certaines images sont intemporelles. Je suis sûr que vous penserez aux photos de la soirée du 5 juin 1944. Même s'il s'agit là d'un exercice profitant d'une situation opérationnelle .
lundi, avril 20, 2015
Siffler une femme : sympa ? Pas sympa ?
"Plutôt sympa!"
Harcèlement, sifflet « plutôt sympa » et aveuglement des élites
J'arrive à être d'accord avec ces deux articles :
Oui, je ne souhaite pas accepter une époque qui se délite avec gourmandise, se sur-protège à coup de juridisme et considère, comme le fait la ministre, qu'un sifflement est une agression caractérisée. Je ne le pense pas, j'ai le droit de ne pas le penser, j'ai le doit de dire que je trouve terrifiant que dans les médias ou ailleurs, personne n'ait le "courage" (car cela finit par en être un) de ne pas enfourcher immédiatement et à tout propos le cheval de la victimisation suivi d'un char de répressions, si possible financières.
La régression de la liberté de ne pas penser exactement comme on vous a dit de penser devient un système. Malheur à celui par lequel le doute s'installe. Je n'en reviens toujours pas: j'ai seulement dit "qu'être sifflée dans la rue c'était plutôt sympa": une énormité, une insulte, une perversité déclarée, un mépris social, un dédain des classes laborieuses (suis patron), une moche qui rêve qu'on l'a siffle dans la rue, une idiote (et la pensée unique j'en fais quoi?!) une vieille attardée (qui vit au XXe sciècle dans les bonnes années )... et les médias enchantés de ces réactions forcément représentatives, s'en sont fait les relais inconditionnels.
Et :
Il y a 40 ans, quand Sophie de Menthon avait 20 ans, c’était effectivement plutôt sympa de se faire siffler dans la rue, à peu près n’importe où.
C’est ça que mon adversaire du jour aurait dû pointer : Sophie de Menthon vit dans une France qui n’existe plus.
Chef d’entreprise, chroniqueuse sur la chaîne d’info iTélé et membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), elle est un cliché de ce que sont nos « élites » aujourd’hui. Journaliste ET membre de l’institution qui a réussi l’exploit de refuser 700 000 pétitions papier, elle est de ces gens qui prétendent nous informer et nous diriger.
Et pourtant, son tweet montre qu’elle ne sait pas ce que vivent les Français, les vrais Français, pas ceux qui vivent à Neuilly ou dans le XVIe, où, effectivement, il peut être sympa de surprendre un petit sifflement admiratif de la part d’un jeune banquier qui passe par là.
Il montre qu’elle n’a pas vu que la France a changé depuis ses vingt ans à elle.
Voilà ce qu’il fallait dire sur cette affaire, au lieu de gueuler avec la foule en colère que la madame justifiait le viol. Voilà ce qui aurait été utile, et aurait peut-être justifié le statut de héraut de la droite de mon interlocuteur du jour.
Harcèlement, sifflet « plutôt sympa » et aveuglement des élites
J'arrive à être d'accord avec ces deux articles :
Oui, je ne souhaite pas accepter une époque qui se délite avec gourmandise, se sur-protège à coup de juridisme et considère, comme le fait la ministre, qu'un sifflement est une agression caractérisée. Je ne le pense pas, j'ai le droit de ne pas le penser, j'ai le doit de dire que je trouve terrifiant que dans les médias ou ailleurs, personne n'ait le "courage" (car cela finit par en être un) de ne pas enfourcher immédiatement et à tout propos le cheval de la victimisation suivi d'un char de répressions, si possible financières.
La régression de la liberté de ne pas penser exactement comme on vous a dit de penser devient un système. Malheur à celui par lequel le doute s'installe. Je n'en reviens toujours pas: j'ai seulement dit "qu'être sifflée dans la rue c'était plutôt sympa": une énormité, une insulte, une perversité déclarée, un mépris social, un dédain des classes laborieuses (suis patron), une moche qui rêve qu'on l'a siffle dans la rue, une idiote (et la pensée unique j'en fais quoi?!) une vieille attardée (qui vit au XXe sciècle dans les bonnes années )... et les médias enchantés de ces réactions forcément représentatives, s'en sont fait les relais inconditionnels.
Et :
Il y a 40 ans, quand Sophie de Menthon avait 20 ans, c’était effectivement plutôt sympa de se faire siffler dans la rue, à peu près n’importe où.
C’est ça que mon adversaire du jour aurait dû pointer : Sophie de Menthon vit dans une France qui n’existe plus.
Chef d’entreprise, chroniqueuse sur la chaîne d’info iTélé et membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), elle est un cliché de ce que sont nos « élites » aujourd’hui. Journaliste ET membre de l’institution qui a réussi l’exploit de refuser 700 000 pétitions papier, elle est de ces gens qui prétendent nous informer et nous diriger.
Et pourtant, son tweet montre qu’elle ne sait pas ce que vivent les Français, les vrais Français, pas ceux qui vivent à Neuilly ou dans le XVIe, où, effectivement, il peut être sympa de surprendre un petit sifflement admiratif de la part d’un jeune banquier qui passe par là.
Il montre qu’elle n’a pas vu que la France a changé depuis ses vingt ans à elle.
Voilà ce qu’il fallait dire sur cette affaire, au lieu de gueuler avec la foule en colère que la madame justifiait le viol. Voilà ce qui aurait été utile, et aurait peut-être justifié le statut de héraut de la droite de mon interlocuteur du jour.
samedi, avril 18, 2015
Loi sur le renseignement : chronique d’une France momifiée
Loi sur le renseignement : chronique d’une France momifiée
***********
Dans le même temps, on oublie de dire l’essentiel. Non seulement la France est incapable de fabriquer le principal objet de consommation dans le monde : le téléphone portable, mais elle est même devenue incapable de payer correctement les retraites. Depuis novembre, le ministère des affaires sociales tente de résorber le retard pris dans la liquidation des dossiers. Six mois plus tard, on compte encore 3.600 retraités qui ne sont pas payés faute d’avoir été « liquidés » dans les délais réglementaires, dans une indifférence quasi-générale.
Un de mes amis appelle cela la société déceptive : on promet de surveiller toutes les boîtes mails, mais le quotidien se désagrége…
[…]
L’ironie de l’actualité a voulu que la loi sur le renseignement soit mise en débat en même temps que Claude Bartolone ne rendait un rapport proposant de rendre le vote obligatoire. Pour ceux qui n’avaient pas compris que la loi « anti-terroriste » visait les citoyens ordinaires, le président de l’Assemblée nationale a donc jugé utile de faire un ajout tout à fait éclairant.
Citoyens: vous êtes priés d’être heureux, d’aimer vos institutions décadentes, de voter comme on vous dit de voter, et de ne pas vous plaindre. Un contrôle de police dans votre correspondance privée permettra de s’en assurer. La voie autoritaire de la surveillance et de la punition est tellement plus confortable, pour des décideurs corrompus, qu’un vrai balayage des institutions qui les rendraient à l’esprit démocratique.
***********
Rappelons que cette loi sur le renseignement est utile comme un emplâtre sur une jambe de bois.
C'est parce que nos politiciens refusent de toutes leurs forces d'aller à l'essentiel (respect des frontières, arrêt de l'immigration, mise au pas ou expulsion des musulmans, fin de l'assistanat sans retenue etc.) que nous devons recourir à ce dangereux accessoire qu'est la loi sur le renseignement.
Dangereux et fondamentalement inefficace : face aux dizaines de milliers de djihadistes potentiels en France, la surveillance n'aura jamais assez de moyens. Il faudrait commencer par faire baisser ce nombre de djihadistes potentiels pour que la surveillance soit autre chose qu'une dérive, dangereuse pour la démocratie, condamnée à l'échec face au terrorisme islamique, qui est son ennemi avoué (mais, comme le Patriot Act américain qui sert à 99 % à surveiller autre chose que des djihadistes, il n'est pas sûr que la lutte contre le terrorisme soit son but véritable).
D'ailleurs, Manuel Valls a dit, dans un journal étranger, qu'il ne permettrait jamais l'arrivée au pouvoir du Front national à cause de l'arme nucléaire. C'est, à l'évidence, un déni de démocratie par anticipation.
Nous avons donc l'argument, le moyen et les hommes sans scrupules qu'il faut pour s'en servir. Et vous croyez encore que la démocratie française n'est pas en danger de mort, n'est pas déjà morte ?
***********
Dans le même temps, on oublie de dire l’essentiel. Non seulement la France est incapable de fabriquer le principal objet de consommation dans le monde : le téléphone portable, mais elle est même devenue incapable de payer correctement les retraites. Depuis novembre, le ministère des affaires sociales tente de résorber le retard pris dans la liquidation des dossiers. Six mois plus tard, on compte encore 3.600 retraités qui ne sont pas payés faute d’avoir été « liquidés » dans les délais réglementaires, dans une indifférence quasi-générale.
Un de mes amis appelle cela la société déceptive : on promet de surveiller toutes les boîtes mails, mais le quotidien se désagrége…
[…]
L’ironie de l’actualité a voulu que la loi sur le renseignement soit mise en débat en même temps que Claude Bartolone ne rendait un rapport proposant de rendre le vote obligatoire. Pour ceux qui n’avaient pas compris que la loi « anti-terroriste » visait les citoyens ordinaires, le président de l’Assemblée nationale a donc jugé utile de faire un ajout tout à fait éclairant.
Citoyens: vous êtes priés d’être heureux, d’aimer vos institutions décadentes, de voter comme on vous dit de voter, et de ne pas vous plaindre. Un contrôle de police dans votre correspondance privée permettra de s’en assurer. La voie autoritaire de la surveillance et de la punition est tellement plus confortable, pour des décideurs corrompus, qu’un vrai balayage des institutions qui les rendraient à l’esprit démocratique.
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Rappelons que cette loi sur le renseignement est utile comme un emplâtre sur une jambe de bois.
C'est parce que nos politiciens refusent de toutes leurs forces d'aller à l'essentiel (respect des frontières, arrêt de l'immigration, mise au pas ou expulsion des musulmans, fin de l'assistanat sans retenue etc.) que nous devons recourir à ce dangereux accessoire qu'est la loi sur le renseignement.
Dangereux et fondamentalement inefficace : face aux dizaines de milliers de djihadistes potentiels en France, la surveillance n'aura jamais assez de moyens. Il faudrait commencer par faire baisser ce nombre de djihadistes potentiels pour que la surveillance soit autre chose qu'une dérive, dangereuse pour la démocratie, condamnée à l'échec face au terrorisme islamique, qui est son ennemi avoué (mais, comme le Patriot Act américain qui sert à 99 % à surveiller autre chose que des djihadistes, il n'est pas sûr que la lutte contre le terrorisme soit son but véritable).
D'ailleurs, Manuel Valls a dit, dans un journal étranger, qu'il ne permettrait jamais l'arrivée au pouvoir du Front national à cause de l'arme nucléaire. C'est, à l'évidence, un déni de démocratie par anticipation.
Nous avons donc l'argument, le moyen et les hommes sans scrupules qu'il faut pour s'en servir. Et vous croyez encore que la démocratie française n'est pas en danger de mort, n'est pas déjà morte ?
Les mérites de l'ennui
To connect or not to connect
Lors d'un repas de famille, j'ai tenté de défendre les mérites de l'ennui.
Tout le monde m'est tombé sur le poil en me prenant, au mieux, pour un provocateur (ce qui est sans doute vrai mais reste à la surface des choses : je crois vraiment aux mérites de l'ennui).
Evidemment, je pensais à Simone Weil, pour qui l'ennui est le fondement de l'école et à Aristote (cité par Annah Arendt à la fin de la Condition de l'homme moderne, si ma mémoire est bonne) : «L'homme n'agit jamais plus que lorsqu'il ne fait rien et n'est jamais moins isolé que lorsqu'il est seul».
Comme mon but était surtout de convaincre les jeunes (les vieux sont irrécupérables) accrochés à leur téléphone, leurs faces de bouc et leur instagram, je m'étais mis la condition suivante : ne pas recourir à l'abstraction, seulement utiliser des exemples concrets.
J'ai très vite concédé ma défaite. Il est pratiquement impossible de faire entendre en groupe les bons arguments, qui sont forcément intimes, puisque s'ennuyer, c'est accepter d'être seul avec soi-même.
J'ai aussi péché par naïveté, je pensais que quelques uns se mettraient dans mon camp. Car, tout de même, les vertus de l'ennui sont presque une évidence. Ne dit-on pas que les Anglais ont conquis le monde à cause de leur dimanche si ennuyeux ?
Mais non. On n'est jamais mieux trahi que par les siens.
J'en ai tiré une leçon : je recommencerai en tête à tête. La frénésie et l'histrionisme de notre époque rendent ma croisade d'utilité publique !
Et puis, il y a aussi les ornithologues anglais :
Lors d'un repas de famille, j'ai tenté de défendre les mérites de l'ennui.
Tout le monde m'est tombé sur le poil en me prenant, au mieux, pour un provocateur (ce qui est sans doute vrai mais reste à la surface des choses : je crois vraiment aux mérites de l'ennui).
Evidemment, je pensais à Simone Weil, pour qui l'ennui est le fondement de l'école et à Aristote (cité par Annah Arendt à la fin de la Condition de l'homme moderne, si ma mémoire est bonne) : «L'homme n'agit jamais plus que lorsqu'il ne fait rien et n'est jamais moins isolé que lorsqu'il est seul».
Comme mon but était surtout de convaincre les jeunes (les vieux sont irrécupérables) accrochés à leur téléphone, leurs faces de bouc et leur instagram, je m'étais mis la condition suivante : ne pas recourir à l'abstraction, seulement utiliser des exemples concrets.
J'ai très vite concédé ma défaite. Il est pratiquement impossible de faire entendre en groupe les bons arguments, qui sont forcément intimes, puisque s'ennuyer, c'est accepter d'être seul avec soi-même.
J'ai aussi péché par naïveté, je pensais que quelques uns se mettraient dans mon camp. Car, tout de même, les vertus de l'ennui sont presque une évidence. Ne dit-on pas que les Anglais ont conquis le monde à cause de leur dimanche si ennuyeux ?
Mais non. On n'est jamais mieux trahi que par les siens.
J'en ai tiré une leçon : je recommencerai en tête à tête. La frénésie et l'histrionisme de notre époque rendent ma croisade d'utilité publique !
Et puis, il y a aussi les ornithologues anglais :
Jetés à la mer par des musulmans parce que chrétiens
Jetés à la mer par des musulmans parce que chrétiens
L'islam est en guerre depuis 1400 ans contre les chrétiens. L'islam, et non l'islamisme. La distinction islam - islamisme est fallacieuse : l'islamisme, c'est l'islam en action, l'islam c'est l'islamisme au repos.
Notre classe dirigeante est irrémédiablement «houellebecquisée» : les bouffées de colère délirante qui la prennent à la moindre critique de l'islam (en général, justifiée) dissimule de plus en plus mal une terreur panique des réactions des musulmans hyper-susceptibles et hyper-violents, et qui surjouent cette susceptibilité (1), vous savez, ces fidèles d'une religion tellement de paix et d'amour (2) qu'ils sont prêts à tuer pour un mot de travers.
S'agissant de la France d'en-haut, les Merah et Kouachi ont gagné. Définitivement. Il faut changer de classe dirigeante.
La situation de la France d'en bas est moins claire.
Certes, l'abrutissement général (école, matraquage médiatique, abrutissement télévisuel, dysgénisme) laisse peu d'espoir. Mais, peu d'espoir, c'est mieux que pas d'espoir. Je me dis qu'on ne dispose pas d'un vieux peuple si facilement.
****************
(1) : ils nous la jouent en permanence «retenez vous ou je fais un malheur» et, comme des cons, nous obéissons au lieu d'expulser cette racaille qui veut nous imposer chez nous son mode de vie.
(2) : notons que l'expression «islam religion de paix et d'amour» est de la pure propagande à destination des imbéciles qui veulent bien se laisser bourrer le mou. Jamais les musulmans entre eux ne se définissent ainsi. La paix de l'«islam religion de paix et d'amour», c'est la paix des cimetières.
L'islam est en guerre depuis 1400 ans contre les chrétiens. L'islam, et non l'islamisme. La distinction islam - islamisme est fallacieuse : l'islamisme, c'est l'islam en action, l'islam c'est l'islamisme au repos.
Notre classe dirigeante est irrémédiablement «houellebecquisée» : les bouffées de colère délirante qui la prennent à la moindre critique de l'islam (en général, justifiée) dissimule de plus en plus mal une terreur panique des réactions des musulmans hyper-susceptibles et hyper-violents, et qui surjouent cette susceptibilité (1), vous savez, ces fidèles d'une religion tellement de paix et d'amour (2) qu'ils sont prêts à tuer pour un mot de travers.
S'agissant de la France d'en-haut, les Merah et Kouachi ont gagné. Définitivement. Il faut changer de classe dirigeante.
La situation de la France d'en bas est moins claire.
Certes, l'abrutissement général (école, matraquage médiatique, abrutissement télévisuel, dysgénisme) laisse peu d'espoir. Mais, peu d'espoir, c'est mieux que pas d'espoir. Je me dis qu'on ne dispose pas d'un vieux peuple si facilement.
****************
(1) : ils nous la jouent en permanence «retenez vous ou je fais un malheur» et, comme des cons, nous obéissons au lieu d'expulser cette racaille qui veut nous imposer chez nous son mode de vie.
(2) : notons que l'expression «islam religion de paix et d'amour» est de la pure propagande à destination des imbéciles qui veulent bien se laisser bourrer le mou. Jamais les musulmans entre eux ne se définissent ainsi. La paix de l'«islam religion de paix et d'amour», c'est la paix des cimetières.
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Islam religion de paix
vendredi, avril 17, 2015
Raison, intuition et politique
Jacques regarde Anne, Anne regarde Georges. Jacques est marié. Georges n'est pas marié. Est-ce qu'une personne mariée regarde une personne non-mariée ?
L'intuition répond qu'il manque des informations. La logique répond ... correctement. Si la réponse ne vous semble pas évidente, réfléchissez un peu plus.
Sur le marché, si l'on se laisse aller à l'irrationalité, on en subit les conséquences. Si nous buvons trop de Coca-Cola parce que la publicité a fait appel à nos impulsions, à notre irrationalité et à notre intuition, nous grossissons.
Pas en politique.
Notre vote compte tellement peu (un parmi des dizaines de millions) que nous ne subissons pas les conséquences de notre propre vote et que c'est une tentation naturelle d'émettre à un vote qui laisse une bonne image de soi indépendamment des conséquences rationnelles («Je vote socialiste, comme cela, je me sens solidaire et généreux, même si je sais que le socialisme a échoué et crée de la pauvreté partout où il passe»).
L'un de ceux qui ont mélangé le plus adroitement irrationalité et abstraction pour en faire un produit politique explosif est Adolf Hitler. La leçon est terrible.
Alex Tabarrok propose de remplacer le vote par le pari.
Vous croyez que François Hollande va diminuer le chômage ? Vous croyez que Nicolas Sarkozy va diminuer la délinquance ? Prenez en le pari. Si vous avez tort, vous perdez votre mise. Cela réconcilie vote et conséquence individuelle.
Je ne vois pas comment cette idée peut être mise en oeuvre, mais elle permet de réfléchir aux problèmes actuelles de la démocratie.
De plus, il me semble que les instruments de connection et de paiement à distance pourraient permettre dans le futur cette démocratie du pari.
L'intuition répond qu'il manque des informations. La logique répond ... correctement. Si la réponse ne vous semble pas évidente, réfléchissez un peu plus.
Sur le marché, si l'on se laisse aller à l'irrationalité, on en subit les conséquences. Si nous buvons trop de Coca-Cola parce que la publicité a fait appel à nos impulsions, à notre irrationalité et à notre intuition, nous grossissons.
Pas en politique.
Notre vote compte tellement peu (un parmi des dizaines de millions) que nous ne subissons pas les conséquences de notre propre vote et que c'est une tentation naturelle d'émettre à un vote qui laisse une bonne image de soi indépendamment des conséquences rationnelles («Je vote socialiste, comme cela, je me sens solidaire et généreux, même si je sais que le socialisme a échoué et crée de la pauvreté partout où il passe»).
L'un de ceux qui ont mélangé le plus adroitement irrationalité et abstraction pour en faire un produit politique explosif est Adolf Hitler. La leçon est terrible.
Alex Tabarrok propose de remplacer le vote par le pari.
Vous croyez que François Hollande va diminuer le chômage ? Vous croyez que Nicolas Sarkozy va diminuer la délinquance ? Prenez en le pari. Si vous avez tort, vous perdez votre mise. Cela réconcilie vote et conséquence individuelle.
Je ne vois pas comment cette idée peut être mise en oeuvre, mais elle permet de réfléchir aux problèmes actuelles de la démocratie.
De plus, il me semble que les instruments de connection et de paiement à distance pourraient permettre dans le futur cette démocratie du pari.
Casablanca
C'est cucul d'écrire que c'est le plus grand film de tous les temps, pourtant ...
Umberto Eco nous a expliqué son charme : deux clichés nous font rire, cent clichés nous émeuvent car ils parlent entre eux. Homère n'accumule-t-il pas les clichés ? Cela n'empêche les scènes immortelles : les chevaux de Patrocle pleurant leur maitre, le dialogue de Nausicaa et d'Ulysse ...
Un autre film où passe la grâce (avec l'aide de Shakespeare, c'est plus facile). Que l'actrice, 16 ans, ait presque l'âge de Juliette (14 ans) y contribue.
Il y a eu bien des Romeo et Juliette navrants. Celui-ci rattrape tous les autres.
Umberto Eco nous a expliqué son charme : deux clichés nous font rire, cent clichés nous émeuvent car ils parlent entre eux. Homère n'accumule-t-il pas les clichés ? Cela n'empêche les scènes immortelles : les chevaux de Patrocle pleurant leur maitre, le dialogue de Nausicaa et d'Ulysse ...
Un autre film où passe la grâce (avec l'aide de Shakespeare, c'est plus facile). Que l'actrice, 16 ans, ait presque l'âge de Juliette (14 ans) y contribue.
Il y a eu bien des Romeo et Juliette navrants. Celui-ci rattrape tous les autres.
Sarko tombe à l’eau
Un seul hêtre (un buisson, plus exactement) vous manque et tout est dépeuplé. Nicolas Sarkozy se perd dans le marécage centriste, celui où on ne prononce jamais les mots tabous : Français, France, nation, pays, frontière, identité, invasion migratoire, souveraineté, drapeau, tradition, combattre, histoire, racines, ennemi, étranger etc …
La barrière indépassable de Marion
Dans un entretien au Figaro, Marion Maréchal déclare avoir conscience que ses vingt-cinq ans sont une barrière indépassable pour accéder immédiatement à certaines responsabilités politiques. Ce n'est pas du tout indépassable, il suffit d'attendre.
Je suis partagé sur la question de l’âge de nos politiciens.
D’une part, je suis convaincu que ce sont les patriarches qui guident les peuples hors du désert : Moïse, Bismarck, Clemenceau, Churchill, De Gaulle …
Tony Blair a avoué qu’il regrettait d’avoir interdit la chasse au renard, qu’il était trop jeune premier ministre pour comprendre la valeur de certaines traditions. Blair étant retraité, cet aveu ne lui coute rien.
D’autre part, cela fait du bien, un peu d’air frais dans ce ramassis moisi de profiteurs carriéristes à l’usure. Marion Maréchal a donné un sacré coup de vieux à Juppé, très maladroit avec sa condescendance de crâne d’œuf, lors de leur débat.
Il ne faut pas oublier que la monarchie française était souvent dirigée par des rois jeunes et leur entourage de même, certes aidés de conseillers plus chenus, et que cela n’a pas si mal fonctionné.
Tout ceci étant dit, je suis persuadé que la féminisation de la politique, plus que le jeunisme en réalité inexistant, est le symptôme et la cause (comme souvent en social, les choses s’alimentant l’une l’autre) d’une catastrophe. Les femmes conservent, elles ne créent pas. Les exceptions ne sont que cela, des exceptions. Vous avez vu les gosses qui font du vélo : ils sont habillés comme des cosmonautes. Grotesque ! La France, son principe de précaution, sa culture de l’excuse, sa compulsion normative, c’est l’enfant à vélo en pire. Un pays terrifié par la vie.
Mais, tant qu’à subir ce naufrage, je préfère qu’il vienne de Marion Maréchal que de Cécile Duflot. Il y a un ordre de grandeur entre les deux, dans tous les domaines.
Je suis partagé sur la question de l’âge de nos politiciens.
D’une part, je suis convaincu que ce sont les patriarches qui guident les peuples hors du désert : Moïse, Bismarck, Clemenceau, Churchill, De Gaulle …
Tony Blair a avoué qu’il regrettait d’avoir interdit la chasse au renard, qu’il était trop jeune premier ministre pour comprendre la valeur de certaines traditions. Blair étant retraité, cet aveu ne lui coute rien.
D’autre part, cela fait du bien, un peu d’air frais dans ce ramassis moisi de profiteurs carriéristes à l’usure. Marion Maréchal a donné un sacré coup de vieux à Juppé, très maladroit avec sa condescendance de crâne d’œuf, lors de leur débat.
Il ne faut pas oublier que la monarchie française était souvent dirigée par des rois jeunes et leur entourage de même, certes aidés de conseillers plus chenus, et que cela n’a pas si mal fonctionné.
Tout ceci étant dit, je suis persuadé que la féminisation de la politique, plus que le jeunisme en réalité inexistant, est le symptôme et la cause (comme souvent en social, les choses s’alimentant l’une l’autre) d’une catastrophe. Les femmes conservent, elles ne créent pas. Les exceptions ne sont que cela, des exceptions. Vous avez vu les gosses qui font du vélo : ils sont habillés comme des cosmonautes. Grotesque ! La France, son principe de précaution, sa culture de l’excuse, sa compulsion normative, c’est l’enfant à vélo en pire. Un pays terrifié par la vie.
Mais, tant qu’à subir ce naufrage, je préfère qu’il vienne de Marion Maréchal que de Cécile Duflot. Il y a un ordre de grandeur entre les deux, dans tous les domaines.
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Marion Maréchal,
politique
jeudi, avril 16, 2015
Terreur sentimentale (pour foules de même)
Sarkozy aime-t-il les gens ?
Soyons clairs : la conclusion de Maxime Tandonnet est idiote. Il écrit pour nous expliquer, très bien, que le fait que Nicolas Sarkozy aime ou non les gens n'est pas pertinent. Et il conclut par un «moi, je le sais, Sarkozy aime les gens». Son article aurait été parfait s'il s'était abstenu du dernier paragraphe.
Manuel Valls m'effraie : ce mélange d'arrogance, d'autisme et de certitude fait les bons tchekistes.
Mais je suis sans illusion. Il n'est pas une exception de notre monde politique mais le représentant.
Le sentimentalisme est terrifiant car il est irrationnel, déraisonnable, on ne peut pas discuter avec lui, et, en même temps, d'une force prodigieuse. Il est une arme pour les manipulateurs les plus vicieux, dont Valls, Hollande et leur camarilla.
Il est de plus en plus difficile, même dans des conversations privées, de rationaliser les excès de sentimentalisme, que cela soit à propos du décès de Lady Diana ou de l'immigration (pour prendre un large spectre).
Cet envahissement par le sentimentalisme signe assez puissamment notre déclin intellectuel et moral pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister.
Soyons clairs : la conclusion de Maxime Tandonnet est idiote. Il écrit pour nous expliquer, très bien, que le fait que Nicolas Sarkozy aime ou non les gens n'est pas pertinent. Et il conclut par un «moi, je le sais, Sarkozy aime les gens». Son article aurait été parfait s'il s'était abstenu du dernier paragraphe.
Manuel Valls m'effraie : ce mélange d'arrogance, d'autisme et de certitude fait les bons tchekistes.
Mais je suis sans illusion. Il n'est pas une exception de notre monde politique mais le représentant.
Le sentimentalisme est terrifiant car il est irrationnel, déraisonnable, on ne peut pas discuter avec lui, et, en même temps, d'une force prodigieuse. Il est une arme pour les manipulateurs les plus vicieux, dont Valls, Hollande et leur camarilla.
Il est de plus en plus difficile, même dans des conversations privées, de rationaliser les excès de sentimentalisme, que cela soit à propos du décès de Lady Diana ou de l'immigration (pour prendre un large spectre).
Cet envahissement par le sentimentalisme signe assez puissamment notre déclin intellectuel et moral pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister.
lundi, avril 13, 2015
L'ascenseur social et la démocratie
Le psychologue et sociologue Christopher Lasch a une remarque très profonde : pour lui, les notions d'«ascenseur social» et d'«élitisme républicain» (je transpose en français les propos américains de Lasch) sont fondamentalement anti-démocratiques.
En effet, elles sous-entendent que la condition populaire n'est pas souhaitable, que la seule condition vraiment souhaitable est celle des intellectuels et que ces élites condescendent à faire une faveur au peuple en permettant aux meilleurs éléments populaires de se hisser à son niveau.
Or, en authentique démocratie, on ne saurait considérer de quelque manière que ce soit que la condition populaire est infamante. On ne peut s'empêcher de penser que la démocratie fonctionne mieux quand elle est le fait de paysans américains et de fermiers suisses.
L'opinion de Lasch est d'autant plus fondée en 2015 que l'insistance des discours sur «l'égalité des chances» et «l'ascenseur social» dissimule à peine un mépris de classe très puissant et que la caste dirigeante fait bien attention que ces discours ne se traduisent pas dans les faits.
L'us et l'abus de l'insulte «populiste» ne signifient pas autre chose que cette combinaison de mépris et de terreur-panique du peuple.
En effet, elles sous-entendent que la condition populaire n'est pas souhaitable, que la seule condition vraiment souhaitable est celle des intellectuels et que ces élites condescendent à faire une faveur au peuple en permettant aux meilleurs éléments populaires de se hisser à son niveau.
Or, en authentique démocratie, on ne saurait considérer de quelque manière que ce soit que la condition populaire est infamante. On ne peut s'empêcher de penser que la démocratie fonctionne mieux quand elle est le fait de paysans américains et de fermiers suisses.
L'opinion de Lasch est d'autant plus fondée en 2015 que l'insistance des discours sur «l'égalité des chances» et «l'ascenseur social» dissimule à peine un mépris de classe très puissant et que la caste dirigeante fait bien attention que ces discours ne se traduisent pas dans les faits.
L'us et l'abus de l'insulte «populiste» ne signifient pas autre chose que cette combinaison de mépris et de terreur-panique du peuple.
Libéral-conservatisme à la française
Michel Onfray, Luc Ferry : même combat ?
Bien sûr, l'expression «libéral-conservatisme» est un pléonasme : un conservateur conséquent ne peut être que libéral, je m'en suis expliqué ailleurs, mais j'enfonce le clou.
Bien sûr, l'expression «libéral-conservatisme» est un pléonasme : un conservateur conséquent ne peut être que libéral, je m'en suis expliqué ailleurs, mais j'enfonce le clou.
Libellés :
conservatisme à la française
dimanche, avril 12, 2015
Shaun le mouton
Déçu.
Manque de nerfs. C'est bien, mais ce n'est pas très très bien, super génial, arrrgggh.
Manque de nerfs. C'est bien, mais ce n'est pas très très bien, super génial, arrrgggh.
Chesterton, Feertchak, Dalrymple
G. K. Chesterton : «Pourquoi je suis catholique»
Ukraine, traité transatlantique, Grèce : l'Europe doit-elle choisir entre Washington etMoscou ?
Modern medicine did not help Germanwings pilot, it may have damaged him
Dalrymple décapant, comme d'habitude :
[Andreas Lubitz] thirsted for fame, though he had no achievements that entitled him to it, and he was willing to sacrifice 149 others to achieve it. He was prescribed useless drugs that possibly contributed to his aggression. It is a very modern story.
Addendum :
Snuffed out
Ukraine, traité transatlantique, Grèce : l'Europe doit-elle choisir entre Washington etMoscou ?
Modern medicine did not help Germanwings pilot, it may have damaged him
Dalrymple décapant, comme d'habitude :
[Andreas Lubitz] thirsted for fame, though he had no achievements that entitled him to it, and he was willing to sacrifice 149 others to achieve it. He was prescribed useless drugs that possibly contributed to his aggression. It is a very modern story.
Addendum :
Snuffed out
samedi, avril 11, 2015
2015, l'année du Rafale ?
L'histoire du contrat de 36 Rafale en Inde me laisse perplexe : tant que ce n'est pas signé, on peut raconter ce qu'on veut. Mais acceptons en l'augure : tout ce qui renforce l'industrie d'armement française est une excellente nouvelle.
Je trouve dommage que nous fassions à ce point les mauvais choix budgétaires que nous sommes obligés de compter sur l'export pour financer notre défense, qui pourtant s'appauvrit et dont nous aurions largement les moyens si nous ne financions pas un tas de bons-à-rien.
Je trouve dommage que nous fassions à ce point les mauvais choix budgétaires que nous sommes obligés de compter sur l'export pour financer notre défense, qui pourtant s'appauvrit et dont nous aurions largement les moyens si nous ne financions pas un tas de bons-à-rien.
mercredi, avril 08, 2015
lundi, avril 06, 2015
Euro: le beau spectacle d’une union monétaire en déroute…
Euro: le beau spectacle d’une union monétaire en déroute…
Article très anti-allemand (1) d'Eric Verhaeghe, mais a-t-il vraiment tort ?
Comme je l'ai écrit quelquefois, les Allemands sont bons en industrie et nuls en finance. C'est en train de se confirmer une fois de plus. L'économie, ce n'est pas de la morale.
Je souhaite la dissolution de l'Euro, mais sous la forme la plus ordonnée possible car je pense que les conditions de l'éclatement joueront beaucoup sur le suite des événements. Or, nous nous dirigeons vers un éclatement par accident, invitus invitam dimisit, c'est-à-dire le pire scénario.
Verhaeghe omet de signaler que la faiblesse française, faite de renoncements, de lâchetés et de paresse intellectuelle (ah ! On la voit à l'oeuvre la «brillance» de nos énarques. Leur silence est assourdissant) est un drame pour l'Europe.
***************
(1) : non, je n'écrirai pas «germanophobe». Marre de l'abus des mots tendancieux en «phobe», comme si s'opposer à tel ou tel communauté était forcément signe de dérangement psychologique.
Article très anti-allemand (1) d'Eric Verhaeghe, mais a-t-il vraiment tort ?
Comme je l'ai écrit quelquefois, les Allemands sont bons en industrie et nuls en finance. C'est en train de se confirmer une fois de plus. L'économie, ce n'est pas de la morale.
Je souhaite la dissolution de l'Euro, mais sous la forme la plus ordonnée possible car je pense que les conditions de l'éclatement joueront beaucoup sur le suite des événements. Or, nous nous dirigeons vers un éclatement par accident, invitus invitam dimisit, c'est-à-dire le pire scénario.
Verhaeghe omet de signaler que la faiblesse française, faite de renoncements, de lâchetés et de paresse intellectuelle (ah ! On la voit à l'oeuvre la «brillance» de nos énarques. Leur silence est assourdissant) est un drame pour l'Europe.
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(1) : non, je n'écrirai pas «germanophobe». Marre de l'abus des mots tendancieux en «phobe», comme si s'opposer à tel ou tel communauté était forcément signe de dérangement psychologique.
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