samedi, janvier 10, 2015

Charlie : Eric Verhaeghe claque cet enculé de Badinter (entre autres)

Charlie Hebdo: Allah met fin à 70 ans d’insouciance française

La France vient de vivre deux jours et demi de séisme politique, dans la foulée du sidérant attentat contre Charlie Hebdo. A en juger par l’ambiance qui règne désormais non seulement à Paris mais sur l’ensemble du territoire, cette séquence tragique constitue incontestablement un tournant majeur dans la trajectoire française contemporaine.
On ne m’en voudra pas, j’espère, de consacrer à ces événements un texte qui se revendique comme totalement anecdotique et délibérément hostile aux ratiocinations que j’ai commencées à lire çà et là.

Je revendique de tomber dans le piège dénoncé par Badinter

Commençons par le commencement: le massacre perpétré à Charlie Hebdo a produit, à juste titre, une immense émotion dans l’opinion. Le hasard voulait que je fusse à proximité du boulevard Richard Lenoir quelques minutes après l’attentat. J’ai été frappé par le silence, l’abasourdissement qui régnait sur les lieux parmi les badauds qui se trouvaient là.
L’attaque contre Charlie Hebdo, c’était une attaque contre l’esprit gaulois: cette humour de mauvais goût qui me fait périodiquement rire et que les Anglo-Saxons détestent. Charlie Hebdo, c’était Astérix, c’était ce village qui vit dans nos têtes à tous, et qui résiste encore et toujours aux envahisseurs de toutes sortes. Parmi les badauds, beaucoup étaient des bobos qui comprenaient brutalement que leur identité gauloise était en danger: cet esprit frondeur, de liberté, cet amour de l’expression, venaient de passer un très sale moment.
Un autre hasard veut que j’habite en haut de Belleville, à quelques centaines de mètres de là où est née la « cellule des Buttes Chaumont » dont les frères Kouachi et dont Coulibaly sont issus. Pour rentrer chez moi mercredi, je suis passé à trois ou quatre cents mètres de la rue de Meaux, où les tueurs ont abandonné leur première voiture. La nourrice de ma fille m’informait qu’elle avait voulu faire une promenade au parc de la Villette, à proximité de la porte de Pantin par laquelle les tueurs ont quitté Paris. Elle y a finalement renoncé parce que ma fille avait froid et ne voulait pas sortir. Et si elle y était allée, comment être sûr que les tueurs ne seraient pas tombés à ce moment-là, à cet endroit-là, sur une patrouille à leur recherche: des coups de feu auraient éclaté dans les rues, et la vie de ma fille était en danger?
Je cite ces faits, parce que j’ai lu un certain nombre de textes d’intellectuels qui n’habitent pas les quartiers difficiles, qui sont au-delà de la vraie vie des quartiers, loin des faits, loin des lieux où des balles ont sifflé – et ce n’était pas des balles perdues. Tous ces gens qui sont à l’abri adorent donner des leçons sur la peur qu’il ne faut pas avoir, sur le piège des terroristes dans lequel il ne faut pas tomber.
Je pense ici à ce grand bourgeois de Badinter, qui vit richement dans son sixième arrondissement avec vue sur les jardins du Luxembourg, où l’on trouve plus de policiers à l’hectare que dans aucun autre quartier de Paris. Personnellement, je n’y vois pas d’inconvénient, à ce qu’il mène grand train dans les beaux quartiers avec la fortune de sa femme, mais enfin, le petit père Badinter, il est gonflé de nous donner des leçons sur la peur: il n’y est jamais confronté! Qu’il remonte avec moi à pied la rue de Belleville, qu’il se promène à Barbès, qu’il longe avec moi les boulevards aux alentours de Stalingrad, qu’il se balade place des Fêtes, et il viendra ensuite me parler de la peur et des pièges qu’elle nous tend.
Je parle de moi, mais à Badinter je pourrais lui parler de tous ces habitants (dont beaucoup sont musulmans) qui ne sortent plus chez eux après vingt-deux heures, depuis des années, parce qu’ils en ont marre de subir les regards, les remarques, les agressions plus ou moins directes, ou les menaces d’agression de la part de ces petites racailles qui squattent les halls d’immeubles en toute impunité, et qui y ont imposé leur loi dans l’indifférence générale. Chaque fois qu’il s’est agi de secouer le cocotier de ces peurs, les Badinter et compagnie nous ont asséné un discours lénifiant, prétendument humaniste, qui les gênait d’autant moins que dans les quartiers où habitent ceux qui les profèrent, on ne croise que des bons petits blancs propres sur eux.
Bref, l’attentat contre Charlie Hebdo m’a ému, parce que moi aussi j’aurais pu me trouver sur la trajectoire des tueurs, et bien pire: ma fille aussi, qui a pourtant le droit de grandir dans un monde où les choses se passent autrement, dans un monde aussi sécurisé que celui où ont vécu les enfants Badinter.

Trente ans de laxisme bobo, 3 jours de terreur

Le soir de l’attentat contre Charlie Hebdo, je suis allé au rassemblement de la place de la République, que j’ai trouvé très digne et très « mature », mais où aucun représentant de nos institutions n’était. J’ai trouvé un peu agaçante la façon dont la foule, encore sous le coup de l’émotion, était encadrée par des organisateurs en apparence sans étiquette, mais qui avaient très bien vu le coup venir. Tout le matériel était prêt pour faire entonner par la foule des refrains décidés à l’avance, sous couvert, bien entendu, de neutralité et d’amour désintéressé de la liberté.
Ce soir-là, je me suis souvenu des textes de Gustave Le Bon sur la manipulation des foules par l’émotion. C’est vrai qu’en politique, l’émotion est toujours mauvaise conseillère: le meilleur remède que je propose est de la laisser parler, de l’assumer, et de ne pas jouer à ceux qui la cachent derrière des discours prétendument raisonnables. Il faut savoir n’être que ce que l’on est.
Place de la République, on m’excusera de le dire, mais j’ai retrouvé plein de bobos qui nous bassinent depuis des années sur le droit des minorités, et sur la nécessaire bienveillance à avoir vis-à-vis des racailles qui hantent les quartiers. J’avais l’impression qu’après 30 ans de laxisme sur le mode: « Nous qui portons la faute du colonialisme, nous avons des choses à nous faire pardonner, donc nous devons manger notre chapeau quand des adolescents perturbés nous insultent dans la rue », les bobos parisiens achetaient leur bonne conscience: celle plus très nette lorsqu’ils ont découvert que les petites racailles qu’ils ont protégées pendant des années au nom du: « ils sont déterminés par leur milieu social, donc il ne faut pas être trop durs avec eux », ces petites racailles étaient devenus de dangereux assassins capables de mitrailler dix journalistes, de flinguer des flics à bouts portants, et de dresser un immense doigt d’honneur à notre civilisation.
Quand on aime avoir les mains propres, c’est évidemment gênant de se coucher en se disant que la tranquillité de l’âme qu’on a achetée pendant tant d’années avec des discours de bisounours aveugle se paie par autant de vies fauchées en une seule journée. Cela vaut bien soixante minutes transies dans le froid.
C’est probablement ici que la France connaît son tournant: le massacre de Charlie Hebdo a brutalement rendu insupportable cette tolérance à l’intolérable qui a conduit à la radicalisation d’un nombre considérable de nos jeunes. Ceux qui, au nom du devoir mémoriel, de la culpabilité d’avoir colonisé l’Afrique (du Nord ou non), de la culpabilité de notre histoire répétée à tous bouts de champ, avaient expliqué que la loi ne devait pas forcément être respectée par tout le monde, ont soudain compris que les sanglots de l’homme blanc ne seraient pas portés à leur crédit. Toutes les exceptions à la règle tolérées au quotidien depuis des années dans les quartiers, sous une foule de prétextes fallacieux, n’ont servi à rien d’autre qu’à couver des tueurs en série, des barbares incapables de discerner le bien et le mal.
Il faut maintenant que nos bobos sentencieux déroulent le fil de la pelote: qu’ils lisent les récits d’enseignants qui, dans les classes, décrivent les réactions majoritaires parmi les élèves de sensibilité musulmane, dont les fondamentaux sont très éloignés de ceux de notre démocratie. Qu’ils les lisent et qu’ils en tirent les conclusions qui s’imposent: l’école laïque ne parvient plus à transmettre cet attachement fondateur à la liberté qui a fait le sel de générations françaises sous la République.
Non, les Coulibaly, les Kouachi ne sont pas des accidents. Ils sont des conséquences, disons même qu’ils sont le résultat d’une déstructuration organisée de l’éducation transmise par l’école publique. Entre des programmes délirants où le savoir n’est plus transmis, et un renoncement aux valeurs essentielles de la France républicaine, nous avons fomenté une génération qui rejette en bloc, dans certains quartiers, l’héritage de nos libertés.
Si une seule conséquence positive peut être attendue des trois jours monstrueux que nous venons de vivre, c’est bien cette prise de conscience face au problème que nous avons collectivement – celui de cette haine de soi qui nous conduit à ne plus transmettre la France et ses valeurs aux générations qui arrivent.

Replacer la responsabilité individuelle au coeur de notre société

Sous certaines plumes, je pense notamment à celle de Jacques Sapir, j’ai commencé à lire à nouveau le délire selon lequel des tas de gens seraient responsables de la radicalisation des jeunes. C’est un discours ambiant qui me gonfle prodigieusement. Je l’ai entendu dans la bouche des racailles qui squattaient l’entrée de mon immeuble lorsque je suis arrivé dans le XIXè arrondissement, et dont j’ai appris aujourd’hui qu’ils constituaient le vivier de la « cellule des Buttes-Chaumont ».
Je me revois, installé depuis trois jours dans mon immeuble, rentrant chez moi à minuit et leur demandant poliment de ne pas zoner à trente centimètres de ma porte d’entrée. La réponse ne s’est pas faite attendre: j’étais évidemment un gros raciste, et je voulais simplement déplacer le problème que représentaient ces jeunes sans le régler. « Payez nous des salles où on peut se réunir » me dit l’un d’eux.
Eh bien non, ducon! lui fis-je en le toisant et en m’avançant sur lui de façon menaçante alors qu’ils étaient une bonne dizaine autour de lui et que j’étais seul. Moi, je suis arrivé en France en 1986, c’est-à-dire pas très longtemps avant leur naissance. Je suis fils d’ouvrier, dans ma famille, il n’y avait pratiquement pas de livre, les bibliothèques étaient indigentes, les infrastructures publiques quasi-inexistantes, mais on savait que, pour en sortir, il fallait bosser. Quand je suis arrivé à Paris, j’ai été scotché par le nombre de bibliothèques publiques, de terrains de sport, de musées gratuits.
Qu’un gamin à Paris ose expliquer qu’on ne fait rien pour lui, c’est évidemment une aberration, un mensonge. Les Coulibaly, les Kouachi, ont disposé dans leur enfance de tout ce qu’il fallait pour s’en sortir. La seule chose qui leur a manquée, c’est le courage d’y arriver, et le travail qui va avec. Je ne suis en aucune manière responsable de leur échec, ni de leur folie. La seule faute leur incombe à eux.
Il y en a marre de tous ces discours où les fauteurs de trouble sont systématiquement exonérés de leur responsabilité.
Sur le fond, ce réflexe relève d’ailleurs d’un profond racisme. Ceux qui propagent ces discours portent en eux-mêmes un paradigme caché: pour un Sapir, un petit arabe des quartiers ne peut pas être l’égal d’un blanc bourgeois. Le blanc bourgeois est forcément responsable de sa réussite, alors que le petit arabe est une victime de son milieu. Deux poids, deux mesures.

L’Etat, comme toujours instrument de domination

Cela ne signifie bien entendu pas que l’égalité des chances existe en France. Et s’il existe une responsabilité collective, elle est dans cette perte de contrôle des institutions publiques à l’oeuvre depuis 30 ans en France, qui consiste à recruter toujours plus de fonctionnaires chargés de mettre en oeuvre toujours plus de réglementations, pour une efficacité et un service toujours moindre.
Je prendrai ici simplement l’exemple de la police, qui a durement payé, et qui a été grande, les événements de ces derniers jours. J’ai une immense compassion pour ces agents de l’ordre qui sont morts dans les lâches assassinats auxquels nous venons d’assister. Mais enfin, quand je lis que mon quartier est le siège des cellules des Buttes-Chaumont, je me pose des questions.
Quand je suis arrivé dans mon immeuble, pourquoi, lorsque j’ai demandé aux policiers du XIXè arrondissement d’intervenir contre les racailles qui squattaient le hall, me suis-je entendu répondre: on ne se déplace pas, jetez-leur des boules puantes, ça les fera partir?
Quand je constate un délit de fuite dans un accident de voiture commis par un jeune habitant pile-poil dans la zone où les cellules en question agissent, quand je relève le numéro d’immatriculation de la voiture, pourquoi les policiers du XIXè arrondissement, m’appellent-ils quarante minutes après le signalement pour me dire: on ne se déplace pas pour ce genre de choses?
Quand je demande à trois jeunes maghrébins qui boivent de l’alcool et se disputent dans un parc où j’emmène ma fille de bien vouloir se montrer plus discrets, pourquoi me répondent-ils: appelle les flics, on n’en a rien à foutre, de toute façon les Français sont des pédophiles contrôlés par les Juifs et c’est les Arabes qui ont fait la France… et quand j’appelle Police Secours personne ne répond?
Quand je rejoins ma fille au jardin du métro Télégraphe, pourquoi le vigile rarement présent de la ville de Paris me suit-il comme si j’étais un dangereux pédophile, mais reste-t-il complètement muet devant une femme en burqa assise sur le banc?
Quand une racaille du quartier me traite de « sale pédé de Français », pourquoi seule l’injure homophobe est-elle retenue? Et pourquoi les policiers me demandent-ils si je suis effectivement homosexuel avant d’intervenir? Parce que si je ne le suis pas, l’injure n’est pas homophobe et l’intervention de la police ne se justifie plus…
Pourquoi sont-ce désormais des jeunes en djellabahs qui passent le soir dans le quartier pour dire aux racailles de se calmer, en lieu et place des forces de police?
Pourquoi, en revanche, lorsque j’emmène ma fille (elle avait douze mois…) au Jardin des Plantes et qu’elle a le malheur d’y marcher sur les pelouses, vois-je deux vigiles de la ville de Paris me demander de la retirer des pelouses dans la minute? Il est clair qu’une contravention insignifiante dans les beaux arrondissements est immédiatement sanctionnée (de façon rigide d’ailleurs) alors que les délits les plus choquants de l’Est parisien sont commis dans la plus parfaite indifférence des forces de police.
Cette inégalité territoriale-là ne rappelle pas seulement que l’Etat (au sens des institutions publiques), loin d’être le garant de l’égalité en constitue la principale menace, elle montre aussi que la vague de terreur qui vient de nous frapper résulte d’un excès d’Etat, ce grand castrateur de la responsabilité, et non d’une faiblesse de l’Etat.

La France entre définitivement dans l’ère de l’intranquillité

Avec ces attentats, les certitudes acquises sur le fonctionnement de la société française ont volé en éclat, et les Français découvrent désormais qu’ils doivent composer avec un ennemi tapi, sournois, qui les observe et qui est prêt à agir à chaque instant.
D’autres périls se font jour: la crise grecque, les relations avec la Russie, la montée de la misère, et ces vagues d’immigration qui nourrissent le sentiment que les habits du monde ne sont de toute façon plus adapté à sa physionomie, et qu’il va falloir renouveler la garde-robes.
Là encore, on me pardonnera de grogner contre un discours à la Badinter sur les mesures d’exception. Mais il me semble qu’il faut être capable de donner une lecture géopolitique à la question du terrorisme. Les événements auxquels nous venons d’assister sont en effet autant une question intérieure qu’extérieure. L’émergence d’un Etat islamique pose un problème de relations internationales. Je ne prétends pas qu’il s’agisse d’un problème hors sol né d’une génération spontanée: l’apparition de DAESH doit bien s’expliquer d’une façon ou d’une autre.
Il n’en reste pas moins que l’Occident est aujourd’hui confronté à une déclaration de guerre – guerre informelle certes, mais guerre quand même.
J’ai lu sous la plume de certains l’idée selon laquelle le règlement de la question palestinienne apporterait une réponse valable au problème du terrorisme islamiste. Si je n’ai aucune sympathie sioniste, on me permettra quand même de glisser que le fantasme d’un nationalisme arabe ne tient pas une minute: les voisins arabes de la Palestine ont souvent adoré s’appuyer sur Israël sans se soucier le moins du monde de la souffrance palestinienne.
En réalité, il existe un problème géostratégique islamiste, et il faut arrêter de se voiler la face.

Charlie Hebdo : ces minutes de silence qui ont dérapé dans les écoles

Charlie Hebdo : ces minutes de silence qui ont dérapé dans les écoles

vendredi, janvier 09, 2015

L'autruche en chef : «ces fanatiques n'ont rien à voir avec la religion musulmane»

Hé bin. Avec des calibres pareils pour nous protéger, nous sommes bien barrés.

Fil : terrorisme islamique, la police française est-elle à la hauteur ?

Maintenant que les prises d'otages sont finies, je vous pose cette question qui me turlupine.

La réponse n'est pas évidente à mes yeux.

Donnez votre avis en commentaire, avec des arguments solides si possible.

Attaque de Charlie Hebdo : un point de vue technique

Pour ceux qui sont intéressés par un point de vue technique sur l'attaque de Charlie Hebdo :

Attaque

 Michel Goya est un colonel d'infanterie qui a écrit plusieurs livres sur la psychologie au feu (dernier : Sous le feu, la mort comme hypothèse de travail).

Nous sommes Charlot




La réalité est la suivante : il y a environ 6 millions de musulmans en France du fait d'une immigration massive, incontrôlée et mal intégrée. Parmi ceux-ci, une frange est radicalisée et veut nous imposer par la terreur sa domination, même si elle ne représentente que un pour mille, cela fait encore 6 000 terroristes en puissance. Ils sont comme des poissons dans l'eau dans les zones de non-droit. Des organisations extérieures, Etat Islamique du Levant, Al Qaida, les inspirent, celles-ci sont financées ou aidées par le Qatar, l'Arabie Saoudite et la Turquie.

C'est donc un défi majeur pour notre pays. Un enjeu vital au sens le plus exact du terme.

Face à cela, que faisons nous ?
  • nous évitons soigneusement de désigner l'ennemi. Padamalgam ! Padamalgam ! Cépalié ! Cépalié ! 
  • nous faisons taire ceux qui essaient de discuter les problèmes
  • nous sommes copains comme cochons (si je puis dire) avec le Qatar et l'Arabie Saoudite
  • nous manifestons comme des moutons pleurnichards et bêlants avec les immondes responsables de cette situation
  • nous baptisons des rues
  • nous écrivons des chansons
  • nous nous auto-congratulons de manifestations pathétiques de mièvrerie (Je suis Charlie)

Nous sommes des Charlots.

Si ça continue, nous serons bientôt des Charlots morts ou soumis.




La majorité musulmane pacifique : fumisterie

Que la majorité des musulmans de France soit pacifique, je ne demande qu'à y croire (mais je n'y crois pas, je pense que beaucoup de "pacifiques" le seraient beaucoup moins s'ils étaient majoritaires dans le pays), ce n'est pas le problème, c'est un écran de fumée, une fumisterie : l'histoire est faite par les minorités.

Si je me souviens bien (chiffre à confirmer), en 1913, les bolcheviques étaient ... 20.

Curmudgeon :

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Maxime Tandonnet est civilisé, ce qui explique cette phrase : "J'en profite pour remercier sincèrement les intervenants sur mon dernier billet pour la modération de leurs propos et leur refus des amalgames entre l'islamisme radical et les musulmans de France dans leur ensemble".

Mais "l'islamisme radical", qui est l'islam à sa racine, celui qui est dessiné dans le Coran et la Sunna, est une doctrine. Les musulmans sont des êtres humains, mes semblables. Il suffit que la doctrine, prise au sérieux, sans accommodements majeurs, informe le comportement d'une minorité, pour que le danger soit là.

Je ne répéterai pas que les fidèles convaincus du communisme, du fascisme, du nazisme, du militarisme japonais, étaient une minorité, que les membres des partis uniques de ces systèmes étaient une minorité.

La majorité comporte divers courants : ceux qui sont hostiles, ceux qui laissent faire, ceux qui se laissent convaincre en partie, ceux qui s'aveuglent. C'est de la sociologie de base. Il est donc dangereux de se rassurer trop facilement, même si, assurément, il n'est pas question d'attiser la haine.

Les musulmans, surtout leurs responsables religieux, doivent être mis en face de leurs responsabilités devant certains éléments de la doctrine de l'islam. Cette responsabilité ne peut pas être éludée sous l'empire de bons sentiments.

Par exemple. Oui ou non, adhérez-vous au point de doctrine selon lequel le blasphémateur et l'apostat méritent la mort ?

Par exemple encore. Adhérez-vous au principe de la dhimma pour les sociétés dominées par les musulmans ?

Par exemple encore. Acceptez-vous la possibilité, même si elle vous blesse, que Mahomet soit représenté dans une image, y compris dans une caricature ?

Là, on est dans du précis, pas dans du bavardage.
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C'est bien Ivan Rioufol qui a raison : de même que le nazisme ne pouvait être véritablement arrêté que par les Allemands ou par la guerre totale, l'islamisme ne pourra être arrêté que par les musulmans ou la guerre totale.

Et là, il ne suffira pas de se payer de mots, les déclarations pathétiques ne coutent pas cher. Il faudra que les musulmans en France dénoncent et ostracisent chaque type qui se radicalise, chaque imam belliqueux, chaque petite frappe qui se balade avec le survête dans les chaussettes. Y sont-ils prêts ? J'ai bien peur de connaître la réponse.

Et pour une raison fondamentale simple : le pacifisme, que je crois sincère, de beaucoup de musulmans français ne peut pas se réclamer de l'islam. Les pacifiques ne peuvent pas combattre les fanatiques en leur disant qu'ils sont meilleurs musulmans qu'eux.

Des heures sombres

Le fond de ma pensée est chargé de malaise. Nous serions face à un moment d'unité nationale, de rassemblement sacré autour du massacre de Charlie hebdo. Mais comment ne pas le dire, les questions fourmillent dans mon esprit sur l'après attentat. Qu'il y a-t-il derrière la façade? En quoi les partis politiques sont ils habilités à organiser une manifestation dimanche? Charlie Hebdo ne les a pas épargnés dans ses caricatures, y compris le PS et son leader... Au nom de quoi, de qui? Quelle légitimité? La polémique qui s'est développée depuis hier autour de la participation de telle ou telle formation est lamentable. Face à un tel drame, ce sont des personnes qui manifestent en leur âme et conscience, pas des partis politiques! Qui dit parti dit politisation. Or la politisation est insupportable en pareil contexte. Ils parlent d'union et ils répandent la polémique, la déchirure. Vient à un rassemblement qui le souhaite, personnellement, en son âme et conscience. Le temps n'est pas à la polémique! Cette classe politique se mêle de tout, sauf de ses devoirs, et ne respecte rien. Et puis, est-on bien sûr que l'indignation affichée par certains ne recèle pas, au fond, une effroyable et secrète jubilation de politiciens qui par exemple pensent, voire disent ouvertement: "ce sont nos idées qui triomphent et nous allons encore monter, gagner des voix"? Est-on bien sûr, de même, qu'au-delà des gestes et des postures - autour du thème de l'union nationale par exemple - ne se trouve pas en filigrane, à gauche comme à droite, quelque arrière-pensée même bien enfouie? Où est le mot RESPONSABILITE? Je ne l'ai pas vu ni entendu une seule fois depuis hier, j'entends responsabilités sur plusieurs décennies car un tel massacre n'est pas totalement fortuit, il a bien des raisons, des causes directes et indirectes, des explications profondes, pas seulement dans l'Etat d'ailleurs, mais dans la société, l'air du temps, l'idéologie... Ne sommes nous pas en train d'assister à une fuite en avant dans le déni et l'hypocrisie? Bref, au lendemain de cette abominable tuerie, rien ne se passe correctement. J'en profite pour remercier sincèrement les intervenants sur mon dernier billet pour la modération de leurs propos et leur refus des amalgames entre l'islamisme radical et les musulmans de France dans leur ensemble. Et aussi Jeannette Bougrab, dont l'intervention avait l'accent le plus juste et le plus sincère de tout ce que j'ai entendu jusqu'à présent.

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/jeannette-bougrab-mon-compagnon-est-mort-assassine-parce-qu-il-dessinait-dans-un-journal/3978113424001/

Maxime TANDONNET

Le problème, c'est l'islamophobie !

Eddy Plenel attaque Patrick Cohen en l'accusant de propager l'islamophobie, grandiose !

Je ne savais pas qu'il y avait partout dans le monde des milliers d'attentats suicides islamophobes tous les ans.

L'Aberration égale à elle-même, c'est bien de la faute de Camus, Zemmour et Le Pen : Sale gueule (on est un peu rassuré par la volée de bois vert dans les commentaires).

Les terroristes islamistes ont déjà gagné.


Rioufol contre Diallo : la soumission en action

Ivan Rioufol explique à Mme Diallo que les musulmans doivent se désolidariser des attentats (sous-entendu : parce que nous avons un doute légitime du fait de la violence islamique que nous voyons tous les jours, parce que les terroristes se réclament sans aucun doute possible de l'islam, parce qu'ils vivent au milieu d'autres musulmans qui ne semblent pas empressés de les dénoncer).

Mme Diallo pleure, ce qui est une pauvre défense. Le journaliste, ce salopard, joue sur le pathos.

Que titrent les journaux ? "Rioufol fait pleurer Diallo". Il "dérape".

Le débat sur la violence islamique que les Français voient tous les jours à la télévision est évacué, comme si on n'en avait peur, alors qu'il est censé être évident que l'islam n'est pas violent. Si c'est évident, pourquoi fuir ce débat ?

Les médias sont soumis. Oubliée, la prétendue leçon d'impertinence de Charlie Hebdo.

Les terroristes islamistes ont déjà gagné.

Les Français concluent, avec une saine logique, que si les médias fuient ce débat, c'est que la réponse est évidente, mais dans le sens politiquement incorrect : l'islam est violent. Étonnez vous après cela qu'ils "amalgament".

Les frères Kouachi, bons voisins et «héros djihadistes»


jeudi, janvier 08, 2015

Charlie : Jean-Marie Le Pen a du bon sens

Jean-Marie Le Pen: L'union nationale inclut-elle le Front national ?

Je trouve souvent que Jean-Marie Le Pen cède trop à son goût de la provocation, mais là, c'est impeccable.

Charlie : pot-pourri

Equating Prudence with Cowardice

Face à la menace de l'État islamique, l'Occident n'a plus le choix

«Nous sommes tous Charlie», vraiment ?

En guerre

Boualem Sansal: l'islam de la discorde

Nota : j'ai été désagréablement surpris d'apprendre que Jeannette Bougrab, UMP, secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy, était la compagne de Charb, gauchiste. Je n'ai rien contre l'amour trans-partisan, mais, enfin, on peut douter de la fermeté des convictions de la dame. Il faut dire que Nicolas Sarkozy donne l'exemple.

Je dois cependant reconnaître que Jeannette Bougrab  a été très digne et très honnête, la seule de tous les politiciens.



Eric n'est pas Charlie

L'islam modéré n'existe pas

L'islam modéré n'existe pas, c'est une escroquerie :

1) Le Coran contient des appels au meurtre explicites et précis.

2) Mahomet, le «beau modèle» à suivre en toutes circonstances, est un guerrier conquérant et sanguinaire.

3) La marge d'interprétation est faible.

L'islam modéré n'existe pas.

En revanche, il peut exister un islam dominé, auquel cas les musulmans font profil bas, un islam dominateur qui ressemble à une tyrannie mais où certains musulmans peuvent être modérés et un islam ni dominé ni dominateur, qui, se trouvant alors en situation de conquête, est très violent et revendicatif.

La France est dans cet entre-deux : elle doit choisir, soumettre ou être soumise. La France d'en haut a déjà choisi la soumission. La France d'en bas aimerait bien résister mais sans que cela lui demande trop d'efforts.

Les seuls musulmans réellement modérés sont ceux qui sont modérément musulmans, c'est-à-dire de mauvais musulmans. Ces musulmans tièdes doivent être aidés à devenir de moins en moins musulmans et de plus en plus français.


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Il y a un moyen simple de trancher cette question d'islam modéré pour ceux qui ont un doute : le Coran commande la peine de mort pour les apostats. On enferme les cent imams français les plus importants au ministère de l'intérieur, comme un concile, et ils ne ressortent que lorsqu'ils ont donné un avis clair sur cette question : oui ou non doit-on mettre à mort les apostats ?

Mais, évidemment, nos ministres de l'intérieurs, grandes gueules comprises, n'ont jamais posé cette question.

En fait, la France d'en haut n'a pas de doute : l'islam est violent. Mais elle a déjà capitulé.

Capitulation en rase campagne de la classe dirigeante face au terrorisme islamiste : «Non, ce n'est pas l'islam»

Capitulation en rase campagne de la classe dirigeante face au terrorisme islamiste

On nous répète en boucle «Non, ce n'est pas l'islam» ou on omet le mot «islamiste» de façon automatique. Bien entendu, ce sont des antiphrases. Il s'agit bien d'islam.

Nous sommes vraiment mal partis avec une telle classe dirigeante de merde, car leur but n'est pas de combattre pour leur pays, ils sont devenus apatrides, mais de se dédouaner, sur le mode  «c'est pas nous qu'on l'a dit, que c'était l'islam, on y est pour rien», de la future guerre religieuse qu'ils auront tout fait pur provoquer.

Les Français sont seuls.

Nota : je commence à trouver qu'on en fait un peu trop. Il n'y a pas tant de barouf pour les soldats tombés en mission ces dix dernières années.

Heureusement, il y a quelques voix discordantes sur Boulevard Voltaire :

Gabrielle Cluzel :

«Je ne suis pas Charlie parce que ce psittacisme facile m’indispose. Il ne suffira pas d’être Charlie, de décréter un deuil national, de mettre les drapeaux en berne pour tout résoudre, si l’on refuse de regarder la réalité en face, de soulever le couvercle d’une marmite dont on redoute les remugles. Cette fois, plus de déséquilibré, de loup solitaire, de paumé, ni de bronzé-fait-le-djihad qui aurait crié « Allahu akbar » pour se donner du courage. Il suffit de regarder la vidéo, le sang-froid, la façon de progresser des tueurs… Ces hommes-là savent faire la guerre. Mais peut-être qu’autour de Noël, si on avait évité précisément de minimiser, de psychiatriser, d’isoler, de démontrer par A + B que rien de tout cela ne relevait du terrorisme pour, au contraire, voir la petite lumière rouge, le signal d’alerte, et commencer à ratisser méthodiquement, les choses auraient pu être différentes. Non pas « Je suis Charlie », mais « Où est Charlie ? », le djihadiste planqué dans l’anonymat de sa cité, de sa banlieue, de sa cave.

Je ne suis pas Charlie. Mais je le serais, « j’aurais la rage ». La rage de penser qu’avec un gouvernement moins inapte, schizophrène et dans le déni, tout cela aurait, peut-être, pu être évité.»

Robert Ménard :

«Il faut cesser la politique de l’autruche. Non, les assassins ne sont pas des "fous" ou des "marginaux".

Ce sont des tueurs islamistes qui veulent imposer la terreur comme leurs congénères de Syrie ou d’Irak. La différence est qu’aujourd’hui, après trente ans d’immigration galopante, ces choses-là sont possibles à Paris et en France.

Non, la rédaction de Charlie Hebdo n’a pas été attaquée par des gens adversaires de la liberté de la presse. Elle a été attaquée parce qu’elle avait osé, courageusement, librement, critiquer l’islam. Si des conséquences politiques ne sont pas tirées de cette tragédie, alors, d’autres viendront. Tout doit être fait pour éviter la libanisation de notre pays. Il est encore temps.»

Pierre Von Ommeslaeghe :

«Passer du refus de l’amalgame à l’affirmation que les meurtriers n’ont rien à voir avec l’islam est un raccourci faux et plus néfaste que bénéfique. C’est au cri de "Allahu akbar" que cet attentat a été commis. Pas au cri de "Christus vincit". Si cela avait été le cas, nul doute qu’on aurait considéré les coupables chrétiens et l’on aurait demandé des comptes à l’Église…

Ici, il convient de reconnaître que ce sont des musulmans, agissant au nom de leur foi, qui ont commis cet attentat. Si cela ne s’était produit qu’une fois, on pourrait plaider la folie des auteurs. Ce n’est, hélas, pas le cas. Que ce soit en Europe, en Afrique ou en Orient, le salafisme est responsable d’attentats qui révulsent la conscience. Et le salafisme est une branche de l’islam. L’islam est aussi divers que le christianisme, le judaïsme ou le bouddhisme. Il y a autant de différence entre un soufi et un salafiste qu’entre un évangéliste et un orthodoxe. Il serait donc injuste de condamner l’un pour les actes de l’autre.

Pour autant, chaque courant d’une religion puise aux mêmes sources. Les croyances et comportements des fidèles d’une religion sont toujours issus d’une certaine lecture de ces sources. Les interprétations de la Bible, du Coran ou de tout autre texte sacré sont variées, d’où la variété des courants au sein d’une même religion. Mais ces interprétations sont permises par ces sources. Il est donc légitime qu’on demande à l’ensemble des croyants d’une religion des explications sur les actes de certains d’entre eux. Ce faisant, il ne s’agit pas de mettre tous ces croyants dans le même panier. Il s’agit de les mettre devant leur responsabilité. Il s’agit de leur demander de discerner ce qui, dans les sources de leur foi, permet des actes qui révulsent leur propre foi. Car ce n’est pas à un chrétien, ni à un juif ou à un athée, de faire l’exégèse du Coran ou des hadiths. C’est aux musulmans de le faire. C’est leur responsabilité et il serait injuste et infantilisant de les en dédouaner. Et ça ne pourrait que conforter les terroristes dans l’idée qu’eux seuls sont de bons musulmans…»

Dominique Jamet :

«J’ai interrogé Bruno Roger-Petit et Edwy Plenel, en leur demandant une réaction suite à l’attentat ; au vu de ces faits, Éric Zemmour était-il toujours, selon eux, le principal danger pesant sur la République ? La réponse de Bruno Roger-Petit fut édifiante : "Pauvre imbécile", m’a-t-il rétorqué. Un argumentaire d’une pauvreté ahurissante qui traduit l’incapacité à affronter le réel de toute une génération biberonnée à l’utopie d’un monde post-historique et globalisé. Ils ne comprennent pas qu’ils seront, eux aussi, et plus encore, des cibles prioritaires.»

Pierre Christèle :

«S’il est autorisé de formuler quelques réflexions au milieu du torrent lacrymal qui sert aujourd’hui d’information au grand public, alors je me risque, à 15 h 50, à partager avec mes lecteurs quelques observations. Elles sont sans doute un peu iconoclastes. Disons que c’est une forme d’hommage à ces actionnaires, journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo qui n’ont jamais rien respecté ni personne ; ou en tout cas rien ni personne qui serait proche de la sphère de valeurs d’un Européen blanc catholique hétérosexuel père de famille travaillant dans le privé.

1) Tout le monde hurle à la remise en cause de la liberté d’expression. Journalistes et politiques en tête. Ceux-là mêmes feignent d’oublier que la France, avec son arsenal législatif des lois Pleven puis Gayssot, a déjà supprimé la liberté d’expression. Que des historiens sont déjà allés en prison pour leurs écrits. Et que la camarilla médiatique sait très bien organiser la mort civile de ceux dont l’expression n’est pas tolérée. Voir les affaires Millet, Zemmour, etc.

2) Nos politiques prétendent que les tueurs s’attaquent à la "République" ou, mieux encore, à notre "démocratie". C’est faux et idiot. Charlie Hebdo est un journal comme il en est apparu à toutes époques et sous tous les régimes. Les tueurs vengeurs du prophète se fichent de la République et de la démocratie comme d’une guigne. Ils installent un crime de blasphème puni de mort. Ce qu’il faut défendre, c’est l’identité du modèle français de vie commune dans la cité, modèle attaqué en l’occurrence par les théocrates extérieurs à notre sol.

3) Le déferlement lacrymal et événementiel est totalement délirant dans son intensité. Chaque élu, chaque corps de métier doit manifester son soutien. Il est en fait à l’image de la place qu’occupe le pouvoir médiatique dans notre cité. Il est vrai que la coterie des victimes rejoint celle des pleureurs. De grâce, un peu de mesure. Voulez-vous que nous fassions la liste des morts français (comme nos soldats en opération) ou d’autres victimes (chrétiens d’Orient, enfants de Beslan ou de Gaza…) massacrées dans l’indifférence ?

4) Wolinski, Charb, Tignous et Cabu, pour ne citer que les plus connues des victimes, ont passé leur vie à choquer le bourgeois et à user et abuser de tous les sacrilèges possibles. C’était leur droit le plus absolu et la société française devrait respecter ce droit au libertinage. Leur mort violente va sans doute réveiller un peu plus le peuple français qui va s’indigner encore plus des dangers d’un islam agressif et vindicatif sur son sol. Au bénéfice, sans doute, de ces forces politiques que lesdites victimes ont abhorrées et combattues. Joli pied de nez en vérité ; que ces ironistes féroces auraient sûrement apprécié de leur vivant…»

mercredi, janvier 07, 2015

Des «déséquilibrés isolés»® attaquent Charlie Hebdo

Tout ça, c'est de la faute à Zemmour et Houellebecq. C'est clair que, si les islamistes n'étaient pas énervés par Zemmour et Houellebecq, ils seraient moins violents.

D'ailleurs, je vais vous dire une bonne chose : si on les laissait faire ce qu'ils veulent et si on se pliaient à leurs consignes islamiques (d'ailleurs, le cochon, est-ce si bon pour la santé ? Je vous le demande) dans un souci de vivrensemble®, il n'y aurait pas tous ces problèmes.

Arrêtons la plaisanterie.

Vous m'avez compris : mon ironie dénonce les mécanismes mentaux des appeasers de service.

«La France en état de choc» dit François Hollande. La France d'en haut,  déconnectée, peut-être.

Mais la France d'en bas, non. Elle n'est pas en état de choc, elle s'y attendait, elle a compris, elle n'est pas surprise, elle est en colère.

Ce qui me choque, c'est que les autorités utilisent des mots ronflants mais très vagues «terrorisme», «barbarie», comme l'expression américaine débile «war on terror».

Tout s'éclaire lorsqu'on y ajoute l'adjectif «islamiste».

Et l'on peut commencer à raisonner. A trier les bons musulmans des mauvais musulmans, si cela vous chante.

Mais tant qu'on n'appelle pas un chat un chat, comment réfléchir ? Comment peser le pour et le contre ? Comment décider ? Comment agir courageusement quand on tremble devant de simples mots ? Comment gagner une guerre où l'on a peur de désigner l'ennemi ?

J'ai cherché sans succès dans les déclarations de la France officielle le mot «islamiste». C'est navrant.

En réalité, notre classe dirigeante a déjà perdu cette guerre avant même que de l'avoir menée. Elle a déjà rendu les armes. Elle a intégrée que l'islam était une religion spéciale qui a droit à des égards particuliers.

Comment les Français pourraient-ils se sentir protégés par de tels gougnafiers ?

Les Français espèrent en vain un Clemenceau qui leur dirait : «Le pays saura qu'il est défendu». Non pas une parole creuse de communicant, mais un engagement à décider et à agir, sans faiblesse, vaille que vaille, coûte que coûte, dans les jours avec et dans les jours sans. Tout le contraire de notre classe politique au grand complet, qui a peur de son ombre et qui se fout du pays, pas assez grand pour eux. Eux, ils sont tellement magnifiques qu'ils pensent Europe, monde, univers, pas France.

En attendant, des Français sont morts parce qu'ils étaient français. Les rédacteurs de Charlie Hebdo n'imaginaient sans doute pas cet attentat mais ils savaient qu'ils prenaient des risques. Qu'ils trouvent ici un juste hommage.


Attentat à Charlie Hebdo : la République doit cesser d'être faible face au terrorismeislamique


Michel Maffesoli: Houellebecq a raison, les Lumières sont éteintes




L'européisme m'a tué

Philippe Séguin: pourquoi les politiques devraient lire son discours sur Maastricht

La France n'est plus que la 6e puissance mondiale: jusqu'où ira la chute ?



Vente d'Alstom : le dessous des cartes

Vente d'Alstom : le dessous des cartes

Le problème d'Alstom est ponctuel.

Pourtant, le pointillisme compose une image à partir d'un assemblage de points. Il est facile d'assembler les points de la politique industrielle de la France.

Elle nous montre une image de pourrissement moral et intellectuel, comme ces natures mortes de corbeilles de fruits pourrissants : la conviction nihiliste de notre classe dirigeante, sous sa forme économomiciste, signe sa médiocrité. Dans cette vision du monde, rien n'existe que l'économie d'aujourd'hui, pas d'avenir, pas de passé, aucuns intérêts en dehors des intérêts économiques à très courte vue.

Allons plus loin: pour ces gens, la France n'existe plus. Il n'y a plus qu'un territoire administratif qui portait jadis ce nom et qui est leur terrain de jeu pour acheter les électeurs leur permettant de se goberger. Il est donc logique que, pour toute autre activité que l'achat de voix, ils n'hésitent pas à se soumettre aux Américains ou aux Allemands pour se débarrasser de responsabilités qui les encombrent et dont ils se contrefichent. Ils se libèrent ainsi pour la seule chose qui compte vraiment à leurs yeux : le clientélisme.

Nota : vu les affinités entre l'islam et le puritanisme américain, je ne pense pas que le soumission à l'un soit contradictoire de la soumission à l'autre.

Vincent Lambert n'est plus «comme nous», il n'a pas cessé pour autant d'être l'un de nous



J'ai été très content de lire ce texte. Il rompt avec les textes habituels sur ce sujet délicat, il donne un point de vue humain, ça manque beaucoup dans cette affaire.

Pour Vincent Lambert, il y aurait peut-être une solution. Connaissant mal cette affaire, je ne sais pas pourquoi elle n'a pas été essayée : que ses parents le prennent chez eux, avec une assistance à domicile.

A vrai dire, cela ne change rien à mon opinion, que je vous ai déjà exprimée : il n'y a aucun besoin, autre que l'idéologie nihiliste, de toucher aux lois actuelles. Il faut surtout augmenter les moyens humains et financiers des soins palliatifs. Moyens qui seraient très faciles à dégager si l'on faisait la chasse avec un peu de bon sens aux milliards gaspillés dans un système hospitalier ubuesque. Par exemple, on pourrait fermer les blocs chirurgicaux qui ne font pas assez d'opérations et qui sont, de ce fait, dangereux (1). Ah oui, mais ça vexe un maire ou un député.

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(1) : c'est une logique de maintien des compétences bien connue en aviation, où il existe des minima d'heures de vol pour garder les qualifications. Cela existe aussi dans le système hospitalier français, mais à des niveaux tellement bas, pour ne déranger personne, que ce n'est pas significatif.

dimanche, janvier 04, 2015

Un bon banquier allemand, c'est un banquier suisse alémanique

C'est marrant, cette persistance de traits culturels à travers les âges.

De même qu'ils sont bons en tactique et nuls en stratégie, les Allemands sont bons en industrie et nuls en économie. Ils veulent «punir» la Grèce. Ils sont cons comme des manches, l'économie n'a rien à voir avec la morale, c'est la science du sordide (d'après Alfred Sauvy).

Paraît-il que l'idée qui traine à Berlin en ce moment est qu'une sortie de la Grèce de la zone Euro n'aura aucune conséquence fâcheuse pour le reste de la zone.

S'il y a une seule personne qui croit cela, elle est à enfermer d'urgence.

Oui, la sortie de la Grèce n'aura aucune conséquence fâcheuse comme la faillite de la banque Lehman n'a eu aucune conséquence fâcheuse.

Croire qu'on peut envoyer le signal «une sortie de l'Euro par le bas est possible» sans déclencher aussitôt une attaque débridée sur les pays les plus faibles que seul le contrôle des changes pourra arrêter, c'est croire au Père Noël.

Peut-être est-ce là une tactique maladroite des Allemands pour se débarrasser de l'Euro sans en porter la responsabilité.

Je souhaite que l'Euro explose et, notamment, que la France en sorte. Mais si cela pouvait se faire autrement que dans une folle panique et l'improvisation la plus totale, je préfèrerais.

samedi, janvier 03, 2015

Quizz

Cette image a une particularité, laquelle ? (Avec Google, cela ne devrait pas être trop difficile).



Houellebecq, bientôt condamné au bucher ?

Michel Houellebecq réfute toute «provocation» dans son nouveau roman

Je suis curieux de la suite des événements.

Mon idée est que la bien-pensance perd son pouvoir sur les Français mais le garde plus que jamais sur la classe jacassante.

Houellebecq ne pourra plus être ostracisé comme il l'aurait été il y a quelques années, mais on lui appliquera la technique anti-Zemmour : se focaliser sur des détails, monter en épingle des polémiques de rien, faire beaucoup de bruit creux pour occuper l'espace et, surtout, ne pas prendre une perspective d'ensemble sur son livre.

Au fait, Houellebecq va-t-il passer à i-télé ? Suspense !

The year of dollar danger for the world

The year of dollar danger for the world

Je suis curieux de voir si tout ou partie de ces prédictions se réaliseront.

La politique fiscale en France

Thomas Piketty, un idéologue narcissique qui voulait faire parler de lui, a trouvé un moyen : il a refusé la Légion d'Honneur. Vous savez ce que je pense des gens qui refusent cette médaille et, visiblement, je ne suis pas le seul.

Brisons là : cela, la polémique et le personnage, n'a vraiment aucun intérêt  (je vous rappelle tout de même que M. Piketty vit à votre crochet).

En revanche, un article d'Atlantico sur la politique fiscale française a un intérêt.

L'idéologie est toujours, d'une manière ou d'une autre, une fuite devant la complexité et l'imperfection du monde. Pour l'idéologue, toutes les explications sont simples et toutes ses solutions sont parfaites. Même le plus tortueux des idéologues sera toujours plus simple que la réalité.

Essayons, sans nous faire trop d'illusions, d'être un peu intelligents.

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Atlantico : Thomas Piketty a récemment refusé la Légion d'honneur, évoquant dans une interview une distinction "surannée". Dans un ouvrage collectif intitulé "la révolution fiscale", il émettait l'idée d'un taxe à 60% pour les revenus les plus élevés qui a inspiré à François Hollande l'idée de taxe à 75%, enterrée depuis ce 1er janvier. Si la France devait opérée une révolution fiscale, quelle forme cette dernière devrait-elle prendre ?

Jean-Philippe Delsol : Thomas Piketty est un idéologue érudit. A ce titre il est aussi dangereux qu’un charlatan. Il a allumé un incendie en proposant de taxer à 60% dès le premier euro tous les revenus supérieurs à 100 000 €. Il a ainsi, en effet suscité la folle proposition de Hollande de taxer les revenus supérieurs à 1 millions d’euros au taux à 75%. Il a ainsi contribué au climat de méfiance qui depuis deux ans éloigne les investisseurs étrangers de la France et affaiblit l’économie française. Et puis maintenant il crie au feu comme un pompier pyromane. Et pour se faire de la publicité, il refuse la légion d’honneur qu’il ne méritait pas.

Plutôt que de faire de l’acharnement fiscal, notamment à l’égard des contribuables les plus riches et les classes moyennes, il vaudrait mieux en effet réformer la fiscalité de fond en comble pour la simplifier et la rendre supportable, favorable à la création d’entreprise, c’est-à-dire à l’emploi et à la croissance, ouverte à l’initiative et au travail. En France, les taux supérieurs d’impôt sur le revenu (64,5% avec la CSG), l’impôt sur les Sociétés (38% avec la surtaxe Fillon revisitée façon Hollande), les droits de succession (45%) sont parmi les taux les plus élevés du monde. Les employés supportent également les charges sociales qui sont les plus élevées de tous les pays développés, représentant de 80 à 100% du salaire net médian. Les classes moyennes sont particulièrement frappées à ce titre en payant des cotisations sociales proportionnelle alors qu’elles ne profitent pas davantage de ces assurances sociales qui n’ont plus d’assurance que le nom et qui sont en fait de nouveaux impôts progressifs, les salaires les plus bas en étant de plus en plus exonérés.

Gérard Thoris : Barak Obama a reçu le Prix Nobel de la paix principalement sur la base de son discours "La paix maintenant", donné au Caire le 4 juin 2009. La suite de l’histoire a montré que les Etats-Unis n’avaient pas été la source de paix escomptée, ni directement, ni indirectement. Thomas Piketty a été plus avisé : d’une part, il n’y a aucune chance que son programme soit appliqué dans le pays où son dernier livre est devenu un best-seller ; d’autre part, il est déjà appliqué en France, au moins dans son esprit et la France succomberait à une augmentation du taux de l’impôt sur le capital comme du taux marginal de l’impôt sur le revenu. L’honorer de la Légion d’honneur était une façon de saluer le retentissement de la pensée d’un français aux Etats-Unis tout en esquivant l’application de ses préceptes en France.

Rappelons d’abord que Thomas Piketty n’est pour rien dans la taxe sur les salaires de plus de un million d’euros. Il l’a dit et répété, il est favorable à une tranche à 60 % de l’impôt sur le revenu. Attention, il s’agit d’un taux moyen applicable à l’ensemble du revenu au-delà d’un certain seuil et non, comme dans le système actuel, d’un taux applicable à la part du revenu qui dépasse ce seuil ! Rappelons ensuite que l’ouvrage qui a fait sa renommée internationale propose de taxer le capital à 15 %. Les Américains ont cette gentillesse constante de laisser les autres nations essayer les solutions suicidaires. Ils n’ont jamais eu d’impôt sur la détention du capital et il n’a jamais été question qu’ils en aient un. Par contre, ils ont connu les impôts confiscatoires sur la transmission du patrimoine, ce qui est tout autre chose. Les héritiers ne sont jamais les créateurs ; ils ont une propension assez facile à comprendre à vivre de leurs rentes…

Alors, que peut-on reprocher à cette proposition d’imposition du capital ? D’abord, qu’elle ne réussirait pas à réduire les inégalités de patrimoine. Les très grandes fortunes trouvent toujours le moyen de se mettre à l’abri de l’impôt. Si tant d’entreprises du CAC40 ont choisi une structure juridique avec Conseil de surveillance, n’est-ce pas pour permettre au dirigeant historique de laisser croire que son patrimoine relevait de « l’outil de travail », en tant que Président de ce conseil ? Par contre, les fortunes intermédiaires qui refusent de d’expatrier continuent à être dans la ligne de mire du fisc ! Tout cela serait connu si les services de Bercy jouaient le rôle qui est attendu d’eux dans une démocratie : que chacun puisse savoir, jour après jour, combien de particuliers ont effectué une déclaration de non-résidence et, de ce fait, ne sont plus imposables sur leur patrimoine en France.

Mais ce qui est beaucoup plus fondamental, c’est que Thomas Piketty se trompe d’époque. Essayons d’être marxiste ! Pour Karl Marx, ce fin observateur du système capitaliste au XIX° siècle, ce qui menace le plein emploi, c’est l’insuffisance du capital pour embaucher tout le monde. L’armée de réserve des chômeurs est constituée de ces gens qui ne trouvent pas d’emploi parce que les capitalistes n’arrivent pas à dégager assez de profits pour les embaucher. Cela tient à l’augmentation de la composition organique du capital d’une part, à la baisse du taux d’exploitation d’autre part. 

N’en déplaise à notre Thomas Piketty, cette situation est aggravée par l’impôt sur le capital ! Or, on peut considérer que la situation présente en France relève partiellement de cette interprétation.
Qui peut croire en effet que nos 3,5 millions de chômeurs vont retrouver un emploi dans les entreprises existantes, avec le capital existant ? Leur destin est presque entièrement suspendu à la création de nouvelles activités, stimulées par un progrès technique tellement exponentiel qu’on n’arrive pas à faire l’inventaire des innovations. Seulement, pour créer de nouvelles activités, il faut des idées – les Français en ont, et à foison – et des capitaux – les Français qui disposent d’un capital n’arrivent pas à l’accroître ; ceux qui disposent d’un revenu n’arrivent pas à le transformer en capital.

Philippe Crevel : La fiscalité a comme objectif le financement des dépenses publiques. La première révolution à réaliser en la matière serait la maîtrise de ces dépenses. Au-delà de ce principe de bonne gestion, toute fiscalité a des effets économiques. Il n’y a pas de bonne fiscalité car par définition il s’agit d’imposer aux citoyens une contribution. Ils ne peuvent pas s’y soustraire. Il est souvent recommandé d’avoir la fiscalité la plus neutre économiquement parlant sans que l’on sache réellement ce que cela signifie. Certains préconisent le recours à une fiscalité indolore car passant relativement inaperçue.

La TVA fait partie de cette catégorie. Mais, ce côté indolore est une invitation à l’augmentation des prélèvements. Il ne faut pas se faire d’illusions. Tout impôt est payé in fine par les citoyens. Ce n’est pas en taxant une vache que la vache paie la taxe comme le dit Alain Madelin. De même, les impôts sur les entreprises sont, en fin de chaine, payés par les ménages sous forme d’augmentation de prix ou de minoration des salaires ou de moindre rémunération de l’épargne. En France, les responsables publics ont toujours fait preuve d’imagination en matière de prélèvements.

Nous pratiquons l’impressionnisme fiscal en multipliant les impôts et les dérogations. Nous aimons les raffiner à l’extrême avec à la clef une légendaire instabilité. Nos impôts ont bien souvent des assiettes plus étroites que celles de nos partenaires et des taux plus élevés. La véritable révolution serait donc de ne rien faire. A défaut de retenir cette solution, il faudrait tenter d’harmoniser les assiettes des grands impôts directs au sein de la zone euro. A défaut d’opter pour une solution européenne, la révolution fiscale devrait avoir comme ligne directrice la simplification et l’acceptabilité. Un bon système fiscal c’est un système compris et accepté par le plus grand nombre.

Quel équilibre s'agit-il de trouver entre la proportionnalité et la progressivité ?

Jean-Philippe Delsol : La flat tax, ou impôt proportionnel, serait une solution souhaitable. Il s’agit d’imposer tous les contribuables à un même taux, modeste. La CSG est déjà une flat tax et elle rapporte beaucoup plus que l’impôt sur le revenu : environ 65 milliards d’euros pour l’impôt sur le revenu et environ 90 pour la CSG. L’IREF a calculé qu’une flat tax édulcorée, au double taux de 2% jusqu’à 8.000€ par an et 15% au-delà serait plus productive que l’impôt progressif actuel. Une flat tax de ce type permet de faire participer tous les Français à l’impôt, ce qui est plus démocratique que d’en exonérer plus de 50% en leur rendant ainsi indolore la charge des dépense publiques.

Cette flat tax permettrait également de supprimer toutes les niches fiscales et réduirait la fraude. Les gains financiers obtenus directement, et indirectement par la croissance de l’économie qu’elle engendrerait, permettraient de compenser pur les plus pauvres le coût de l’impôt qui pèserait, modestement, sur eux.

Gérard Thouris : C’est que, à côte de l’ISF, le système de l’impôt sur le revenu en France reste l’un des plus progressif qui soit. Bien entendu, pour mesurer la progressivité, il ne suffit pas d’indiquer le taux d’imposition marginal maximal ! Il faut indiquer à partir de quel seuil on est imposable, quelle est l’étendue des tranches sur lesquelles s’applique le taux de l’impôt et, finalement, quel est le seuil de déclenchement de la tranche marginale maximale. Il faut aussi considérer la base fiscale imposable et savoir si les taux s’appliquent à l’individu ou au foyer fiscal. Une autre façon de considérer la progressivité d’un système fiscal est de calculer quelle est la part de l’impôt sur le revenu (IR) payée par les contribuables les plus riches. Ce qui est sûr, c’est que le rendement de l’impôt est d’autant plus élevé que la masse des revenus est importante.

Pour des raisons évidemment électorales, les pouvoirs publics, quelle que soit la couleur de la majorité, ont une propension à supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu après l’avoir vidée de sa substance. C’est ce que Manuel Valls applique une nouvelle fois ce premier janvier 2015. Pour sortir de cette facilité, le premier Ministre Michel Rocard a inventé la Contribution sociale généralisée (CSG), qui s’applique au premier euro de revenu. Pour des raisons assez cohérentes, les réformistes estiment que la distinction entre impôt et contribution n’a pas de sens et qu’il faut fusionner l’IR et la CSG. Mais, pour des raisons évidemment électorales, cette fusion se traduira rapidement par une exonération de CSG des revenus les plus faibles… Un impôt proportionnel au revenu satisfait normalement au critère constitutionnel des facultés contributives. 

Mais, comme l’avait fait remarquer J.R. Mc Culloch vers 1830 : "à partir du moment où vous abandonnez le principe cardinal d’exiger de tous les individus la même proportion de leur revenu ou de leur propriété, vous êtes à la mer sans gouvernail ni boussole, et il n’y a pas de limite aux injustices et aux folies que vous pouvez commettre". Il est absolument certain que, aujourd’hui en France, aucun député, et vraisemblablement aucun spécialiste de fiscalité de Bercy ne sache exactement faire le compte de ce qui resterait à l’individu si son employeur lui accordait 100€ d’augmentation de salaire. 

Entre l’impôt sur le revenu, la CSG, les seuils divers et variés d’allègement des cotisations sociales, le dépassement de seuils pour un certain nombre de prestations sociales, la réévaluation des bourses des enfants, le paiement ou non de la taxe d’habitation, etc. Il est devenu impossible de rien prévoir d’avance. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en a fait les frais plusieurs fois et cette ignorance n’est pas pour rien dans la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu. Il s’agissait de rendre non imposable des gens qui l’étaient devenus à cause de mesures diverses et variées des budgets 2013 et 2014. 

Philippe Crevel : Pour Pascal Salin, la progressivité et la proportionnalité ne sont pas des bonnes solutions. Il est plutôt favorable à la capitation. Les dépenses seraient réparties à part égale entre les contribuables. Il considère qu’il ne faut pas mélanger fiscalité et politique sociale. Les citoyens sont des consommateurs de services publics. Or, quand on achète une baguette ou une voiture, il nous n’est pas demandé notre déclaration de revenus. Nous pourrions corriger les inégalités sociales en ayant simplement recours aux prestations et non en utilisant l’arme fiscale. Il y a une vieille règle économique qui est toujours d’actualité. Quand un outil a plusieurs objectifs à atteindre, il n’en atteint aucun.

C’est un peu voire beaucoup le cas de notre système fiscal. La progressivité vise à pénaliser les augmentations de revenus. Elle est dissuasive à partir d’un certain taux en rendant faible l’incitation à travailler plus. Elle peut être destructrice d’activité par renoncement ; elle peut aussi favoriser la fraude fiscale. La proportionnalité est plus neutre mais elle a mauvaise presse dans notre pays. Un bon système fiscal doit être accepté par les contribuables et les citoyens. La progressivité est devenue un symbole en France.

François Hollande en a abusé en reprenant à la volée la taxe de 75 % proposée par Jean-Luc Mélenchon. En France, un impôt est d’autant plus populaire qu’il concerne un nombre réduit de personnes et qu’il corrige des inégalités jugées choquantes. L’enfer fiscal commence à partir du moment où l’on est concerné par les augmentations d’impôts. En France, nous avons des prélèvements proportionnels comme les cotisations sociales, la CSG. Nous avons des impôts progressifs comme l’impôt sur le revenu, les droits de succession ou l’ISF.

Quels sont les impôts qu'il s'agirait de revoir en priorité ? Pourrait-on envisager d'en créer d'autres ?

Jean-Philippe Delsol : Tous les impôts doivent faire l’objet de réduction, notamment de leurs taux supérieurs. Mais il faut insister sur l’importance de réformer :
  • Les impôts sur le capital car la France cumule en la matière des doits d’enregistrement élevés sur les cessions d’immeubles, de fonds de commerce ou de parts de sociétés, des droits de donation ou succession assortis d’une franchise modeste (100.000€) d’une progressivité rapide avec un taux élevé, et enfin d’un impôt dit de solidarité sur la fortune qui frappe les patrimoine au taux supérieur de 1,5%, très supérieur désormais au taux de l’inflation et inférieur au taux de rendement de l’argent ;
  • L’impôt sur les bénéfices des sociétés qui est supérieur de 50% au taux moyen pratiqué en Europe ;
  • L’impôt sur le revenu qui se cumule avec la CSG/RDS et qui atteint des niveaux si élevés que les gouvernement successifs ont été obligés de le trouer de part en part de niches dont la justification est généralement douteuse et toujours couteuse.

Gérard Thoris : Il y a certainement une mesure d’importance qu’il faudrait prendre en France, c’est l’interdiction de créer de nouveaux impôts. A tout le moins, on pourrait imaginer une règle budgétaire, voire constitutionnelle, qui interdise de créer un impôt dont le rendement serait inférieur à un certain montant ou dont le coût de prélèvement, y compris les coûts supportés par les agents privés, serait supérieur au rendement. C’était le printemps, le début de l’année 2013 a vu fleurir autant d’impôts nouveaux que de ministères. Un impôt sur les stylos à bille pour maintenir le marché des encriers ; un impôt sur les taxis automobiles pour maintenir la rente des fiacres ; un impôt sur ceux qui n’ont pas la télévision pour délit de civilité ! Chacun trouvera aisément les exemples plus sérieux et plus concrets qui ont été effectivement proposés au Parlement et… votés !

S’il fallait citer un impôt à réformer auquel on ne pense pas nécessairement, il y a certainement l’impôt sur les plus-values. La première chose à faire serait de permettre l’imputation des moins-values foncières et immobilières sur les plus-values financières et inversement. Nous entrons dans une période de déflation et les moins-values risquent de se multiplier. S’il faut maintenir un impôt sur les plus-values, c’est sur la base de leur évolution globale nette. Mais il faut aussi revoir les durées de détention qui servent de seuil de déclenchement aux plus-values immobilières. Celles-ci ralentissent les mouvements de patrimoine. Or, ceux-ci ne sont pas liés à la spéculation, mais à l’évolution de la situation personnelle et professionnelle des familles.

Philippe Crevel : Un système fiscal doit être en phase avec le paradigme économique. Il est certain qu’à l’exception de la CSG Introduite en 1990, le système fiscal prend des rides. L’architecture de l’impôt sur le revenu date de 1959. La TVA a perdu de sa simplicité avec la multiplication des taux. L’impôt sur les sociétés est une raquette percée. Pour l’impôt sur le revenu, il faudrait instituer la retenue à la source pour éviter le décalage d’un an qui pénalise ceux qui ont de fortes variations de revenus ou qui perdent leur emploi.

L’inconvénient de la retenue à la source serait de rendre indolore l’impôt sur le revenu. La suppression des niches fiscales devrait s’accompagner d’une baisse des taux. Afin de protéger les contribuables, il faudrait indiquer dans la constitution que les prélèvements obligatoires ne peuvent pas priver plus de 50 % des revenus d’un citoyen.

Pour l'économiste Thomas Piketty, l'impôt serait le moyen de lutter contre les inégalités. Dans quelle mesure cette conception de la fiscalité peut- elle soulever des problèmes ? Comment mettre en place une fiscalité efficace qu'elle concerne les particuliers ou les entreprises ?

Jean-Philippe Delsol : La vraie question est de savoir quel est l’objet de l’impôt. Piketty en fait un instrument d’égalisation alors que l’impôt n’a vocation qu’à prendre en charge le coût des services publics permettant à la collectivité de satisfaire au bien commun. Son obsession égalitaire dénature toutes ses propositions et en font l’instrument de son idéologie, c’est-à-dire d’une pensée unidimensionnelle tendant à considérer que l’égalité entre les hommes serait l’alpha et l’oméga d’une société juste quand ça n’est et ne peut être qu’une utopie dangereuse et dégradante pour les hommes autant sur le plan moral qu’économique et social.

Car le bien commun ne consiste pas à égaliser les hommes, mais plutôt à permettre à tous de vivre en paix et en sécurité et de favoriser l’épanouissement personnel de chacun. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir le souci des paumés de la vie. Mais le système actuel d’assistance généralisée au profit d’une partie de la population et à la charge de l’autre en vient à créer les pauvres qu’il souhaite ensuite secourir, il incite à l’irresponsabilité et décourage le travail. Ce système appauvrit la société elle-même et en particulier les plus pauvres. La fiscalité doit être aussi neutre que possible à l’égard des individus, faire en sorte que la situation des personnes reste le plus possible dans le même rapport des une aux autres après paiement de l’impôt.

Gérard Thoris : Pour montrer que l’impôt progressif sur le revenu avait été la cause principale de la réduction des inégalités de patrimoine en France au XX° siècle, Thomas Piketty a dû nier l’effet et des guerres et des inflations d’après-guerre. Ce serait simplement risible si cela n’avait ruiné des pays ou des activités. Ainsi, la batellerie française ne s’est jamais remise des destructions de la Seconde guerre mondiale ; la fiscalité n’y a été pour rien.

Ainsi encore, les capitalistes qui ont échangé leurs actions dans les sociétés de chemin de fer contre des obligations à 30 ans et 6 % d’intérêt étaient très certainement satisfaits de leur coup en 1936 ; nul doute qu’ils aient déchanté après les inflations de 48,5 % (1945), 52,6 % (1946), 49,2 % (1947) et 58,7 % (1948) ! L’argument ne tient donc pas. On pourrait tout aussi bien prendre comme adage la formule de Ludwig Von Mises pour qui "les vieilles firmes n’ont rien à craindre de la concurrence : elles en sont protégées par le percepteur" (L’action humaine, Paris,PUF, 1985, p. 851). En d’autres termes, les fortunes nouvelles sont tuées dans l’œuf au bénéfice des fortunes constituées, qui réussissent toujours à trouver des accommodements avec les pouvoirs publics. Que chacun choisisse son exemple dans l’actualité !

Philippe Crevel : Thomas Piketty souligne, à juste titre, que ces dernières décennies ont été marquées par une concentration du patrimoine. Ce mouvement s’explique par la valorisation des actifs immobiliers et financiers depuis 1990, par la désinflation et par le vieillissement de la population. Il est à signaler que les inégalités de patrimoine et de revenus se sont moins accrues en France qu’aux Etats-Unis ou en Allemagne. Thomas Piketty estime que l’impôt sur le revenu, les droits de succession et l’ISF ont contribué, pas assez à son goût, à la lutte contre les inégalités.

Dans les faits, ce sont les prestations sociales qui pèsent 33 % du PIB qui corrigent les inégalités. En plus, en taxant fortement les revenus du patrimoine, les pouvoirs publics ont incité à l’expatriation ou à la recherche d’une optimisation fiscale parfois improductive sur un plan économique. Si la France a moins d’entreprises de taille intermédiaire que ses partenaires c’est en parti à cause des droits de succession et de l’ISF. Il est plus intéressant de vendre son entreprise à une grande société que d’ouvrir son capital. Cette fiscalité fait le bonheur de la Belgique, de la Suisse, du Luxembourg voire du Portugal.

Aujourd’hui, il faudrait encourager la mobilité du capital pour éviter sa concentration excessive chez les seniors. A cette fin, il serait assez logique de favoriser fortement les donations. Pour régler les questions de succession et d’ISF, il faudrait réellement instituer le trustee avec franchise fiscale. En revanche, les successions classiques devraient être taxées plus lourdement.

Quelle que soit la fiscalité mise en place par un pays, certains contribuables et sociétés seront toujours tentés par l'optimisation fiscale, voire l'évasion. Comment la France pourrait-elle se prémunir et lutter efficacement contre ce genre de pratiques ?

Jean-Philippe Delsol : L’homme est une créature imparfaite et les sociétés sont également imparfaites. Il y aura donc toujours des resquilleurs. Mais il est plus facile de se cacher dans le maquis que dans le désert. C’est pourquoi une fiscalité plus simple, dénuée d’exceptions et des mille et une dérogations qui la ponctue aujourd’hui, serait sans doute déjà un premier obstacle important à la fraude.

Des taux plus raisonnables supprimeraient également des incitations à l’évasion fiscale : pourquoi prendre des risques si l’enjeu n’en vaut pas la peine ? A multiplier les règles et les sanctions, le système fiscal devient inquisitorial et atteint la liberté même qui fait qu’une économie est vivante et riche de sa créativité. Il ne sera jamais possible d’empêcher toute fraude Et il est légitime de sanctionner lourdement la fraude. Mais en l’état, l’Etat est lui-même responsable d’avoir créé le labyrinthe fiscal dans lequel se perdent et se dupent les uns les autres le fisc et les contribuables.

Philippe Crevel : Les Etats sont en concurrence et les contribuables sont libres de se déplacer du moins quand ils ont de la chance de vivre dans une démocratie et ainsi s’ils le souhaitent, de choisir son domicile fiscal en fonction de ses appétences. L’optimisation fiscale commence à l’intérieur des Etats. Nous pouvons choisir les villes qui demandent le moins au niveau des impôts locaux. La fiscalité de Neuilly sur Seine n’est pas la même que celle de Nantes ou d’Ajaccio. Au niveau européen, pour éviter quelques abus, un système de protection sociale pourrait être institué.

Les travailleurs détachés, exerçant leurs activités dans un pays où ils ne sont pas domiciliés, acquitteraient leurs cotisations à cette caisse européenne qui pourrait soit répartir entre les régimes sociaux nationaux les sommes perçues ou soit fournir des prestations concurrentes aux systèmes nationaux. Les taux seraient fixés d’un commun accord entre les Etats membres de l’Union européenne.

Quels serait les effets d'une bonne réforme fiscale sur l'économie française ?

Jean-Philippe Delsol : Parmi les exemples cités plus haut, l'impôt sur le capital, sur le salaire ainsi que sur les entreprises sont les impôts les plus sensibles. L’impôt sur la fortune en particulier est devenu la phobie des contribuables qui réussissent et qui ont le sentiment de se faire voler le capital qu’ils ont accumulé après avoir payé déjà de très nombreux impôts et charges. Sa suppression serait à cet égard salutaire.

D’une manière générale des impôt directs plus faibles et plus stables permettraient de retrouver une confiance disparue et la confiance est la base de toute société prospère parce que ceux qui ont confiance en l’avenir et confiance dans la stabilité de leur cadre de vie sociale peuvent entreprendre, faire des projets, embaucher, investir… Dans cette perspective il faut arrêter de créer de nouveaux impôts et en profiter pour en supprimer une foultitude qui sont d’un rendement marginal et pourtant pénalisant pour ceux qui les supportent.

Philippe Crevel : Une bonne fiscalité est celle d’un Etat économe. Une bonne fiscalité encourage les dépenses d’avenir, l’investissement, la recherche, l’innovation, la formation…Une bonne fiscalité favorise l’épargne à long terme à risques. Une refondation fiscale devrait permettre de générer des économies sur la gestion des impôts. Une bonne fiscalité avec une bonne communication constitue un bon instrument pour attirer des capitaux étrangers. Londres même si son impôt sur les sociétés est plus lourd que celui de la France a mis en avant la valeur faciale faible du taux de cet impôt et le fait qu’il n’y avait pas de tranche à 75%.

Une bonne fiscalité bien acceptée, constitue un élément clef pour restaurer un bon climat de confiance. Si elle est stable, bien comprise, elle peut faciliter l’enclenchement d’un cycle de croissance. La création de la TVA en 1954 en lieu et place des très nombreuses taxes sur la production a accompagné la modernisation des réseaux de distribution.

Des quels systèmes étrangers pourrait-on s'inspirer ?

Jean-Philippe Delsol : Il n’y pas de pays idéal. Mais il y en a qui gèrent mieux que d’autres leur dépenses publiques el la fiscalité qui les finance. La Suisse est à cet égard un modèle, les dépenses de ses administrations publiques sont limitées à un niveau de l’ordre de 33% du PIB, son endettement est réduit à environ 35% du PIB et la fiscalité est elle-même maitrisée. Par exemple il existe en Suisse un impôt sur la fortune, mais il est différent dans chaque canton et il dépasse rarement 1% et en contrepartie les droits de mutation, de donation et de succession sont faibles ou inexistants.

Le secret de la Suisse à cet égard, c’est qu’il s’agit d’une confédération dont les 26 cantons sont en concurrence sur le plan fiscal. Il existe d’autres pays qui ont réussi à disposer d’une fiscalité favorable à la croissance économique, ce sont notamment les nouveaux pays de l’Est de l’Europe. En sortant du communisme, ils avaient la chance ce pouvoir repartir d’une page blanche et beaucoup d’entre eux ont opté pour la flat tax, parfois avec un taux unique et identique tout à la fois pour l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la TVA. Cela leur a plutôt bien réussi.

Gérard Thoris : N’importe quel pays dans le monde est devenu candidat au statut de modèle pour les réformes fiscales en France ! Il n’est pas question de dire qu’un pays aurait trouvé la formule magique permettant de tenir les deux bouts de la justice sociale et de l’efficacité économique. Mais chaque pays a au moins tenté quelque chose pour accroître l’efficacité économique du système fiscal. Beaucoup, dont la Suède ou les Pays-Bas, ont procédé à une mise en cale sèche de leur système fiscal pour le fondre à nouveaux frais selon des principes adaptés à la situation présente.

Par contre, ceux qui ont réussi leur réforme ont bénéficié de deux atouts : le temps et la croissance. Le temps permet de mettre les acteurs sociaux autour d’une table et de rechercher un consensus sur les réformes à faire. La croissance permet de tempérer l’effet des réformes fiscales qui se traduisent toujours par des transferts de charges d’un contribuable à l’autre. La France a été épuisée par les réformes fiscales les plus récentes. Sans conception d’ensemble, elles n’ont pas moins abouti à décourager l’initiative économique… et l’opinion publique.


Philippe Crevel : Un bon système fiscal est celui qui est adapté aux fondamentaux du pays dans lequel il s’applique. Mais, il est certain que l’Allemagne avec sa règle de taux maximal de prélèvement et la retenue à source pour l’IR mérite d’être étudiée. Le Royaume-Uni avec sa fiscalité assez rusée sur les entreprises, une fiscalité simple mais qui rapporte est également à suivre. Pour les droits de succession, la Belgique est évidemment intéressante. Le Portugal comme l’Espagne accordent plus d’autonomie fiscale à leurs régions avec à la clef moins de subventions. Il y a une responsabilisation accrue des collectivités locales.
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vendredi, janvier 02, 2015

Ce n'est pas de la censure, c'est de la sécurité, et qui peut être opposé à la sécurité, hein ?

Éric Zemmour annulé en Belgique malgré le soutien de la LDH

Pour ceux qui ont de la mémoire et de l'humour, rouge plutôt que noir, cette censure d'Eric Zemmour sous prétexte de sécurité est désopilante.

Elle me rappelle ma tendre enfance, ce temps béni où il n'y avait pas de dissidents en URSS, seulement des malades mentaux à soigner avec une grande sollicitude, où Georges Marchais pouvait arguer sans ciller du bilan globalement positif de l'URSS.

Il faut empêcher Eric Zemmour de parler. Pas pour le censurer, quel mot horrible, mais pour le protéger, pour sa propre sécurité. Qui pourrait être assez vil, assez lâche, assez méchant pour refuser la sécurité à Eric Zemmour ? Vous protestez ? Principe de précaution !

Ces saines mesures de sécurité seront d'ailleurs étendues aux synagogues, aux écoles juives, aux restaurants juifs, aux églises et aux marchés de Noël.

En revanche, les mosquées (1) et les écoles coraniques resteront ouvertes. Il suffira de poster une voiture de police devant.

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(1) payées par le contribuable.

Louis XV (JC Petitfils)

Moins politique que Gaxotte,  JC Petitfils vise le coeur du drame de la monarchie française sous Louis XV.

Après la mort de Louis XIV, la monarchie française (le pouvoir du roi d'incarner le pays et l'intérêt général) est rongée de l'intérieur par la tenaille de la réaction aristocratique, soutenue par le haut clergé dévot issu de l'aristocratie (toujours aussi con, l'épiscopat français, ce n'est pas une nouveauté de 2015) et de l'opinion publique naissante.



Nous connaissons aujourd'hui la voie de sortie d'une telle tenaille : prendre à témoin le peuple, sous les formes organisées de la démocratie, contre la réaction aristocratique.

Nous avons beau le savoir, cela reste très difficile : nous subissons aujourd'hui une réaction aristocratique et, pourtant, nous n'arrivons pas à nous en sortir et à redonner au peuple la parole dont il est privé depuis (au moins) le référendum de 2005.

La réponse à cette problématique est aussi connue : l'autorité légitime. Sûre d'elle-même, elle redonnerait la parole au peuple.

L'autorité, je le répète : «L'autorité est fille du courage sous toutes ses formes, moral, intellectuel et physique».

Quant à la légitimité, elle vient de ce qu'on se préoccupe plus de l'intérêt du pays que d'un parti, d'un clan, d'une mafia, de telle ou telle promotion de l'ENA.

Le drame simplifie les options. Si le débat public était ôté des mains de ceux qui confondent les intérêts des centres-villes de Paris, Lyon et Bordeaux avec les intérêts de la France, je ne doute pas qu'il se dégagerait vite une majorité sur une politique migratoire très restrictive et sur la sortie de l'Euro (1).

Notons d'ailleurs qu'en janvier 2016, il se pourrait que nous ne nous posions plus la question de la sortie de l'Euro, que les Grecs, les Espagnols, les Italiens et les marchés financiers aient choisi pour nous durant 2015. Mais je préfère que la France choisisse son destin plutôt que de subir les événements.

La dernière fois où un homme a exercé en France une autorité légitime, c'est Pompidou. Ensuite, les présidents se sont délégitimés par leur démagogie.

Deux remarques :

  • si Louix XV a eu des faiblesses morales et intellectuelles, on ne peut rien lui retirer du courage physique. Napoléon, le dieu des batailles, à la compétence incontestable sur le sujet, jugeait que le courage de Louis XV, au moment critique de la bataille de Fontenoy, était le facteur déterminant de la victoire.
  • le choix de ses dernières maitresses, la marquise de Pompadour et la duchesse du Barry, était humainement excellent : contrairement aux calomnies (Michelet s'y est déshonoré), elles étaient des reines de beauté, mais aussi des femmes intelligentes et d'une grande bonté, qui se sont peu mêlées de politique (Louis XV s'en servait quelquefois de paravents, d'où les influences excessives qu'on leur prêtait). C'est une des nombreuses taches sur la révolution que d'avoir guillotiné la du Barry («Encore un instant, monsieur le bourreau»).


Pour Petitfils, deux décisions en apparence anecdotiques furent des occasions manquées majeures : le refus du mariage avec une princesse russe, l'installation à Versailles plutôt qu'au Louvre.



Jean-Christian Petitfils, Louis XV par Librairie-La-Procure

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(1) : aujourd'hui, les Français ont peur de la rupture que représente la sortie de l'Euro. C'est normal, cette option est portée par une harpie socialiste arriviste, Marine Le Pen, rien de rassurant. Je ne doute pas qu'on puisse construire une offre politique intelligente autour de la sortie de l'Euro.