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dimanche, avril 02, 2017

Fillon, le "cabale-héros"

Petit billet juste pour clarifier un point que certains semblent avoir du mal à comprendre :

1) Oui, il y a bien une cabale contre François Fillon. La preuve en est publique et visible de tous : le timing des révélations et des poursuites. Rappelons que nous parlons d'affaires qui remontent à plusieurs années.

Il n'y a même pas besoin de complot en bonne et due forme : la justice et la presse étant outrageusement partisanes, l'impulsion initiale suffit à lancer la machine. La presse et la justice pourraient être discréditées de se laisser ainsi instrumentaliser pour saper la sincérité d'une élection, mais, heureusement, cela fait bien longtemps qu'elles ont perdu tout crédit.

Il n'empêche que, et ce n'est pas contradictoire :

2) Fillon a été mauvais comme un cochon :

a) En se rendant vulnérable par cupidité. Ce n'est pas parce que beaucoup le font que c'est bien.

b) En ne déminant pas. Stéfanini a reconnu une grosse faute. Pourtant, un tweet de Rachida Dati il y a quelques mois aurait du leur mettre la puce à l'oreille (c'est ce tweet qui a servi ensuite à détourner de l'Elysée les soupçons des crétins).

c) En réagissant mollement et avec un grand retard. Le manque de préparation et de combativité était patent. Sur ce sujet, Marine Le Pen lui a donné une leçon.

d) En faisant de sa prétendue probité (Mongénéral mis en examen ...) un argument contre Sarkozy.

Il n'y a pas de contradiction entre 1 et 2 mais, hélas pour Fillon, complémentarité.

vendredi, mars 24, 2017

Le problème de Fillon

David Desgouilles : « L'Émission politique nous a fait honte »

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Sur le fond, cette émission peut-elle permettre à François Fillon de rebondir ?

Je ne crois pas. Certes, la confrontation avec Madame Angot a pu lui rendre service mais la seule bonne séquence de l'émission - le reportage en immersion dans le milieu hospitalier- a mis en évidence le problème de base de sa campagne bien avant le premier article du Canard Enchaîné: l'impression de sécheresse qu'il semble donner par rapport à l'état social de notre pays. Lorsqu'un médecin urgentiste (certes représentant CGT) lui explique l'état psychologique des personnels hospitaliers et qu'il rétorque qu'il s'agit là de considérations «idéologiques», on perçoit sinon l'impossibilité pour lui d'être élu, mais au moins l'impossibilité future de François Fillon de gouverner s'il l'était. Entre lui et une majorité écrasante des Français, on peut penser qu'il existe, désormais, un gouffre d'incompréhension.
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Comme je le dis depuis le début, le problème de Fillon est politique : il ne parle pas à la France des perdants de la mondialisation.

Un commentateur a résumé encore plus brutalement, à propos de Jean Lasssalle : « Lui au moins n'a pas une calculatrice à la place de la tête ».

L'économisme rend les analystes et les politiciens cons comme des balais et François Fillon est l'un des plus touchés.









samedi, mars 18, 2017

Pourquoi je ne voterai pas pour François Fillon

A un mois du premier tour des élections présidentielles, je me méfie plus que jamais des discours des candidats : les mots ne coutent pas cher. En revanche, je regarde leurs actes.

François Fillon vient d'accorder des investitures pour les élections législatives qui donnent une minorité de blocage aux couilles molles de l'UDI (en particulier, au détriment de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil pour qui j'ai la plus grande estime).

Ce fait suffit à le classer et à décider de mon attitude à son égard.

Après, il pourra justifier cette décision de toutes les manières, encore une fois, les mots sont bon marché. Mon opinion est faite (l'honnêteté m'oblige à dire que je n'avais guère de doutes : j'ai de l'estime pour sa manière de résister à la cabale montée contre lui, mais pour la politique, je crois son intelligence et son caractère fort médiocres, très conventionnels et sans une once d'originalité et de rectitude : c'est quand même le type qui a trahi Seguin pour rejoindre l'opinion dominante).



lundi, mars 06, 2017

Le fond de Fillon

L’affaire Fillon n’est pas si anecdotique qu’il y paraît. Bien sûr, les faits reprochés à François Fillon sont par eux-mêmes anecdotiques (même s’il finit par être condamné, ce qui est très loin d’être certain), ceux qui poussent des hurlements de douleur et se déchirent la poitrine sont des comédiens. En revanche, ce qui n’est pas anecdotique, c’est de savoir qui est souverain : la collusion des juges, de la presse et des notables ou le peuple français ?

D’après Carl Schmitt, est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle. Pour moi, cela règle la question de l’avenir de François Fillon : si on est démocrate, on doit considérer que le seul habilité à juger François Fillon est le peuple français. C’est à lui de décider s’il veut faire une exception pour François Fillon ou non.

Le sauve-qui-peut autour de François Fillon, est hallucinant : cette fuite éperdue, sous la pression de juges, de sondages et de médias discrédités -le mot est faible, passe au premier abord pour une hallucination, tellement ce comportement est veule, lâche et mesquin. On se pince pour y croire. Et cette racaille veut être député, ministre ?

Bien malgré lui, Fillon se trumpise. Espérons pour lui qu'il saura le comprendre et l'assumer.

Le coup de pied de l’âne de Juppé nuira-t-il vraiment à un Fillon trumpisé ?

S'il y arrive, il aura autant de chances de l'emporter que Trump.

J'espère que vous goûterez comme moi les gazouillis de Jean-Marie Le Pen. Le menhir est en forme :



Quelques articles bien saignants :

1) Juppé s'est montré égal à lui même, c'est-à-dire un pauvre con, sans noblesse ni envergure, mesquin, rancunier un petit mec, ce qui est navrant à son âge (si Juppé a été un jour gaulliste, moi j'ai été indien guarani avec une plume dans le cul) :


« Des militants radicalisés » : le jour où Alain Juppé a cessé d'être gaulliste

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Alain Juppé sait qu'il n'incarne ni « l'exemplarité » ni le « renouvellement » qu'attendent les Français. «Il est trop tard», reconnaît-il. Il ne se présentera pas. Mais, au lieu d'appeler au rassemblement, à la cohésion, le voilà qui se livre à un dégommage en règle du candidat Fillon. Il pointe son « obstination » ; il critique «l'impasse» de sa stratégie de défense dénonçant un « prétendu complot » et un «assassinat politique» (ce que le principal intéressé a tempéré au Trocadéro) ; il lui reproche de n'avoir conservé derrière lui qu'un « noyau radicalisé » (!) des sympathisants LR. Bref, il dilapide la moitié de son intervention télévisée à carboniser l'image de François Fillon. Cette posture fait écho aux déclarations de Nicolas Sarkozy, qui propose une réunion dans l'urgence pour préparer une « voie de sortie digne ». Digne ? La dignité se logerait-elle de nos jours dans les trahisons en série, les revirements opportunistes, les sabotages perfides, les dérobades décomplexées ?

Ainsi en a décidé la meute. Coûte que coûte, elle torpille celui dont elle ne voulait pas et que personne n'avait vu venir, elle crache sur sa ténacité, elle prophétise son éviction du second tour en agitant le chiffon rouge du « fanatisme » du FN ou de « l'immaturité » de celui qui fut « l'instigateur de la politique économique » de François Hollande. En somme, si la droite perd, ce sera exclusivement la faute de Fillon. Chacun s'exonère en amont de sa part de responsabilités avant même les résultats du scrutin. Les bourgeonnements printaniers de la fausse vertu puisent leur engrais dans la couardise. Alain Juppé va jusqu'à caricaturer l'électorat du Trocadéro, qui ne serait donc qu'un vulgaire ramassis de réacs cathos. « Radicalisés ! » pour une foule calme qui agite des drapeaux tricolores ! Avec ce terme il a confirmé qu'il n'avait plus grand-chose d'un gaulliste.
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Gilles-William Goldnadel : « En France, la justice et les médias sont intouchables »

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Qui pourrait me montrer le texte légal qui proscrirait la critique du système judiciaire ou médiatique ou celle de certains juges ou journalistes ? Il est certes prohibé de jeter le discrédit sur une décision de justice particulière, et ce en termes méprisants. La dernière fois qu'il m'a été donné d'entendre critiquer un jugement, c'était M. Benoît Hamon qui y procédait, en des termes sévères, au micro de France Inter.

[…]

Qui pourrait m'indiquer pour quelles raisons morales, seuls les journalistes et les juges, pour qui n'existe déjà aucun véritable contre-pouvoir, et le système qui les régit, seraient incritiquables ou intouchables, à l'instar des vaches sacrées ?

[…]

On peut sans doute tout faire au peuple de France. Le désinformer, l'empêcher de se réformer, de défendre son identité, sa culture ou son intégrité. Fausser le jeu démocratique et judiciaire. Tout, sauf le droit de l'empêcher de dire qu'il n'est pas dupe de la duperie d'un procédé et de la duplicité d'un système.
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François Hollande, la droite et le FN : le retour du pompier-président-pyromane !

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Il est des grands classiques de la politicaillerie mitterrandiste qu'aucun dirigeant socialiste digne de ce nom n'entend négliger. Agiter l'épouvantail du FN après voir tout fait pour le voir monter est une de ces figures obligées, comme on en trouve en patinage artistique.

Sauf que la piste est de plus en plus glissante, les patins de plus en plus rouillés et le patineur de plus en plus fatigué. C'est donc en athlète en bout de course que François Hollande a mis pour la énième fois en garde les électeurs contre le danger que le ventre fécond accouche d'une bête immonde qui finira par naître vieillarde à force de voir sa mise au monde annoncée puis retardée.

[…]

On peut aller plus loin et se demander si Hollande, à la veille d'être congédié de l'Élysée, n'est pas secrètement tenté de jouer la tactique de la terre brûlée. À force de crier au loup, il signale à cette bête intelligente que la porte de la ville est dégarnie de défense et prépare les esprits des bourgeois à la voir arriver. C'est une sorte d'anticipation auto-réalisatrice sur fond de rouerie politicarde.

Mais il y a peut-être une autre explication. François Hollande est soupçonné d'aider Macron en sous-main. Le report des voix de droite « républicaine » sur le télévangéliste de l'oligarchie dans une deuxième tour face à Le Pen est moins qu'assuré. Si Fillon est sèchement éliminé, la fureur de son électorat pourrait le conduire à voter pour la candidate du Front national au second tour. Il ne faut pas oublier que la France est aujourd'hui majoritairement de droite, toute nuance confondue. Il suffirait donc que Marine Le Pen parvienne à adoucir son image et à assimiler Macron à Hollande pour que les sondages soient cruellement démentis, de la même manière qu'ils l'ont été aux États-Unis ou en Grande-Bretagne récemment.

Mais, ici aussi, François Hollande joue avec le feu. Plus il soutiendra Macron ouvertement, plus il fera partager la détestation populaire qui l'accable à ce successeur éventuel et quasi-fils spirituel.

En contribuant à faire battre Macron, François Hollande aura alors achevé en apothéose son entreprise de destruction de la Ve république et même de l'Union européenne. Et le tout en paraissant œuvrer pour le contraire !

Un vrai triomphe historique pour cet enfumeur-né …
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vendredi, mars 03, 2017

Fillon, c'est fini (les rats quittent le navire)

Les défections se multiplient autour de François Fillon. La situation devient intenable.

Ce n'est pas glorieux car ces défections sont basées sur du vent, ou, plus exactement, du bruit médiatique, un théâtre d'ombres. Il n'y a pas d'affaire Fillon : il a payé sa femme comme attachée parlementaire pendant des années comme beaucoup qui n'ont aucun ennui et, en plus c'est ancien, la belle affaire !

En même temps, cette injustice comporte une justice immanente. Pour être président, résister ne suffit pas, il faut tuer, et Fillon n'est est pas un tueur. Et puis, il est juste que la fausse droite paye des décennies de soumission à la gauche (si elle avait épuré la presse, la justice et l'université, elle n'en serait pas là).

Nous allons donc nous retrouver à choisir entre Macron et Juppé (pour ma part, je préfère Macron, ça permet au moins de liquider la fausse droite). De toute façon, placé devant ce choix, je voterai Le Pen, et je ne serai pas tout seul.

C'est Buisson qui doit se fendre la poire.

Il faudra un jour faire le procès de François Hollande, qui a réussi à fausser une élection cruciale. Le peloton d'exécution dans les fossés de Vincennes.

Fillon a certes un recours : l'appel au peuple. Mais pour que ça marche, il faudrait qu'il fût considéré comme l'homme du peuple, il est homme de de Castries.

Pour sauver les meubles, il pourrait appeler au secours Zemmour et de Villiers, mais cela suppose une audace et une imagination dont il est incapable. Il n'a déjà pas été capable de virer les félons avant qu'ils ne le quittent.

dimanche, février 26, 2017

L'échec de Fillon

La campagne électorale de François Fillon est d'ors et déjà un échec.

Il devrait être grandissime favori, il ne l'est pas. Même s'il gagne (c'est quand même le plus probable), il n'aura pas la légitimité que donne une large victoire.

Pourquoi ?

Réponse courte : parce c'est un con.

Réponse longue : parce qu'il nous ramène quinze ans en arrière. Il fait campagne comme s'il n'y avait pas eu Sarko 2007, Buisson, Zemmour, de Villiers, (et leur plus d'un million d'exemplaires à eux trois), Guilluy, le supplice de la Grèce, le Brexit, Trump. Evidemment, quand on a comme conseiller Henri de Castries, les peines de la France profonde et l'intérêt de la France ...

L'affaire Pénélope n'aurait pas pris une telle ampleur si Fillon n'avait pas lui-même placé sa campagne sur le terrain de la morale parce que, au fond, il ne veut pas discuter de politique puisqu'il n'a aucune intention de changer la politique qui échoue depuis trente ans.

Guillaume Tabard : « L'inefficacité électorale du vieux logiciel anti-FN »

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Emmanuel Macron «ne se résout pas» à sa qualification en finale de la présidentielle ; François Fillon prévient qu'elle risque de gagner s'il n'est pas lui-même présent au second tour ; Benoît Hamon recherche l'unité de candidature à gauche pour empêcher un face-à-face entre «la droite dure et l'extrême droite». Mais en affichant leur obsession de la présidente du FN, ces candidats montrent aux électeurs, à leurs propres électeurs, que la courbe des sondages de Marine Le Pen leur importe plus que celles du chômage, des violences, de la pauvreté, du malaise des salariés, du niveau d'instruction… Alimentant ainsi, à l'inverse de leur souhait, ce vote Le Pen.
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Mélenchon, quoi que je pense de lui, est plus intelligent : en 2012, il était opposé à la sortie de l'Euro. En voyant ce qui est arrivé à Tsipras, il a changé d'avis.

Et pourtant, Fillon n'a rien à inventer, il lui suffit juste de ré-écouter le discours de Seguin de 1992. Même cela paraît au-dessus de ses capacités.

Sarkozy, en le qualifiant son premier ministre de collaborateur, avait été cruel mais juste.

Buisson raconte une anecdote éclairante : il est assis à coté du président, il se lève pour aller aux toilettes, quand il revient, le premier ministre lui a pris sa place. Fillon, ça vole haut.

Seul contrepoint : à mes yeux, la passion fillonesque pour la course automobile ne cadre pas bien avec cette médiocrité générale







jeudi, février 16, 2017

Pourquoi Macron est bien meilleur que Fillon

Je constate de plus en plus, avec regret, qu'Emmanuel Macron est des kilomètres au-dessus de François Fillon, tout simplement parce qu'il est cohérent. C'est un libéral-libertaire, léger comme une plume, pour qui tout est consommable, la famille, la langue, la culture, ... Sans attaches définitives (pour le coup, il est significatif qu'il n'ait pas d'enfants).

Il peut dire tout et son contraire si cela satisfait son Moi, c'est-à-dire, en ce moment, son objectif marketing de devenir président de la république.

Rien ne l'attache définitivement, aujourd'hui il aime l'histoire de France, demain il la détestera, ou l'inverse. Peu importe puisqu'il vit dans l'éternel présent de l'homme post-moderne. Et, en plus, il croit que ce présent éternel est la voie de l'avenir.




Je comprends qu'un tel homme ait un public que, le temps d'une élection, on baptisera électorat.

En face, François Fillon a un boulevard, il n'a qu'à s'opposer à Macron terme à terme. Il lui suffit d'incarner l'homme des permanences, des liens qui engagent, de la protection. L'homme de la patrie face à l'homme de la mondialisation, l'homme de l'artisanat face à l'homme des robots, l'homme du travail face à l'homme de la consommation etc.

En posant un choix aussi clair, il est sûr de l'emporter.

Pour un châtelain marié depuis trente ans, père de famille, cela devrait être frisou.

Hé bien, pas du tout ! Comme l'a compris Patrick Buisson, Fillon est un progressiste, qui ne voit rien, ou pas grand'chose, au-delà de l'économisme technocratique. Ce n'est pas possible d'être branque à ce point.

Pendant ce temps le complot contre Fillon (c'est facile, vu comme la cible est coopérative) continue :
















mercredi, février 15, 2017

Patrick Buisson: "Macron et Fillon, frères jumeaux d'une même pensée"

Un article de L'Express du 31 janvier.

Patrick Buisson: "Macron et Fillon, frères jumeaux d'une même pensée"

L'élection présidentielle de 2017 marque-t-elle le triomphe des primaires ?

Les primaires auront fonctionné comme une formidable machine à remonter le temps : avec le rétablissement implicite du suffrage censitaire et le retour au système des candidatures officielles, tel que l'avait instauré Napoléon III, nous voici revenus au XIXe siècle [excellent J]. Etrange régression démocratique qui a pour effet d'aggraver la crise de représentation en renforçant le poids politique des classes urbaines dominantes, alors qu'il faudrait rouvrir le jeu au moment où, partout dans le monde, la poussée des populismes traduit la volonté des catégories populaires d'être représentées et gouvernées selon leurs intérêts [visiblement, Buisson partage mon inquiétude de voir la France rater un tournant historique].

Avec moins de 13 % du corps électoral, les primaires n'auront mobilisé que les inclus et offert à une minorité partisane, sociologiquement homogène, le pouvoir de construire l'offre politique. La manœuvre est, cependant, en train d'échouer. Conçues comme une procédure de relégitimation pour sauver la partitocratie, les primaires débouchent sur un big bang politique.

La dynamique va aux candidats hors système, de Macron à Le Pen, quand les candidats des deux partis de gouvernement, issus des primaires, sont déjà en grande difficulté. En fait, c'est la dislocation du système partisan qui est désormais inéluctable. Les partis du bloc central ne sont plus des grands corps malades, mais des cadavres en état de décomposition avancée.

Mais François Fillon peut compter sur un socle autrement plus fort que celui de Benoît Hamon, non ?

Le problème de la droite, c'est de renouer l'alliance victorieuse des forces conservatrices et de l'électorat populaire. Celle qui fut à l'origine du succès du RPF en 1947, du triomphe gaulliste en 1958 et de l'élection de Sarkozy en 2007. Or la primaire de la droite a enfermé Fillon dans une base sociologique très restreinte. Jadis, Malraux pouvait dire du gaullisme que c'était le métro à l'heure de pointe. Aujourd'hui, le fillonisme, ce n'est guère plus que le Rotary à l'heure de l'apéritif. Ce retour à un ghetto électoral tend à montrer que le sarkozysme n'aura été qu'une brève parenthèse dans l'histoire du déclin de la droite. En 1981, les candidats de la droite de gouvernement rassemblaient 49,3 % de suffrages au premier tour de la présidentielle. En 2012, ils n'en attiraient plus que 29 %. Dans l'intervalle, le Front national a progressivement occupé la place jadis dévolue au RPR.

François Fillon s'inscrit-il dans la lignée de Nicolas Sarkozy ?

Non, pour ce que l'ancien président avait de meilleur. Hélas oui, pour ce qu'il avait de pire : la réduction de la droite à la défense d'intérêts catégoriels, son identification au gros argent, aux fermiers généraux des grandes compagnies de la finance globalisée. Cette droite-là ne psalmodie les sourates de l'économisme que pour mieux dissimuler le fait qu'elle choisit finalement le marché contre le sacré. La faute originelle de Fillon, celle dont tout découle, aura été, sous le couvert de la rupture, de porter un programme qui fait de lui le candidat du patronat. Du coup, il ne pouvait apparaître, selon la formule de Madelin, que comme un "Robin des bois à l'envers", l'homme qui prend aux pauvres pour donner aux riches.

Quel projet politique porte-t-il ?

L'acte fondateur de sa campagne a été sa visite au Salon des nouvelles technologies de Las Vegas en janvier. Le candidat geek autoproclamé y a affirmé sa volonté de faire de la France une "smart nation" dans un monde connecté. L'idolâtrie des moyens va toujours de pair avec l'oubli des fins. C'est ce que rappelait déjà Bernanos dans La France contre les robots, quand il écrivait qu'un Etat n'existe qu'en vue de la fin qui justifie sa raison d'être. A savoir le service du bien commun [De Gaulle disait : "D'abord, la France. Ensuite, l'Etat."].

Si un conservateur est un libéral vacciné contre les illusions du progrès, Fillon n'est pas un conservateur, mais, au contraire, un adepte du progrès-croyance, un esprit gnostique qui croit que le progrès est non plus dans l'homme mais dans la technique. Or le propre de la pensée conservatrice - et c'était là le cœur du message de la Manif pour tous - tient dans l'idée que, derrière chaque progrès, il y a un antiprogrès potentiel et que, la plupart du temps, les innovations qu'apporte la modernité sont pires que les problèmes qu'elle croit résoudre. Qu'en sera-t-il de la révolution numérique quand on sait que la "révolution agricole" des années 1950-1970 a détruit 5 millions d'emplois pour n'offrir aux consommateurs qu'un peu de chimie dans leur assiette ?

A-t-il eu raison de se présenter comme "chrétien" ?

Le christianisme postule le refus de la domination absolue du monde marchand, la malédiction biblique des idoles, que Marx recyclera en se faisant le contempteur du "fétichisme de la marchandise". A cette aune, Mélenchon est plus chrétien que Fillon. Plus chrétien de ce point de vue, parce que plus marxiste.

Avant même l'"affaire Penelope", qu'est-ce qui expliquait, selon vous, l'enlisement de la campagne Fillon ?

La doctrine de Fillon n'a pas changé. Elle se résume à sa déclaration inaugurale de 2007 : "Je suis à la tête d'un Etat en faillite." A travers cette vision purement gestionnaire et comptable, il y a un renversement total de perspective, une abdication complète du rôle essentiellement politique de l'Etat au profit d'un management qui n'est plus gouvernement des hommes, mais administration des choses. Ainsi s'accomplit le remplacement de la fonction souveraine par la fonction économique. Fillon a choisi d'apporter une réponse technicienne à une opinion dont la demande est principalement régalienne: protection, sécurité, autorité de l'Etat, retour des frontières. Pour Trump, le contexte, dominé par le terrorisme islamiste, commande de faire exactement l'inverse.

Comment peut-il réorienter sa campagne pour toucher les catégories populaires ?

Pour cela, il faudrait qu'il sache, selon le mot de De Gaulle, "chanter à la nation la romance de sa grandeur". Or l'exaltation de ce capital-là, le capital immatériel que composent notre identité, notre mode de vie et notre patrimoine, ne lui inspire que des mots convenus. Au moins pourrait-il s'affranchir d'un discours tout économique pour aborder les vrais enjeux. Le problème central de la société française est celui de la déliaison libérale, qui ne veut connaître que des hommes déliés, détachés de toute vie communautaire. De là procède la dynamique populiste qui exprime la nostalgie des appartenances, des communautés et des solidarités perdues.

L'urgence politique est de répondre à cette quête de communauté et de rétablir l'oikos [du grec ancien, "maison", "patrimoine"] au coeur de l'oikonomia ["gestion de la maisonnée"]. Il y a en France 10 millions d'aidants qui se consacrent à des proches, malades ou dépendants. Cela représente une économie de plus de 160 milliards d'euros par an pour l'Etat. Plutôt que de prôner une énième réforme de la Sécurité sociale, le candidat de la droite serait mieux inspiré de favoriser ces solidarités communautaires, cet "être ensemble" qui ne relève pas de l'avoir, ce "nous" de l'altruisme et de l'échange non marchand. [Je crains, hélas, que François Fillon n’ait absolument pas fait cette analyse et Marine Le Pen pas beaucoup plus, mais du moins elle hérite de cette direction de son père et elle a Marion qui la pousse].

De quoi Emmanuel Macron est-il le nom ?

Au moment où Jean-Claude Michéa publie Notre ennemi, le capital, Emmanuel Macron apparaît comme un homme laboratoire : il est l'illustration parfaite de la reconstitution de l'unité philosophique du libéralisme, de la complémentarité dialectique du libéralisme économique et du libéralisme culturel, de la "société liquide" et de la marchandisation des corps. Il est également l'homme de toutes les dérégulations, qui annonce la future recomposition politique sous la forme d'une réunification des libéraux des deux rives. Il est enfin la preuve vivante que le système n'est pas encore totalement à court de ressources, puisqu'il peut engendrer un candidat qui réussit à se poser en alternative du système alors qu'il en est le produit le plus achevé.

Emmanuel Macron peut-il gagner ? Où sont ses fragilités ?

Etre le candidat de la mondialisation heureuse à l'heure du retour en force de l'Etat-nation et d'un quasi-consensus en faveur du patriotisme économique ne lui garantit pas jusqu'au bout le soutien des classes moyennes paupérisées que sa posture antisystème et antipartis lui vaut actuellement. Même si, en revanche, son discours probusiness et promigrants peut avoir un écho certain auprès des jeunes des cités pour qui l'ubérisation de l'économie apparaît comme une véritable aubaine [ ?????].

Fillon et Macron se caractérisent-ils d'abord par leurs différences ou par leurs points communs ?

Ce sont des frères jumeaux d'une même pensée qui s'arrête à la seule vérité de l'économie. Comme si la montée depuis trente ans du vote protestataire et de l'abstention ne traduisait pas le mal-être, mais le "manque-à-être" de la logique consumériste. La société de consommation est une société de consume-nation. L'homme, réduit à l'économie, réduit sa patrie à une grande surface qui fait des soldes et du crédit. [Citation dans le livre de Philippe Bénéton : « Qu’économise l’économie ? L’amour »].

L'identité d'un pays ne se ramène pas à son PIB et la croissance n'opère en rien le réenchantement du monde. Il y a toutefois une différence entre Macron et Fillon. L'un a l'optimisme et l'alacrité du joueur de flûte de Hamelin, qui entraîne les rats vers la rivière; l'autre est un Diafoirus qui ne promet qu'une purge anxiogène à base de sacrifices et de larmes.

Marine Le Pen se heurtera-t-elle, comme aux régionales, à un plafond de verre ?

C'est le mode de scrutin lui-même qui constitue ce fameux plafond de verre. Mais ce qui est l'ultime protection du système contre les différentes expressions du populisme ne cesse de nourrir l'impuissance et l'impopularité des gouvernements successifs, à mesure que s'amenuisent leur représentativité et donc leur légitimité.

La droite peut-elle perdre cette élection, qu'elle jugeait il y a encore peu imperdable ?

Oui, et ce ne sera pas seulement en raison du discrédit moral dont on cherche à accabler son candidat, mais faute, pour celui-ci, de s'être clairement positionné sur les nouveaux clivages entre peuple et élites, souverainistes et libéraux, identitaires et diversitaires.



mardi, février 14, 2017

Alerte, suicide ! (La revanche du Système contre Fillon ?)

La fausse droite se suicide sous nos yeux.

Alors que la seule démarche rationnelle d'un homme de la fausse droite est de soutenir François Fillon sans réserve, à cause du calendrier et à cause de la primaire, d'attaquer la gauche bayonnette au canon, ça soutient à moitié, quand ça ne lui savonne pas la planche complètement.

Ils le soutiennent comme la corde soutient le pendu.

Je ne peux m'empêcher de penser que cela ressemble fort au soutien que Trump a reçu de l'appareil républicain.

Je me dis que le Système se défend sournoisement mais je suis un peu surpris. Fillon ne me semble pas un grand danger, faut-il que le Système soit nerveux.

Je suis aussi très étonné de la vague de commentaires anti-Fillon sur internet. Cela ne correspond pas à ce que je ressens autour de moi.

Cela m'intrigue, me met mal à l'aise, ne me paraît pas entièrement naturel. J'ai l'habitude des polémiques et des lynchages sur internet, et j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui cloche. Sur le site du Figaro, il me semble qu'il y a des gens qui commentent anti-Fillon à plein temps. Retraités ? Etudiants ? Permanents de partis ou d'associations ?

Suis je paranoïaque ? Complotiste ? Votre avis ?

Là encore, Fillon paye son manque de sens stratégique : quand on voit l'usage stratégique que Trump fait de Twitter (alors qu'il avoue peu se servir d'un ordinateur), on se dit que le père François n'est décidément pas à la hauteur. Il n'avait rien à inventer, juste à imiter ce qui a marché ailleurs. Même Mélenchon en est capable.

Bref, cette campagne électorale me met très mal à l'aise. J'ai bien compris qu'il y a tentative de détournement de votes, mais je me demande si cette manoeuvre n'est pas encore plus profonde que je ne croyais.

Le seul moyen de s'en sortir est un deuxième tour Fillon-Le Pen ou une victoire de Le Pen dès le premier tour, éliminant la gauche sous toutes ses formes (sauf la plus droitière) avec un grand coup de pied au cul.


Signalons aux gens qui ne cessent de se réclamer des fameuses et brumeuses « valeurs républicaines » que l'intervention très appuyée d'une justice aux ordres dans la campagne électorale ne peut que mettre tout authentique démocrate très mal à l'aise.









jeudi, février 09, 2017

Affaire Fillon : la droite molle ne peut s’en prendre qu’à elle-même

 Il n’y aurait pas d’affaire Fillon si la justice et la presse (et l’école) n’étaient pas exclusivement dans la main, et même dans la poigne de fer, de la gauche.

Or, la France a basculé à droite depuis les années 2000 (cumul des scores de la fausse droite et du Front National).

Pourquoi n’y a–t-il pas eu d’épuration ? Une épuration normale. Nul pouvoir démocratique n’est obligé de subventionner des medias qui le calomnient.

Patrick Buisson raconte que Laurent Joffrin (de son vrai nom, Mouchard, cela ne s’invente pas) est venu quémander quelques millions à l’Elysée pour sauver son journal Libération. Buisson a exhorté, avec bon sens, Nicolas Sarkozy à refuser : « Ils te trainent dans la boue. Numéro après numéro, ils t’insultent. Débarasse-t-en. Achève les. Refuse de les aider ».

Et Sarkozy de ne pas répondre franchement à Buisson. Et de biaiser. Pour finalement, donner les millions demandés.

Qui était premier ministre à cette époque ? Qui est assassiné par Laberration aujourd’hui ? François Fillon.

Alors, le sketch de Caliméro, c’est bien gentil. Mais il l’a peu cherché.


lundi, février 06, 2017

Mes réflexions sur l'affaire Fillon

1) Peu importe qu'un politicien soit corrompu s'il mène la bonne politique. Mais l'honnêteté est un comportement non seulement moral mais intelligent : moins de vulnérabilités.

2) Comme nos politiciens sont aussi nuls les uns que les autres, on peut sélectionner le moins corrompu (contraposé du 1).

3) Le Système s'affole et prend de moins en moins la peine de dissimuler la collusion  certains réseaux politiques + une certaine presse + une certaine justice (Penelopegate : le circuit d'un complot). Il tente de voler l'élection présidentielle en France comme il a essayé de faire barrage au Brexit puis à Trump.

Ce constat rendrait plutôt optimiste vu ce qui s'est passé au Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

4) François Fillon s'est montré imprévoyant (pas de déminage), naïf (tentative d'amadouer le Système par des déclarations politiquement correctes), faible (pas de contre-offensive) et pas anti-système (déclarations anti-Trump et pro-Macron).

On attendait Terminator, on a eu Caliméro.

5) La France, à travers le naufrage de son système politique, sort encore plus affaiblie.

6) Il n'y a vraiment pas de quoi se réjouir : Fillon et Gramsci.


dimanche, février 05, 2017

Si c'est Médiapart qui le dit ...

Médiapart :

L'assassinat médiatique de François Fillon

Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au dictat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. Je sais, je force le trait mais il n’est pas nécessaire de trop appuyer le feutre sur le papier pour le forcer.
Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. Or, vous le savez bien, qui a l’argent possède le pouvoir. Dans un monde ou plus de 99% des richesses planétaires sont entre les mains de 1% de la population mondiale, il est hors de question que la démocratie, qui par nature est la loi de la majorité donc des moins fortunée, laisse passer des candidats qui ne sont pas autorisés et souhaités par le système. Ce que les électeurs citoyens doivent comprendre dans cette affaire, c’est que nos démocraties contemporaines sont des simulacres. Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système lequel est le système financier et le lieu de pouvoir de ces 1% de la population qui possède plus de 99% de la richesse mondiale (8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres).
La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle.
Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. M. Macron ne vient pas vraiment de nulle part mais de la banque Rothschild…eh oui M. Macron est un pur produit du système financier et du monde de l’argent. Regardons ses soutiens : Jacques Attali, Pierre Bergé ou le maire de Lyon qui récemment hurlait sa douleur existentielle en déclarant que vivre qu’avec 4 000 euros par mois était insupportable… Jamais un candidat se déclarant anti-système n’aura été un candidat à ce point issu du système et validé par ce système.
Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon.
En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Pour la première fois, jamais le simulacre de la démocratie ne se sera dévoilé avec autant de pertinence aux citoyens qui acceptent d’ouvrir les yeux et de raisonner en dehors de tout mouvement d’humeur. Un conseil, pour l’élection présidentielle, comme tout est joué d’avance, autant aller à la pêche et conserver en vous une place pour le souvenir de François Fillon, martyr du simulacre de démocratie.
(A lire aussi sur Iroc)
RD
Remarques complémentaires à l’adresse des lecteurs :
Je ne suis pas un supporter de François Fillon, ni un membre de son parti et je n’ai pas voté aux primaires de la droite.
Incontestablement, François Fillon n’est pas un homme vertueux au regard de l’argent. Mon article et mon propos n’ont pas pour objet de défendre François Fillon mais de porter un regard distancié et réfléchi sur cette affaire pour en comprendre les ressorts. L’objet de cet article n’est pas d’innocenter ou d’excuser les comportements de François Fillon mais de décrire et donner une explication de ce phénomène de lynchage médiatique. Il s’agit de prendre de la hauteur et d’échapper au tumulte.
Il est urgent pour tout citoyen de s’extirper des slogans et gros titres de la presse qui se succèdent pour s’interroger sur les vrais motifs de ce qui se passe. La naïveté serait de croire que tout de brouhaha médiatique a pour objet de défendre la morale, la droiture et la légalité. Si cela était le cas, toute cette affaire serait sorti il y a déjà bien longtemps et si cela était le cas, de nombreux autres hommes politiques devraient subir le même sort. Enfin, je ne pense pas hélas que la presse soit la gardienne farouche de la vertu républicaine et de fait je ne pense pas que sa démarche se fasse dans un tel but.
Ce qui est effarant dans cette affaire c’est le déchaînement médiatique sur François Fillon. Chaque jour nouveau est un jour de nouvelle révélation. Toute cette hystérie ne cessera que lorsque François Fillon renoncera à la campagne présidentielle car telle est le but de cet assassinat politique. Mais tout sera joué dans les prochaines 72 heures.
Après, chaque lecteur est libre de rester dans le creux de cette agitation. D’autres peuvent tenter de prendre de la distance pour analyser sereinement cette affaire et croyez moi, ce que l’on voit est effarant.
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Les ennemis de Fillon devraient se méfier.

Le mépris des Français pour les medias est tel que leur patience est très courte vis-à-vis des hystéries médiatiques. Les ennemis de Fillon ont beaucoup de chance qu'il soit con comme un manche, sinon il aurait déjà commencé à retourner la vague médiatique contre lui en sa faveur, façon aïkido.

Mais ce que Fillon n'est pas capable faire lui-même, l'acharnement de ses ennemis pourraient le faire pour lui.

Vous savez quoi ? Chaque jour qui passe me rend Fillon plus sympathique (et me laisse à penser qu'il est inapte à être président).



jeudi, février 02, 2017

Hollande n’est pas De Gaulle (on s’en doutait)

L’anecdote est célèbre. Alors que des proches lui proposent de déballer toutes les méchantes affaires de François Mitterrand, De Gaulle répond : « Non. Il pourrait être un jour président de la république. Il ne faut pas salir la fonction. »

Ah, si Hollande pouvait raisonner ainsi … On respirerait mieux.

Mais nous le savons Hollande n’est pas De Gaulle. Hollande, c’est le roi du petit : des petites magouilles, des petits intérêts, des petites saloperies.

J’aurais préféré que Hollande (je n’ai aucun doute que c’est lui) ne sortît pas la machine de guerre qu’il a lancée contre Fillon . J’aurais préféré, pour la France, pour la santé de son régime politique, que la lutte des socialistes contre Fillon se fasse sur des arguments politiques.

Je suis d’autant plus à l’aise pour l’écrire que j’ai expliqué avant cette affaire qu’il était peu probable que je vote pour Fillon.

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Quitte à déranger certains d’entre vous, je pense que l’honnêteté des politiciens est secondaire. Pas tout à fait sans importance, mais pas à la première place.

C’est comme les chefs d’entreprise quand ils parlent d’économie : ils sont par définition bons en micro-économie, sinon leur boite coulerait, mais ils peuvent tenir des propos aberrants en macro-économie. Les qualités dans les petites choses personnelles ne se transposent pas dans les grandes choses, sauf par un heureux hasard.

De même, l’honnêteté personnelle ne garantit pas l’honnêteté intellectuelle et politique (et vice-versa).

Adolf Hitler était personnellement honnête et il était politiquement malhonnête, il mentait, il magouillait il fantasmait. Inversement, j’hésiterais à parier sur l’honnêteté personnelle de Donald Trump, en revanche, il est politiquement honnête, il voit ce qu’il voit et agis en conséquence de manière directe.

Est-ce à dire que l’honnêteté personnelle n’a aucune importance chez un politicien ? Bien sûr que non. Mais il faut la mesurer en termes politiques. Ainsi, l’exigence d’honnêteté personnelle sera plus élevée pour quelqu’un comme Fillon qui veut demander des sacrifices que pour quelqu’un qui préconise une politique laxiste. C’est d’ailleurs bien ce qui se passe : dans le milieu politique, les comportements qu’on reproche à Fillon sont banals, on peut le regretter, mais c’est ainsi. Si Fillon en souffre autant, c’est qu’il avait prétendu être différent.

Mais si les Français veulent l’honnêteté, ils doivent commencer par en bas et par eux-mêmes : ne pas demander au passe-droit à son maire et quémander une faveur à son député.



La vertu est trop facile à manipuler (comme on le voit en ce moment avec l’affaire Fillon) quand il s’agit de la course au sommet. Ainsi, La France serait privée du « moins pire » programme politique à cause d’une fraude présumée à 1 M€ soit environ 15 centimes par Français alors que Hollande a augmenté la dette de 230 G€ soit 3 800 € par Français. Mon argument est un peu sophiste, je le reconnais, mais il permet de mesurer les enjeux.

Et puis, je n’aime pas les lynchages, je n’aime pas aboyer avec la meute.



Pour moi, l'hystérie médiatique autour de Fillon, pas rééquilibrée par une ardeur équivalente vis-à-vis des autres candidats, notamment Macron, est bien un vol d'élection comme le disent les fillonistes. Ce qui ne n'exonère pas François Fillon de ses responsabilités.


Ivan Rioufol: « L'avenir de la France se joue à pile ou face »

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Sur les journalistes.

Ce sont des enfoirés qui se laissent instrumentaliser en toute connaissance de cause car cette instrumentalisation sert leur parti-pris anti-Fillon. S’ils étaient vraiment les professionnels éthiques et tout et tout qu’ils prétendent être, ils enquêteraient aussi sur la machine anti-Fillon. C’est à raison que journaliste est une des professions, avec politicien et juge, les plus méprisées par les Français (Les Français font toujours moins confiance aux médias).

Trump, toujours lui, utilise Twitter pour les contourner (encore une erreur stratégique de Fillon : ne pas mettre en place un canal de contournement des medias officiels. Mélenchon le fait avec sa chaine Youtube).

Comme je suis une grosse feignasse, j'ai repris des commentaires que je partage :

Les commentaires de vous

Allez, un petit dernier pour la route :


Buck Danny (Guest):

Curmu s'est très clairement prononcé pour qu'on ne puisse plus être élu si l'on a un casier judiciaire. Je trouve ce genre de propositions délirantes et de nature a donné un pouvoir délirant au pouvoir judiciaire et aux médias.

Pour le reste, l'expérience m'a appris que la morale personnelle n'était pas toujours un critère fiable pour juger de la qualité d'un dirigeant ou homme politique. Enfin plus exactement le jugement à porter à ce sujet nécessite beaucoup de subtilité.

Par exemple Trump est vulgaire, a divorcé 3 fois, peut être insultant et agressif, pourtant il m'a toujours fait l'effet d'un homme "intègre" qui ne se moque pas des gens. Même s'il peut mentir par ailleurs ouvertement.

Fillon même avant l'affaire c'est l'inverse. Propre sur lui, a priori aucune casserole, image d'intégrité, blabla. Mais pour moi ça sentait le faux-cul, le fourbe, le mec insincère et pas très fiable. Et pourtant il est probable que Fillon ne trompe pas sa femme ^^





mercredi, février 01, 2017

Plus que jamais, qui veut faire l'ange fait la bête

Je n'aime pas le moralisme qui envahit la politique depuis vingt ans. C'est une hypocrisie et une trahison de la démocratie : pendant qu'on discute si Untel est méchant ou gentil, honnête ou malhonnête, on ne parle pas de politique et on suit toujours la même.

Oui, je préférerais des politiciens honnêtes, mais ce n'est pas ma priorité. Je préférerais surtout des politiciens qui font une bonne politique.

Petit précis de philosophie pour l’électeur Républicain qui se demanderait si on peut voter pour un candidat “failli"

Les épurateurs ne sont jamais dénués d'arrière-pensées. Il est clair que François Fillon s'est fait avoir par des ennemis plus habiles que lui. Que le public s'y laisse prendre prouve juste sa bêtise, ou ses arrière-pensées (le public a bien le droit d'avoir des arrière-pensées lui aussi).

Affaire Fillon: « Il faut séparer le temps de la campagne et le temps de la justice »

Le lynchage médiatique ou la post-démocratie.

En tout cas, si Hollande réussit à imposer Macron en éliminant Fillon avec l'aide des juges et des journalopes (1) (car c'est bien de cela qu'il s'agit), il aura réussi un coup de maître de la magouille (2). Il est incapable de grandes choses, il ne les envisage même pas. En revanche, dans les petites, il excelle. C'est un grand de la petitesse. Je n'ai pas de preuves mais c'est mon intime conviction.



Cette manoeuvre sordide est absolument dégueulasse, ignoble. Pas pour François Fillon, pour la France. Fillon, je m'en fous, pas de la France. Cela pourrit encore plus notre démocratie déjà bien malade. C'est hélas digne de l'enfoiré que nous avons élu en 2012. Les manoeuvres d'appareil, les coups de poignards (dans le dos, de préférence), les peaux de banane, il connaît. Gouverner, il ne sait pas, mais empêcher un autre de gouverner, il sait faire.

De toute façon, Hollande a déjà gagné : si Fillon persiste et est élu, il n'y aura pas d'état de grâce, il sera grillé d'entrée. S'il laisse la place, cet autre perdra face à Macron (pas le temps de faire monter une campagne en puissance).

François Fillon a été et reste mauvais comme un cochon dans cette affaire, j'en ai déjà parlé (3). Stéphane Montabert sur ses erreurs de communication :

L'ambition de François Fillon coulée par sa carrière

La seule question à se poser n'est pas « François Fillon est-il honnête ? » mais « La politique de François Fillon est-elle bonne pour la France et pourra-t-il la mettre en oeuvre ? ». Je laisse chacun répondre.

François Fillon, l'homme à faire taire


Pendant que la France politique coule, Trump avance. Les difficultés qu'il rencontre, pour un décret temporaire à propos de sept pays dont tout le monde se fout, montrent assez que cela ne sera pas une partie de plaisir quand il faudra faire la même chose en France. Mais Trump aura créé un précédent. Puissions nous un jour avoir l'intelligence de le suivre.

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(1) : Hugues Serraf :

François Fillon a beau crier au complot, il n'a que ce qu'il mérite et Le Canard est parfaitement dans son rôle en publiant les documents et informations qui lui parviennent.

Pour autant, le journalisme d'investigation à la française est essentiellement un "journalisme de boîte aux lettres" et l'on ne peut pas ne pas s'intéresser, dans un contexte démocratique, parce que cette histoire affecte directement l'élection présidentielle, aux circonstances et au timing des révélations. De fait, une presse véritablement indépendante ne saurait se contenter d'être instrumentalisée par telle ou telle faction et considérer que le boulot est fait...

Dans la plupart des grandes affaires, lorsqu'un dossier compromettant se retrouve sur le bureau d'un journaliste, c'est que quelqu'un, quelque part, a choisi de le lui faire parvenir. Que quelqu'un, quelque part, a sélectionné une date, un média et même une plume spécifique comme outils d'une campagne de communication dont personne n'a vraiment idée du but ultime.

On imagine mal, évidemment, Le Canard se tirer une balle dans la palme en livrant lui-même le nom de ses sources. L'enquête qui devrait suivre chez les confrères, toutefois, c'est celle qui nous dirait qui est à la manœuvre et pourquoi.

(2) : l'hypothèse Dati est un leurre (mettre en place un leurre prouve l'habileté du cabinet noir de l'Elysée, dirigé par Stéphane Le Foll). Rachida n'a absolument pas les moyens d'avoir accès aux feuilles de paye de la Revue des deux mondes et de l'assemblée nationale. Ce genre de moyens ne se trouve qu'au sommet de l'Etat.

(3) : erreur stratégique : ne pas désamorcer ces affaires il y a un an ou deux. Manque de courage et d'anticipation (et de paranoïa). Pas brillant pour un vieux routier.

Erreur tactique : communication nulle. Il aurait du contre-attaquer dans l'heure (je le dis au sens littéral) en vitrifiant le paysage, en donnant des noms de ceux qui font ou faisaient comme lui et en attaquant les journalistes et Hollande.







dimanche, janvier 29, 2017

Le tacle de Fillon se fait attendre (faut-il virer Fillon parce qu’il a commis une malhonnêteté courante chez les politiciens ?) (2)

A l'évidence, je ne suis pas le seul à m'interroger sur les insuffisances de François Fillon que révèle le « pénélopegate ».

Ses partisans nous expliquent qu'il s'agit pour leur candidat d'un « crash test ». J'ai bien l'impression que l'airbag ne s'est pas déclenché et qu'il va avoir du mal à décrocher une étoile Euro-NCAP.

Ces reproches à l’égard de François Fillon que la droite pense tout bas mais qui pourraient bientôt émerger en pleine campagne




vendredi, janvier 27, 2017

Le tacle de Fillon se fait attendre (faut-il virer Fillon parce qu’il a commis une malhonnêteté courante chez les politiciens ?)

Pour les besoins de la discussion, je pars de l’hypothèse, raisonnable, que les faits reprochés par la presse à François Fillon (je ne suis pas sûr que les Français lui reprochent exactement la même chose (1)), l’emploi fictif de son épouse comme attaché parlementaire, sont avérés.

Le cas Fillon est intéressant car le délit est choquant mais relativement bénin. Faut-il, pour si peu, se priver de François Fillon ? S’il avait découpé ses voisins avec une tronçonneuse (made in France), la question ne se poserait pas.

Certains ont une position de principe : il faut virer tous les malhonnêtes. Mais cela pose deux problèmes pratiques.

Le premier problème est que le degré de malhonnêteté des politiciens français est très élevé pour un pays européen (30 % des députés ayant eu affaire au fisc ou à la justice). Si on se débarrassait de tous les malhonnêtes, une grosse part des politiciens disparaitrait. Serait-ce dommageable ? C’est à voir.

Le deuxième problème est la vulnérabilité de nos politiciens. Le moindre coup monté suffirait à les faire tomber. Je suis persuadé qu’une des explications de l’honnêteté personnelle scrupuleuse de De Gaulle tient à son souci d’éviter toute vulnérabilité inutile. Mais tous n’ont pas l’intelligence de De Gaulle. Je doute que nos politiciens soient assez fins pour réaliser l’intérêt bien compris d’être irréprochable.

Eric Verhaeghe, lui, a une réponse politique : il faut peser l’intérêt politique du coupable. On ne traite pas le sauveur (potentiel) de la France comme Félix Faure ou François Hollande.

Pour ma part, j’ai une réponse politique, mais qui verse aussi dans le psycho : c’est un test de la capacité de Fillon à surmonter les épreuves. Il démarre sur de mauvaises bases vu qu’il a attaqué Sarkozy au sujet de sa mise en examen (« Imagine-t-on De Gaulle mis en examen ? »), cela fait rire aujourd’hui tout internet avec « Imagine-t-on Yvonne De Gaulle attachée parlementaire ? ».

Ne versons pas dans la naïveté. Sur Atlantico et sur d’autres sites, certains font remarquer que cette affaire ressemble à un coup de professionnels : accès aux infos, timing parfait, faire prendre la sauce (2).

Il est donc important de savoir si Fillon est capable de riposter à ce genre d’attaques. A sa place, j’aurais dit quelque chose comme : « C’est une pratique normale chez les députés, d’ailleurs, Machin, Truc, Tartempion et Untel le font aussi. Et Hollande qui nomme ministre son ex-compagne, c’est mieux ? Et vous les journalistes, qui recevez des enveloppes, des abattements fiscaux et autres cadeaux, êtes-vous donc si purs ? Etc. » Bref, j’aurais mis les pieds dans le plat dans un style trumpien, puis je serais passé à autre chose, une bonne vieille polémique de derrière les fagots (genre : « Parmi mes premières mesures, zéro nouveaux immigrés musulmans »).

Malheureusement, pour lui, il n’a pas l’air à la hauteur. Il a fort mal démarré et continue encore plus mal en promettant de renoncer à sa candidature en cas de mise en examen. C'est se mettre, avec une naïveté confondante, dans la main de juges dont l'impartialité est plus que sujette à caution.

Je soupçonne (simple intuition masculine) que son entourage est médiocre et que c'est un gros handicap. Il paye d'avoir pris les bras cassés et les faux-derches de l'UMP (3). Il lui manque un Buisson pour le conseiller.

Je suis donc curieux de voir la suite.

Comme j'ai toujours l'intention de ne pas voter en 2017, c'est uniquement pour le plaisir de la discussion. On reproche aux journalistes politiques de se comporter comme des journalistes sportifs.

Etant un amateur, je n'ai pas de contrainte : « Alors, putain, Fillon ! Il vient, ce tacle ? ».



Complément du 28/01 :

En se présentant comme le candidat de l'honnêteté, Fillon s'exposait à ce que le moindre PV de stationnement impayé devienne une affaire nationale. Trump ou Sarkozy, en se présentant comme anti-Système ont été plus habiles.

D'où une caractéristique de Fillon que nous avions déjà vue avec Copé et Jouyet : la maladresse.

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(1) : j’ai tendance à penser que les Français reprochent plus à François Fillon la faiblesse de sa défense.

(2) : des noms sont évoqués, Jean-Pierre Jouyet ou, en tout cas, un proche de François Hollande dont il est de plus en plus clair qu'il roule pour Macron. Les vrais coups de professionnels arrivent fin janvier, c'est la bonne date pour des élections en avril/mai.

(3) : je rappelle que les gros diplômes ne sont vraiment pas une preuve d'intelligence et encore moins d'intuition. La vie n'est pas un concours scolaire.






jeudi, janvier 26, 2017

Penelopegate et sans-couillisme fillonien

On imagine assez bien la réaction de Trump ou de Farage dans le cas du Penelopegate, comme les medias appellent l'emploi fictif de Mme Fillon : ils auraient envoyé chier les journalistes en leur rappelant qu'ils sont aussi des profiteurs avec leurs 20 % d'abattement et ils seraient passés à autre chose.

Il est coincé le père Fillon : il a un programme qui effraie un peu le Système mais il se refuse à combattre les medias, qui sont le premier pilier du Système. Il va se planter et ça sera bien fait pour lui.

Comme je l'ai déjà expliqué, le style Trump n'est pas contingent, pas anecdotique, il porte un message simple et essentiel (aller à l'essentiel, là est le génie de l'action) que les électeurs américains ont reçu 5 sur 5 : « Beaucoup prétendent vous écouter et être anti-Système comme vous. Ils vous trompent. Moi, je ne vous trompe pas et je le prouve en grillant mes vaisseaux avec les médias du Système ».

Fillon n'est pas assez courageux ou intelligent pour le comprendre.

Même avec son style notaire de province, il pourrait être plus offensif.

Vous imaginez De Gaulle se laissant dicter son agenda par les journalistes ?




jeudi, janvier 19, 2017

Fillon : la confirmation, la désolation

François Fillon met en avant Henri de Castries.

Il n’y a pas plus caricatural comme représentant de l’hyper-classe mondiale honnie, Bildelberg, capitaliste de connivence, et tout, et tout. S'il y en a un sur qui compter pour que rien ne change de ce qui nous tue, c’est bien lui. Entre la douleur sans fin et la fin de la douleur, son choix est facile à deviner : il choisit la continuation de la douleur pour les sans-dents. Pas de sortie de l’Euro, pas de sortie de l’UE. Juste une couche supplémentaire d’économie sacrificielle sans perspective. Encore un qui s’enquerra avec empressement, peut-être même avec tendresse, des desiderata de Berlin, de Bruxelles et de Washington, peut-être de Paris VIIIème, mais certainement pas ceux d'Hénin-Beaumont, de Guéret et de Melun-Sénart.

Pour bien confirmer, François Fillon préfère la bobo-gaucho-mondialo NKM à Rachida Dati. La droite la plus bête a remis en route la machine à perdre, qui ne s’est d’ailleurs jamais vraiment arrêté.

Le titre de ce billet est juste pour la rime : je ne suis pas désolé par cette nouvelle puisque je n’attends rien de Fillon (je reste désolé par l’état de la France en général). Il se peut que François Fillon finisse président, parce qu’il en faut bien un, mais cela sera un choix par défaut, porteur de désespérance.

François Fillon n'est sans doute par un mauvais homme suivant les standards désastreux de la politique française (30 % des parlementaires ayant eu affaire à la justice ou au fisc), mais c'est un prisonnier : prisonnier de sa carrière, de son entourage, de son confort, de son manque d'audace.

Plus l’élection présidentielle approche, plus je suis convaincu que les principaux candidats sont interchangeables, même s’ils surjouent les nuances entre eux pour amuser la galerie médiatique. Nous sommes tellement habitués à la pensée unique que nous ne savons plus ce qu’est une offre politique diversifiée. Faute de cette offre politique permettant de vrais choix, France n’a plus son destin en main. Les changements nous seront imposés par des chocs externes (Brexit, Trump, Italexit, guerre thermonucléaire entre le Balouchistan et le Luxembourg, etc.).

J’en ai marre d’avoir raison, sauf quand j’ai tort (j’ma planté sur le Brexit et un peu sur Trump).

vendredi, janvier 06, 2017

François le velléitaire

Je parle pas de l’actuel président, mais du (pourquoi pas ?) futur président.

Je sais, je ne devrais pas en parler du tout, puisque je suis persuadé que tout ceci est un théâtre d’ombres, que le destin de la France se joue à Washington, à Berlin, à Moscou, à Londres, aussi peut-être à Rome, mais certainement pas à Paris.

François Fillon présente autant d’intérêt que Justin Bieber. Mais, comme l‘adolescente avec Justin, je ne peux m’empêcher de parler de François.

D’abord, le plus important. Il faut se méfier des François comme de la peste : François Mitterrand, François Hollande, François Chirac, François Sarkozy …

Ensuite, Eric Verhaeghe a fort bien analysé comment, avec le choix de son équipe et avec son cafouillage sur la Sécu, François Fillon s’est tiré une rafale d’orgues de Staline dans les panards.

Il n’a visiblement pas compris Trump : le compromis, ça fait ancien monde, continuité. Si on promet qu’on va faire la rupture après l’élection, il faut apporter des preuves avant l’élection en brisant les tabous.

Les histoires de personnes sont des hochets pour nous distraire des enjeux de fond. Le tabou ultime que François Fillon ne veut pas briser, qui le condamne à mener la même politique que Sarkozy et Hollande, c’est l’Euro. Seule la sortie de l’Euro (et, par suite, de l’UE) rendrait la cohérence à son programme. Je comprends qu’il ne veuille pas faire cette inquiétante (et pourtant salutaire) proposition, mais alors, pourquoi a-t-il un programme qui ne peut fonctionner qu’en sortant de l’Euro ? On ne peut que lui conseiller de revoir l’excellentissime discours de son mentor Seguin sur le traité de Maastricht. A l’épreuve du temps (25 ans déjà), il s’est bonifié et est devenu un monument d’intelligence prémonitoire (1) (c’est autre chose que le chevènementisme à la mode).

Marine Le Pen a, certes, la même incohérence, mais elle n’est pas dans la même position : elle vit (pour combien de temps encore ?) sur la lancée de son père.

C'est à cause de cette incohérence fondamentale que François Fillon continuera à paraître hésitant, velléitaire, à passer un mou, un éternel second, un collaborateur.

Cela ne l'empêchera peut-être pas d'être élu, puisqu'il faudra bien qu'il y ait un vainqueur au soir du deuxième tour. Mais cela nous permet de prédire que son éventuel mandat sera encore une perte de cinq ans pour la France.

Nota : ceux qui conseillent à Fillon un discours churchillien oublient juste que Churchill justifiait par une perspective : la victoire. Quelle perspective Fillon ouvre-t-il pour la France ?

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(1) : je reproche aux autres les commentaires trop longs, mais là, je ne peux m’empêcher d’en citer de larges extraits (j’espère que vous me pardonnerez) :


Quand, du fait de l'application des accords de Maastricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait.

Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin
On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? 

[...]

Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d'un côté, ceux qui tiennent la nation pour une simple modalité d'organisation sociale désormais dépassée dans une course à la mondialisation qu'ils appellent de leurs vœux et, de l'autre, ceux qui s'en font une tout autre idée.

La nation, pour ces derniers, est quelque chose qui possède une dimension affective et une dimension spirituelle. C'est le résultat d'un accomplissement, le produit d'une mystérieuse métamorphose par laquelle un peuple devient davantage qu'une communauté solidaire, presque un corps et une âme. Certes, les peuples n'ont pas tous la même conception de la nation : les Français ont la leur, qui n'est pas celle des Allemands ni celle des Anglais, mais toutes les nations se ressemblent quand même et nulle part rien de durable ne s'accomplit en dehors d'elles, la démocratie elle-même est impensable sans la nation.

De Gaulle disait : « La démocratie pour moi se confond exactement avec la souveraineté nationale.» On ne saurait mieux souligner que pour qu'il y ait une démocratie il faut qu'existe un sentiment d'appartenance communautaire suffisamment puissant pour entraîner la minorité à accepter la loi de la majorité! Et la nation c'est précisément ce par quoi ce sentiment existe. Or la nation cela ne s'invente ni ne se décrète pas plus que la souveraineté !

[...]

En premier lieu, il renouvelle le choix d'une politique qu'on pourrait qualifier de « monétarienne », qui est synonyme de taux d'intérêt réels élevés, donc de frein à l'investissement et à l'emploi et d'austérité salariale. Notons à ce propos l'hypocrisie fatale qui consiste à parler de « franc fort » lorsque le refus de la dévaluation se paie du blocage de l'investissement et de l'explosion du chômage. C'est très exactement la réédition de la «politique du bloc-or » qui a conduit l'industrie française à la crise au cours des années trente. Bonjour la modernité !

[...]

Enfin, et je souhaite insister sur ce point, la normalisation de la politique économique française implique à très court terme la révision à la baisse de notre système de protection sociale, qui va rapidement se révéler un obstacle rédhibitoire, tant pour l'harmonisation que pour la fameuse « convergence » des économies.

Que la crise de notre État providence appelle de profondes réformes, je serai le dernier à le contester. Que cette modernisation, faute de courage politique, soit imposée par les institutions communautaires, voilà qui me semble à la fois inquiétant et riche de désillusions pour notre pays. Il suffit d'ailleurs de penser à cette «  Europe sociale» qu'on nous promet et dont le Président de la République, lui-même, inquiet, semble-t-il, des conséquences de la monnaie unique, cherchait à nous convaincre, à l'aurore de ce 1er mai 1992, qu'elle aurait un contenu, qu'elle nous assurerait un monde meilleur. Hélas, quand on lit les accords de Maastricht, on ne voit pas très bien où est le progrès social !

[...]

Il est temps de dire que bâtir l'Europe des Douze sur la peur obsessionnelle de la puissance de l'Allemagne est tout de même une bien étrange démarche, proche de la paranoïa. D'autant qu'à force de vouloir faire cette intégration à tout prix, on va finir par faire l'Europe allemande plutôt que de ne pas faire l'Europe du tout, ce qui serait un comble.

Il ne servira à rien de tenter de ficeler l'Allemagne. Car l'Allemagne, et c'est bien naturel dans sa position, et avec les moyens dont elle dispose, ne renoncera à sa souveraineté que si elle domine l'ensemble, certainement pas si elle lui est subordonnée.

Le débat qui se développe en ce moment en Allemagne à propos de Maastricht en fait la démonstration : les Allemands veulent bien d'une banque centrale européenne, mais seulement si celle-ci est peu ou prou entre les mains de la Bundesbank, et d'une monnaie unique, si celle-ci s'appelle le mark.

Et comment peut-on imaginer que l'Allemagne va renoncer à jouer son jeu en Europe centrale ? N'a-t-elle pas d'ailleurs clairement annoncé la couleur quand elle a reconnu unilatéralement la Croatie, sans se soucier des engagements communautaires qu'elle avait pris quelques semaines auparavant ?

Une fois de plus, il nous faut considérer le monde tel qu'il est et non tel qu'on voudrait qu'il soit. Et dans ce monde-!à, ce que la France peut apporter de plus précieux à l'Europe, c'est de trouver en elle-même assez d'énergie et de volonté pour devenir un contrepoids, pour équilibrer les forces en présence, pour peser lourd face à l'Allemagne, sinon pour faire jeu égal avec elle.

Le meilleur service que nous pouvons rendre à l'Europe, c'est donc de nous engager résolument sur la voie du redressement national, c'est de restaurer la cohésion nationale et l'autorité de l'État.

Encore faut-il que nous gardions les mains assez libres pour cela.


dimanche, décembre 18, 2016

Ne nous y Fillon pas !

Entretien avec Patrick Buisson :



Patrick Buisson : "Cette percée idéologique... par bvoltaire

Je suis d'accord avec Patrick Buisson : il est vain d'attendre un homme providentiel, Fillon ou un autre. Les hommes providentiels, avec la part d'inattendu, sont rarissimes en politique. Jeanne d'Arc. Peut-être De Gaulle, et c'est tout.  Même Bonaparte n'est pas vraiment providentiel dans le sens où tout cela, comme disait Sieyès, aurait fini en dictature militaire avec Napoléon ou un autre.

Le basculement viendra  de plus profond.

Pendant ce temps, dans notre belle France :