Crise du Covid et querelle sur la méthode: interview exclusive du prof. Jean Roudier
18 AVR. 2020
PAR LAURENT MUCCHIELLI BLOG : LE BLOG DE LAURENT MUCCHIELLI
Un professeur de Rhumatologie à la Faculté de Médecine de Marseille revient sur la controverse au sujet des travaux de l'équipe de D. Raoult. On l'interroge sur la querelle méthodologique qui semble opposer des conceptions très différentes de la recherche et de la médecine. Il critique sévèrement les essais thérapeutiques financés par les laboratoires pharmaceutiques.
1) Bonjour Jean Roudier. En ces temps de peurs et de polémiques, les personnes sont facilement soupçonnées soit de parler à tort et à travers, soit d'avoir des intentions cachées. Pouvez-vous donc nous résumer rapidement votre parcours scientifique, et nous dire aussi d’emblée si vous avez des liens d'intérêts avec des institutions, avec des personnalités (comme le professeur Raoult) et/ou avec des laboratoires pharmaceutiques ?
Je suis un Professeur de Rhumatologie (maladies des os et des articulations) à la Faculté de Médecine de Marseille et à l'APHM, spécialiste d’une maladie inflammatoire, la polyarthrite rhumatoïde. Ma page professionnelle sur Researchgate est ici. Je dirige aussi depuis près de 30 ans une Unité de recherche de l’INSERM, l’UMRs 1097, consacrée elle aussi à la polyarthrite rhumatoïde. Je ne suis pas Marseillais. J’ai été nommé dans les Bouches-du-Rhône après avoir été "Assistant Professor" puis "Associate Professor" à l’Université de Californie à San Diego (USA). Je n’ai pas de lien d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique : je ne participe à aucun essai thérapeutique, je ne fais partie d’aucun « Board ». Et enfin je ne suis pas du tout un proche du Professeur Raoult.
2) Bien que ne faisant pas partie de ses amis, vous estimez qu'il faut prendre au sérieux ses préconisations médicales face à l'épidémie de coronavirus. Pourquoi ?
Didier Raoult a structuré le domaine des maladies infectieuses à Marseille. Il a procédé à la manière d’un bulldozer et a écrasé ou phagocyté de nombreux collègues. Mais je pense qu’il est un infectiologue compétent et un vrai chercheur, c’est-à-dire qu’il ne se contente pas d’exécuter des essais thérapeutiques pour l’industrie. C’est aussi un grand organisateur et un énorme moteur. Dans la prise en charge de l’infection par covid-19, il a préconisé et pratiqué d'emblée le dépistage massif et l’emploi de l’hydroxychloroquine, médicament doté d’activité anti covid-19 démontrée in vitro, associé à l’azythromycine, un antibiotique.
Il se trouve que l'hydroxychloroquine est un médicament que les rhumatologues utilisent depuis 40 ans aux doses de 400 à 600 mg/j pour traiter les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et surtout de lupus, une maladie auto-immune voisine. Je l’ai prescrit à des dizaines de patients pendant des années. Les accidents cardiaques sont exceptionnels et peuvent être prévenus en contrôlant un électrocardiogramme au début du traitement.
3) Dans leur volonté de présenter le professeur Raoult comme un « charlatan » voire un faussaire, tous les commentateurs (la plupart n'étant évidemment pas eux-mêmes des chercheurs) se réfèrent à la « méthodologie scientifique ». Didier Raoult a d'ailleurs écrit de longue date tout le mal qu'il pensait des « méthodologistes ». Ce n'est pas facile à comprendre au premier abord. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste ce canon méthodologique et en quoi cet argument disqualifierait ou pas le travail des équipes de l'Institut Méditerranée Infection ?
Depuis une trentaine d’années, l’industrie pharmaceutique a infiltré le milieu des médecins universitaires en leur faisant réaliser des essais de médicaments.
Les essais de médicaments, conçus et structurés par l’industrie, ont pour but de démontrer l’efficacité d’un médicament dans le traitement d’une maladie, pour obtenir ensuite sa mise sur le marché. Ces essais sont nécessaires, mais ne représentent qu’une toute petite partie de la recherche médicale. La méthodologie de ces essais comporte la définition de paramètres quantitatifs, « représentatifs » de l’état du malade et que l’on pourra traiter par des méthodes statistiques pour démonter l'efficacité d’un traitement.
La conception des essais comprend la définition de groupes de patients qui reçoivent des traitements différents, parfois sans que le médecin sache quel patient reçoit quel traitement. A la fin, une analyse statistique garantit que les résultats obtenus sont « significatifs ». Sous réserve que le paramètre analysé signifie quelque chose...
Les médecins qui participent aux essais sont des exécutants rémunérés. Ils suivent un protocole rigide, conçu par l’industriel qui finance l’essai et qui paye (habituellement dans un créneau de 1 000 à 3 000 euros par patient inclus) le médecin qui inclut des patients dans l’essai. Dans cet accord, le laboratoire pharmaceutique et le médecin investigateur sont bénéficiaires, le premier de la démonstration de l’efficacité du médicament, le second d’une somme d’argent conséquente et du soutien du laboratoire pour sa carrière.
Le patient est le dindon de la farce, car son inclusion dans un protocole standardisé d’essai médicamenteux le prive d’un suivi personnalisé.
Malgré tout, de nombreux Professeurs de médecine ne réalisent que des essais de médicaments et se considèrent comme de grands chercheurs. Ces « essayistes » profitent de la grande efficacité de l’industrie pharmaceutique à promouvoir ses hommes.
4) Mon collègue sociologue des sciences canadien, Yves Gingras, estimait ces jours-ci que la polémique actuelle en France réactive un conflit médecins/statisticiens qui aurait été tranché en faveur des seconds dès les années 1940 aux États-Unis. Que lui répondez-vous ?
Le conflit actuel n’est pas le refus par des médecins de la méthodologie des essais thérapeutiques, mais le refus par des médecins scientifiques de laisser les méthodologistes envahir tout l’espace de la médecine et de la recherche médicale.
Si on les laisse faire, il n’y aura plus de recherche médicale, juste des essais médicamenteux poussés par l’industrie. Il n’y aura plus de patients individuels, juste des participants anonymes dans des protocoles randomisés.
5) Dans cette polémique, il y a manifestement aussi des enjeux de pouvoir et d'argent autour des médicaments et des laboratoires qui les produisent, avec tout ce que cela implique en termes de liens voire de conflits d'intérêt pour des médecins haut placés dans les institutions médicales et sanitaires. Qu'en savez-vous et qu'en pensez-vous ?
Au fil des années, j’ai vu l’industrie pharmaceutique prendre, avec beaucoup de finesse, le contrôle de la médecine universitaire. Elle a fait la carrière de jeunes médecins en les faisant parler dans les congrès qu’elle finance, en les faisant publier, en les faisant connaître. Elle a réussi à remplacer les médecins chercheurs par des médecins « essayistes » et fiers de l’être ! Ces « essayistes » arrivent, avec le temps, à représenter leur spécialité et à passer pour des interlocuteurs compétents, des « Experts ». En réalité, ce sont des « Key Opinion Leaders », le terme utilisé par l’industrie pour désigner ses influenceurs.
Derrière le conflit de style entre Didier Raoult et les « Experts » (Superdupont déplaît à la Cour), il y a bien un conflit de fond entre deux conceptions de la recherche médicale, celle des chercheurs qui posent des questions et tentent d’y répondre et celle des « essayistes ». Ce n’est pas un conflit médecin contre chercheurs, mais plutôt médecin chercheur fondamentaliste contre médecins chercheurs… de capitaux.
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dimanche, avril 26, 2020
mardi, avril 21, 2020
Tribune d'un vieux médecin
***********
C’était le 15 avril dans le courrier des lecteurs du Quotidien du médecin :
Cinquante ans de médecine de campagne... J'ai 76 ans passés et j'en ai vu des épidémies de grippe dès 69-70, qui tuaient 30 à 40.000 personnes sans qu'on affole une population infantilisée par l'idée de la mort et – surtout - par médias et hommes politiques qui surfent sur la vague.
J'ai de nombreuses années assumé un cabinet de 40 à 50 malades jours et nuits et dimanches en dépit de 3 associés que j'avais accueillis à mes côtés.
Encore inscrit au Conseil de l'Ordre, je viens de soigner une dizaine de personnes atteintes du covid-19 et j'y suis passé moi-même sans encombre en n'hésitant pas à prendre Nivaquine + antibiothérapie.
Oui, on n'est pas certain de l'efficacité de ce traitement… mais alors, que proposer à nos patients ? Pour mes amis et parents, comme pour moi, je n'ai pas hésité.
Toxicité de l'hydrochloroquine ? J'en ai prescrit comme tous les autres médecins pendant 50 ans (sans qu'on m'emmerde) contre le palu et dans certaines affections rhumatismales sans le moindre incident alors que j'ai dû hospitaliser des cirrhoses au paracétamol chez des non alcooliques, sans parler des hémorragies digestives sous aspirine…
Le confinement : certes pour les personnes fragilisées et afin de ne pas engorger les services de réanimation qui n'existaient pas dans les années 70.
Mais on le prouvera quand nous serons en possession de tests sérologiques fiables : quoi qu'on fasse, les trois quarts de la population auront contracté le Covid 19 en ne présentant qu'une simple "grippette"ou une forte grippe.
Que dire de la cacophonie des "grands professeurs" (combien d'entre eux ont-ils réellement fait de la recherche fondamentale ?) des grands professeurs qui n'ont pour la plupart jamais eu à soigner une grippe et des pneumopthies virales alors que nous en avons soigné des milliers au cours de notre carrière et que sommes, nous, médecins de famille en première ligne pour soigner les trois quarts des personnes atteintes du Covid 19.
Oui : qu'ont-ils à proposer ? Alors, qu'on laisse le médecin de famille responsable faire son boulot sans lui interdire tel ou tel produit!
Ou alors, qu'on lui interdise le droit de soigner ! Seuls quelques grands spécialistes et chercheurs ont droit de nous apprendre.
Toute mon admiration va aux médecins de réanimation et à leurs assistants qui se dévouent de façon merveilleuse 24 heures sur 24 pour les cas désespérés.
Mais si on jour, il se confirme que Nivaquine et Plaquénil ont une efficacité - même relative - contre le Covid-19, alors nous serons en droit d'accuser tous ceux qui nous l'ont interdit, d'avoir mis en danger la vie de centaine de milliers de malades et - voire - de les traduire en Justice.
Car, pour avoir été maire pendant 19 ans et Conseiller Régional 12 ans, je doute de l'esprit de culpabilité de certains "grands" élus.
Docteur Jean-Louis Bellaton, né le 5 10 43, 454 chemin des Vignerons 69 830 Saint-Georges de Reneins.
***********
Sur la même longueur d'onde :
100'000 lecteurs pour l'Impertinent(e) !
C’était le 15 avril dans le courrier des lecteurs du Quotidien du médecin :
Cinquante ans de médecine de campagne... J'ai 76 ans passés et j'en ai vu des épidémies de grippe dès 69-70, qui tuaient 30 à 40.000 personnes sans qu'on affole une population infantilisée par l'idée de la mort et – surtout - par médias et hommes politiques qui surfent sur la vague.
J'ai de nombreuses années assumé un cabinet de 40 à 50 malades jours et nuits et dimanches en dépit de 3 associés que j'avais accueillis à mes côtés.
Encore inscrit au Conseil de l'Ordre, je viens de soigner une dizaine de personnes atteintes du covid-19 et j'y suis passé moi-même sans encombre en n'hésitant pas à prendre Nivaquine + antibiothérapie.
Oui, on n'est pas certain de l'efficacité de ce traitement… mais alors, que proposer à nos patients ? Pour mes amis et parents, comme pour moi, je n'ai pas hésité.
Toxicité de l'hydrochloroquine ? J'en ai prescrit comme tous les autres médecins pendant 50 ans (sans qu'on m'emmerde) contre le palu et dans certaines affections rhumatismales sans le moindre incident alors que j'ai dû hospitaliser des cirrhoses au paracétamol chez des non alcooliques, sans parler des hémorragies digestives sous aspirine…
Le confinement : certes pour les personnes fragilisées et afin de ne pas engorger les services de réanimation qui n'existaient pas dans les années 70.
Mais on le prouvera quand nous serons en possession de tests sérologiques fiables : quoi qu'on fasse, les trois quarts de la population auront contracté le Covid 19 en ne présentant qu'une simple "grippette"ou une forte grippe.
Que dire de la cacophonie des "grands professeurs" (combien d'entre eux ont-ils réellement fait de la recherche fondamentale ?) des grands professeurs qui n'ont pour la plupart jamais eu à soigner une grippe et des pneumopthies virales alors que nous en avons soigné des milliers au cours de notre carrière et que sommes, nous, médecins de famille en première ligne pour soigner les trois quarts des personnes atteintes du Covid 19.
Oui : qu'ont-ils à proposer ? Alors, qu'on laisse le médecin de famille responsable faire son boulot sans lui interdire tel ou tel produit!
Ou alors, qu'on lui interdise le droit de soigner ! Seuls quelques grands spécialistes et chercheurs ont droit de nous apprendre.
Toute mon admiration va aux médecins de réanimation et à leurs assistants qui se dévouent de façon merveilleuse 24 heures sur 24 pour les cas désespérés.
Mais si on jour, il se confirme que Nivaquine et Plaquénil ont une efficacité - même relative - contre le Covid-19, alors nous serons en droit d'accuser tous ceux qui nous l'ont interdit, d'avoir mis en danger la vie de centaine de milliers de malades et - voire - de les traduire en Justice.
Car, pour avoir été maire pendant 19 ans et Conseiller Régional 12 ans, je doute de l'esprit de culpabilité de certains "grands" élus.
Docteur Jean-Louis Bellaton, né le 5 10 43, 454 chemin des Vignerons 69 830 Saint-Georges de Reneins.
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jeudi, décembre 29, 2011
Les USA inoculent-ils le cancer ?
Pour Chavez, les États-Unis peuvent «inoculer le cancer»
Hugo Chavez est un provocateur. Je ne crois pas une minute que les USA provoquent une épidémie de cancers chez les dirigeants sud-américains : cela n'a aucun intérêt, on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne.
Cependant, pour revenir à un point de vue purement technique, est-il possible de provoquer un cancer chez une personne ?
Oui, rien de plus facile, surtout pour une puissance nucléaire. On met dans l'environnement de la cible un matériau hautement radioactif : sous le lit, sous le siège de la voiture, sous le fauteuil de bureau, les possibilités sont infinies. Puis, il suffit de de le retirer, ni vu ni connu.
Paraît-il que les soviétiques étaient coutumiers du fait.
Hugo Chavez est un provocateur. Je ne crois pas une minute que les USA provoquent une épidémie de cancers chez les dirigeants sud-américains : cela n'a aucun intérêt, on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne.
Cependant, pour revenir à un point de vue purement technique, est-il possible de provoquer un cancer chez une personne ?
Oui, rien de plus facile, surtout pour une puissance nucléaire. On met dans l'environnement de la cible un matériau hautement radioactif : sous le lit, sous le siège de la voiture, sous le fauteuil de bureau, les possibilités sont infinies. Puis, il suffit de de le retirer, ni vu ni connu.
Paraît-il que les soviétiques étaient coutumiers du fait.
mardi, mars 08, 2011
La médecine moderne est-elle un progrès humain ?
Dans le sillage de Never let me go, je continue à me poser les questions qui me turlupinent depuis un certain temps.
J'ai commencé par mettre en cause la médecine par ses effets démographiques et politiques.
Avant l'arrivée des colons blancs, l'Afrique était en équilibre démographique. Comme disait un vieux colon dans Les racines du ciel : «On y baisait comme des lapins et on y mourait comme des mouches.» Aujourd'hui, on y baise toujours comme des lapins, mais on a cessé d'y mourir comme des mouches.
Or, les effets de cette explosion démographique sont dévastateurs : dissolution des liens traditionnels, tensions interethniques, inflation, pénuries, famines, ... Les révoltes arabes, dont je suis loin d'être enthousiaste (j'espère un happy end, mais je n'en suis pas persuadé), ne sont qu'un signe parmi d'autres.
A l'autre bout de la vie, chez nous, l'inflation continue de la tranche d'âge entre 70 ans et 120 ans est à mes yeux un grand malheur collectif (même si il réserve des bonheurs individuels). En effet, nos sociétés y perdent le goût de l'aventure, le souci de l'avenir, l'attirance pour la découverte.
Nous vivons dans des sociétés vieilles qui saccagent les qualités humaines à force de rabougrissement, de frilosité et de nombrilisme.
Les Romains, qui vivaient deux fois moins longtemps que nous, faisaient des lois pour l'éternité. Nous faisons des lois de circonstance, pour l'événement de la semaine dernière et qui ne dureront pas cinq ans.
Ceci, pour la collectivité, mais pour les individus ?
Nous mourrons tous un jour, mais la médecine moderne, en masquant cette inéluctabilité de la mort sous la froideur technicienne, nous empêche d'apprivoiser notre propre mort. Nous sommes loin du Que philosopher, c'est apprendre à mourir, de Montaigne.
Et la peur panique de la mort débouche sur l'instrumentalisation de l'homme : bébé-éprouvette, bébé-médicament, cellules-souches, embryons-médicaments, trafic d'organes, etc.
Les nazis utilisaient l'humain comme matière (on connaît les abats-jour en peau de juifs). Nous n'en sommes pas là mais nous suivons une pente inquiétante.
Le tableau philosophique de la médecine contemporaine n'est pas rose. Mais je ne sais pas comment y parer.
J'ai commencé par mettre en cause la médecine par ses effets démographiques et politiques.
Avant l'arrivée des colons blancs, l'Afrique était en équilibre démographique. Comme disait un vieux colon dans Les racines du ciel : «On y baisait comme des lapins et on y mourait comme des mouches.» Aujourd'hui, on y baise toujours comme des lapins, mais on a cessé d'y mourir comme des mouches.
Or, les effets de cette explosion démographique sont dévastateurs : dissolution des liens traditionnels, tensions interethniques, inflation, pénuries, famines, ... Les révoltes arabes, dont je suis loin d'être enthousiaste (j'espère un happy end, mais je n'en suis pas persuadé), ne sont qu'un signe parmi d'autres.
A l'autre bout de la vie, chez nous, l'inflation continue de la tranche d'âge entre 70 ans et 120 ans est à mes yeux un grand malheur collectif (même si il réserve des bonheurs individuels). En effet, nos sociétés y perdent le goût de l'aventure, le souci de l'avenir, l'attirance pour la découverte.
Nous vivons dans des sociétés vieilles qui saccagent les qualités humaines à force de rabougrissement, de frilosité et de nombrilisme.
Les Romains, qui vivaient deux fois moins longtemps que nous, faisaient des lois pour l'éternité. Nous faisons des lois de circonstance, pour l'événement de la semaine dernière et qui ne dureront pas cinq ans.
Ceci, pour la collectivité, mais pour les individus ?
Nous mourrons tous un jour, mais la médecine moderne, en masquant cette inéluctabilité de la mort sous la froideur technicienne, nous empêche d'apprivoiser notre propre mort. Nous sommes loin du Que philosopher, c'est apprendre à mourir, de Montaigne.
Et la peur panique de la mort débouche sur l'instrumentalisation de l'homme : bébé-éprouvette, bébé-médicament, cellules-souches, embryons-médicaments, trafic d'organes, etc.
Les nazis utilisaient l'humain comme matière (on connaît les abats-jour en peau de juifs). Nous n'en sommes pas là mais nous suivons une pente inquiétante.
Le tableau philosophique de la médecine contemporaine n'est pas rose. Mais je ne sais pas comment y parer.
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