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vendredi, décembre 17, 2004
Affligeante monarchie républicaine
Chirac marche dans les mauvais pas de Mitterrand.
Il est un autre débat que l'adhésion de la Turquie qui risque de disparaître avant même d'avoir été ouvert, c'est celui de la procédure par laquelle la France s'est prononcée sur le sujet. Certes, le président de la République vient d'affirmer solennellement que les Français seront, le moment venu, consultés par référendum. Mais ne sera-t-il pas alors trop tard ?
Si l'on a bien compris le propos du chef de l'Etat, le vote populaire interviendra à l'issue des longues négociations d'adhésion. Dès lors, de deux choses l'une, soit ces négociations échouent en cours de route et il sera inutile de consulter le peuple, soit elles aboutissent et il deviendra quasiment impossible de les désavouer, sauf à infliger à la nation turque un camouflet lourd de rancoeurs et porteur de graves retournements stratégiques.
La décision majeure n'est donc pas celle que prendra le peuple français dans dix, quinze ou vingt ans, c'est celle que le président Chirac a annoncée mercredi soir à la télévision. Or cette décision de proposer une adhésion pleine et entière à la Turquie a été prise par un homme seul. Il est vrai que cet homme n'est pas le premier venu mais le président de la République et que l'article 52 de la Constitution lui confère le pouvoir de négocier et de ratifier les traités. Mais sommes-nous seulement ici dans une procédure juridique dont on se satisferait qu'elle soit conforme au droit constitutionnel ? A l'évidence, non. Il s'agit de l'une de ces décisions politiques telles qu'il en existe quelques-unes par décennie et qui, dans une démocratie, doivent être précédées, et non pas suivies, par le débat le plus approfondi et le plus transparent possible.
En l'occurrence, la décision a été annoncée à la veille du Conseil européen qui va arrêter la position de l'Union sur le sujet, c'est-à-dire à une date où plus aucune discussion n'est possible.
Elle est annoncée sans que le Parlement ni les partis politiques aient été sérieusement consultés, sans même que le pouvoir exécutif se soit expliqué sur les motifs de ses divergences en son propre sein puisque l'on croit savoir que le Premier ministre est sur ce point d'un avis différent de celui du président. Bref, nous sommes dans la monarchie républicaine en ce qu'elle a de plus caricatural et, disons-le clairement, de plus contestable.
Quoi que l'on pense sur le fond de la question turque, la procédure par laquelle la France l'aborde n'est pas le meilleur de l'exception française. Goethe se réjouissait que la Révolution française exporte les Lumières dans toute l'Europe monarchique. Il plaiderait sans doute aujourd'hui pour qu'elles reviennent à Paris.
Il est un autre débat que l'adhésion de la Turquie qui risque de disparaître avant même d'avoir été ouvert, c'est celui de la procédure par laquelle la France s'est prononcée sur le sujet. Certes, le président de la République vient d'affirmer solennellement que les Français seront, le moment venu, consultés par référendum. Mais ne sera-t-il pas alors trop tard ?
Si l'on a bien compris le propos du chef de l'Etat, le vote populaire interviendra à l'issue des longues négociations d'adhésion. Dès lors, de deux choses l'une, soit ces négociations échouent en cours de route et il sera inutile de consulter le peuple, soit elles aboutissent et il deviendra quasiment impossible de les désavouer, sauf à infliger à la nation turque un camouflet lourd de rancoeurs et porteur de graves retournements stratégiques.
La décision majeure n'est donc pas celle que prendra le peuple français dans dix, quinze ou vingt ans, c'est celle que le président Chirac a annoncée mercredi soir à la télévision. Or cette décision de proposer une adhésion pleine et entière à la Turquie a été prise par un homme seul. Il est vrai que cet homme n'est pas le premier venu mais le président de la République et que l'article 52 de la Constitution lui confère le pouvoir de négocier et de ratifier les traités. Mais sommes-nous seulement ici dans une procédure juridique dont on se satisferait qu'elle soit conforme au droit constitutionnel ? A l'évidence, non. Il s'agit de l'une de ces décisions politiques telles qu'il en existe quelques-unes par décennie et qui, dans une démocratie, doivent être précédées, et non pas suivies, par le débat le plus approfondi et le plus transparent possible.
En l'occurrence, la décision a été annoncée à la veille du Conseil européen qui va arrêter la position de l'Union sur le sujet, c'est-à-dire à une date où plus aucune discussion n'est possible.
Elle est annoncée sans que le Parlement ni les partis politiques aient été sérieusement consultés, sans même que le pouvoir exécutif se soit expliqué sur les motifs de ses divergences en son propre sein puisque l'on croit savoir que le Premier ministre est sur ce point d'un avis différent de celui du président. Bref, nous sommes dans la monarchie républicaine en ce qu'elle a de plus caricatural et, disons-le clairement, de plus contestable.
Quoi que l'on pense sur le fond de la question turque, la procédure par laquelle la France l'aborde n'est pas le meilleur de l'exception française. Goethe se réjouissait que la Révolution française exporte les Lumières dans toute l'Europe monarchique. Il plaiderait sans doute aujourd'hui pour qu'elles reviennent à Paris.
Forgeron Forgeard
D'après Les Echos, il semblerait que Noël Forgeard ait gagné, qu'il devienne le nouveau co-président français d'EADS et que Philippe Camus aille à Lagardère Medias.
Cette arrivé se fait dans des conditions lamentables et il n'est pas sûr que le calamiteux projet mégalomaniaque de fusion avec Thales soit enterré. Hélas, vu les considérations tout à fait extérieures au bon sens industriel qui ont prévalu jusqu'à maintenant, il n'est pas sûr que cette idée qui essaie de se déguiser avec de beaux atours ait fini ses ravages.
De plus, le nouveau poste de Philippe Camus signifie que Lagardère se retirera dans quelques années, laissant l'Etat principal actionnaire français. Quand on voit comment il a fait fi de l'intérêt de l'entreprise au profit de manoeuvres de coteries, on ne peut qu'être inquiet.
Les qualités de gestionnaire d'entreprises de l'Etat sont bien connues : Crédit Lyonnais, Bull, SNCF, Air France, EDF etc ...
Souhaitons que M. Forgeard se mette rapidement au travail et notre Etat aux poches vides vende rapidement sa participation dans EADS.
Cette arrivé se fait dans des conditions lamentables et il n'est pas sûr que le calamiteux projet mégalomaniaque de fusion avec Thales soit enterré. Hélas, vu les considérations tout à fait extérieures au bon sens industriel qui ont prévalu jusqu'à maintenant, il n'est pas sûr que cette idée qui essaie de se déguiser avec de beaux atours ait fini ses ravages.
De plus, le nouveau poste de Philippe Camus signifie que Lagardère se retirera dans quelques années, laissant l'Etat principal actionnaire français. Quand on voit comment il a fait fi de l'intérêt de l'entreprise au profit de manoeuvres de coteries, on ne peut qu'être inquiet.
Les qualités de gestionnaire d'entreprises de l'Etat sont bien connues : Crédit Lyonnais, Bull, SNCF, Air France, EDF etc ...
Souhaitons que M. Forgeard se mette rapidement au travail et notre Etat aux poches vides vende rapidement sa participation dans EADS.
jeudi, décembre 16, 2004
Bouclier anti-missile : caramba, encore raté !
Nouvel échec de tir d'un missile anti-missile américain, 3 échecs sur 8 tirs, pourtant dans des conditions maitrisées très loin des conditions opérationnelles. La fiabilité officellement envisagée d'une non-interception sur 10 000 tirs n'est pas en vue, ça n'a rien d'étonnant :
- intercepter un fusée en phase ascendante suppose un missile plus gros que la cible afin d'avoir une accélération assez forte pour la rattraper
- intercepter des têtes nuclaires en phase de ré-entrée, rendues manoeuvrantes à peu de frais (récentes annonces russes sur le sujet), au milieu des leurres bon marché, et pendant des manoeuvres erratiques, relèvent en l'état actuel de la technique de la science-fiction
En fait, la défense anti-missile comprend plusieurs non-dits intéressants :
- la défense dite de théâtre qu'il est possible d'envisager aujourd'hui, à laquelle travaillent Européens et Américains ne peut être totalement étanche.
Du point de vue américain, elle est plus offensive que défensive : elle permet de diminuer les risques de représailles d'une offensive contre un pays comme, disons, l'Iran ou la Chine.
En effet, on peut imaginer qu'elle soit assez efficace contre les fusées qui resteraient après une première frappe américaine, pas pour arrêter des tirs en salve de but en blanc.
On peut quand même noter un problème : les TEL, les transports erecteurs de missiles, inspirés des remorques de V2 allemands, qui équipent tous les missiles de type Scud sont très fugaces.
Pas plus les Alliés pendant la 2ème guerre mondiale que la coalition pendant la guerre du Golfe n'ont pu en détruire avant qu'ils tirent. Ce qui veut dire qu'après une offensive aérienne américaine, ils pourraient rester suffisamment de fusées pour saturer une défense anti-missile.
- le seul armement anti-missile ayant une fiabilité suffisante serait basé dans l'espace. Cette militarisation de l'espace ne peut être annoncée trop brutalement, les échecs de missiles terrestres préparent le terrain.
- l'enjeu est autant industriel que militaire : financer une avancée technique américaine qui rendrait tous les systèmes sol-air étrangers ringards et arriérés.
- intercepter un fusée en phase ascendante suppose un missile plus gros que la cible afin d'avoir une accélération assez forte pour la rattraper
- intercepter des têtes nuclaires en phase de ré-entrée, rendues manoeuvrantes à peu de frais (récentes annonces russes sur le sujet), au milieu des leurres bon marché, et pendant des manoeuvres erratiques, relèvent en l'état actuel de la technique de la science-fiction
En fait, la défense anti-missile comprend plusieurs non-dits intéressants :
- la défense dite de théâtre qu'il est possible d'envisager aujourd'hui, à laquelle travaillent Européens et Américains ne peut être totalement étanche.
Du point de vue américain, elle est plus offensive que défensive : elle permet de diminuer les risques de représailles d'une offensive contre un pays comme, disons, l'Iran ou la Chine.
En effet, on peut imaginer qu'elle soit assez efficace contre les fusées qui resteraient après une première frappe américaine, pas pour arrêter des tirs en salve de but en blanc.
On peut quand même noter un problème : les TEL, les transports erecteurs de missiles, inspirés des remorques de V2 allemands, qui équipent tous les missiles de type Scud sont très fugaces.
Pas plus les Alliés pendant la 2ème guerre mondiale que la coalition pendant la guerre du Golfe n'ont pu en détruire avant qu'ils tirent. Ce qui veut dire qu'après une offensive aérienne américaine, ils pourraient rester suffisamment de fusées pour saturer une défense anti-missile.
- le seul armement anti-missile ayant une fiabilité suffisante serait basé dans l'espace. Cette militarisation de l'espace ne peut être annoncée trop brutalement, les échecs de missiles terrestres préparent le terrain.
- l'enjeu est autant industriel que militaire : financer une avancée technique américaine qui rendrait tous les systèmes sol-air étrangers ringards et arriérés.
Un lien utile :TomDispatch
Un lien bien utile, "antidote of the mainstream media", des articles de grande qualité hors des sentiers battus, notamment des analyses remarquables de la victoire de Bush
Lien : TomDispatch
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Le combat de coqs à la tête d'EADS
Au mépris de toute éthique, en utilisant les pires techniques, la rumeur, la calomnie, avec le concours d'une agence de pub, Noël Forgeard, président d'Airbus et accessoirement proche de Jacques Chirac, essaye de déboulonner Philippe Camus, co-président d'EADS, donc son propre patron, avec l'appui de drigeants français, en premier, l'impayable Jacques C. Il espérait au passage devenir le patron unique, c'est-à-dire se débarrasser des Allemands.
Le combat est d'une telle violence que la crédibilité d'EADS s'en trouve durablement affectée. Les Allemands, actionnaires à part égale avec les Français, sont intervenus pour signifier que cet affrontement d'ambitions était irresponsable vis-à-vis de la société.
Un très gros appel d'offre pour les ravitaillements en vol de l'armée américaine est en cours d'élaboration. EADS tente à toute force de faire oublier ses racines européennes pour remporter ce qui serait une victoire majeure, cruciale pour son avenir. Cette querelle arrive donc au plus mauvais moment. Un responsable de Boeing aurait déclaré qu'il ne pouvait rêver mieux.
Seule certitude, dans le meilleur des cas, Noël Forgeard devra partager le pouvoir avec Thomas Enders, nommé par les Allemands, et n'obtiendra pas la présidence unique convoitée. Etait-il nécessaire de déclencher un conflit jamais vu dans une entreprise de cette taille pour en arriver là ?
A court terme, on ne peut qu'être inquiet si Noël Forgeard prend la tête conjointe d'EADS : comment faire confiance à un dirigeant qui fait passer à ce point l'ambition personnelle et les rivalités de clans au-dessus des intérêts de l'entreprise ? Que ne fera-t-il pas pour récompenser ceux qui l'ont aidé ?
Ca fait de la peine de voir une belle société comme EADS minée par des problèmes qui ne volent pas bien haut.
A plus long terme, si il s'avère que la présence de l'Etat français dans l'actionnariat d'une société est susceptible de tant perturber son fonctionnement (aujourd'hui, tout repose sur les épaules d'Arnaud Lagardère : si il décide de garder Philippe Camus à sa place actuelle -ce n'est pas ce que dit la rumeur-, on pourra encore croire qu'EADS est presque une entreprise comme les autres), les consolidations de l'industrie de défense européenne seront durablement retardées.
Il se peut même que le scénario catastrophe, qui n'a jamais vraiment quitté les esprits des gens avertis, prenne le relais : le rachat progressif ou l'abaissement à la position de sous-traitant de toute l'industrie de défense européenne par les grands groupes américains.
Tout cela parce qu'un polytechnicien bien vu par quelques politocards rêve de devenir calife à la place du calife, ça serait bien dommage.
L'ambition de fusionner l'industrie de défense européenne va de pair avec une ambition de défense européenne. Or, c'est un objectif noble et légitime, porté de façon remarquable, chacun à leur manière, par EADS et par Thales.
Puissent les hommes reponsables de ces affaires, car il s'agit au final d'un cercle restreint à quelques dizaines d'indivdus, ne pas l'oublier.
Le combat est d'une telle violence que la crédibilité d'EADS s'en trouve durablement affectée. Les Allemands, actionnaires à part égale avec les Français, sont intervenus pour signifier que cet affrontement d'ambitions était irresponsable vis-à-vis de la société.
Un très gros appel d'offre pour les ravitaillements en vol de l'armée américaine est en cours d'élaboration. EADS tente à toute force de faire oublier ses racines européennes pour remporter ce qui serait une victoire majeure, cruciale pour son avenir. Cette querelle arrive donc au plus mauvais moment. Un responsable de Boeing aurait déclaré qu'il ne pouvait rêver mieux.
Seule certitude, dans le meilleur des cas, Noël Forgeard devra partager le pouvoir avec Thomas Enders, nommé par les Allemands, et n'obtiendra pas la présidence unique convoitée. Etait-il nécessaire de déclencher un conflit jamais vu dans une entreprise de cette taille pour en arriver là ?
A court terme, on ne peut qu'être inquiet si Noël Forgeard prend la tête conjointe d'EADS : comment faire confiance à un dirigeant qui fait passer à ce point l'ambition personnelle et les rivalités de clans au-dessus des intérêts de l'entreprise ? Que ne fera-t-il pas pour récompenser ceux qui l'ont aidé ?
Ca fait de la peine de voir une belle société comme EADS minée par des problèmes qui ne volent pas bien haut.
A plus long terme, si il s'avère que la présence de l'Etat français dans l'actionnariat d'une société est susceptible de tant perturber son fonctionnement (aujourd'hui, tout repose sur les épaules d'Arnaud Lagardère : si il décide de garder Philippe Camus à sa place actuelle -ce n'est pas ce que dit la rumeur-, on pourra encore croire qu'EADS est presque une entreprise comme les autres), les consolidations de l'industrie de défense européenne seront durablement retardées.
Il se peut même que le scénario catastrophe, qui n'a jamais vraiment quitté les esprits des gens avertis, prenne le relais : le rachat progressif ou l'abaissement à la position de sous-traitant de toute l'industrie de défense européenne par les grands groupes américains.
Tout cela parce qu'un polytechnicien bien vu par quelques politocards rêve de devenir calife à la place du calife, ça serait bien dommage.
L'ambition de fusionner l'industrie de défense européenne va de pair avec une ambition de défense européenne. Or, c'est un objectif noble et légitime, porté de façon remarquable, chacun à leur manière, par EADS et par Thales.
Puissent les hommes reponsables de ces affaires, car il s'agit au final d'un cercle restreint à quelques dizaines d'indivdus, ne pas l'oublier.
Le noyau iranien
On estime que, dans 10 à 12 ans, l'Iran deviendra importateur de pétrole si une part importante de son électricité n'est pas d'origine non pétrolière.
C'est pourquoi l'Iran continuera quoiqu'il arrive à travailler sur l'enrichissement de l'uranium. Et la tentation est forte de passer d'un usage civil du nucléaire à un usage militaire.
L'Iran sera dans quelques années un pays équipé de centrales et d'armes nucléaires.
Ca ne m'inquiète pas particulièment : je pense que la mentalité est plus nationaliste qu'islamiste, il y a donc moyen de discuter rationnellement des intérêts bien compris du pays.
De plus, l'Iran est, à part Israel, le seul pays puissant, stable et cohérent de la région. Le temps joue donc pour lui malgré la présence inquiétante des Américains.
Seuls vrais problèmes : le social (inégalités en hausse), le pouvoir accaparé (bien que ce ne soit pas une véritable dictature) et la corruption.
C'est pourquoi l'Iran continuera quoiqu'il arrive à travailler sur l'enrichissement de l'uranium. Et la tentation est forte de passer d'un usage civil du nucléaire à un usage militaire.
L'Iran sera dans quelques années un pays équipé de centrales et d'armes nucléaires.
Ca ne m'inquiète pas particulièment : je pense que la mentalité est plus nationaliste qu'islamiste, il y a donc moyen de discuter rationnellement des intérêts bien compris du pays.
De plus, l'Iran est, à part Israel, le seul pays puissant, stable et cohérent de la région. Le temps joue donc pour lui malgré la présence inquiétante des Américains.
Seuls vrais problèmes : le social (inégalités en hausse), le pouvoir accaparé (bien que ce ne soit pas une véritable dictature) et la corruption.
Brésil : un espoir qui fait chaud au coeur
Lula, président du Brésil, est mal vu de nos alter-mondialistes, il est considéré comme un traitre. Sa seule excuse : il a un pays à diriger et il y réussit remarquablement.
Il a pris des mesures libérales, a répondu aux attentes du FMI, a rassuré les investisseurs et a soutenu les entreprises privées plutôt que les entreprises publiques, tout en gardant une grande rigueur budgétaire. Le cercle vertueux paraît enclenché : rigueur budgétaire, investissemnts moins risqués, taux d'intérêts en baisse, emprunts plus faciles, économie plus dynamique.
La part d'investissements du Brésil en Chine augmente, le chomage diminue, la croissance revient. Tout n'est pas gagné, mais le pays est sur une bonne voie.
Une leçon que certains socialistes français malthusianistes n'ont jamais compris : il est plus facile de partager l'abondance que la pénurie.
Il a pris des mesures libérales, a répondu aux attentes du FMI, a rassuré les investisseurs et a soutenu les entreprises privées plutôt que les entreprises publiques, tout en gardant une grande rigueur budgétaire. Le cercle vertueux paraît enclenché : rigueur budgétaire, investissemnts moins risqués, taux d'intérêts en baisse, emprunts plus faciles, économie plus dynamique.
La part d'investissements du Brésil en Chine augmente, le chomage diminue, la croissance revient. Tout n'est pas gagné, mais le pays est sur une bonne voie.
Une leçon que certains socialistes français malthusianistes n'ont jamais compris : il est plus facile de partager l'abondance que la pénurie.
Bande d'ingrats ...
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Comme le système est vicieux, je peux pas cliquer sur mes propres annonces. Vous êtes donc conviés à vous activer de la souris, sinon, je ne suis pas près de faire fortune.
Si ça se trouve, vous vous en foutez. Salauds !
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Si ça se trouve, vous vous en foutez. Salauds !
Le cri du pilote solitaire le soir au fond du hangar
Depuis un mois, les visibilités à Toussus-le-noble sont ridicules. Aujourd'hui, c'était le ponpon : 250 m, 100 pieds de plafond. Conséquence, ça fait un mois que je réserve un avion régulièrement et un mois que je ne vole pas.
Ca devient frustrant.
Ca devient frustrant.
L'ornière
La pente du déclin sur laquelle glisse la France est apparente pour un grand nombre de Français. Bien souvent, ils voient aussi que la France a de grandes ressources et que rien n'est perdu, qu'il faut juste appliquer l'énergie aux bons endroits, utiliser les bons leviers.
Et pourtant, rien ne se passe. Pourquoi ?
Napoléon disait que la qualité d'une armée se reconnaît à l'âge de ses généraux. Une armée capable de promouvoir des jeunes pleins d'allant et d'intelligence sera toujours supérieure à une armée où la promotion se fait au tableau d'avancement.
Comment demander à des hommes qui ont fait carrière, qui se sont coulés dans le moule, de casser ce moule, de jeter à terre ce qui a été leur passe-temps et leur ambition d'adulte ? Cela n'a pas tant à voir avec l'âge qu'avec l'ancienneté dans le système.
Plus un système se fige, plus il lui faudrait des hommes neufs pour lui éviter le naufrage, moins il est capable d'en produire et moins encore de leur confier le pouvoir.
Contre le voeu de beaucoup, voire de la majorité, mais grâce à l'absence de direction de l'ensemble, le noeud coulant se resserre, par la force de l'inertie, par les automatismes de l'habitude, par le poids de la tradition, par une fidélité mal placée.
Quelques échappées fébriles sont parfois tentées, mais, ne faisant pas partie d'un plan cohérent, par manque de vision, par manque de persévérance, elles échouent, elles retombent comme un soufflé, elles sont circonvenues, étouffées. L'essentiel du mal demeure intact, inabordé, les bonnes volontés davantage déprimées par cette énergie dépensée en vain, par ces espoirs déçus.
Les élans trop courts succèdent aux fuites déguisées. "Je ne fuis pas, je vais cherrcher des secours" se dit en langage politique : "Le gouvernement est déterminé à agir sur cette question. Il va créer une commission afin de l'aider dans ses réflexions."
Le temps passe en agitation brownienne. La pendule égrène les heures du glissement fatal et le lourd nuage de l'insignifiance s'amasse au-dessus de nos têtes.
Des individus de bonne volonté, piégés dans un système néfaste, peuvent ainsi créer un gouvernement falot, amorphe, où les petites affaires donnent l'illusion de l'action, où les enjeux carriéristes se substituent aux grandes ambitions.
Pour briser le mauvais destin, dévier le cours des choses, il y faudrait une volonté forte.
Une volonté collective ou individuelle, peu importe. Si c'est une volonté collective, elle trouvera des hommes pour la représenter ; si c'est une volonté individuelle, elle trouvera des hommes pour la seconder.
Cette volonté se reconnaîtra a un signe : elle dérangera et elle soulagera en même temps. Son temps n'est pas encore venu.
Et pourtant, rien ne se passe. Pourquoi ?
Napoléon disait que la qualité d'une armée se reconnaît à l'âge de ses généraux. Une armée capable de promouvoir des jeunes pleins d'allant et d'intelligence sera toujours supérieure à une armée où la promotion se fait au tableau d'avancement.
Comment demander à des hommes qui ont fait carrière, qui se sont coulés dans le moule, de casser ce moule, de jeter à terre ce qui a été leur passe-temps et leur ambition d'adulte ? Cela n'a pas tant à voir avec l'âge qu'avec l'ancienneté dans le système.
Plus un système se fige, plus il lui faudrait des hommes neufs pour lui éviter le naufrage, moins il est capable d'en produire et moins encore de leur confier le pouvoir.
Contre le voeu de beaucoup, voire de la majorité, mais grâce à l'absence de direction de l'ensemble, le noeud coulant se resserre, par la force de l'inertie, par les automatismes de l'habitude, par le poids de la tradition, par une fidélité mal placée.
Quelques échappées fébriles sont parfois tentées, mais, ne faisant pas partie d'un plan cohérent, par manque de vision, par manque de persévérance, elles échouent, elles retombent comme un soufflé, elles sont circonvenues, étouffées. L'essentiel du mal demeure intact, inabordé, les bonnes volontés davantage déprimées par cette énergie dépensée en vain, par ces espoirs déçus.
Les élans trop courts succèdent aux fuites déguisées. "Je ne fuis pas, je vais cherrcher des secours" se dit en langage politique : "Le gouvernement est déterminé à agir sur cette question. Il va créer une commission afin de l'aider dans ses réflexions."
Le temps passe en agitation brownienne. La pendule égrène les heures du glissement fatal et le lourd nuage de l'insignifiance s'amasse au-dessus de nos têtes.
Des individus de bonne volonté, piégés dans un système néfaste, peuvent ainsi créer un gouvernement falot, amorphe, où les petites affaires donnent l'illusion de l'action, où les enjeux carriéristes se substituent aux grandes ambitions.
Pour briser le mauvais destin, dévier le cours des choses, il y faudrait une volonté forte.
Une volonté collective ou individuelle, peu importe. Si c'est une volonté collective, elle trouvera des hommes pour la représenter ; si c'est une volonté individuelle, elle trouvera des hommes pour la seconder.
Cette volonté se reconnaîtra a un signe : elle dérangera et elle soulagera en même temps. Son temps n'est pas encore venu.
La pente
Dans l'histoire de France, il est deux types de déclins :
- la glissade suivie d'effondrement (1789,1940)
- la glissade continue (les années 1400, la fin du XVIIème siècle)
Cela commence toujours par une glissade. Dans cette phase, il y a des bonnes âmes prêtes à vous expliquer, sans que vous n'ayez rien demandé, que tout cela n'est pas si grave, qu'il suffira de convoquer les Etats généraux pour lever un nouvel impôt ou d'attendre sagement derrière la ligne Maginot que les Allemands reviennent à la raison.
Aujourd'hui, ces optimistes, par nature ou par intérêt, m'expliquent que j'ai tort de me faire du mouron, que toutes ces histoires de déficits, de retraites, de recherche en retard, d'école inefficace, se règleront toutes seules sans qu'il y ait besoin de faire rien, en tout cas, rien de douloureux pour quiconque.
Effectivement, je doute. N'ont-ils pas raison ? On nous explique bien depuis des décennies que, à cause de ses déficits abyssaux et autres profonds désquilibres, l'année prochaine, l'économie américaine s'effondre. Et elle se porte plutôt pas mal, merci pour elle.
Cependant, en admettant même que les partisans de l'insouciance aient raison, qu'il n'y ait pas de problème que le temps ne puisse résoudre, cela veut-il dire qu'il ne faut pas s'efforcer dès aujourd'hui de bâtir une société meilleure et plus juste ?
Mais, non, c'est une illusion, un songe : le vieillissement de la population est inscrit dans la pyramide des âges et la France fuit à affronter cette vérité et ses conséquences. Cela ne peut que mener à pire.
Alors qu'il faudrait changer de bateau, nous en sommes encore à courir dans l'affolement d'un bout à l'autre du rafiot, les rustines dans la main droite, la colle dans la main gauche. Le lundi, un rafistolage des retraites, le mardi, un assouplissement des 35 h, le mercredi, plus de social, le jeudi, moins d'impots, le vendredi, une mesure pour les horticulteurs du Bas Poitou, le samedi, une visite compatissante aux handicapés de Trifouillis-les-Ouailles, le dimanche, ouf ! Repos. Et pendant toute cette semaine agitée, que s'est-il passé d'important ? Rien, la France a juste continué à glisser sur la pente.
Ce qui n'empêchera personne de recommencer la danse du poulet sans tête la semaine suivante.
Le réveil sera douloureux.
- la glissade suivie d'effondrement (1789,1940)
- la glissade continue (les années 1400, la fin du XVIIème siècle)
Cela commence toujours par une glissade. Dans cette phase, il y a des bonnes âmes prêtes à vous expliquer, sans que vous n'ayez rien demandé, que tout cela n'est pas si grave, qu'il suffira de convoquer les Etats généraux pour lever un nouvel impôt ou d'attendre sagement derrière la ligne Maginot que les Allemands reviennent à la raison.
Aujourd'hui, ces optimistes, par nature ou par intérêt, m'expliquent que j'ai tort de me faire du mouron, que toutes ces histoires de déficits, de retraites, de recherche en retard, d'école inefficace, se règleront toutes seules sans qu'il y ait besoin de faire rien, en tout cas, rien de douloureux pour quiconque.
Effectivement, je doute. N'ont-ils pas raison ? On nous explique bien depuis des décennies que, à cause de ses déficits abyssaux et autres profonds désquilibres, l'année prochaine, l'économie américaine s'effondre. Et elle se porte plutôt pas mal, merci pour elle.
Cependant, en admettant même que les partisans de l'insouciance aient raison, qu'il n'y ait pas de problème que le temps ne puisse résoudre, cela veut-il dire qu'il ne faut pas s'efforcer dès aujourd'hui de bâtir une société meilleure et plus juste ?
Mais, non, c'est une illusion, un songe : le vieillissement de la population est inscrit dans la pyramide des âges et la France fuit à affronter cette vérité et ses conséquences. Cela ne peut que mener à pire.
Alors qu'il faudrait changer de bateau, nous en sommes encore à courir dans l'affolement d'un bout à l'autre du rafiot, les rustines dans la main droite, la colle dans la main gauche. Le lundi, un rafistolage des retraites, le mardi, un assouplissement des 35 h, le mercredi, plus de social, le jeudi, moins d'impots, le vendredi, une mesure pour les horticulteurs du Bas Poitou, le samedi, une visite compatissante aux handicapés de Trifouillis-les-Ouailles, le dimanche, ouf ! Repos. Et pendant toute cette semaine agitée, que s'est-il passé d'important ? Rien, la France a juste continué à glisser sur la pente.
Ce qui n'empêchera personne de recommencer la danse du poulet sans tête la semaine suivante.
Le réveil sera douloureux.
Ecole : le poids des déterminismes est difficile à corriger
C'est le titre d'un article des Echos.
Il résume une statistique : en France, un fils d'ouvrier a moins de chances de devenir cadre qu'il y a 20 ans. D'une manière générale les situations se sont encore plus figées en deux décennies : un enfant de cadre a plus de chances d'être cadre, un enfant d'ouvrier d'être ouvrier, un enfant de prof d'être prof, un enfant de fonctionnaire d'être fonctionnaire et un enfant de chomeur d'être chomeur.
Cette segrégation sociale, appelons les choses par leur nom : ces classes sociales persistentes, gangrène toute la société française : école, travail, intégration, politique.
Pour résoudre ce problème, il faut introduire plus de souplesse, plus de libéralisme économique raisonné, réchauffer la banquise sociale. Mais cela dérange tous ceux qui sont bien placés dans le système actuel.
Ce n'est pas un hasard si l'électorat de la gauche, qui s'oppose désormais au libéralisme (1), a basculé des ouvriers aux fonctionnaires et aux salariés d'entreprises publiques. Ils constituent la grande masse des gagnants de la France actuelle. Ils en sont, au vrai sens du mot, les privilégiés, puisqu'ils bénéficient de privilèges les mettant à part de la loi commune sur l'emploi et sur les retraites, sans autre justification que leur influence sur les gouvernants.
Ceux qu'on appelle à tort des privilégiés, alors qu'ils ne bénéficient d'aucun privilège, mais qui sont simplement des riches et des nantis, sont, d'une part, trop peu nombreux pour être le moteur de l'immobilisme, auquel il convient de mettre un frein (désolé, ça me fait rire), d'autre part, prompts à s'adapter à toutes les situations.
Il est dommage que la gauche ne soit pas plus constructive, d'autant que la droite montre chaque jour une incapacité désolante à dépasser le stade du slogan bon marché.
C'est de ce vide que se nourrit l'exclusion de la vie politique que sont l'abstention et les votes extrêmes.
Lien : Une faillite intellectuelle nationale
(1) : ça n'a pas toujours été le cas, Jaurès pensait au début du XXème siècle que le concurrence accrue était favorble aupouvoir d'achat des ouvriers
Il résume une statistique : en France, un fils d'ouvrier a moins de chances de devenir cadre qu'il y a 20 ans. D'une manière générale les situations se sont encore plus figées en deux décennies : un enfant de cadre a plus de chances d'être cadre, un enfant d'ouvrier d'être ouvrier, un enfant de prof d'être prof, un enfant de fonctionnaire d'être fonctionnaire et un enfant de chomeur d'être chomeur.
Cette segrégation sociale, appelons les choses par leur nom : ces classes sociales persistentes, gangrène toute la société française : école, travail, intégration, politique.
Pour résoudre ce problème, il faut introduire plus de souplesse, plus de libéralisme économique raisonné, réchauffer la banquise sociale. Mais cela dérange tous ceux qui sont bien placés dans le système actuel.
Ce n'est pas un hasard si l'électorat de la gauche, qui s'oppose désormais au libéralisme (1), a basculé des ouvriers aux fonctionnaires et aux salariés d'entreprises publiques. Ils constituent la grande masse des gagnants de la France actuelle. Ils en sont, au vrai sens du mot, les privilégiés, puisqu'ils bénéficient de privilèges les mettant à part de la loi commune sur l'emploi et sur les retraites, sans autre justification que leur influence sur les gouvernants.
Ceux qu'on appelle à tort des privilégiés, alors qu'ils ne bénéficient d'aucun privilège, mais qui sont simplement des riches et des nantis, sont, d'une part, trop peu nombreux pour être le moteur de l'immobilisme, auquel il convient de mettre un frein (désolé, ça me fait rire), d'autre part, prompts à s'adapter à toutes les situations.
Il est dommage que la gauche ne soit pas plus constructive, d'autant que la droite montre chaque jour une incapacité désolante à dépasser le stade du slogan bon marché.
C'est de ce vide que se nourrit l'exclusion de la vie politique que sont l'abstention et les votes extrêmes.
Lien : Une faillite intellectuelle nationale
(1) : ça n'a pas toujours été le cas, Jaurès pensait au début du XXème siècle que le concurrence accrue était favorble aupouvoir d'achat des ouvriers
Quelques films recommandés
Il serait trop long de vous recommander tous les films que j'aime, je ne vous cite que quelques films que je trouve exceptionnels, cette sélection est forcément très incomplète, j'ai ajouté des films au fur et à mesure jusqu'à m'arrêter arbitrairement :
La règle du jeu
Un (Le ?) chef d'oeuvre du cinéma français. Renoir opposait classicisme et romantisme. Pour lui, le classicisme, représenté par les personnages de Molière aux noms bizarres, est bien plus vrai, plus réaliste, que le romantisme dont le réalisme n'est que de façade. C'est pourquoi sa peinture de la société française de 1939, avec toutes ses invraisemblances apparentes (un acteur juif jouant un aristo), a provoqué un rejet aussi violent : elle traduisait une vérité profonde insupportable à la France d'avant-guerre, "vaincue d'avance".
De plus, et c'est une autre des lignes de force de La règle du jeu, les sentiments, même de bonne foi, abandonnés à eux-mêmes, sans le secours de la raison, sont dévastateurs en période de crise. Thème très actuel, à notre époque où toute sensiblerie est considérée comme positive, de la Star Académy en passant par les procès (seules les malheureuses victimes ont droit à la parole dans les media -ras la casquette de ces poncifs sur le "nécessaire travail de deuil") jusqu'à la politique. Les pleurnicheries ou les roulades, suivant que la situation est triste ou joyeuse, s'étalent partout. Chacun s'estime le droit de faire étalage des soubresauts de son petit moi. Je ne vous étonnerai pas en vous disant que plus en accord avec Renoir qu'avec notre époque.
Epuiser les richesses de La règle du jeu est impossible en quelques lignes.
Les enfants du paradis
En quelque sorte, l'opposé de La règle du jeu : aucun réalisme, que de la poésie. Le génie de la Régle du jeu est visuel alors que l'attrait des Enfants du paradis est dans les dialogues. La règle du jeu se regarde, Les enfants du paradis s'écoutent.
Othello
J'aime la version d'Orson Welles
Le dictateur
Premier film parlant de Chaplin. Morceau d'anthologie : le discours d'Hinkel aux enfants de la double croix.
The party
Loufoquerie à tous les étages. Un sommet du délire sans queue ni tête, du moins au premier abord, car, en réalité, l'escalade destructrice, style horloge déréglée, est très ordonnée.
Jour de fête
Mon préféré de Tati
Barry Lindon
La vie est belle
Tour de force de Begnini : faire une comédie à l'italienne sur les camps de la mort et l'antisémitisme. Une réussite à la hauteur du défi.
Casablanca
Umberto Eco : "Quand il y a quelques clichés, c'est un navet. Dans Casablanca, il y a mille clichés : c'est un chef d'oeuvre."A noter, une parodie de Bugs Bunny : Carrotblanca
Le voyage de Chihiro
J'en ai pris un parmi d'autres, mais en fait, je trouve tous les films de Miyazaki formidables.
Nosferatu
Une question me turlupine chaque fois que je vois ce film : comment Bela Lugosi faisait-il ses courses avec une gueule pareille ?
Metropolis
Un coté mélo des fois un peu énervant, amis un film attachant tout de même.
Vacances romaines
Tant qu'il y aura des hommes
Un peu l'équivalent américain de La règle du jeu : la danse au-dessus du volcan. Les petites histoires de militaires américains qui s'ennuient ferme à Hawaï, la veille de l'attaque de Pearl Harbour. Mais La règle du jeu était prémonitoire, alors que Tant qu'il y aura des hommes a été tournée en 1953.
Le ciel peut attendre
Un sommet de la comédie romantique hollywoodienne.
La boutique au coin de la rue
Probablement que sans Lubitsch, la moyenne de temps de rire par être humain baisserait de quelques points.
Un condamné à mort s'est échappé
Un des rares films optimistes de Robert Bresson.
L'armée des ombres
Muri par Melville pendant vingt ans, ce film, fruit de son passage dans la Résistance, offre à Simone Signoret un superbe personnage.
Kirikou
Preuve qu'on peut faire un film pour enfants sans les prendre pour des demeurés, n'est ce pas,Walt D. ?
La règle du jeu
Un (Le ?) chef d'oeuvre du cinéma français. Renoir opposait classicisme et romantisme. Pour lui, le classicisme, représenté par les personnages de Molière aux noms bizarres, est bien plus vrai, plus réaliste, que le romantisme dont le réalisme n'est que de façade. C'est pourquoi sa peinture de la société française de 1939, avec toutes ses invraisemblances apparentes (un acteur juif jouant un aristo), a provoqué un rejet aussi violent : elle traduisait une vérité profonde insupportable à la France d'avant-guerre, "vaincue d'avance".
De plus, et c'est une autre des lignes de force de La règle du jeu, les sentiments, même de bonne foi, abandonnés à eux-mêmes, sans le secours de la raison, sont dévastateurs en période de crise. Thème très actuel, à notre époque où toute sensiblerie est considérée comme positive, de la Star Académy en passant par les procès (seules les malheureuses victimes ont droit à la parole dans les media -ras la casquette de ces poncifs sur le "nécessaire travail de deuil") jusqu'à la politique. Les pleurnicheries ou les roulades, suivant que la situation est triste ou joyeuse, s'étalent partout. Chacun s'estime le droit de faire étalage des soubresauts de son petit moi. Je ne vous étonnerai pas en vous disant que plus en accord avec Renoir qu'avec notre époque.
Epuiser les richesses de La règle du jeu est impossible en quelques lignes.
Les enfants du paradis
En quelque sorte, l'opposé de La règle du jeu : aucun réalisme, que de la poésie. Le génie de la Régle du jeu est visuel alors que l'attrait des Enfants du paradis est dans les dialogues. La règle du jeu se regarde, Les enfants du paradis s'écoutent.
Othello
J'aime la version d'Orson Welles
Le dictateur
Premier film parlant de Chaplin. Morceau d'anthologie : le discours d'Hinkel aux enfants de la double croix.
The party
Loufoquerie à tous les étages. Un sommet du délire sans queue ni tête, du moins au premier abord, car, en réalité, l'escalade destructrice, style horloge déréglée, est très ordonnée.
Jour de fête
Mon préféré de Tati
Barry Lindon
La vie est belle
Tour de force de Begnini : faire une comédie à l'italienne sur les camps de la mort et l'antisémitisme. Une réussite à la hauteur du défi.
Casablanca
Umberto Eco : "Quand il y a quelques clichés, c'est un navet. Dans Casablanca, il y a mille clichés : c'est un chef d'oeuvre."A noter, une parodie de Bugs Bunny : Carrotblanca
Le voyage de Chihiro
J'en ai pris un parmi d'autres, mais en fait, je trouve tous les films de Miyazaki formidables.
Nosferatu
Une question me turlupine chaque fois que je vois ce film : comment Bela Lugosi faisait-il ses courses avec une gueule pareille ?
Metropolis
Un coté mélo des fois un peu énervant, amis un film attachant tout de même.
Vacances romaines
Tant qu'il y aura des hommes
Un peu l'équivalent américain de La règle du jeu : la danse au-dessus du volcan. Les petites histoires de militaires américains qui s'ennuient ferme à Hawaï, la veille de l'attaque de Pearl Harbour. Mais La règle du jeu était prémonitoire, alors que Tant qu'il y aura des hommes a été tournée en 1953.
Le ciel peut attendre
Un sommet de la comédie romantique hollywoodienne.
La boutique au coin de la rue
Probablement que sans Lubitsch, la moyenne de temps de rire par être humain baisserait de quelques points.
Un condamné à mort s'est échappé
Un des rares films optimistes de Robert Bresson.
L'armée des ombres
Muri par Melville pendant vingt ans, ce film, fruit de son passage dans la Résistance, offre à Simone Signoret un superbe personnage.
Kirikou
Preuve qu'on peut faire un film pour enfants sans les prendre pour des demeurés, n'est ce pas,Walt D. ?
Fort de café turc
Tiraillé par des prises de postion opposées bien argumentées, dubitatif face à une question complexe, impressionné par l'enjeu, j'ai mis du temps à me décider sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE.
Un point est clair pour tout le monde depuis le début : cette question déborde la simple adhésion d'un pays, elle sous-entend deux questions fondamentales.
1) Qu'est-ce que l'Union Européenne (1) ?
2) Comment voyons nous l'UE dans plusieurs décennies ?
L'Union Européenne, c'est l'adhésion à des valeurs communes : démocratie, droit des individus, laïcité, protection sociale. C'est la Turquie qui doit adhérer à l'UE, non l'UE qui doit adhérer à la Turquie.
Quand la Turquie répondra aux critères définis par ces valeurs, je ne vois aucune raison de la refuser, que m'importe que les Turcs soient musulmans si ils ont le respect de la séparation du politique et de la religion.
Poussons le raisonnement à l'extrême : si la Nouvelle-Zélande, qui est à l'autre bout de la terre veut adhérer à l'UE le peut-elle ? Oui, en en faisant la demande et en respectant les critères. D'ailleurs en tant que pays du Commonwealth, elle a déjà certains droits préférentiels.
La dynamique d'élargissement est positive. Une Union Européenne qui se replierait sur elle-même s'enfermerait dans une impasse faite de vieillissement, d'isolement, de peurs. Ca ne me convient pas.
Deux objections :
1) la différence culturelle. Elle existe, mais l'utiliser comme argument de refus et non comme un point à travailler est raciste et xénophobe, on en a l'expérience historique : dans les années 1900, les journaux expliquaient que les Italiens étaient inassimilables en France du fait de la différence culturelle.
2) le poids politique de la Turquie et l'impossibilité de créer une Europe politiquement intégrée avec la Turquie dans l'UE. L'union politique est déjà repoussée de plusieurs décennies par des pays comme le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas et d'autres qui veulent éviter tout ce qui pourrait apparaître comme un contrepoids aux USA. La présence de la Turquie ne'y changera pas grand-chose.
L'union politique se fera non par une volonté européenne mais quand les USA le décideront, par exemple en versant dans l'isolationnisme. C'est triste à dire mais c'est ainsi.
Pour l'instant, il faut se résigner à ce que l'UE soit avant tout une vaste zone de libre-échange et la Turquie y a sa place.
(1) et non pas l'Europe. L'Europe, c'est de la géographie. L'Union Européenne, c'est de la politique.
Un point est clair pour tout le monde depuis le début : cette question déborde la simple adhésion d'un pays, elle sous-entend deux questions fondamentales.
1) Qu'est-ce que l'Union Européenne (1) ?
2) Comment voyons nous l'UE dans plusieurs décennies ?
L'Union Européenne, c'est l'adhésion à des valeurs communes : démocratie, droit des individus, laïcité, protection sociale. C'est la Turquie qui doit adhérer à l'UE, non l'UE qui doit adhérer à la Turquie.
Quand la Turquie répondra aux critères définis par ces valeurs, je ne vois aucune raison de la refuser, que m'importe que les Turcs soient musulmans si ils ont le respect de la séparation du politique et de la religion.
Poussons le raisonnement à l'extrême : si la Nouvelle-Zélande, qui est à l'autre bout de la terre veut adhérer à l'UE le peut-elle ? Oui, en en faisant la demande et en respectant les critères. D'ailleurs en tant que pays du Commonwealth, elle a déjà certains droits préférentiels.
La dynamique d'élargissement est positive. Une Union Européenne qui se replierait sur elle-même s'enfermerait dans une impasse faite de vieillissement, d'isolement, de peurs. Ca ne me convient pas.
Deux objections :
1) la différence culturelle. Elle existe, mais l'utiliser comme argument de refus et non comme un point à travailler est raciste et xénophobe, on en a l'expérience historique : dans les années 1900, les journaux expliquaient que les Italiens étaient inassimilables en France du fait de la différence culturelle.
2) le poids politique de la Turquie et l'impossibilité de créer une Europe politiquement intégrée avec la Turquie dans l'UE. L'union politique est déjà repoussée de plusieurs décennies par des pays comme le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas et d'autres qui veulent éviter tout ce qui pourrait apparaître comme un contrepoids aux USA. La présence de la Turquie ne'y changera pas grand-chose.
L'union politique se fera non par une volonté européenne mais quand les USA le décideront, par exemple en versant dans l'isolationnisme. C'est triste à dire mais c'est ainsi.
Pour l'instant, il faut se résigner à ce que l'UE soit avant tout une vaste zone de libre-échange et la Turquie y a sa place.
(1) et non pas l'Europe. L'Europe, c'est de la géographie. L'Union Européenne, c'est de la politique.
mardi, décembre 14, 2004
A propos des "raisonnements purement financiers"
Lorsque je dis que les déficits publics étouffent l'avenir de la France, que l'Etat français dépense trop pour ce qu'il fait et que les traitements de personnel et les retraites coûtent trop cher, on me répond souvent que c'est là un "raisonnement purement financier", comme si c'était là la suprême insulte, l'argument définitif qui devait me clouer le bec.
Réfléchissons : qu'est ce que l'argent ? C'est un moyen d'échange et d'allocations des ressources. Ce que je paye par exemple en TVA, c'est ça de moins que j'ai pour acheter une plus belle voiture.
L'argument du "raisonnement purement financier" sous-entend qu'il est mesquin et tatillon, un peu étroit d'esprit, de demander des comptes à l'Etat, dont l'argent n'est à personne.
Bien au contraire, l'argent de l'Etat est à tout le monde. Chaque centime dépensé par l'Etat provient virtuellement de la TVA sur le steak du smicard. Alors c'est la moindre des choses d'exiger qu'il soit utilisé au mieux.
Bien sûr, il serait vain d'attendre ce genre de considérations, de pareils scrupules des gouvernants qui font du lard dans les palais de la République, qui considèrent les dépenses somptuaires comme un du.
En disant cela, je ne verse pas dans un populisme de mauvais aloi, il suffit de regarder agir nos politiciens : la morale à géométrie variable, l'honnêteté relative, les caprices avec l'argent du contribuable, l'avidité à profiter, la brigue incessante, la courtisanerie servile, le népotisme républicain, les déclarations solennelles aussi vite oubliées qu'émises (comme par exemple "si j'encours une peine infamante, je me retire de la vie politique"), le jeu des apparences, des "images" et des "postures", j'en passe et des meilleures.
Cependant, rien n'oblige les citoyens à s'abaisser au niveau de leurs gouvernants et ils ont le droit de se montrer exigeants.
Réfléchissons : qu'est ce que l'argent ? C'est un moyen d'échange et d'allocations des ressources. Ce que je paye par exemple en TVA, c'est ça de moins que j'ai pour acheter une plus belle voiture.
L'argument du "raisonnement purement financier" sous-entend qu'il est mesquin et tatillon, un peu étroit d'esprit, de demander des comptes à l'Etat, dont l'argent n'est à personne.
Bien au contraire, l'argent de l'Etat est à tout le monde. Chaque centime dépensé par l'Etat provient virtuellement de la TVA sur le steak du smicard. Alors c'est la moindre des choses d'exiger qu'il soit utilisé au mieux.
Bien sûr, il serait vain d'attendre ce genre de considérations, de pareils scrupules des gouvernants qui font du lard dans les palais de la République, qui considèrent les dépenses somptuaires comme un du.
En disant cela, je ne verse pas dans un populisme de mauvais aloi, il suffit de regarder agir nos politiciens : la morale à géométrie variable, l'honnêteté relative, les caprices avec l'argent du contribuable, l'avidité à profiter, la brigue incessante, la courtisanerie servile, le népotisme républicain, les déclarations solennelles aussi vite oubliées qu'émises (comme par exemple "si j'encours une peine infamante, je me retire de la vie politique"), le jeu des apparences, des "images" et des "postures", j'en passe et des meilleures.
Cependant, rien n'oblige les citoyens à s'abaisser au niveau de leurs gouvernants et ils ont le droit de se montrer exigeants.
lundi, décembre 13, 2004
L'épineuse question turque
Après mûre réflexion, je suis pour l'adhésion de la Turquie à l'UE si elle respecte les critères.
J'argumenterai quand j'aurai le temps.
J'argumenterai quand j'aurai le temps.
Le PS est-il social-traitre ?
J'ai un collègue et néanmoins ami communiste qui parle toujours de la social-démocratie avec mépris. Tony Blair et l'Antechrist sont pour lui une seule et même figure.
Quelle est le crime de la social-démocratie ? D'avoir réussi quelques réformes sociales, pas assez nombreuses il est vrai, sans avoir cherché à renverser le capitalisme.
Tandis que le communisme a pour lui des réussites formidables, comme par exemple ... euh ... comme par exemple ... j'ai un trou de mémoire d'un coup, ça doit être le manque de glucose ... comme par exemple ... Leonid Brejnev ? Fidel castro ? Pol Pot ?
Bien sûr, je connais aussi l'argument de l'aiguillon : "Le parti communiste n'a rien fait par lui-même mais, par la pression qu'il a mis, il a fait adopter de bonnes réformes sociales."
Je remarque tout d'abord que cet argument est contraire à la théorie communiste qui vise non pas à réformer le capitalisme mais à le renverser. Arlette Laguiller, cohérente avec la théorie, refuse en tant que parlementaire européenne toutes les lois sociales qui pourraient "permettre au capitalisme de survivre", comme par exemple la taxe Tobin. Elle vote seulement en faveur des lois qui font visiblement mal aux patrons.
Ensuite, cet argument me paraît douteux. Je n'ai pas cherché à approfondir ce point, si quelqu'un pouvait m'aider, ça me ferait plaisir. Un historien doit bien avoir une thèse sur l'argument de l'aiguillon.
Est-ce à dire que le PCF n'a servi à rien ? Non, il a servi à encadrer les ouvriers, à leur donner une voix et une dignité. Simplement, on peut constater qu'il s'est survécu trop longtemps, que la voix des ouvriers, il l'a bien souvent étouffée à son profit, et qu'il verse maintenant dans un achaïsme conceptuel qui n'est pas sans influencer fâcheusement le parti socialiste.
L'heure est au réformisme, le parti socialiste y vient petit à petit. Pas assez vite à mon goût.
J'entends dire qu'il n'y a plus d'utopie, qu'il manque aux militants une motivation. Je m'étonne.
A-t-on été si déformé par les idéologies totalitaires que, lorsqu'on ne peut plus expliquer le monde en deux ou trois slogans simplistes, du genre "lutte des classes", on en soit à considérer que le monde est fou, qu'aucune ambition, qu'aucun projet ne sont possibles ?
Et la justice alors ! N'est ce pas une assez belle ambition ? N'est elle pas suffisante pour guider une politique ?
Si toutes les décisions, si toutes les lois, étaient sincèrement passées à ce tamis : "Cela est-il juste ?", on verrait plus de changements en un an de petites décisons qu'en cent révolutions.
Vous me direz : "Chacun voit midi à sa porte" et une fois qu'on a dit "Justice !", on n'est pas très avancé, chacun ayant sa définition de la justice. En êtes vous si sûrs ? Si une majorité a cette idée en tête, n'améliorera-t-on pas le monde ?
Avec la justice, va la dignité, comme la liberté va avec l'égalité ; sans cela, ces valeurs deviennent oppressives, totalitaires.
Justice, dignité, c'est déjà un bien vaste programme ! Allez, au boulot, citoyens !
Quelle est le crime de la social-démocratie ? D'avoir réussi quelques réformes sociales, pas assez nombreuses il est vrai, sans avoir cherché à renverser le capitalisme.
Tandis que le communisme a pour lui des réussites formidables, comme par exemple ... euh ... comme par exemple ... j'ai un trou de mémoire d'un coup, ça doit être le manque de glucose ... comme par exemple ... Leonid Brejnev ? Fidel castro ? Pol Pot ?
Bien sûr, je connais aussi l'argument de l'aiguillon : "Le parti communiste n'a rien fait par lui-même mais, par la pression qu'il a mis, il a fait adopter de bonnes réformes sociales."
Je remarque tout d'abord que cet argument est contraire à la théorie communiste qui vise non pas à réformer le capitalisme mais à le renverser. Arlette Laguiller, cohérente avec la théorie, refuse en tant que parlementaire européenne toutes les lois sociales qui pourraient "permettre au capitalisme de survivre", comme par exemple la taxe Tobin. Elle vote seulement en faveur des lois qui font visiblement mal aux patrons.
Ensuite, cet argument me paraît douteux. Je n'ai pas cherché à approfondir ce point, si quelqu'un pouvait m'aider, ça me ferait plaisir. Un historien doit bien avoir une thèse sur l'argument de l'aiguillon.
Est-ce à dire que le PCF n'a servi à rien ? Non, il a servi à encadrer les ouvriers, à leur donner une voix et une dignité. Simplement, on peut constater qu'il s'est survécu trop longtemps, que la voix des ouvriers, il l'a bien souvent étouffée à son profit, et qu'il verse maintenant dans un achaïsme conceptuel qui n'est pas sans influencer fâcheusement le parti socialiste.
L'heure est au réformisme, le parti socialiste y vient petit à petit. Pas assez vite à mon goût.
J'entends dire qu'il n'y a plus d'utopie, qu'il manque aux militants une motivation. Je m'étonne.
A-t-on été si déformé par les idéologies totalitaires que, lorsqu'on ne peut plus expliquer le monde en deux ou trois slogans simplistes, du genre "lutte des classes", on en soit à considérer que le monde est fou, qu'aucune ambition, qu'aucun projet ne sont possibles ?
Et la justice alors ! N'est ce pas une assez belle ambition ? N'est elle pas suffisante pour guider une politique ?
Si toutes les décisions, si toutes les lois, étaient sincèrement passées à ce tamis : "Cela est-il juste ?", on verrait plus de changements en un an de petites décisons qu'en cent révolutions.
Vous me direz : "Chacun voit midi à sa porte" et une fois qu'on a dit "Justice !", on n'est pas très avancé, chacun ayant sa définition de la justice. En êtes vous si sûrs ? Si une majorité a cette idée en tête, n'améliorera-t-on pas le monde ?
Avec la justice, va la dignité, comme la liberté va avec l'égalité ; sans cela, ces valeurs deviennent oppressives, totalitaires.
Justice, dignité, c'est déjà un bien vaste programme ! Allez, au boulot, citoyens !
Galileo : la politique de défense européenne est morte
Le protocole du système positionnement par satellite auropéen Galileo a été signé aujourd'hui.
Sous la pression du Royaume-Uni et des Pays-Bas, il a été acté que son usage sera exclusivement civil. Le seul système de positionnement par satellite à usage militaire, à part le Glonass russe, reste donc le GPS américain.
Bien sûr, une opération militaire est possible en théorie sans système de positionnement par satellite. En pratique, c'est plus que douteux.
Autrement dit, aucune opération militaire européenne ne pourra se faire sans, au minimum, la neutralité bienveillante des Américains.
La défense européenne indépendante, c'est fini avant que d'avoir commencé.
Sous la pression du Royaume-Uni et des Pays-Bas, il a été acté que son usage sera exclusivement civil. Le seul système de positionnement par satellite à usage militaire, à part le Glonass russe, reste donc le GPS américain.
Bien sûr, une opération militaire est possible en théorie sans système de positionnement par satellite. En pratique, c'est plus que douteux.
Autrement dit, aucune opération militaire européenne ne pourra se faire sans, au minimum, la neutralité bienveillante des Américains.
La défense européenne indépendante, c'est fini avant que d'avoir commencé.
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