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vendredi, juin 07, 2019

Erreurs sur le Mal français ou le trompe-l'oeil de M. Peyrefitte (J. Dumont)

Grâce à internet, on trouve des pépites pour une bouchée de pain en livres d'occasion.

Jean Dumont est un historien spécialiste de l'Espagne et du catholicisme. C'est un contre-révolutionnaire ardent (je vous ferai plus tard une recension de La révolution française ou les prodiges du sacrilège). Il porte la contradiction à Alain Peyrefitte, ministre à répétition et auteur prolifique.

Le Mal français est publié en 1976, la réplique de Dumont en 1979.

Alain Peyrefitte est un styliste.

Quand on compare le style des deux normaliens Peyrefitte et Pompidou, un vrai délice à lire, à celui de deux autres normaliens de 2019 Juppé et Wauquiez (et « style » est pour ces olibrius un bien grand mot : mélange, qui arrache les yeux et fait vomir, de circulaire administrative et de prospectus pour exposition d'art contemporain) la décadence n'est pas une idée farfelue mais une réalité.

L'oeuvre de Peyrefitte abonde en formules : « En 1940, ce n'est pas l'insuffisance du matériel qui a perdu, c'est le blindage des mentalités »,  « C'est Lacan, encore inconnu, mais déjà obscur ».

Attaquons le vif du sujet : quelle est la thèse de Peyrefitte dans Le Mal français ?

Un croisement de Weber et de Tocqueville.

Weber : le catholicisme, notamment la Contre-Réforme, est un frein au développement économique, contrairement au protestantisme qui le favorise.

Tocqueville : le centralisme français est un continuum entre l'Ancien Régime et la Révolution. Le jacobinisme est consubstantiel à la France. Et Peyrefitte ajoute que ce centralisme est un héritage de l'Eglise romaine.

Bref, Peyrefitte reproche à la France son catholicisme romain. Thèse qui est devenue une vulgate pour imbéciles façon Sciences-Po ou ENA. Malheureusement, elle fut adoptée par des gens un peu moins bêtes qu'un énarque, Pompidou par exemple.

Je suis toujours gêné par ces Français qui reprochent à la France ce qu'elle est (c'est différent de pointer des problèmes ponctuels susceptibles de solutions). Non seulement, cela m'apparaît comme une trahison, mais cette opinion engendre le découragement, c'est un problème sans solution (changer la France ? Je ne veux pas !).

Pour Weber, cela fait longtemps que j'en suis revenu. La banque moderne a trouvé naissance en Italie, on ne peut pas dire que la péninsule soit un refuge du protestantisme. Carl Schmitt et sa distinction des puissances maritimes intrinsèquement pirates et mercantilistes (je caricature à peine) et des puissances maritimes plus traditionnelles et moins entreprenantes me paraissent plus féconds.

Tocqueville, j'en reviens aussi, mais plus récemment. Je suis piégé par son style (encore !) et son érudition.

Dumont commence par dresser un catalogues des erreurs historiques de Peyrefitte, qui ont pour résultats d'attribuer trop d'échecs au catholicisme et trop de réussites au protestantisme. Je passe (sauf sur le nazisme, puisque c'est une obsession de notre époque : non, du fait que la Bavière était catholique, on ne peut déduire que le nazisme est un produit du catholicisme. J'apprécie que Dumont prenne en compte la duplicité d'Hitler, c'est assez rare).

Puis Dumont attaque le vif du sujet.

Il démontre à quel point l'étatisme français est d'origine protestante et non catholique.

Fondamentalement, ce n'est pas surprenant : le libre examen protestant favorise une atomisation des individus sous un Etat tutélaire (la crainte de Tocqueville) alors que, dans les pays catholiques, se multiplient les corps intermédiaires dans un joyeux foutoir.

Quant à la mecque du libéralisme, l'Angleterre, il faut bien mettre les causes dans l'ordre : son protestantisme découle de son libéralisme et non l'inverse.

De vigoureuses graines de l'étatisme français moderne sont semées sous Henri IV, entouré de conseillers protestants. Pas une grosse découverte pour moi : c'est une période que je maitrise assez.

Dumont dresse la liste des acteurs de l'étatisation de l'enseignement dans les années 1880, les Ferry, Buisson et compagnie. Ce sont tous des protestants ! Et pas par hasard. L'un d'eux avoue benoitement : « Nous faisons par l'enseignement au XIXème siècle la réforme que nous n'avons pu faire par la religion au XVIème siècle ».


Dumont insiste lourdement pour conclure, et avec raison me semble-t-il, sur le fait que les fameuses « sociétés de confiance » protestantes de Peyrefitte sont les sociétés du racisme, de l’exclusion et du génocide. Il faut rappeler que les catholiques ne jouissent de leurs pleins droits dans la Suède protestante que depuis le XXème siècle (1787 en France pour les protestants). Les Français d’Amérique s’entendaient plutôt bien avec les Indiens, que les protestants ont exterminés.

Au fait, à quoi attribue-t-il le décollage économique précoce des pays protestants ? A la spoliation des richesses de l'Eglise et à l'oppression des pauvres.

Conclusion

Le protestantisme est erroné, pour les raisons expliquées maintes fois par le magistère romain. Pas étonnant qu'il donne à la France, quand son influence néfaste se fait sentir, des institutions erronées.

Mais Dumont est trop systématique (il faut dire que c'est sujet de son livre). Bien des spécificités nationales françaises s'expliquent non par l'opposition protestantisme/catholicisme, même inversée pour condamner l'influence protestante, mais par les circonstances historiques et la géographie.

De plus, il fait des prévisions que l'on sait fausses. En 1979, il pense que la natalité des pays catholiques baissera moins que celle des pays protestants. On sait ce qu'il en est.




mardi, avril 16, 2019

Et spes nostra, salve.

Je me demande souvent :« Si les Français ne sont pas chrétiens, que sont-ils ? ».

Je réponds de plus en plus souvent : « Rien. Si les Français ne sont pas chrétiens, ils ne sont rien ».

Bien sûr, individuellement, il y a des Français tout à fait légitimes qui ne sont pas chrétiens.

Je ne vous parle pas d'individus, mais de peuple. Si le peuple français n'est pas composé à 80 % de chrétiens (j'aime bien les 80/20 de Pareto), est-ce encore le peuple français ?

Quand il reste en France 5 % de chrétiens pratiquants, probablement moins que de musulmans pratiquants, peut-on dire que la France existe encore ? Ou n'y a-t-il plus qu'une entité administrative sur le territoire de ce qui fut jadis la France ?

Il se trouve que je lis le remarquable La révolution française ou les prodiges du sacrilège, de Jean Dumont.



C'est pourquoi l'incendie de Notre Dame me frappe tant : si ce n'est pas un châtiment divin (les voies du Seigneur sont impénétrables et ce n'est pas mon genre de faire le ventriloque pour Lui), c'est vachement bien imité.




Cela ne signifie d'ailleurs pas que la France est morte. Elle est seulement en dormition.

Pour une raison très simple, très primaire : les athées ne font pas assez d'enfants pour renouveler les générations. Rémi Brague dit que si l'on ne pense pas que la vie est intrinsèquement bonne car donnée par Dieu (ou par des dieux, des divinités ou équivalent), on ne se donne pas la peine de la donner (bon, d'accord la répétition du mot « don » est lourde, mais c'est pour que ça rentre).

On risque en France le face à face entre les religieux de divers bords, comme en Israël. Dans ce cas, les prolongeurs de courbes donnent la victoire aux musulmans, mais, heureusement, l'histoire est plus agitée et plus incertaine que cela.

jeudi, février 06, 2020

Les appeasers islamophiles sont des fauteurs de guerre civile.

Je suis heureux de constater qu'E. Husson et moi avons le même analyse de la soumission à l'islam de nos politiciens : elle est fondamentale, presque psychologique. Certes, des raisons superficielles jouent, l'électoralisme, la lâcheté, mais il y a des raisons plus profondes : la fascination pour une société unifiée par la force, sans débat, sans opposition instituée, sans divergences, une société apolitique où tout le monde est d'accord sur la politique à suivre, où il n'y a que des problèmes techniques, comme peut l'être ... l'UE.

Je suis aussi heureux qu'il cite Jean Dumont, dont je croyais qu'il n'était lu que par des farfelus dans mon genre. Le sectarisme et le fanatisme républicains ont beaucoup d'affinités avec le sectarisme et le fanatisme musulmans.

#MILA Génération lâcheté : ils ont le choix entre le déshonneur et la guerre, ils choisissent le déshonneur… et pavent le chemin de la guerre (civile).



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Depuis les Lumières, la gauche vit, parallèlement à sa détestation du catholicisme et de son antijudaïsme spontané (pensez aux pages infâmes écrites par Voltaire), une fascination infantile pour l’Islam. Pensez aussi à la manière dont Napoléon se rêvait en empereur oriental respectant l’Islam ou à l’éloge de la révolution iranienne par Michel Foucault. Tout ceci est bien puéril mais éminemment dangereux aussi. Car l’Islam, à la différence du judaïsme et du christianisme, ne fait pas de distinction entre le religieux et le temporel. Au fond, la République, qui se rêve sans religion chrétienne sur son territoire, est fascinée par une religion qui se pense sans vie politique sur son territoire. L’intolérance républicaine est fascinée par l’intolérance musulmane. Elle est prête au contraire à écraser les croyants pacifiques et essentiellement tolérants que sont les Juifs et les Chrétiens. Tout comme l’Islam les a soumis, partiellement tolérés ou exterminés.

[…]

Il y a quatre ans, des centaines de milliers de Français sont descendus manifester en affichant « Je suis Charlie ». Pourquoi refuseraient-ils au fond de dire « Je suis Mila »? Mais ils sont jetés dans une confusion plus grande encore, par rapport aux dernières décennies, par la lâcheté de nos responsables politiques. Lorsque j’entends Damien Abad, élu LR, expliquer qu’il faut limiter l’expression éventuelle d’une critique de l’Islam, qu’il appelle, comme un poltron, « haine anti-religieuse », je ne peux que constater que la logique de soumission envisagée par Michel Houellebecq est en train de devenir réalité.

[…]

La déscolarisation de Mila est consternante ! Comment ne pas penser à la célèbre formule de Churchill après les accords de Munich: « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre ! ». Nos gouvernants ont le déshonneur. Et ils auront la guerre civile.

Peut-on constater autre chose qu’une logique de soumission, d’appeasement, qui ne fera que renforcer les islamistes dans leur résolution à faire reculer toujours plus la République? A moins que nos élites souhaitent une partition territoriale sur le territoire national ou même la création d’une République islamique en France, il faudra tôt ou tard réagir: fermer les frontières à toute nouvelle immigration musulmane, couper les financements étrangers des mosquées, retirer leur droit de séjour aux imams radicaux, arrêter la construction de nouvelles mosquées, rétablir la laïcité stricte dans l’école publique, passer au crible les recrutements de musulmans dans la police et dans l’armée, supprimer la double nationalité et bien d’autres mesures encore. Plus on attendra pour prendre de telles mesures, plus elles seront difficiles à mettre en oeuvre et risquent de se déployer dans un climat de guerre civile.
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mardi, mai 19, 2020

Une claque pour les évêques français ? Pas grave si ça leur sert de leçon.



Une claque pour les évêques français ? Pas grave si ça leur sert de leçon.

Malheureusement, j'ai perdu confiance dans les évêques français (à part une ou deux exceptions) : ce sont des mitres molles soumises au monde.

Leur seul caractère combatif sert à engueuler les traditionnalistes, là ils ont le feu sacré. Bref, ce sont des progressistes comme les autres. Ils ne présentent aucun intérêt, ni intellectuel, ni spirituel.

Ils sont à mille lieues d'assumer que la république française est l'ennemi du Christ par essence (lire Jean Dumont). Ce ne sont pas tant des imbéciles que des lâches. Les petites compromissions avec l'administration ouvrent la voie aux grandes trahisons.

Ils abandonnent leurs ouailles, ils sont comme toutes les élites du monde occidental : révoltés contre leur peuple. La trahison de la classe dirigeante, c'est aussi dans l'Eglise.

Que faire ? Les aider à trouver le courage qui leur manque, en gardant l'espoir que leurs successeurs seront mieux.

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Victoire !

PAR RENAISSANCE CATHOLIQUE · 19 MAI 2020

mardi, février 11, 2014

Voie Sacrée ?

AFP :
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Les députés PS boycotteront le 20 février le débat sur la proposition de loi UMP visant à garantir l'appellation "Voie sacrée nationale" à la route départementale reliant Bar-le-Duc à Verdun, une "mascarade" digne de "Clochemerle" selon eux.

La proposition de loi UMP, signée par 78 parlementaires, veut garantir que cette route gardera "l'appellation intangible de Voie sacrée nationale" que lui a donnée une loi de 1923, bien qu'en 2004 elle soit devenue une voie départementale au grand dam du maire de Verdun, Arsène Lux. Suite à sa mobilisation, un arrêté interministériel officialisant l'appellation "Voie sacrée nationale" a été signé en 2007 mais le conseil général de la Meuse, dirigé par Christian Namy (UDI) refuse de l'appliquer. Les deux hommes s'opposent depuis près de dix ans sur ce sujet.

"L'Assemblée nationale n'a pas à s'immiscer dans des querelles de clocher. Que penseraient les parlementaires qui se sont battus au front, parfois au prix de leur vie, de voir l'hémicycle ainsi instrumentalisé ?", s'indignent dans un communiqué publié mardi les députés socialistes membres de la commission de la Défense. Seul le député PS de la Meuse Jean-Louis Dumont ira dans l'hémicycle expliquer la position de son parti avant de quitter le débat lors de cette journée consacrée aux propositions de loi du principal groupe d'opposition. "Il n'est nul besoin d'une loi pour que la route reliant Bar-le-Duc à Verdun demeure dans la mémoire de tous les Français comme le cordon ombilical qui, en approvisionnant quotidiennement le front en soldats, vivres et matériels grâce à une logistique millimétrée, aura permis de mettre en échec l'offensive ennemie lors de la bataille de Verdun", ajoutent les députés PS. Et ce d'autant "que, depuis 1922, cette voie est jalonnée par 56 bornes kilométriques blanches et rouges, surmontées d'un casque de Poilu avec une palme (symbole de la victoire) et sur lesquelles sont inscrits les mots Voie Sacrée, soulignent-ils.
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J'avoue ne pas bien comprendre la position des députés socialistes : il y a des choses qui vont sans dire mais qui vont encore mieux en le disant.

Je soupçonne que les motifs réels de ce retrait ne sont pas si clairs que ceux invoqués.