Il n'y pas de son mais ces images rares valent le détour :
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lundi, février 22, 2016
dimanche, octobre 17, 2010
The right of the line (J. Terraine)
Cette histoire de la RAF pendant la seconde guerre mondiale est passionnante :> on y voit à quel point la guerre est un maître impitoyable. Toutes les théories et les certitudes d'avant-guerre y ont été broyées en quelques jours. En revanche, on y a ré-appris des leçons oubliées de 1918, car, pour la RAF comme pour l'armée française, les leçons de la guerre précédente s'étaient arrêtées en 1917.
> malgré tout, on constate aussi à quel point les idées fausses peuvent empêcher un jugement sain : jusqu'en 1944, une bonne partie de la RAF a cru que les bombardements «stratégiques» pouvaient finir la guerre sans grande bataille terrestre. C'est d'autant plus absurde que les Anglais avaient la preuve sur leur sol de l'inefficacité relative des bombardements.
Or, la RAF entre 1939 et 1945 a eu plus d'officiers tués que l'armée britannique pendant la première guerre mondiale ; c'est-à-dire qu'il s'est produit précisément ce qu'on cherchait à éviter : la fine fleur de la Grande Bretagne a été fauchée (à cette époque, on n'était pas encore rendu totalement con par l'égalitarisme et la démagogie, on considérait à juste titre que les pertes d'officiers étaient plus graves que les pertes de bidasses) (1).
> la plus grande victoire de la RAF, c'est la bataille de l'Atlantique, parce qu'elle a permis Overlord. Sans maîtrise des liaisons transatlantiques, pas de débarquement sur le continent. Et sans débarquement, pas de victoire finale. Mais elle est souvent présentée comme un «sideshow» parce que lui donner de l'importance contredit le dogme de la victoire par les bombes. On ne peut passer sous silence cet as français du Coastal Command (ignoré en France. Une ridicule place en face de la gare Montparnasse) : Max Guedj.
> Une fois de plus, on lit à quel point Overlord fut une mécanique de précision, seulement grippée occasionnellement par l'incapacité du maréchal Montgomery à prendre en compte les besoins de l'aviation.
> l'auteur a l'intelligence de revenir sur le bombardement de Dresde (le même raisonnement s'applique à Hiroshima et Nagasaki). Notre époque d'ignares bavards et prétentieux le condamne sans nuance. C'est toujours ce ridicule complexe de supériorité qui nous fait nous juger meilleurs que nos grands-pères. Ce jugement est un anachronisme, il est le jugement de ceux qui connaissent la fin, il est une preuve de bêtise.
En février 1945, la guerre n'était pas finie, tous les moyens étaient bons pour l'abréger. Quand on est bien en paix dans ses pantoufles, on fait de la morale à deux balles et on néglige que le premier devoir lors d'une guerre est de la gagner le plus vite possible par tous les moyens. Cette pulsion très puissante qui pousse les nations en guerre à essayer de la finir le plus rapidement possible explique bien des offensives «idiotes» de 1915 et 1916.
Enfin, je pense à ces jeunes gens de la RAF comme à ceux de l'US Army Corps. A certaines périodes, ils encouraient des taux de pertes stupéfiants, 4 chances sur 5 de finir un tour d'opérations mort, blessé ou prisonnier. Et dans l'aviation, il n'y a aucun doute, ils étaient volontaires. Je ne sais pas si nous serions capables des mêmes sacrifices et du même patriotisme.
Par ardua ad astra : à travers les embûches, vers les étoiles.
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(1) : je pense que le fait que, dans deux générations successives, les meilleurs et les plus courageux aient été massacrés est de grand poids dans notre abêtissement actuel. Quand un Bloch et un Moulin meurent et qu'un Sartre et un Mitterrand survivent, ce choix du destin ne peut pas être bon pour le pays.
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