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samedi, février 15, 2020

Mémoires (M. Druon)

Je les avais déjà lus, mais je pensais qu'il y avait une suite. Hé bien non. les mémoires de Druon s'arrêtent en 1945.

Maurice Druon est vaniteux comme un paon, mais ce défaut passe toujours assez bien car on y sent l'enfant abandonné par le suicide de son père.

Il fut pris dans une polémique avec François Bayrou.

Elle lui donna l'occasion de ce jugement (en 2004) que la suite des temps a pleinement validé : « M. François Bayrou, personnage secondaire et destiné à le rester, n'est remarquable que par sa persévérance à desservir les intérêts supérieurs de la France. »

Le début, les origines familiales, est laborieux. Le milieu, la vocation littéraire, aussi. Mais la fin, jeune officier de cavalerie pendant le désastre puis la vie à Londres, est bien enlevée.

Druon comprend que la cause militaire de la défaite est l'incompétence des généraux (Weygand est, à juste titre, particulièrement éreinté) et la cause politique la pusillanimité du personnel politique, incapable de s'élever à une vue globale sur la stratégie mondiale (comme beaucoup de jeunes, Druon a été irrité par la voix chevrotante du vieillard Pétain).

A l'instar de tous ceux qui ont été recueillis à cette époque, il en garde une reconnaissance éternelle aux Anglais.

Druon n'est pas un héros, il ne le prétend d'ailleurs pas, mais il a vécu.

Et puis, d'avoir été co-auteur du Chant des Partisans (notre troisième hymne national, avec la Marseillaise et le Chant du Départ), on est éternel (sans doute ce qui excitait la jalousie du minable Bayrou), bien plus que d'avoir été secrétaire perpétuel de l'académie française.

De ce chant rédigé en une après-midi, le 30 mai 1943, comme la Marseillaise le fut en une nuit, les auditeurs comprennent immédiatement qu'ils tiennent quelque chose.

Il est utilisé comme indicatif par la BBC, puis les paroles sont diffusées par les parachutages.

Je lis qu'il n'a été connu qu'à la Libération (mesquinerie de diminuer la Résistance ? Rage de  « démythifier » ?). C'est totalement faux (les témoignages sont nombreux et ce n'est pas un péteux de France Musique qui va y changer quelque chose).

Il sert de signal partout où il y a la Résistance, sifflé par les mendiants du métro, sifflé par les tabors marocains au passage du Garigliano, chanté par les maquis, dans les rues de Paris, dans les prisons et devant les pelotons d'exécution.

mardi, juillet 24, 2012

Retour sur la polémique Druon-Bayrou


Il y a quelques années une polémique en bon français avait opposé Maurice Druon et François Bayrou :

Polémique Maurice Druon-François Bayrou

Je trouve que, du point de vue du style, François Bayrou l'avait emporté. Il est vrai que la moquerie est facile et emporte l'adhésion des imbéciles. On peut regretter que François Bayrou se soit laissé aller à cette facilité démagogique, mais cela cadre assez bien avec la foncière bassesse du personnage (c'est assez marrant qu'il soit parvenu à se composer une image altière contraire à son caractère réel).

Cependant, force est de constater que, sur le fond du propos, l'analyse de Maurice Druon a été plutôt validée par les événements.

Nous retrouvons un problème bien connu depuis la démocratie athénienne : les beaux parleurs l'emportent, cela ne prouve pas qu'ils ont raison.