Macron, Villiers et le piège des 3%
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Voilà pourquoi la décision d'Emmanuel Macron de sabrer dans les dépenses d'équipement, avec une phrase sibylline, qui semblait reprocher au chef d'État-major d'être trop à l'écoute des industriels de la Défense, est inquiétante. Y a-t-il un agenda caché dans tout cela ? Après avoir laissé tomber, depuis un quart de siècle, des pans entiers de l'industrie, s'apprête-t-on à liquider, sous couvert de coopération européenne, nos industries de défense? L'Allemagne ne cache plus ses ambitions dans ce domaine. D'ores et déjà, son budget de la Défense dépasse celui de la France. Il atteint, cette année, 37 milliards, dont 11,1 milliards pour les seuls équipements. Une Allemagne qui n'a pas la charge de la dissuasion nucléaire, ni des opérations extérieures. En 2020, ce budget atteindra 39 milliards. Cette montée en puissance permet aux industriels allemands de se positionner sur leurs secteurs traditionnels (sous-marins, chars), mais aussi sur des créneaux qu'ils avaient délaissés jusqu'alors. Avec des succès à l'exportation surprenants. C'est un fusil allemand qui va désormais équiper les armées françaises!
Le prochain scenario que l'on va nous communiquer, nous vendre est celui de l'indispensable coopération franco-allemande en matière de défense. Ce fut l'objet d'un conseil franco-allemand à Paris, à la veille du 14 juillet, avec l'annonce du projet d'un futur avion de combat commun, d'un programme sur la cyber guerre, sur les drones, les avions de transport, etc. Puisque nous n'avons plus les moyens financiers, il nous faut donc partager les coûts avec ceux qui ont l'argent. Ce que l'on n'a peut-être pas compris à Paris, c'est qu'à terme c'est un marché de dupes. Le même que celui que nous avons fait lors de la création d'EADS. La France a perdu le pouvoir au sein d'Airbus, en partie par sa faute. Les Allemands ont méthodiquement grignoté, récupéré les parties les plus juteuses. Ce sont eux qui règnent sur les activités de défense du groupe. Ils fabriquent l'Eurofighter, un vieil avion dépassé concurrent du Rafale. Ils ont donc besoin d'un successeur et du savoir-faire des Français. Attention à ce que ce futur avion européen ne soit pas le moyen de nous phagocyter. L'Allemagne estime que tout ce qui relève de l'industrie lui revient. Et on peut se demander si notre jeune président, dont les yeux brillent surtout pour les start-up, ne pense pas au fond de lui-même que l'avenir de notre pays ne passait plus par l'industrie, quelle qu'elle soit. Le piège des 3% se referme donc sur nous et sur ce qui restait encore de l'excellence industrielle française: les industries de défense.
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Emmanuel Macron est cohérent, nous savons qui il est, nous connaissons son idéologie. C'est un mondialiste, un européiste, un traitre qui pense que la France ne peut vivre seule et doit se soumettre à l'Allemagne et aux Etats-Unis.
samedi, juillet 22, 2017
Pêle-mêle : Polony, Thibaud, Saint-Ex
Natacha Polony est souvent ridicule (comme Zemmour) quand elle aborde les questions économiques, mais quand elle s'en tient éloignée, ses propos sont plus solides :
Natacha Polony: « Pas de démocratie sans souveraineté militaire »
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Ceux qui, depuis des décennies, utilisent le budget de la défense comme variable d'ajustement répondent à deux principes idéologiques. Le premier est un mépris profond pour l'industrie - celle de l'armement, qu'on le déplore ou non, est une des rares que la France ait pu sauver - qui explique qu'ils aient laissé détruire plus d'un million d'emplois industriels sur les quinze dernières années alors que ce sont les emplois les plus porteurs de valeur ajoutée. Le second est une indifférence totale à l'idée de souveraineté, qui est pourtant le fondement même de la démocratie.
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Emmanuel Macron, la commémoration politiquement correcte
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Fondamentalement ce fut là, sur le moment, l’attitude de la Résistance : les Juifs sont victimes des occupants, c’est donc ceux-ci qu’il faut combattre. Aider directement leurs victimes privilégiées ne peut être qu’un palliatif, une bonne oeuvre. J’ai eu un ami, reconnu « juste des nations » auquel sa femme reprochait encore, des décennies plus tard, de ne pas être allé au maquis. La question que les résistants ont prise au sérieux, alors que beaucoup autour d’eux l’éludaient était simplement : se battre ou pas. Cela est resté leur critère de jugement, tant qu’ils ont vécu. C’est pourquoi, Simone Veil l’a rappelé : après la guerre, on écoutait plus volontiers dans sa famille sa soeur qui avait pris des risques dans les FrancsTireurs, que celle qui avait survécu à Auschwitz.
Plus tard, au procès Papon, Pierre Messmer a choqué en disant qu’il était plus ému par le souvenir de ceux qui étaient morts en luttant pour notre liberté que par celui des victimes de la barbarie. Il parlait en acteur qu’il était encore devant des hommes de commémoration.
C’est parce que nous commémorons de loin l’événement que nous saisissons mal ce qu’était l’enjeu : la question d’être ou ne pas être, posée à la France et même à chacun. Nous croyons donner plus de profondeur au choix de naguère en lui associant un corpus idéologique et des motifs moraux ou sentimentaux. Mais ce sont des rajouts pour le spectacle. Aucune liste de bonnes raisons ne me dira jamais pourquoi je dois, moi, m’engager… y aller. On s’inquiète donc quand nos politiciens, sincèrement sans doute, s’époumonent à nous exhorter après coup. Ils croient servir un progrès dans la lucidité en jouant les épurateurs de conscience, mais ils sortent ainsi de leur rôle, qui serait d’assumer et de revendiquer le sens présent de leur action. En sont-ils capables ? Leurs performances commémoratives, de quel manque actuel sont-elles un alibi ?
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Jacques Sapir fait aussi remarquer (Bir Hakeim, le Vel’ d’Hiv’ et Emmanuel Macron) que la vision chiraco-hollando-mécronienne de la seconde guerre mondiale (Vichy était la France, De Gaulle et la Résistance étaient des illusions) est très américaine. Le plus grand, le plus acharné, adversaire de De Gaulle était Rossevelt.
Breton / Saint-Exupéry : le manifeste et le sacrifice
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À celui qui professe un mépris absolu de la religion et un refus de la transcendance, Saint-Ex rappelle qu'il est lui-même le plus clérical des hommes, le héraut d'une « Très Sainte Inquisition ». « Vous êtes l'homme des excommunications, des exclusives, des orthodoxies absolues, des procès de tendance, des jugements définitifs portés sur l'homme à l'occasion d'une phrase de hasard, d'un pas, d'un geste. Si vous n'êtes pas l'homme des bastilles, c'est faute de pouvoir. Mais dans la mesure où votre faible pouvoir peut s'exercer, vous êtes l'homme des camps de concentration spirituels », écrit-il. Et encore: « On ne condamne personne chez moi pour un mot qu'il a prononcé ou une connerie qu'on a racontée sur lui. On y ignore les délits d'opinion. »
Au clivage droite-gauche que voudraient instaurer les antifascistes, Saint-Exupéry oppose une autre frontière plus fondamentale : celle qui sépare les planqués, ceux qui se sont mis à l'abri, de ceux qui vivent l'engagement dans leur chair. À la « culture du manifeste » (référence aux deux manifestes surréalistes) qui prône des signes extérieurs de vertu sans « mouiller le maillot », il répond par son expérience concrète du métier d'aviateur: « Je crois aux actes, non aux grands mots », « D'abord, je me suis battu ». Il oppose à la mondanité surfaite des avant-gardes une saine camaraderie soudée par le danger: « Il vous manque mes vingt ans d'aviation parmi les mécaniciens et les ouvriers. Bon Dieu, que nous étions faciles à vivre. On disait “je t'emmerde” et on jouait sa peau les uns pour les autres. »
[…]
La veille de sa mort, il écrivait à son ami Pierre Dalloz, comme en écho avec sa dispute avec Breton : « Je hais leurs vertus de robots. » À la liberté proclamée des surréalistes, cette liberté pétitionnaire, cette liberté de l'écriture automatique qui hache la conscience au lieu d'entretenir l'âme, Saint-Exupéry oppose une liberté toute simple, aussi pure et claire qu'une traînée d'avion dans un ciel bleu : celle de la mort consentie.
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L'opposition est presque trop belle pour être vraie : Breton, le baveux sectaire et bien confortable, et Saint-Ex qui ne la ramène mais meurt pour ce qu'il croit.
En ce moment, je suis agacé que les conservateurs puissent paraître des grincheux acariâtres, alors il ne me déplaît pas que Natacha Polony soit plutôt mignonne et que Saint-Ex fût un doux.
Tiens, un autre conservateur qu'on eut aimé avoir comme ami :
Natacha Polony: « Pas de démocratie sans souveraineté militaire »
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Ceux qui, depuis des décennies, utilisent le budget de la défense comme variable d'ajustement répondent à deux principes idéologiques. Le premier est un mépris profond pour l'industrie - celle de l'armement, qu'on le déplore ou non, est une des rares que la France ait pu sauver - qui explique qu'ils aient laissé détruire plus d'un million d'emplois industriels sur les quinze dernières années alors que ce sont les emplois les plus porteurs de valeur ajoutée. Le second est une indifférence totale à l'idée de souveraineté, qui est pourtant le fondement même de la démocratie.
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Emmanuel Macron, la commémoration politiquement correcte
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Fondamentalement ce fut là, sur le moment, l’attitude de la Résistance : les Juifs sont victimes des occupants, c’est donc ceux-ci qu’il faut combattre. Aider directement leurs victimes privilégiées ne peut être qu’un palliatif, une bonne oeuvre. J’ai eu un ami, reconnu « juste des nations » auquel sa femme reprochait encore, des décennies plus tard, de ne pas être allé au maquis. La question que les résistants ont prise au sérieux, alors que beaucoup autour d’eux l’éludaient était simplement : se battre ou pas. Cela est resté leur critère de jugement, tant qu’ils ont vécu. C’est pourquoi, Simone Veil l’a rappelé : après la guerre, on écoutait plus volontiers dans sa famille sa soeur qui avait pris des risques dans les FrancsTireurs, que celle qui avait survécu à Auschwitz.
Plus tard, au procès Papon, Pierre Messmer a choqué en disant qu’il était plus ému par le souvenir de ceux qui étaient morts en luttant pour notre liberté que par celui des victimes de la barbarie. Il parlait en acteur qu’il était encore devant des hommes de commémoration.
C’est parce que nous commémorons de loin l’événement que nous saisissons mal ce qu’était l’enjeu : la question d’être ou ne pas être, posée à la France et même à chacun. Nous croyons donner plus de profondeur au choix de naguère en lui associant un corpus idéologique et des motifs moraux ou sentimentaux. Mais ce sont des rajouts pour le spectacle. Aucune liste de bonnes raisons ne me dira jamais pourquoi je dois, moi, m’engager… y aller. On s’inquiète donc quand nos politiciens, sincèrement sans doute, s’époumonent à nous exhorter après coup. Ils croient servir un progrès dans la lucidité en jouant les épurateurs de conscience, mais ils sortent ainsi de leur rôle, qui serait d’assumer et de revendiquer le sens présent de leur action. En sont-ils capables ? Leurs performances commémoratives, de quel manque actuel sont-elles un alibi ?
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Jacques Sapir fait aussi remarquer (Bir Hakeim, le Vel’ d’Hiv’ et Emmanuel Macron) que la vision chiraco-hollando-mécronienne de la seconde guerre mondiale (Vichy était la France, De Gaulle et la Résistance étaient des illusions) est très américaine. Le plus grand, le plus acharné, adversaire de De Gaulle était Rossevelt.
Breton / Saint-Exupéry : le manifeste et le sacrifice
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À celui qui professe un mépris absolu de la religion et un refus de la transcendance, Saint-Ex rappelle qu'il est lui-même le plus clérical des hommes, le héraut d'une « Très Sainte Inquisition ». « Vous êtes l'homme des excommunications, des exclusives, des orthodoxies absolues, des procès de tendance, des jugements définitifs portés sur l'homme à l'occasion d'une phrase de hasard, d'un pas, d'un geste. Si vous n'êtes pas l'homme des bastilles, c'est faute de pouvoir. Mais dans la mesure où votre faible pouvoir peut s'exercer, vous êtes l'homme des camps de concentration spirituels », écrit-il. Et encore: « On ne condamne personne chez moi pour un mot qu'il a prononcé ou une connerie qu'on a racontée sur lui. On y ignore les délits d'opinion. »
Au clivage droite-gauche que voudraient instaurer les antifascistes, Saint-Exupéry oppose une autre frontière plus fondamentale : celle qui sépare les planqués, ceux qui se sont mis à l'abri, de ceux qui vivent l'engagement dans leur chair. À la « culture du manifeste » (référence aux deux manifestes surréalistes) qui prône des signes extérieurs de vertu sans « mouiller le maillot », il répond par son expérience concrète du métier d'aviateur: « Je crois aux actes, non aux grands mots », « D'abord, je me suis battu ». Il oppose à la mondanité surfaite des avant-gardes une saine camaraderie soudée par le danger: « Il vous manque mes vingt ans d'aviation parmi les mécaniciens et les ouvriers. Bon Dieu, que nous étions faciles à vivre. On disait “je t'emmerde” et on jouait sa peau les uns pour les autres. »
[…]
La veille de sa mort, il écrivait à son ami Pierre Dalloz, comme en écho avec sa dispute avec Breton : « Je hais leurs vertus de robots. » À la liberté proclamée des surréalistes, cette liberté pétitionnaire, cette liberté de l'écriture automatique qui hache la conscience au lieu d'entretenir l'âme, Saint-Exupéry oppose une liberté toute simple, aussi pure et claire qu'une traînée d'avion dans un ciel bleu : celle de la mort consentie.
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L'opposition est presque trop belle pour être vraie : Breton, le baveux sectaire et bien confortable, et Saint-Ex qui ne la ramène mais meurt pour ce qu'il croit.
En ce moment, je suis agacé que les conservateurs puissent paraître des grincheux acariâtres, alors il ne me déplaît pas que Natacha Polony soit plutôt mignonne et que Saint-Ex fût un doux.
Tiens, un autre conservateur qu'on eut aimé avoir comme ami :
Brexit, Trump, Macron : faut-il se résigner à la victoire des mondialistes ?
En 2016, les mondialistes ont été pris par surprise par le référendum anglais et par la victoire de Trump.
2017 a été l'année de la contre-attaque : paralysie de Trump, éviscération du Brexit, élection de Macron.
J'en viens à me demander s'il n'est pas idiot d'espérer.
2017 a été l'année de la contre-attaque : paralysie de Trump, éviscération du Brexit, élection de Macron.
J'en viens à me demander s'il n'est pas idiot d'espérer.
Libellés :
trahison de la classe dirigeante
mercredi, juillet 19, 2017
Pierre et Marlène sont dans le bateau de Jupiter ...
Article dévastateur :
Macron sacrifie Villiers et l’armée pour protéger Schiappa et les féministes
Article encore plus dévastateur quand on le remplace dans le contexte :
Confiance
Cedant Arma Togae et la démission de Pierre de Villiers
Puisque la mode est un psychologisme (conséquence de la prise de pouvoir des femmes, dirait Zemmour), j'ai lu un article sur Macron disant qu'il n'est pas déraciné, on sait qu'il vient d'Amiens, mais, comme Hollande, sans attaches, car il n'y a, comme tous les narcissiques, que sa petite personne qui compte, tout son monde s'ordonne autour de lui, tout et tous n'existent que dans leur rapport à lui, il ne s'attache rien ni à personne, mais tous devraient s'attacher à lui.
Revenons à la politique. Nulle surprise : Macron, c'est Hollande-bis, en plus jeune et plus dynamique, en plus intelligent. Bref, en pire, en plus dangereux. Macron, c'est le triomphe de Terra Nova, la dissolution de la France, noyée, par le haut, dans le mondialisme, par le bas, dans le communautarisme.
Dans cette optique, il est évidemment essentiel, l'école, l'Eglise et la justice étant détruites, d'achever la seule institution française qui restait debout : l'armée. C'est simple, logique et implacable.
Les Français ont-ils voté pour cette politique en connaissance de cause ? La réponse est, bien sûr, négative. C'est le boulet que traine Macron d'une campagne électorale avortée, viciée et vicieuse. Les Français, et c'est déjà très condamnable, ont juste voté pour une marque de lessive.
Le manque de légitimité va hanter son quinquennat et il est mal parti. Plutôt que de commencer modestement et de bâtir sa légitimité pas à pas, en surmontant les obstacles l'un après l'autre, il attaque bille en tête. Cela semble un coup d'audace, mais pourrait vite se transformer en claquage.
Mais la plus à plaindre dans ce cirque, c'est la France.
Macron sacrifie Villiers et l’armée pour protéger Schiappa et les féministes
Article encore plus dévastateur quand on le remplace dans le contexte :
Confiance
Cedant Arma Togae et la démission de Pierre de Villiers
Puisque la mode est un psychologisme (conséquence de la prise de pouvoir des femmes, dirait Zemmour), j'ai lu un article sur Macron disant qu'il n'est pas déraciné, on sait qu'il vient d'Amiens, mais, comme Hollande, sans attaches, car il n'y a, comme tous les narcissiques, que sa petite personne qui compte, tout son monde s'ordonne autour de lui, tout et tous n'existent que dans leur rapport à lui, il ne s'attache rien ni à personne, mais tous devraient s'attacher à lui.
Revenons à la politique. Nulle surprise : Macron, c'est Hollande-bis, en plus jeune et plus dynamique, en plus intelligent. Bref, en pire, en plus dangereux. Macron, c'est le triomphe de Terra Nova, la dissolution de la France, noyée, par le haut, dans le mondialisme, par le bas, dans le communautarisme.
Dans cette optique, il est évidemment essentiel, l'école, l'Eglise et la justice étant détruites, d'achever la seule institution française qui restait debout : l'armée. C'est simple, logique et implacable.
Les Français ont-ils voté pour cette politique en connaissance de cause ? La réponse est, bien sûr, négative. C'est le boulet que traine Macron d'une campagne électorale avortée, viciée et vicieuse. Les Français, et c'est déjà très condamnable, ont juste voté pour une marque de lessive.
Le manque de légitimité va hanter son quinquennat et il est mal parti. Plutôt que de commencer modestement et de bâtir sa légitimité pas à pas, en surmontant les obstacles l'un après l'autre, il attaque bille en tête. Cela semble un coup d'audace, mais pourrait vite se transformer en claquage.
Mais la plus à plaindre dans ce cirque, c'est la France.
mardi, juillet 18, 2017
Bertrand Renouvin vitrifie la repentance macronienne
Cette histoire de Vel d'Hiv me gonfle. Nos adversaires, dont je me demande de plus en plus s'ils ne sont pas nos ennemis, ont choisi ce terrain.
Bertrand Renouvin remet Macron à sa place, qui n'est pas très haute :
Emmanuel Macron, le Vel d’Hiv, la mémoire et l’histoire – Chronique 140
Bertrand Renouvin remet Macron à sa place, qui n'est pas très haute :
Emmanuel Macron, le Vel d’Hiv, la mémoire et l’histoire – Chronique 140
Libellés :
Histoire,
l'imposture Macron,
saloperies gauchistes
lundi, juillet 17, 2017
Natacha Polony : « Charlotte et le pot de fer »
Natacha Polony : « Charlotte et le pot de fer »
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Ô joie, la France est donc en passe de devenir une « start-up nation ». Il serait peut-être malvenu d'avouer que nous n'en demandions pas tant. En fait, les citoyens de ce pays attendent modestement que soient honorés et soutenus ceux qui, par leur travail et leur ferveur, perpétuent ce qu'il a de meilleur, dans quelque domaine que ce soit, du plus innovant au plus traditionnel. Mais puisque l'exercice moderne du pouvoir consiste visiblement à faire le bonheur des citoyens malgré eux, leur désir de prolonger ce qui fait la France passera par profits et pertes. Qui n'a pas lancé son «appli» ne mérite pas l'attention des pouvoirs publics (ni la moindre réduction d'impôts ou de charges). Les derniers des Mohicans de l'excellence française ? Qu'ils se débrouillent.
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Ô joie, la France est donc en passe de devenir une « start-up nation ». Il serait peut-être malvenu d'avouer que nous n'en demandions pas tant. En fait, les citoyens de ce pays attendent modestement que soient honorés et soutenus ceux qui, par leur travail et leur ferveur, perpétuent ce qu'il a de meilleur, dans quelque domaine que ce soit, du plus innovant au plus traditionnel. Mais puisque l'exercice moderne du pouvoir consiste visiblement à faire le bonheur des citoyens malgré eux, leur désir de prolonger ce qui fait la France passera par profits et pertes. Qui n'a pas lancé son «appli» ne mérite pas l'attention des pouvoirs publics (ni la moindre réduction d'impôts ou de charges). Les derniers des Mohicans de l'excellence française ? Qu'ils se débrouillent.
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Libellés :
Natacha Polony,
paysannerie française
dimanche, juillet 16, 2017
A la rafle du Vel d'Hiv, il était la France
Le 16 juillet 1942 de petit Louis
Lazare Pytkowicz, quatorze ans, est pris avec sa famille dans la rafle du Vel d'Hiv. Il s'évade, avec l'autorisation de ses parents (à l'époque, on respectait l'autorité parentale !).
Recueilli par des Français, il demande et obtient de participer à la Résistance. Courrier, plusieurs fois arrêté, plusieurs fois évadé, il fait ce qu'en d'autres temps on appelait « une belle guerre ».
**************
Sain et sauf à la Libération, en 1945 il attendra les siens en vain à l’hôtel Lutétia. Aucun ne reviendra. Pris en charge par ceux qui l’avaient caché en 1942, il est renvoyé au lycée pour y reprendre ses études. C’est là qu’un jour de novembre 1945, il voit le pion rentrer dans la classe, pour lui dire qu’il est convoqué chez le proviseur. Dans le bureau duquel, interrogatif il se rend pour tomber sur un général en uniforme, qui lui débite la formule sacramentelle et lui accroche sur la poitrine la Croix de la Libération, il a 17 ans.
Écoutons le raconter simplement, comment retournant dans sa classe, il met la médaille dans sa poche pour éviter que les copains ne se foutent de lui. On a alors la gorge nouée et l’envie d’embrasser ce frère. Parce que son histoire nous dit que le 16 juillet 1942, la France ce n’était pas Pétain, Laval, Bousquet ou Brasillach.
La France c’était Lazare Pytkowicz.
**************
Addendum (après les propos de ce salaud de Macron - salaud car ses propos, comme ceux de Chirac et de Hollande avant lui, sont une insulte à nos morts les plus misérables, ceux qui ont connu la solitude, la torture, la prison, les camps) :
Commentaire pris chez de Castlenau :
Plus iconoclaste, Eric Verhaeghe :
Vel’ d’Hiv et Sécurité Sociale, les deux mamelles de l’État Français
**************
Lorsque l’Assemblée Nationale de l’époque transfère, le 10 juillet 1940, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain (en dehors de toute procédure constitutionnelle, rappelons-le), commence l’ère sombre du régime de Vichy. Il n’est pas de mots assez cruels aujourd’hui pour en dénoncer les forfaits… mais avec une amnésie stupéfiante sur certains sujets. L’héritage technocratique de Vichy dans la France contemporaine continue en effet d’être jalousement préservé par ceux qui se montrent les plus critiques vis-à-vis de ce régime. Et cette mansuétude discrète soulève quand même quelques questions.
[…]
Il est donc de bon ton aujourd’hui d’expliquer que « la France » a fait le Vel d’Hiv, sans jamais citer (comme le Président Macron est parvenu à le faire) le rôle de l’Allemagne dans l’obsession antisémite de Vichy. Tout se passe d’ailleurs comme si la France était la cause unique de la Shoah et comme si c’étaient des soldats français qui avaient liquidé en masse des Juifs sur le front de l’Est.
Si autant de Français ont accepté l’ordre de Vichy, il y avait bien une raison. Celle-ci tient d’abord à la politique sociale du régime qui a visé à « protéger » le pays. Je vous protège, en échange, vous me laissez liquider les Juifs, les Francs-Maçons, les homosexuels [non, légende], et autres groupes jugés indésirables par les technocrates au pouvoir.
En étatisant la protection sociale, Pétain n’agissait donc pas par hasard. Il mettait en place un système qui a fait des émules par la suite, et donc la logique n’a pas changé. Elle permettait de susciter une adhésion massive au régime, quel qu’il soit. C’était au fond une vision et une version heureuse de la servitude par la mise en oeuvre du Big Mother appelé la sécurité sociale.
**************
Un mois avant la rafle du Vel d'Hiv, des Français se couvraient de gloire à Bir Hakeim. Ceux-là ont plus de titres à se réclamer de la France qu'un gouvernement de traitres.
Et une sucrerie pour la route :
Lazare Pytkowicz, quatorze ans, est pris avec sa famille dans la rafle du Vel d'Hiv. Il s'évade, avec l'autorisation de ses parents (à l'époque, on respectait l'autorité parentale !).
Recueilli par des Français, il demande et obtient de participer à la Résistance. Courrier, plusieurs fois arrêté, plusieurs fois évadé, il fait ce qu'en d'autres temps on appelait « une belle guerre ».
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Sain et sauf à la Libération, en 1945 il attendra les siens en vain à l’hôtel Lutétia. Aucun ne reviendra. Pris en charge par ceux qui l’avaient caché en 1942, il est renvoyé au lycée pour y reprendre ses études. C’est là qu’un jour de novembre 1945, il voit le pion rentrer dans la classe, pour lui dire qu’il est convoqué chez le proviseur. Dans le bureau duquel, interrogatif il se rend pour tomber sur un général en uniforme, qui lui débite la formule sacramentelle et lui accroche sur la poitrine la Croix de la Libération, il a 17 ans.
Écoutons le raconter simplement, comment retournant dans sa classe, il met la médaille dans sa poche pour éviter que les copains ne se foutent de lui. On a alors la gorge nouée et l’envie d’embrasser ce frère. Parce que son histoire nous dit que le 16 juillet 1942, la France ce n’était pas Pétain, Laval, Bousquet ou Brasillach.
La France c’était Lazare Pytkowicz.
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Addendum (après les propos de ce salaud de Macron - salaud car ses propos, comme ceux de Chirac et de Hollande avant lui, sont une insulte à nos morts les plus misérables, ceux qui ont connu la solitude, la torture, la prison, les camps) :
Commentaire pris chez de Castlenau :
Oui, Lazare c’était la France, comme l’étaient Charles de Gaulle, le visage de Jean Moulin décrit par André Malraux, le Conseil National de la résistance et tant d’autres, anonymes ou non, étrangers même comme le groupe Manouchian. Faire du discours de Jacques Chirac une vérité historique qui vient servir celui, flou, de l’actuel président est une argutie pénible à constater. Doit-on oublier le manifeste de Brazzaville, le travail de René Cassin ou l’ordonnance du 9 août 1944 ?
Plus iconoclaste, Eric Verhaeghe :
Vel’ d’Hiv et Sécurité Sociale, les deux mamelles de l’État Français
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Lorsque l’Assemblée Nationale de l’époque transfère, le 10 juillet 1940, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain (en dehors de toute procédure constitutionnelle, rappelons-le), commence l’ère sombre du régime de Vichy. Il n’est pas de mots assez cruels aujourd’hui pour en dénoncer les forfaits… mais avec une amnésie stupéfiante sur certains sujets. L’héritage technocratique de Vichy dans la France contemporaine continue en effet d’être jalousement préservé par ceux qui se montrent les plus critiques vis-à-vis de ce régime. Et cette mansuétude discrète soulève quand même quelques questions.
[…]
Il est donc de bon ton aujourd’hui d’expliquer que « la France » a fait le Vel d’Hiv, sans jamais citer (comme le Président Macron est parvenu à le faire) le rôle de l’Allemagne dans l’obsession antisémite de Vichy. Tout se passe d’ailleurs comme si la France était la cause unique de la Shoah et comme si c’étaient des soldats français qui avaient liquidé en masse des Juifs sur le front de l’Est.
Si autant de Français ont accepté l’ordre de Vichy, il y avait bien une raison. Celle-ci tient d’abord à la politique sociale du régime qui a visé à « protéger » le pays. Je vous protège, en échange, vous me laissez liquider les Juifs, les Francs-Maçons, les homosexuels [non, légende], et autres groupes jugés indésirables par les technocrates au pouvoir.
En étatisant la protection sociale, Pétain n’agissait donc pas par hasard. Il mettait en place un système qui a fait des émules par la suite, et donc la logique n’a pas changé. Elle permettait de susciter une adhésion massive au régime, quel qu’il soit. C’était au fond une vision et une version heureuse de la servitude par la mise en oeuvre du Big Mother appelé la sécurité sociale.
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Un mois avant la rafle du Vel d'Hiv, des Français se couvraient de gloire à Bir Hakeim. Ceux-là ont plus de titres à se réclamer de la France qu'un gouvernement de traitres.
Et une sucrerie pour la route :
Libellés :
France d'avant,
résistance
samedi, juillet 15, 2017
Pendant que le gamin s'amuse avec les jouets payés par le moutontribuable, Terra Nova triomphe
Macron inaugure le parc Disneylyséeland !
Elisabeth Lévy : « Macron nous rappelle qu'entre le sublime et le ridicule, la frontière est ténue »
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Finalement, si vous deviez choisir, ne préférez-vous pas « le meilleur des mondes macronisé » au « Paris merveilleux » d'Anne Hidalgo ?
Je crains, justement, de ne pas avoir à choisir et d'avoir les deux ! Malgré l'animosité entre le président et le maire de Paris, le progressisme macronien n'est pas fondamentalement différent de celui d'Anne Hidalgo, rappelez-vous le show du président-tennisman sur la Seine pour défendre Paris 2024. Cependant, si je devais vraiment choisir entre vos deux versions de l'avenir radieux, je parierais sur la monarchique plutôt que sur la citoyenne. Les ambiguïtés de Macron seront peut-être la source de bonnes surprises, alors que rien n'arrêtera Anne Hidalgo dans l'entreprise de destruction des conditions de la vie concrète qu'elle mène sous l'étendard de la transformation. Rien, sinon bien sûr les électeurs. Jusque-là, les Parisiens qui aiment tant se dire rebelles se sont montrés étonnamment dociles face aux âneries inventées pour leur pourrir la vie. On saura lors des prochaines élections municipales si les néo-humains à roulettes regroupés sous la bannière d'Homo festivus ont réussi à mener à bien le Grand remplacement du peuple de Paris.
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L'affaire Sarah Halimi et le tabou du « nouvel » antisémitisme
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« Plus une société s'éloigne de la vérité, plus elle hait ceux qui la disent » nous prévenait George Orwell. L'incapacité politique de désigner cet antisémitisme [arabo-musulman] pour ce qu'il est interdit d'en faire l'analyse historique, anthropologique et religieuse et par voie de conséquence, d'entreprendre les actions spécifiques et ciblées qui seraient nécessaires pour le vaincre. La France s'enfonce chaque jour un peu plus dans une politique multiculturaliste à relents - involontairement, mais inévitablement - racialistes. Racialistes pour ne pas dire racistes car cette attitude culturaliste qui prétend être inspirée par le respect de cultures différentes n'est rien d'autre que l'abandon à bas bruit de notre modèle d'intégration, jugé inaccessible pour ces populations, présumées, par nos responsables politiques chaperonnés par une partie de nos associations antiracistes, comme incapables de sortir de leurs modes de pensée et de fonctionnements archaïques. On a renoncé à aider ces populations, à leur tendre la main. En abandonnant les juifs, on a aussi abandonné ces dernières et, ce faisant, nous nous sommes perdus nous-mêmes.
Le meurtre de Sarah Halimi doit être compris comme une alarme qui nous rappelle à nous-mêmes, à ce qui nous définit. Cette inertie est indigne de nous. La France, pays des Lumières, berceau des valeurs universelles des droits de l'homme, ne peut pas être un pays où les juifs se font agresser et tuer, parce que juifs, dans l'indifférence générale. Nous sommes tous héritiers d'une histoire, nous sommes tous comptables d'un héritage qui va de Salomon de Troyes à la France de Vichy en passant par l'émancipation des juifs en 1791 (que la France a été la première en Europe à consentir) et par l'affaire Dreyfus. Par respect pour ce que nous sommes, pour ce que nous nous targuons de représenter, nous n'avons pas le droit d'assister sans réagir à la montée de la haine contre nos concitoyens juifs. Il en va de notre admiration pour la France et, en définitive, de notre fierté d'être français.
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Je me demande si, au fond, les Français en ont vraiment quelque chose à foutre, de la France, de son destin, de son honneur.
Elisabeth Lévy : « Macron nous rappelle qu'entre le sublime et le ridicule, la frontière est ténue »
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Finalement, si vous deviez choisir, ne préférez-vous pas « le meilleur des mondes macronisé » au « Paris merveilleux » d'Anne Hidalgo ?
Je crains, justement, de ne pas avoir à choisir et d'avoir les deux ! Malgré l'animosité entre le président et le maire de Paris, le progressisme macronien n'est pas fondamentalement différent de celui d'Anne Hidalgo, rappelez-vous le show du président-tennisman sur la Seine pour défendre Paris 2024. Cependant, si je devais vraiment choisir entre vos deux versions de l'avenir radieux, je parierais sur la monarchique plutôt que sur la citoyenne. Les ambiguïtés de Macron seront peut-être la source de bonnes surprises, alors que rien n'arrêtera Anne Hidalgo dans l'entreprise de destruction des conditions de la vie concrète qu'elle mène sous l'étendard de la transformation. Rien, sinon bien sûr les électeurs. Jusque-là, les Parisiens qui aiment tant se dire rebelles se sont montrés étonnamment dociles face aux âneries inventées pour leur pourrir la vie. On saura lors des prochaines élections municipales si les néo-humains à roulettes regroupés sous la bannière d'Homo festivus ont réussi à mener à bien le Grand remplacement du peuple de Paris.
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L'affaire Sarah Halimi et le tabou du « nouvel » antisémitisme
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« Plus une société s'éloigne de la vérité, plus elle hait ceux qui la disent » nous prévenait George Orwell. L'incapacité politique de désigner cet antisémitisme [arabo-musulman] pour ce qu'il est interdit d'en faire l'analyse historique, anthropologique et religieuse et par voie de conséquence, d'entreprendre les actions spécifiques et ciblées qui seraient nécessaires pour le vaincre. La France s'enfonce chaque jour un peu plus dans une politique multiculturaliste à relents - involontairement, mais inévitablement - racialistes. Racialistes pour ne pas dire racistes car cette attitude culturaliste qui prétend être inspirée par le respect de cultures différentes n'est rien d'autre que l'abandon à bas bruit de notre modèle d'intégration, jugé inaccessible pour ces populations, présumées, par nos responsables politiques chaperonnés par une partie de nos associations antiracistes, comme incapables de sortir de leurs modes de pensée et de fonctionnements archaïques. On a renoncé à aider ces populations, à leur tendre la main. En abandonnant les juifs, on a aussi abandonné ces dernières et, ce faisant, nous nous sommes perdus nous-mêmes.
Le meurtre de Sarah Halimi doit être compris comme une alarme qui nous rappelle à nous-mêmes, à ce qui nous définit. Cette inertie est indigne de nous. La France, pays des Lumières, berceau des valeurs universelles des droits de l'homme, ne peut pas être un pays où les juifs se font agresser et tuer, parce que juifs, dans l'indifférence générale. Nous sommes tous héritiers d'une histoire, nous sommes tous comptables d'un héritage qui va de Salomon de Troyes à la France de Vichy en passant par l'émancipation des juifs en 1791 (que la France a été la première en Europe à consentir) et par l'affaire Dreyfus. Par respect pour ce que nous sommes, pour ce que nous nous targuons de représenter, nous n'avons pas le droit d'assister sans réagir à la montée de la haine contre nos concitoyens juifs. Il en va de notre admiration pour la France et, en définitive, de notre fierté d'être français.
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Je me demande si, au fond, les Français en ont vraiment quelque chose à foutre, de la France, de son destin, de son honneur.
vendredi, juillet 14, 2017
Le choix entre la dictature et la tyrannie ?
Je l'ai déjà écrit, je pense qu'Emmanuel Macron est l’alibi de la frivolité des Français : ils se donnent l’illusion du renouvellement sans les difficultés du renouvellement réel.
La politique destructrice pratiquée depuis quarante ans (1974), qui promeut la licence individuelle et la bonne conscience auto-satisfaite au détriment de la liberté collective, continue.
Le point clé est la souveraineté, notamment migratoire. Le débat qui oppose souveraineté et identité est creux : dans la pratique, elles se renforcent ou se détruisent ensemble.
A la vitesse où progresse la corruption de notre patrie, je me demande s'il n'y aurait pas que deux options.
La tyrannie, pour empêcher les Français énervés de défendre leur pays, c'est le régime vers lequel nous glissons toujours plus.
La dictature, pour empêcher les traîtres d'agir. Aujourd'hui, elle semble improbable, mais, de toute façon, elle arrivera par surprise ...
Je vois de moins en moins de voie médiane entre ces deux politiques.
La politique destructrice pratiquée depuis quarante ans (1974), qui promeut la licence individuelle et la bonne conscience auto-satisfaite au détriment de la liberté collective, continue.
Le point clé est la souveraineté, notamment migratoire. Le débat qui oppose souveraineté et identité est creux : dans la pratique, elles se renforcent ou se détruisent ensemble.
A la vitesse où progresse la corruption de notre patrie, je me demande s'il n'y aurait pas que deux options.
La tyrannie, pour empêcher les Français énervés de défendre leur pays, c'est le régime vers lequel nous glissons toujours plus.
La dictature, pour empêcher les traîtres d'agir. Aujourd'hui, elle semble improbable, mais, de toute façon, elle arrivera par surprise ...
Je vois de moins en moins de voie médiane entre ces deux politiques.
Libellés :
trahison de la classe dirigeante
Le pape naufrageur
Marcello Pera parle de François
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Marcello Pera, ancien professeur de philosophie des sciences, ancien président du Sénat italien, co-auteur avec le cardinal Ratzinger en 2005 de Sans racines – l’Occident, le relativisme, le christianisme, était interrogé sur François, le 10 juillet, par Le Matin de Naples. Il ne mâche pas ses mots…
Interrogé sur la dernière interview de François par Scalfari (une fois de plus sur les migrants), Marcello Pera déclare : « Je ne comprends pas ce pape. Ce qu’il dit est hors de toute compréhension rationnelle. Pourquoi insister sur un accueil sans limite ? Le pape le fait parce qu’il hait l’Occident, il cherche à le détruire, et fait tout pour atteindre cet objectif. »
Le nouveau magistère de Bergoglio « n’est pas évangélique, il est seulement politique. François est peu ou pas du tout intéressé par le christianisme comme doctrine, dans son aspect théologique. Ses déclarations ont l’air fondées sur l’Ecriture, en fait elles sont fortement laïcistes. Si nous allons au fond, il suggère à nos Etats de se suicider, il invite l’Europe à ne plus être elle-même : le pape est le reflet de tous les préjugés de l’Amérique du Sud contre l’Amérique du Nord, contre le marché, la liberté, le capitalisme. »
« De même qu’il n’y a aucune explication rationnelle, il n’y a aucune explication évangélique à ce que dit le pape. » Bergoglio fait seulement de la politique, cherchant les applaudissements faciles de l’ONU, et du « syndicalisme » : « Sa vision politique, sociale, et sur les migrants, est la même que celle du justicialisme péroniste, elle n’a rien à voir avec la tradition de liberté politique occidentale et ses racines chrétiennes. »
« Un schisme caché se fait jour dans le monde catholique, et Bergoglio le poursuit avec persévérance et détermination. Dans son nouveau cours a explosé tout le radicalisme révolutionnaire de Vatican II. Cet aggiornamento du christianisme a laïcisé l’Eglise, déclenché un changement très profond, même si ce qui était susceptible de conduire à un schisme a été maintenu à distance dans les années suivantes. » Jean-Paul II et Benoît XVI « ont sauvé l’Eglise en adoptant une vision tragique de la réalité, ils ont résisté et cherché à harmoniser le nouveau avec la tradition. Ils l’ont fait de façon excellente. » Mais aujourd’hui, avec François, tout est de nouveau en discussion. « Les droits de l’homme sont devenus la référence idéale et la boussole de l’Eglise, et pour les droits de Dieu et la tradition il n’y a presque plus de place. »
De ce fait certaines franges de l’Eglise ne croient plus en la direction de Bergogio : « Les jeunes, une partie du clergé, les gens simples de province, qui vivent les problèmes de sécurité que les migrants créent dans nos quartiers. »
Dès 2006, Marcello Pera disait que son diagnostic pour l’avenir de l’Europe n’était « pas joyeux » : « Si l’Europe continue dans sa culture relativiste, rejetant sa propre tradition, avec son bas taux de fécondité, une immigration inconsidérée, alors l’Europe va finir islamisée. » Et il reprenait le propos de Joseph Ratzinger dans Sans racines : « Mon impression aujourd’hui est que l’Europe ressemble à l’empire romain lors de sa chute. »
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Marcello Pera, ancien professeur de philosophie des sciences, ancien président du Sénat italien, co-auteur avec le cardinal Ratzinger en 2005 de Sans racines – l’Occident, le relativisme, le christianisme, était interrogé sur François, le 10 juillet, par Le Matin de Naples. Il ne mâche pas ses mots…
Interrogé sur la dernière interview de François par Scalfari (une fois de plus sur les migrants), Marcello Pera déclare : « Je ne comprends pas ce pape. Ce qu’il dit est hors de toute compréhension rationnelle. Pourquoi insister sur un accueil sans limite ? Le pape le fait parce qu’il hait l’Occident, il cherche à le détruire, et fait tout pour atteindre cet objectif. »
Le nouveau magistère de Bergoglio « n’est pas évangélique, il est seulement politique. François est peu ou pas du tout intéressé par le christianisme comme doctrine, dans son aspect théologique. Ses déclarations ont l’air fondées sur l’Ecriture, en fait elles sont fortement laïcistes. Si nous allons au fond, il suggère à nos Etats de se suicider, il invite l’Europe à ne plus être elle-même : le pape est le reflet de tous les préjugés de l’Amérique du Sud contre l’Amérique du Nord, contre le marché, la liberté, le capitalisme. »
« De même qu’il n’y a aucune explication rationnelle, il n’y a aucune explication évangélique à ce que dit le pape. » Bergoglio fait seulement de la politique, cherchant les applaudissements faciles de l’ONU, et du « syndicalisme » : « Sa vision politique, sociale, et sur les migrants, est la même que celle du justicialisme péroniste, elle n’a rien à voir avec la tradition de liberté politique occidentale et ses racines chrétiennes. »
« Un schisme caché se fait jour dans le monde catholique, et Bergoglio le poursuit avec persévérance et détermination. Dans son nouveau cours a explosé tout le radicalisme révolutionnaire de Vatican II. Cet aggiornamento du christianisme a laïcisé l’Eglise, déclenché un changement très profond, même si ce qui était susceptible de conduire à un schisme a été maintenu à distance dans les années suivantes. » Jean-Paul II et Benoît XVI « ont sauvé l’Eglise en adoptant une vision tragique de la réalité, ils ont résisté et cherché à harmoniser le nouveau avec la tradition. Ils l’ont fait de façon excellente. » Mais aujourd’hui, avec François, tout est de nouveau en discussion. « Les droits de l’homme sont devenus la référence idéale et la boussole de l’Eglise, et pour les droits de Dieu et la tradition il n’y a presque plus de place. »
De ce fait certaines franges de l’Eglise ne croient plus en la direction de Bergogio : « Les jeunes, une partie du clergé, les gens simples de province, qui vivent les problèmes de sécurité que les migrants créent dans nos quartiers. »
Dès 2006, Marcello Pera disait que son diagnostic pour l’avenir de l’Europe n’était « pas joyeux » : « Si l’Europe continue dans sa culture relativiste, rejetant sa propre tradition, avec son bas taux de fécondité, une immigration inconsidérée, alors l’Europe va finir islamisée. » Et il reprenait le propos de Joseph Ratzinger dans Sans racines : « Mon impression aujourd’hui est que l’Europe ressemble à l’empire romain lors de sa chute. »
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trahison de la classe dirigeante
Le 14 juillet d'Emmanuel Macron
Je reconnais sans aucune difficulté qu'Emmanuel Macron a dix fois plus de classe et de sens du symbole que Nicolas Sarkozy et François Hollande réunis. On n'a pas honte d'être représenté par lui, ça change.
Il a aussi de la finesse, quand il dit que la France n'est pas née en 1789.
Ces qualités, bienvenues, rendent d'autant plus nocive sa politique. On commence à comprendre la technique Macron : flatter des symboles ne coûte rien, alors on passe de la pommade pendant qu'on plante le poignard dans le dos.
On encense les militaires et on massacre leur budget.
Le macronisme est une escroquerie. A vrai dire, on s'en doutait.
Pendant ce temps, le Brexit a du plomb dans l'aile ...
Des députés britanniques européistes tories tentent, quitte à s'allier avec le labour, de vider le Brexit de sa substance :
Conservative MPs in talks with Labour about signing UK up to free movement after Brexit
Les années se suivent et ne se ressemblent pas.
2016 a été l'année de la surprise nationaliste (référendum du Brexit, élection de Trump). 2017 est l'année de la revanche des mondialistes (élection de Macron, embourbage de Trump , éviscération du Brexit).
Le combat continue.
Conservative MPs in talks with Labour about signing UK up to free movement after Brexit
Les années se suivent et ne se ressemblent pas.
2016 a été l'année de la surprise nationaliste (référendum du Brexit, élection de Trump). 2017 est l'année de la revanche des mondialistes (élection de Macron, embourbage de Trump , éviscération du Brexit).
Le combat continue.
mardi, juillet 11, 2017
Budget de la Défense : Bercy, ce nid de traîtres à la nation
Budget de la Défense : Bercy, ce nid de traîtres à la nation
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Derrière ces arbitrages malheureux, se pose la question du mondialisme béat de la technostructure française. Aux yeux des hauts fonctionnaires de Bercy, la France est une idée dépassée, et la puissance française un souvenir moisi à jeter aux oubliettes. Rien ne remplacera jamais, dans cette doctrine, les bienfaits de l’État-Providence. La puissance américaine est supposée pourvoir au reste.
Combien de hauts fonctionnaires ne sont-ils pas convaincus aujourd’hui que le format parfait pour la France consiste à se débarrasser de nos possessions ultramarines (Corse comprise), à se concentrer sur la prise en charge de la pauvreté (pour l’accroître subrepticement, bien entendu), et à beugler des credos mondialistes ? Cette idée-là est majoritaire, et laisse peu de place à la Défense.
*********
Verhaeghe tape fort, mais tape-t-il vraiment à coté ?
Je rappelle (je ne devrais pas avoir à le faire, mais nous vivons dans un monde où beaucoup de gens ont perdu la tête) que la défense du pays est la raison d'être ultime de l'Etat, que, si l'Etat manque à cette mission, toutes les autres ne valent rien, que porter atteinte à la défense du pays est la définition même de la trahison. Et que, dans ce cas, non seulement les fonctionnaires de Bercy n'ont plus de raison d'être, mais ils sont chanceux de ne pas connaître la paille humide des cachots.
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Derrière ces arbitrages malheureux, se pose la question du mondialisme béat de la technostructure française. Aux yeux des hauts fonctionnaires de Bercy, la France est une idée dépassée, et la puissance française un souvenir moisi à jeter aux oubliettes. Rien ne remplacera jamais, dans cette doctrine, les bienfaits de l’État-Providence. La puissance américaine est supposée pourvoir au reste.
Combien de hauts fonctionnaires ne sont-ils pas convaincus aujourd’hui que le format parfait pour la France consiste à se débarrasser de nos possessions ultramarines (Corse comprise), à se concentrer sur la prise en charge de la pauvreté (pour l’accroître subrepticement, bien entendu), et à beugler des credos mondialistes ? Cette idée-là est majoritaire, et laisse peu de place à la Défense.
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Verhaeghe tape fort, mais tape-t-il vraiment à coté ?
Je rappelle (je ne devrais pas avoir à le faire, mais nous vivons dans un monde où beaucoup de gens ont perdu la tête) que la défense du pays est la raison d'être ultime de l'Etat, que, si l'Etat manque à cette mission, toutes les autres ne valent rien, que porter atteinte à la défense du pays est la définition même de la trahison. Et que, dans ce cas, non seulement les fonctionnaires de Bercy n'ont plus de raison d'être, mais ils sont chanceux de ne pas connaître la paille humide des cachots.
lundi, juillet 10, 2017
Libéralisme de droite, libéralisme de gauche (par Julien Rochedy)
C'est le meilleur exposé sur le sujet que j'ai entendu depuis longtemps.
On mesure combien les médiatiques, les Zemmour (qui, n'ayant pas peur du ridicule, se dit marxiste et bonapartiste), les Polony (qui se dit chevènementiste), les Finkielkraut (qui persiste à se dire de gauche), les Philippot et les Le Pen en sont loin.
Seuls de Villiers et Marion Maréchal ont les idées aussi cohérentes et claires.
Ecoutez à partir de 58' :
On mesure combien les médiatiques, les Zemmour (qui, n'ayant pas peur du ridicule, se dit marxiste et bonapartiste), les Polony (qui se dit chevènementiste), les Finkielkraut (qui persiste à se dire de gauche), les Philippot et les Le Pen en sont loin.
Seuls de Villiers et Marion Maréchal ont les idées aussi cohérentes et claires.
Ecoutez à partir de 58' :
Libellés :
Burke,
conservatisme à la française,
Rochedy
dimanche, juillet 09, 2017
Macron : « Pour lutter contre le terrorisme islamique, supprimons le diesel ».
Au G20, Emmanuel Macron a déclaré : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique ». D'où le titre, ironique, de ce billet.
Si c'est ça, « la pensée complexe » de Jupiter, il vaut mieux effectivement qu'on se passe de conférence de presse du 14 juillet.
Ce n'est pas de la pensée complexe, c'est de la pensée tarée. On comprend bien le raisonnement à deux balles, qui n'a rien de complexe : réchauffement climatique = déplacements de populations = troubles sociaux = terrorisme.
Sauf qu'il est complètement faux : les parents de Mohammed Merah n'ont pas immigré en France à cause du réchauffement climatique et les islamistes ne tuent pas au nom de revendications socio-économiques mais au nom de l'islam.
La cartographie du terrorisme islamique ne correspond absolument pas aux zones de réchauffement, mais aux zones où il y a ... des musulmans.
Le macronide nous sert une énième resucée de ce mensonge que le terrorisme islamique aurait exclusivement, ou principalement, des causes économico-sociales.
Macron fait un superbe non sequitur : il n'y a aucune logique qui mène du réchauffement climatique au terrorisme islamique. Tous les malheureux ne deviennent pas des terroristes musulmans et tous les terroristes musulmans ne sont pas des malheureux. En revanche, l'islam comporte des prescriptions d'une extrême violence et tous les terroristes musulmans s'en revendiquent.
Marine Le Pen a évidemment du bon sens quand elle dit : « Emmanuel Macron ne voit pas de rapport entre islam et islamisme, en revanche, il voit un rapport entre climat et terrorisme ».
D'ailleurs, même si le raisonnement de Macron était juste, le discours resterait absurde : en effet, la lutte contre le réchauffement climatique ne serait une solution qu'à long terme, il ne serait pas permis pour autant de faire abstraction du court-terme.
Bien sûr, tout le monde a compris le fond de cette tartuferie : la continuation de la politique de l'autruche face à l'islam. Macron part dans des considérations lointaines pour ne pas affronter le présent.
Dernier commentaire : bien évidemment, Macron a des défenseurs, qui prennent les autres pour des débiles, alors qu'ils nous sortent des absurdités par idéologie, et ne pas adhérer sans barguigner à leurs pseudo-évidences fait de vous un crétin. C'est assez marrant et inquiétant.
La pensée Macron est bien adaptée à cette population des demi-intellectuels, ceux qui se croient intelligents parce qu'ils savent manier des mots ronflants mais qui sont cons comme des balais parce qu'ils ont perdu tout bon sens.
We Have Nothing to Fear but Hope Itself
***********
In other words, the battle is fought out on a purely symbolic level. Politics, far from being a practical art, has now become a theoretical matter, and we are all theorists now.
The day after Donald Trump was elected President of the United States, the Guardian, the British liberal newspaper favored by intellectuals, claimed that America had changed beyond recognition, overnight. This seemed to me absurd, as if the election had been a coup d’état and Trump had become a dictator with absolute power.
[…]
I doubt whether anyone other than an intellectual ever thought that America had changed utterly and unrecognizably overnight with the election of Mr. Trump. Most people probably believed, rightly, that their lives would continue much as before, neither for the better nor for the worse. Mr. Trump was neither the beginning of a new world nor the end of an old one. Change always occurs but is mostly undirected, which is why discussions of what caused it are without end.
[…]
Speaking personally, I have reached an age when I have more to fear from politicians than to hope from them: or perhaps I should say that I have reached an age when I realize that hope and fear are not symmetrically realistic where politics is concerned, given how much easier it is to damage than to improve. It is possible to fell a tree in a few minutes; it may be impossible to grow it in less than a century. We have nothing to fear but hope itself.
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Si c'est ça, « la pensée complexe » de Jupiter, il vaut mieux effectivement qu'on se passe de conférence de presse du 14 juillet.
Ce n'est pas de la pensée complexe, c'est de la pensée tarée. On comprend bien le raisonnement à deux balles, qui n'a rien de complexe : réchauffement climatique = déplacements de populations = troubles sociaux = terrorisme.
Sauf qu'il est complètement faux : les parents de Mohammed Merah n'ont pas immigré en France à cause du réchauffement climatique et les islamistes ne tuent pas au nom de revendications socio-économiques mais au nom de l'islam.
La cartographie du terrorisme islamique ne correspond absolument pas aux zones de réchauffement, mais aux zones où il y a ... des musulmans.
Le macronide nous sert une énième resucée de ce mensonge que le terrorisme islamique aurait exclusivement, ou principalement, des causes économico-sociales.
Macron fait un superbe non sequitur : il n'y a aucune logique qui mène du réchauffement climatique au terrorisme islamique. Tous les malheureux ne deviennent pas des terroristes musulmans et tous les terroristes musulmans ne sont pas des malheureux. En revanche, l'islam comporte des prescriptions d'une extrême violence et tous les terroristes musulmans s'en revendiquent.
Marine Le Pen a évidemment du bon sens quand elle dit : « Emmanuel Macron ne voit pas de rapport entre islam et islamisme, en revanche, il voit un rapport entre climat et terrorisme ».
D'ailleurs, même si le raisonnement de Macron était juste, le discours resterait absurde : en effet, la lutte contre le réchauffement climatique ne serait une solution qu'à long terme, il ne serait pas permis pour autant de faire abstraction du court-terme.
Bien sûr, tout le monde a compris le fond de cette tartuferie : la continuation de la politique de l'autruche face à l'islam. Macron part dans des considérations lointaines pour ne pas affronter le présent.
Dernier commentaire : bien évidemment, Macron a des défenseurs, qui prennent les autres pour des débiles, alors qu'ils nous sortent des absurdités par idéologie, et ne pas adhérer sans barguigner à leurs pseudo-évidences fait de vous un crétin. C'est assez marrant et inquiétant.
La pensée Macron est bien adaptée à cette population des demi-intellectuels, ceux qui se croient intelligents parce qu'ils savent manier des mots ronflants mais qui sont cons comme des balais parce qu'ils ont perdu tout bon sens.
We Have Nothing to Fear but Hope Itself
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In other words, the battle is fought out on a purely symbolic level. Politics, far from being a practical art, has now become a theoretical matter, and we are all theorists now.
The day after Donald Trump was elected President of the United States, the Guardian, the British liberal newspaper favored by intellectuals, claimed that America had changed beyond recognition, overnight. This seemed to me absurd, as if the election had been a coup d’état and Trump had become a dictator with absolute power.
[…]
I doubt whether anyone other than an intellectual ever thought that America had changed utterly and unrecognizably overnight with the election of Mr. Trump. Most people probably believed, rightly, that their lives would continue much as before, neither for the better nor for the worse. Mr. Trump was neither the beginning of a new world nor the end of an old one. Change always occurs but is mostly undirected, which is why discussions of what caused it are without end.
[…]
Speaking personally, I have reached an age when I have more to fear from politicians than to hope from them: or perhaps I should say that I have reached an age when I realize that hope and fear are not symmetrically realistic where politics is concerned, given how much easier it is to damage than to improve. It is possible to fell a tree in a few minutes; it may be impossible to grow it in less than a century. We have nothing to fear but hope itself.
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samedi, juillet 08, 2017
L'obsession du code du travail dissimule une oppression de classe
Oui, la complexité du code du travail contribue probablement au chômage, mais :
1) Rien ne prouve que cela soit une cause majeure.
2) En revanche, nous savons, sans doute aucun, que l'Euro est une cause majeure de chômage, par l'intermédiaire de la désindustrialisation.
3) On peut même se demander si le chômage, isolé des autres problèmes économiques, est une priorité.
Mais l'Euro arrange la bourgeoisie mondialisée et le démantèlement des protections ne la dérange pas, protégée qu'elle est, soit par ses compétences, soit par son statut (fonctionnaire, médecin, etc.). Et inversement pour le populo.
L'obsession du démontage du code du travail n'est donc pas une sollicitude de la bourgeoisie mondialisée pour le peuple français mais, au contraire, un instrument de la guerre de cette bourgeoisie mondialisée contre le peuple français.
Cette video est un peu hors sujet :
On remarquera que Charles Gave est gêné pour faire tenir son libéralisme debout tout seul (à propos de la PMA/GPA), il est obligé de faire appel à des valeurs supérieures, en l'occurrence, chrétiennes.
Je n'ai rien contre, évidemment. Mais je constate une fois de plus qu'il est illusoire d'essayer de se passer de valeurs supérieures à l'individu.
1) Rien ne prouve que cela soit une cause majeure.
2) En revanche, nous savons, sans doute aucun, que l'Euro est une cause majeure de chômage, par l'intermédiaire de la désindustrialisation.
3) On peut même se demander si le chômage, isolé des autres problèmes économiques, est une priorité.
Mais l'Euro arrange la bourgeoisie mondialisée et le démantèlement des protections ne la dérange pas, protégée qu'elle est, soit par ses compétences, soit par son statut (fonctionnaire, médecin, etc.). Et inversement pour le populo.
L'obsession du démontage du code du travail n'est donc pas une sollicitude de la bourgeoisie mondialisée pour le peuple français mais, au contraire, un instrument de la guerre de cette bourgeoisie mondialisée contre le peuple français.
Cette video est un peu hors sujet :
On remarquera que Charles Gave est gêné pour faire tenir son libéralisme debout tout seul (à propos de la PMA/GPA), il est obligé de faire appel à des valeurs supérieures, en l'occurrence, chrétiennes.
Je n'ai rien contre, évidemment. Mais je constate une fois de plus qu'il est illusoire d'essayer de se passer de valeurs supérieures à l'individu.
jeudi, juillet 06, 2017
Déjà, les idiots utiles du macronisme nous sortent le grand air de l'espérance trahie (ils se foutent vraiment de notre gueule)
"On attendait beaucoup de la révolution Macron, gare à la déception !", selon l'économiste Marc Touati
Dépense publique et fiscalité : « La révolution Macron attendra »
Pour oser prétendre qu'on attendait une révolution de Macron, il faut être le dernier des cons ou bien se foutre de la gueule du monde.
Bouzou et Touati, deux économistes qui n'auraient pas compris que Macron était un Hollande-bis avec un déguisement neuf ? Remarquez bien qu'aucune connerie n'est surprenante de la part d'un économiste.
Pour une appréciation plus exacte de la situation :
Au secours, le Hollandisme économique revient !
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Priorité donnée aux engagements européens sur la croissance, focalisation monomaniaque sur le droit du travail, dont chacun sait qu'il n'est au mieux qu'un levier parmi d'autres pour redresser l'activité: ce cocktail, inventé par Hollande, avait eu deux conséquences. D'abord, casser la croissance. Ensuite, gonfler les voiles des extrêmes, en particulier d'une extrême-gauche ultra-minoritaire dans le pays, mais ressuscitée par l'obsession de vouloir passer en force sur le Code du travail - suivant là encore une exigence de Bruxelles. Mais peut-être cette perspective de rester seul avec les extrêmes n'est-elle pas pour déplaire à Emmanuel Macron, dont chacun aura compris qu'il songe déjà à sa réélection en 2022.
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Et la droite la plus bête du monde a déjà commencé à donner dans le piège macronien. Bravo, les mecs !
Dépense publique et fiscalité : « La révolution Macron attendra »
Pour oser prétendre qu'on attendait une révolution de Macron, il faut être le dernier des cons ou bien se foutre de la gueule du monde.
Bouzou et Touati, deux économistes qui n'auraient pas compris que Macron était un Hollande-bis avec un déguisement neuf ? Remarquez bien qu'aucune connerie n'est surprenante de la part d'un économiste.
Pour une appréciation plus exacte de la situation :
Au secours, le Hollandisme économique revient !
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Priorité donnée aux engagements européens sur la croissance, focalisation monomaniaque sur le droit du travail, dont chacun sait qu'il n'est au mieux qu'un levier parmi d'autres pour redresser l'activité: ce cocktail, inventé par Hollande, avait eu deux conséquences. D'abord, casser la croissance. Ensuite, gonfler les voiles des extrêmes, en particulier d'une extrême-gauche ultra-minoritaire dans le pays, mais ressuscitée par l'obsession de vouloir passer en force sur le Code du travail - suivant là encore une exigence de Bruxelles. Mais peut-être cette perspective de rester seul avec les extrêmes n'est-elle pas pour déplaire à Emmanuel Macron, dont chacun aura compris qu'il songe déjà à sa réélection en 2022.
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Et la droite la plus bête du monde a déjà commencé à donner dans le piège macronien. Bravo, les mecs !
mercredi, juillet 05, 2017
La triplette du désastre
Macron, c’est du Juppé, c’est du Hollande : on vide la politique de son sens, on fait semblant de croire que tous les problèmes politiques se réduisent à des questions techniques, que c’est juste affaire de « compétence », pour dissimuler un choix authentiquement politique, la soumission aux exigences européistes de Berlin.
Et les couilles molles de droite approuvent. Les cons !
Vote de confiance : quand la droite se fait (encore) hara-kiri
****************
Les socialistes ont également [comme les couilles molle de l'UMP]fait le choix de l'abstention. Cela vous semble-t-il cohérent ?
Pas davantage que LR. Je répète que l'abstention d'un député et a fortiori d'une majorité d'un groupe, à l'occasion d'un vote aussi fondamental que la confiance à un gouvernement constitue un non-sens politique.
L'opposition à Macron se réduit à une portion congrue de LR, à la France Insoumise et au FN. Que cela signifie-t-il en termes de recomposition politique ?
Que cela favorise évidemment Emmanuel Macron, à court terme. On assiste à ce que Jérôme Sainte-Marie a expliqué dans vos colonnes: l'affrontement d'un « bloc élitaire » cohérent et homogène et d'un « bloc populaire » complètement morcelé. Cette situation pourrait vite devenir malsaine, voire explosive.
Le risque n'est-il pas d'assister à une flambée des votes dits « populistes » ou de l'abstention lors des prochaines élections ?
Ce risque existe. Mais la situation pourrait être pire encore, car la France insoumise connaît beaucoup de contradictions internes de plus en plus perceptibles, notamment sur la question du multiculturalisme, tandis que le FN connaît des signes avant-coureurs de tensions très fortes. Bref, il ne pourrait y avoir aucun débouché alternatif au gouvernement ! Dans le contexte économique, social, culturel et international, l'état de notre paysage politique confine au désastre. Comment canaliser les éventuelles colères? Nous sommes assis sur un baril de poudre.
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Pourquoi Alain Juppé a gagné la présidentielle
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On voit que le libéralisme de Macron n'est qu'un leurre, que sa réalité est celle d'une bureaucratie d'accommodements comme son capitalisme est de connivence. Comment pourrait-il en être autrement pour un président issu du milieu lilliputien des inspecteurs des finances passés par la banque d'affaires, qui conçoivent le monde comme le champ clos où s'arrangent entre eux les puissants, le vulgum pecus economicus étant réduit à n'en connaître que ce que les commentateurs autorisés lui diront ?
[…]
De Juppé, Macron a donc les soutiens, les collaborateurs et les réflexes corporatistes. Mais c'est de Hollande qu'il tient l'essentiel de sa pratique gouvernementale: gagner du temps, enfumer, distraire par la communication, noyer le poisson des réformes dans l'eau des subterfuges.
Comme tout mirage, la politique macronienne tend à repousser la confrontation au réel. Juppé, en 1995, avait tenu six mois. Hollande un an et demi. Macron peut espérer une durée intermédiaire. Les Français, y compris la grande majorité de ses électeurs, sont tellement désabusés qu'ils n'attendent en réalité pas grand-chose de lui, outre la comédie du rajeunissement. Continuer à consommer sans trop avoir à se serrer la ceinture: ils ont élu Macron pour qu'il obtienne ce minimum à Berlin. Juppé n'avait pas réussi, Hollande n'avait eu gain de cause que parce que la crise grecque a fait peur aux Allemands. Macron ne sait pas encore comment il y parviendra. Mais faites-lui confiance !
Sorte de Hollande grimé en jeune Juppé, Macron nous offre la synthèse ultime d'un pouvoir oligarchique heureux de son nouveau lifting, du genre de ceux qui finissent par transformer les sourires en grimaces.
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Immigration : l'éclairage d'un analyste américain
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Les modifications de toute politique sociale ne profitent pas également à tous et la politique migratoire ne fait pas exception. Je suis un réfugié qui a quitté Cuba en 1962. Je n'ai pas seulement une grande sympathie pour les immigrants qui souhaitent améliorer leur vie, je suis aussi la preuve vivante que la politique migratoire peut profiter énormément à certaines personnes. Mais je suis aussi un économiste particulièrement conscient des compromis qu'elle suppose. C'est inévitable, l'immigration n'améliore pas le bien-être de tous. Il y a des gagnants et des perdants, et nous devrons faire des choix difficiles. L'amélioration des conditions de vie des immigrants a un prix. Quel est le prix que les Américains sont prêts à payer et qui paiera ?
[…]
Dans la communauté scientifique, nombre de mes collègues - beaucoup aussi de ceux qui font l'opinion dans les médias - sont révulsés lorsqu'ils entendent dire que l'immigration devrait servir les intérêts des Américains. Ils réagissent en traitant de raciste et de xénophobe pareille manière de penser et en marginalisant ceux qui y adhèrent.
Mais ces accusations de racisme traduisent les efforts qu'ils déploient pour éviter de discuter des compromis qui s'imposent. Le débat à venir serait beaucoup plus honnête et politiquement transparent si l'on demandait simplement à ceux qui ne sont pas d'accord avec «l'Amérique d'abord» de répondre à la question: pour qui est-ce que vous roulez ?
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Victoire nationaliste en Corse : un signal d'alarme civilisationnel envoyé au continent
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La Corse est en rupture de ban symbolique avec l'hexagone. Pour beaucoup les Corses n'éprouvent plus le sentiment d'avoir une communauté de destin avec la France, contrairement à moult Antillais ou Réunionnais. Si nous nous permettons de généraliser d'une manière que d'aucuns trouveront abusive c'est que la société corse est suffisamment modeste sur le plan de la densité pour être homogène sur celui de la sensibilité. La Corse refuse de se conformer à l'idéologie d'une Europe bruxellisée à la construction de laquelle les nationalistes ont d'ailleurs contribué, ce qui n'est pas une de leurs moindres contradictions.
Les Corses, catholiques sur le plan des rituels, ne veulent pas d'un islam visible en Corse c'est la signification du vote Le Pen aux présidentielles. Ils ne veulent pas non plus de l'exhibitionnisme des minorités LGBT. On n'imagine pas une gay pride à Ajaccio bien que l'homosexualité soit acceptée dans l'île. Les Corses ne supportent qu'un seul communautarisme: le leur. Que révèle ce phénomène? Une angoisse d'ordre anthropologique: celle du déracinement. Peu nombreux, les insulaires éprouvent la hantise de la dissolution dans un monde multiculturalisé où les groupes humains, sous prétexte de métissage, ont tendance à perdre leur caractère. « Nous les Turcs nous ne ressemblons qu'à nous-mêmes » disait Mustapha Kemal, le père de la Turquie moderne. En Corse comme partout où il perdure, le sentiment d'identité est moins lié aux « valeurs » qu'aux mœurs. Ce sont les mœurs, autrement dit les normes et les coutumes, qui fabriquent le sentiment communautaire et non les « valeurs ». On choisit dans une certaine mesure ses « valeurs », on ne choisit pas les normes et les usages qui constituent une société insulaire comme la Corse.
La Corse est un pays, ce n'est pas un espace. C'est une terre avec laquelle les Corses ont un lien puissant car ils y enterrent leurs morts. C'est ce lien avec leur propre pays que les Français urbains, pour beaucoup, ont perdu. L'idéologie néolibérale et l'islam procèdent d'anthropologies opposées. La première magnifie les droits de l'individu, l'islam ceux de la communauté. Cependant la dynamique du Marché comme celle de l'Ouma sont fondées sur un espace ouvert qui ignore peuples et frontières. Cette dynamique, les Corses la refusent d'instinct. Ils pressentent obscurément que cet aspect de la mondialisation risque de détruire ce qui reste de l'identité de leur pays.
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Vous comprenez pourquoi je présente ces trois (quatre) articles ensemble : mondialisme (dont l’européisme technocratique à la Juppé-Hollande-Macron n’est qu’une variante), immigration volontairement incontrôlée, dissolution des liens politiques et sociaux, tout cela va ensemble, ces phénomènes s’alimentent l’un l’autre. Si tous les Français avaient vu plus le souci de la France comme les Corses ont le souci de la Corse, Macron n’aurait pas été élu.
Et les couilles molles de droite approuvent. Les cons !
Vote de confiance : quand la droite se fait (encore) hara-kiri
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Les socialistes ont également [comme les couilles molle de l'UMP]fait le choix de l'abstention. Cela vous semble-t-il cohérent ?
Pas davantage que LR. Je répète que l'abstention d'un député et a fortiori d'une majorité d'un groupe, à l'occasion d'un vote aussi fondamental que la confiance à un gouvernement constitue un non-sens politique.
L'opposition à Macron se réduit à une portion congrue de LR, à la France Insoumise et au FN. Que cela signifie-t-il en termes de recomposition politique ?
Que cela favorise évidemment Emmanuel Macron, à court terme. On assiste à ce que Jérôme Sainte-Marie a expliqué dans vos colonnes: l'affrontement d'un « bloc élitaire » cohérent et homogène et d'un « bloc populaire » complètement morcelé. Cette situation pourrait vite devenir malsaine, voire explosive.
Le risque n'est-il pas d'assister à une flambée des votes dits « populistes » ou de l'abstention lors des prochaines élections ?
Ce risque existe. Mais la situation pourrait être pire encore, car la France insoumise connaît beaucoup de contradictions internes de plus en plus perceptibles, notamment sur la question du multiculturalisme, tandis que le FN connaît des signes avant-coureurs de tensions très fortes. Bref, il ne pourrait y avoir aucun débouché alternatif au gouvernement ! Dans le contexte économique, social, culturel et international, l'état de notre paysage politique confine au désastre. Comment canaliser les éventuelles colères? Nous sommes assis sur un baril de poudre.
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Pourquoi Alain Juppé a gagné la présidentielle
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On voit que le libéralisme de Macron n'est qu'un leurre, que sa réalité est celle d'une bureaucratie d'accommodements comme son capitalisme est de connivence. Comment pourrait-il en être autrement pour un président issu du milieu lilliputien des inspecteurs des finances passés par la banque d'affaires, qui conçoivent le monde comme le champ clos où s'arrangent entre eux les puissants, le vulgum pecus economicus étant réduit à n'en connaître que ce que les commentateurs autorisés lui diront ?
[…]
De Juppé, Macron a donc les soutiens, les collaborateurs et les réflexes corporatistes. Mais c'est de Hollande qu'il tient l'essentiel de sa pratique gouvernementale: gagner du temps, enfumer, distraire par la communication, noyer le poisson des réformes dans l'eau des subterfuges.
Comme tout mirage, la politique macronienne tend à repousser la confrontation au réel. Juppé, en 1995, avait tenu six mois. Hollande un an et demi. Macron peut espérer une durée intermédiaire. Les Français, y compris la grande majorité de ses électeurs, sont tellement désabusés qu'ils n'attendent en réalité pas grand-chose de lui, outre la comédie du rajeunissement. Continuer à consommer sans trop avoir à se serrer la ceinture: ils ont élu Macron pour qu'il obtienne ce minimum à Berlin. Juppé n'avait pas réussi, Hollande n'avait eu gain de cause que parce que la crise grecque a fait peur aux Allemands. Macron ne sait pas encore comment il y parviendra. Mais faites-lui confiance !
Sorte de Hollande grimé en jeune Juppé, Macron nous offre la synthèse ultime d'un pouvoir oligarchique heureux de son nouveau lifting, du genre de ceux qui finissent par transformer les sourires en grimaces.
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Immigration : l'éclairage d'un analyste américain
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Les modifications de toute politique sociale ne profitent pas également à tous et la politique migratoire ne fait pas exception. Je suis un réfugié qui a quitté Cuba en 1962. Je n'ai pas seulement une grande sympathie pour les immigrants qui souhaitent améliorer leur vie, je suis aussi la preuve vivante que la politique migratoire peut profiter énormément à certaines personnes. Mais je suis aussi un économiste particulièrement conscient des compromis qu'elle suppose. C'est inévitable, l'immigration n'améliore pas le bien-être de tous. Il y a des gagnants et des perdants, et nous devrons faire des choix difficiles. L'amélioration des conditions de vie des immigrants a un prix. Quel est le prix que les Américains sont prêts à payer et qui paiera ?
[…]
Dans la communauté scientifique, nombre de mes collègues - beaucoup aussi de ceux qui font l'opinion dans les médias - sont révulsés lorsqu'ils entendent dire que l'immigration devrait servir les intérêts des Américains. Ils réagissent en traitant de raciste et de xénophobe pareille manière de penser et en marginalisant ceux qui y adhèrent.
Mais ces accusations de racisme traduisent les efforts qu'ils déploient pour éviter de discuter des compromis qui s'imposent. Le débat à venir serait beaucoup plus honnête et politiquement transparent si l'on demandait simplement à ceux qui ne sont pas d'accord avec «l'Amérique d'abord» de répondre à la question: pour qui est-ce que vous roulez ?
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Victoire nationaliste en Corse : un signal d'alarme civilisationnel envoyé au continent
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La Corse est en rupture de ban symbolique avec l'hexagone. Pour beaucoup les Corses n'éprouvent plus le sentiment d'avoir une communauté de destin avec la France, contrairement à moult Antillais ou Réunionnais. Si nous nous permettons de généraliser d'une manière que d'aucuns trouveront abusive c'est que la société corse est suffisamment modeste sur le plan de la densité pour être homogène sur celui de la sensibilité. La Corse refuse de se conformer à l'idéologie d'une Europe bruxellisée à la construction de laquelle les nationalistes ont d'ailleurs contribué, ce qui n'est pas une de leurs moindres contradictions.
Les Corses, catholiques sur le plan des rituels, ne veulent pas d'un islam visible en Corse c'est la signification du vote Le Pen aux présidentielles. Ils ne veulent pas non plus de l'exhibitionnisme des minorités LGBT. On n'imagine pas une gay pride à Ajaccio bien que l'homosexualité soit acceptée dans l'île. Les Corses ne supportent qu'un seul communautarisme: le leur. Que révèle ce phénomène? Une angoisse d'ordre anthropologique: celle du déracinement. Peu nombreux, les insulaires éprouvent la hantise de la dissolution dans un monde multiculturalisé où les groupes humains, sous prétexte de métissage, ont tendance à perdre leur caractère. « Nous les Turcs nous ne ressemblons qu'à nous-mêmes » disait Mustapha Kemal, le père de la Turquie moderne. En Corse comme partout où il perdure, le sentiment d'identité est moins lié aux « valeurs » qu'aux mœurs. Ce sont les mœurs, autrement dit les normes et les coutumes, qui fabriquent le sentiment communautaire et non les « valeurs ». On choisit dans une certaine mesure ses « valeurs », on ne choisit pas les normes et les usages qui constituent une société insulaire comme la Corse.
La Corse est un pays, ce n'est pas un espace. C'est une terre avec laquelle les Corses ont un lien puissant car ils y enterrent leurs morts. C'est ce lien avec leur propre pays que les Français urbains, pour beaucoup, ont perdu. L'idéologie néolibérale et l'islam procèdent d'anthropologies opposées. La première magnifie les droits de l'individu, l'islam ceux de la communauté. Cependant la dynamique du Marché comme celle de l'Ouma sont fondées sur un espace ouvert qui ignore peuples et frontières. Cette dynamique, les Corses la refusent d'instinct. Ils pressentent obscurément que cet aspect de la mondialisation risque de détruire ce qui reste de l'identité de leur pays.
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Vous comprenez pourquoi je présente ces trois (quatre) articles ensemble : mondialisme (dont l’européisme technocratique à la Juppé-Hollande-Macron n’est qu’une variante), immigration volontairement incontrôlée, dissolution des liens politiques et sociaux, tout cela va ensemble, ces phénomènes s’alimentent l’un l’autre. Si tous les Français avaient vu plus le souci de la France comme les Corses ont le souci de la Corse, Macron n’aurait pas été élu.
mardi, juillet 04, 2017
Bientôt une guerre Etats-Unis-Corée du Nord-Chine-Russie ?
Les journaux, anglo-saxons (mais pas seulement), adorent agiter ce genre d'articles en ce moment :
We are sleepwalking towards a global war – and Russia and China are enabling it
On comprend bien pourquoi : une « bonne » guerre permettrait aux oligarchies de reprendre la main sur les peuples occidentaux tentés de se rebeller et, enfin, enfin, de mettre à mort cette saloperie de démocratie.
Il n'y a pas aujourd'hui d'argument raisonnable pour une telle guerre : aucun des intérêts vitaux aucune parole, aucun honneur des pays cités ne sont engagés (cette affirmation peut se discuter, même si je n'ai pas envie de faire cette discussion maintenant, mais j'y tiens).
En revanche, les intérêts vitaux de l'hyper-classe mondialiste, dont font partie, par procuration, la plupart des journalistes, sont menacés et c'est pourquoi elle envenime les choses tant qu'elle peut.
We are sleepwalking towards a global war – and Russia and China are enabling it
On comprend bien pourquoi : une « bonne » guerre permettrait aux oligarchies de reprendre la main sur les peuples occidentaux tentés de se rebeller et, enfin, enfin, de mettre à mort cette saloperie de démocratie.
Il n'y a pas aujourd'hui d'argument raisonnable pour une telle guerre : aucun des intérêts vitaux aucune parole, aucun honneur des pays cités ne sont engagés (cette affirmation peut se discuter, même si je n'ai pas envie de faire cette discussion maintenant, mais j'y tiens).
En revanche, les intérêts vitaux de l'hyper-classe mondialiste, dont font partie, par procuration, la plupart des journalistes, sont menacés et c'est pourquoi elle envenime les choses tant qu'elle peut.
Libellés :
journalopes,
trahison de la classe dirigeante
lundi, juillet 03, 2017
Macron terminera-t-il son mandat tout seul à s’écouter parler ?
Rien que le titre du billet, emprunté à Eric Verhaeghe, me fait rire.
Le peuple français est sur l’Aventin
« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » : ce que révèle la petite phrase de Macron
Toute la question est de savoir combien de temps Emmanuel Macron va pouvoir gouverner sans le peuple. Cinq ans ? Dix ans ? Six mois ?
Macron terminera-t-il son mandat tout seul à s’écouter parler ?
***********
Incontestablement, le discours de Macron à Versailles creusera le fossé entre ceux qui n’en peuvent plus de sa rhétorique vide, et ceux qui s’en bercent. Chacun a compris que l’auteur de ces lignes appartient à la première catégorie et que les soixante minutes de figures de style tout droit sorties de classe prépa Sciences-Po lui suscitent peu de sympathie. Les autres modéreront à leur gré.
Pendant vingt-cinq minutes, nous avons d’abord reçu une leçon de morale nous appelant à la retenue. Nous, à qui fut volée l’élection présidentielle par une campagne de presse sous la ceinture qui visait à abattre deux candidats, nous devrions aujourd’hui fermé les yeux sur les affaires Ferrand, Bayrou, de Sarnez, Pénicaud… Que ne l’avons-nous entendu lorsque la boue arrangeait bien le candidat Macron.
Au bout de vingt-cinq minutes, le Président a fait mine d’aborder les sujets qui fâchent, par exemple la lutte contre la prolifération administrative ou la réduction du nombre de parlementaires. Il paraît que l’ensemble serait réduit d’un tiers (Assemblée, Sénat, CESE), « en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République ». Mais pourquoi cette annonce est-elle noyée dans autant de périphrases gluantes comme un miel au soleil ?
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Le peuple français est sur l’Aventin
« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » : ce que révèle la petite phrase de Macron
Toute la question est de savoir combien de temps Emmanuel Macron va pouvoir gouverner sans le peuple. Cinq ans ? Dix ans ? Six mois ?
Macron terminera-t-il son mandat tout seul à s’écouter parler ?
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Incontestablement, le discours de Macron à Versailles creusera le fossé entre ceux qui n’en peuvent plus de sa rhétorique vide, et ceux qui s’en bercent. Chacun a compris que l’auteur de ces lignes appartient à la première catégorie et que les soixante minutes de figures de style tout droit sorties de classe prépa Sciences-Po lui suscitent peu de sympathie. Les autres modéreront à leur gré.
Pendant vingt-cinq minutes, nous avons d’abord reçu une leçon de morale nous appelant à la retenue. Nous, à qui fut volée l’élection présidentielle par une campagne de presse sous la ceinture qui visait à abattre deux candidats, nous devrions aujourd’hui fermé les yeux sur les affaires Ferrand, Bayrou, de Sarnez, Pénicaud… Que ne l’avons-nous entendu lorsque la boue arrangeait bien le candidat Macron.
Au bout de vingt-cinq minutes, le Président a fait mine d’aborder les sujets qui fâchent, par exemple la lutte contre la prolifération administrative ou la réduction du nombre de parlementaires. Il paraît que l’ensemble serait réduit d’un tiers (Assemblée, Sénat, CESE), « en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République ». Mais pourquoi cette annonce est-elle noyée dans autant de périphrases gluantes comme un miel au soleil ?
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dimanche, juillet 02, 2017
Visages villages
Des bobos vont en safari chez les sans-dents, je m'attendais au pire. Mais l'esprit bon enfant fait oublier pour un temps que cette image d'une France idyllique est un mensonge. C'est un peu du Macron en plus spirituel et en plus agréable : on fuit les réalités gênantes et on fait semblant de croire que tout va presque bien.
Et puis, on sent un véritable intérêt pour les Français.
Et puis, on sent un véritable intérêt pour les Français.
Electeurs de Macron, assumez ! (Je me marre ...)
Emmanuel Macron évoque les « gens qui ne sont rien » et suscite les critiques
Le peuple, grand absent du quinquennat Macron ?
Tout le monde (sauf, bien entendu, les macronistes et les gamellards crypto-macronistes) est d'accord pour considérer que le vote Macron est un vote de classe, et même, de mépris de classe.
Seulement voilà, il y a deux sortes d'électeurs de Macron : ceux qui font vraiment partie de la haute, sont de véritables gagnants de la mondialisation (je ne suis pas sûr qu'ils soient si nombreux) et ceux qui ont voulu se donner l'illusion de faire partie des « ouineurs » mais n'en sont pas vraiment, ou pas complètement, ou le sont (par exemple) par l'intermédiaire de leurs enfants. La grande troupe des suiveurs, des courtisans, des obséquieux, des soumis enamourés du mâle alpha, des admirateurs des gorilles (comme dirait Solal dans Belle du Seigneur).
Ceux-là vont vite déchanter, parce que le mâle alpha aime bien leur foutre une mandale de temps en temps pour montrer qui c'est le chef. Et je ne serai pas surpris quand ils nous ressortirons le sketch qui a tant servi pour Hollande : « Ce n'est pas ce que nous voulions. Nous avons été trompés à l'insu de notre plein gré. Et patati et patata ... »
Pendant ce temps :
Muriel Pénicaud et ses décodages (je trouve cette hystérie de moralisation ridicule, mais quand le moralisateur se fait moraliser, c'est difficile de ne pas rire).
Et les cocus du macronisme vont bientôt venir chialer.
Je me marre ...
Le peuple, grand absent du quinquennat Macron ?
Tout le monde (sauf, bien entendu, les macronistes et les gamellards crypto-macronistes) est d'accord pour considérer que le vote Macron est un vote de classe, et même, de mépris de classe.
Seulement voilà, il y a deux sortes d'électeurs de Macron : ceux qui font vraiment partie de la haute, sont de véritables gagnants de la mondialisation (je ne suis pas sûr qu'ils soient si nombreux) et ceux qui ont voulu se donner l'illusion de faire partie des « ouineurs » mais n'en sont pas vraiment, ou pas complètement, ou le sont (par exemple) par l'intermédiaire de leurs enfants. La grande troupe des suiveurs, des courtisans, des obséquieux, des soumis enamourés du mâle alpha, des admirateurs des gorilles (comme dirait Solal dans Belle du Seigneur).
Ceux-là vont vite déchanter, parce que le mâle alpha aime bien leur foutre une mandale de temps en temps pour montrer qui c'est le chef. Et je ne serai pas surpris quand ils nous ressortirons le sketch qui a tant servi pour Hollande : « Ce n'est pas ce que nous voulions. Nous avons été trompés à l'insu de notre plein gré. Et patati et patata ... »
Pendant ce temps :
Muriel Pénicaud et ses décodages (je trouve cette hystérie de moralisation ridicule, mais quand le moralisateur se fait moraliser, c'est difficile de ne pas rire).
Et les cocus du macronisme vont bientôt venir chialer.
Je me marre ...
samedi, juillet 01, 2017
La triple donation de la France
Je crois avoir déjà raconté cet épisode, mais comme il est parmi les plus extraordinaires de l'histoire de France, ça vaut le coup de le redire :
Nous sommes à Saint-Benoît-sur-Loire, le 21 juin 1429, vers 16 heures. Jehanne s’adresse à Charles :
« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? » Le dauphin hésite, puis consent.
« Sire, donnez-moi votre royaume. » Stupéfait, il hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille, il répond : « Jehanne, je vous donne mon royaume » (1ère donation).
La Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé, elle dit : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien. » Puis aussitôt, très grave et s’adressant aux secrétaires : « Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ » (2ème donation).
Et immédiatement après : « Jésus rend le royaume à Charles » (3ème donation).
À partir de ce moment, Charles se décide à entreprendre la campagne du sacre.
« Si Charles VII et ses successeurs avaient compris, dira l’historien jésuite Jean-Baptiste Ayroles, ils auraient fait enchâsser le merveilleux parchemin dans l’or et dans la soie ; ils l’auraient entouré de pierres précieuses, car ils n’avaient pas dans leur trésor de diamants comparables. Ils l’auraient relu et médité tous les jours. Non seulement ils seraient aujourd’hui sur le trône, mais l’univers serait dans les bras de Jésus-Christ et ce serait la France qui l’y aurait placé. »
Nous sommes à Saint-Benoît-sur-Loire, le 21 juin 1429, vers 16 heures. Jehanne s’adresse à Charles :
« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? » Le dauphin hésite, puis consent.
« Sire, donnez-moi votre royaume. » Stupéfait, il hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille, il répond : « Jehanne, je vous donne mon royaume » (1ère donation).
La Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé, elle dit : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien. » Puis aussitôt, très grave et s’adressant aux secrétaires : « Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ » (2ème donation).
Et immédiatement après : « Jésus rend le royaume à Charles » (3ème donation).
À partir de ce moment, Charles se décide à entreprendre la campagne du sacre.
« Si Charles VII et ses successeurs avaient compris, dira l’historien jésuite Jean-Baptiste Ayroles, ils auraient fait enchâsser le merveilleux parchemin dans l’or et dans la soie ; ils l’auraient entouré de pierres précieuses, car ils n’avaient pas dans leur trésor de diamants comparables. Ils l’auraient relu et médité tous les jours. Non seulement ils seraient aujourd’hui sur le trône, mais l’univers serait dans les bras de Jésus-Christ et ce serait la France qui l’y aurait placé. »
Libellés :
France,
Histoire,
Jeanne d'Arc
L'Eglise va-t-elle disparaître ? (JC Barreau)
Je trouve ce livre de 2013 qui traînait.
Barreau, ancien prêtre des loubards, défroqué par amour, proche de Pasqua, viré de l'Office des Migrations Internationales par Bianco, intrigue.
Il fait un diagnostic original.
Oui, l'Eglise romaine peut disparaître pour une raison simple : le manque de prêtres. Les prêtres sont absolument indispensables à cause de l'Eucharistie.
Et le manque de prêtres vient d'un cléricalisme rétrograde. Barreau rappelle, à très juste raison, que le premier anticlérical se nommait Jésus, qui n'a pas de mots assez durs pour ceux qui préfèrent la lettre de la loi à son esprit et qui « imposent des fardeaux qu'ils ne porteraient pas, même du bout des doigts ».
Le cléricalisme romain, arc-bouté sur un statut obsolète issu du concile de Trente, obsédé sexuel, fabrique des « déistes moralisants » et non plus des chrétiens. C'est, selon Barreau, ce qui provoque la crise des vocations et la mise en danger de mort de l'Eglise.
Que propose-t-il ?
Que la prêtrise ne soit plus une vocation mais un appel. Un appel de l'évêque qui demanderait aux chrétiens les plus réputés de son diocèse s'ils veulent devenir prêtres. Deviendraient alors prêtres des hommes plus mûrs, éventuellement mariés, pères ou grand-pères, et, même (Barreau ne s'étend pas trop) des femmes.
L'idée est séduisante Je connais des diacres. Ils ont une vie professionnelle et sociale normale et je crois que c'est un plus. Je suis d'accord avec Barreau : des prêtres avec le même statut seraient un enrichissement.
Comment faire ?
Là, Barreau est net : il ne faut pas compter sur le clergé. Un concile, un synode, c'est perdu d'avance. Il faut un pape qui prenne tout le monde par surprise, comme Paul VI avec Vatican II. Jean-Paul II n'avait pas vu le problème, Benoît XVI ne voulait pas bousculer l'Eglise. Qui vivra verra.
********
Citations de Barreau hors-sujet :
Le Français peut tenir des propos racistes à l'occasion, mais quand une femme lui plaît, il ne craint pas de la prendre pour compagne quelle que soit la couleur de sa peau. C'est la vraie raison de l'hostilité des Français au "foulard islamique". Symboliquement, le "tchador" dit aux non-musulmans: "ne touchez pas à nos femmes". Cette interdiction est intolérable au Français exogame. A l'inverse, elle ne gêne en rien l'Anglo-Saxon endogame, qui ne songe absolument pas à se mettre en ménage avec la Pakistanaise - ce qui n'empêche pas certains intellectuels français de confondre son indifférence au "voile" avec de la tolérance. En réalité, elle est de nature raciste : ne songeant pas à épouser la femme voilée, l'Anglais et l'Américain se moquent pas mal de la manière dont elle est habillée
L'islam est la plus réactionnaire, la plus antidémocratique, la plus fermée aux droits de l'homme de toutes les religions.
Barreau, ancien prêtre des loubards, défroqué par amour, proche de Pasqua, viré de l'Office des Migrations Internationales par Bianco, intrigue.
Il fait un diagnostic original.
Oui, l'Eglise romaine peut disparaître pour une raison simple : le manque de prêtres. Les prêtres sont absolument indispensables à cause de l'Eucharistie.
Et le manque de prêtres vient d'un cléricalisme rétrograde. Barreau rappelle, à très juste raison, que le premier anticlérical se nommait Jésus, qui n'a pas de mots assez durs pour ceux qui préfèrent la lettre de la loi à son esprit et qui « imposent des fardeaux qu'ils ne porteraient pas, même du bout des doigts ».
Le cléricalisme romain, arc-bouté sur un statut obsolète issu du concile de Trente, obsédé sexuel, fabrique des « déistes moralisants » et non plus des chrétiens. C'est, selon Barreau, ce qui provoque la crise des vocations et la mise en danger de mort de l'Eglise.
Que propose-t-il ?
Que la prêtrise ne soit plus une vocation mais un appel. Un appel de l'évêque qui demanderait aux chrétiens les plus réputés de son diocèse s'ils veulent devenir prêtres. Deviendraient alors prêtres des hommes plus mûrs, éventuellement mariés, pères ou grand-pères, et, même (Barreau ne s'étend pas trop) des femmes.
L'idée est séduisante Je connais des diacres. Ils ont une vie professionnelle et sociale normale et je crois que c'est un plus. Je suis d'accord avec Barreau : des prêtres avec le même statut seraient un enrichissement.
Comment faire ?
Là, Barreau est net : il ne faut pas compter sur le clergé. Un concile, un synode, c'est perdu d'avance. Il faut un pape qui prenne tout le monde par surprise, comme Paul VI avec Vatican II. Jean-Paul II n'avait pas vu le problème, Benoît XVI ne voulait pas bousculer l'Eglise. Qui vivra verra.
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Citations de Barreau hors-sujet :
Le Français peut tenir des propos racistes à l'occasion, mais quand une femme lui plaît, il ne craint pas de la prendre pour compagne quelle que soit la couleur de sa peau. C'est la vraie raison de l'hostilité des Français au "foulard islamique". Symboliquement, le "tchador" dit aux non-musulmans: "ne touchez pas à nos femmes". Cette interdiction est intolérable au Français exogame. A l'inverse, elle ne gêne en rien l'Anglo-Saxon endogame, qui ne songe absolument pas à se mettre en ménage avec la Pakistanaise - ce qui n'empêche pas certains intellectuels français de confondre son indifférence au "voile" avec de la tolérance. En réalité, elle est de nature raciste : ne songeant pas à épouser la femme voilée, l'Anglais et l'Américain se moquent pas mal de la manière dont elle est habillée
L'islam est la plus réactionnaire, la plus antidémocratique, la plus fermée aux droits de l'homme de toutes les religions.
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Macron, le coup d’Etat et la tentation de l’Aventin
Macron, le coup d’Etat et la tentation de l’Aventin
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A travers cette interview [du 14 juillet que Macron refuse de donner], le Président s’adressait directement au peuple et non à ses représentants, au peuple qui est le dépositaire de la souveraineté nationale. Il est vrai que le Président Emmanuel Macron ne fait pas grand cas de la souveraineté. Et c’est peut-être là qu’il faut chercher la véritable raison de l’abandon de cette « tradition » et de la création de cette « innovation » que représente le message au Congrès. Car, quand on ne reconnaît plus la souveraineté du peuple, peu importe le mépris dans lequel on tient que ce soit ses adversaires ou ses propres amis.
En fait, tel est bien le fond du problème. Emmanuel Macron élu par surprise, et en un sens contre la volonté de la majorité des Français, ne peut s’appuyer sur une quelconque souveraineté populaire. Il doit donc saccager tous les symboles de cette dernière. Nous l’avons vu lors du Conseil européen des 22 et 23 juin dernier. Nous le voyons avec cette imitation aussi grossière que grotesque du « message sur l’état de l’Union » auquel se livre le Président des Etats-Unis, mais dans un contexte et dans des traditions politiques complètement différentes.
**********
Je suis d'accord avec Jacques Sapir, sauf sur un point fondamental: il est mélenchoniste. Pour moi, être partisan d'un nostalgique des paires horreurs du XXème siècle est un faute politique et une honte personnelle.
C'est pourquoi il m'arrive de partager des bouts d'analyse avec Sapir, comme celle ci-dessus, mais aucun cas je ne peux approuver ses idées politiques.
Je préfère ça :
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A travers cette interview [du 14 juillet que Macron refuse de donner], le Président s’adressait directement au peuple et non à ses représentants, au peuple qui est le dépositaire de la souveraineté nationale. Il est vrai que le Président Emmanuel Macron ne fait pas grand cas de la souveraineté. Et c’est peut-être là qu’il faut chercher la véritable raison de l’abandon de cette « tradition » et de la création de cette « innovation » que représente le message au Congrès. Car, quand on ne reconnaît plus la souveraineté du peuple, peu importe le mépris dans lequel on tient que ce soit ses adversaires ou ses propres amis.
En fait, tel est bien le fond du problème. Emmanuel Macron élu par surprise, et en un sens contre la volonté de la majorité des Français, ne peut s’appuyer sur une quelconque souveraineté populaire. Il doit donc saccager tous les symboles de cette dernière. Nous l’avons vu lors du Conseil européen des 22 et 23 juin dernier. Nous le voyons avec cette imitation aussi grossière que grotesque du « message sur l’état de l’Union » auquel se livre le Président des Etats-Unis, mais dans un contexte et dans des traditions politiques complètement différentes.
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Je suis d'accord avec Jacques Sapir, sauf sur un point fondamental: il est mélenchoniste. Pour moi, être partisan d'un nostalgique des paires horreurs du XXème siècle est un faute politique et une honte personnelle.
C'est pourquoi il m'arrive de partager des bouts d'analyse avec Sapir, comme celle ci-dessus, mais aucun cas je ne peux approuver ses idées politiques.
Je préfère ça :
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vendredi, juin 30, 2017
Simone Veil au Panthéon ?
Les appels médiatiques à « panthéoniser » Simone Viel se multiplient.
Ils me laissent froid. Maintenant, dès qu'une célébrité politiquement correcte meurt, sous le coup de l'émotion, les appels à la panthéonisation, voire à la canonisation, envahissent les ondes. C'est assez ridicule.
Il faut raison garder et prendre du recul. Les grands hommes en question sont souvent bien petits.
Contrairement à certains catholiques, je ne déteste pas Simone Veil. Mais je ne suis pas non plus pétri d'admiration. Elle n'a rien fait d'extraordinaire pour l'art, pour l'humanité, pour la science ou pour la France, justifications habituelles du Panthéon.
Mais il faut s'y faire : nous vivons une époque excessive dans la connerie.
Ils me laissent froid. Maintenant, dès qu'une célébrité politiquement correcte meurt, sous le coup de l'émotion, les appels à la panthéonisation, voire à la canonisation, envahissent les ondes. C'est assez ridicule.
Il faut raison garder et prendre du recul. Les grands hommes en question sont souvent bien petits.
Contrairement à certains catholiques, je ne déteste pas Simone Veil. Mais je ne suis pas non plus pétri d'admiration. Elle n'a rien fait d'extraordinaire pour l'art, pour l'humanité, pour la science ou pour la France, justifications habituelles du Panthéon.
Mais il faut s'y faire : nous vivons une époque excessive dans la connerie.
jeudi, juin 29, 2017
Et pendant ce temps, à l’Assemblée Nationale …
Macron l’hyperprésident. Quand Jupiter dissémine l’opposition
Bon d’accord, l’Assemblée Nationale est aussi utile que l’appendice et la prostate. Mais ce qui s’y passe est instructif.
Traditionnellement, des postes (questure, présidences de commission) sont réservés à l’opposition. Cela paraît une saine pratique démocratique.
Sous Macron 1er, le système a été gentiment perverti : la droite qui se déclare elle-même « Macron-compatible », tout se prétendant dans l’opposition, a pris ces postes, avec l’appui des macronistes (ce qui clarifie les choses). Autrement dit, les postes sont désormais partagés entre une vraie majorité et une fausse opposition. C’est vachtement archi-méga-démocratique.
Qu’est-ce qu’on aurait entendu si Poutine ou Trump avaient fait pareil !
C’est ainsi que les démocraties meurent le mieux : en conservant les apparences tout en trahissant l’esprit. Octave-Auguste a été un maître en la matière, il est vite devenu empereur, mais jusqu’à sa mort, il est allé cérémonieusement rendre hommage au Sénat qu’il avait vidé de sa substance.
Cette histoire de questure peut paraître anecdotique, elle n’en est pas moins révélatrice d’un état d’esprit. Mais évidemment, pas un mot sur cette histoire au journal de 20h de France 2. Service public oblige… Défendre les droits de l’opposition, la séparation des pouvoirs, le contrôle du budget de l’Assemblée nationale, pourquoi pas ? Mais quand même pas avec Eric Ciotti et Christian Jacob ! Ainsi va le petit monde politico-médiatique en ce début d’été 2017. Comme me le souffle un bon esprit : « Jusqu’ici, tout va bien ! »
Bon d’accord, l’Assemblée Nationale est aussi utile que l’appendice et la prostate. Mais ce qui s’y passe est instructif.
Traditionnellement, des postes (questure, présidences de commission) sont réservés à l’opposition. Cela paraît une saine pratique démocratique.
Sous Macron 1er, le système a été gentiment perverti : la droite qui se déclare elle-même « Macron-compatible », tout se prétendant dans l’opposition, a pris ces postes, avec l’appui des macronistes (ce qui clarifie les choses). Autrement dit, les postes sont désormais partagés entre une vraie majorité et une fausse opposition. C’est vachtement archi-méga-démocratique.
Qu’est-ce qu’on aurait entendu si Poutine ou Trump avaient fait pareil !
C’est ainsi que les démocraties meurent le mieux : en conservant les apparences tout en trahissant l’esprit. Octave-Auguste a été un maître en la matière, il est vite devenu empereur, mais jusqu’à sa mort, il est allé cérémonieusement rendre hommage au Sénat qu’il avait vidé de sa substance.
Comme dit Desgouilles :
Cette histoire de questure peut paraître anecdotique, elle n’en est pas moins révélatrice d’un état d’esprit. Mais évidemment, pas un mot sur cette histoire au journal de 20h de France 2. Service public oblige… Défendre les droits de l’opposition, la séparation des pouvoirs, le contrôle du budget de l’Assemblée nationale, pourquoi pas ? Mais quand même pas avec Eric Ciotti et Christian Jacob ! Ainsi va le petit monde politico-médiatique en ce début d’été 2017. Comme me le souffle un bon esprit : « Jusqu’ici, tout va bien ! »
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l'imposture Macron,
tyrannie
Au Québec, la censure gagne du terrain à l’université. Pensez ce que vous voulez… mais soyez d’accord avec nous.
Au Québec, la censure gagne du terrain à l’université. Pensez ce que vous voulez… mais soyez d’accord avec nous.
Je me désole de voir la liberté d’expression régresser.
D’autant plus que cette régression s’inscrit dans un tableau d’ensemble qui n’encourage pas à ‘optimisme : l’occident se débarrasse progressivement de toutes les conditions de la démocratie : liberté d’expression, indépendance des médias, classe moyenne, éducation aux humanités, équilibre des droits et des devoirs, responsabilité etc.
Je me désole de voir la liberté d’expression régresser.
D’autant plus que cette régression s’inscrit dans un tableau d’ensemble qui n’encourage pas à ‘optimisme : l’occident se débarrasse progressivement de toutes les conditions de la démocratie : liberté d’expression, indépendance des médias, classe moyenne, éducation aux humanités, équilibre des droits et des devoirs, responsabilité etc.
La quintessence de la pensée politique de De Gaulle (telle que je l’ai comprise)
Le titre est un peu présomptueux d’où le bémol de la parenthèse !
Je me suis inspiré des livres de Couteaux et de Debray, de la conférence de PY Rougeyron.
1) La France (comme beaucoup de nations) est une personne, elle a son histoire et son caractères propres, et aussi, très important son unité. C’est la madonne aux fresques des murs qui vient du fond des âges.
2) La différence entre légitimité et légalité est fondamentale. Seule la légitimité est une fondation politique acceptable.
3) La politique n’existe qu’incarnée, ce n’est pas une abstraction.
Cette conception est bien entendu à l’exact opposé du discours politiquement correct qui est seul autorisé en public. Les idées gaulliennes sont d’une puissante originalité.
Une anecdote que je connaissais, racontée par PY Rougeyron. Le jour de la mort de De Gaulle, une jeune conne se pointe au bureau de la Gauche Prolétarienne : « Super ! Le vieux crouton est mort ». Le responsable se lève et lui flanque une gifle d'anthologie, celle que ses parents ne lui jamais donnée : « Un grand homme est mort. On respecte ».
1) La France (comme beaucoup de nations) est une personne, elle a son histoire et son caractères propres, et aussi, très important son unité. C’est la madonne aux fresques des murs qui vient du fond des âges.
2) La différence entre légitimité et légalité est fondamentale. Seule la légitimité est une fondation politique acceptable.
3) La politique n’existe qu’incarnée, ce n’est pas une abstraction.
Cette conception est bien entendu à l’exact opposé du discours politiquement correct qui est seul autorisé en public. Les idées gaulliennes sont d’une puissante originalité.
Une anecdote que je connaissais, racontée par PY Rougeyron. Le jour de la mort de De Gaulle, une jeune conne se pointe au bureau de la Gauche Prolétarienne : « Super ! Le vieux crouton est mort ». Le responsable se lève et lui flanque une gifle d'anthologie, celle que ses parents ne lui jamais donnée : « Un grand homme est mort. On respecte ».
lundi, juin 26, 2017
Le grand méchant renard et autres contes
Un film d’animation charmant par les auteurs d’Ernest et Célestine. Ca change des super-productions calibrées et sans âme.
Cet étrange M. Monnet (B. Riondel)
Eric Zemmour dit prudemment de cette biographie qu’elle est « non-hagiographique ». C’est le moins qu’on puisse en dire !
On savait déjà que Jean Monnet était un enfoiré, agent des Américains, visant à détruire les nations européennes. Il a savonné la planche à De Gaulle et a fait ce qu’il pouvait pour asservir la France. Exagéré ? Attendez de voir.
Riondel entre dans les détails.
Jean Monnet a arrêté les études très tôt et s’est retrouvé représentant commercial du Cognac paternel en Grande-Bretagne puis au Canada. Ses contacts, uniquement dans la haute société (Monnet n’était vraiment pas du genre à fréquenter les pauvres. Il aurait agréé l'expression « les sans-dents » et le mépris social qu'elle signifie) étaient affiliés à ces mouvements mondialistes du XIXème siècle qui voyaient le mondialisme (le monde uni, débarrassé des nations, géré par une classe d’essence supérieure –si cela vous rappelle quelque chose, ce n’est sans doute pas un hasard) comme une extension de l’empire britannique.
Riondel pense que Monnet a été recruté comme « honorable correspondant » des services secrets britanniques avant d’avoir atteint vingt ans. C’est ainsi qu’il explique toute une série de coïncidences, de portes qui s’ouvrent miraculeusement dans la haute société britannique, devant ce jeune Français inconnu. D’après lui, Monnet avait gardé les idées de ses jeunes années, il n’était pas européiste mais mondialiste. Son but n’était pas de détruire les nations européennes seulement, mais toutes les nations.
Contrairement à Robert Schuman, ancien combattant, Monnet a été réformé.
Monnet s'est marié en URSS, à cause de lois sur le divorce plus laxistes, en pleine terreur stalinienne (terreur qui ne semble absolument pas déranger ce grand humaniste de Monnet) et avec l'aide active de l'administration soviétique. Pourquoi cette complaisance ? Nous ne le savons pas exactement mais il faudrait être plus que naïf pour imaginer qu'elle vient d'un élan du coeur de la Tchéka face à la romantique histoire d'amour de M. Monnet.
Aussi bizarre que cela puisse paraître aux gens peu renseignés, la capitaliste Wall Street a été très active dans l'aide au communisme soviétique. Les deux « isme » communient dans la répudiation du vieux monde, le matérialisme, le culte de l'avenir, la foi dans la technocratie, l'opposition à la démocratie et l'espoir d'un gouvernement mondial. Cela fait beaucoup de points communs.
En voyage en URSS, Ronald Reagan emmène un très vieux banquier de Wall Street, Armand Hammer. Les jeunes loups soviétiques sont tout surpris de voir les dignitaires du Soviet Suprême traiter celui-ci avec une grande déférence. Ils se renseignent : c'est le dernier homme à avoir connu Lénine.
Comme par hasard (le hasard fait toujours très bien les choses dans la vie de M. Monnet), l'un des parrains américains du jeune Français est de ces banquiers familiers de l'URSS : Paul Warburg.
On nous dit souvent que parler d' « UERSS » est exagéré. Exagéré ? Ou, au contraire, très pertinent ?
Les aventures financières de Monnet dans les années 30 laissent un malaise, où se mêlent politique et finances. Les mots qui viennent à l'esprit sont « cupide » et « pas très honnête ».
Anecdote amusante (et révélatrice) : Monnet et un de ses complices essaient de dépouiller dans un raid boursier un vieux banquier d'origine italienne. A malin, malin et demi. La victime, se présentant comme persécutée par les loups de Wall Street, fait appel à la communauté italienne et renverse la situation, ruinant presque Monnet au passage. Déjà les apatrides contre l'enraciné ?
Monnet a parfaitement conscience du carré politique « nation, souveraineté, peuple, démocratie » mais c'est pour le détruire dans chacun de ses termes. Le coté antidémocratique des constructions supra-nationales est explicitement annoncé par les think tanks que fréquente Monnet. Après avoir lu cela, quiconque prétend que l'UE est démocratique est un imbécile ou un menteur.
Je répétais (un peu bêtement, je m'en aperçois) que Monnet était payé par la CIA. C'est vrai mais très insuffisant. La réalité est bien pire qu'une corruption passagère : toute la vie de Jean Monnet tient à sa servilité vis-à-vis de ses maitres anglais puis américains.
Anti-national, anti-démocratique, américanisé, homme des réseaux de pouvoir et des puissances d'argent, Jean Monnet est l'anti-De Gaulle. Pas étonnant qu'il l'ait desservi autant qu'il a pu, comme cet autre Français renié, Saint John Perse. Avec le recul, je trouve la magnanimité de De Gaulle vis-à-vis de ces gens excessive.
Il y avait, à n'en pas douter, de la jalousie du coté de Monnnet. Ce grenouilleur à l'ego surdimensionné savait qu'il n'avait pas le charisme de De Gaulle.
Monnet, lui, avait ce masochisme des élites françaises : tous les pays ont droit à leur nationalisme et à la défense farouche de leurs intérêts nationaux, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, tous sauf la France. Il faudra un jour faire la psychanalyse collective de cette haine des élites françaises pour leur pays.
L'idéal de Jean Monnet est beaucoup plus mondialiste qu'européiste. La dissolution des nations européennes n'est qu'une étape.
Son monde idéal est le gouvernement mondial d'une hyper-classe de quelques milliers, au grand maximum, d'individus qui, par le relais d'une super-classe de quelques centaines de milliers d'exécutants, règne sur des milliards de veaux manipulés. Monnet lui-même fait plus partie de la super-classe que de l'hyper-classe : il n'a jamais été dans les dirigeants de Wall Street, en revanche il en est parmi les plus fidèles exécutants [ajout de 2020 : c'est une positionassez comparable à celle de Christine Lagarde à la BCE].
Digression éclairante sur les méthodes de l'hyperclasse : la création de la réserve fédérale américaine, la Fed. Tout ce que je vais vous raconter est du domaine public, aucun secret. Pourtant, le public le connaît peu, faute de relais. Par exemple, l'article Wikipedia n'en parle pas. Il faut se référer à des gens marginaux, comme Ron Paul ou Murray Rothbard c'est-à-dire à des points de vue libéraux.
En 1910, les choses sont claires : il y a une majorité au Sénat pour considérer qu'une banque centrale est anti-démocratique et, donc, s'y opposer. Les dirigeants de Wall se réunissent secrètement (sous des noms d'emprunts) à Jekyll Island (nom prémonitoire). Ils veulent une banque centrale aux mains d'intérêts privés, exactement pour les mêmes raisons que les opposants : parce que c'est anti-démocratique, mais, pour eux, c'est une qualité. Et aussi, bien entendu, parce qu'ils comptent en tirer d'énormes profits.
Ils mettent au point une stratégie simple et efficace qu'ils appliqueront à la lettre. Ils font campagne (ils ont évidemment la grande majorité de la presse à leurs ordres) pour un système de réserve fédérale absolument inacceptable mais les discussions autour de ce projet acclimatent l'idée de banque centrale, puis, quand le fruit est mûr, ils proposent, en opposition à ce projet inacceptable, un projet plus « modéré », qui a toujours été leur véritable but et qui passe comme une lettre à la poste. Ces gens-là sont vicieux, mais personne n'a jamais dit qu'ils étaient bêtes.
D'ailleurs, ne viennent ils pas de nous refaire le coup de la comparaison avec Macron ? Après avoir agité Le Pen comme un épouvantail, Macron paraît acceptable en comparaison.
En 2017, cent ans après, la Fed est plus que jamais soumise à des intérêts privés et leur idéal d'un gouvernement mondial s'est rapproché. Je suis bien près de penser que la démocratie américaine est morte en 1913.
La création de la Fed résulte d'un complot dans le plein sens du terme mais c'est trompeur. En général, la convergence de gens qui pensent tous la même chose, ont tous les mêmes intérêts et sont très influents suffit, pas besoin de complot en bonne et due forme. C'est pourquoi ils sont difficiles à prendre en flagrant délit.
Je suis persuadé que le tropisme consistant à mettre tous nos maux sur le dos du libéralisme les sert, qu'ils l'encouragent par divers moyens : ils sont anti-libéraux, ils ne veulent surtout pas d'un véritable libéralisme, contraire à leur ambition de gouvernement mondial technocratique. Rien ne les dérange plus que des hommes à l'ancienne, enracinés, libres et responsables (et peut-être même économes, radins). Pour revenir à nos affaires françaises, les Zemmour, Polony et compagnie, au fond, les servent. L'habileté des maîtres du monde consiste à ne jamais être manichéens, à prendre à tous les râteliers pour faire passer leurs idées. Zemmour n'est pas mondialiste, dommage, mais s'il peut mettre à la mode l'idée que le libéralisme est l'ennemi, c'est déjà utile.
Lors du débat sur Communauté Européenne de Défense (dont certains articles ont été écrits directement par les Américains !) en 1952, Monnet méprise (comme tous les apatrides) ouvertement l'histoire, les cultures et les peuples. Il échoue.
La définition qu’en donne De Gaulle n’est pas mauvaise : « Un petit financier au service des Américains ». Je ne l’ai pas encore dit, mais j’espère que beaucoup d’entre vous l’ont deviné : il y a des parallèles évidents avec un autre M.
Rappelons que Monnet est de ceux qui ont travaillé à faire échouer le traité de l'Elysée, qui pouvait être le point de départ d'une Europe des nations. Monnet a été l'intermédiaire négociant l'ajout par le Bundestag d'un préambule atlantiste qui vidait le traité de sa substance. John Mc Cloy, le gauleiter américain en Allemagne, était un de ses anciens associés (toujours ce hasard qui fait si bien les choses. Vous avez compris : Monnet a fait partie de ce cercle de quelques centaines de personnes qui se partagent les postes importants, d'où la « coïncidence » qu'il trouve toujours bien placés des gens de sa connaissance. Ce n'est pas sans évoquer le clientélisme romain : dans l'empire romain, les postes n'étaient pas alloués par compétence, mais par clientélisme. Le patron, la tête de famille, plaçait ses obligés. Mais il ne pouvait pas promouvoir trop d'incompétents, sous peine de perdre sa crédibilité. Et il y avait un équilibre entre les familles).
Pour le traité de Rome, Monnet tire la leçon de son échec de la CED et avance masqué, il est sournois, retors, manipulateur. Il utilise un think tank et le réseautage. Il applique la première recommandation de Walter Lippman pour manipuler les peuples : toujours mettre un écran entre le public et la réalité. Tordre les mots, dissimuler ses objectifs, dévier le débat ... La fameuse « méthode Monnet » des « petits pas » n'est rien d'autre qu'une malhonnête politique du fait accompli méritant le mépris de tout démocrate conséquent. Dès sa création, « l'Europe » est anti-démocratique, ce n'est pas une malheureuse dérive, c'est la conséquence logique du choix supra-national par opposition aux accords inter-gouvernementaux.
En résumé, Bruno Riondel dresse le portrait d'un Jean Monnet
intelligent et séduisant mais profondément antipathique dès qu'on creuse
un peu, aux idées destructrices et aux méthodes sournoises.
Le « père de l’Europe » (appellation grotesque. L'Europe n'a pas attendu M. Monnet pour exister) est peu ragoutant : toujours du bon côté du manche, toujours au service des puissants du jour et des puissances d’argent.
Je vais finir sur une note assez pessimiste. Quand on voit la persévérance de ces gens, dont le projet naît au XIXème siècle et qui ont bien conscience qu’ils vont devoir jouer sur plusieurs générations, on se dit que la démocratie a peu de chances de triompher. Aujourd’hui, le terrorisme musulman est le prétexte idéal pour l’étouffer un peu plus et pour concéder un peu plus de souveraineté à des organismes supra-nationaux non-élus et non-contrôlés ou à des technocrates.
Le plus grand danger pour ces gens, comme pour tous les idéologues, c’est la réalité. Mais ils savent dissimuler les réalités gênantes, dévier les mises en cause, empêcher les questions d'être posées clairement.
Jean Monnet me rend les soixante-huitards sympathiques : pas un soixante-huitard n'a fait autant de dégâts que Jean Monnet, et de très loin !
L'intérêt de ce livre est aussi d'être composé pour un tiers de notes. Il ouvre de nombreuses pistes et donne beaucoup de références.
***********
Une autre recension et deux articles connexes :
« Cet étrange Monsieur Monnet » par Bruno Riondel
Une autre contre vérité : les taux d’intérêt bas favorisent la croissance économique
Europe en crise cherche stratégie française
Derrière ces événements différents, l’échec d’Emmanuel Macron et la décision italienne, on voit se profiler la logique réelle de l’Union européenne. Cette dernière n’a actuellement pas d’autres buts, et pas d’autres fonctions, que d’imposer les conditions économiques voulues par l’Allemagne aux autres pays. Et ces conditions économiques aboutissent à mettre les Etats sous la tutelle des marchés financiers et des grands groupes économiques, une situation qui correspond parfaitement aux intérêts actuels de l’Allemagne. Cette politique a pour symbole et pour instrument l’Euro, dont il est évident qu’il fonctionne économiquement comme une subvention pour l’Allemagne et politiquement comme un instrument disciplinaire dans les mains de l’Allemagne faisant en sorte que ce dernier pays n’ait pas à payer le prix pour sa domination qui ruine les autres pays. Toute politique vis-à-vis de l’UE qui ignorerait ces réalités est condamnée à l’échec.
Emmanuel Macron entraîne tant l’économie de la France que la construction européenne dans une impasse du fait de sa politique actuelle de compromis avec l’Allemagne. Non que le compromis ne soit pas bon en lui-même, mais ce compromis ne peut être obtenu qu’une fois le conflit établi, et les marges d’action dans ce conflit clairement établies. En faisant du compromis un fétiche, une vache sacrée, il rend impossible la détermination et la définition des intérêts de la France et par conséquence la formation d’un réel compromis. Il ne laisse d’alternative qu’entre la capitulation la plus complète face à l’Allemagne et un sursaut désordonné, conduisant à un conflit d’autant plus inexpiable qu’il aurait été trop longtemps refoulé.
On savait déjà que Jean Monnet était un enfoiré, agent des Américains, visant à détruire les nations européennes. Il a savonné la planche à De Gaulle et a fait ce qu’il pouvait pour asservir la France. Exagéré ? Attendez de voir.
Riondel entre dans les détails.
Jean Monnet a arrêté les études très tôt et s’est retrouvé représentant commercial du Cognac paternel en Grande-Bretagne puis au Canada. Ses contacts, uniquement dans la haute société (Monnet n’était vraiment pas du genre à fréquenter les pauvres. Il aurait agréé l'expression « les sans-dents » et le mépris social qu'elle signifie) étaient affiliés à ces mouvements mondialistes du XIXème siècle qui voyaient le mondialisme (le monde uni, débarrassé des nations, géré par une classe d’essence supérieure –si cela vous rappelle quelque chose, ce n’est sans doute pas un hasard) comme une extension de l’empire britannique.
Riondel pense que Monnet a été recruté comme « honorable correspondant » des services secrets britanniques avant d’avoir atteint vingt ans. C’est ainsi qu’il explique toute une série de coïncidences, de portes qui s’ouvrent miraculeusement dans la haute société britannique, devant ce jeune Français inconnu. D’après lui, Monnet avait gardé les idées de ses jeunes années, il n’était pas européiste mais mondialiste. Son but n’était pas de détruire les nations européennes seulement, mais toutes les nations.
Contrairement à Robert Schuman, ancien combattant, Monnet a été réformé.
Monnet s'est marié en URSS, à cause de lois sur le divorce plus laxistes, en pleine terreur stalinienne (terreur qui ne semble absolument pas déranger ce grand humaniste de Monnet) et avec l'aide active de l'administration soviétique. Pourquoi cette complaisance ? Nous ne le savons pas exactement mais il faudrait être plus que naïf pour imaginer qu'elle vient d'un élan du coeur de la Tchéka face à la romantique histoire d'amour de M. Monnet.
Aussi bizarre que cela puisse paraître aux gens peu renseignés, la capitaliste Wall Street a été très active dans l'aide au communisme soviétique. Les deux « isme » communient dans la répudiation du vieux monde, le matérialisme, le culte de l'avenir, la foi dans la technocratie, l'opposition à la démocratie et l'espoir d'un gouvernement mondial. Cela fait beaucoup de points communs.
En voyage en URSS, Ronald Reagan emmène un très vieux banquier de Wall Street, Armand Hammer. Les jeunes loups soviétiques sont tout surpris de voir les dignitaires du Soviet Suprême traiter celui-ci avec une grande déférence. Ils se renseignent : c'est le dernier homme à avoir connu Lénine.
Comme par hasard (le hasard fait toujours très bien les choses dans la vie de M. Monnet), l'un des parrains américains du jeune Français est de ces banquiers familiers de l'URSS : Paul Warburg.
On nous dit souvent que parler d' « UERSS » est exagéré. Exagéré ? Ou, au contraire, très pertinent ?
Les aventures financières de Monnet dans les années 30 laissent un malaise, où se mêlent politique et finances. Les mots qui viennent à l'esprit sont « cupide » et « pas très honnête ».
Anecdote amusante (et révélatrice) : Monnet et un de ses complices essaient de dépouiller dans un raid boursier un vieux banquier d'origine italienne. A malin, malin et demi. La victime, se présentant comme persécutée par les loups de Wall Street, fait appel à la communauté italienne et renverse la situation, ruinant presque Monnet au passage. Déjà les apatrides contre l'enraciné ?
Monnet a parfaitement conscience du carré politique « nation, souveraineté, peuple, démocratie » mais c'est pour le détruire dans chacun de ses termes. Le coté antidémocratique des constructions supra-nationales est explicitement annoncé par les think tanks que fréquente Monnet. Après avoir lu cela, quiconque prétend que l'UE est démocratique est un imbécile ou un menteur.
Je répétais (un peu bêtement, je m'en aperçois) que Monnet était payé par la CIA. C'est vrai mais très insuffisant. La réalité est bien pire qu'une corruption passagère : toute la vie de Jean Monnet tient à sa servilité vis-à-vis de ses maitres anglais puis américains.
Anti-national, anti-démocratique, américanisé, homme des réseaux de pouvoir et des puissances d'argent, Jean Monnet est l'anti-De Gaulle. Pas étonnant qu'il l'ait desservi autant qu'il a pu, comme cet autre Français renié, Saint John Perse. Avec le recul, je trouve la magnanimité de De Gaulle vis-à-vis de ces gens excessive.
Il y avait, à n'en pas douter, de la jalousie du coté de Monnnet. Ce grenouilleur à l'ego surdimensionné savait qu'il n'avait pas le charisme de De Gaulle.
Monnet, lui, avait ce masochisme des élites françaises : tous les pays ont droit à leur nationalisme et à la défense farouche de leurs intérêts nationaux, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, tous sauf la France. Il faudra un jour faire la psychanalyse collective de cette haine des élites françaises pour leur pays.
L'idéal de Jean Monnet est beaucoup plus mondialiste qu'européiste. La dissolution des nations européennes n'est qu'une étape.
Son monde idéal est le gouvernement mondial d'une hyper-classe de quelques milliers, au grand maximum, d'individus qui, par le relais d'une super-classe de quelques centaines de milliers d'exécutants, règne sur des milliards de veaux manipulés. Monnet lui-même fait plus partie de la super-classe que de l'hyper-classe : il n'a jamais été dans les dirigeants de Wall Street, en revanche il en est parmi les plus fidèles exécutants [ajout de 2020 : c'est une positionassez comparable à celle de Christine Lagarde à la BCE].
Digression éclairante sur les méthodes de l'hyperclasse : la création de la réserve fédérale américaine, la Fed. Tout ce que je vais vous raconter est du domaine public, aucun secret. Pourtant, le public le connaît peu, faute de relais. Par exemple, l'article Wikipedia n'en parle pas. Il faut se référer à des gens marginaux, comme Ron Paul ou Murray Rothbard c'est-à-dire à des points de vue libéraux.
En 1910, les choses sont claires : il y a une majorité au Sénat pour considérer qu'une banque centrale est anti-démocratique et, donc, s'y opposer. Les dirigeants de Wall se réunissent secrètement (sous des noms d'emprunts) à Jekyll Island (nom prémonitoire). Ils veulent une banque centrale aux mains d'intérêts privés, exactement pour les mêmes raisons que les opposants : parce que c'est anti-démocratique, mais, pour eux, c'est une qualité. Et aussi, bien entendu, parce qu'ils comptent en tirer d'énormes profits.
Ils mettent au point une stratégie simple et efficace qu'ils appliqueront à la lettre. Ils font campagne (ils ont évidemment la grande majorité de la presse à leurs ordres) pour un système de réserve fédérale absolument inacceptable mais les discussions autour de ce projet acclimatent l'idée de banque centrale, puis, quand le fruit est mûr, ils proposent, en opposition à ce projet inacceptable, un projet plus « modéré », qui a toujours été leur véritable but et qui passe comme une lettre à la poste. Ces gens-là sont vicieux, mais personne n'a jamais dit qu'ils étaient bêtes.
D'ailleurs, ne viennent ils pas de nous refaire le coup de la comparaison avec Macron ? Après avoir agité Le Pen comme un épouvantail, Macron paraît acceptable en comparaison.
En 2017, cent ans après, la Fed est plus que jamais soumise à des intérêts privés et leur idéal d'un gouvernement mondial s'est rapproché. Je suis bien près de penser que la démocratie américaine est morte en 1913.
La création de la Fed résulte d'un complot dans le plein sens du terme mais c'est trompeur. En général, la convergence de gens qui pensent tous la même chose, ont tous les mêmes intérêts et sont très influents suffit, pas besoin de complot en bonne et due forme. C'est pourquoi ils sont difficiles à prendre en flagrant délit.
Je suis persuadé que le tropisme consistant à mettre tous nos maux sur le dos du libéralisme les sert, qu'ils l'encouragent par divers moyens : ils sont anti-libéraux, ils ne veulent surtout pas d'un véritable libéralisme, contraire à leur ambition de gouvernement mondial technocratique. Rien ne les dérange plus que des hommes à l'ancienne, enracinés, libres et responsables (et peut-être même économes, radins). Pour revenir à nos affaires françaises, les Zemmour, Polony et compagnie, au fond, les servent. L'habileté des maîtres du monde consiste à ne jamais être manichéens, à prendre à tous les râteliers pour faire passer leurs idées. Zemmour n'est pas mondialiste, dommage, mais s'il peut mettre à la mode l'idée que le libéralisme est l'ennemi, c'est déjà utile.
Lors du débat sur Communauté Européenne de Défense (dont certains articles ont été écrits directement par les Américains !) en 1952, Monnet méprise (comme tous les apatrides) ouvertement l'histoire, les cultures et les peuples. Il échoue.
La définition qu’en donne De Gaulle n’est pas mauvaise : « Un petit financier au service des Américains ». Je ne l’ai pas encore dit, mais j’espère que beaucoup d’entre vous l’ont deviné : il y a des parallèles évidents avec un autre M.
Rappelons que Monnet est de ceux qui ont travaillé à faire échouer le traité de l'Elysée, qui pouvait être le point de départ d'une Europe des nations. Monnet a été l'intermédiaire négociant l'ajout par le Bundestag d'un préambule atlantiste qui vidait le traité de sa substance. John Mc Cloy, le gauleiter américain en Allemagne, était un de ses anciens associés (toujours ce hasard qui fait si bien les choses. Vous avez compris : Monnet a fait partie de ce cercle de quelques centaines de personnes qui se partagent les postes importants, d'où la « coïncidence » qu'il trouve toujours bien placés des gens de sa connaissance. Ce n'est pas sans évoquer le clientélisme romain : dans l'empire romain, les postes n'étaient pas alloués par compétence, mais par clientélisme. Le patron, la tête de famille, plaçait ses obligés. Mais il ne pouvait pas promouvoir trop d'incompétents, sous peine de perdre sa crédibilité. Et il y avait un équilibre entre les familles).
Pour le traité de Rome, Monnet tire la leçon de son échec de la CED et avance masqué, il est sournois, retors, manipulateur. Il utilise un think tank et le réseautage. Il applique la première recommandation de Walter Lippman pour manipuler les peuples : toujours mettre un écran entre le public et la réalité. Tordre les mots, dissimuler ses objectifs, dévier le débat ... La fameuse « méthode Monnet » des « petits pas » n'est rien d'autre qu'une malhonnête politique du fait accompli méritant le mépris de tout démocrate conséquent. Dès sa création, « l'Europe » est anti-démocratique, ce n'est pas une malheureuse dérive, c'est la conséquence logique du choix supra-national par opposition aux accords inter-gouvernementaux.
La personnalité de Monnet est étrange, pour ne pas dire trouble. Ne se sentant ni français ni américain, ou les deux à la fois, il a, comme beaucoup de fous, mis toute son énergie à imposer sa folie, son anormalité, comme une nouvelle norme. Au lieu de se rapprocher des autres, il a essayé de rapprocher les autres de lui.
Le « père de l’Europe » (appellation grotesque. L'Europe n'a pas attendu M. Monnet pour exister) est peu ragoutant : toujours du bon côté du manche, toujours au service des puissants du jour et des puissances d’argent.
Je vais finir sur une note assez pessimiste. Quand on voit la persévérance de ces gens, dont le projet naît au XIXème siècle et qui ont bien conscience qu’ils vont devoir jouer sur plusieurs générations, on se dit que la démocratie a peu de chances de triompher. Aujourd’hui, le terrorisme musulman est le prétexte idéal pour l’étouffer un peu plus et pour concéder un peu plus de souveraineté à des organismes supra-nationaux non-élus et non-contrôlés ou à des technocrates.
Le plus grand danger pour ces gens, comme pour tous les idéologues, c’est la réalité. Mais ils savent dissimuler les réalités gênantes, dévier les mises en cause, empêcher les questions d'être posées clairement.
Jean Monnet me rend les soixante-huitards sympathiques : pas un soixante-huitard n'a fait autant de dégâts que Jean Monnet, et de très loin !
L'intérêt de ce livre est aussi d'être composé pour un tiers de notes. Il ouvre de nombreuses pistes et donne beaucoup de références.
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Une autre recension et deux articles connexes :
« Cet étrange Monsieur Monnet » par Bruno Riondel
Une autre contre vérité : les taux d’intérêt bas favorisent la croissance économique
Europe en crise cherche stratégie française
Derrière ces événements différents, l’échec d’Emmanuel Macron et la décision italienne, on voit se profiler la logique réelle de l’Union européenne. Cette dernière n’a actuellement pas d’autres buts, et pas d’autres fonctions, que d’imposer les conditions économiques voulues par l’Allemagne aux autres pays. Et ces conditions économiques aboutissent à mettre les Etats sous la tutelle des marchés financiers et des grands groupes économiques, une situation qui correspond parfaitement aux intérêts actuels de l’Allemagne. Cette politique a pour symbole et pour instrument l’Euro, dont il est évident qu’il fonctionne économiquement comme une subvention pour l’Allemagne et politiquement comme un instrument disciplinaire dans les mains de l’Allemagne faisant en sorte que ce dernier pays n’ait pas à payer le prix pour sa domination qui ruine les autres pays. Toute politique vis-à-vis de l’UE qui ignorerait ces réalités est condamnée à l’échec.
Emmanuel Macron entraîne tant l’économie de la France que la construction européenne dans une impasse du fait de sa politique actuelle de compromis avec l’Allemagne. Non que le compromis ne soit pas bon en lui-même, mais ce compromis ne peut être obtenu qu’une fois le conflit établi, et les marges d’action dans ce conflit clairement établies. En faisant du compromis un fétiche, une vache sacrée, il rend impossible la détermination et la définition des intérêts de la France et par conséquence la formation d’un réel compromis. Il ne laisse d’alternative qu’entre la capitulation la plus complète face à l’Allemagne et un sursaut désordonné, conduisant à un conflit d’autant plus inexpiable qu’il aurait été trop longtemps refoulé.
Cette folle affaire Villemin
Trente trois ans après, resurgit l’affaire Villemin.
Je n’en ai que de vagues souvenirs, des noms : le « petit Grégory », Jean-Marie et Christine Villemin, Bernard Laroche, Muriel Bolle, le « petit juge » Lambert, Jean-Michel Bezzina …
Je me suis renseigné sur internet, pour ce que ça vaut.
J’en tire le sentiment, comme Régis de Castelnau, que Jean-Marie et Christine Villemin méritent l’admiration. Ils ont reconstruit leur vie, fait et élevé trois enfants, après ce drame dont beaucoup ne se seraient pas remis. Je comprends que des personnalités aussi fortes aient pu déranger (mais de là à tuer un enfant …).
L’affaire paraît assez simple. Dans une famille pétrie de haines (on parle de coucheries, de bâtardise, d’échangisme), il semble que le cousin Laroche ait enlevé Grégory Villemin avec des complices, par jalousie. C’est du moins l’hypothèse la plus vraisemblable d’après ce que j’ai lu. On ne sait pas si la mort de l’enfant est accidentelle ou intentionnelle.
Si l’enquête n’a pas débouché sur une vérité juridique, c’est à cause de l’incompétence crasse du juge Lambert, de la passivité de sa hiérarchie, du manque de rigueur des gendarmes et de la police et de la dégueulasserie des journalistes. Sans cette déplorable conjonction, l’affaire aurait été réglée en deux semaines et on n’en parlerait plus.
Parmi les journalistes, deux se détachent comme ayant été particulièrement maléfiques, au sens le plus fort du mot. Jean-Michel Bezzina, multicarte de RTL, du Figaro, de France-Soir (c’est pourquoi je me souviens de son nom), cet olibrius a décidé en son for intérieur (avec quelle légitimité ? Un mandat du ciel ?) que Christine Villemin était coupable et a mené une campagne médiatique en ce sens. Jean Ker, de Paris-Match, a pris le parti des Villemin et a poussé Jean-Marie Villemin à tuer Bernard Laroche, en lui faisant écouter la bande de l’audition de Muriel Bolle (comment se l’est-il procurée ?). Inutile d’épiloguer sur le fait qu'ils sont très très loin de la moindre éthique. Ou alors une éthique étique !
Il y a aussi l’inénarrable Marguerite Duras, qui a décidé que son intuition féminine et artistique lui disait que Christine Villemin était coupable et qui l’a écrit. Il faut dire cette abrutie avait décrété que les Villemin étaient de droite et Laroche de gauche. Tout en finesse : le camp du Bien, le camp du Mal … Evidemment, de telles considérations font avancer la justice à pas de géant. Ces guignols, il faut les enfermer dans leurs réserves à rupins de Saint Germain des Près et les empêcher de venir emmerder les gens qui vivent dans la vraie vie.
Avons nous tiré les leçons de cette sinistre affaire ?
Hélas, je ne crois pas.
Il y a eu l’affaire d’Outreau, avec le même aspect sordide des journalistes parisiens qui vont au zoo en province.
On considère toujours la justice comme infaillible (voir avec quelle célérité la moindre mise en examen d’un politicien entraine sa démission).
Seul progrès : le discrédit des journalistes atteint des profondeurs abyssales, style fosse des Mariannes.
Je n’en ai que de vagues souvenirs, des noms : le « petit Grégory », Jean-Marie et Christine Villemin, Bernard Laroche, Muriel Bolle, le « petit juge » Lambert, Jean-Michel Bezzina …
Je me suis renseigné sur internet, pour ce que ça vaut.
J’en tire le sentiment, comme Régis de Castelnau, que Jean-Marie et Christine Villemin méritent l’admiration. Ils ont reconstruit leur vie, fait et élevé trois enfants, après ce drame dont beaucoup ne se seraient pas remis. Je comprends que des personnalités aussi fortes aient pu déranger (mais de là à tuer un enfant …).
L’affaire paraît assez simple. Dans une famille pétrie de haines (on parle de coucheries, de bâtardise, d’échangisme), il semble que le cousin Laroche ait enlevé Grégory Villemin avec des complices, par jalousie. C’est du moins l’hypothèse la plus vraisemblable d’après ce que j’ai lu. On ne sait pas si la mort de l’enfant est accidentelle ou intentionnelle.
Si l’enquête n’a pas débouché sur une vérité juridique, c’est à cause de l’incompétence crasse du juge Lambert, de la passivité de sa hiérarchie, du manque de rigueur des gendarmes et de la police et de la dégueulasserie des journalistes. Sans cette déplorable conjonction, l’affaire aurait été réglée en deux semaines et on n’en parlerait plus.
Parmi les journalistes, deux se détachent comme ayant été particulièrement maléfiques, au sens le plus fort du mot. Jean-Michel Bezzina, multicarte de RTL, du Figaro, de France-Soir (c’est pourquoi je me souviens de son nom), cet olibrius a décidé en son for intérieur (avec quelle légitimité ? Un mandat du ciel ?) que Christine Villemin était coupable et a mené une campagne médiatique en ce sens. Jean Ker, de Paris-Match, a pris le parti des Villemin et a poussé Jean-Marie Villemin à tuer Bernard Laroche, en lui faisant écouter la bande de l’audition de Muriel Bolle (comment se l’est-il procurée ?). Inutile d’épiloguer sur le fait qu'ils sont très très loin de la moindre éthique. Ou alors une éthique étique !
Il y a aussi l’inénarrable Marguerite Duras, qui a décidé que son intuition féminine et artistique lui disait que Christine Villemin était coupable et qui l’a écrit. Il faut dire cette abrutie avait décrété que les Villemin étaient de droite et Laroche de gauche. Tout en finesse : le camp du Bien, le camp du Mal … Evidemment, de telles considérations font avancer la justice à pas de géant. Ces guignols, il faut les enfermer dans leurs réserves à rupins de Saint Germain des Près et les empêcher de venir emmerder les gens qui vivent dans la vraie vie.
Avons nous tiré les leçons de cette sinistre affaire ?
Hélas, je ne crois pas.
Il y a eu l’affaire d’Outreau, avec le même aspect sordide des journalistes parisiens qui vont au zoo en province.
On considère toujours la justice comme infaillible (voir avec quelle célérité la moindre mise en examen d’un politicien entraine sa démission).
Seul progrès : le discrédit des journalistes atteint des profondeurs abyssales, style fosse des Mariannes.
dimanche, juin 25, 2017
SOS famille politique en vrac : pourquoi la droite française aurait beaucoup à gagner à redécouvrir Benjamin Disraeli pour se reconstruire
SOS famille politique en vrac : pourquoi la droite française aurait beaucoup à gagner à redécouvrir Benjamin Disraeli pour se reconstruire
Edouard Husson
En 1845, un député britannique de 40 ans, Benjamin Disraeli publie un roman intitulé "Sybil ou les deux nations". L'auteur a déjà publié plusieurs oeuvres de fictions et il écrira des romans jusqu'à la fin de son existence, même après avoir occupé le poste de Premier ministre. "Sybil" est pourtant le roman le plus connu de Disraeli, et sans doute celui qui continue à être lu aujourd'hui. Depuis la fin des années 1830, les rapports, parlementaires ou gouvernementaux, consacrés au sort de la classe ouvrière dans l'Angleterre industrielle s'étaient multipliés.
C'est de ces rapports que Marx et Engels font le point de départ de leur oeuvre. Mais qui se souvient qu'un homme politique conservateur britannique tira des conclusions opposées à partir du même constat? Oui, le sort des ouvriers britanniques était terrible ; et bien, face à l'indifférence du parti libéral (whig), le parti conservateur (tory) devait prendre à son compte les revendications ouvrières, lutter pour l'élargissement du suffrage, faire aboutir une protection sociale, en un mot, faire cesser la coexistence de "deux nations", dont l'hostilité réciproque croissante détruirait le pays, si rien n'était fait.
Quelle leçon! Là où Marx et Engels appelaient de leurs voeux l'accroissement de la fracture et de la lutte entre les "deux nations" dont parlent Disraeli, ce dernier, fidèle à vingt-cinq siècles de philosophie politique occidentale pariait sur la capacité de l'action politique à surmonter les cassures sociales et préserver la paix civile. L'oeuvre politique de Disraeli est contenue tout entière dans l'intuition des années 1840. Toute sa carrière, il lutta pour préserver le pragmatisme de la politique commerciale (contre le libre-échangisme idéologique des whigs, auquel s'étaient rallié une partie des conservateurs): Disraeli n'est pas idéologiquement protectionniste car il sait combien les taxes sur le blé importé peut renchérir le prix de l'alimentation pour les ouvriers mais il ne veut pas pour autant sacrifier les intérêts des producteurs britanniques. Après un bref premier séjour à Downing Street, en 1868; Disraeli n'exerça en fait qu'un seul long mandat de Premier ministre (entre 1874 et 1880); le bilan législatif de cette période n'en est que plus impressionnant: élargissement de la scolarisation; règlementation sur la vente d'alimentation; loi sur la santé; mise en place d'un système de crédit permettant aux ouvriers d'accéder à la popriété etc....Un contemporain résume la situation en ces termes: "Le parti conservateur a plus fait pour le monde ouvrier en cinq ans que les libéraux en cinquante ans".
Disraeli est entré dans l'histoire comme le fondateur d'un parti conservateur moderne. Et l'on peut dire sans crainte de se tromper que son influence sur ce parti a perduré jusqu'aux années Thatcher. On peut même se demander, à voir les Tories assumer depuis un an le Brexit, si les années 1979-2016, marquées par le ralliement du parti conservateur à des idées ultralibérales, n'auront pas été une parenthèse. En tout cas, si elle veut conserver le pouvoir, Theresa May, confrontée à un parti travailliste puissant, devra aller au bout de la sortie du thatcherisme en redécouvrant cette "autre nation", celle des perdants de la mondialisation. Benjamin Disraeli lui montre la voie à suivre.
A vrai dire, la leçon de l'expérience Disraeli peut être étendue à l'ensemble du monde occidental qui, actuellement, est à la fois dominé par le néo-libéralisme mais cherche par tous les moyens à en sortir. Identifions quelques axes forts de la philosophie et de l'action politique de Benjamin Disraeli et demandons-nous quelles leçons pourrait en tirer la droite française, à la recherche d'une potion magique pour vaincre Macron.
1. Remettre la question de la souveraineté au premier plan: alors que bien des écrivains libéraux de son temps ne pensaient qu'en termes d'équilibre des pouvoirs ou d'ouverture des frontières, Disraeli insiste sur le côté corrosif pour la souveraineté britannique de la coexistence de "deux nations". Dans le cadre monarchique, Disraeli développe la notion d'une souveraineté renforcée au service du peuple. Mais son raisonnement est tout à fait transposable à un Etat républicain: tous méritent d'être intégrés dans une seule nation réconciliée; pour cela il faut néanmoins un Etat fort, non pas pléthorique, mais dont les représentants sont sûrs des prérogatives qu'ils peuvent exercer.
2. Disraeli ne prend pas prétexte des "deux nations" pour refuser la révolution industrielle. Au contraire, il en encourage la poursuite; il fait partie de ces conservateurs lucides qui, dans toute l'Europe, à côté de chrétiens-démocrates ou de socialistes réformistes, ont permis, depuis cent-cinquante ans, la poursuite de l'industrialisation du monde dans des cadres plus équilibrés. Il est très important d'avoir en tête ce "oui au progrès et à l'innovation!" de Disraeli car trop souvent ceux qui, en France, se réclament d'un projet conservateur, se méfient de la nouvelle révolution industrielle en cours, celle qui s'appuie plus particulièrement sur la révolution numérique. Or, il n'y a pas de doute, sortir notre pays de la crise consistera en un immense effort d'investissement dans l'éducation aux compétences de l'ère digitale et dans la troisième révolution industielle.
3. Pour Disraeli, la fonction première du pouvoir politique est la protection. Le devoir premier des classes dirigeantes consiste à protéger l'ensemble de la société. D'où l'immense oeuvre législative du Premier ministre, dans les années 1870. D'où aussi sa lutte sans concessions, dans les années 1850 et 1860, contre tous ceux, au sein de son propre parti, adhéraient sans recul critique au "laissez-faire" et au libre-échangisme systématique des libéraux. Le combat pour la refondation de la droite, aujourd'hui, passe par la mise en question du dogmatisme concernant l'Europe et la mondialisation. Non pas qu'uil faille tout jeter par dessus bord - Disraeli n'a jamais été partisan d'un protectionnisme sans nuances - mais il s'agit de revenir au principe de réalité.
4. En politique étrangère, la Chambre des Communes, a souvent retenti, dans les années 1860 à 1880, de l'affrontement entre Disraeli et Gladstone, figure la plus imposante du parti libéral, et le seul à pouvoir disputer à Disraeli le 10 Downing Street. Gladstone était l'ancêtre du droit d'ingérence et du renversement des pouvoirs en place au nom des principes libéraux. Il se serait reconnu dans le soutien de Tony Blair à la guerre d'Irak de 2003 ou dans celui de David Cameron au renversement de la dictature libyenne en 2011. Disraeli, lui, aurait profondément rejeté de tels comportements. Il n'était pas moins profondément attaché aux libertés que son adversaire politique Gladstone; mais il pensait qu'il y avait plus à perdre à la destruction des cadres existants. Ainsi, en 1878, au Congrès de Berlin, obligea-t-il la Russie à modérer son envie de dépecer l'Empire ottoman. Pour Disraeli, on ne mène pas de bonne politique étrangère avec des bons sentiments. Le filon "réaliste" auquel il se rattache est à redécouvrir dans un monde où la Russie, l'Iran,la Chine et l'Inde sont désormais en mesure de réorganiser l'Asie Centrale et donc de modifier les grands équilibres du monde.
5. Tout au long de sa carrière politique, Benjamin Disraeli a insisté sur l'importance de la transmission d'une génération à l'autre, d'un héritage et d'un socle de valeurs. Alors que l'historiographie dominante de son époque exaltait les révolutions anglaises du XVIIè siècle, Disraeli afffirmait que les continuités l'emportaient sur les ruptures dans l'histoire britannique. Pour lui, le passé commun partagé était un ingrédient essentiel de la réconciliation des "deux nations".
6. Homme du couronnement de la reine Victoria comme "impératrice des Indes"; du rachat de parts dans la société du Canal de Suez, Disraeli a beaucoup fait pour l'émergence d'un Commonwealth élargi et d'un empire britannique à) l'échelle du globe. La France n'a-t-elle pas, dans le monde actuel, un atout considérable: une francophonie en pleine exansion?
Voilà donc quelques points de repère pris à l'oeuvre et à l'action de Benjamin Disraeli: retour à l'affirmation d'une souveraineté logée d'abord dans l'Etat national, investissements massifs dans la troisième révolution industrielle (y compris dans l'éducation appropriée aux métiers de l'ère numérique), pragmatisme commercial, refus de l'ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats et poursuite d'un équilibre mondial, préservation et transmission d'un héritage national, politique active de la francophonie: tels sont certaines des leçons que la droite française pourrait tirer de l'expérience Disraeli.
L'enjeu est énorme; comme en Grande-Bretagne dans les années 1840/1860, le pays est profondément clivé socialement; on parle d'une "France d'en haut" et d'une "France périphérique". S'inspirer de Disraeli c'est prendre les moyens de mettre fin à la coupure de la France en "deux nations". Cela ne passe pas seulement par la réaffirmation de soi et d'une identité. mais aussi par un esprit offensif pour affirmer la place du pays dans tous les secteurs d'activité, un pays capable de surmonter ses clivages sociaux ou culturels, mais en faisant face aux grands enjeux de modernisation.
Edouard Husson
En 1845, un député britannique de 40 ans, Benjamin Disraeli publie un roman intitulé "Sybil ou les deux nations". L'auteur a déjà publié plusieurs oeuvres de fictions et il écrira des romans jusqu'à la fin de son existence, même après avoir occupé le poste de Premier ministre. "Sybil" est pourtant le roman le plus connu de Disraeli, et sans doute celui qui continue à être lu aujourd'hui. Depuis la fin des années 1830, les rapports, parlementaires ou gouvernementaux, consacrés au sort de la classe ouvrière dans l'Angleterre industrielle s'étaient multipliés.
C'est de ces rapports que Marx et Engels font le point de départ de leur oeuvre. Mais qui se souvient qu'un homme politique conservateur britannique tira des conclusions opposées à partir du même constat? Oui, le sort des ouvriers britanniques était terrible ; et bien, face à l'indifférence du parti libéral (whig), le parti conservateur (tory) devait prendre à son compte les revendications ouvrières, lutter pour l'élargissement du suffrage, faire aboutir une protection sociale, en un mot, faire cesser la coexistence de "deux nations", dont l'hostilité réciproque croissante détruirait le pays, si rien n'était fait.
Quelle leçon! Là où Marx et Engels appelaient de leurs voeux l'accroissement de la fracture et de la lutte entre les "deux nations" dont parlent Disraeli, ce dernier, fidèle à vingt-cinq siècles de philosophie politique occidentale pariait sur la capacité de l'action politique à surmonter les cassures sociales et préserver la paix civile. L'oeuvre politique de Disraeli est contenue tout entière dans l'intuition des années 1840. Toute sa carrière, il lutta pour préserver le pragmatisme de la politique commerciale (contre le libre-échangisme idéologique des whigs, auquel s'étaient rallié une partie des conservateurs): Disraeli n'est pas idéologiquement protectionniste car il sait combien les taxes sur le blé importé peut renchérir le prix de l'alimentation pour les ouvriers mais il ne veut pas pour autant sacrifier les intérêts des producteurs britanniques. Après un bref premier séjour à Downing Street, en 1868; Disraeli n'exerça en fait qu'un seul long mandat de Premier ministre (entre 1874 et 1880); le bilan législatif de cette période n'en est que plus impressionnant: élargissement de la scolarisation; règlementation sur la vente d'alimentation; loi sur la santé; mise en place d'un système de crédit permettant aux ouvriers d'accéder à la popriété etc....Un contemporain résume la situation en ces termes: "Le parti conservateur a plus fait pour le monde ouvrier en cinq ans que les libéraux en cinquante ans".
Disraeli est entré dans l'histoire comme le fondateur d'un parti conservateur moderne. Et l'on peut dire sans crainte de se tromper que son influence sur ce parti a perduré jusqu'aux années Thatcher. On peut même se demander, à voir les Tories assumer depuis un an le Brexit, si les années 1979-2016, marquées par le ralliement du parti conservateur à des idées ultralibérales, n'auront pas été une parenthèse. En tout cas, si elle veut conserver le pouvoir, Theresa May, confrontée à un parti travailliste puissant, devra aller au bout de la sortie du thatcherisme en redécouvrant cette "autre nation", celle des perdants de la mondialisation. Benjamin Disraeli lui montre la voie à suivre.
A vrai dire, la leçon de l'expérience Disraeli peut être étendue à l'ensemble du monde occidental qui, actuellement, est à la fois dominé par le néo-libéralisme mais cherche par tous les moyens à en sortir. Identifions quelques axes forts de la philosophie et de l'action politique de Benjamin Disraeli et demandons-nous quelles leçons pourrait en tirer la droite française, à la recherche d'une potion magique pour vaincre Macron.
1. Remettre la question de la souveraineté au premier plan: alors que bien des écrivains libéraux de son temps ne pensaient qu'en termes d'équilibre des pouvoirs ou d'ouverture des frontières, Disraeli insiste sur le côté corrosif pour la souveraineté britannique de la coexistence de "deux nations". Dans le cadre monarchique, Disraeli développe la notion d'une souveraineté renforcée au service du peuple. Mais son raisonnement est tout à fait transposable à un Etat républicain: tous méritent d'être intégrés dans une seule nation réconciliée; pour cela il faut néanmoins un Etat fort, non pas pléthorique, mais dont les représentants sont sûrs des prérogatives qu'ils peuvent exercer.
2. Disraeli ne prend pas prétexte des "deux nations" pour refuser la révolution industrielle. Au contraire, il en encourage la poursuite; il fait partie de ces conservateurs lucides qui, dans toute l'Europe, à côté de chrétiens-démocrates ou de socialistes réformistes, ont permis, depuis cent-cinquante ans, la poursuite de l'industrialisation du monde dans des cadres plus équilibrés. Il est très important d'avoir en tête ce "oui au progrès et à l'innovation!" de Disraeli car trop souvent ceux qui, en France, se réclament d'un projet conservateur, se méfient de la nouvelle révolution industrielle en cours, celle qui s'appuie plus particulièrement sur la révolution numérique. Or, il n'y a pas de doute, sortir notre pays de la crise consistera en un immense effort d'investissement dans l'éducation aux compétences de l'ère digitale et dans la troisième révolution industielle.
3. Pour Disraeli, la fonction première du pouvoir politique est la protection. Le devoir premier des classes dirigeantes consiste à protéger l'ensemble de la société. D'où l'immense oeuvre législative du Premier ministre, dans les années 1870. D'où aussi sa lutte sans concessions, dans les années 1850 et 1860, contre tous ceux, au sein de son propre parti, adhéraient sans recul critique au "laissez-faire" et au libre-échangisme systématique des libéraux. Le combat pour la refondation de la droite, aujourd'hui, passe par la mise en question du dogmatisme concernant l'Europe et la mondialisation. Non pas qu'uil faille tout jeter par dessus bord - Disraeli n'a jamais été partisan d'un protectionnisme sans nuances - mais il s'agit de revenir au principe de réalité.
4. En politique étrangère, la Chambre des Communes, a souvent retenti, dans les années 1860 à 1880, de l'affrontement entre Disraeli et Gladstone, figure la plus imposante du parti libéral, et le seul à pouvoir disputer à Disraeli le 10 Downing Street. Gladstone était l'ancêtre du droit d'ingérence et du renversement des pouvoirs en place au nom des principes libéraux. Il se serait reconnu dans le soutien de Tony Blair à la guerre d'Irak de 2003 ou dans celui de David Cameron au renversement de la dictature libyenne en 2011. Disraeli, lui, aurait profondément rejeté de tels comportements. Il n'était pas moins profondément attaché aux libertés que son adversaire politique Gladstone; mais il pensait qu'il y avait plus à perdre à la destruction des cadres existants. Ainsi, en 1878, au Congrès de Berlin, obligea-t-il la Russie à modérer son envie de dépecer l'Empire ottoman. Pour Disraeli, on ne mène pas de bonne politique étrangère avec des bons sentiments. Le filon "réaliste" auquel il se rattache est à redécouvrir dans un monde où la Russie, l'Iran,la Chine et l'Inde sont désormais en mesure de réorganiser l'Asie Centrale et donc de modifier les grands équilibres du monde.
5. Tout au long de sa carrière politique, Benjamin Disraeli a insisté sur l'importance de la transmission d'une génération à l'autre, d'un héritage et d'un socle de valeurs. Alors que l'historiographie dominante de son époque exaltait les révolutions anglaises du XVIIè siècle, Disraeli afffirmait que les continuités l'emportaient sur les ruptures dans l'histoire britannique. Pour lui, le passé commun partagé était un ingrédient essentiel de la réconciliation des "deux nations".
6. Homme du couronnement de la reine Victoria comme "impératrice des Indes"; du rachat de parts dans la société du Canal de Suez, Disraeli a beaucoup fait pour l'émergence d'un Commonwealth élargi et d'un empire britannique à) l'échelle du globe. La France n'a-t-elle pas, dans le monde actuel, un atout considérable: une francophonie en pleine exansion?
Voilà donc quelques points de repère pris à l'oeuvre et à l'action de Benjamin Disraeli: retour à l'affirmation d'une souveraineté logée d'abord dans l'Etat national, investissements massifs dans la troisième révolution industrielle (y compris dans l'éducation appropriée aux métiers de l'ère numérique), pragmatisme commercial, refus de l'ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats et poursuite d'un équilibre mondial, préservation et transmission d'un héritage national, politique active de la francophonie: tels sont certaines des leçons que la droite française pourrait tirer de l'expérience Disraeli.
L'enjeu est énorme; comme en Grande-Bretagne dans les années 1840/1860, le pays est profondément clivé socialement; on parle d'une "France d'en haut" et d'une "France périphérique". S'inspirer de Disraeli c'est prendre les moyens de mettre fin à la coupure de la France en "deux nations". Cela ne passe pas seulement par la réaffirmation de soi et d'une identité. mais aussi par un esprit offensif pour affirmer la place du pays dans tous les secteurs d'activité, un pays capable de surmonter ses clivages sociaux ou culturels, mais en faisant face aux grands enjeux de modernisation.
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