samedi, novembre 17, 2012

Fallait-il tirer sur les manifestants en mai 68 ?

Voici comment Pierre Lefranc, gaulliste pur souche et proche des événements, analyse mai 68.

Pour Lefranc, mais 68 trouve son origine dans le fait que le premier ministre conservateur Pompidou a empêché les réformes audacieuses que préférait De Gaulle et qui auraient désamorcé la situation. Je ne partage pas cette analyse, en revanche, je suis assez d'accord avec la suite.

Dès les premiers troubles parisiens, De Gaulle aurait voulu rétablir l'ordre par la force quitte à risquer des morts, considérant que l'ordre valait bien cela. Par peur de ces morts et du retentissement politique, le préfet de police et le ministre de l'intérieur ont adopté une attitude plus laxiste.

Le retour de voyage de Georges Pompidou a renforcé le parti conciliant. De Gaulle, n'étant pas soutenu par son gouvernement, a laissé faire.

La tendance pompidolienne a échoué puisque les accords de Grenelle, véritable capitulation devant l'émeute, n'ont pas ramené le calme.

De là découle l'escapade gaullienne à Baden-Baden, destinée à créer un choc et à permettre à De Gaulle de reprendre la main.

Pierre Lefranc regrette que De Gaulle n'ait pas été soutenu dans sa première impulsion. Moi aussi, je le regrette : je suis libéral, je pense que l'Etat a peu de missions (défense, diplomatie, police, justice), mais que ces missions doivent être remplies sans faiblesse.

Après tout, si Cohn-Bendit s'était pris une balle sur une barricade, il serait aujourd'hui un héros dans certains milieux alors qu'il n'est plus qu'un adolescent vicieux, sénile et pitoyable, vivant aux frais du moutontribuable européen, bref une épave peu ragoûtante !

On peut être anti-libéral, mais il faut en assumer les conséquences

Une fois de plus, j'ai regardé Zemmour et Domenach communiant dans l'anti-libéralisme.

Pourquoi pas ? Mais alors, il faut en assumer les conséquences : la pauvreté, le chômage et l'Etat envahissant.

Car il y a une certitude : le libéralisme engendre la prospérité, l'anti-libéralisme engendre la pauvreté.

On peut être anti-libéral parce que toute la vie n'est pas dans le matérialisme, mais les anti-libéraux sont-ils prêts à assumer les conséquences matérielles de leur choix ?

Pourquoi la décadence de la classe dirigeante française ?

La décadence française se marque en quelques dates.

Le traité de Paris de 1763 renonçant à la France américaine me paraît le premier point saillant.

Cet imbécile de Voltaire pouvait bien écrire qu'on ne cédait que quelques arpents de neige, ce fut une erreur majeure, Arouet est fidèle en cela au manque de vision et à l'arrogance des petits hommes du XVIIIème siècle, il aurait du se contenter d'écrire des petits contes plaisants pour dames oisives.

Ensuite, les dates de la décadence s'enchainent : 1789, 1815, 1870, 1940, 1974, 1995.

Ces deux dernières dates pourront étonner, mais je tiens les élections de Valéry Giscard d'Estaing et de Jacques Chirac, compte-tenu de leurs politiques, comme de véritables catastrophes. En comparaison, l'élection de François Mitterrand en 1981 n'est que la suite logique de la cour effrénée que son prédécesseur a faite à la bien-pensance.

A chacune de ces dates, la classe dirigeante française descend une marche de l'escalier qui mène de l'honneur à la bassesse.

Aujourd'hui, il suffit de regarder une photo du gouvernement pour être pris de lourds sanglots.

Cette descente aux enfers de la classe dirigeante m'intrigue. Quelqu'un a-t-il une explication ? Même si j'imagine bien que chercher une explication simple à des évènements complexes est illusoire ?



Le tribalisme, avenir de l'occident

A force d'importer des populations africaines, l'occident se retrouve avec les problèmes tribaux propres à l'Afrique. Quel progrès !

Les démocraties à l'occidentale (pléonasme) reposent sur un présupposé tellement fort et tellement profond qu'il finit par être oublié : l'existence d'un peuple, par opposition à une juxtaposition de populations.

«Un homme, une voix» ne fonctionne que si le vote ne peut pas se faire sur des bases ethniques, tout simplement parce que nous sommes tous de la même ethnie. La démocratie fonctionne si je vote pour Untel ou Telautre en fonction de ses idées, de ce que j'estime meilleur pour le pays.

Si je vote pour Untel parce qu'il appartient à la même ethnie que moi (ce qui suppose l'existence de plusieurs ethnies dans le pays), la démocratie est finie, puisque chacun prend en charge l'intérêt de sa propre ethnie et plus personne ne se préoccupe de l'intérêt général.

C'est bien ce qui se passe en Afrique : le principe «un homme, une voix» entérine les rapports de force démographiques entre ethnies et l'intérêt général n'est pas pris en charge. Donnez moi l'ethnie de tous les candidats et les effectifs d'électeurs de toutes les ethnies et je vous prévois les résultats de n'importe quelle élection en Afrique (aux fraudes près).

Le vote tribal, c'est la mort de la démocratie.

Or, en important massivement des Africains avec leurs cultures et leurs traditions, nous avons importé le vote tribal. A partir du moment où une population aux effectifs conséquents pratique le vote tribal, les autres populations, pour se défendre, sont obligées de faire de même.

C'est bien ce qu'on a vu lors des dernières élections, tant en France qu'aux USA.

S'en suit un raisonnement transitif simple : le multiculturalisme provoque le vote tribal, le vote tribal c'est la mort de la démocratie, donc le multiculturalisme c'est la mort de la démocratie.

Tribal America

C'est humain, c'est imparable. Et c'est désespérant car, vous savez quoi ?, je préfère mon pays à l'Afrique (et inversement, je comprends que les Africains préfèrent leurs pays au mien, mais alors, pourquoi viennent-ils chez moi ?).

Je suis persuadé que l'importation du tribalisme n'est pas un malheureux hasard, mais le fruit d'une politique consciente (jamais débattue sereinement), menée depuis les années 70, de remplacement des populations occidentales, avec leurs déplorables habitudes révolutionnaires et maillotinières, par un prolétariat coloré beaucoup plus docile politiquement.

«Le citoyen idéal»

Superbe article de Jean Clair, qui, si nous étions sages, mettrait un terme définitif à toutes les lubies du genre du «mariage homosexuel». Mais, hélas, nous ne sommes pas sages.


«Le citoyen idéal»

«Un code de lois qui semble avoir été fait pour un citoyen idéal, naissant enfant trouvé et mourant célibataire ; un code qui rend tout viager, où les enfants sont un inconvénient pour le père, où toute œuvre collective et perpétuelle est interdite, où les unités morales, qui sont les vraies, sont dissoutes à chaque décès, où l'homme avisé est l'égoïste qui s'arrange pour avoir le moins de devoirs possible, où l'homme et la femme sont jetés dans l'arène de la vie aux mêmes conditions, où la propriété est conçue, non comme une chose morale, mais comme l'équivalent d'une jouissance toujours appréciable en argent, un tel code, dis-je, ne peut engendrer que faiblesse et petitesse.»

Je lis ces lignes non sans stupéfaction: l'auteur n'est pas un contemporain désenchanté, un réactionnaire impénitent, un catholique honteux, c'est Ernest Renan critiquant le Code civil issu de la Révolution. Et ce qu'il dit s'applique si parfaitement au présent qu'il semble avoir prophétisé ce qui allait s'accomplir dans les premières années du XXIe siècle.

Ce citoyen «idéal», «enfant trouvé et mourant célibataire», cet enfant qui est devenu non plus une bénédiction mais un «inconvénient pour le père», cet enfant né de la rencontre fortuite d'un ovule et d'un spermatozoïde au fond d'une éprouvette, tout aussi incongrue que les rencontres fortuites d'objets chez un Lautréamont, mais aussi cet «enfant né sans mère», grandi qu'il sera dans un ventre de location, et pour cette fois évoquer le titre d'un tableau de Picabia - tant il est vrai que l'art et la littérature modernes auront décidément prévu les formes de la vie d'aujourd'hui -, c'est le citoyen que l'on fabriquera.

Il n'est plus le fruit d'une union décidée, choisie, désirée et voulue entre deux êtres, advenant dans l'infini du temps et dans l'infinité des combinaisons, mais le produit d'une loterie biologique, et sera peut-être un jour déterminé par les lois d'une machinerie précise, la réduplication du génome, à l'image des chaînes de montage des usines.

Plus tard il sera le célibataire - pareil à la machine du même nom qu'avait imaginée Marcel Duchamp -, vivant seul dans sa chambre, comme aujourd'hui, dit-on, vit la moitié des habitants à Paris, le producteur capable d'assurer le maximum d'efficacité et de rendement dans sa force de travail, sans attaches, sans passé, sans projet, né de père et de mère inconnus, objet anonyme et inattendu de la gestation pour autrui.

Cet être né sans personne, à peine lui-même une personne, sera alors cet objet, choisi et acheté comme on achète un produit de l'industrie, un objet, et non plus le sujet issu d'une union entre deux êtres. Il sera le fait d'une formation biologique qui est le couronnement d'un monument d'ingéniosité appelé la «procréation médicalement assistée» qui, en séparant l'acte sexuel et la génération, permet de produire des vivants au rythme des besoins, des envies ou des caprices.

Mais encore, cet objet animé, né sans le repère d'un père et sans l'amarrage d'une mère, ne sera-t-il pas devenu du même coup, dans sa totale liberté d'enfant n'ayant rien eu à connaître, aimer ou souffrir des liens familiaux et de leurs conflits, ni des embarras symboliques analysés par Freud, l'être le plus idéalement docile, non seulement à la pression des forces de production de la société moderne, dans lesquelles il devra jouer son rôle, mais aussi, le sait-il? à la pression du pouvoir médical lorsqu'il s'agira, pour diminuer les coûts de l'Assistance publique ou pour alimenter le commerce des greffes, de le laisser mourir au plus vite. Ce «citoyen idéal», mieux que le prolétaire de Marx ou le travailleur de Jünger, incarnera l'homme devenu le pur producteur, tout entier et uniquement producteur, sans l'embarras des attaches familiales, des défaillances du cœur, et dont la seule raison d'être, à chaque moment de son existence, ne sera ni de venir de quelque chose ni de se diriger vers quelque chose, d'être ni l'héritier d'une famille, ni le facteur de son destin, mais sans projet ni regret, l'individu sans filiation, sans hérédité et sans attache, et qui pourra toute sa vie d'orphelin ne consacrer son temps qu'à la société anonyme dont il est le produit.

Qu'en est-il alors du sens de pareille existence, sans échappée possible, ni vers les paradis promis jadis par les religions, ni vers les satisfactions de l'esprit fournies par une culture rabaissée au rang des loisirs, mais dont le seul souci restera l'entretien de cet organisme parfait qu'est son corps, enchaînant jour après jour, de pénibles exercices musculeux rassemblés sous le nom de fitness, dans la poursuite de plus en plus nauséeuse de la performance, de sorte que cette carcasse, née de rien, promise à rien, soit un jour encore, un jour de plus, capable de satisfaire pleinement, sans retard, sans humeurs, aux horaires, aux agendas, aux commandes, aux impératifs d'une profession et aux illusions d'une vie sociale - clubs de rencontre et «réseaux sociaux» - dont la nécessité et l'utilité auront peu à peu cessé d'être visibles?

Renan, d'une façon frappante, pour résumer pareil processus, use du mot de «viager». La vie en viager. La vie en usufruit: rien avant et rien après. La vie réduite au temps de la vie. La vie nue. L'homme idéal est celui dont le décès efface le fait qu'il ait vécu, espéré, travaillé, construit - sans projet collectif et sans entreprise commune.

Cette vie en viager, que signifie-t-elle alors, sinon le refus ou la négation de toute hérédité comme elle l'est de tout héritage, la fin de toute histoire enfin? L'extinction immédiate du crédit de toutes les images et de toutes les idées que notre civilisation s'est fait de son passé, comme si, de lui, il n'y avait décidément rien à retenir. À ce point de non-sens, de nullité et d'ennui, une telle vie, soumise à l'eugénisme à son apparition, ne suppose-t-elle pas d'être euthanasiée à son terme?

L'énigme de la naissance est plus profonde que l'inquiétude de la mort. Le fait de naître est plus confondant que le fait de disparaître. La mort est de l'ordre de la nécessité. Mais, «naître», de quel impératif?

La langue reflète cet embarras. On dit «je suis né», escamotant par l'emploi du passif l'action même de naître, et la responsabilité qui accompagne ce fait sans précédent. L'anglais dira: «I was born», rejetant l'acte de naître dans un passé fabuleux dont on ne veut rien connaître.

Cette inquiétude à saisir ce qui se passe quand naît un individu, ce silence du langage à dire la chose, cette dérobade des mots et ce recours assez lâche au passif - les méthodes modernes de conception, de procréation, de manipulation des gènes, l'anonymat assuré des donneurs de sperme et d'ovules, la location des utérus, les assument désormais avec la puissance d'une technique qui est d'autant plus efficace qu'elle est silencieuse, qu'elle ne confie rien, murée dans la perfection de ce qu'elle fait, si bien, si mieux, qu'un couple d'êtres humains.

C'est que c'est solide, ces engins là !

B17 survival story

Ca gaze, le schiste


Bon, on apprend que l'exploitation des hydrocarbures de schiste par les Etats-Unis bouleverse la géo-stratégie de l'énergie.

Et nous, en France, dont on dit que nous pourrions devenir le Qatar de l'Europe ? On interdit, non pas l'exploitation, mais les recherches ! La différence entre l'interdiction des recherches et le moratoire sur l'exploitation porte un nom : l'obscurantisme.

C'est de la folie furieuse. Un suicide collectif. Ce suicide à coup d'écologie obscurantiste est partagé par les Allemands arrêtant cette énergie d'avenir (j'insiste : c'est une énergie d'avenir) qu'est le nucléaire. Le fait qu'une erreur soit partagée ne l'empêche pas d'être une erreur.

Il y a quelques années, je vous avais prédit, sur la base de l'excellent livre The bottomless well, que nous ne manquerions jamais d'énergie et que les énergies de l'avenir étaient le charbon et le nucléaire.

Voilà que s'y ajoute une troisième : les hydrocarbures enfouis (de schiste ou bitumineux). Cela renforce mon analyse sur le caractère irrationnel de la peur de manquer d'énergie.

Se trouve aussi validée l'analyse libérale : l'information portée par les prix est efficace. Le prix du pétrole a monté, ce qui a suscité des innovations.

Mais je crains que tous ces arguments n'atteignent pas ceux qui ont décidé, quoi qu'il arrive, que la fin du monde était pour demain.

Il ne faut pas oublier que le socialisme et l'écologisme ne sont pas des politiques raisonnables mais des religions. C'est pourquoi toute argumentation rationnelle glisse sur le socialiste et l'écologiste comme l'eau sur les plumes d'un canard, ils préfèrent les réactions à caractère religieux : tabous, boucs-émissaires, mots sacrés, rituels d'exorcisme, sacrifices propitiatoires etc.


Ce suicide rappelle d'autres grands suicides civilisationnels : la Chine se fermant pour cinq siècles, avec les conséquences dramatiques que l'on connaît ; l'Espagne ratant le train du progrès industriel ...

La puissance n'est jamais irréversible, elle s'entretient. Nous refusons dogmatiquement d'entretenir notre puissance, économique, technique, militaire ou diplomatique. Nous déclinons, c'est justice.


Hollande : la classe jacassante parle à la classe jacassante ...

Quand on lit les journaux, ils sont en extase devant la dernière conférence de presse de François Hollande (même Philippe Tesson !).

Or, j'ai interrogé des camarades qui la télé, ils sont loin de partager cet enthousiasme, ils le trouvent ridicule et déplacé. Voici une explication :

Zemmour : «Hollande a mené le bal de l'Elysée ... pour les journalistes».

Hollande : homme de com' sans vision

vendredi, novembre 16, 2012

La chute sans fin


Selon nos informations, François Hollande va nommer la semaine prochaine l'écologiste Nicolas Hulot ambassadeur de France à l'Organisation des Nations unies (ONU), en charge de l'environnement.
En juillet 2011, l'emblématique présentateur d'Ushaïa avait échoué dans la course à la candidature Europe Écologie-Les Verts pour la présidentielle face à Eva Joly. Il a fait un retour très remarqué cette semaine en une du Parisien magazine, affirmant en pages intérieures : "J'ai fait l'amour avec la planète."
Vendredi soir, Nicolas Hulot démentait l'information.

... avec qui vous savez (P. Lefranc)

C'est la suite de Voici tes fils ! (il y a un livre intermédiaire Le vent de la liberté dont je ne vous ai pas parlé).

Pierre Lefranc, attaché de presse de De Gaulle, raconte ses aventures avec beaucoup d'humour.

De Gaulle, Président de la République (exceptionnellement, je mets les majuscules), fait une visite dans le Pas-de-Calais. Le préfet est tout content de lui annoncer qu'on a retrouvé des anciens de son régiment  de 1914 et qu'il les verra à la fin de la cérémonie de dépôt de gerbe au monument aux morts.

Les choses se déroulent. De Gaulle passe en revue les anciens, et le dernier du rang, dans sa chaise roulante, lève la tête et dit : «Tiens ! De Gaulle ! Tu es là. Alors, qu'est-ce que tu deviens ?».

Autre anecdote : lors d'un diner très sérieux, en pleine guerre d'Algérie, le brouhaha des conversations connaît un temps mort, comme il arrive parfois, et tout le monde entend De Gaulle dire à sa voisine  : «Spirou est surfait. En revanche, Tintin ...»

Lefranc porte un jugement très sévère sur les politiciens, y compris les gaullistes. Pour lui, ils sont prêts à toutes les compromissions et toutes les bassesses pour être ré-élus.

Les pages sur le cumul des mandats, écrites en 1979, sont étonnantes d'actualité et, par là même, désespérantes : Lefranc ne croit pas que, malgré leurs belles déclarations, les politiciens feront jamais rien contre le cumul des mandats. Trente trois ans de recul valident son propos. A son avis, les politiciens rétabliraient les charges héréditaires à leur profit s'ils en avaient l'occasion. On songe à Jean Sarkozy et à l'EPAD.

Ses propos sont sévères, on sent bien qu'il n'aime pas Georges Pompidou, il lui reproche d'être trop conciliant. Reproche plus précis encore : l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun. Là encore, aux yeux de Lefranc, un compromis dommageable.

Dans l'ensemble, je suis assez d'accord : je considère que Pompidou fut notre dernier grand président mais qu'il avait trop le souci de se faire aimer de l'époque.

Pierre Lefranc pose une question dont, hélas, je crois bien que nous avons désormais la réponse : «Les dirigeants sont-ils choisis par les partis politiques en fonction de leurs qualités de gouvernants ou en fonction de leurs capacités à passer à la télévision ?»

Si vous tombez sur ces récits, -mémoires ?-, de Pierre Lefranc chez un bouquiniste, ils valent le coup.

Un Hollande à retardement


Je suis assez content que Stéphane Denis soit d'accord avec moi :

Un vrai travail de socialiste, ce rapport Jospin ! Il aboutira, par l’interdiction du cumul des mandats, à peupler l’Assemblée d’encore plus de fonctionnaires tandis que, grâce à la proportionnelle, des copains du pouvoir pourront avoir un job sans être élus.
– Oui, l’ancien premier secrétaire a vraiment mérité du parti. En le choisissant pour réfléchir à la moralisation de la vie publique, Hollande savait ce qu’il faisait.
– Tout était dans “moralisation”.
– Ça s’accordait si bien avec Jospin ! Il passe pour vertueux.
– Et donc ses propositions devaient l’être…
– Jusqu’à la petite vengeance qui consiste à empêcher les anciens présidents de siéger au Conseil constitutionnel.
– Alors qu’ils sont les seuls à avoir une vraie expérience des institutions. Notez qu’on continuera à nommer des amateurs qu’il faut caser ou recaser, voire des crétins complets, comme… Vous voyez qui je veux dire.
– Je vois, je vois. C’est curieux, cette haine de son prédécesseur. On dirait que le souvenir de Sarkozy empêche Hollande de dormir.
– C’est vrai qu’il a l’air anxieux. Ce doit être le tournant.
– Quel tournant ?
– Eh bien celui qui lui a permis de changer de politique après avoir laissé croire à tout le monde qu’il ne le ferait pas.
– Vous voulez parler du rapport Gallois et de l’opération de communication absolument machiavélique qui a pris les médias de court ?
– On en parle beaucoup.
– Je n’y crois pas. Tout ça est dicté par les circonstances. Que François Hollande fasse la politique de Sarkozy en moins bien et sans le dire, c’était prévu. Qu’il ait manipulé le rapport Gallois, c’est évident. Qu’il s’en sorte par des mesures bancales et incomplètes, inévitable. Mais les impôts continueront de croître, l’État de penser que c’est à lui de créer des emplois, les finances d’inventer des banques d’investissement et de nouveaux règlements.
– Donc, il n’a pas eu le choix ?
– Disons qu’il a du mal à choisir. En fait, son fonctionnement est de ne pas choisir. Le dernier truc est d’espérer une reprise de la croissance en Europe dans deux ans. La vieille logique selon laquelle ce qui se passe aux États-Unis arrive chez nous un peu plus tard. Alors, il croise les doigts et nous fait le coup du type qui sait où il va. D’ici là, il compose.
– Pourquoi deux ans ?
– Parce qu’il y aura des élections, et que le plus important pour lui, c’est le Parti socialiste. – Et s’il a raison ?
– S’il a raison, tant mieux. Mais la France n’en devra pas moins emprunter 200 milliards l’an prochain : 140 pour l’État lui-même, 60 pour le parapublic. C’est beaucoup. Le plus gros besoin de la zone euro.
– Vous songez aux marchés ?
– Si les marchés ne voient pas d’évolution en France, ils le diront.
– Quelle différence avec Nicolas Sarkozy ?
– Aucune. Il a doublé la dette. Le problème est que ni lui ni son successeur n’ont pensé que ce système est condamné. La France a une culture de l’endettement qui remonte aux années 1930, après le rétablissement des comptes par Poincaré et la rechute qui a suivi avec Blum, puis la IVe République. Ce n’est ni de droite ni de gauche. C’est politique. C’est pour cela que je dis que Hollande fait comme Sarkozy.
– Vous attendiez autre chose de la gauche ?
– La gauche l’a prouvé, elle sait s’adapter. Et même au-delà. Ce qui reste de socialiste à Hollande, à son gouvernement et ses députés, en dehors de leur sectarisme, c’est qu’ils sont viscéralement socialistes : ils ne voient pas plus loin que le bout des impôts.
– Vous semblez le regretter.
– Oui, parce que les réformes passeraient mieux que si la droite était au pouvoir. C’est ce que nos voisins allemands ne cessent de nous répéter : Hollande a une occasion unique de faire avancer les choses.
– Et vous croyez qu’il le fera ?
– Non. Elles le feront pour lui. C’est quelqu’un qui courra toujours après l’événement, et qui finira par tomber, par une sorte de hasard heureux, dans les bons choix qu’il ne se sera pas résolu à faire.
– Vous êtes donc optimiste ?
– À retardement. C’est la version la plus sûre du pessimisme

Horreur ! Un enfant, ça se fait et ça s'élève à deux

La crise aggrave la situation économique des mères seules

Surprise ! On redécouvre une vérité élémentaire : un enfant, ça se fait à deux et ça s'élève à deux.

C'est d'autant plus comique qu'il y a eu un article similaire dans Le Monde il y a un an. Autrement dit, certaines vérités sont bien connues mais elles ne conduisent à aucune remise en cause.

Il est vrai qu'en nos temps irréalistes de «mariage homosexuel», toute vérité élémentaire n'est pas bonne à dire.

On nous dit que la société doit «prendre en compte ces situations». En bon français, ça veut dire «donner des sous».

Je suis dubitatif : est-ce à la société de payer l'irresponsabilité des parents ?

Les parents irresponsables ont certes une excuse : la société fait tout pour les encourager à l'irresponsabilité (assistanat, divorce facile, forclusion du père, absence de jugement moral de l'irresponsabilité, etc).

On voit le problème d'une société permissive, qui refuse la pression sociale (sauf sur certains sujets choquant le politiquement correct) : les femmes qui font des bébés toutes seules ne sont ni très intelligentes ni très équilibrées (sinon, elles ne le feraient pas) mais, avant que notre civilisation ne s'écroule, la pression sociale minimisait ce genre de bêtises.

Le sujet me préoccupe, j'en avais déjà parlé. Je n'ai pas évolué sur le sujet, sauf peut-être vers encore un peu plus de sévérité, car il y a deux victimes : les enfants et la société.

jeudi, novembre 15, 2012

La gauche, ce n'est pas rigolo


La droite, ou les malheurs de l'évidence naturelle

J'ai trouvé cet article intéressant car il conclut sur l'humour.

Il existe bien des raisons de ne pas être de gauche, mais une de celles qui me touchent le plus profondément est l'absence d'humour des gauchistes. Ce sont des gens qui se prennent terriblement au sérieux. Evidemment, quand on est un sauveur de Planète (ou de Prolétariat, ou d'Humanité), on n'a pas de temps à perdre en plaisanteries.

Le seul humour du gauchiste consiste à se moquer de ses ennemis, degré zéro de l'humour, qui est avant tout auto-dérision.

Inversement, le conservateur qui sait qu'il n'est qu'un insignifiant maillon d'une longue histoire peut se moquer de lui-même tout en faisant son devoir. Cyrano et d'Artagnan montent à l'assaut en plaisantant.

Les bons humoristes de gauche ne sont pas légion (non, Guy Bedos n'est pas bon. Non, «l'humour Canal» est à pleurer) et vous avez sans doute remarqué que, depuis que la bien-pensance fait régner sa terreur, on ne rigole plus des masses.

Bref, pour reprendre le dicton anglais sur l'humour allemand (1), l'humour de gauche, c'est comme l'humour de droite, l'humour en moins.




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(1) : l'humour allemand, c'est comme l'humour juif. L'humour en moins.



Les phobophobes me font marrer


Il y a des gens qui me font bien rire, ce sont les phobophobes, ceux qui arguent de la peur éprouvée par l'adversaire pour le disqualifier «Vous dites cela parce que vous avez peur de l'Autre (de l'islam, de l'étranger, etc. La liste des peurs interdites est infinie)», sous-entendu «Puisque votre opinion est inspirée par la peur, elle ne vaut rien».

C'est d'autant plus marrant que les phophobes sont eux-mêmes en proie à une terreur panique du fascisme qui a totalement disparu depuis seulement soixante-dix ans.

Mais cet argument de la peur est dépourvu de la moindre valeur : il y a des peurs légitimes et raisonnables, qu'il est sain d'éprouver.

La négation de toute peur ne peut venir que de pompeux imbéciles, d'arrogants qui n'ont jamais affronté le danger, c'est-à-dire d'aventuriers de salon, de guerriers de préau, de discoureurs de banquet.

Il y a des peurs légitimes, certaines sont même salutaires.

Si Louis XVI avait eu un peu plus peur en juillet 1789, il aurait peut-être fini sa vie paisiblement au fond de son lit.

mercredi, novembre 14, 2012

Hollande : trop peu, trop tard

De 1940 à 1942, chez les puissances alliées vaincues ou en difficulté revenait une expression : «Trop peu, trop tard». Trop peu de chars, d'avions, de soldats, et trop tard.

La pusillanimité, l'imprévoyance, la procrastination et la lâcheté, les bas calculs et les demi-mesures, se payaient au prix du sang et de la liberté.

François Hollande m'évoque ce cri de colère, «trop peu, trop tard».

Par caractère, il ne devancera pas les le destin, il a bâti sa carrière en attendant passivement les événements et en les exploitant au mieux. Par formation, il n'a pas les outils intellectuels pour comprendre la situation.

Mais comme c'est un technocrate, il sent bien que la machine ne tourne pas rond.

Alors, il va faire ce qu'il sait faire : il va louvoyer, un coup à gauche, un coup à droite. Quelquefois, au gré des virages, l'espoir renaîtra qu'il fasse ce qui doit être fait. Fugitivement, nous aurons l'impression qu'il va enfin dans la bonne direction. Puis, effrayé par sa propre audace, il donnera un coup de volant dans l'autre sens.

Et nous finirons par porter sur lui ce jugement terrible : trop peu, trop tard.

Faut-il importer en France les bonnes idées de l'Europe du sud ?

Les pays d'Europe du sud en difficulté sont en train de subir une mutation libérale spontanée à grande vitesse et, pour le coup, sauvage.

Le mécanisme est le suivant : je suis licencié le vendredi. Le lundi, je touche les allocs chomage et je reviens bosser au noir pour mon patron. Plus de cotisations sociales, plus de protection sociale, plus d'impôt, flexibilité du travail maximale. Et mon patron, pour ne pas se faire repérer, se fait aussi payer en liquide. Et le système se diffuse. Et l'Etat crève. Et le trou est bouché par les gogos du nord au nom de la religion du sauvetage de l'Euro.

Ce système est illégal, donc très risqué, à la merci de la moindre dénonciation. C'est une solution désespérée ; le désespoir provenant de l'euthanasie de l'économie libre par le social-clientélisme. C'est une réaction de la société contre l'oppression étatiste et le racket fiscal.

Bien sûr, le bon système consisterait à diminuer les dépenses publiques et les impôts ; mais puisque cette voie collective est coupée par les socio-clientélistes au pouvoir, c'est le sauve-qui-peut individuel. C'est une solution terrible, mais dans des situations terribles, c'est tout ce qui reste.

Voilà à quoi aboutit le socialisme : à force d'être spoliateur, l'impôt perd sa légitimité et c'est la notion même de collectivité qui se dissout. Tout au moins, de collectivité dirigée légitimement par l'Etat. Car cette fraude généralisée finit par créer des solidarités anti-étatiques et une contre-société.

Les socialistes sont fondamentalement des oppresseurs : tout à leur complexe de supériorité de classe prétendue éclairée, ils croient qu'ils peuvent imposer par la force leur société idéale. Ils roulent des mécaniques, font la leçon, mais ignorent une notion élémentaire, connue depuis la nuit des temps : pour que les lois soient obéies, la force est indispensable, mais elle ne suffit pas. Il faut aussi le consentement : que ceux qui subissent les rigueurs de la loi soient en bonne part convaincus que cette loi est juste. Et le consentement est d'autant plus nécessaire que la loi est sévère.

Autrement dit, plus on augmente les impôts, plus ils doivent paraître justes. Or, c'est la plupart du temps l'inverse qui se produit.

Alors, importer les idées du sud ? Les Français sont plus serviles, ils se plient mieux à l'oppression fiscale que nos voisins. Mais tout de même, ils finiront par y venir sous la pression de la nécessité, hélas.

L'imposture Hollande

«L'imposture Hollande», cette expression de Philippe Tesson me plaît bien.

L'imposture est à deux niveaux :

> imposture politique : François Hollande a laissé entendre (c'est un tel faux-jeton qu'il ne dit jamais les choses en face) durant la campagne électorale que la source unique des maux de la France était Nicolas Sarkozy. Cette explication est tellement simpliste et absurde que, bien entendu, François Hollande ne pouvait l'exposer de but en blanc, sous peine d'en révéler le ridicule à la lumière.

Il a donc habilement, avec l'aide effarante de la presse, joué sur l'irrationnel, le sous-entendu, l'association d'idées, le sentiment.

Et il a gagné.

Il est donc arrivé au pouvoir avec une analyse publique de la situation française absolument grotesque et n'ouvrant aucune piste de solution.

> imposture personnelle : François Hollande est un apparatchik louvoyeur et fuyant, possédant au plus au point l'esprit de finasserie, hargneux, jaloux, sectaire et indécis, incompétent à diriger. Momentanément, il a réussi, toujours avec la complicité de la presse (avoir mis la presse dans sa poche, par les moyens que l'on sait, est sa seule véritable réussite, mais combien importante), à faire croire qu'il dissimulait de grandes qualités d'homme d'Etat, que personne n'avait détectées en trente ans de vie politique.

Imposture politique. Imposture personnelle. Nous en sommes là.

Comme à chaque escroquerie, la victime est un peu responsable : si elle avait été un peu plus intelligente et plus prudente, elle ne serait pas tombée dans le panneau.

D'ailleurs, une campagne électorale a des traits communs avec une escroquerie : il ne faut pas laisser à la victime le temps de souffler, de réfléchir, il faut chaque jour la bombarder, la forcer à choisir tout de suite, à ne pas suspendre son jugement, à ne pas prendre de recul.

Croyez vous que si on avait pris les Français par surprise, si on leur avait dit «la présidentielle, c'est demain», sans préparation, sans campagne, ils auraient voté Hollande ?

On dit souvent que la campagne électorale est un révélateur. Je me demande si ce n'est pas l'inverse, si la campagne électorale ne vise pas à dissimuler. Talleyrand disait : «Méfiez vous de la première impression, c'est souvent la bonne». J'en viens à penser que l'objet de la campagne électorale est de faire oublier cette première impression trop juste, de bâtir un personnage qui n'existe pas, une imposture. La durée de la campagne électorale est nécessaire pour transformer chez l'électeur, à force de répétition, des mensonges accueillis avec scepticisme en vérités soutenues avec conviction.

Cette remarque est valable pour toutes les campagnes : comment a-t-on pu croire en 2007 que Nicolas Sarkozy, enfant du système, serait l'homme de la rupture ?

Mais, dans le cas Hollande, l'imposture est particulièrement flagrante. Comment a-t-on pu croire qu'un politicien de troisième classe, un mauvais président du conseil général de Corrèze, ferait un bon président de la république française ?

Croire en cette transformation, c'était croire aux miracles. Et il n'y a pas de miracles en politique.



mardi, novembre 13, 2012

Tesson : la conférence de presse de Hollande, c'est du toc


Ce n'est pas parce que monsieur Hollande a viré de cap et qu'il vient d'infléchir sa politique économique dans une direction plus raisonnable que celle qu'il avait empruntée il y a six mois que nous le tiendrons quitte de ses erreurs passées et que nous lui accorderons la confiance qu'il va solliciter cet après-midi de la part du peuple français. Il a, en effet, montré trop de haine envers son prédécesseur, trop de mépris envers la bourgeoisie d'où il vient, trop de sottise dans sa condamnation de l'argent, trop de suffisance dans l'exposition de soi-même, trop d'arrogance dans les défis qu'il a lancés pour qu'on accorde crédit à l'homme. Il a trop promis et s'est trop repris, il s'est trop engagé puis trop rétracté pour qu'on accorde foi au politique.
Libre à ceux qui ont voté pour lui de se satisfaire de ses approximations, de ses palinodies et de ses postures fanfaronnes, c'est leur affaire. Libre à ses alliés politiques de continuer de jouer avec lui un jeu pervers de dupes et d'accepter de perdre ce qu'il leur reste d'âme contre une misérable prébande de pouvoir, c'est leur problème. Pour nous, Hollande restera l'imposteur, en dépit des retournements qu'il pourra lui arriver d'opérer, fût-ce en faveur de nos intérêts idéologiques... et même fiscaux ! L'imposteur : celui qui, sous le masque de la vertu, trompe même les siens, sans vergogne.

"C'est se foutre du monde"

Il a échoué sur toute la ligne sans même avoir su donner le change par une gestion honorable de son image. Il s'est renié en tous domaines. Il devait gouverner modeste, il est partout, enflé comme Ubu. Il a occupé le paysage pendant six mois dans l'attente d'un rapport destiné à lui indiquer quelle politique il doit mener. Quel aveu d'impréparation, d'incompétence et d'incapacité à gouverner ! Ce rapport lui parvient enfin. Il remet en cause la parole sur laquelle le candidat a été élu président. Qu'importe, il sera la nouvelle Bible.
C'est cet homme-là qui va s'expliquer devant nous durant deux heures cet après-midi pour nous dire qu'il a choisi, après six mois de tergiversations, de faire à peu près la même chose que ce que faisait cette ordure de Sarkozy. C'est se foutre du monde. Entre-temps, la France aura perdu beaucoup d'argent, beaucoup d'emplois, beaucoup de crédit et l'amitié de l'Allemagne. Cela s'appelle le socialisme en marche vers le réenchantement du rêve. Du toc, oui...

lundi, novembre 12, 2012

La musique adoucit les moeurs

Pour Francis





Le «mariage homosexuel» ouvre la voie à une profession d'avenir : psychiatre (et aussi avocat et juriste)


De la Belgique au Canada, tout n'est pas rose dans les unions arc-en-ciel

Des papas qui veulent être un peu plus que des donneurs de sperme, des lesbiennes qui se disputent des paillettes congelées… Dans les familles arc-en-ciel, tout n'est pas toujours rose. L'émergence de nouvelles formes de filiation et de parenté, dans des pays qui autorisent depuis plusieurs années le mariage homosexuel et l'adoption, a parfois donné lieu à des situations dramatiques et d'étonnants imbroglios juridiques.

En Grande-Bretagne, le traumatisme de l'épouse du donneur
Elle ne s'était «pas rendu compte». Ann* avait tout d'abord consenti à ce que son mari Michael* fasse don de son sperme. Mais à l'annonce de la naissance d'une petite fille chez un couple de lesbiennes, elle a craqué: le sperme ne fait-il pas partie des «biens matrimoniaux»?, s'interroge-t-elle, bouleversée «comme si (s)on mari l'avait trompée». Les lesbiennes étant trop âgées, elles avaient fait appel à une mère porteuse, tout en entamant une procédure d'adoption. Laquelle échouera, justement à cause de leur âge… La mère porteuse accouchera donc sous le nom de l'une d'entre elles. Et le tribunal, devant lequel Ann et Michael tentèrent de récupérer l'enfant, donnera finalement raison au couple de lesbiennes.

Au Canada, 13 paillettes de sperme à partager
Chacune avait eu un enfant du même donneur. Lors de leur séparation, elles sont toutes deux parties avec leur enfant respectif et la moitié de leurs biens. Mais elles avaient oublié les 13 paillettes de sperme congelé qui leur restaient! Quelques années plus tard, l'une, ayant retrouvé une compagne, a voulu un deuxième enfant du même donneur. Mais l'autre s'y est opposée, demandant la destruction des paillettes, pour des «raisons morales». Le juge a statué que bien que le sperme ait «un statut émotionnel» différent, il devait être considéré comme faisant partie des biens matrimoniaux, donc être partagé. Restait à décider qui aurait la 13e paillette: le juge a choisi celle qui avait le projet d'enfant.

En Belgique, «six parents» condamnés
Après sept ans de rebondissements dans l'invraisemblable histoire de la petite Donna, née d'une mère porteuse belge qui l'avait revendue 15.000 euros à un couple de Néerlandais, après l'avoir «promise» (pour 8000 euros) à son père biologique et à sa compagne stérile, puis à un couple de gays, le tribunal d'Audenaerde vient de statuer: les six «parents» ont été condamnés. La justice belge avait finalement décidé de poursuivre les trois couples (la mère porteuse et son mari, les Néerlandais et le père biologique et sa compagne) devant le tribunal correctionnel pour avoir infligé des «traitements inhumains et dégradants» à Donna. Quant à la fillette, elle demeurera aux Pays-Bas, auprès de ses parents adoptifs, sans jamais connaître son père naturel.

Au Texas, «les premiers jumeaux sans mère»
Tous deux quadragénaires, célibataires, amis de longue date… pourquoi ne pas faire un enfant, et l'élever ensemble? Sauf que quelques heures après l'accouchement, en juillet dernier, Marvin révèle son homosexualité et réclame la garde exclusive des jumeaux: Cindy, a-t-il expliqué devant la justice, n'est qu'une mère porteuse. Elle n'a aucun lien génétique avec les bébés, puisqu'à 47 ans, elle a eu recours à un don d'ovules… En attendant que la justice tranche, les jumeaux ont été confiés à Marvin et son partenaire. «S'ils gagnent, lance l'avocat de Cindy, les quatre seules personnes au monde à ne pas avoir de mère seront Adam, Eve, ainsi que ces jumeaux.»

En Australie, le père rayé de l'acte de naissance
En 2001, un couple de lesbiennes avait eu une petite fille avec un donneur gay. Celui-ci avait répondu à une annonce recherchant «une figure d'oncle». Mais le couple se sépare. Toutes deux veulent les mêmes droits sur l'enfant. Comme il n'est pas possible d'inscrire trois noms de parents sur un acte de naissance, le juge décide de rayer celui du père, pour inscrire celui de l'ex-compagne de la mère. Dévasté, le quinquagénaire a appris que sa fille de dix ans n'était plus «juridiquement» la sienne.

En Grande-Bretagne, le donneur qui voulait juste rendre service…
Son nom n'est pas sur les actes de naissance, souligne-t-il. «Mandy voulait des enfants, j'ai fourni les ingrédients, raconte prosaïquement Mark, un gay de 47 ans. Je n'ai jamais eu le désir d'être père.» Mais cet «acte de bonté» envers une lesbienne «non conventionnelle», qui pense qu'«il doit y avoir un père et une mère», a donné naissance à deux filles. Et puis la compagne de Mandy l'a quittée, et la quadragénaire, en difficulté financière, a retrouvé les coordonnées de Mark. Aujourd'hui, elle lui réclame une pension alimentaire! «Pourquoi ne poursuit-on pas la deuxième mère, qui les a élevées, et qui, elle, a les moyens?», s'énerve-t-il. Quant aux filles de 12 et 14 ans, elles sont très perturbées psychologiquement. «Jamais je ne pourrai me marier ni avoir des enfants», assène l'aînée.

… et celui qui avait «beaucoup à offrir»
L'annonce, dans le Gay Times, le présentait comme un «trentenaire solvable», qui avait «tout, sauf des enfants» et qui avait «beaucoup à offrir». Le couple de lesbiennes, bien plus modeste, en a profité par deux fois: un garçon puis une fille sont nés. Mais la mère a bientôt trouvé le père trop envahissant, l'accusant de «marginaliser» sa compagne. Quant au père, aujourd'hui quinquagénaire en couple depuis vingt-cinq ans, il estimait que le fait de payer les factures lui donnait le droit de voir davantage ses enfants… Qualifiant cette bataille juridique de «grande honte», le juge a finalement accordé la garde partagée aux deux couples. «Ce qui est particulièrement injuste, a-t-il conclu, c'est qu'une enfance gâchée de la sorte marquera sans doute ces enfants à jamais.»

dimanche, novembre 11, 2012

11 novembre 2012


Sur la commission Théodule Jospin

Encore une commission inutile. La vraie réforme n'est pas le non-cumul des mandats, car le cumul des mandats peut se défendre (ancrage local, indépendance des partis ...).

La réforme, c'est le non-renouvellement des mandats, qui empêcherait qu'il existe une classe de professionnels de la politique.

vendredi, novembre 09, 2012

Je l'écris beaucoup, d'autres le disent à la radio

Les Experts 9 novembre 2012

Obama-Hollande, même combat


Les élections de Barack Obama et de François Hollande peuvent se résumer de la même manière : la coalition des minorités, sans souci de l'intérêt général et souvent composées d'allogènes, a vaincu la majorité relative des indigènes qui traditionellement portait le destin et la culture du pays.

Voila. En France comme aux USA, le point de bascule politique du Grand Remplacement est atteint. Le peuple et la nation disparaissent, remplacés par la juxtaposition de populations antagonistes

Et après ? Sauf rupture, comme une banqueroute, c'est irréversible : la France et les Etats-Unis sont en train de disparaître, remplacés par des territoires administratifs des mêmes noms où cohabitent des populations antagonistes, dirigées par des oligarques qui arrosent de subventions pour étouffer la guerre civile latente.

Zemmour

Vanneste

jeudi, novembre 08, 2012

L'homosexualité est une mode

De nos jours, l'homosexualité est une mode, on est homosexuel pour obéir à une mode. Pour beaucoup de mes lecteurs habituels, ce constat paraîtra d'évidence. D'autres en seront choqués.

J'ai en tête un parallèle : en son temps, Emile Durkheim avait révolutionné la sociologie naissante en montrant que le choix individuel, semble-t-il par excellence, le suicide, obéissait à des lois collectives et, pour parler en termes profanes, à des effets de mode.

Il en est de même de la sexualité. Et il se trouve qu'aujourd'hui l'homosexualité est à la mode (il n'y a pratiquement plus un film français subventionné -pléonasme- où on ne trouve, généralement hors sujet, un homosexuel sympathique et un hétérosexuel antipathique).

Et alors ? Hé bien, la sagesse veut que l'on se méfie des modes.

Najat Vallaud-Belkacem et Georges Pompidou

Je suis en train de lire la correspondance choisie de Georges Pompidou.

En même temps, j'entends les déclarations de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.

Le contraste est saisissant.

D'un coté, le summum de ce que pouvait produire notre civilisation : un homme fin comme l'ambre au caractère trempé, un lettré à la vaste culture et aux goûts éclectiques, s'exprimant dans un français impeccable sans jamais verser dans la préciosité.

De l'autre, une «tchatcheuse» baragouinant dans le langage médiatique à la mode du politiquement correct,  à propos de qui il est incongru de parler de stature intellectuelle. Un frais minois pour passer à la télé, un toupet de tous les instants et un baratin à toute épreuve, voilà ce qui fait un ministre de nos jours.

Compétence ? Morale ? Bagages encombrants et inutiles.

Quarante ans seulement se sont écoulés, quelle décadence !

Bien sûr, Najat Vallaud-Belkacem n'est pas président de la république, mais croyez vous vraiment que François Hollande tiendrait mieux la comparaison ?

mercredi, novembre 07, 2012

Pourquoi si peu de mobilisation contre le «mariage homosexuel» ?


Autant je sens des opinions fermemement opposées au «mariage homosexuel», autant je ne sens pas une forte volonté d'agir, comme de se déplacer pour aller à une manifestation. Pourquoi ?

J'attribue cette apathie au fatalisme : la famille est déjà détruite depuis longtemps alors à quoi bon se battre pour sauver le peu qui reste ? Et puis, y a-t-il une chance de succès à se battre contre un gouvernement totalement abruti par son idéologie ?

Il y a au fond de cette attitude un désespoir vis-à-vis de la collectivité nationale : «Je protège ma famille. Si les autres veulent faire n'importe quoi, c'est bien dommage, mais c'est leur problème et, si le naufrage de ce pays s'accentue, il l'aura bien cherché».

La dissolution du sentiment de solidarité nationale, de destin commun, est un des résultats du socialisme.

Elections américaines

Vous avez sans doute remarqué que je ne me suis pas étendu sur le sujet.

C'est que je considère que les USA souffrent des mêmes maux que nous (peut-être les ont-ils inventés ?) : oligarchie politico-médiatique,  Grand Remplacement et social-clientélisme.

Donc, pour les mêmes raisons que nous, ils ne peuvent compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre.

Alors, Obama ou Romney ? C'est blanc bonnet et bonnet blanc.

Je préférais Romney, à cause du discours mais ce ne sont que des mots. Cependant, je ne suis ni étonné ni peiné de la victoire d'Obama. Je m'en fous.

mardi, novembre 06, 2012

Syrie : Londres n'exclut pas une défaite des opposants

Syrie : Londres n'exclut pas une défaite des opposants

Pragmatisme britannique qui nous change du droit-de-l'hommisme niais (et incantatoire) du gouvernement français.

Pour une sociologie du réchauffisme


Le réchauffisme (1) est une escroquerie intellectuelle.

Ici n'est pas le lieu de refaire la démonstration. Cela ne m'intéresse plus. Il suffit juste de rappeler que, depuis trente ans que cette théorie a vu le jour (ça ne nous rajeunit pas), toutes les prédictions des réchauffistes se sont avérées radicalement fausses. Une théorie qui produit systématiquement des prédictions fausses est une théorie à oublier.

Désormais, la question qui m'intéresse est la suivante : comment une théorie fausse a pu devenir une théorie acceptée comme vraie dans la majeure partie du milieu politique et du grand public, et, même, du milieu scientifique ?

On connaît des précédents de théories fausses acceptées comme vraies : le marxisme et l'eugénisme. On remarquera que le point commun de ces théories est d'être à la croisée de la science et de la politique. Plus exactement, sous couvert d'objectivité scientifique, ce sont des théories politiques.

Or, la formation d'une opinion politique est très diffèrent de la formation d'une vérité scientifique, même si, cerveau humain oblige, il y a des point communs.

Je ne connais pas d'ouvrage étudiant la formation de l'opinion réchauffiste. J'aurais bien vu Michael Crichton l'écrire, il est décédé trop tôt.

En tout cas, je suis très intéressé si vous pouviez m'aiguiller vers une lecture.



******************
(1) : le réchauffisme est l'opinon prétendument scientifique considérant l'ensemble des quatre hypothèses suivantes comme valide :

1) il y a un réchauffement climatique global inhabituel.

2) ce réchauffement est d'origine humaine.

3) ses conséquences sont catastrophiques.

4) il est possible (4a) et souhaitable (4b) de prendre des mesures contre ce réchauffement.

L'hypothèse 1 peut éventuellement se défendre (à supposer que les notions d'inhabituel et de climat global aient un sens). Toutes les autres hypothèses n'ont pas reçu le début du commencement d'une démonstration correcte.

Tout est simple : nous sommes en économie capitaliste


Pour expliquer nos problèmes économiques, je vous ai fait tout un barnum sur le thème «Le problème de ce gouvernement, c'est qu'il est socialiste».

Pour résoudre nos problèmes économiques, il suffit d'inverser le point de vue. Tout est simple : nous vivons en économie capitaliste. On peut le regretter (pas moi), mais c'est ainsi.

1) le capitalisme, c'est la liberté de réussir.

La logique du capitalisme a été résumée de manière lumineuse par Helmut Schmidt il y a quarante ans : «Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain».

Tout ce qui favorise les marges, les profits, l'accumulation de capital, c'est bien. Donc, tout ce qui rapproche les impots sur les profits et sur l'épargne (autre nom du capital) de zéro, c'est bien.

2) le capitalisme, c'est la liberté de dépenser et d'investir.

Tout ce qui réduit les dépenses contraintes, au premier rang les dépenses publiques, c'est bien.

Tout ce qui augmente la liberté des individus de disposer de leur argent, c'est bien, donc plutôt les impots constants ou proportionnels que les impots progressifs.

Tout ce qui augmente le choix des individus, c'est bien, donc privatisation et concurrence (notamment dans le domaine de l'instruction).

Tout ce qui permet une exercice de la liberté plus aisé, c'est bien, donc simplification de la fiscalité, de la réglementation et de la bureaucratie.

3) le capitalisme, c'est la liberté d'échouer.

Fin du capitalisme de connivence aux frais de l'Etat, fin du sauvetage des banques zombies, fin du sauvetage des canards boiteux aux frais du moutontribuable.

Un point juridique : revenir à la vraie responsabilité limitée (les patrons condamnés par des salopards de juges rouges pour «faute de gestion» sont de plus en plus nombreux. Quand une boite fait faillite, il y a toujours quelque part une «faute de gestion», donc cette pratique est une abolition de fait de la limitation de responsabilité. C'est une vraie machine de guerre contre l'entrepreneur).

Voilà : si chaque décision du gouvernement était prise dans l'obsession de ces quelques principes, en quatre ou cinq ans, peut-être moins, l'économie française connaitrait une prospérité surprenante (surprenante pour les imbéciles, pas pour mes fidèles lecteurs).

Tout est simple (1).


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(1) : note à l'intention des demi-habiles qui pourraient lire ce billet : je vois d'ici vos objections, vous confondez intelligence et complexité, simplicité et simplisme. Il faut beaucoup de réflexion pour arriver à faire simple. Pour pondre un rapport abscons de technocrate, il faut au contraire se préserver de toute réflexion comme de la peste.

Le masque de Zohra Dati

Ministre de la République, huit liaisons en même temps, elle ne sait pas qui est le père de sa fille (qui ne porte même pas un prénom français). Et ce sont ces dépravés qui vont nous imposer leurs décisions au nom des "valeurs" ! Ce sont ces gens qui vont juger de la famille ? Pauvre France ...

Le masque de Zohra Dati

lundi, novembre 05, 2012

«Son activité politique a toujours nécessité d'approvisionner des comptes au Luxembourg»

Et voilà : heureusement que je lis le Figaro, sinon j'ignorerais encore qu'approvisionner des comptes au Luxembourg fait partie de l'activité politique normale d'un élu socialiste du Pas de Calais.

Avouez que ça manquerait à ma culture !

Question subsidiaire : est-ce qu'il a croisé des riches au Luxembourg ? Parce que son patron, les riches, il les aime pas.


PS du Pas-de-Calais : voyages au Luxembourg et coffre-fort

Ayrault, asphyxié au gaz de shit


Première réaction du gouvernement au rapport Gallois : il réitère son  refus des recherches sur le gaz de schiste. Cette décision obscurantiste destinée à satisfaire les écolos n'est pas vraiment une surprise.

C'est un sujet qui, en raison, ne porte pas à discussion : bien sûr qu'il faut autoriser la recherche. C'est d'un point de vue économique et scientifique une évidence.

Cette décision absurde confirme une chose importante : le gouvernement prend toutes ses décisions, absolument toutes, non pas en fonction de critères techniques ou économiques, dans un souci plus ou moins grand d'efficacité,  mais uniquement en fonction de critères politiques, pour ne pas dire politiciens, et peu importe le résultat final sur le pays et sur son économie.

J'ai du mal à le lui reprocher : il applique la leçon que les Français lui ont donnée il y a six mois. François Hollande a été élu sur du vent, sur précisément cela : de la politicaillerie, des combinaisons, des mots, des fantasmes. François Hollande a été élu par les Français en se tenant le plus loin possible des réalités. Comment lui en vouloir d'entretenir l'état d'esprit qui a si bien fonctionné jusqu'à maintenant ?

Seulement voilà : être candidat et être président, ce n'est pas la même chose. Présider en se tenant loin des réalités est une voie catastrophique. Il est arrivé dans l'histoire que des illusionistes hypnotisent un peuple, cela ne s'est jamais bien terminé.

La stratégie de François Hollande est limpide : on compte une fois de plus sur la chance, la croissance extérieure, pour repousser les réformes nécessaires au-delà des prochaines élections, celles de 2017. On se contenterait encore du déclassement, ce long glissement dans la médiocrité, pourvu qu'il ne fût point trop douloureux.

Mais si, entre temps, les investisseurs, ces crétins qui ont confondu pendant dix ans les Grecs et les Allemands, se réveillent et sont pris de panique ? Après tout, avec ces oiseaux-là, c'est possible, pour ne pas dire probable. Imaginez que, à force de se réformer, l'Italie finisse par paraître plus sûre que la France ?

La France n'aura rien prévu ni rien anticipé, comme disait César d'un mauvais général, et nous vivrons la déroute financière.

Varus, qu'as tu fait de mes légions ?

Skyfall


Ce James Bond est meilleur que les deux derniers.

Cependant, je suis gêné par un parti-pris : ce film est très noir (peut-être une mise en condition pour le prochain James Bond joué par un noir !).

On est très loin de la légèreté d'un Bond sirotant son vodka-Martini sous les cocotiers tout en tombant les filles et en descendant les méchants. Je crains que ce Bond léger et tombeur («macho» comme disent avec une moue dégoûtée les féministes) ne soit plus de notre époque.Nous sommes pris par les couilles par le politiquement correct : des critiques se sont étonnés de l'audace d'une James Bond girl fumeuse !

Ce James Bond est comme notre époque : il se prend très au sérieux.


Compétitivité française : tout est simple


Le problème de la compétitivité française a été tellement analysé qu'il est inutile de revenir sur les causes :

> trop d'Etat (y compris trop de lois, par exemple celle sur les 35 h).

> un Etat trop peu productif.

Ces deux causes, interdépendantes, se combinent pour aboutir à la catastrophe actuelle.

La démonstration que je préfère, la plus didactique, est celle de Charles Gave. Mais vous pouvez en trouver des centaines, venant d'organismes officiels si vous préférez. Bien sûr, il y aura toujours des amis du désastre pour réfuter ces causes mais face au poids des évidences, ils ne pèsent rien.

La stratégie est limpide. On en est arrivé là en divisant le peuple français en clientèles électorales et en saupoudrant chacune. Il suffit d'inverser le discours : considérer le peuple comme un tout, faire appel au patriotisme, demander à chacun des efforts. Que chacun sente que les efforts sont partagés. Et que la perte présente soit compensée par un espoir réel pour le futur.

Voilà pour la stratégie.

Pour la tactique, c'est tout aussi simple : un avantage acquis se rachète, se compense ou s'éteint. L'extinction est le moyen le moins indolore politiquement : les nouveaux embauchés ne bénéficient pas de l'ancien système. On peut combiner.

Je suis peut-être inconsidérément optimiste, mais je pense que si ce plan était présenté aux Français, franchement et solennellement, comme le discours gaullien de 1958, ils râleraient, comme toujours, mais l'accepteraient.

Hélas, hélas, Hollande n'est pas De Gaullle. Très très loin de là.

«Choc de compétitivité», l'expression qui effraie François Hollande comme l'eau effraie mon chat


Excellente analyse de Philippe Tesson : dans l'expression «Choc de compétitivité», le mot «choc» effraie plus François Hollande que le mot «compétitivité».

Ce président, et par conséquent  ce gouvernement, a plus qu'il n'est raisonnable l'esprit de finasserie. François Hollande a l'esprit féminin tel que le décrivent les misogynes. On palabre, on discutaille, on ne tranche pas, on joue sur les mots, on promet sans promettre, on embrouille le gogo, on s'engage en prévoyant une voie de dégagement, on attend le temps qu'il faut que le consensus se dégage de lui-même.

Je pense qu'il ressent l'impératif de «viser haut et se tenir droit», suivant l'expression gaullienne, comme une indécence, comme une brutalité impolie, mal venue, comme une agressivité inutile, comme une exposition de virilité idiote et manquant de finesse.

Seulement voilà : décider, c'est trancher, donc arrêter de finasser. Préférer une solution à toutes les autres posssibles.

François Hollande confronte donc la France à une question qui serait intéressante si elle restait théorique mais qui devient dramatique à l'épreuve des faits : peut-on gouverner sans décider ?

dimanche, novembre 04, 2012

Quelles leçons de la Résistance pour aujourd'hui ?

Depuis Jacques Chirac, notre classe jacassante est officiellement pétainiste, puisqu'elle fait sienne, à travers la repentance, l'interprétation pétainiste de l'histoire : le gouvernement de Vichy représentait et engageait la France, toute entière et légitimement. Donc la France est responsable de la déportation des juifs et de la rafle du Vel d'Hiv.

Cette ligne politique a été poursuivie par Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Cela faisait longtemps que ça la démangeait, notre classe jacassante.

Les gaullistes et leur fierté hautaine, il fallait les supporter, parce qu'ils avaient eu la bonne idée d'être du coté des vainqueurs.

Mais, enfin, avec leurs croquenots boueux sur les tapis épais des institutions, ça faisait tache. Ils n'avaient pas faits les Grandes Ecoles et les Grands Corps. Ils méprisaient ostensiblement les petits jeux parlementaires si délicieux et les mondanités parisiennes si agréables. Ils ne s'étaient pas compromis comme tout le monde. Quelle faute de goût, cette pureté ! Et puis, toute cette exaltation, tout ce patriotisme, comme c'est bruyant ! Cette exigence perpétuelle, comme c'est pénible ! Et quel ennui ! Qu'ils nous laissent un peu nous affaisser dans la soie et le mohair des beaux quartiers, c'est si doux ...

Heureusement, le dernier politicien gaulliste, Philippe Seguin, est mort et bien mort. On se retrouve enfin entre nous. François hollande est, par ses idées, par son parcours et par son caractère, le président de coeur de ces pétainistes, des amis du désastre, des docteurs "sans nous, ça serait pire" du naufrage, de ceux qui tirent toujours profit des choses qui adviennent, qui n'essaient jamais d'en retourner le cours, au prix du malheur de la France. François Hollande n'aurait pas fait tache à Vichy.

La France moisie que dénonçait Philippe Sollers, ce n'est pas tant au Front National qu'il faut la chercher que chez les Joffrin, les Demorand, les Pigasse. Bien sûr, les mots ont changé, ils sont même parfois à l'opposé, pour donner le change (ils s'y connaissent, ces gens-là, en change, en argent). Mais le fond ? Le caractère ? C'est toujours le même : il ne faut pas que le fatigant devoir de se tenir droit et de viser haut perturbe les douillets arrangements entre amis, surtout quand ces amis amis sont financiers, l'argent, c'est sacré, il ne faut pas le laisser à des amateurs.

Et nous, qui ne nous résolvons pas au pétainisme de coeur, que nous reste-il ?

Il nous reste l'exemple de la première Résistance, celle de 1940. Celle qu'il est impossible de soupçonner du moindre calcul d'intérêt.

 La composition en était très diverse, mais c'était plutôt des jeunes, voire des très jeunes, et des hommes. De la classe moyenne à moyenne supérieure éduquée. Pas du tout de notables ou de classe dirigeante. Souvent des individus en porte-à-faux social. Ils avaient souvent manifesté un intérêt précoce pour la politique. En revanche difficile de les classer sur l'axe droite-gauche, il y a de tout, à cet égard.

Qu'est-ce que cela nous enseigne pour aujourd'hui ?

Suivant le précepte évident mais qu'il est si facile de perdre de vue qu'il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre, inutile d'attendre les notables et les bien installés.

Restent les jeunes (je crois dans le changement politique permis par le changement de génération) et les vieux irascibles. Ce n'est déjà pas si mal. Les grandes choses n'ont jamais été faites par les foules.

Macte animo, generose puer.

La non-compétitivité française ne date pas d'hier

Note de bas de page dans les Fossoyeurs, dans la ligne de Marc de Scitivaux :

A noter la tendance marquée des syndicats patronaux (Comité des Forges etc) à se précipiter dans des cartels avec l'industrie allemande pour le partage des marchés, dans l'ère de Locarno. Après le traité de Versailles qui avait fait de la France une grande puissance économique comme avant 1914, toujours la recherche du moindre effort ! Le malthusianisme de naguère n'avait pas préparé les producteurs à soutenir le choc de concurrents audacieux.

Aujourd'hui, les choses ont un peu changé avec les groupes du CAC40 qui font leur fortune à l'étranger.

Mais il faut faire attention que cette réussite ne soit pas en trompe-l'oeil : elle s'est beaucoup appuyée sur la connivence avec les pouvoirs publics et s'est faite au détriment de la petite et moyenne entreprise, par l'intermédiaire de taxes et impôts auxquels échappent partiellement ces grands groupes et auxquels ne peuvent se soustraire les entreprises plus petites.

«Mariage homosexuel» : pas de «débat», un référendum

Sur le «mariage homosexuel», pas de pseudo-débat qui est toujours dans la main des medias gauchistes. Un référendum.

Je sais que cela pose un problème juridique : cette question n'est pas dans le cadre défini par la loi pour le référendum. Mais allez donc expliquer aux Français qu'on ne peut pas leur poser la question parce que la loi l'interdit. Ils vous diront de changer cette loi.

Ma conviction politique est claire : la démocratie est un système très imparfait, et c'est sous sa forme représentative qu'il a le plus d'inconvénients. Je suis pour la monarchie, mais comme je n'y crois pas dans un avenir proche, la forme politique vraisembable qui me paraît la moins mauvaise est la démocratie directe.

Des référendums souvent et sur tous les sujets.

Même si le peuple est susceptible de bien des égarements, je lui crois plus de bon sens et plus de patriotisme qu'à la classe jacassante politico-médiatique. Sur dix référendums, il y en aura peu-être quatre dont les résultats seront idiots. C'est un ratio bien meilleur que les décisions prises par notre classe prétendue éclairée.

Le fond du problème, c'est que dans nos politiciens qui n'ont que le mot démocratie à la bouche, bien peu font confiance au peuple français, peut-être aucun, et j'en soupçonne beaucoup, notamment à gauche, de le détester purement et simplement.







samedi, novembre 03, 2012

Comment peut-on être fier d'être algérien ?

Le gouvernement algérien exige que la France se repente de son histoire. Il y a même des connasses franco-algériennes fières d'être algériennes mais pas fières d'être françaises (toujours ce problème de la double allégeance).

Le problème est que je vois pas mal de raisons d'être fier d'être français. Mais fier d'être algérien ? Franchement ?

La France a une histoire riche avec des savants et des artistes qui ont apporté à l'humanité.

L'Algérie ? Un pays arriéré, qui n'existerait pas sans la France, qui a apporté à la Méditerranée les barbaresques. Effectivement, de quoi être fier. Ou alors, fier d'avoir des gisements de gaz (découverts par les Français) qui entretiennent un pouvoir corrompu ? Fier d'une indépendance obtenue au prix d'ignobles sévices sur des civils ? Et j'oubliais : pays dont la population fuit en masse vers la France. C'est donc que la comparaison ne doit pas être tellement en faveur de l'Algérie.

Plus fier d'être algérien que français ? Mystère.

La France n'a pas la tête économique

La France n'a pas la tête économique.

Aristocratie ? Catholicisme ? Puissance démographique ? Je ne sais.

 La France a toujours été en économie, d'aussi loin qu'on remonte son histoire, le premier des cancres ou le dernier des bons élèves.

Tour à tour, l'Italie, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis ont eu la primauté économique. Nous n'avons jamais été que des seconds guère brillants.

C'est d'ailleurs en raison de ce retard chronique que la France a eu de fulgurantes périodes de rattrapage : le Second Empire, la Belle Epoque, les Trente Glorieuses. Mais quoi qu'on en dise, ce n'était que du rattrapage.

C'est pourquoi les imbéciles (Zemmour par exemple) qui considèrent qu'on devrait en revenir au dirigisme des Trente Glorieuses se trompent d'analyse. Il ne s'agit pas de s'inspirer de telle ou telle période de rattrapage (sinon pourquoi ne pas choisir le Second Empire et son libéralisme ?), il s'agit de se convaincre qu'à force «d'osciller perpétuellement du drame à la médiocrité», les Français finissent toujours par en avoir marre de la honte et par faire ce qui doit être fait.

Car ce qui doit être fait ne recèle aucun mystère : baisse massive des impôts gagée sur une baisse tout aussi massive des dépenses publiques grâce au désengagement de l'Etat -privatisations et compagnies, simplification administrative notamment fiscale, suppression de couches (régions, départements, communes, etc.), débroussaillage juridique (en particulier, abolition du principe de précaution). Bref, de l'air, de la liberté, et merde aux flictionnaires et aux ponctionnaires.

On n'attend plus que les hommes d'action qui enclencheront tout cela

Marc de Scitivaux sur les Trente Glorieuses et les 35 heures

Description des Trente Glorieuses par Marc de Scitivaux (je transcris librement) :

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Le problème de compétitivité française est très profond, même pendant les Trente Glorieuses. Le Franc a dévalué plusieurs fois, le Franc a été divisé par quatre face au Mark.

Autrement dit, les Français ont l'habitude de recevoir des faux droits qui sont ensuite repris par la dévaluation. L'Allemagne, elle, a l'habitude d'une monnaie forte et de faire de vrais efforts de compétitivité.

On ne voit pas comment faire cohabiter dans une zone monétaire deux pays aux cultures économiques si opposées.

La catastrophe, c'est que l'idée à la base des 35 h est fausse : la réduction du temps de travail ne réduit pas le chômage, elle l'augmente, car elle exclut du travail les moins productifs, ceux qui rapporteraient à leur patron s'ils travaillaient 40 h mais ne rapportent plus à 35 h.

A-t-on entendu un leader de droite contredire la gauche avec cet argument fondamental ?

 Il ne faut pas ménager les 35 h, contourner le problème : l'idée à la base des 35 h est fausse, il faut supprimer les 35 h.

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Le père Marc fait exactement le même constat de faillite de la classe politique française que moi : que ce soit les à propos des 35 heures ou d'"aligner la fiscalité du capital sur celle du travail", nos politichiens partagent de la gauche à la droite un corpus d'idées économiques mortelles.

Je critique beaucoup Hollande, mais le fait que Sarkozy n'ait pas supprimé les 35 heures mériteraient quelques années de prison (je ne plaisante pas).

CPEF.

vendredi, novembre 02, 2012

«Aujourd'hui ...»

Tout à ma colère et à mon fou rire -les deux mêlés, c'est étrange-, j'ai cité François Hollande de manière erronée.

Il n'a pas dit :«Exercer le pouvoir, c'est dur».

Il a dit : «Exercer le pouvoir, aujourd'hui, c'est très dur».

Il a beau ajouter ensuite qu'il le savait, le fait qu'il l'avoue ne laisse guère de doute sur sa mauvaise préparation psychologique : il voulait la place pour lui-même, pour la gloriole, pour le faste, mais n'a jamais eu l'intention d'en faire usage pour le bien commun, il n'a jamais médité sur le pouvoir et son exercice. Sinon, il aurait su sans éprouver le besoin de le dire.

Le «aujourd'hui» révèle qu'il s'apitoie sur lui-même : quand on se regarde le nombril, on croit toujours que les malheurs qu'on subit sont les plus grands jamais survenus. De plus, cette chochotte insiste, ce n'est pas dur,  «c'est très dur». Ridicule !

C'est aussi révélateur d'un trait de plus en plus fréquent de nos politiciens : l'inculture. L'ignorance crasse.

Sans remonter à la longue litanie des empereurs romains assassinés, tout homme disposant d'un minimum de culture sait que l'exercice du pouvoir a toujours été exigeant et que, à tout prendre, «aujourd'hui», cela serait plutôt moins difficile que par le passé.

On n'a pas essayé de l'assassiner ? On n'a pas accusé son épouse (c'est vrai qu'il n'en a pas) de participer à des partouses ? On n'a pas accusé son gendre de malversation ? La presse ne l'a pas trainé dans la boue ? Il n'a pas eu à décider d'envoyer des milliers de jeunes Français à la mort ? Il n'a pas eu à faire face à la menace d'un désastre militaire ?

Alors, de quoi se plaint-il, exactement, ce petit monsieur ?

S'il avait un minimum de culture, il saurait qu'il est mal placé pour gémir.

Enfin ... Je vais me plonger dans la lecture de la correspondance de Pompidou. Lui, il connaissait l'histoire et la littérature. Ca me consolera.

Voici une lettre que ni N. Sarkozy ni F. Hollande (ni, bien entendu, C. Duflot) n'auraient pu écrire :

Lettre de Pompidou à Chaban-Delmas

Addendum :

Je me demande si nous ne faisons pas une erreur sur François Hollande. Nous le prenons pour un homme. En fait, il a des réactions féminines, qui ne nous étonneraient pas de Ségolène Royal : pas d'autorité, mais de l'autoritarisme, beaucoup de sentiments et de magouilles. Ah, s'il pouvait plutôt prendre exemple sur Margaret Thatcher ...

On n'oubliera pas qu'Eric Zemmour avait glosé sur la différence entre JM Le Pen et F. Hollande interrogés sur la dépression post-campagne électorale : Le Pen parle de "post-coïtum, animal triste", expression virile, tandis que Hollande parle de "baby blues", expression féminine s'il en est.

De là à voir dans son embonpoint un substitut de grossesse ... Il a maigri pour la campagne, pour nous faire croire qu'il était un homme, et il reprend après l'élection, avec son ventre, sa vraie nature, féminine. D'accord, c'est un peu tiré par les cheveux.

«Exercer le pouvoir, c'est dur»

«Exercer le pouvoir, c'est dur» : voici la phrase que vient de prononcer François Hollande dans un entretien.

Elle est indécente par son apitoiement sur soi-même. Que je sache, il y a des «duretés» plus éprouvantes que de vivre comme un nabab sous les ors de la République payés par le moutontribuable (J'ai pensé ...).

D'autant plus indécent que c'est l'arroseur arrosé : M. Hollande ne reçoit pas le quart des attaques qu'il a fait subir à M. Sarkozy.

Mais c'est en quelque sorte la routine : je ne peux pas passer ma vie à expliquer que les politiciens sont la lie de notre société et m'étonner chaque fois qu'un politicard se montre scandaleusement indécent.

D'accord, j'admets qu'en matière d'indécence et de foutage de gueule, François Hollande est un champion du monde (il triche : les socialistes ont un camp spécial d'entraînement au foutage de gueule, ça s'appelle Solférino et François y a passé beaucoup de temps).

Non, ce qui m'inquiète vraiment, c'est l'incapacité à encaisser les coups en se tenant droit, sans venir brailler comme un veau. On n'imagine pas Clemenceau ou De Gaulle aller pleurnicher qu'«exercer le pouvoir, c'est dur». Le problème, c'est qu'Hollande, c'est une femmelette déguisée (mal) en homme (Hollande, président à pâte molle).

Les Français qui ont voté Hollande (des cons, tout de même) ont cru (pas trop fort) voter pour un homme d'Etat.

«Exercer le pouvoir, c'est dur» : bon, maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

Réaction saine et de bon sens : «Coco, on a bien compris que c'était trop dur pour toi. Tu es venu, on a vu, tu as merdu. Alors, tu dégages et tu arrêtes de nous faire chier». Malheureusement, cette solution simple et de bon sens n'a aucune chance.

Deuxième solution : «On peut pas te virer, c'est bien dommage. Mais tu arrêtes : tu te mets dans ton coin et tu ne fais plus rien, façon Belgique sans gouvernement. Chaque fois que quelqu'un veut te voir, tu disparais sous ton bureau. Chaque fois qu'on te demande ton avis, tu fais le muet du sérail».

Hélas, toutes ces excellentes idées ont peu de chances. Il ne reste donc qu'à subir stoïquement Pleurnichard 1er, qui est aussi Revanchard 1er et Taxator 1er.

Ou à nous barrer ...

jeudi, novembre 01, 2012

Les fossoyeurs T. 2 (Pertinax)

J'ai trouvé ce deuxième tome grâce à Abebooks. Je n'ai pas fini de le lire. Il s'agit hélas de l'édition publiée à New-York en 1943 et non de celle de 1946.

Après le premier tome consacré aux événements de septembre 39 au 16 juin 40 et à Gamelin, Daladier et Reynaud, ce deuxième tome se concentre sur Pétain (et Laval). L'auteur en profite pour dresser le tableau de la France de la fin du XIXème siècle à 1940.

Je suis pas sûr qu'il existe en 2012 un journaliste français capable de dresser un tableau équivalent et avec style.

Ce point de vue contemporain est intéressant : Pétain et Laval ne lui semblent pas tant coupables de l'armistice que de leur action (et de leur inaction) traitresse qui a amené la défaite. Je ne pense pas que Pertinax ait rien trouvé à redire à la condamnation à mort de Laval.




Mon livre de l'année

Nous sommes début novembre. Ayant déjà cinq livre en cours de lecture, je ne pense pas en découvrir de nouveau cette année.

Je peux donc discerner mon prix du livre de l'année :

Psychologie du socialisme, de Gustave Le Bon

Ce livre de 1902 est stupéfiant de pertinence en 2012.

On le trouve aussi en ligne.

J'avais aussi en Maurice Genevoix, mais je n'ai pas fini. Je mène de front Pierre Benoit.

Ayrault : "C'est çui qui dit qui y est"


Notre gouvernement socialiste est un spécialiste en grosses conneries, suivant le précepte "plus c'est gros, plus ça passe".

Mais Jean-Mou Ayrault vient de nous en sortir, à propos des trente-cinq heures, une excellente : "Je ne suis pas dogmatique".

J'ai failli m'uriner dessus de rire en lisant cela. Un gouvernement qui émet des absurdités économiques comme "aligner la fiscalité du capital sur celle du travail", "faire payer les riches", "3 % de déficit sans toucher aux dépenses", "pas toucher à l'Euro", "pas toucher aux 35 h", pas dogmatique ? En réalité, il est tellement dogmatique que Jean-Mou est revenu sur sa déclaration sur les 35 h en deux heures.

Remettons les responsabilités là où elles sont : Jean-Mou Ayrault ne m'est pas antipathique (pour un socialiste), il n'est qu'un sous-fifre galonné, un subalterne en haut de l'échelle, un fusible de luxe, le responsable est François Hollande.

De toute façon, les socialistes sont obligés d'être dogmatiques, puisque, par définition, ils ne comprennent rien à l'économie (sinon, ils ne seraient pas socialistes), ils ne peuvent donc pas être pragmatiques.

Les gauchistes ayant l'habitude de psychiatriser leurs ennemis, je m'amuse à retourner la technique. Milton Erickson définissait la maladie mentale comme une rigidité dans les relations qui empêche un individu de s'épanouir. Par exemple, un type qui se prend pour Jésus et qui passe son temps à évangéliser son entourage, ça peut être un problème. Le même type, qui se prend toujours pour Jésus, qui travaille comme charpentier, c'est déjà moins un problème.

Dans cette optique, nos amis socialistes souffrent d'une psycho-rigidité proche de la maladie mentale.

L'économie, mondialisée, n'a jamais été si riche d'occasions de saisir la prospérité par les cheveux. Les exemples de la Corée (du sud, évidemment. Nos socialos pourraient se tromper) ou de Singapour, passés en à peine cinquante ans du sous-développement à celui d'économie avancée, sont frappants. Mais les socialistes, de droite comme de gauche, se sont montrés incapables de saisir cette chance car ils souffrent d'une vision de l'économie totalement fantasmatique, en opposition avec la réalité, qui les empêche de prendre les bonnes décisions. Comme disait Einstein, un symptôme de folie est d'essayer sans cesse la même chose en espérant chaque fois un résultat diffèrent.

Rappelons que la prospérité repose sur trois piliers seulement : liberté, travail, capital. Tout ce qui favorise ces trois piliers est bon pour le bien-être matériel général. Tout le reste est littérature pédante.

La lie : amateurs et professionnels

Christian Vanneste analyse pourquoi des politiciens professionnels donnent si souvent l'impression d'être des amateurs incompétents.

Amateurs et professionnels

Promotion Ubu roi (O. Saby)

Un ancien élève de l'ENA raconte avec légèreté et ironie sa scolarité.

C'est affligeant, on s'en doutait : les Français ont trop l'occasion de voir des énarques en action pour ne pas savoir à quoi s'en tenir.

Problème fondamental : faut-il une école nationale d'administration sélectionnant sur concours et classant à la sortie ? La plupart des pays, et notamment ceux qui fonctionnent mieux que le nôtre, s'en passent très bien. Ceux qui s'en inspirent sont des dictatures arriérées ex-colonies et je ne pense pas que cela soit un hommage du vice à la vertu.

L'ENA a beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages. L'endogamie est le péril de l'intelligence. De plus, cette création d'une aristocratie dès le plus jeune âge ayant vocation à monopoliser les meilleures places est une catastrophe : c'est la certitude que jamais rien ne changera, que jamais d'air frais n'entrera. La suppression de l'ENA serait un petit pas pour la France mais un grand pas pour l'Etat.

Hélas, l'ENA existe, regardons sa scolarité. C'est une scolarité de premiers de la classe et c'est une catastrophe : un premier de classe a, plus ou moins dissimulée, pour certains très apparente, une âme de fayot. Le premier de la classe, c'est d'abord celui qui sait plaire au prof, pour de bonnes, et quelquefois pour de moins bonnes, raisons.

En général, le premier de la classe n'est pas connu pour son aura, son originalité et sa créativité. Malicieusement, Olivier Saby fait remarquer que le fascicule sur le management que l'administration distribue ne cite pas en exemple un seul énarque.

Comprenez moi bien. Je ne fais pas l'éloge du cancre (je ne suis pas un gauchiste qui met les valeurs cul par dessus tête), mieux vaut être le premier de la classe que le dernier. Mais il ne faut pas donner à cette position plus de valeur qu'elle n'en a.

Il existe un moment où il faut sortir des puérils classements scolaires, la vie est plus complexe qu'un rang acquis à vingt-trois ans. Malheureusement, les énarques n'en sortent jamais (les vieux énarques qui portent leur rang comme une médaille sont parmi les plus comiques du livre). C'est une déficience, presque un handicap.

De plus, l'enseignement, fort médiocre, renforce les défauts de l'énarque : la superficialité, la vanité, le mépris et la confusion entre virtuosité intellectuelle et intelligence. Les énarques sont souvent brillants mais le brillant est une qualité de cireurs de pompes. On comprend que l'ENA reste discrète sur sa pédagogie : seul le mystère empêche d'en juger la vacuité.

Les quelques énarques que j'ai croisés m'ont toujours fait une double impression : au premier abord «quelle belle machine intellectuelle !», mais à la réflexion «c'est creux, tout ça». Ils font partie de ces gens qui se payent de mots, qui croient avoir fait quand ils ont dit.

Un ami a un critère très simple pour juger des caractères : «Est-ce que tu partirais à la guerre avec ce type-là ?» Pas un énarque pour qui j'ai répondu «oui, sans hésitation». Et les énarques devenus chefs des armées ne sont pas ceux qui m'auraient le moins poussé à la désertion.

Il faudrait supprimer l'ENA mais elle est tellement consubstantielle au Système qu'elle disparaîtra avec lui.

M. Hollande et le sévice public

Le contresens absolu