Affichage des articles dont le libellé est parlez français. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est parlez français. Afficher tous les articles

mardi, novembre 07, 2017

La droite doit arrêter de parler la langue de la gauche

La droite doit arrêter de parler la langue de la gauche

Vous savez quelle importance j'attache au fait de parler avec les bons mots, car les mots encadrent les pensées.

Il est vrai que, pour nos politiciens, le problème est plus profond que les mots. Comme le dit l'auteur au détour d'une phrase, la plupart de nos politiciens qui se prétendent de droite ont des mécanismes intellectuels, des références et des réflexes, de gauche.

Mais, s'ils changeaient de mots, le plus difficile serait fait.

****************
Il y a un élément structurel qui affaiblit la position des Républicains et on le voit fort bien à l'occasion des élections pour la présidence de ce parti. Même lorsqu'elle défend des idées conservatrices, même lorsqu'elle avance des arguments libéraux, la droite le fait avec des mots, des expressions, des concepts qui ont été forgés par la gauche. Et, naturellement, lorsque l'on a adopté la sémantique de la gauche, il devient très difficile, pour la droite, d'aller au bout de ses idées. La pensée de droite parlée dans une langue de gauche finit en lapsus, en actes manqués et, le plus souvent, en eau tiède. La droite française a depuis longtemps perdu la bataille sémantique. Et elle est condamnée à perdre encore beaucoup de batailles électorales si elle ne se met pas, dare-dare, à livrer le combat du langage politique.

Prenons quelques exemples des pièges de la langue de gauche. La droite - celle du parti Les Républicains - est souvent qualifiée de « droite républicaine ». Mais qui donne ce brevet de vertu républicaine : la gauche, bien sûr ! Autrement dit, c'est la gauche qui fixe les contours de ce que peut être la droite. Et à partir du moment où elle fixe les limites de la droite, elle détermine également étroitement ce que peut être son programme. Et si un malheureux s'aventure en dehors de ces frontières, il sera excommunié non seulement par la gauche, mais aussi par son propre camp: tous diront qu'il ne fait plus parti de la « droite républicaine ».

C'est donc la gauche qui, sémantique aidant, nomme la droite. Pour sortir de ce piège, il faudrait que le principal parti de droite se nomme lui-même, renoue avec la langue de droite. J'ai proposé l'appellation de « parti conservateur ». On m'a dit, de toutes parts, qu'il ne pouvait pas en être question, que cela ne serait pas accepté. Pas accepté ? Certes, pas par la gauche qui verrait d'un très mauvais œil qu'un parti de droite ose se nommer, se désigner lui-même. On m'a dit aussi que ce serait contraire à la tradition française. Quelle blague, alors que c'est Chateaubriand qui a donné son sens politique à ce mot ! Disons plutôt que le surmoi culturel de beaucoup d'hommes de droite est en fait foncièrement à gauche

La vérité est qu'une grande partie du vocabulaire politique français est truffé de pièges sémantiques, de faux-amis, de chausse-trappes, de chevilles de langage qui biaisent invariablement l'expression de la pensée de droite et la dénaturent. Deux adjectifs emportent le pompon: « social » et « républicain ». Dès qu'ils sont accolés à un mot ou à un autre adjectif, ils le tirent systématiquement vers la gauche. Pourquoi les «valeurs de la République», alors que les « libertés fondamentales » ont plus de sens ? Pourquoi « l'école républicaine », alors que « l'instruction publique » a un contenu beaucoup plus signifiant?  Pourquoi toutes ces invocations de la « justice sociale », concept indéfinissable, alors qu'il serait beaucoup plus pertinent de parler de « justice et d'équité »? Pourquoi continuer à parler de « capitalisme » (forcément sauvage), alors que le terme adéquat est « économie de marché » ou même « économie libre » ?

Et puis, il y a tous ces concepts et tous ces mots qui ont une signification vraie dans la pensée de droite et dont l'usage est soit détourné, soit négligé alors qu'ils portent des éléments essentiels d'un projet conservateur et libéral: autorité, bien commun, confiance, famille, nation, responsabilité. Les mots, les mots bien choisis, disent le fond d'un projet politique. Cette bataille du langage est cruciale. Il importe, de toute urgence, que les hommes politiques de droite se réapproprient la langue de leurs idées.
****************


samedi, novembre 04, 2017

Parlez français !

Nous affrontons des combats difficiles.

Mais, aujourd'hui, je vous propose un combat assez facile et fondamental : la défense de la langue française.

Les idées des hommes passent par les mots, c'est pourquoi la défense de la langue n'est jamais un vain combat.

Vous me direz peut-être que les Québecois refusent les mots anglais et voient pourtant leur langue colonisée par les anglicismes. Certes.

Vous devez avoir un guide sûr : le bon goût. Et vous avez la liberté de parler comme vous désirez : rien ne vous oblige à partager les tics verbaux des imbéciles. Il y a un plaisir certain à parler correctement à des baragouineurs.


« Il faut défendre la langue française contre les Trissotin du féminisme »

Écriture inclusive : un outil d’exclusion



Enfin Malherbe vint, et, le premier en France,
Fit sentir dans les vers une juste cadence,
D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,
Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Par ce sage écrivain la langue réparée
N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.
Les stances avec grâce apprirent à tomber,
Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.
Tout reconnut ses lois; et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.
Marchez donc sur ses pas ; aimez sa pureté,
Et de son tour heureux imitez la clarté.
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,
Mon esprit aussitôt commence à se détendre,
Et, de vos vains discours prompt à se détacher,
Ne suit point un auteur qu'il faut toujours chercher.
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux ;
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.

Nicolas Boileau, L’art poétique, chant I, v.131-162