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lundi, juin 01, 2020

Une bonne rafale à la Bochesse en chef, ça ne fait jamais de mal.


CHANCELIÈRE IMMUABLE : Angela Merkel, sainte patronne de l’Europe, vraiment ?

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La Chancelière n’aime pas les gens. Elle n’a jamais eu qu’une obsession, se préserver. De ce point de vue, son comportement a été largement en phase avec la société vieillissante dont elle dirige le gouvernement. Mais il faut bien comprendre que rien ne lui est plus étranger que le combat tous azimuts d’un Nicolas Sarkozy se déployant sur tous les fronts durant la crise de 2008-2010; l’engagement sincère d’un Alexis Tsipras, qui avait (mal) placé sa confiance en elle au début de la crise de la dette grecque en 2015; ou le goût du risque d’un Donald Trump.

Angela Merkel a toujours suivi la ligne de plus grande pente, celle où elle pense avoir le moins de dommages à subir pour elle-même. Cela lui a fait faire, d’ailleurs, sa plus grosse erreur d’appréciation, à savoir la décision d’accueillir un million et demi d’étrangers en 2015-2016, d’abord des réfugiés fuyant les conflits du Moyen-Orient et d’Afrique, puis des immigrants par opportunisme, profitant de l’incroyable aubaine, l’ouverture complète de la frontière allemande. Derrière les apparences généreuses, il s’agissait d’une politique de la facilité: à quoi bon s’opposer, non seulement au flot d’arrivants venant faire pression sur la frontière allemande mais aussi aux médias qui avaient critiqué dans un premier temps l’inaction de la Chancelière? En septembre 2017, la conséquence de cette très mauvaise décision fut visible dans les urnes, avec une chute de huit points pour les chrétiens-démocrates, et de presque six points pour le partenaire de coalition, le SPD. Madame Merkel a sauvé son poste de Chancelière au bout de six mois de difficiles tractations et elle a été obligée, fin 2018, d’abandonner la présidence du parti chrétien-démocrate. Fondamentalement, elle n’a pas changé d’attitude, avant ou après ces défaites politiques. Elle est restée cette femme politique détestant le risque, le débat politique et les positions tranchées.

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jeudi, mai 28, 2020

Une histoire de France (Edouard Husson, Michel Pinton)

Une recension un peu longue, je vous en présente mes excuses par avance.

Ce livre de 1999, à deux mains entre Edouard Husson et Michel Pinton, fait partie des petits bonheurs des occasions sur internet.

Les auteurs sont des hommes intelligents, ils balayent d'un revers de main les palinodies chiraco-progressistes disant que les racines de la France ne sont pas chrétiennes : l'histoire de France est un dialogue, souvent une lutte, quelquefois une guerre, entre le pouvoir spirituel du christianisme et le pouvoir politique.

Difficile de résumer un livre aussi dense. Quelques idées fortes seulement :

La nation de Clovis

Dieu ne se manifeste pas à des hommes mais à des nations. D'abord, à Israël, puis à toutes les nations. Le Nouveau Testament ne dit pas « Allez parmi les hommes » mais « Allez parmi les nations » (L'Eglise droit-de-lhommiste que dirige le pape François Zéro est anti-nationale et, par là même, hérétique).

A la nation s'oppose l'empire (et la tribu, mais ils n'en parlent pas). L'empire, c'est la violence, le mensonge et l'oppression. Ce sont les outils indispensables pour faire tenir ensemble des peuples qui n'ont aucune raison de vivre ensemble (si ça vous rappelle des choses ...). L'empire romain en est mort : à l'heure du péril existentiel, il ne s'est pas trouvé grand'monde pour le défendre. La nation, c'est la liberté et la vérité.

Michel Pinton pense que la fascination de l'empire romain a été très néfaste à la France.

C'est à son christianisme que la France doit ses figures de jeunes femmes qu'on ne retrouve dans aucune autre histoire : Sainte Blandine, Sainte Geneviève, Sainte Jeanne.

Plus qu’héritiers d’Athènes et de Rome, les peuples européens, au premier rang la France, sont héritiers de la notion juive de peuple élu.

Chaque nation européenne est constituée par son sentiment profond d’être l’Elue de la Providence. Avec, comme corollaire qu’on ne retrouve pas dans les autres cultures, le droit pour le prophète de se lever et d’engueuler le prince et le peuple qui trahissent cette vocation.

Ce droit de chacun à être prophète et à en remontrer à la nation entière est ce qui fonde la liberté européenne, bien plus que l’imitation des esclavagistes Athènes et Rome. Socrate a accepté la loi qui le mettait à mort, il n’a pas invoqué sa liberté de conscience.

Le chrétien, selon la formule du baptême que j’aime beaucoup, est « prêtre, prophète et roi ». On comprend que les candidats à la tyrannie n’ont rien de plus pressé que de déchristianiser.

Clovis, en se faisant baptiser catholique alors que la mode était à l'arianisme, a inauguré le principe de la neutralité religieuse de l'Etat français. Principe malheureusement rompu par les interventions directes et brutales de Louis XIV dans la querelle du jansénisme. Il a quand même eu l'ignominie de faire labourer les tombes de Port-Royal ! Les historiens sont aujourd'hui d'accord pour dire que la violence de la polémique janséniste a décridibilisé l'Eglise en France et préparé le terrain pour notre sanglante et sacrilège révolution (un peu de la même façon que les querelles théologiques en Afrique du Nord ont préparé l'installation de l'islam). Les très surfaites Lumières sont les héritières du jansénisme (notamment, de son mépris du peuple).



La mer toujours recommencée

Les auteurs insistent lourdement (vous savez que rien ne peut me faire plus plaisir) sur la vocation ultramarine de notre pays, commencée avec Saint Louis. Chaque fois que la France s'est (comme aujourd'hui) laissée enfermer sur le continent européen, elle y a perdu (la France n'est pas le nain allemand). Ils accusent Louis XIV, que décidément ils n'aiment pas, d'avoir trop négligé les conquêtes coloniales et en font même une des causes de notre sanglante révolution : si notre énergie avait été tournée vers l'extérieur par des princes avisés, elle ne nous aurait pas dévorés de l'intérieur.

On en revient à la remarque géniale de Chateaubriand (dont il ne faut pas oublier qu'il fut un bon ministre des affaires étrangères de la Restauration) : si Louis XIV s'était plus investi outremer et moins sur le continent, la France aurait pu conquérir sans effrayer ses voisins cette frontière sur le Rhin qui manque tant à sa sécurité. François-René ne connaissait pas nos désastres de 1870, 1914 et 1940 mais il en avait la prémonition.

Et puis, ça nous aurait évité ce non-pays ridicule qu'est la Belgique et ce pays de mangeurs de harengs ladres que sont les Pays-Bas.

Bien sûr, le traitre Voltaire se réjouit de la perte du Canada en 1763. On peut prendre cette date comme repère de la haine de la classe dirigeante pour notre pays.




La trahison des élites françaises

Michel Pinton et Edouard Husson tombent d'accord (et moi aussi !) que les élites françaises ont une propension exceptionnelle à la trahison : les Bourguignons, la Ligue, la Fronde, les Lumières, les Emigrés, les Versaillais, les Pétainistes ... Aujourd'hui, ce sont les macronistes : le vote Macron (de premier ou de deuxième tour, peu importe) est un vote de trahison (très proche du pétainisme).

Cette continuité n'est pas artificielle : j'ai lu dans les années 2 000 une critique de Jeanne d'Arc, venue des Bourguignons, reprise par Voltaire, reprise au XIXème siècle, disant qu'elle a empêché une grande confédération franco-anglaise qui aurait régné sur le monde.

Dans aucun autre pays d'Europe (c'est différent en Amérique du Sud, par exemple), on ne retrouve une telle inclination des élites à la trahison.

Pourquoi ?

Une explication qui en vaut une autre : coincée très tôt entre le pouvoir royal et le peuple, l'aristocratie a été déresponsabilisée de la nation, elle s'est construite dans l'opposition et dans la trahison. La bourgeoisie a pris le relais par mimétisme.

C'est une évidence que nous sommes dans une de ces périodes basses du patriotisme de la classe dirigeante. A cette trahison, somme toute classique, s'ajoute un élément original : l'effondrement intellectuel de la classe dirigeante. On n'imagine pas le maréchal Pétain prenant Sibeth Ndayie comme porte-parole, et pas seulement à cause de sa couleur.

Les trois conditions de la grande politique française

1) Un dirigeant à la main ferme avec une bonne politique (si possible, maritime à l'extérieur et anti-groupes de pression à l'intérieur).

2) Un peuple uni.

3) L'élite qui fait courroie de transmission à cette politique nationale.

Sous Louis XIV, le 2 a manqué à cause des séquelles des guerres de religion (révocation de l'édit de Nantes et querelle du jansénisme).

La IIIème république a presque constamment manqué du 1 et souvent du 3.

De Gaulle a manqué du 3.

Nous manquons de 1, 2 et 3. Tout va bien.

La France ne supporte pas l'imposture

La France ne supporte pas l'imposture, car les ferments de division sont trop puissants. Comme imposteur, ils citent Voltaire. Nous nous rejoignons dans nos détestations !

Dans notre actualité, je pense que c'est la raison du succès populaire de Raoult : dans un espace public rempli d'imposteurs, il n'en est pas un. Il dévoile les impostures. En effet, il joue un personnage, mais tout le monde sent bien que ce personnage, c'est lui-même.

C'est le contraire de Macron : il joue tous les personnages sauf un, lui-même (dont on finit par se dire qu'il n'existe pas).





dimanche, mars 15, 2020

Le coronavirus pêche à la dynamite.

Intellectuellement, l'épidémie de coronavirus est derrière nous : les décisions ont été prises (ou pas), qu'on peut résumer en quatre mots « Trop peu, trop tard », maintenant les conséquences vont se dérouler mécaniquement.

En France, des malades vont mourir faute de soins, du coronavirus ou d'autre chose.

Ensuite ?

Je sais que ça ne se fait pas de faire la remarque, que je devrais vous laisser le constater par vous-mêmes, mais je ne résiste pas à la tentation : je vous l'avais bien dit !

Depuis 2015, un article de Chantal Delsol me hantait :

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L’incapacité d’agir, l’attitude qu’on dit velléitaire ou attentiste, aura les mêmes conséquences pour un peuple que pour un individu, pour un gouvernant que pour un particulier. Si votre enfant ne fait rien à l’école et que par pusillanimité ou par paresse ou par indifférence, vous ne tentez pas de réagir, ce sont les événements qui décideront à votre place : l’enfant sera finalement renvoyé, par exemple.

Autrement dit, si vous ne menez pas votre destin, c’est votre destin qui vous mènera par le nez. 

Il en va de même pour un pays. A force de mettre au pouvoir des gouvernements attentistes et pusillanimes, il se produira je ne sais quelle catastrophe qui viendra pour ainsi dire tout résoudre.
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Je ne savais pas que cet événement inattendu serait une crise sanitaire, j'imaginais plutôt une crise bancaire (ça, c'est pour le trimestre prochain) mais je savais que nous allions nous prendre un jour ou l'autre un gros truc dans la gueule et que notre système politico-social à bout de souffle ne pourrait pas faire face.

J'espère que ceux qui ne comprenaient pas mon acharnement à voter n'importe quoi sauf Macron, y compris  voter Le Pen, pour éviter la prolongation d'un Système qui nous tue, comprennent un peu mieux mon raisonnement. Je n'en suis même pas sûr.

Maintenant, les questions qui viennent sont politico-économiques. Les conséquences, pas tant du coronavirus lui-même, que des mesures prophylactiques, vont être effroyables. Avec deux grosses questions, d'ailleurs liées :

1) Les banques vont-elles faire faillite ? Et dans ce cas, nos politiciens auront-ils le bon réflexe, spolier les actionnaires en nationalisant, ou le mauvais réflexe, spolier les clients en faisant du bail-in ?

Les  Boches, ces catastrophes ambulantes pour l'Europe auxquels les dirigeants français n'ont pas les couilles de s'opposer, ont plusieurs fois laissé entendre qu'ils prendraient la mauvaise décision (c'est une habitude chez eux, la décision catastrophique, une tradition nationale. Le petit Charles De Gaulle en a fait son premier livre : La discorde chez l'ennemi). Mais c'est au pied du mur qu'on voit le maçon.

Proba faillites bancaires : 9/10.

2) L'Italie va-t-elle sortir de l'Euro et le faire exploser ? Proba : 5/10.

Nota : j'avais parié que la France ferait banqueroute en 2015, puis j'avais reculé la date en 2020, je n'y croyais plus vraiment. Ma cote remonte en flèche.

Bien sûr, le Système a un moyen d'éviter tout cela : serrer encore plus la vis. Mais est-ce faisable ? Nous assistons au naufrage de tout un système politique.

Que M. Coronavirus profite bien de ses derniers jours de vedettariat, il devrait assez vite être supplanté par M. Krach-tous-azimuths.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul naufrage auquel nous assistons. Comme dit Charles Gave, le coronavirus pêche à la dynamite, les cadavres remontent à la surface :









Revenons sur le naufrage politique :







Dans les semaines qui viennent, il va y avoir des épisodes rigolos. Par exemple, nos riantes banlieues qui descendent piller les centres-villes.


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jeudi, février 06, 2020

Les appeasers islamophiles sont des fauteurs de guerre civile.

Je suis heureux de constater qu'E. Husson et moi avons le même analyse de la soumission à l'islam de nos politiciens : elle est fondamentale, presque psychologique. Certes, des raisons superficielles jouent, l'électoralisme, la lâcheté, mais il y a des raisons plus profondes : la fascination pour une société unifiée par la force, sans débat, sans opposition instituée, sans divergences, une société apolitique où tout le monde est d'accord sur la politique à suivre, où il n'y a que des problèmes techniques, comme peut l'être ... l'UE.

Je suis aussi heureux qu'il cite Jean Dumont, dont je croyais qu'il n'était lu que par des farfelus dans mon genre. Le sectarisme et le fanatisme républicains ont beaucoup d'affinités avec le sectarisme et le fanatisme musulmans.

#MILA Génération lâcheté : ils ont le choix entre le déshonneur et la guerre, ils choisissent le déshonneur… et pavent le chemin de la guerre (civile).



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Depuis les Lumières, la gauche vit, parallèlement à sa détestation du catholicisme et de son antijudaïsme spontané (pensez aux pages infâmes écrites par Voltaire), une fascination infantile pour l’Islam. Pensez aussi à la manière dont Napoléon se rêvait en empereur oriental respectant l’Islam ou à l’éloge de la révolution iranienne par Michel Foucault. Tout ceci est bien puéril mais éminemment dangereux aussi. Car l’Islam, à la différence du judaïsme et du christianisme, ne fait pas de distinction entre le religieux et le temporel. Au fond, la République, qui se rêve sans religion chrétienne sur son territoire, est fascinée par une religion qui se pense sans vie politique sur son territoire. L’intolérance républicaine est fascinée par l’intolérance musulmane. Elle est prête au contraire à écraser les croyants pacifiques et essentiellement tolérants que sont les Juifs et les Chrétiens. Tout comme l’Islam les a soumis, partiellement tolérés ou exterminés.

[…]

Il y a quatre ans, des centaines de milliers de Français sont descendus manifester en affichant « Je suis Charlie ». Pourquoi refuseraient-ils au fond de dire « Je suis Mila »? Mais ils sont jetés dans une confusion plus grande encore, par rapport aux dernières décennies, par la lâcheté de nos responsables politiques. Lorsque j’entends Damien Abad, élu LR, expliquer qu’il faut limiter l’expression éventuelle d’une critique de l’Islam, qu’il appelle, comme un poltron, « haine anti-religieuse », je ne peux que constater que la logique de soumission envisagée par Michel Houellebecq est en train de devenir réalité.

[…]

La déscolarisation de Mila est consternante ! Comment ne pas penser à la célèbre formule de Churchill après les accords de Munich: « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre ! ». Nos gouvernants ont le déshonneur. Et ils auront la guerre civile.

Peut-on constater autre chose qu’une logique de soumission, d’appeasement, qui ne fera que renforcer les islamistes dans leur résolution à faire reculer toujours plus la République? A moins que nos élites souhaitent une partition territoriale sur le territoire national ou même la création d’une République islamique en France, il faudra tôt ou tard réagir: fermer les frontières à toute nouvelle immigration musulmane, couper les financements étrangers des mosquées, retirer leur droit de séjour aux imams radicaux, arrêter la construction de nouvelles mosquées, rétablir la laïcité stricte dans l’école publique, passer au crible les recrutements de musulmans dans la police et dans l’armée, supprimer la double nationalité et bien d’autres mesures encore. Plus on attendra pour prendre de telles mesures, plus elles seront difficiles à mettre en oeuvre et risquent de se déployer dans un climat de guerre civile.
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dimanche, décembre 29, 2019

Les perspectives simples de la décennie qui vient





Les années 2010 ou la révolte des peuples occidentaux contre leurs élites. Certains ont réussi, d’autres moins...

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La capacité ou non à répondre à la révolte des peuples conditionne la réussite nationale pour deux générations.

L’existence ou non d’élites conservatrices capables de canaliser la révolte populaire est un enjeu essentiel pour les pays occidentaux car elle conditionne leur réussite pour une ou deux générations. La Grande-Bretagne de Boris Johnson s’apprête à redevenir la première puissance économique du continent. Que Trump soit réélu ou non, il a ouvert une telle brèche dans le consensus de Washington que les Etats-Unis, apparemment en déclin sous Obama, maintiendront leur domination mondiale, dans les années qui viennent, la Chine se condamnant elle-même, au contraire, par le basculement néo-totalitaire de Xi Jiping.

La France et l’Allemagne vont décliner, au contraire, à la mesure de leur incapacité commune, à sécréter une nouvelle élite conservatrice.

La décennie 2010 aura offert à toutes les sociétés occidentales l’occasion de changer de politique, de redevenir au paradigme national après trente ans d’illusions mondialistes. Toutes ne l’auront pas saisi.

Malheureusement la France d’Emmanuel Macron fait partie des pays qui manquent le train de l’histoire [comme elle l'avait déjà manqué en 1981 avec Mitterrand].
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Je suis écoeuré de constater que la France, qui a eu de si grands politiques, est naufragée par des minables.

Soyons pessimistes sans perdre la foi.


lundi, décembre 23, 2019

Paris-Berlin. La survie de l'Europe. (D. Husson)


Avertissements

Avertissement 1 : Edouard Husson m'a adressé son livre dédicacé. Mais je suis assez malappris pour dire ce que j'en pense quand même.

Avertissement 2 : j'ai toujours eu du mal avec l'Allemagne et avec l'allemand. J'ai passé le latin comme deuxième langue au bac au lieu de l'allemand. S'il m'arrive de dire que je suis un anglophobe qui aime bien les Anglais, je suis un germanophobe ... qui n'aime pas l'Allemagne.

Les lourds systèmes de la philosophie allemande m'assomment et me font bailler. Et si l'on me dit que c'est parce que je suis trop bête pour comprendre, je l'admets volontiers.

Je ne partage en rien la germanomanie des élites françaises, sans doute parce que je n'en fais pas partie. Bref, je n'ai aucun goût pour l'Allemagne. Comme pour l'islam, je ne demande pas mieux que de le droit à la plus complète indifférence, seules les circonstances m'obligent à m'y intéresser.

Vorwärts !

Ces préliminaires personnels étant posés, attaquons Husson.

D'abord, c'est bien écrit. D'un sujet qui ne me passionne pas, j'ai lu ce livre avec plaisir.

Husson n'est pas germanophile béat. L'Allemagne est le pays d'Hitler aussi. Il dévoile le vilain petit secret des lourds systèmes philosophiques d'outre-Rhin : la fascination pour la violence accoucheuse de l'histoire.

C'est dur d'être dirigé par des cons.

Sa thèse principale est que les dirigeants français s'hypnotisent d'une image fausse de l'Allemagne.

Il considère que la politique européiste d'uniformisation à marche forcée (il est plus poli que moi, mais visiblement, il ne déborde pas d'admiration pour nos « brillants » technocrates - bêtes à concours bornées (1) sans intérêt autre que mondain) est grosse de catastrophes dont nous voyons les premiers signes : naufrage de la Grèce, Gilets Jaunes, AfD, Brexit, et ce n'est qu'un début.

Husson lie, à juste titre, politique monétaire restrictive et dénatalité. Mais je ne comprends pourquoi il n'en tire pas la conclusion que, pour sauver la natalité française, il faut dynamiter l'Euro. Quand leurs intérêts vitaux sont en jeu, les nations ne peuvent compter que sur elles-mêmes et ont le devoir d'être égoïstes (2).

Il valide (joie, bonheur) mon idée (qui n'est pas de moi) que les Allemands sont bons en tactique et nuls en stratégie. Il attribue ce défaut à l'excès d'esprit analytique au détriment de l'esprit de synthèse. Un faisceau d'analyses ne fait pas une synthèse.

Le défaut miroir français, l'excès d'esprit de synthèse, est le dogmatisme. Giscard et surtout Mitterrand en firent preuve à fort mauvais escient en considérant  que la puissance allemande était inarrêtable et en pensant que le mieux à faire pour la France était d'obtenir « un strapontin à la Bundesbank ».

Ils nous collèrent cette vérole d'Euro alors que, comme le conseillaient certains amis allemands de la France, le mieux à faire était de ne surtout pas nous en mêler et de tailler des croupières aux Allemands en dévaluant le Franc, pendant qu'ils se débattaient avec leur réunification. Ce que les Anglais, avec leur pragmatisme habituel, surent faire. Mitterrand fut vraiment la peste et le choléra pour la France, dont nous ne sommes toujours pas remis.

Husson est honnête. Il constate que, contrairement à ce qu'ils prétendent, nos présidents depuis Giscard ont mené une politique de vassalisation, opposée à celle de de Gaulle.

Angelattila

Il peint un portrait équilibré d'Angela Merkel, qui me la rend détestable. Le legs de l'éducation est-allemande à Merkel est un conformisme idéologique en acier trempé (moi qui apprécie les rebelles, vous vous doutez si je suis ravi).

Je ne supporte pas ces personnalités à la François Hollande, sans coeur, sans tripes, calculatrices dans les petites choses, géniales dans la magouille minable qui pourrit la situation, mais incapables de vision, de grandes choses. De plus, il y a un mensonge à la base de toute la carrière politique d'Angela Merkel : c'est une progressiste politiquement correcte qui dirige un parti et un gouvernement de centre-droit à prétention chrétienne.

Elle partage cette tendance de tous ces politiciens européistes-mondialistes à considérer qu'il n'y a plus de problèmes politiques, (à part lutter contre le « fachisme ») puisqu'ils ont décidé une fois pour toutes du monde meilleur et comment y aller, mais seulement des problèmes  techniques. Elle a souvent répété comme Thatcher qu' « il n'y a pas d'alternative », ce n'est donc pas par hasard que le parti d'opposition s'appelle Alternative für Deutschland.

Angela Merkel est comme Attila : rien ne repousse derrière elle. Parce qu'elle fait tout mourir d'ennui ! Elle est capable de rendre catatoniques les Marx Brothers.

Kein Volk, kein Führer ?

Husson a une analyse originale en faisant le parallèle entre Merkel et Benoit XVI. Il pense que l'Allemagne a un problème culturel avec le leadership (il choisit de conserver le mot anglais pour des raisons qu'il explique (3)). C'est soit trop, façon Bismarck-Hitler, soit pas assez façon Merkel-Ratzinger.

En tout cas, rien de comparable à Churchill.

Pour ma part, j'ai tendance à incriminer le manque d'humour. Vous connaissez la blague anglaise : « Qu'est-ce que l'humour allemand ? C'est l'humour juif ... l'humour en moins ». Je suis sérieux, je pense que la fonction politique de l'humour est très sous-estimée (mais Alfred Sauvy a commis un livre sur le sujet).

Pourtant, je ne suis pas sûr que mon hypothèse soit admise par l'université.

D'ailleurs, l'Allemand existe-il ? Le Bavarois je vois, le Prussien, je me doute mais l'Allemand ?

En 2013, Angela Merkel est soulagée que son parti n'ait pas la majorité et qu'elle doive gouverner en coalition ! Comparez avec Boris Johnson, tout joyeux d'avoir écrasé Corbyn et de pouvoir mener sa politique avec une majorité exceptionnelle.

Ce refus allemand du politique, au sens de Julien Freund, est mortifère pour l'Allemagne (je n'en ai rien à foutre) et pour l'Europe (là, ça me préoccupe) : des décisions politiques sont quand même prises, mais sans être qualifiées comme telles et sans être débattues, et elles viennent toujours trop peu, trop tard.

Bref, Merkel est une calamité sur pattes.

Le supplice grec et le suicide migratoire

Husson donne deux exemples dramatiques du refus du politique :

♘ la crise grecque. Il était évident pour tous les observateurs raisonnables que la meilleure solution était la sortie de la Grèce de l'Euro. Mais, plutôt que de prendre cette décision politique, Merkel a préféré l'application de traités inadaptés et et la répression technocratique.

♘ l'accueil inconditionnel d'un million de pseudo-réfugiés au nom d'une éthique de conviction totalement hors sol et donc apolitique. A mon avis, nous sommes dans ce cas là très proches de la pure et simple maladie mentale. E tout cas, Merkel nageait dans la plus complète irresponsabilité.

Brexit : l'anti-Merkel

Pendant ce temps, de l'autre coté de la Manche, les Britanniques faisaient de la politique, de la vraie. Et pas qu'un peu.

Le débat du Brexit, c'est-à-dire entre 2015 et 2019, a été passionnant (bien loin des caricatures des medias français). Je lisais régulièrement les différentes tribunes d'opinion sur internet et il m'est arrivé d'écouter les débats aux Communes.

Il y a eu du suspense, des coups de théâtre, des coups de gueule, des coups tordus, des exploits, des ratés retentissants. Bref, nous étions très loin du mortel ennui merkelien.

Et qu'ont finalement décidé les Anglais, d'une manière claire et sans bavures ? D'échapper à la dictature des normes imposées de l'extérieur et à la tutelle des cours apatrides.

Elections, pièges à cons

Husson fait une analyse électorale un peu longuette (c'est le seul endroit où j'ai sauté des pages) pour conclure que le paysage électoral va continuer à se morceler et que, par conséquent, les Européens, notamment les Français, ne doivent rien attendre des gouvernements allemands dans les années qui viennent, sauf de l'inertie.

Un Allemand bien placé m'avait la même analyse.

643 et 30 0000

643 : c'est le nombre d'employés de la Deutsche Bank touchant plus d'un millions d'Euros par an.

30 000 : c'est en milliards d'Euros les engagements de la même banque, dont certains sont franchement douteux. J'ai même lu ailleurs 45 000. Le cours de la DB abaissé de 95 % par rapport à son plus haut.

La Deustche Bank est une catastrophe directement issue du mercantilisme (Charles Gave l'a expliqué cent fois) et un risque systémique majeur. C'est même LE risque systémique en Europe.

On estime qu'en cas de problème, l'Etat allemand devrait injecter au moins 1 000 milliards d'Euros, soit un quart du PIB ! Et c'est un minimum.

C'est pourquoi, chaque fois qu'un Allemand commence à se faire donneur de leçons, deux lettres devrait suffire à lui claquer le beignet : DB (pas les trains). Mais nos dirigeants, hypnotisés par leur complexe d'infériorité, n'osent pas.

L'avenir aux petites nations ?

Gros plaisir : Husson reprend l'analyse de Jean-Jacques Rosa. La quasi-gratuité de l'information favorise les petites structures.

La vérité des nations européennes n'est pas « l'union fait la force » mais « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Tout l'argumentaire disant qu'il faudrait absolument nous unir en renonçant à notre souveraineté, face à la Chine et aux Etats-Unis, est spécieux et mortifère, car il est un encouragement à renoncer à vivre en tant que nation. Que cet argumentaire dangereux soit si facilement accepté est un signe de notre manque de foi.

En réalité, depuis la nuit de temps, grandes nations et petites nations ont co-existé et, très souvent, les secondes se sont beaucoup mieux porté que les premières.

Pour lui, les vieilles nations, France, Grande-Bretagne, ont la bonne taille, inutile de chercher plus grand.

La saine politique politique européenne passe par un axe Londres-Paris-Berlin. Le tête-à-tête avec l'Allemagne dans lequel nos dirigeants veulent enfermer la France est le comble de la stupidité.

L'union fait la farce

J'ai trouvé le livre d'Husson passionnant mais nous divergeons sur un point fondamental.

Husson veut sauver l'union européenne (je mets des minuscules, pour signifier que c'est l'idée générale, et non le machin bruxellois), moi, je veux la tuer comme une mauvaise idée.

Jamais une alliance n'a été une nécessité de principe (ou alors il faut accepter de disparaître comme nation si, par principe, on ne peut pas vivre seul) mais seulement de circonstance.

Nous n'avons de frontières communes ni avec la Chine ni avec les Etats-Unis, c'est déjà un soulagement, et notre menace physique vient du sud. Bien sûr, il y a d'autres menaces au XXIème siècle, mais c'est déjà ça.

Husson veut une alliance lucide avec l'Allemagne. Je pense qu'elle est notre ennemi et que son hostilité consiste à essayer de nous entrainer dans son suicide. Plus nous en serons éloignés, mieux nous nous porterons. Ma politique vis-à-vis de l'Allemagne : l'indifférence maximale.

D'ailleurs, c'est assez facile de passer d'une thèse à l'autre : il suffit de considérer que nos difficultés de rapprochement avec l'Allemagne ne sont pas transitoires, comme décrites par Husson, mais définitives.

Les (presque) 110 propositions d'Husson

Husson termine son livre en faisant des propositions fort intéressantes. Par exemple, laisser les relations franco-allemandes au premier ministre.

Mais je m'arrête là. il faut bien que vous ayez encore des raisons d'acgeter ce livre.

Que d'eau ! Que d'eau !

Mes fidèles lecteurs connaissent mon obsession stratégique pour le grand large.

Si la France reste scotchée dans une politique continentale, les autres pays européens l'entraineront dans leur suicide. C'est d'ailleurs pourquoi l'anti-France, intérieure et extérieure, fait tout ce qu'elle peut pour que nous abandonnions nos confettis d'empire et nous tympanise avec le discours du « ça coûte trop cher », comme si ces gens, soudain si soucieux de notre argent, faisaient attention aux dépenses quand il d'agit d'autre chose que de dépouiller la France, quand il s'agit d'immigration incontrôlée, d'AME, de CMU, par exemple.

L'avenir de la France est dans les alliances maritimes. Ce n'est pas à la mode, et pour cause : nous sommes dirigés par des traitres qui travaillent pour que la France n'ait pas d'avenir.

Je pense que nos relations avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Québec, l'Australie, le Japon et même la Chine, maintenant qu'elle se veut puissance maritime, sont plus importantes et devraient plus focaliser nos énergies, que nos relations avec l'Allemagne.

Bref, un très léger désaccord !

Pour conclure

Mais nous nous retrouvons sur un point opérationnel : le France ne peut pas affronter seule l'Allemagne, elle doit coaliser les petites nations.

Autre bon point : je ne connaissais pas le De l'Allemagne, de Heine. Belle découverte.

Pour conclure la conclusion, une confidence : je vous ai dit que je n'aimais pas l'Allemagne. Ce n'est pas tout à fait : la Bavière et la Rhénanie sont charmantes.


NUIT RHÉNANE

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire



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(1) : Charles Gave ne cesse de se lamenter que l'université (quand elle fonctionne) est supérieure à notre système de grandes écoles et je suis tenté de croire qu'il a raison : Boris Johnson, produit d'Oxford, est très supérieur à Emmanuel Macron, produit de l'ENA.

(2) : De Gaulle se moquait de ceux qui croyaient dans la protection du parapluie nucléaire américain pour l'Europe : « Croyez vous vraiment que les Américains prendront le risque de voir atomiser un seul village du Minnesota pour sauver Paris ? ».

(3) : dans le leadership, il y a une notion d'entrainement qu'on ne retrouve pas dans les traductions françaises.


samedi, novembre 23, 2019

L'écologisme est une graine de totalitarisme

J'analyse notre situation en termes d'humanisme/déshumanisation (attention, beaucoup de ceux qui se réclament aujourd'hui de l'humanisme sont les premiers déshumaniseurs) et christianisme/anti-christianisme (c'est ce critère qui permet de démasquer les faux humanistes).

Je publie ce texte d'Edouard Husson dans Atlantico parce qu'il est fondamental.

Je crois que les totalitarismes du XXème siècle ont muté en totalitarisme mou et qu'il est train de gagner. Fini le citoyen libre, place au citoyens woke qui est libre à condition de penser ce qu'il faut penser et de faire ce qu'il faut faire.



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Ce dérapage tellement prévisible du cofondateur d’Extinction Rebellion sur la Shoah

Les mouvements politiques qui affichent une prétention à détenir non pas une vérité, relative et discutable dans un champ démocratique, mais LA vérité aboutissent invariablement à des dérives dans les mots. Voire l’action.

Avec Edouard Husson

Atlantico.fr : Le cofondateur d'Extinction Rebellion fait actuellement scandale en Allemagne. Il a décrit l'Holocauste comme étant "une connerie de plus dans l'histoire humaine" minimisant ainsi la Shoah et le nazisme.

Dans l'interview qu'il a accordé à Die Zeit, Roger Hallam, explique que l'Holocauste n'est qu'un génocide parmi d'autres. "En fait on pourrait que c'est un événement régulier" assure le leader d'Extinction Rebellion. Lorsqu'un groupe politique prétend détenir la vérité absolue sur l'homme, n'emprunte-t-il pas un chemin dangereux qui mène bien souvent à des dérives ?

Edouard Husson : C’est moins la personne qui importe que la dynamique générale d’un mouvement. Les rebelles contre l’extinction considèrent l’espèce humaine comme une espèce parmi d’autres. Lorsque l’homme ne se distingue pas de l’animal, il est difficile de comprendre l’unicité de la Shoah: non seulement l’humanité n’est pas une espèce comme les autres mais elle a besoin, pour survivre comme humanité, d’un code moral. Hitler savait très bien ce qu’il faisait en s’en prenant aux Juifs. Lui-même ou Himmler l’ont dit explicitement : il s’agissait d’éradiquer la conscience morale de l’Occident, en particulier le commandement « Tu ne tueras pas ! ». Hallam ne se rend pas compte de ce qu’il est emporté par des forces qu’il ne maîtrise pas. L’humanité est affaire de massacres réguliers, nous dit-il ; d’ailleurs l’espèce humaine est la plus nuisible des espèces, celle qui détruit les autres espèces. Alors pourquoi s’interroger sur la signification particulière du massacre des Juifs d’Europe par les nazis ? Le problème avec ce type d’indifférentisme généralisé, c’est que Hitler était écologiste fanatique, spéciste, végétarien. La pensée d’une humanité trop nombreuse pour la planète est-elle autre chose qu’une cousine progressiste de la défense de « l’espace vital » des nazis ? Lorsque les progressistes essaient d’obliger l’ONU à voter l’avortement comme un droit qui doit éviter la surpopulation de la planète, pensent-ils si différemment de ces technocrates nazis, docteurs en économie, en géographie, en biologie, qui planifiaient au printemps et à l’été 1941 la disparition de 50 millions d’Européens « en trop », à commencer par les Juifs, ce qu’on appelle « le plan général pour l’Est » ? Il y a dans le mouvement écologiste moderne une potentielle dérive totalitaire, un cousinage avec l’adoration de la nature, de la Terre-Mère, qui est l’un des ressorts profonds du nazisme. Un des liens entre le nazisme et le gauchisme écologique est la philosophie de Heidegger, ce philosophe qui voulait formuler un nazisme plus durable que celui de Hitler.

Y-a-t-il dans le projet d'Extinction Rebellion une volonté de changer l'homme ? En quoi est-ce souvent le départ de mouvements totalitaires ?

La Rébellion contre l’Extinction des espèces est une nouvelle idéologie, potentiellement totalitaire, comme l’Europe et l’Occident en sont régulièrement menacées. Vous avez un archétype de toutes les gauches dans le rousseauisme : être de gauche consiste à nier la civilisation, proposer le retour à un âge d’or d’avant la société, où il n’y a que des individus. La société implique héritage, transmission, éthique, famille, gouvernement, droit, entreprise. L’état de nature nie l’histoire, détruit patrimoine et propriété, abolit toute morale, fait exploser les liens familiaux, ignore les notions de légitimité politique et de bon gouvernement. La gauche croit que le droit peut être défini arbitrairement au lieu d’être la formalisation des lois de la vie en société. La gauche veut détruire le capital, confisquer la rente, empêcher la transmission. L’écologisme actuel, à tendance totalitaire, est un nouveau désir de régression - Voltaire disait méchamment mais justement: « Monsieur Rousseau aime tellement l’humanité qu’il voudrait qu’elle se remette à marcher à quatre pattes ! ». L’Europe, l’Occident, le monde ont vu se succéder depuis un peu plus de deux siècles, outre la tentative de destruction par les Jacobins des libertés locales et du « self-government », la volonté de destruction par les bolcheviques de l’économie de marché, le désir de destruction par les nazis des fondements historiques, civilisationnels, éthiques de l’Europe. Nous aurions pu croire que les malheurs du XXè siècle nous avaient vaccinés. Mais en ce siècle déjà bien entamé, nous voyons l’eugénisme des nazis revenir en force sous une forme plus individualiste, apparemment - c’est Sade qui nous permet de faire le lien conceptuel. Nous voyons la théorie du genre nier avec une arrogance sans pareille les liens qui constituent l’humanité au point de rendre impossible la vie en société. Nous voyons l’écologie radicale se répandre comme une version moderne du socialisme, avec sa même volonté de tyranniser la personne, limiter la libre entreprise, réglementer les activités. Nos grands-parents ont dû se débarrasser des disciples de Rousseau, Marx ou Heidegger. Mais ont-ils vraiment disparu des esprits dans un monde déchristianisé ? Qui connaît l’influence de Heidegger sur les théoriciens de l’islamisme ? Qui a le courage de dire que la philosophie de Sade contenait déjà tout le nazisme ? Qui se rend compte qu’il sera encore plus difficile de se déprendre de la théorie du genre que du marxisme ?

Comment lutter contre ce type de lectures ? Alors qu'au gré des crises politiques elles semblent se multiplier ces dernières années -tout en restant minoritaires- comment les endiguer ?

Lorsque Norman Palma se débarrasse de Hegel et Marx pour appuyer toute sa philosophie et sa pensée économique sur une relecture d’Aristote ; lorsqu’Emmanuel Faye brise l’idole Heidegger; lorsque Luc Ferry met en lumière le cousinage entre nazisme et écologisme radical; lorsque Jonathan Goldberg analyse le progressisme comme, un « fascisme libéral » ; lorsque John Laughland déchiffre la maladie technocratique moderne : ce sont autant de mouvements libérateurs pour l’esprit et pour la société. Mais il va falloir aller beaucoup plus loin. Le demi-siècle qui vient doit être consacré à la reformulation du droit naturel, à la redécouverte de la philosophie médiévale, à la manière d’un Michel Villey ou d’un Claude Tresmontant. Nous devons refonder la société sur des bases métaphysiques solides. Cela ne doit pas détourner du combat politique. Mais politique et métapolitique doivent avancer de concert. Nous devons absolument desserrer l’étau que représente le mélange, une fois de plus, de la technique sans éthique et de la pensée anti-humaniste.
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lundi, novembre 11, 2019

Macron, le petit prince de la fuite dans l'irréalité

Emmanuel Macron et sa névrose de l’ennemi

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Le président français est un phénomène dans notre histoire politique. On n’avait rarement vu un tel décalage chez un de nos dirigeants, entre la volonté de puissance, disproportionnée, et la vision politique, de peu d’envergure derrière les apparences. Prenez Richelieu, Napoléon ou de Gaulle : l’intelligence du réel et la volonté politique avançaient chez eux de concert ; au contraire on peut dire, à propos de Napoléon III, Paul Reynaud ou François Mitterrand que leur extraordinaire intelligence s’accompagnait d’une faiblesse de caractère qui les paralysait dans les affaires internationales. Emmanuel Macron, lui, est peut-être unique en son genre. Il avance guidé par un instinct du pouvoir sans équivalent dans la France des vingt dernières années mais son absence de compréhension profonde du monde l’amène à commettre régulièrement d’énormes erreurs d’appréciation qui le mettent en danger.

[…]

Personne ne sait au nom de quelle réalité le président français parle: au nom d’une souveraineté européenne qui n’existe pas ou au nom d’un pays dont on n'assume pas la souveraineté ?
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Je n'ai jamais compris (ou plutôt, si. Je les ai trop bien compris) les imbéciles qui trouvaient Macron « brillant » (ils ont une âme d'esclave : ils sont prêts à admirer sans réfléchir tout ce qui porte des galons).

Il a un vrai talent : celui de vendeur de bagnoles d'occasion, comme dit notre ami de Campagnol. Il impressionne les belles-mères. Ne boudons pas notre plaisir, ses deux prédécesseurs n'avaient même pas cette petite qualité.

Sans aller jusqu'à la condescendance ridicule d'un Todd qui trouve Macron bête parce qu'il a moins de diplômes universitaires que lui, je ne suis pas ébloui par la profondeur de la pensée présidentielle. Sous une forme amphigourique, c'est un resucée caricaturale de la pensée mondialo-européiste de l'ENA des années 90.

Comme cette pensée est totalement décalée par rapport à l'évolution du monde, il se trouve, et la France avec lui, en porte-à-faux sur tous les sujets. D'où ce sentiment de déconnection de la réalité.

lundi, octobre 28, 2019

Asselineau est un con (on s'en doutait : c'est un archi-technocrate)



Asselineau, c'est le type qui se prend pour Bocuse parce qu'il connaît Escoffier par coeur.

100 % théorie, 0 % pratique, 0 % bon sens.

Je n'en veux pas personnellement à Asselineau : je l'englobe dans le mépris que j'ai pour les technocrates français, mais, parmi ces êtres méprisables, il est loin d'être celui qui mérite le plus d'opprobre. C'est d'ailleurs pourquoi il est un bon exemple qui nous invite à la réflexion.

Edouard Husson le dit excellemment :

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Le clivage nous ramène à la distinction fondamentale de la philosophie médiévale, entre ceux, les réalistes, pour qui les faits se découvrent, s’interprètent, doivent être respectés et sont naturellement sources de débat puisqu’aucun être humain n’est tout puissant au point de tout comprendre du réel ; et ceux, les nominalistes, qui ne croient pas que les mots ou les concepts sortent des choses : ce sont des constructions de l’esprit, qui permettent de manipuler le réel. 

Les réalistes sont les pères de la démocratie :  ils acceptent un débat permanent qui permet de se rapprocher de la bonne politique. Les nominalistes sont les pères du totalitarisme puisqu’ils cherchent à imposer la victoire de leurs concepts arbitraires.
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De Gaulle est un étalon, à la fois évident et inaccessible, mais qui est capable aujourd'hui de porter un tel pragmatisme au service de fermes principes ?


jeudi, décembre 27, 2018

L'inconnu, notre ami

Excellement formé par mes lectures de NN Taleb, j'ai pour philosophie qu'il ne faut pas trop s'épuiser à prévoir le futur, ce qui va arriver et quand, mais s'exposer à profiter des occasions qui passent et qu'on n'a pas prévues.

Cela n'empêche pas de faire des prévisions, mais elles doivent rester vagues et générales. Il faut rester au niveau systémique, comme la citation de Napoléon (apocryphe ?) sur l'avenir américain ou russe.

Je suis bien content (permettez ce moment de vanité) d'avoir prévu depuis longtemps que le changement de la politique française viendrait de là où on ne l'attend pas, d'une manière qu'on n'attend pas (ce qui exclut par exemple la famille Le Pen ou un coup d'Etat militaire), car tout ce qu'on anticipe est verrouillé par le pouvoir.

Et nous avons eu les gilets jaunes, qui sont une surprise pour moi dans la forme (je ne vais par faire semblant de l'avoir prévue) mais pas sur le fond (puisque justement ils sont une surprise. Je ne suis pas surpris d'être surpris : je m'attendais à être surpris !).

Pour la suite, nous pouvons prolonger ce raisonnement. Edouard Husson de même :

En marche vers la guerre civile ? les fantasmes d’une France épurée de tous ces autres qui pensent mal flambe dans tous les milieux.

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En la présente occurrence, la rue a eu l’initiative et nos élites sont largement prisonnières de l’idéologie néo-libérale. Ce sera donc sans aucun doute un processus lent et douloureux. Et il y a fort à parier que si l’actuel président manque l’occasion que lui présente l’Histoire de changer de politique, cette tâche reviendra à une personnalité complètement nouvelle, surgie hors des réseaux politiques habituels.
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Tant que le pouvoir (j'entends « pouvoir » au sens large, celui de la caste mondialiste) peut verrouiller la situation, le changement ne peut venir que de là où on n'a pas pensé à verrouiller. C'est pourquoi le vrai changement viendra d'un non-politicien : c'est le destin d'un Beppe Grillo en Italie, ça a failli être celui d'un Coluche en France (comme, par hasard, au début du verrouillage techno-européo-mondialiste). C'est aussi, évidemment, le destin d'un Trump.

Cela exclut du monde, entre autres la petite Maréchal (elle l'a dit elle-même, d'ailleurs) en qui beaucoup placent leur espoir.

Mon problème est que je ne vois pas en France de réservoir d'élites de rechange. L'armée et l'université, qui remplissaient traditionnellement ce rôle, sont dans un état intellectuel et moral à pleurer. Inutile de compter dessus (à moins qu'aux niveaux inférieurs ...).

Qui vivra verra. Nous vivons des temps intéressants.

samedi, décembre 22, 2018

Crise de défiance généralisée : petits rappels à ces démocrates ayant perdu le sens de la démocratie

Crise de défiance généralisée : petits rappels à ces démocrates ayant perdu le sens de la démocratie

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On ne peut qu’être étonné de constater combien notre République est tentée par le retour en arrière : de Gaulle avait craint le retour du régime des partis et on a eu, en fait, la confiscation de la démocratie par une république des hauts fonctionnaires, dont le rêve est saint-simonien, abolir la politique. Les Gilets jaunes représentent le choc brutal entre la République des énarques et des grands corps et la démocratie de la France périphérique.
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vendredi, décembre 14, 2018

Trump, Brexit, Gilets jaunes : comment les observateurs traditionnels sont devenus incapables de prédire les étapes suivantes

Gilets jaunes : comment les observateurs traditionnels sont devenus incapables de prédire les étapes suivantes

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L’histoire occidentale obéit à un mouvement de balancier : il est des moments où l’individu est au centre; et d’autres où c’est la société. Si l’on va plus avant dans l’analyse, en fait il s’agit de deux attitudes philosophiques fondamentales : l’individualisme est fils du nominalisme, né au XIVè siècle, pour qui les mots ne sont que des mots, les concepts ne sont que des constructions humaines, ils ne renvoient pas à la réalité; tandis pour les réalistes, au contraire, les concepts renvoient à une réalité qui existe en-dehors de l’esprit humain.

Pour de Gaulle en 1947, lancer le “rassemblement du peuple français” impliquait qu’il existe un peuple français indépendamment des choix politiques que nous pouvons formuler. Au fond, tout le débat sur l’immigration se comprend par rapport à cet affrontement philosophique: si pour vous le peuple français n’est pas simplement une invention du discours politique mais une réalité, ancrée dans le présent et dans l’histoire, alors il ne vous est pas indifférent de savoir combien de personnes entrent dans le pays et qui elles sont : de Gaulle ne croyait pas que l’on devînt français simplement par convention ou par contrat; c’est pourquoi, même si on ne le dit jamais, il était très méfiant concernant l’immigration de main d’oeuvre telle que l’imaginait le patronat. Au contraire, si vous êtes Angela Merkel, vous ne parlez jamais “des Allemands” mais “des gens de ce pays”: vous ne voyez pas d’inconvénient ni de risque à laisser venir des personnes dont la culture et l’histoire sont solubles dans l’individualisme. Le libéralisme, au fond, c’est le triomphe de l’individualisme dans tous les domaines. Il exalte la différence individuelle et donc considère le lien social comme subordonné, comme une convention, comme un artefact.

A force de ne plus envisager que lui-même, l’individu émancipé en oublie la réalité sociale. Il ne comprend pas quand surgit un philosophe ou un politique qui lui réaffirme la réalité du lien social; le caractère organique d’une solidarité nationale.

C’est là que nous en sommes.

[…]

Ne perdons pas trop de temps à parler de Laurent Wauquiez sinon pour souligner son individualisme forcené, sa fascination pour l’écrasement de tous ses camarades de parti, qui le rendent incapable d’être un chef politique, d’emmener un groupe à la bataille. En fait, quand vous regardez bien, Wauquiez est, comme Macron, à l’extrême individualiste du spectre. Mais la classe politique française est au fond profondément partagée depuis une quinzaine d’années, en fait depuis que Jean-Marie Le Pen s’est qualifié pour le second tour de la présidentielle en 2002. Prenez les trois candidats qui arrivent en tête à la présidentielle suivante, en 2007: chacun d’eux s’est demandé comment rétablir le lien social. Ségolène Royal parlait « d’ordre juste » ; François Bayrou a cherché un rassemblement au centre mais plus concret, mieux enraciné dans la société française que celui d’Emmanuel Macron en 2017; quant à Nicolas Sarkozy, il a gagné la présidentielle en réhabilitant la nation.

Ce qui est très curieux, c’est la manière dont, depuis lors, le débat politique français a régressé. Alors que la crise financière et monétaire aurait dû confirmer la validité des options proposées en 2007, la mise en place réussie de mécanismes supranationaux pour éviter que la crise dégénère comme dans les années 1930, a fait perdre de vue que le meilleur moyen de combattre ce type de crises à long terme était de de redécouvrir la nation, la protection, la solidarité entre les élites et le peuple, l’isocratie (c’est-à-dire le souci de faire de la démocratie un gouvernement s’appuyant sur une forte classe moyenne d’individus égaux par le revenu). 2012 a été une régression: même si Nicolas Sarkozy reste fidèle au thème de la « France forte », il n’a pas tenu les promesses de 2007; quant à François Hollande, il est élu sans ligne claire. 2017 pousse encore plus loin la régression puisque la droite modérée se désintègre, tout comme le PS, et Emmanuel Macron réaffirme de façon anachronique le libéralisme déjà mis en cause depuis plusieurs années.

[…]

Emmanuel Macron arrivera-t-il à stabiliser son navire bien secoué par la tempête? Il a compris qu’il fallait lâcher du lest en annonçant un certain nombre de dépenses budgétaires en faveur des couches les plus fragiles et les plus pauvres. Il a lui-même senti qu’on ne pouvait pas interdir aux Gilets Jaunes qui le souhaitent de poser la question du contrôle de l’immigration. Mais il va falloir aller beaucoup plus loin. Il va bien falloir qu’il se produise, d’une manière ou d’une autre, un électrochoc au sein des milieux dirigeants pour qu’ils assument les intérêts de la nation. Une façon superficielle de le présenter insiste sur le potentiel d’un rassemblement à droite. Il vaut sans doute mieux dire qu’il s’agit de rassembler tous les « réalistes » au sens de la philosophie médiévale, c’est-à-dire tous ceux qui savent que la nation est une réalité héritée, qu’on ne doit ni manipuler ni brusquer mais au contraire protéger, et mettre en situation de libérer ses forces entrepreneuriales et, plus important encore, son aspiration à une forte démocratie locale. La difficulté, c’est qu’il va falloir le faire comme on mène une bataille et non selon des schémas de communiquant. Sans doute, le modèle le moins éloigné de ce qui nous attend, c’est le travail effectué par Nicolas Sarkozy entre 2004 et 2007. Une préparation qui a porté quelques fruits une fois au pouvoir même si le goût de la com a en partie annulé l’effet de la volonté politique une fois au gouvernement.
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Jacques de Saint Victor : « Ce que furent vraiment les cahiers de doléances de 1789 »

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Même les cahiers des ordres privilégiés, en particulier ceux de la noblesse, acceptent majoritairement de sacrifier leurs privilèges fiscaux (de ce point de vue, les élites honnies de l'Ancien Régime se montrèrent plus généreuses, comme l'a rappelé Tocqueville, que les notables du XIXe siècle, pour ne pas parler des défenseurs actuels de toutes les acrobaties en matière « d'optimisation fiscale »).

[…]

Au total, toutes ces doléances évoquaient le profond désir d'une réforme de la monarchie absolue en une «monarchie limitée», avec un droit national de consentir l'impôt, mais en aucun cas une révolution. Toutefois,et la remarque présente son intérêt aujourd'hui, certains historiens soulignent que c'est au moment même de la rédaction de ces cahiers, durant l'hiver 1788-1789, que la prise de parole va jouer le rôle d'une «prise de conscience»: la bourgeoisie «nationale» sent monter en elle un fort sentiment de frustration sociale qui la pousse vers la radicalité. Il aurait fallu toute l'habileté d'un Richelieu ou d'un Mazarin pour gérer cette poudrière qui échappe complètement à la compréhension d'un banquier comme Necker ; or le roi a eu la maladresse de le choisir durant l'été 1788 comme «premier ministre». Louis XVI va alors accumuler les erreurs avant même la réunion des états généraux le 5 mai 1789. Il finira par proposer une réforme de la monarchie dans son discours du 23 juin, mais il était trop tard. La question était passée d'un désir de réforme (résoudre la question financière) à un débat politico-philosophique: mettre fin à la société d'ordres et assurer le passage de la souveraineté royale à la souveraineté nationale. En cela, les députés élus en 1789 sont allés sciemment bien au-delà de leurs cahiers de doléances. C'est ce qui s'appelle une révolution juridique qui aura été en partie le fruit des atermoiements du pouvoir.

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Voilà pourquoi le débat sur l'immigration n'aura pas lieu

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Le débat proposé par Emmanuel Macron mais déjà rogné aux entournures par Édouard Philippe donne le sentiment de reproduire la même cacophonie. Pour une raison simple: la majorité de la population française est hostile à l'immigration. La majorité des gouvernements - et l'actuel y compris - est favorable à l'immigration. Il est à craindre que toute tentative de ces derniers de faire changer d'avis les Français n'aboutira qu'à plus de colère et de frustration.
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Voilà le fond du problème : eux, la classe dirigeante, de droite et gauche, ils SAVENT. Et si le peuple souverain (en théorie) n'est pas de leur avis, c'est qu'il se trompe et il ne faut surtout pas le consulter. Mieux, il faut le bâillonner par tous les moyens. C'est vrai sur l'immigration, mais aussi sur l'Europe, sur la justice, sur l'école, en fait sur à peu près tout.













jeudi, septembre 20, 2018

Une irresponsabilité sidérante

Journées parlementaires LR : pourquoi la droite se prend les pieds dans le problème de l’immigration

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L’éthique de la conviction est abstraite et ... irresponsable.

On est assez sidéré, par exemple, de l’effondrement de la pensée théologique chez le pape François par rapport à ses prédécesseurs sur le trône de Saint Pierre. Ni les évangiles ni la tradition de l’Eglise catholique ne plaident pour un « accueil inconditionnel ».

La charité est exigeante et réaliste. Dans la pensée de l’Eglise, l’accueil de l’étranger n’est pas un impératif catégorique :  il est une injonction morale à confronter à la situation réelle dans laquelle on vit. Si je suis père de famille, la pensée de l’Eglise m’interdit de mettre en danger, même au nom de l’accueil des étrangers, ce que je dois à mes enfants. Si je suis professeur de lycée en charge d’un certain nombre d’enfants de réfugiés, j’ai le droit, et même le devoir, de m’opposer à mon proviseur qui voudrait accueillir toujours plus de migrants dans la mesure où cet afflux m’empêcherait de mener à bien le travail d’éducation des enfants étrangers dont je m’occupe déjà ...

La « droite d’en haut » se complait à écouter quelques évêques coupés des réalités sociales de leurs diocèses ; une partie du clergé a abandonné - sous l’influence de François et par absence de formation intellectuelle appropriée - tout discours réaliste sur l’immigration. On aboutit, globalement, à une situation où la position en fait immorale - l’accueil illimité, impossible à réaliser - est présentée comme la seule à être éthique; et la position morale, celle d’un accueil proportionné aux moyens de la société, est ridiculisée.

[…]

Il faudrait que les dirigeants de droite cessent de croire que la gauche a toujours culturellement raison. Il est urgent de casser avec la bonne conscience libérale de beaucoup de responsables européens. IL est urgent de casser avec la bonne conscience libérale de beaucoup de responsables européens. Il faudrait que la droite soit elle-même, qu’elle soit de droite, tout simplement, c’est-à-dire respectueuse des réalités, à l’écoute de la France périphérique. Il faudrait que la droite se rappelle sa vocation : préserver l’héritage de cinquante générations de Français, d’origines très différentes mais progressivement rassemblés par un projet politique ambitieux, généreux, universaliste, assimilateur. 

Nous autres Français sommes fondamentalement les enfants de Rome : nous savons prendre les individus de partout pour en faire des citoyens, des hommes libres. Il faudrait que la droite croie dans la France, tout simplement, et travaille, humblement, pour les cinquante générations à venir de Français.
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mardi, février 27, 2018

Une occasion historique de sortir du tête-à-tête franco-allemand

Une occasion historique de sortir du tête-à-tête franco-allemand

Je suis d’accord avec le tableau historique de cet article. Comme je l’ai déjà écrit, c'est une erreur stratégique pour la France de ne pas se projeter au-delà de l’Allemagne, vers le grand large d’un côté, vers la Russie et la Grande-Bretagne de l’autre.


vendredi, février 02, 2018

Juppé, fusillé !

Comme le savent mes lecteurs fidèles, Alain Juppé a un talent particulier pour me taper sur le système.

D’autres, à commencer par Macron, portent ses idées datées et funestes, mais aucun ne me met hors de moi comme lui.

Est-ce la condescendance ostensible émanant de ce pauvre type qui n’a jamais rien fait de remarquable ? Est-ce la prétention de cet autiste qui ne comprend rien à rien d'être seul digne du pouvoir ?

Inversant la boutade de Churchill sur Clement Atlee « Mr Atlee est modeste et il a toutes les raisons pour l’être », j’ai envie de dire « M. Juppé n’est pas modeste et on se demande bien pourquoi ».


Stars 80 : Pourquoi la définition de la droite donnée par Alain Juppé ne correspond plus aux enjeux du monde actuel.

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Il y a beaucoup de personnalités politiques qui ne savent pas décrocher: Merkel, Juppé, etc ... Alain Juppé est tourné tout entier vers le passé mais il prétend encore définir ce que doit penser sa famille politique. Il parle, vous avez raison, en 2018 comme on l’aurait fait trente ans plus tôt, au moment où Reagan avait défié l’Union Soviétique sur le terrain de la liberté individuelle et de la liberté des peuples. A vrai dire, à l’époque, Juppé n’était pas en pointe sur ce combat. Il était déjà une sorte de clone un peu terne de Giscard. Juppé est toujours passé à côté des enjeux de l’époque.
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Miam ! Des assassinats politiques comme celui-ci, on en reprend.

Tiens encore un :

GUERRE DES SEXES : PETITES NOUVELLES DU FRONT

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On retiendra le cas de Laurent Wauquiez, qui piétinant morale et principes a réclamé la démission de Gérald Darmanin. Démontrant à cette occasion deux choses. La consistance de ses capacités d’homme d’État est pour l’instant problématique. Ensuite que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Tout comme Alain Juppé, il est normalien et énarque, et a été membre de l’UMP. Il doit y avoir un moule pour que ce genre de profil adopte une attitude particulièrement déplaisante au moment où un peu de mesure et de hauteur s’imposeraient. On rappellera pour l’anecdote l’attitude d’Alain Juppé, le Nestor de Bordeaux à l’occasion du lynchage dont avait été victime Éric Woerth.
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mercredi, janvier 31, 2018

Les frileux ne sont pas où ils le disent

Mis à part sa prétention ridicule à se faire passer pour Disraeli, j'aime bien les articles d'Edouard Husson.

Il a tout à fait raison : notre classe dirigeante passe son temps à traiter le peuple d'abruti trouillard, à l'accuser de frilosité inadmissible, à lui reprocher d'avoir « des peurs » (sous-entendu, sans fondement -c'est bien connu- le peuple est con tandis que les énarques sont intelligents, peurs avec lesquelles les affreux « populistes » jouent) mais il n'y a pas plus timoré qu'eux.

L'expérience malheureuse d'être dirigés par des énarques depuis des décennies nous a appris qu'il y a plus de bon sens et de courage dans un pilier de bistro que dans un autobus de technocrates.

De nombreuses raisons l'expliquent : la perte générale du sens du devoir, la sécession des élites (pourquoi prendre des risques pour un peuple dont on se sent pas faire partie ?) et, puis, tout simplement, suivant le mot de Soljenitsyne repris par Cynthia Fleury, le déclin du courage.

Les valeurs viriles, honneur, courage, ne sont même plus comprises (l'honneur est confondu avec la vanité et le courage avec la témérité). Or, ces valeurs empêchaient les dirigeants de tomber complètement dans l'égoïsme.

Autrement dit, on en vient toujours au même problème : une société féminisée sombre dans l'anarchie (comme une société trop virilisée tombe dans la stérilité intellectuelle, comme l'islam ou Sparte, mais ce n'est pas d'actualité chez nous ... sauf dans certains quartiers dont il ne faut pas parler).

Mais la classe dirigeante est encore plus timorée que le peuple.

Ce ne sont pas les peuples qui ont peur de la mondialisation: ce sont les dirigeants qui ont peur du réel


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Pour la deuxième année consécutive, le thème des « inégalités croissantes » était au menu [de Davos]. Cependant, vous remarquerez comme les libéraux résistent au principe de réalité. Ce n’est pas eux qui n’avaient jamais écouté Donald Trump; c’est le président américain qui est venu faire amende honorable en leur porposant d’investir aux Etats-Unis. Plus fondamental, ce n’est pas eux qui se sont trompés: ce sont les peuples, ou du moins une partie d’entre eux (ces « déplorables », comme les appelle Hillary Clinton) qui ont peur.

Voilà quelque chose que nous avons entendu dans bien des discours - et qui ne va pas disparaître du jour au lendemain car les libéraux s’accrochent au pouvoir. Pour le réprouver ou pour faire semblant de s’en apitoyer, ils vont répétant qu’ils ont bien vu qu’il existe des craintes dans les populations, que tout le monde n’est pas adapté à la mondialisation, qu’il faut bien en tenir compte etc..... C’est insupportable de bonne conscience et de condescendance. Mais cela vaut la peine d’être décortiqué. 

Quelques éléments me viennent immédiatement à l’esprit en commençant à y réfléchir. D’abord, on ne saurait imaginer « peuple » plus refermé sur soi, plus craintif que nos milieux dirigeants. Quand ils voient la peur chez les autres, ils parlent en experts. Regardez comme il est impossible d’y développer une opinion dissidente. Personne n’a le courage de s’y opposer aux autres.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une société où les châtiments encourus pour la pensée dissidente sont terribles ; quelque chose qui ressemblerait à un pays totalitaire, à l’ancienne Union Soviétique, par exemple. Constatons surtout que pas grand monde n’ose mettre en question les croyances dominantes. Plutôt que 1984, nous nous trouvons dans Le discours sur la servitude volontaire. 

Rappelez-vous la campagne du référendum sur le Traité de Maastricht : il y eut bien un héros provisoire, Philippe Séguin, qui prononça quelques discours inoubliables;  mais, alors qu’il restait quelques jours de campagne, il s’effondra psychologiquement devant les flatteries prodiguées par François Mitterrand qui, bien que malade, eut encore l’énergie de transformer Séguin en « opoosant officiel »; ce dernier se ridiculisa au point de faire transporter à Epinal, dans sa mairie, la table du studio télévisé où il avait oublié d’affronter le président français. Puisque nous parlons de Mitterrand, avouons qu’il était lui aussi atteint de la même couardise - il impressionnait en France mais il se couchait devant les puissants de l’étranger. Mon père connaissait bien l’ancien président français et j’eus, étudiant, plusieurs occasions d’écouter l’oracle ; je n’oublierai jamais comment, lors d’une promenade sur les bords de Seine, cet homme que je trouvais très faux, s’arrêta, me posa la main sur l’épaule et, clignant nerveusement des yeux comme chaque fois qu’il révélait son double langage, me dit - on était en 1994: « Oui, c’est vrai, Benjamin; vous avez raison ! La France prend un gros risque à donner son indépendance à la Banque de France. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne décision ». Une décision qu’il avait prise !

Vingt-cinq ans plus tard, nous ne pouvons que constater que le mal s’est aggravé. A force de mimétisme craintif, les milieux dirigeants ont créé une véritable idéologie, celle de la « mondialisation heureuse ». Et vous remarquerez ce paradoxe: jamais le réel n’avait autant contredit le discours euphorique sur le monde sans frontières; et jamais il n’y a eu aussi peu d’opposants au sein du système dirigeant. La nature ayant horreur du vide, il surgit des phénomènes comme Trump; le système déclenche alors contre eux l’artillerie lourde.

Mais c’est surtout la preuve de son incapacité à affronter le réel. Imaginez qu’à force de pilonner ils en viennent à abattre Trump: d’autres dragons, bien plus terribles encore, se dresseront et viendront les effrayer ou hanter leurs rêves. Si vous voulez appeler « peur », le rejet de la mondialisation par un ouvrier victime d’une délocalisation industrielle; ou la hantise de la violence adolescente chez des parents qui n’ont pas la chance ni les moyens de pouvoir inscrire leur enfant dans les meilleurs établissements scolaires, alors reconnaissez qu’il s’agit d’une réaction légitime.

Craindre, quand on ne possède pas grand chose, de perdre ce peu dont on dispose, voilà ce que nos dirigeants appelle peur de l’avenir, peur de l’ouverture, peur de l’adaptation à la mondialisation. Eux qui n’ont jamais osé s’opposer à la pensée dominante des institutions universitaires qu’ils fréquentaient ; qui n’ont jamais osé s’opposer aux modes des médias mainstream de peur d’être lynchés ; qui voient partout, comme ces individus décrits par La Boëtie, des maîtres dont ils exagèrent la puissance (les « marchés financiers ») ou des ennemis imaginaires (la Russie).

[…]

Et nos peuples ont l’instinct de survie quand ils essaient d’obtenir que les catastrophes transfrontalières soient contenues. Non seulement les dirigeants d’aujourd’hui sont, sauf exception, affreux de conformisme et de respect humain; non seulement ils efusent de voir le monde qu’ils ont eux-mêmes mis en place et ont peur du réel. Mais ils en ont oublié du coup le devoir des élites, ce pour quoi un dirigeant est jugé apte à diriger. Les peuples respectent ceux qui les protègent.

Et c’est bien la principale caractéristique de nos adversaires libéraux: ils ont renoncé, complètement, à l’éminente mission de la politique: protéger. Lorsque vous avez fait de meilleures études, lorsque vous possédez plus de moyens, lorsque vous avez accès à plus d’informations, vous pouvez à bon droit penser que vous êtes aptes à exercer une responsabilité dans la société. Mais si vous ne l’exercez pas « au nom du peuple », vous trahissez un pacte de confiance sans lequel il n’y a pas de société politique. C’est cela qui se joue, actuellement entre les « O,1% » et les « déplorables ».
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jeudi, janvier 04, 2018

La "fake news" c'est lui !

Depuis le temps que je vous le dis !

Nous vivons une tyrannie, un totalitarisme mou. D'ailleurs, de moins en moins mou à mesure qu'il prend de l'assurance.

Après l'état d'urgence qui rentre dans la loi ordinaire, voici la loi pour que la justice puisse condamner les propagateurs de fausses nouvelles.

Bien sûr, nous pouvons compter sur la justice française pour se montrer équitable, équitable comme dans « le traitement équitable de l'emploi fictif de Mme Fillon et du million disparu de M. Macron ».

Il y aura, équitablement, 100 "fake news" de droite condamnées pour 1 "fake news" de gauche. C'est normal, c'est bien connu, la droite ment plus que la gauche.

C'est beau la démocratie macronienne en action !

Bien entendu, je partage entièrement l'avis de Serge Federbusch :

La "fake news" c'est lui !

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Et bien voilà, nous y sommes.

Macron, élu grâce au soutien de quelques oligarques propriétaires des médias, veut s'assurer qu'aucune voix dissonante ne sera en mesure de lutter contre le verrouillage complet de l'information qu'il a entrepris. Sans atteindre l'outrance des BFM et autres "Echos" qui présentent sa politique comme inspirée par l'Olympe, la plupart des grands organes de presse écrite ou audiovisuelle lui sont désormais soit entièrement acquis soit très bienveillants. La manière dont le matraquage fiscal des Français en ce début d'année est escamoté est tout à fait édifiante. La reprise en main complète de l'audiovisuel public, pourtant si peu indépendant, va également bon train.

Il ne reste qu'à museler Internet, ce que Macron va tenter au prétexte de lutter contre les influences étrangères ou les rumeurs dites fabriquées.

Tiens, tiens, nous qui croyions que l'ouverture à l'international et les échanges étaient par définition une bonne chose selon la doxa macronienne.

Quant à la capacité des citoyens à distinguer le vrai du faux, on voit bien pourquoi Macron, qui les a si totalement enfumés depuis un an, y croit modérément. En matière de manipulation, il en connaît un rayon le bougre !

Bref, nous voilà menacés d'une nouvelle loi liberticide au prétexte que les braves gens sont manipulables : la quintessence même du mensonge et de la tartufferie ... Souvenez vous d'Orwell, d'Huxley ou de la Boëtie, c'est toujours pour votre bien que les dictatures agissent.

Et c'est sans parler de la véritable usine à gaz imaginée dans ce petit cerveau, avec intervention du juge et tutti quanti.

Exemples : « les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publiques l'identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus » ; « en cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge au travers d'une nouvelle action en référé qui permettra, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur, voire de bloquer l'accès au site Internet. » ; ou enfin : «l e CSA pourra lutter contre toute tentative de déstabilisation par les services contrôlés ou influencés par des États étrangers» , ce qui pourra passer par « la suspension ou l'annulation » de leurs conventions avec le régulateur !

Inutile de vous demander qui définira ce qu'est ou n'est pas une fausse nouvelle ! Sans plaisanter, l'heure est grave, chers amis démocrates.

Qui peut encore croire que cet individu est un libéral ?
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Edouard Husson développe les mêmes arguments :

Fake news et liberté de la presse : l’inquiétant paradoxe Macron

Il n'est pas étonnant que Federbusch et Husson invoquent La Boëtie (prononcez « labohéti » ou « labouhéti » mais certainement pas « labohéssi ») et Le discours de la servitude volontaire, oeuvre aussi concise qu'immense.



Car c'est bien de la cela qu'il s'agit : un acheminement insidieux (mais déjà très avancé) vers une servitude totale. Il nous restera le droit de nous amuser, mais ce sera le seul, tous les autres droits, notamment celui de penser, nous auront été enlevés en douceur, comme des grains de beauté inutiles et dangereux.

Je suis en train de lire The Demon in Democracy: Totalitarian Temptations in Free Societies de Richard (prénom francisé) Legutko. On ne pouvait mieux tomber. Je vous en écrirai une longue recension.

Que faire ? On ne peut compter sur les couilles molles de la droite du même nom. Plutôt, on peut compter sur elle pour être sûr qu'elle ne fera rien.

Pétitionner et peut-être se cotiser pour des actions en justice.

Addendum :

Article ironique (je précise pour les handicapés de l'humour) :

L’incroyable mauvaise foi de RT, qui inverse carrément les propos d’Emmanuel Macron

« Fake news » ? : une journaliste rappelle que France Inter niait le lien entre réfugiés et terroristes


Macron troque l’indépendance du parquet contre la liberté de la presse

EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT « NÉO-ILLIBÉRAL » ?









dimanche, octobre 08, 2017

Et vivent les Etats-nations !

Mon petit coeur de Français saigne que ce débat ait lieu outre-Atlantique, mais c'est le prix à payer d'être une nation vassale : zéro vie intellectuelle.

Edouard Husson dans Atlantico :

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Il aura fallu attendre que les Américains le disent ...

La révolution part du coeur de la forteresse libérale : Dani Rodrik, titulaire d'une chaire dotée par la Fondation Henry Ford et consacrée à l'économie politique internationale, président de la International Economic Association, construit depuis plusieurs années une thèse qui va à l'encontre de la pensée dominante : l'Etat-Nation est indispensable au bon fonctionnement, sur le long terme, de l'économie de marché et de la mondialisation. On trouvera une bonne synthèse de ses analyses dans un article de vulgarisation que l'auteur a publié récemment et intitulé "Pourquoi les Etats-nations sont une bonne chose".

Retenons quelques idées fortes :

1. Le marché ne peut pas se donner à lui-même ses propres règles.

2. l'Etat national est le plus à même de fixer le cadre de l'économie de marché : il a fait ses preuves pour le démarrage des économies industrielles et il reste aujourd'hui un instrument puissant.

3. L'économie mondialisée, en démantelant ou en court-circuitant l'Etat-nation s'est privée d'un moteur profond de la croissance : la compétition entre des systèmes qui ont chacun leur cohérence, héritée de l'histoire, pour accueillir l'investissement, cultiver l'innovation, stimuler le commerce et développer la consommation.

Quelques remarques, tout d'abord, sur notre capacité collective à ne pas entendre le débat d'idées tel qu'il peut se dérouler ailleurs. Dani Rodrik n'en est pas à sa première formulation. Les éditions La Découverte avaient fait paraître à la fin des années 2000 un ouvrage de Dani Rodrik intitulé "Nations et mondialisation", qui avait relativement peu attiré l'attention. Pourtant le livre impliquait une possible réponse à la crise mondiale qui venait de commencer. Si les équipes de Nicolas Sarkozy avaient été un peu curieuses, elles auraient trouvé dans l'ouvrage un moyen élégant de surmonter la contradiction inhérente au sarkozysme : l'impossibilité de rendre la priorité aux intérêts des Français dans le système de l'Union Européenne tel qu'il a évolué depuis le début des années 1990.

Dani Rodrik fait souvent allusion au système de Bretton Woods, comme à un point d'équilibre entre Etats-nations et ouverture mondiale des économies. Ou plutôt, il insiste sur le fait que la mondialisation qui se mettait progressivement en marche à cette époque fonctionnait très bien parce qu'elle s'appuyait sur les Etats-nations. Si l'on applique le raisonnement à l'Europe, cela revient à penser que le Marché Commun était infiniment plus efficace, dans son fonctionnement, que l'Europe de Maastricht. C'est retrouver un constat fait par tous les historiens : la dynamique du capitalisme européen est née de la concurrence entre les Etats-nations qui émergent à partir de la fin du Moyen-Age. Le système de Maastricht est à l'opposé parce qu'il impose à dix-huit pays d'adopter un système monétaire qui est le fruit d'un équilibre très particulier, celui de la société allemande.

Relisons brièvement l'histoire économique et politique des quarante dernières années et nous verrons que d'autres chemins étaient possibles :

- En 1971, Richard Nixon casse le système de Bretton Woods en mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Il était probablement impossible de rassembler une coalition d'Etats prêts à ramener Washington à la table de négociation d'un nouveau Bretton Woods. En revanche, il fallait en tirer la conclusion que le contrôle de la monnaie et de la politique de change pour une nation était essentiel dans un monde où les Etats-Unis tendaient à imposer leurs règles monétaires. Or c'est exactement le contraire qu'ont initié Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre: ils se sont ralliés aux règles monétaires allemandes, les plus opposées à la conception américaine de la monnaie. La RFA a fait le choix, depuis quarante ans, d'une stabilité monétaire absolue (théoriquement) dans un monde de changes flottants ; elle n'a pu se permettre cette incongruité que parce qu'elle n'a pas eu pendant longtemps de salaire minimum ; et puis, surtout, parce que le reste de son environnement européen a accepté de renoncer à la flexibilité monétaire. Ce faisant, l'Europe a perdu une de ses forces : la compétition entre des systèmes à la fois proches et différents, qui tiraient la croissance vers le haut grâce à l'intensification du commerce entre eux.

- Le thatchérisme n'est pas du tout ce que l'on dit. Pour la "Dame de Fer", il n'y avait pas de capitalisme efficace possible en dehors de l'Etat-nation. Peut-être étonnerait-on Dani Rodrik en ressortant certains discours de Margaret Thatcher, dans lesquels celle-ci insiste sur le fait que le marché ne fonctionne pas sans un certain nombre de règles fixées par l'Etat. Le modèle qu'elle avait en tête était celui d'une économie touours plus ouverte, certes mais où les Etats-nations s'entendaient pour réguler les forces du marché. La Dame de Fer voulait avoir le droit chez elle de privatiser autant qu'elle le voulait. Mais elle ne voulait pas forcément imposer son modèle aux autres. Elle réclamait l'établissement de règles simples et d'accords équitables entre nations. En 1990, elle proposa à François Mitterrand que la France et la Grande-Bretagne veillent ensemble à ce que l'absoption par l'Allemagne de l'Ouest de l'ancienne RDA ne crée pas de déséquilibres pour la bonne marche de la Communauté Européenne. Mitterrand, non seulement, ne saisit pas la main tendue mais il bascula du côté allemand, plongeant notre pays dans un inévitable alignement sur des règles que nous n'avions pas choisies. Margaret Thatcher, isolée, fut mise en minorité dans son propre parti, où l'on avait tendance, de plus en plus, à détacher les enjeux du marché de l'Etat-nation. S'amorça une séquence qui vient de se terminer avec le vote du Brexit. On a toutes les raisons de penser que la France, mais aussi l'Europe, seraient aujourd'hui plus prospères si François Mitterrand avait choisi Margaret Thatcher plutôt qu'Helmut Kohl.

- Dani Rodrick a beaucoup travaillé sur la Turquie dans l'économie internationale. Il est évidemment sensible au fait que les pays dits émergents, tirent leur force d'un modèle national au sein duquel le marché peut se déployer. A des degrés différents, en tenant compte de leur histoire et de leur équilibre social, les BRICS et bien d'autres pays sont en train de changer le visage de la mondialisation : ils la rendent polycentrique. Si l'on suit le raisonnement de Rodrick sur les vertus de la compétitions entre les variantes du capitalisme que mettent en place les Etats-nations, le monde devrait être plus prospère dans les décennies qui viennent si l'Occident n'entrave pas l'émergence de sociétés ouvertes en Asie et en Afrique.

Quand on regarde de plus près, en même temps, la Grande-Bretagne, après Margaret Thatcher, a largement gardé un point d'équilibre national : elle n'est pas entré dans l'euro; elle a su rendre à Londres un rôle de capitale financière internationale. Dans ce cadre-là, le Brexit est beaucoup moins dramatique que ce qu'on voudrait nous faire croire : il s'agit largement, pour les Britanniques, de tirer les leçons d'une phase de la mondialisation où la désindustrialisation a atteint un point critique et les inégalités sociales sont devenues insupportables. Les Britanniques n'entendent pas renoncer au commerce mondial, au contraire, mais ils veulent ajuster les règles, retrouver un équilibre social. L'élection de Donald Trump, que cela plaise ou non, envoie un message du même type. Au lieu de nous fixer sur les hésitations de Theresa May ou les outrances de Donald Trump, il nous faudrait prendre conscience qu'un débat en profondeur est lancé dans les sociétés anglophones sur l'absence de contrepoids démocratiques et étatiques suffisants aux marchés tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui. C'est dans cet environnement en train de se modifier que des voix comme celles de Dani Rodrick, modérées, raisonnables mais sans concession du point de vue de l'analyse scientifique, peuvent rencontrer une audience croissante.

La France de 2017, celle qui a élu Emmanuel Macron, est obsédée par le "modèle allemand" et seulement superficiellement amie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Alors qu'il faudrait faire le contraire : nous inspirer largement des débats d'outre-Atlantique et revenir à une Europe des Etats-nations dans laquelle l'Allemagne n'est qu'un pays parmi d'autres.
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