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dimanche, mai 06, 2018

Manu le tordu et la politique malsaine

La personnalité d'Emmanuel Macron me met profondément mal à l'aise.

On le dit charmeur, mais, quand on a l'expérience de la vie, on sait ce que ce terme désigne : des gens absolument pas fiables, qui vous planteront un poignard dans le dos si cela les sert. C'est pourquoi ceux qui nous font la publicité du charme d'Emmanuel Macron sont soit des imbéciles soit des hypocrites.

Pour ma part, j'ai un dégoût instinctif de ce genre de personnalité, le courant ne passe pas entre nous. Nous savons dans les trente premières secondes que nous sommes ennemis. Leur charme ne prend pas sur moi, ils m'en veulent et je m'en méfie comme de la peste.

Emmanuel Macron pousse la psychologie de narcissique immature à un point pathologique. Il n'est pas père de famille, mais il n'est pas une non plus le père de la nation. Il est plutôt l'éternel fils à sa maman. Le contraire du guide du peuple.

Cette personnalité malsaine est au service d'une politique toute aussi malsaine. Il y a adéquation.

Un exemple :

GÉNÉRATION IDENTITAIRE, ERIC ZEMMOUR : L’OMBRE DE LA DILCRAH

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Est-il normal, souhaitable, acceptable ; qu’un haut-fonctionnaire d’une grande démocratie demande à une firme étrangère de censurer, sans motif valable, un mouvement politique qui agit dans la légalité et qui n’appelle pas à la violence ? Inutile de passer par les tribunaux pour empêcher un opposant de s’exprimer, la justice est rendue par la DILCRAH et les Gafam.

[…]

Il faut savoir que la France est le pays qui censure le plus grand nombre de pages sur Facebook, devant l’Inde beaucoup plus peuplée et devant la Turquie qui ne fait pas figure de modèle de démocratie ouverte …
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On mesure la décadence de la France à ce fait : elle s'est donnée à un fou amoureux de lui-même, sans frein intérieur et sans frein institutionnel. Cela ressemble fort à un suicide politique, comme certains animaux se couchent et se laissent mourir.

Au delà de la personnalité peu intéressante d'Emmanuel Macron, cette situation est navrante. Bien sûr, il y a les circonstances indignes de son élection, mais pourquoi en face ne se crée pas une opposition forte et réfléchie ? Sommes nous déjà au stade, comme le croit E. Zemmour, où il n'y a plus un peuple en France mais plusieurs et où les Français qui se préoccupent du destin de la France sont minoritaires ?

Un peuple d'hommes libres se laisserait-il faire ?

lundi, mars 27, 2017

Emmanuel Macron et le mensonge technocratique

Les ralliements à Emmanuel Macron sont d'une ampleur spectaculaire mais le fond en est très ordinaire.

Le fond d'Emmanuel Macron, c'est le mensonge technocratique. L'idée, erronée, que la politique est une impasse, que la droite et la gauche ne comptent pas, que le gouvernement moderne est une question de technique et qu'il suffit de laisser les commandes aux meilleurs techniciens (sélectionnés comment ?) pour que les choses aillent mieux.

Cette idée remonte aux années 30 et a trouvé sa concrétisation dans le gouvernement de Vichy. Depuis les années 70, c'est l'idéal qu'on nous sert : Giscard et Barre, Fabius et Bérégovoy, Juppé, Macron lui-même nous ont été présentés comme de super-techniciens du gouvernement.

Mais c'est un mensonge : le gouvernement technocratique est aussi un choix politique, et non technique. Et ça fait quarante ans qu'on nous emmerde avec ça.

C'est pourquoi Emmanuel Macron rassemble à la fois ceux qui ont quelque chose à perdre et ceux qui sont trop lâches pour assumer en face la nature intrinsèquement conflictuelle de la politique, ce sont souvent les mêmes (le blog de P. Bilger m'a beaucoup servi pour le comprendre). La modération politique est le paravent du cynisme et du conservatisme.

On fait semblant de ne pas trancher, de ne pas être brutal, d'être modéré, de se borner à la technique, pour dissimuler un vrai choix politique, qui est en réalité aussi brutal que tout autre choix politique : « La situation actuelle me va bien, je n'ai pas envie qu'on y touche, sauf pour de la cosmétique. Et si des gens en souffrent, si le pays en souffre, c'est bien dommage pour eux, mais je m'en fous, ma priorité c'est de ne pas prendre le risque de perdre mon confort ».

Voilà ce que signifient les ralliements à Macron des Bayrou, Mercier, Madelin et compagnie.

Est-ce que les Français le comprendront en nombre suffisant ? Je n'en désespère pas.

Allez rions un peu :

jeudi, février 16, 2017

Pourquoi Macron est bien meilleur que Fillon

Je constate de plus en plus, avec regret, qu'Emmanuel Macron est des kilomètres au-dessus de François Fillon, tout simplement parce qu'il est cohérent. C'est un libéral-libertaire, léger comme une plume, pour qui tout est consommable, la famille, la langue, la culture, ... Sans attaches définitives (pour le coup, il est significatif qu'il n'ait pas d'enfants).

Il peut dire tout et son contraire si cela satisfait son Moi, c'est-à-dire, en ce moment, son objectif marketing de devenir président de la république.

Rien ne l'attache définitivement, aujourd'hui il aime l'histoire de France, demain il la détestera, ou l'inverse. Peu importe puisqu'il vit dans l'éternel présent de l'homme post-moderne. Et, en plus, il croit que ce présent éternel est la voie de l'avenir.




Je comprends qu'un tel homme ait un public que, le temps d'une élection, on baptisera électorat.

En face, François Fillon a un boulevard, il n'a qu'à s'opposer à Macron terme à terme. Il lui suffit d'incarner l'homme des permanences, des liens qui engagent, de la protection. L'homme de la patrie face à l'homme de la mondialisation, l'homme de l'artisanat face à l'homme des robots, l'homme du travail face à l'homme de la consommation etc.

En posant un choix aussi clair, il est sûr de l'emporter.

Pour un châtelain marié depuis trente ans, père de famille, cela devrait être frisou.

Hé bien, pas du tout ! Comme l'a compris Patrick Buisson, Fillon est un progressiste, qui ne voit rien, ou pas grand'chose, au-delà de l'économisme technocratique. Ce n'est pas possible d'être branque à ce point.

Pendant ce temps le complot contre Fillon (c'est facile, vu comme la cible est coopérative) continue :
















mardi, janvier 31, 2017

Macron : le changement, c’est maintenant (enfin … presque)

Un type qui vient de la gauche sociétale, européiste, technocrate, capitaliste de connivence, qui propose de tout changer mais dont tous les non-imbéciles comprennent très vite qu’il sera élu pour surtout ne toucher à rien, ça ne vous rappelle personne (personne, c’est le cas de le dire) ?

Mais oui ! Mais c’est bien sûr ! Mou-Président !

Macron est un Hollande en plus sexy et il n’a pas besoin de régime amaigrissant. A part ça, je ne vois pas ce qui le différencie de François Hollande. Je suis même prêt à parier qu’il a un scooter.

Voici ce qu’en dit Atlantico (je souligne) :

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Eric Verhaghe : Certes, [Macron] chasse majoritairement sur les terres du centre, qu'il s'agisse du centre droit ou du centre gauche. Il chasse surtout sur les terres de l'élite, inquiète des grands nettoyages qui ont commencé ces dernières semaines. Les évictions de Juppé, de Sarkozy, de Hollande, sont un signe qui ne trompe pas. Il indique la fin d'un cycle politique et la tendance au renouvellement en profondeur qui se manifeste. Pour tous les hiérarques qui sont en place et qui craignent pour leur avenir, la candidature Macron est une aubaine. Elle leur demande peu de ralliement idéologique, peu d'engagement moral, et elle leur offre une espérance (trompeuse selon moi, mais comme une bouée de sauvetage). Que demander de plus ?

Thomas Porcher : Se prétendre « hors système » est devenu une mode. Je pense que personne n’est dupe. Quelqu’un qui a fait l’ENA, a été haut-fonctionnaire, puis banquier tout en conservant sa place de fonctionnaire, conseiller à l’Elysée et ministre de l’économie sans être élu n’a rien d’un « anti-système ». Emmanuel Macron est entrée en politique par la grande porte, il n’a jamais distribué des tracts sur un marché. Il fait partie de ces élites qui se reconnaissent entre eux, s’entraident, prétendent savoir ce qui est bon pour les français sans pour autant en connaître le quotidien.

Eric Verhaeghe : L'affirmation du hors système est évidemment une forfanterie, entre le comique de situation et le produit marketing. Macron est en lui-même l'incarnation du système et l'incarnation de tout ce que le système aime. Il est bien élevé, et le fait que Bergé se positionne parfaitement derrière lui n'ajoute qu'à cette incarnation d'une sorte d'idéal aristocratique. Il a tout pour plaire et il correspond à tous les stéréotypes de la classe dominante. Dans ces conditions, il ne peut faire illusion que dans les milieux bobos ou aisés, qui s'imaginent être antisystèmes parce qu'ils fument des joints ou détestent Donald Trump. En réalité, les "petites gens" qui détestent le système ne se reconnaîtront jamais dans les amis de Pierre Bergé. Ils préfèreront toujours le Front National. De ce point de vue, l'analyse très parisienne d'une émergence de Macron comme alternative me paraît fausse. Cette imposture devrait d'ailleurs éclater à mesure que les ralliements du Parti Socialiste s'accumuleront. Il sera de plus en plus difficile pour Macron de cacher qu'il est un homme du système, porté par le système.
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Les Français n’ont, en majorité, pas vraiment envie d’élire un hollande bis.

Bref, si la fausse droite osait pour une fois être de droite et se montrait agressive avec Macron, elle aurait un boulevard. Mais, comme elle n’a pas de couilles et pas de projet authentiquement alternatif (pas d’arrêt de l’immigration, pas d’éclatement de l’Euro, pas de démantèlement de la Sécu, pas d’emprisonnement de la technocratie), elle est bien foutue de perdre cette élection imperdable.

Je reconnais une qualité à Macron : il a eu l'intelligence d'éviter les primaires, intelligence que ni Valls ni Sarkozy n'ont eu.

Éric Zemmour : "Emmanuel Macron donne l'asile politique à tous les perdants de la primaire"

L’honnêteté m’oblige à dire que je me suis fait pipi dessus en entendant ça.

C’est ce que je dis depuis le début : ces primaires n’ont aucune légitimité, les élections présidentielles françaises sont à deux tours, pas à six. Ces primaires ne peuvent amener que des conneries.

Enfin, à quelque chose malheur est bon : tous les couillons qui ont voté aux primaires ont contribué à renflouer l’UMP et le PS. C’est-y pas beau ?





dimanche, janvier 29, 2017

Lattons Macron

Bon, maintenant que Fillon s'est acharné à nous montrer qu'il est un gros nul, passons à Macron.

J'ai beaucoup moins à dire sur Macron que sur Fillon, pour une raison simple : tout ce blog est déjà un cri contre le « macronisme ». Je hais et je méprise tout ce que représente Macron : le mondialisme, le jeunisme, la morgue de classe, la condescendance, la technnocratie, le narcissisme, la connivence entre salopards du pognon, le socialisme, le déracinement ...

Chaque fois, rare, que Macron se rend dans la France profonde, on a l'impression de voir Tartarin explorateur de la jungle.

Soyons clairs : Macron est l'héritier de Hollande. Arrivera-t-il à baiser les Français comme Hollande ?


Complément :

L’hypothèse Macron : un deuxième quinquennat de Hollande, en pire







samedi, janvier 28, 2017

Je connais des admirateurs de Macron (ne rigolez pas)

Je connais des admirateurs de Macron (ne rigolez pas).

Quand je vois (de très loin) Macron nous faire son numéro de pureté virginale et de renouveau, je ne peux m'empêcher de penser à la réplique des Tontons Flingueurs quand il est question de mariage et de fiancé : « Tu vas voir, mon enfant, qu'il va nous sortir une famille comme tout le monde ».

Car cet homme là, s'il est élu, aura besoin de ministres et d'une majorité parlementaire comme tout le monde. D'où les sortira-t-il ? Quand on voit ses soutiens, Attali, Minc, Kouchner, on a compris. Bonjour la pureté virginale et le renouveau.

Mais, depuis l'élection de François Hollande, je ne jurerais pas qu'il ne se trouvera pas assez de crétins, d'abrutis et d'imbéciles pour que Macron atteigne le second tour.





samedi, avril 09, 2016

Macron : l'ère du vide

Emmanuel Macron n'apporte rien. Le petit nouveau qui fait souffler un vent de fraicheur est tellement une tarte à la crème de la politique que certains esprits cruels ont comparé Macron à Lecanuet.



Un homme neuf, une France en marche :


Et pourtant, les journaux en sont pleins.

Nous vivons vraiment l'ère du vide.






mardi, septembre 29, 2015

Macron ou le libéralisme Canada Dry

Macron ou le libéralisme Canada Dry

Cet article n'est pas sans lien avec mon billet précédent.

C'est presque tout le texte qu'il faut citer (c'est moi qui souligne) :

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Le paradoxe français est là. Alors que la dépense publique étrangle comme jamais la société française, l’imaginaire collectif se représente volontiers un libéralisme triomphant prêt à reprendre le pays en main. Et Macron donne un visage à cette angoisse.

L’histoire torturée du libéralisme en France

Il est vrai qu’au vingtième siècle, la France a validé le transfert au sein du service public des fonctions sociales de l’Eglise. L’Etat-Providence est devenu le refuge commode de ce que le clergé n’assume plus depuis l’émergence de la Troisième République. Ce mouvement a eu un effet immédiat : le gonflement massif de la part des dépenses publiques dans le PIB.

Le noeud gordien se trouve là : s’attaquer à la dépense publique aujourd’hui équivaut à un blasphème libertin sous l’Ancien Régime. Dire que l’Etat est trop présent, c’était comme dire, il y a trois cents ans, que Dieu occupait trop de place dans la société. L’excommunication n’est jamais loin pour ces hérétiques, et la réaction des socialistes aux propos de Macron sur les fonctionnaires en a donné une preuve éclatante. Pour un peu, le ministre de l’Economie eut été brûlé pour héliocentrisme.

Pour être libéral, en France, il faut imaginer et soutenir que l’individu peut survivre sans le saint Etat intercesseur terrestre auprès de Dieu. En ce sens, Macron est libéral : il appartient à cette gauche laïque, libertine au sens du siècle des Lumières, qui veut limiter le poids de la « collectivisation » dans les destins individuels. Cette posture rassemble, dans la pratique, un véritable courant au sein du Parti Socialiste, qui va de Cambadélis (même s’il s’en défend) à Sapin (dans une certaine mesure).

Chaque parti, de gauche comme de droite, recèle dans ses rangs ces « libertins-libéraux » qui tentent d’exister dans la cohue partisane des admirateurs de l’Etat.

Macron et la vulgate libérale

Pour autant, suffit-il d’enfoncer quelques portes ouvertes sur le rôle excessif de l’Etat pour être un authentique libéral?

Non, bien entendu, et c’est de ce point de vue que Macron apparaît comme un « libéral Canada-Dry ». Il a bien les apparences d’un libéral, mais sa composition idéologique est très différente.

D’abord par ses origines. Macron est par essence une créature de l’Etat : normalien, énarque, inspecteur général des finances, il se situe au coeur de ce faux libéralisme, de cette vulgate libérale volontiers pratiquée dans les allées administratives du pouvoir. On y dit, et on y répète dans les dîners, les couloirs et les alcôves, que le droit du travail est trop compliqué, mais on ne manque jamais de lui en rajouter une couche. On y parle du poids des 35 heures dans les entreprises, mais on se garde bien de les remettre en cause dans les services de l’Etat. On plaide pour la compétitivité, la performance, mais on évite de l’appliquer aux administrations, car les vagues produites dans les services par ces idées révolutionnaires pourraient nuire à la carrière.

Le libéral étatiste adore la concurrence chez les autres, mais pas chez lui.

Ensuite par ses choix politiques. L’oeuvre de Macron donne le sentiment de « libéraliser », mais elle favorise systématiquement les grandes entreprises rentières au détriment des nouveaux entrants sur les marchés. Prenons l’exemple de la libéralisation du transport routier de voyageurs: elle constitue une aubaine pour la SNCF qui diversifie ses activités et ne profitera marginalement qu’aux nouveaux transporteurs. Ouvrir des marchés avec la SNCF, convenons-en, n’est pas une logique libérale.

Cet exemple emblématique montre bien que le libéralisme d’Emmanuel Macron s’arrête là où la rente commence. Notre ministre de l’Economie a bien l’idée qu’il faut laisser le secteur privé respirer, mais sous un format post-soviétique : il s’agit de privatiser des activités publiques, ou de faire le jeu de grandes entreprises installées, et certainement pas d’instaurer une concurrence libre et parfaite où un Bill Gates, ou Steve Job, pourrait émerger.

Le libéralisme macronien, c’est le libéralisme d’une technostructure qui rêve de privatiser les leviers de l’Etat à son profit. Et pendant ce temps, le Mittelstand français se meurt.
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Pendant ce temps, Eric Zemmour fait une chronique tout à fait stupide sur le même sujet :

"Le fleuve de gauche est revenu dans son lit libéral", soutient Éric Zemmour

Comme si Burke était de gauche, lui qui défendait le libéralisme traditionnel de l'Angleterre au nom de son conservatisme ! Mais E. Zemmour perd tous ses neurones dès qu'on prononce le mot «libéralisme».

Par exemple, E. Zemmour prétend que ce sont des libéraux qui ont promu la loi Le Chapelier interdisant syndicats et corporations, ce qui est un contresens total. Décidément, il ne comprend rien au libéralisme. Je le soupçonne de ne pas vouloir comprendre pour une raison que je ne m'explique pas.

Evidemment, quand on se dit admirateur inconditionnel de Napoléon, on souffre de quelques déficiences dans l'analyse. Peut-être Eric zemmour n'a-t-il pas remarqué que la France de Napoléon a fini plus petite que la France de Louis XVI ?

Passons.





vendredi, juillet 10, 2015

Miracle : Emmanuel Macron a lu des vrais livres avec de vraies idées dedans ... et il se sent très seul au gouvernement

Emmanuel Macron, l'élève d'Aristote

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Si, comme le disait Montherlant, toute supériorité est un exil, le ministre de l'Économie doit se sentir bien seul dans ce gouvernement. Passer du statut d'assistant de Paul Ricoeur à celui de François Hollande est sans aucun doute un gain considérable en terme d'ambition mais toute médaille a son revers: c'est aussi une perte sèche pour la vie de l'esprit. Le chef de l'État ne cache pas, en effet, son indifférence pour la littérature, la philosophie, les beaux-arts, toutes ces vieilleries inutiles et encombrantes qui le détournent de ses deux uniques passions: la politique et le sport.

Fleur Pellerin, notre ministre de la Culture, n'a rien lu de Modiano et ne prend pas la peine de se déplacer pour remettre le prix de la BNF à Michel Houellebecq. Najat Vallaud-Belkacem avec sa réforme du collège a donnéle coup de grâce aux humanités.

Manuel Valls, dans L'OEil, a envisagé des cours d'improvisations à la Jamel Debbouze dans les écoles. Quand il parle d'un livre (Zemmour, Onfray, Todd), c'est pour exiger que personne ne le lise.

Au milieu de cette nuit, le jeune homme brille avec autant plus d'aisance. Ainsi,il peut prendre une heure, à Bercy, pour, devant un parterre de lycéens, dialoguer avec Fabrice Luchini sur les mérites comparés du Bateau ivre de Rimbaudet de Noces de Camus. C'était au début du mois de juin. L'auditoire était conquis.
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Ma rubrique sur notre personnel politique s'intitule «la lie».

Ce n'est pas un mouvement d'humeur de ma part. Je suis convaincu que le personnel politique actuel, à cause de l'omniprésence de la «com», de leur parcours, de leur cooptation et un tas d'autres raisons, certaines profondes, est  la lie de notre société, la racaille des beaux quartiers.

C'est sans doute pour cela qu'elle s'entend si bien avec la racaille des banlieues.


jeudi, avril 30, 2015

Le social-libéralisme, voilà l'ennemi !

Le social-libéralisme, voilà l'ennemi !

Pour une fois je suis d'accord avec l'analyse économique d'Eric Zemmour. Est-ce moi qui me suis rapproché de lui ou l'inverse ? Je ne sais.

Deux articles connexes :

Rémunérations des dirigeants du CAC 40 : un mauvaisrapport qualité-prix

Archer est beaucoup plus cinglant que Zemmour :

Qu'on le veuille ou non, et par-delà le talent de ces capitaines de grands groupes, il faut savoir demeurer en phase avec la société au sein de laquelle vous évoluez. C'est ce qu'avaient compris feu François Michelin, Xavier Fontanet (Essilor) ou Bertrand Collomb (Lafarge) à la suite du regretté Olivier Lecerf. C'est ce que ne parviendra jamais à intégrer Carlos Ghosn dont la rémunération globale chez Renault est de 7,2 millions d'euros et de 7,4 millions chez Nissan.

Notre société, certes capitaliste et matérialiste, peut elle se satisfaire de payer quelqu'un plus d'un million par mois à la lumière d'un chiffre simple que les analystes financiers gomment parfois: il y a dix ans, Renault produisait (et vendait) près d'un million de véhicules en France. Aujourd'hui, la firme au losange est endeçà de 400.000 unités. Était-il si génial de délocaliser à tour de bras et de se focaliser sur du low-cost ? Pourquoi avoir tué la stratégie de redressement de Raymond Lévy qui n'excluait pas le haut de gamme ou l'alliance avec Volvo en 1988?  Un jour, un bilan de l'ère d'un manager fort soucieux de ses intérêts (n'est-il pas de surcroît patron de Lada en Russie...) devra être établi.


C'est un de mes points d'accord avec la CGT (si, si) : Carlos Ghosn est un enfoiré de compétition, cupide, avide, narcissique, égoïste, inhumain, froid, sans scrupules ... Un escroc de grand chemin qui a compris qu'il y avait plus d'argent à se faire dans les couloirs des ministères et dans les salles des conseils d'administration qu'en casant des assurances-vie bidons aux dans les maisons de retraite de Carpentras.

Et Emmanuel Macron aussi :

De nos jours, les temps ont changé et un ministre de l'Économie a fait inscrire dans sa fameuse future loi Macron un allègement de la fiscalité relative aux attributions d'actions. Chacun pensera librement: on peut vouloir vivre comme un footballeur ou comme Jean Guitton. On peut vouloir introduire une loi innovante ou à l'inverse glisser des dispositions qui ménagent l'appréciation que les hautes sphères dirigeantes privées ressentent à votre égard. Une vraie application du principe de précaution appliquée à la notion de carrière personnelle, en somme.

«C'est pas ma faute» : le livre que doit lire Agnès Saal







lundi, avril 27, 2015

Verhaeghe : Emmanuel Macron, la rente contre le capital

Emmanuel Macron: la rente contre le capital

[…]

On s’étonne toutefois de ne voir à aucun moment apparaître la notion de valeur créée par les entrepreneurs dans cette tribune. Pour Emmanuel Macron, le capitalisme, ce sont des détenteurs de capital qui financent la croissance, mais pas des entrepreneurs qui créent de la valeur ex nihilo. Cet aveu involontaire méritait d’être commis: Emmanuel Macron est décidément l’homme de la banque, ce n’est pas un entrepreneur. Il incarne bien cette caste dominante en France pour laquelle l’économie est un jeu capitalistique où l’action des hommes et des innovations tient un rôle secondaire par rapport à la préservation des rentes acquises.

L’étonnante absence du mot « innovation »

De façon encore plus révélatrice, le mot « innovation » ne figure d’ailleurs pas dans le texte d’Emmanuel Macron. Il est assez curieux de voir comment un ministre devenu la figure de la modernité au sein du gouvernement, peut à ce point rater l’exercice attendu. A le lire, on croirait presque que son enjeu est de reconstruire la puissance industrielle française des années 1860, quand il s’agit précisément de basculer vers des modèles totalement nouveaux.

[…]


Les élites françaises ne comprennent pas la nouvelle économie

En bout de course, il ressort de cette tribune le sentiment diffus qu’Emmanuel Macron est bien l’homme de la rente. Il lit l’économie française sous le prisme d’un capitalisme mature, qui ne comprend pas les nouveaux paradigmes et qui cherchent simplement à faire fructifier un acquis en profitant d’innovations qui lui sont étrangères. Et c’est probablement cela, le mal français: le pays est dirigé par une élite tournée vers le passé, même lorsqu’elle prend les accents de la modernité. Son enjeu est de préserver une structure de capital, et certainement pas d’en faire émerger une nouvelle, adaptée aux besoins de notre temps et reposant sur des entrepreneurs qui changent le monde.