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vendredi, janvier 22, 2016

Le discrédit de la parole politique expliquée en quelques lignes

Nicolas Sarkozy et le mariage pour tous : le discrédit de la parole politique

Il y a un an,devant les militants de Sens Commun, un mouvement issu de la Manif pour tous et affilié à l'UMP, l'ancien président de la République se déclarait favorable à l'abrogation de la loi Taubira. Aujourd'hui, il écrit dans son livre: «Il ne sera pas question de démarier les mariés et de revenir en arrière. J'avais pensé à l'époque que les ambiguïtés de la loi Taubira sur certains points imposeraient une nouvelle rédaction. A la réflexion, je crois que le remède serait pire que le mal...». Que cela vous inspire-t-il ?

Louis Manaranche : La parole politique est cruciale. Elle est, même quand elle se veut réaliste et sans concessions démagogiques, une promesse. Elle l'est par essence: il s'agit toujours de susciter l'adhésion en proposant une projection dans l'avenir. Cette promesse a une dimension toute particulière. Elle réactive à intervalles réguliers le peuple comme acteur de sa destinée. En cela, le discrédit à l'égard d'une parole politique est d'une gravité que l'on ne se figure pas toujours très clairement. La parole prononcée à la va vite, la concession lâchée à une communauté, l'aveu que l'on a parlé avant de réfléchir, la tergiversation fondée sur l'analyse scrupuleuse des seuls sondages... sont autant de facettes du même mal. On ne croit plus à la parole politique, ou alors au troisième degré. Non seulement les électeurs que le sens civique parvient à mobiliser encore votent-ils alors sans allant, par routine, mais la fracture qui ronge la société française, qui la délite, qui éloigne la perspective d'une reconstruction commune, s'accroît inéluctablement. Lorsque l'on se dédit en deux phrases sur la réécriture d'une loi dont on a dit avec insistance le mal que l'on en pensait, on contribue puissamment au discrédit de la parole politique. On déçoit ceux pour qui la promesse passée semblait enfin coïncider avec une vision de la société qui les mettait en marche. Mais on fait pire. On jette le discrédit sur tout ce que l'on pourra dire dans une campagne. Et l'on porte un nouveau coup, par anticipation, à la fonction présidentielle.

dimanche, septembre 27, 2015

Les « valeurs » de l’oligarchie contre l’être des patries

Les « valeurs » de l’oligarchie contre l’être des patries

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Dans Le Maître et Marguerite , de Boulgakov, le diable a un oeil vert pour séduire les hommes avec des « valeurs » et un oeil noir pour les conduire vers la mort. On tue l’être au nom des valeurs. La valeur est subjective et la philosophie des valeurs correspond au triomphe de la subjectivité qui nous a valu entre autres deux guerres mondiales. Orban défend l’être de la Hongrie, sa pérennité et ses traditions contre les valeurs brandies par les oligarques de Bruxelles. Sortir ses valeurs contre quelqu’un, c’est comme sortir un revolver mais, au niveau moral et spirituel, c’est une façon de vouloir nier son être, d’abattre sa personnalité. C’est aussi ce que voulait dire le proverbe allemand : Si tu ne veux pas être mon frère, alors je t’enfonce un poignard dans le corps (Wenn du willst nicht mein Bruder sein, so stech ich dich den Dolch hinein ). Belle fraternité que voilà qui conduit au meurtre !

Le respect de l’être de l’homme s’oppose au discours sur les valeurs qui vise à calomnier son être.

Par contre, le discours sur les vertus fait l’éloge des qualités de l’être de quelqu’un : il est courageux ! La pensée traditionnelle fait l’éloge des vertus et non des valeurs. On défendra, comme dans Corneille, les vertus de son père, non ses « valeurs » ! Le courage, par exemple, n’est pas une valeur mais une vertu. Une vertu s’accompagne d’efforts pour la réaliser. La sagesse, l’honneur, la fidélité sont des vertus. Elles sont attachées à l’être et l’on peut les posséder. Cet homme a de l’honneur . Les valeurs style égalité, ou même liberté ont un contenu à géométrie variable et peuvent incarner le meilleur comme le pire. Madame Roland sur l’échafaud crie : « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Il faut réhabiliter les vertus et se méfier des prétendues valeurs. Le critère est : qu’en est-il de l’être ? Ce qui détruit l’être est à écarter. Ce qui renforce l’être est à cultiver.
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lundi, juillet 09, 2012

A propos des gens brillants


J'ai des collègues en extase devant les gens brillants. Quand ils ont dit «Ah, Untel, il est brillant», ils croient avoir tout dit.

Comme fait remarquer le serial commentateur Curmudgeon «Il est brillant, mais a-t-il raison ?» C'est bien le problème.

Dans les années 80, adolescent, j'ai découvert la polémique Camus-Sartre. J'ai pris le parti de Camus. Sartre était plus brillant que Camus mais il s'est trompé sur tout.

Vous connaissez la blague sur les Polytechniciens : «La différence entre un train et un Polytechnicien ? Le train, quand il déraille, il s'arrête.»

L'exemple parfait : Jean Bichelonne, dont un des professeurs disait «Il sait tout sur tout, et c'est tout». Autre manière de le dire : «Il sait tout et ne comprend rien».

Combien de catastrophes et de désastres provoqués par des gens brillants ?

Le gouvernement du maréchal Pétain était rempli de brillants militaires qui n'avaient qu'un léger défaut, pour des militaires : ils perdaient les guerres. Nos cabinets ministériels sont aujourd'hui peuplés de gens brillants, qu'ont-ils fait de bien dans leur vie ? Quand ont-ils œuvré positivement ? Et que laissent-ils derrière eux ? Des ruines.

Au fond, le brillant est, comme le sérieux, la qualité des gens qui n'ont pas d'autres qualités, de ceux dont on ne peut pas dire qu'ils sont fins, sensibles, intelligents, pragmatiques, pertinents, ingénieux, talentueux, inventifs.

Je ne dis pas que le brillant est une qualité de cireurs de pompes pour le simple plaisir d'un jeu de mots : je pense vraiment que c'est une qualité de courtisans. Le Versailles des Lumières était le paradis des gens brillants, voyez où cela les a menés.

Prenez des exemples autour de vous : Martin Hirsch et Dominique de Villepin sont brillants, ce sont d'ignobles escrocs, des fats et, surtout, des courtisans.