samedi, janvier 12, 2013

Quand les commentateurs de la Lime font des découvertes (2)

Curmudgeon

Ce n'est pas tout. Le 1er janvier 2012, François Bayrou fait un discours à Clermont-Ferrand, et il y dit : "Eh bien, excusez-moi de le dire, nous avons fait la Révolution, nous avons inventé la République et la démocratie, pour une raison toute simple, c'est que nous ne voulons plus que l'on nous dicte nos choix !"

Robespierre lui-même affirmait que la France était animée par "cette ambition généreuse de fonder sur la terre la première République du monde" (discours du 8 thermidor an II, 26 juillet 1794). Parmi les auteurs qui citent le passage dont j'extrais cette phrase (passage qu'on trouvera facilement, il est typique de la sentimentalité de Robespierre), figure l'écrivain communiste André Stil, chez qui on la trouve dans un livre intitulé sobrement Quand Robespierre et Danton inventaient la France (Grasset, 1988).

On rencontre facilement ici et là un complexe vague d'idées selon lequel la France est véritablement apparue sous sa forme plénière et lumineuse à la fin du XVIIIe siècle. Elle est vue comme le résultat d'une création, d'une invention, d'une construction. Ainsi le journaliste Michel Faure, alors grand reporter à L'Express (au cours de sa carrière, il a travaillé à l'AFP, à Libération, au Monde, etc.), écrit en 1993 : "Comment, alors, recoudre le tissu social, retrouver des repères? Comment y voir clair? En allumant nos lumières, peut-être, comme lors du siècle du même nom, lorsque les hommes, libérés des interdits et des peurs d'un long Moyen Age, ont inventé la France et trouvé les chemins de la modernité." Cette idée est d'autant plus frappante que Michel Faure est, avec François Clauss, l'auteur du livre "Georges Duby, An 1000, an 2000, sur les traces de nos peurs" (1999).

Un petit glissement de plus, et "la France" est assimilée à un bouquet d'institutions politiques et administratives, d'où cet ouvrage : "Quand Napoléon inventait la France, Dictionnaire des institutions politiques, administratives et de cour du Consulat et de l'Empire" (2008). Je sais que c'est une formule, un titre qui claque, mais n'empêche, c'est un peu gros.

Il est vrai que les Français ont été dûment chapitrés : c'est l'Etat qui a fait la France. Pour ceux qui ont une vision de l'histoire légèrement plus profonde temporellement que François Hollande, ça commence avec les rois. Mais, de toute façon, ça justifie l'adulation dont l'Etat (c'est-à-dire, de fait, ceux qui l'occupent) doit faire l'objet. Un seul exemple, dans un grand discours à Tours de Sarkozy (et, je suppose, Henri Guaino), en 2007 : "Servir la France, servir la République, c'est d'abord servir l'État. Parce que c'est l'État qui a fait la France. C'est l'État qui a forgé la nation et qui en a maintenu l'unité. L'effondrement de l'État a toujours coïncidé en France avec l'effondrement de la nation."

J'aimerais assez connaître qui a forgé cette théorie de l'Etat qui a fait la France, aux implications nettement autoritaires, et historiographiquement discutable. D'ailleurs on peut tout aussi facilement dire, dans cette perspective, que c'est l'Etat qui a fait l'Italie, c'est l'Etat qui a fait l'Allemagne, et même que c'est l'Etat qui a fait l'Angleterre, parce que quand Æthelstan, roi du Wessex, a conquis le royaume Viking de York en 927, il est devenu le premier "roi des Anglais".

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Ce commentaire de Curmu est important car 90 % des Français et 100 % de la classe jacassante sont persuadés de cette légende : c'est l'Etat qui a fait la France et servir la France, c'est servir l'Etat c'est-à-dire servir les hommes de l'Etat (Guaino est un connard de compétition : c'est l'exemple-type de l'homme de l'Etat qui pense que cette qualité suffit à lui le donner le droit d'exiger que les Français soient à ses pieds).

C'est ce que leur répètent l'école «républicaine», c'est-à-dire gauchiste et étatiste, depuis un siècle et, avec une unanimité touchante, toute la classe jacassante (c'est une scie du discours zemmourien). Cette théorie était soutenue par un certain Charles De Gaulle dans tous ses écrits. Heureusement, il s'est empressé de ne pas la mettre en application le 17 juin 1940 (notons bien qu'à cette date le gouvernement français est encore parfaitement légal et que, si la France c'est l'Etat, et vice-versa, il aurait du rester à Bordeaux).

En réalité, ce sont les Français qui ont fait la France et l'Etat a suivi. Quand il a mis la France bien dans la merde, Louis XIV n'a pas lancé un appel dans toutes les administrations pour que les fonctionnaires se mobilisent, il a fait lire une lettre dans toutes les paroisses et c'est aux Français qu'il a fait appel. La France n'a jamais été si prospère et si enviée que les rares fois où l'Etat lui a lâché la grappe.

On peut même écrire l'histoire de France comme celle des efforts des Français pour réparer les conneries des hommes de l'Etat.

Les Anglais, qui adorent se moquer de nous, l'ont compris, eux, puisqu'ils disent souvent : «Les Français sont très forts : ils arrivent à survivre à leur Etat».

J'ajoute du Bruno Bertez :


Bruno Bertez : Sur le fascisme…et ses variantes
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 10/01/2013 (en Français texte en français )
→ lien

Je définis le fascisme comme la tentative d’arrêter l’histoire, de nier les contradictions et les antagonismes entre les groupes sociaux en imposant la parole du maitre censé détenir la vérité et ainsi se poser comme légitime à employer tous les moyens, y compris la violence pour gouverner.

Le fascisme dans son essence, c’est la parole du maitre, que ce maitre gouverne au nom de la droite, de la gauche et surtout du centre. C’est la négation des oppositions et des contradictions, le refus des différences qui définit le fascisme, parole ou pouvoir unificateur, réducteur, constructiviste.

Le Monti et sa position sont dans la grande lignée fascisante italienne du soi-disant pouvoir qui ne serait pas politique, mais serait de celui qui sait, au-dessus des partis.

Contrairement à ce que pensent les idiots MSM, on est plus près du fascisme avec Monti qu’avec Berlusconi.

Le centrisme et l’union nationale, c’est la racine du fascisme. Ce mariage de la carpe et du lapin est produit par une mystification, un tour de passepasse au nom d’un soi-disant intérêt national qui n’est en l’occurrence que l’intérêt de l’Internationale noire kleptocratique.

L’enjeu de la crise, c’est la reproduction ou non de l’ordre social des trente dernières années, c’est: qui va payer, qui va être laminé, qui va sortir vainqueur ?

Et les gouvernements gris, mi carpes mi lapins, centristes, recentrés, ou tout ce que l’on veut, sont là, pour gérer les mystifications, la propagande, qui permettent de faire en sorte que les peuples soient perdants, les classes moyennes abaissées et que l’élite klepto avec ses laquais politiques et administratifs restent en place. En place pour faire leur besogne de containment.

C’est tout l’enjeu du combat pour les classes moyennes, ce combat doit faire en sorte qu’elles ne tombent pas du côté des ultras riches et de la finance klepto, qu’elles prennent conscience du fait qu’elles sont en train de se voir imposer la régression pour sauver les ultras riches.

Le recentrage, maintenant manifeste de Hollande, porte donc le nom de
social-libéralisme, ce qui est exactement le positionnement du journal Libération, défenseur de Cahuzac, qui appartient à Rothschild. Le journal appartient à Rothschild, pas Cahuzac…

Le social libéralisme, c’est l’ordre klepto avec la liberté des mœurs, la mise en valeur de la marginalité, dans le cadre d’une alliance sociale antidémocratique des gens qui ne produisent rien et jouissent de la répartition.

Il y a peu de CGTISTES qui lisent Libé. Le Libé qui était auparavant financé par les vieilles familles Schlumberger.

Sitôt qu’un complément est accolé au mot socialiste, il y a danger. Si vous ne m’avez pas compris, je précise. Le socialisme tout seul, cela a un sens ; le socialisme fabien, c’est déjà louche; le socialisme libéral, c’est encore pire; le social blairiste, cela craint et le national-socialisme, je ne vous fais pas un dessin.

Ou le socialisme ose être ce qu’il est, une première gauche, ou il mystifie pour conquérir le pouvoir avec le masque de la deuxième gauche et, dans ce cas, il est prisonnier des intérêts qui lui ont facilité l’accès.

Mélenchon porte une responsabilité énorme dans la situation en cours de dérive que nous connaissons, sa formation d’ex-philosophe qui a cessé de penser le coupe des réalités, il glose, et passe à côté de tout. Son analyse éructative de la politique des Cahuzac et consorts est pitoyable. Aucune structure, articulation, aucun ancrage. Des mots creux et sans portée comme ceux de socio libéraux.

Le progrès, ce n’est pas l’arrêt de l’histoire et le règne de la parole du maitre Monti, Hollande ou d’un Cahuzac. Le progrès ne vient pas d’en haut, il vient de l’interaction des individus qui composent la société, interaction efficace malgré les intérêts égoïstes, pour faire surgir un système plus satisfaisant car plus adapté. Le progrès ne se définit pas, ne se détermine pas, il résulte des adaptations successives des citoyens libres, préoccupés de leurs intérêts, de ceux de leurs proches et de ceux de leur communauté. Le progrès est, voilà le grand mot, une résultante qui échappe à ceux qui prétendent le conduire.

Le progrès de l’internet, de Google, de Facebook ne doit rien à Obama. Ce que l’on doit à Obama, à ses prédécesseurs et aux pouvoirs politiques en général, c’est le désastre des carburants bio, le désastre du solaire, le désastre de la voiture électrique Tesla, le sauvetage des banques, tous consommateurs de richesses transformées en gaspillage. Ce que l’on doit à ces gens, ce sont les guerres, le mal être généralisé, la vie pourrie et l’exploitation par le biais de la finance klepto.

Le relativisme en une phrase

« Si toutes les valeurs sont d'égales valeurs, alors le cannibalisme n’est qu’une affaire de goût. »

Leo Strauss

Tentative de libération d'otage en Somalie

L'armée française a tenté de libérer un otage en Somalie. Les informations disponibles sont claires : c'est un échec.

Avant que les stratèges et les tacticiens en chambre déversent leurs analyses, rappelons que la libération d'otages est toujours très difficile.

L'analyse pourra se porter sur deux plans :

> technique. Les renseignements étaient-ils de qualité ? Les modes d'action choisis judicieux ? Les moyens suffisants ?

> politique : la décision d'intervenir de vive force était-elle la meilleure ? Toutes les alternatives ont elles été examinées ? Etc.

L'aspect qui m'intéresse le plus est le comportement de François Hollande. Lui qu'on soupçonne d'être inapte aux décisions et aux engagements, comment a-t-il décidé d'envoyer des soldats risquer leur vie (il est vrai qu'il s'agit de gens qu'il méprise, cela facilite sans doute les choses) ?

Premières indications : la com' semble assurée par le premier ministre et par le ministre de la défense. Le chef des armées aux abonnés absents. Courage, fuyons.

En attendant, des soldats français sont morts (et un pilote d'hélicoptère au Mali). Hommage à eux.

Quand les commentateurs de la Lime font des découvertes



Robert Marchenoir  Curmudgeon  il y a 17 heures


Il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. (Prétentieux Ier)
Hum ! Voyons voir...
Première république française : 1789.
Déclaration d'Indépendance : 1776.
République des Pays-Bas : 1581.
Naissance de la Confédération helvétique : 1291.
Magna Carta : 1215.
République de Venise : 7e siècle.
République romaine : 509 av. J.-C.
Démocratie athénienne : 508 av. J.-C.
Et j'en passe...
Prétentieux, ignorant et arrogant. La gauche, quoi...


Curmudgeon  Robert Marchenoir  il y a une heure

Ça, c'est une sacrée perle ! Pour arracher cette splendeur chatoyante aux abysses de l'Histoire, deux intrépides plongeurs ont conjugué leurs efforts. Le discours du Bourget a été composé avec l'aide d'Aquilino Morelle (docteur en médecine, Sciences Po, ENA), "plume" de François Hollande (licencié en droit, Sciences Po, HEC, ENA [rang de sortie : 7ème], Cour des comptes, maître de conférences d'économie à Sciences Po). Une telle accumulation de "culture", une fois recouverte du voile épais du préjugé, aboutit à un obscurcissement total de la république américaine, pour ne parler que d'elle.
Le contexte est intéressant : "Chers amis, j’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité, ce rêve ne nous appartient pas qu’en propre, mais il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. C’est nous qui avons porté cet idéal qu’une société, si elle s’organisait, si elle se donnait les moyens, si elle faisait de l’égalité, de la liberté et de la fraternité son mode de vie, pouvait être l’émancipation pour chacun. C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter – et aussitôt, la Droite s’est gaussée."
Il se confirme que le "Rêve français", que cet "idéal", est apparu à la Révolution, comme l'"âme" de la France. Depuis, "tout au long des siècles" ("tout au long des" = à peu près 2, ce qui étire une profondeur temporelle vertigineuse), les citoyens le caressent. Hollande reconnaît que le rêve en question "ne nous appartient pas en propre", mais il se trouve que c'est nous qui l'avons conçu. Ce Rêve du "progrès", de l'"émancipation pour chacun", peut se réaliser si nous avons comme "mode de vie" l'égalité, la liberté et la fraternité. On observera toutefois que cette triade du Rêve se trouve réduite à la seule égalité dans la définition de l'"âme de la France". Le Rêve est donc plus ample que l'Ame, mais on ne sait pas pourquoi. J'arrête là l'exégèse : le texte est trop dense.

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Mon commentaire :

C'est la gauche dans toute sa splendeur.

On se prend pour le parti des intellectuels et des savants. On n'est que le parti des demi-intellectuels et les savants viennent de Marseille (mais ils sont de renommée mondiale, les savants de Marseille).

On remarquera que les mêmes qui nous en ont fait des tonnes sur la prétendue inculture de Nicolas Sarkozy et qui ne laissaient rien passer montrent ici une indulgence qui confine à la complaisance et ils sont d'une discrétion de rosières à propos de la culture de François Hollande qui navigue pourtant, à ce qu'on m'a dit et à ce que je devine, dans les mêmes marécages que celle de son prédécesseur.

La France a intérêt à ce que la Grande-Bretagne quitte l'UERSS

Le départ de la Grande-Bretagne renforcera les tendances dirigistes, c'est-à-dire suicidaires, de l'UERSS.

Comme l'éclatement de l'UERSS est dans l'intérêt de la France (mais pas des politichiens français, qui se rêvent toujours en empereurs européens), j'en conclus que ce divorce des Grands-Bretons est une excellente chose pour nous (et encore plus pour eux).

Seul problème : l'éclatement de l'UERSS après le départ des Britanniques ne viendra pas d'un sursaut de lucidité de nos politiciens, ils sont trop cons, trop corrompus, trop incompétents, trop vendus à l'oligarchie européiste, il viendra d'une révolte populaire. Donc, il va falloir que cette révolte murisse. Nous en avons encore pour de longues années de descente dans la misère.

Merci Jacques Delors. Merci François Mitterrand. Merci Jacques Chirac. Merci Nicolas Sarkozy. Merci François Hollande.

vendredi, janvier 11, 2013

Taxer les CDD : super génial !

M. Dugland, patron de Duglan-Plomberie a peur d'embaucher en CDI, parce que zut, merde, crotte, si on embauche en CDI, après, on peut plus virer les feignasses et on se traine les boulets jusqu'à la retraite. Alors M. Duglan, il embauche des CDD, comme ça, il peut lourder les bons-à-rien.

Les saints-diktats de ponctionnaires (tous les saints-diktats de zouvriers sont en réalité des syndicats de ponctionnaires), ils sont pas concernés par la question et ils y connaissent que dalle. Ca les empêche pas de trouver ça moyen : on a pas besoin d'être concerné et d'y connnaitre kekchose pour avoir un avis (quel est l'abruti qui leur a demandé leur avis ? Ah l'inénarrable M. Trierweiler). Alors, y zont une idée super géniale que ça casse des briques comme un karatéka sous amphète : taxer les CDD. Créer une nouvelle taxe ? Personne y avait jamais pensé en France. Ca vraiment, ça déchire l'originalité de ta race.

Et les saints-diktats prétendus patronaux, les gros avec des cigares qui font des partouzes tous les weekends avec les hauts-ponctionnaires, applaudissent, ces cons !

Qu'est-ce qu'i' va faire, M. Duglan ? Bin c'est simple, il va plus embaucher du tout, ni CDD ni CDI, même pas un cire-pompes, pour pas avoir d'emmerdes. Avec les gars qu'il a, il va payer les heures sup au noir et quand vraiment il sera charrette, si par miracle ça arrive, il annoncera au micheton des délais à perpète.

Bravo les saint-diktats patronaux ! Pouviez pas dire «merde», purement, simplement, naturellement ?

La France : le pays où même les syndicats patronaux sont socialistes.

Addendum : Les Experts 13/01/2013



jeudi, janvier 10, 2013

François Hollande et le mariage

Que François Hollande, qui n'a même pas été capable de se marier, veuille détruire le mariage, rien de plus naturel une fois qu'on a compris à quel point il est mesquin et aigri.

Mais il y a une question plus grave : comment peut-on faire confiance pour diriger à un type qui n' a pas pu s'engager vis-à-vis de la mère de ses enfants ?

Deux mamans, c'est pas toujours si terrible que cela

Deux mamans, c'est pas toujours si terrible que cela

Je publie cet article parce qu'il va à contre-courant de la hideuse propagande médiatique.

Mais l'accumulation de cas individuels me semble un piège des nihilistes. En effet, la question n'est pas de savoir si Lulu est heureux avec deux mamans. Réduire le débat au désir et à la satisfaction individuels, même des enfants, c'est céder aux idées des nihilistes.

Il faut élever le débat à son vrai niveau, qui est collectif et historique : quelle société voulons nous ? Voulons nous qu'elle dure ? Quel est le rôle de la famille dans cette construction et cette transmission ? D'où découle : qu'est-ce qu'une famille ?

Bien entendu, le collectif et l'historique sont farouchement combattus par les nihilistes, qui ne veulent voir que l'individuel et l'instantané.

Nota : parmi les malhonnêtetés des socialauds, il y a le «mariage homosexuel» sans mères porteuses ni fécondation in vitro : comme ce sont des droits attachés au mariage (1), il suffira, après la légalisation du «mariage homosexuel», de porter plainte à la cour européenne de justice pour discrimination et l'Etat français sera obligé de céder.

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(1) : les mères porteuses sont théoriquement interdites en France, mais on peut aller à l'étranger puis faire légaliser si on a un bon avocat.

Liberté = bonheur

Graphique emprunté à mon ami h16.

Vous pourrez l'opposer à tout socialiste, par essence anti-libéral, qui prétend agir pour le bonheur du peuple.



Quand je vous dis que nous avons le gouvernement le plus mesquin et sectaire depuis des lustres ...

Les armes individuelles ont été temporairement "démilitarisées". Une mesure exceptionnelle et vexatoire.


Selon nos informations, des mesures exceptionnelles de sécurité ont été prises par l'autorité militaire, à l'occasion de la visite mercredi du chef de l'Etat au 12ème régiment de cuirassiers d'Olivet (Loiret), pour la cérémonie des voeux aux armées.  "Les Famas,7.62, 12.7 seront montés sans percuteur; les PA seront montés sans platine" ordonnait une note interne. Cela signifie que les armes des militaires présents sur le site ont été quasiment "démilitarisées" durant le temps de la visite. 
Qui a pris cette décision - qui a froissé de nombreux militaires, estimant que le chef des armées mettaient en doute leur loyauté ? La sécurité de la Présidence ou l'armée de terre ?
Le Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) a, selon une source bien informée, formulé la "demande habituelle de ne pas avoir de muntions dans les chargeurs"... ce qui est le simple bon sens. Selon cette même source, l'idée de faire "sans les culasses et les percuteurs" serait une "initiative des armées".  
Une autre source indique au contraire qu'il s'agit d'une demande expresse du GSPR... 
Quoi qu'il en soit, quelqu'un semble avoir fait de l'excès de zèle - car on ose croire qu'il s'agisse d'une exigence du niveau politique. Et les militaires ont trouvé cet épisode aussi vexatoire que déplaisant... 

mercredi, janvier 09, 2013

Je n'ai plus envie de discuter


Comme l'amiral Woland, je considère de plus en plus qu'il n'y a que deux cotés en politique française : ceux qui soutiennent des opinions décentes et ceux qui soutiennent des opinions indécentes.

Du premier coté, je mets les conservateurs, ceux qui estiment que la société était mieux avant mai 68 (plus exactement : qu'avant mai 68, il y avait une société et qu'ensuite, elle a été méthodiquement détruite).

De l'autre, je mets les amis du désastre, indiffèrent au fait qu'ils se revendiquent de gauche ou de droite. Comment reconnaitre un ami du désastre ? Suivant une définition que j'aime bien, c'est quelqu'un qui appelle "progrès" les dérèglements de la société.

Et je n'ai plus envie de discuter avec ces gens-là, je n'ai plus envie d'analyser leurs débilités.

J'en ai fait des tartines sur ce blog à propos du "mariage homosexuel", mais c'est contraint et forcé par l'actualité et par la stupidité de certains de mes contemporains.

Sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, le temps que j'y ai consacré au-delà des vingt secondes que prend à un homme de bien le grand éclat de rire qui sied est perdu. Et perdu dans le déplaisir de débattre de choses basses et sordides. Je me sens sali de m'être mêlé d'un débat qui ne devrait même pas exister tant l'évidence de la connerie de la proposition devrait sauter aux yeux de tous.

Je connais l'objection qu'on peut me faire : les amis du désastre ne se lassant jamais de pousser leurs "progrès", ils profitent de la démission de leurs opposants. Je sais. Mais j'ai tout de même droit au repos de temps en temps.

Fernand de Brinon, l'aristocrate de la Collaboration (G. Joseph)


J'ai déjà fait la remarque que Gilbert Joseph choisissait ses sujets avec malice.

Fernand de Brinon est un journaliste corrompu, mais pas plus que la norme de l'époque. Les voies du journalisme l'amènent à devenir un spécialiste de l'Allemagne dans les années 30. Il rencontre régulièrement Ribbentrop et même, quelques fois, Hitler. Il est, un temps, très proche de Daladier.

Après la défaite, il devient assez naturellement le délégué du gouvernement de Vichy pour la zone occupée. Il a soutenu la politique antisémite de Vichy au nom de la nécessité de ne pas déplaire aux Allemands mais était marié à une juive. Il a collaboré à la répression nazie mais a effectué beaucoup d'interventions individuelles (la famille du colonel Rémy lui doit sans doute la vie). Il a agi par conviction  jusqu'au bout tandis que certains retournaient opportunément leur veste.  Il a été jugé et fusillé à la Libération mais n'était pas pire que d'autres qui sont morts dans leur lit.

Bref, Gilbert Joseph a choisi d'écrire la biographie d'un salaud ordinaire, pas d'un monstre. C'est d'ailleurs en cela qu'il est intéressant.

Qu'en conclus-je ?

Il n'y a pas si longtemps, certains crétins, traitres ou manipulés (ou les deux), défilaient au cri de "Plutôt rouge que mort", leurs précurseurs demandaient "Qui veut mourir pour Dantzig ?". Tous sous-entendaient qu'il n'y a pas pire que la guerre.

Ce que nous apprend cette histoire, c'est qu'il y a pire que la guerre. Il y a la servitude sous une dictature totalitaire implacable.

Une fois de plus, le choix gaulliste est validé (c'est pourquoi je m'étonne encore que la lecture pétainiste de l'histoire (1) l'ait emporté) : choisir de collaborer avec un ennemi comme l'Allemagne nazie, c'est se condamner à descendre sans cesse les marches de la compromission puis de l'ignominie.

On voit dans la carrière de Brinon qu'il n'a aucune autonomie : soit il devance les désirs des Allemands, soit il cède à leur pression. Mais, en aucun cas, il ne peut s'opposer à eux avec succès sur des sujets importants.

Joseph en profite pour citer beaucoup de noms. Ainsi, j'apprends que la mère de l'historien André Castelot signait sa correspondance d'un vigoureux "Vive Hitler !".

Les noms qui apparaissent, dont certains sont encore dans l'actualité d'aujourd'hui (rarement au premier rang), font comprendre la continuité entre l'Etat vichyste et l'administration d'après-guerre : la légitimité était du coté gaulliste mais les gros bataillons de hauts fonctionnaires étaient du coté vichyste (jusqu'aux judicieux retournages de veste).

Pour passer à travers les mailles de l'épuration, mieux valait avoir des relations et l'habileté de faire profil bas à temps que d'être un citoyen ordinaire ayant agi par conviction.

Tout cela nous donne un tableau peu reluisant.

Certains jugements de Joseph au cours de l'ouvrage ne sont pas tendres mais il s'abstient de conclure au sujet de Brinon.


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(1) : je rappelle ce que je nomme la lecture pétainiste de l'histoire : considérer que l'armistice était nécessaire, que le gouvernement de Vichy qui en découlait était légitime et que, donc, les crimes du gouvernerment de Vichy sont ceux de la France. L'enchainement peut se remonter en sens inverse : si on considère que les crimes de Vichy sont ceux de la France, on considère de fait, même si on ne l'avoue pas, que le gouvernement de Vichy était légitime.

Philippe Séguin a parfaitement décrit les conséquences logiques d'une telle lecture : Charles De Gaulle n'est qu'un général dégradé, Léon Blum un politicien flétri responsable de la défaite, les Résistants des terroristes, les juifs ayant échappé aux rafles des hors-la-loi et la place de la France parmi les vainqueurs usurpée, ainsi que son siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU.

Les arguments qui frappent d'illégalité et d'inconstitutionnalité le gouvernement de Vichy sont parfaitement décrits dans la déclaration organique rédigée à l'été 1940 par René Cassin et qu'il n'y a aucune raison de revenir dessus.

dimanche, janvier 06, 2013

L'excitation à la haine sociale et les couilles dans l'étau

Affaire Depardieu, fiscalité totalitaire et punitive, «petites phrases» ... Le gouvernement excite la haine sociale contre les riches. Pourquoi ?

Ce n'est pas économiquement rationnel : les riches ne sont pas à l'origine de nos problèmes et les pressurer ne résoudra pas nos difficultés, elle les aggravera. Alors ?

C'est tout simplement que le gouvernement ne peut pas faire autrement.

Les vraies tares du système sont dans ses rentes. Or, le gouvernement est l'élu des rentiers du système, donc, sauf à avoir le courage de se suicider électoralement (et on ne devine pas un tel courage), il ne peut réformer le système en faillite. Il a les couilles prises dans l'étau de son électorat.

Puisqu'il ne peut rien faire pour résoudre la crise, il ne lui reste plus qu'une seule voie, très classique : détourner la colère du peuple sur des boucs-émissaires.

Nous avons eu les juifs (souvent), les financiers, les protestants, les aristocrates, de nouveau les juifs. Aujourd'hui, les riches.

Cela n'est pas plus efficace que précédemment mais, comme précédemment, cela évite aux vrais coupables de la catastrophe d'avoir à répondre de leurs décisions.

Une fois de plus, nous avons droit à l'injustice et à l'iniquité, les vraies, pas seulement en paroles,  en actes. Spoliation, confiscation, émigration.

Ce gouvernement est -comment dire ?- minable.

Elle est belle, la France !

samedi, janvier 05, 2013

Comment reconnaitre un socialiste ?

Je me suis aperçu avec horreur que je partageais mon bureau avec un socialiste. Certes, très tiède. Mais, tout de même, un socialiste ...

Vous imaginez ma bouleversification.

Heureusement, des collègues au-dessus de tout soupçon m'ont apporté leur soutien psychologique dans cette mauvaise passe. Une cellule d'aide fournie en galettes et cidre a été montée d'urgence.

Pour vous évitez ces affres, je vous propose un critère simple : le critère de Tocqueville.

Selon lui, dans le match entre liberté et égalité, être socialiste, c'est préférer l'égalité au détriment de la liberté.

Par exemple, «tel salaire (privé) est indécent» : socialiste. En effet, juger des revenus des autres honnêtement gagnés, c'est typiquement socialiste. On est prêt à amputer sans raison valable la liberté d'autrui de faire fortune pour rétablir ce que soi, on considère comme une inégalité injustifiée (injustifiée au nom de quoi, à part de sa propre jalousie ?).

Le seul cas où l'on peut juger du salaire des autres, c'est pour les fonctionnaires, puisque nous en sommes les clients forcés.

vendredi, janvier 04, 2013

Une nécessité : supprimer le droit de vote des fonctionnaires

Il serait juste et très utile de supprimer le droit de vote des fonctionnaires. En fait, je ne vois pas une seule mesure qui soit plus immédiatement utile que celle-ci.

Rappelons que, pendant très longtemps, les militaires n'ont pas eu le droit de vote et que cela semblait normal.

Une modalité, trop restreinte à mon goût mais tout de même utile : interdire aux fonctionnaires de se présenter aux élections. Comme en Grande-Bretagne, qui s'y connait mieux en démocratie que nous, ils doivent démissionner avant de se présenter.

Voici un commentaire de notre ami Bob Marchenoir  sur le sujet :

Le suffrage censitaire est intéressant au moins sur le plan théorique. Il permet de poser des questions auxquelles personne ne pense, du style : comment se fait-il que les fonctionnaires aient le droit de vote ? En plus d'avoir le droit à l'emploi à vie et le droit de grève! Ca commence à faire un peu beaucoup...

La proposition de retirer le droit de vote aux fonctionnaires a l'air d'une provocation extrémiste, mais le fait même qu'elle puisse passer pour telle montre que le pouvoir des fonctionnaires sur la société est préoccupant.

Dans une société comme la France, avec le nombre d'emplois publics et les privilèges qui y sont attachés, laisser le droit de vote aux fonctionnaires revient à leur permettre de se voter à eux-mêmes la quantité d'impôts qu'ils soustrairont aux autres citoyens, contre leur volonté, afin de perpétuer leurs emplois, indépendamment de l'utilité sociale de ces derniers.

Le conflit d'intérêt est patent, et pourtant personne, absolument personne [si, nous], ne l'évoque.

Je précise que l'adoption seule du suffrage censitaire suffirait à exclure les fonctionnaires du vote, puisque ces derniers, contrairement à ce qu'ils aiment tant à répéter, ne paient pas d'impôts. Pas un euro.

En effet, les impôts nominaux qu'ils règlent sont intégralement financés par... l'impôt que leur corporation extorque aux travailleurs du secteur privé. Les impôts apparemment payés par les fonctionnaires sont donc une astuce comptable, une arnaque économico-politique : l'Etat majore artificiellement leur salaire, intégralement tiré de l'impôt, d'un certain pourcentage dans ce but. L'Etat leur donne de l'argent, qu'ils rendent ensuite à l'Etat pour "payer" leurs impôts.

Les fonctionnaires sont bien les seuls dans ce cas ! Les Français normaux, eux, payent vraiment des impôts, car la portion des profits de leur entreprise qui est retirée de leur salaire pour payer le tiers provisionnel va à l'Etat. Elle ne retourne certainement pas dans les caisses de leur employeur, comme c'est le cas pour les fonctionnaires...

Rappelez-vous cela, la prochaine fois qu'un fonctionnaire défendra devant vous la dépense publique, en disant que "nous aussi, on paye des impôts", voulant suggérer par cela: plus il y aurait de fonctionnaires, plus l'Etat s'enrichirait, puisque cela suffirait à faire rentrer de plus en plus d'impôts !

On voit bien qu'en français courant, ce "raisonnement" porte un nom et un seul : celui d'escroquerie.

Pourquoi la droite libérale française a-t-elle disparu ?

Jusqu'à ces deux dernières décennies, il existait en France une droite libérale, baptisée par convention «orléaniste», à coté des droites «légitimiste» et «bonapartiste».

Or, la droite libérale, dont le dernier avatar était l'UDF, a totalement disparu du paysage politique français. Je soupçonne même que les derniers libéraux de la politique française se trouvent au PS, dans l'aile droite vaincue par le hollandisme spoliateur.

Quand on considère, comme moi et beaucoup d'autres, que le libéralisme économique est LA solution à la plupart de nos maux économiques et sociaux (tout n'est pas économique et social dans la vie, mais c'est important), il convient de s'interroger sur les causes de cette disparition de la droite libérale.

Je vois plusieurs causes :

> politique.

Les libéraux de droite ont fait le choix de l'européisme sans se rendre compte qu'il méprisait les peuples (les orléanistes ont l'habitude, mais ça n'aide pas à gagner les élections) et, surtout, qu'il n'était libéral qu'en apparence.

Ayant choisi le mauvais cheval, les orléanistes se retrouvent comme des couillons, à soutenir une politique auto-destructrice. Comment voulez vous convaincre les électeurs que le libéralisme est bénéfique quand l'exemple de libéralisme que vous leur proposez est l'UERSS ?

> sociologique.

L'orléanisme, c'était le parti des notables de village, des professions dites libérales. Or, cette classe a disparu au profit d'une nouvelle classe de notables, les bobos-élus locaux, qui sont tous socialistes, bien évidemment (on ne mord pas la main qui vous nourrit), les uns fièrement (vraie gauche), les autres honteusement (fausse droite).

> intellectuelle et électoraliste.

La fusion du RPR (droite bonapartiste) et de l'UDF (droite orléaniste), dans l'UMP, pour des raisons électoralistes, a été une calamité doctrinale : elle a brouillée des distinctions indispensables. Les électeurs s'y sont d'ailleurs perdus.

> culturelle et économique

La remarque offensive «gramscienne» de la gauche ces cinq dernières décennies a permis de créer le terreau culturel implantant les valeurs frelatées du socialisme, puis, à partir de ce point, de créer des clientèles économiquement dépendantes du socialisme.

L'espace politique pour le libéralisme en été réduit d'autant.

> médiatique

Enfin, les médias sont violemment hostiles à la droite orléaniste.

Le ridicule de François Bayrou menant son parti dans le mur et faisant allégeance, en vain, au socialisme, est la conséquence de tentatives désespérées, et basses, et grotesques, d'attirer positivement l'attention des médias.

Devant cette accumulation de fautes et de circonstances contraires, il n'est pas étonnant que le libéralisme ait disparu de la politique française.

Tout cela ne nous dit pas comment installer de nouveau le libéralisme dans le paysage politique français. C'est pourquoi je suis très inquiet.

jeudi, janvier 03, 2013

Inaptocratie

Définition (peut-être de Jean d'Ormesson) :

Inaptocratie : système où les moins aptes à gouverner sont élus par les moins aptes à produire.

C'est l'inverse du suffrage censitaire et, bien sûr, Jean d'O l'applique au gouvernement Hollande.

Cependant, ce néologisme est trompeur car il implique qu'il s'agit là d'une nouveauté.

En réalité, ce phénomène remonte à Mitterrand et à Chirac, voire à Giscard, et des mots existent pour le désigner : socialisme à la française et social-clientélisme, ou, même, avec des nuances, social-démocratie méridionale et radical-socialisme à la Queuille.

Je suis opposé au suffrage censitaire pour une raison simple : il donnerait aux demi-intellectuels et aux idéologues encore plus de pouvoir.

Le bon système me semble à rapprocher de la philosophie suivante, inspirée de la Suisse : voter, souvent pour dépassionner les débats, pour des projets de lois et non pour des hommes.

mercredi, janvier 02, 2013

Lys & Love (Voulzy)

Etrange et bien intéressant album, mêlant français et anglais, inspiré de Charles d'Orléans, prisonnier vingt-cinq ans en Angleterre.

Bien sûr, Voulzy sacrifie au politiquement correct dans une chanson intitulée 9ème croisade où il cède à la facilité de paroles arabes. Mais c'est juste une rançon pour éviter l'infamant «musique identitaire».

Pour euphémiser, disons qu'il n'y a aucune exaltation débridée du progressisme dans cette musique mélancolique.

L'ensemble est bien plaisant : Fair stood the wind for France.

La phrase du jour

Extrait d'un éditorial des Echos :

Luigi Einaudi, président de la République italienne dans les années 1950 :

« Quelques mois d'hésitation et de division des Etats italiens de la fin du XVe siècle ont coûté à l'Italie la perte de son indépendance pendant trois siècles. »

L'éditorialiste évoque évidemment la situation française.

Par bien des cotés, la France actuelle me fait plutôt penser à l'Espagne du XVIIIème siècle ratant la première révolution industrielle, toute aveuglée par la vanité imbécile de sa gloire passée, très passée, comme nous sommes aveuglés par notre prétendu «modèle social» que tout le monde s'empresse de ne pas copier.

Commençons 2013 en lattant les socialauds, ça fait du bien

L'article suivant est remarquable en ceci que j'avais rarement lu dans le Figaro, prétendu de droite, des mots aussi saignants :


Notons, comme je le signale en commentaire de l'article, que l'auteur fait une erreur d'analyse : il confond idéologie et idéalisme. Le cynisme n'exclut pas l'idéologie. Au PS, ils font bon ménage. Mais ça fait quand même du bien à lire.

Autre article, celui de Christian Saint-Etienne dans le Fig Mag. Je ne peux vous le reproduire, c'est payant. Je résume :

> Mitterrand, Chirac et Hollande ont enchainé la France avec la chaine du déclin dont les maillons sont : méfiance de l'individu et donc de la réussite, trop de droits sans contraintes ni responsabilités, clientélisme, assistanat, envie, jalousie, Etat-mamma, fiscalité punitive et paralysante. Nicolas Sarkozy a perçu certains de ces maillons mais n'a pas vu la chaine.

> Saint-Etienne distingue trois tendances économiques chez les socialistes :

1) Les modernes, au bon sens du terme. Ils ont compris l'économie de la connaissance. Par exemple, le maire de Lyon. Il cite aussi Michel Sapin. Ce sont les grands vaincus de la période actuelle. Ils attendent leur heure en silence.

2) Les dinosaures étatistes et punitifs. Hollande, Cahuzac, Moscovici, etc. Saint-Etienne fait remarquer que le fiscalité hollandiste punitive et oppressive de l'économie privée n'est pas due aux circonstances mais pouvait se déduire naturellement de la gestion de la Corrèze par François Hollande, elle correspond donc à une vision du monde. Ils sont au pouvoir et mènent la France droit dans le mur (avec une arrogance insupportable).

3) Les "décroissants", proches des Verts. Leurs idées passent au gouvernement essentiellement par les Verts. Ils sont minoritaires.

Nous sommes en janvier 1940 : nos politiciens et nos institutions nous mènent à la catastrophe, mais les remèdes sont connus, il suffit de lire les bons livres et d'écouter les bonnes personnes.

Saint-Etienne préconise la chaine de la la réussite : confiance dans l'individu, enrichissement par la réussite, fiscalité intelligente (assiette large, taux bas), moins de droits-créances, plus de droits-libertés, Etat léger, efficace et  ferme dans ce qu'il fait.

Le plus étonnant n'est pas ce qu'écrit Saint-Etienne mais ce qu'il n'écrit pas. En effet, il réussit à faire trois pages ainsi sans écrire une seule fois le mot «libéralisme» ou un de ses dérivés. Car, évidemment, il s'agit du programme libéral, loin des caricatures, qui a amené la prospérité partout où il a été appliqué.

Addendum : Saint-Etienne compare les patrons à des généraux de l'armée économique française, les cadres et les ouvriers spécialisés à des officiers et à des sous-officiers, et les chômeurs à des tués au combat. Et il en conclut que le gouvernement Hollande tire dans le dos de son armée !

Je n'aime pas l'analogie de l'économie et de la guerre : elle est fausse. Mais l'image de Hollande tirant dans le dos des acteurs économiques est juste.

mardi, janvier 01, 2013

Le "mariage homosexuel" et autres fariboles en une phrase

Marc de Scitivaux cite sur BFM la phrase d'une élue MRC (ça existe) : "Le rôle de l'Etat n'est pas de traduire en lois les désirs individuels".

La navrante médiocrité du personnel politique de la IIIème république

Je suis en train de lire la biographie de Fernand de Brinon, par Gilbert Joseph.

J'aime beaucoup Joseph, qui a un style plaisamment acide et choisit ses sujets avec malice (Combattant du Vercors et Une si douce occupation).

Une fois de plus, je lis un récit de la médiocrité de notre personnel politique des années 20-30. Une vieille révérence monarchique pour le pouvoir nous fait trouver cela étonnant, dérangeant.

Je connais des gens qui, par le simple fait qu'il est président de la république, essaient de trouver des qualités qu'il n'a pas à François Hollande. Certes, ceux-là ont une âme de courtisan, même s'ils ne rencontreront jamais Hollande. En réalité, François Hollande est moins digne de louanges que certains types intelligents, droits et cultivés de mon entourage qui ne passeront pas à la télé.

Vu la bassesse de notre personnel politique, chacun connaît  des gens qu'il préférerait citer en exemple à ses enfants plutôt que nos politiciens.

Pourtant, l'exaltation injustifiée des hommes de pouvoir est très répandue. Hélas.

lundi, décembre 31, 2012

L'illusion du trésor caché des riches

Court billet de Pierre-Yves Dugua, plein d'humour voilé, puisque, sous prétexte de décrire la situation budgétaire américaine, il livre son opinion sur le «hollandisme».

L'illusion du trésor caché des riches

dimanche, décembre 30, 2012

Comment peut-on être socialement conservateur et économiquement libéral ?

Vous avez sans doute remarqué que je suis souvent en accord avec Eric Zemmour sur les sujets dits de société et en complet désaccord sur les sujets économiques. Incohérence de ma part ou de la sienne ?

J'ai déjà tenté d'expliquer cette différence à travers le concept de communisme de marché.

E. Zemmour à le mérite de la simplicité : c'est un étatiste. Il écrit l'histoire de France comme les propagandistes de la IIIème république : l'histoire de la lutte du gentil État central, garant du bien commun, contre les égocentriques particularismes locaux.

D'où sa cohérence : de même qu'il dénonce l'emprise sur les questions de société de l'individualisme élevé à un niveau pathologique, il dénonce le libéralisme économique, à ses yeux expression de l'individualisme pathologique en économie.

J'ai une vision différente.

La question que je me pose, et qui fait de moi un conservateur est : quelles sont les institutions et les traditions qui ont subi avec succès l'épreuve du temps ? Ensuite, j'identifie les raisons qui expliquent cette solidité, si je peux.

Ainsi, que le mariage soit depuis des millénaires entre un homme et une femme, et jamais entre deux hommes ou entre deux femmes, suffit à mes yeux à rendre toute idée de "mariage homosexuel" absolument grotesque. Les arguments rationnels que j'ajoute ensuite au débat sont secondaires.

Revenons au libéralisme. En France, les révoltes contre l'absolutisme étatique, la Fronde, la révolte des parlements, les jacqueries et tant d'autres, ont été faites au nom des antiques libertés (le plus souvent mythiques). C'est l'Etat de plus en plus envahissant qui apparaissait chaque fois comme la "damnable nouvelleté".

Autrement dit, notre tradition, c'est un relatif libéralisme et c'est l'Etat qui porte l'étendard de la modernité. Si l'on ajoute à cela l'épreuve du temps, à laquelle je tiens beaucoup, la France fut prospère quand les acteurs économiques jouissaient de la liberté.

Donc, être économiquement conservateur, c'est être libéral car le libéralisme est notre tradition. L'étatisme et le socialisme (1) sont de récentes et funestes inventions.

On peut aussi argumenter l'incohérence zemmourienne entre nationalisme (le nationalime est en 2012 un conservatisme social) et étatisme sur des bases uniquement présentes. Les oligarchies étatistes ont partie liée dans le mondialisme destructeur des nations (voir communisme de marché).

Si je cite Éric Zemmour, c'est qu'il a un certain talent, contrairement à d'autres qui défendent les mêmes thèses.

**********
(1) : on peut faire remonter le socialisme au tribalisme. Mais depuis que les Gaulois ont cessé de vivre en tribus, la France a vécu deux mille ans. Une autre tradition à supplanté le tribalisme.

Sur une phrase de Simon Leys

Un lecteur du Figaro vite Simon Leys :

«Quiconque se range dans le camp de la vérité et de la lutte contre le mensonge souffre d'emblée d'un lourd handicap : la vérité est banale et monotone, tandis que le mensonge est séduisant, neuf, varié, inventif et possède une infinie garde-robe d'accoutrements à la mode.»

Vous connaissez mon admiration pour Leys. Cette citation me fait donc bien plaisir. La politique française (et occidentale, sauf exceptions) vit sous le règne du mensonge.

Par exemple, la crise n'est pas due aux subprimes, qui ne sont qu'un symptôme (d'origine étatique : une loi faisait obligation d'accorder ces crédits).

La crise est due à la volonté de populations occidentales vieillissantes de conserver leur niveau de vie relatif en travaillant moins, d'où l'endettement encouragé par les Etats socio-clientélistes.

On n'en finirait pas d'aligner les mensonges.

Un des plus beaux car d'une simplicité artistique est «Un Etat ne peut pas faire faillite». C'était la réponse des étatistes aux imbéciles dans mon genre qui s'inquiétaient des dettes publiques incontrôlables.

Certes, il est un peu passé de mode, mais tout de même : à l'époque où il était proféré sans vergogne, on comptait déjà plusieurs centaines de banqueroutes étatiques dans l'histoire et plusieurs dizaines à l'ère moderne. Le mensonge socialiste nécessite un toupet à toute épreuve.

Un que j'aime beaucoup, toujours d'actualité : «Mon ennemi, c'est la finance sans visage», de François Hollande, candidat et futur président. Au contraire, un des problèmes du monde occidental est la finance de connivence, la collusion entre Etats et banques : les Etats sauvent les banques qui fiancent les Etats sur-endettés.

La «financiarisation» de l'économie n'est en rien une «dérive» du capitalisme mais doit tout à la nécessité de financer des Etats sur-endettés. Les barrières à la «financiarisation» sont tombés en France en 1983, sous Laurent Fabius, ce n'est pas un hasard. Et tout le monde connaît les allers-retours des hommes de l'Etat entre la direction des banques et la haute administration.

Les libéraux ont démontré depuis longtemps que les banques gigantesques «too big to fail» sont dues à l'alea moral introduit par les Etats.

Si, en bons libéraux, nous avions laissé tomber les banques faillies au lieu de les sauver aux dépens des moutontribuables, nous irions mieux, comme l'Islande et, partiellement, les USA. Au contraire, les hommes de l'Etat eurolandais ont choisi, de connivence avec les banquiers, de soutenir les banques zombies donc ils ont choisi la longue stagnation à la japonaise pour sauver les banquiers aux dépens des peuples. Alors, l'ennemi sans visage ...


Bref, on patauge dans les mensonges. Et on n'est pas près d'en sortir.



vendredi, décembre 28, 2012

Tuerie de Newton : l'unanimisme bêlant des médias ...

Je suis d'accord avec cet article : les journalistes sont des agents du système et le système n'a pas intérêt à ce que les honnêtes citoyens possèdent des armes.

Nous vivons dans une dictature, molle mais dictature quand même, car, dans une vraie démocratie, les citoyens se reconnaissent au fait qu'ils peuvent être armés légalement sans difficulté.

Tuerie de Newton : l'unanimisme bêlant des médias ...

mercredi, décembre 26, 2012

Noël ! Noël ! (2)

La réacosphère bruisse du fait que la présidence de la république a émis un communiqué pour fêter aux musulmans une fête de chez eux et n'a pas émis de communiqué similaire pour fêter Noël, une fête bien de chez nous, aux chrétiens.

Cette indignation est certes justifiée, mais elle me paraît un peu naïve : un gouvernement socialiste, en France, en 2012, est nécessairement traitre à tout ce que nous sommes, à notre histoire, à notre culture, à nos religions, à nos traditions, et, pour finir, traitre à notre patrie. Il est nécessairement l'agent des colons musulmans. C'est dans sa nature.

On n'en finirait pas de s'indigner, par exemple, que le saccage d'une chapelle dans une enceinte militaire ait laissé le ministre de la défense totalement indifférent. L'indignation permanente émousse le message.

Le véritable scandale, l'abomination de la désolation, c'est que les socialistes, étant ce qu'ils sont, ayant les idées, les valeurs et les objectifs qu'on leur connait, soient parvenus à cumuler tous les pouvoirs. Ils y ont réussi à cause de l'absence de toute pensée anti-socialiste dans la sphère publique.

C'est sur le terrain des idées et des mots, de la doctrine, de la philosophie, que les choses se jouent. C'est moins immédiat que les indignations à répétition, mais c'est plus profond.

Vive l'injustice sociale !

Vive l'injustice sociale !

mardi, décembre 25, 2012

Noël ! Noël !

J'ai un peu de mal avec Noël cette année : trop de cadeaux, trop de nourriture, trop de boisson. Cela finit par devenir grotesque et pitoyable, car signe de vacuité, de fuite dans le divertissement.

Heureusement, on peut encore se souvenir que Noël célèbre la naissance d'un enfant dans une étable.

lundi, décembre 24, 2012

Exil fiscal : halte au nombrilisme

Un des traits qui m'agacent le plus chez les Français est leur nombrilisme : à les entendre, il serait quasiment impossible de vivre bien hors de France.

Cet article remet les pendules à leur heure, notamment sur deux de nos domaines de fierté mal placée. Il y a des systèmes de santé meilleurs que le nôtre. Idem pour les systèmes éducatifs.

Exil fiscal et nombrilisme français

Nota : j'ai douté de la pertinence de cet article à cause du chiffre d'un million d'euros de patrimoine comme seuil d'exil. Puis, je me suis rappelé qu'on m'avait parlé d'un couple parti en Belgique avec deux millions d'euros, chiffre qui n'est pas si éloigné de celui de cet article par rapport aux dizaines de millions que j'imaginais.

Bref, si à un million d'euros, il y a des cas où cela vaut le coup de partir, c'est extrêmement inquiétant : ce n'est plus seulement le capital d'hier qu'on fait fuir, ce sont les entrepreneurs, donc la richesse et les emplois, d'aujourd'hui et de demain.

Se confirme une fois de plus qu'en faisant le choix du socialisme, les Français ont fait le choix de l'égalité dans la misère. C'est d'ailleurs une fausse égalité car certains profitent du système de la manière la plus inégalitaire qui soit.

dimanche, décembre 23, 2012

"Il y a consensus en France sur l'impôt progressif"

"Il y a consensus en France sur l'impôt progressif". En entendant cette phrase à la radio, j'ai fait un bond.

L'intervenant de BFM émettait placidement (plus c'est gros, plus ça passe) une contre-vérité flagrante : nous sommes des milliers de libéraux français à considérer que l'impôt progressif, c'est la traduction fiscale de la jalousie, c'est l'oppression de la majorité des pauvres envieux sur la minorité des riches par le moyen du barème des impôts.

Le temps béni du colbertisme

Les imbéciles économiques à la Zemmour ou à la Dupont-Aignan nous font en ce moment un coup de nostalgie colbertiste. Ah, la manufacture des Gobelins. Ah, la verrerie de Saint-Gobain (qui est devenue une moderne multinationale, voyez comme le colbertisme était visionnaire).

Parlons-en du temps béni du colbertisme.

C'était le temps où les Provinces-Unies, dix fois moins peuplées que la France, mais adonnées à un capitalisme privé déchainé et à un commerce débridé, pouvaient se poser en rival crédible. Ah vraiment, elle est belle la réussite du colbertisme.

Le pays en est resté ruiné, il a fallu le vil affairisme (que méprisent tant nos prudes nationalistes) de la Régence pour rétablir un peu les comptes.

S'il est arrivé que la France fût la puissance dominante en Europe, ce n'est pas à cause d'une politique économique judicieuse qui lui aurait donné les moyens de la puissance. C'est grâce à sa démographie qui en faisait la Chine de l'Europe. Il n'y a pas une gloire immense à rivaliser avec des pays deux à dix fois moins peuplés que vous. La supériorité démographique enfuie après les guerres napoléoniennes et après l'union allemande, la France est rentrée dans le rang.

Les chantres du colbertisme nous font aussi régulièrement un «trip» Trente Glorieuses et économie dirigée. Les Trente Glorieuses,  cette époque de rattrapage, en partie financée par les Américains ? On peut d'ailleurs longuement débattre de savoir si cette époque était réellement moins libérale que la nôtre (puisque c'est le point qui tracasse nos étatistes : démontrer que l'économie «dirigée» (1) est préférable à l'économie libérale).

Ah, et enfin, l'apothéose : le pompidolisme. Le TGV, Airbus, les centrales nucléaires ... Une telle réussite que nous en vivons encore quarante ans après. C'est dire si l'économie française est créative : elle n'a rien crée de marquant en quarante ans (à part Meetic). Quelle réussite, l'économie dirigée !

Examinons les périodes d'expansion de l'économie française.

Le Troisième Empire ? Un fin d'artifice économique. Manque de pot, c'est une ère libérale. Mais on peut me rétorquer que c'était aussi une époque de rattrapage.

Alors, pas de période où la France ne fut, économiquement, ni à la traine ni en rattrapage ?

Oh si. Il y en a une.

Elle nous a laissé des noms comme Blériot, Michelin, Renault, Citroen. Tous des noms d'entrepreneurs, et pas de hauts fonctionnaires, vous remarquerez. Au début du siècle dernier, après une longue stagnation, l'économie redémarre sous l'impulsion d'entrepreneurs audacieux. Et la France n'est pas à la traine dans les industries naissantes, automobile, aviation, mais plutôt à la pointe.

Mais il faut avoir l'esprit particulièrement mal tourné, comme moi, pour voir une relation entre cette prospérité inédite et le je-m'en-foutisme de l'Etat de l'époque en matière économique. Pas de «ministère du redressement productif», pas d'«emplois d'avenir» ...

************
(1)  : les mauvaises langues feront une analogie entre l'«économie dirigée» et la «bataille conduite», qui était la doctrine de l'armée française en 1940, avec le succès que l'on sait.

Dalrymple sur l'affaire Depardieu

Comme d'habitude, c'est un délice : Dalrymple saisit au vol la phrase qui révèle les arrières-pensées des critiques de Depardieu. Tout l'argent dans le pays a vocation à appartenir à l'Etat et si celui-ci consent à en laisser une partie dans les mains de ceux qui l'ont gagné, c'est pure libéralité de sa part. Libéralité révocable à tout instant et il est interdit de protester sous peine d'être accusé de manifester là son anti-patriotisme.

Pocket money

Ceux qu ont conscience de vivre dans ce communisme inconscient et qui connaissent la nocivité du communisme ne peuvent qu'être angoissés.

Quand les législateurs n'étaient pas encore des crétins incultes et vaniteux : les interventions de Bonaparte sur la famille au Conseil d'Etat

Si ces débats peuvent être vus comme rudement misogynes (mais la misogynie était-elle un défaut ou une marque de lucidité ?), ils étaient animés de bon sens et du louable souci de préserver la société.

Les interventions de Bonaparte au Conseil d'Etat

Aujourd'hui, nos législateurs sont mus (certains sans même s'en rendre compte, ce qui est encore plus grave) par une inextinguible soif de nihilisme et de destruction. C'est terrifiant : ils ouvrent un gouffre sous nos pieds.

Euthanasie de l'économie et déficits publics : l'oeuf et la poule

Comme d'habitude, un article très clair de Charles Gave :

L'oeuf et la poule

samedi, décembre 22, 2012

L'irrésistible attrait du bouc-émissaire

Comme Maxime Tandonnet, je suis très inquiet des tensions qui montent en politique française.

En effet, il n'y a pas plus con, en politique et dans le monde occidental, que le peuple français. Plus qu'aucun autre, il vérifie la plaisanterie churchilienne : «La démocratie permet de trouver la bonne solution ... après avoir essayé toutes les autres».

La sortie de crise est évidente à mes yeux, mais ce n'est pas du tout la politique que nous adopterons.

Nous commencerons par courir après tous les faux prétextes, les mauvaises solutions, les visions débiles, les politiques stupides, les explications tordues et fausses, les pauvres boucs-émissaires. La violence sera déchainée et instrumentée par des escrocs à la Marat. Le sang coulera peut-être. Puis nous en viendrons probablement - ce n'est pas certain- aux vrais problèmes, quand le peuple et ses faux guides auront épuisé leur immense réservoir de stupidité, ce qui prendra un certain temps et de grandes souffrances.

La raison de cet état de mongolisme politique incurable est bien connue, elle date de 1789. En France, on pense la politique idéologiquement : des systèmes de partis, d'idées et de mots s'affrontent et peu importent les réalités.

Pire : les réalités sont une gêne et il est malséant d'en faire état dans le débat politique français. De la même façon, le bon sens est considéré comme tout juste acceptable pour les rustres et ne saurait concerner les grands penseurs politiques (et, en France, tout le monde se croit grand penseur politique).

Il ne faut pas perdre de vue que, pendant que la France se battra avec énergie pour atteindre un record de stupidité politique, des rapports écrits ces trois dernières décennies, parfaitement clairs, analysant notre économie et prescrivant des remèdes, dormiront dans les armoires des ministères. Que des exemples étrangers réussis nous épargnent le devoir d'être originaux.Il suffit de copier ce qui a déjà fonctionné ailleurs.

Mais non, nous voulons absolument faire le désespoir de nos amis et la joie de nos ennemis.

Bien sûr, nous pouvons rêver que les Français, au lieu de se quereller sur des mots et des mythes, soient orientés par une poignée de politiciens vers l'affrontement des dures réalités. Mais il suffit d'avoir jeté un oeil à la classe jacassante actuelle pour savoir que cet espoir est vain. L'homme politique français intelligent et courageux n'existe pas : il a été éliminé depuis longtemps par le système.

Alors, reste le recours : l'homme (ou la femme) providentiel, celui ou celle qu'on espérait mais qu'on n'attendait plus. Mais ca ne fait pas lourd, comme espoir ...

La sortie de crise idéale

Je décris cette sortie de crise idéale par pur plaisir intellectuel, je sais qu'elle n'a aucune chance de recevoir un début de commencement de réalité :

> privatisation de l'économie, réduction de l'Etat aux fonctions régaliennes. Privatisation d'EDF, de la SNCF, de l'éducation, de la santé, des assurances sociales etc. Suppression du statut de la fonction publique (sauf pour les fonctions régaliennes). Diminution des impôts et des déficits.

> Réduction du mille-feuilles administratif et social-clientéliste (division par deux de tout : nombre de couches, de communes, d'élus).

> sortie de l'Euro.

> banqueroute des deux-tiers.

> fermeture des frontières à l'immigration extra-européenne.

vendredi, décembre 21, 2012

Catherine au secours de Gérard

Catherine Deneuve vient au secours de Gérard Depardieu dans Libération. Cet entretien sonne comme une paire de gifles bien sonores à Philippe Torreton.

On imagine d'ici la scène qu'en tirerait un cinéaste : 1900, Catherine Deneuve en crinoline et ombrelle, bien droite, dans une rue de Paris. Un Torreton sombre, rabougri, torve, chapeau melon. Il tient un propos inconvenant à la dame. La paire de gifles claque. Les passants se retournent. Le chapeau roule dans le caniveau.

Deneuve et Depardieu se connaissent bien. Ils ont souvent joué ensemble. Rappelons ce jugement, très approprié à l'actualité, de Depardieu : "Catherine Deneuve est l'homme que j'aurais aimé être."

jeudi, décembre 20, 2012

Un gouvernement minable

Bon, les ministres et les députés tombent sur le dos de Gérard Depardieu. Mais les a-t-on entendus employer un ton aussi virulent et un vocabulaire aussi méprisant contre Bernard Arnault dans la même situation ?

Bien sûr que non : on ne parle pas à un milliardaire patron d'industrie comme à un acteur, même célèbre.

Fort avec les faibles, faible avec les forts. Ce n'est pas une bonne définition de minable ?

La crise ? Quelle crise ?

Comme l'explique très bien Jean-Pierre Petit, la France est un pays de rentiers :

Les experts 19/12

Les deux principaux types de rentiers sont :

1) Les fonctionnaires : bénéficier d'un emploi à vie garanti vaut toutes les rentes de la terre.

2) Les retraités. Je connais des retraités qui ont passé plus de temps à la retraite qu'au travail.

Or, comme dans tous les pays bloqués, la seule manière de remettre l'économie en route, c'est de casser les rentes. Autrement dit, il est encore plus urgent et important de supprimer le statut de la fonction publique que de réduire les déficits publics. C'est ce qu'ont fait tous les pays qui ont engagé de vraies réformes (Canada, Suède et même Italie).

Malheureusement, François Hollande a été élu par les rentiers de la fonction publique sur la promesse implicite de ne toucher à rien, et surtout pas au statut de la fonction publique. Le slogan "Le changement, c'est maintenant" était une anti-phrase valant engagement à faire du bruit avec la bouche et du vent avec les bras pour habiller l'immobilisme le plus complet.

Qu'est-ce que la crise ? :

1) des smicards qui deviennent chômeurs

2) des petits patrons ruinés

3) des déficits publics qui se creusent et des impôts sur le capital productif qui flambent

Aucune de ces trois conséquences n'a d'impact sur les nouveaux rentiers, fonctionnaires et retraités. Ils s'en contrefoutent donc comme de l'an quarante.

En revanche, toute politique destinée à résoudre vraiment la crise leur serait défavorable.

C'est pourquoi les rentiers sont constants : s'il leur arrive d'afficher leur compassion pour les victimes de la crise, leurs votes sont sans ambiguïté. Une opposition farouche à toute mesure susceptible de nous sortir du merdier.

Bien sûr, on peut imaginer une sortie "par le haut" : la promesse que la remise en cause des rentes amènera une telle prospérité que même les ex-rentiers y trouveront leur compte. Mais en vertu du principe "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", il est impossible de faire abandonner volontairement leurs rentes aux rentiers. Il faut les forcer. Or, ce sont eux qui ont le pouvoir. On n'en sort pas.

Ce pays est foutu.

Un divorce français

Un divorce français
Par Nicolas Barre

Le divorce entre François Hollande et ceux qui dirigent les fleurons de notre force de frappe économique est inquiétant et inédit dans une grande économie occidentale. Le limiter aux soucis fiscaux de quelques-uns serait une profonde erreur d'analyse. Car au moment où émergent des pays-continents comme la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Indonésie ou d'autres, tous animés d'une stratégie de rattrapage de l'Occident, tous portés par une vision économique de long terme, la France doit retrouver une ambition collective partagée par son élite économique et politique.

Or il n'en est rien. Au contraire, la défiance est à son comble entre deux mondes dont les intérêts devraient pourtant être plus que jamais alignés. Le climat est au divorce, au dénigrement de la réussite, à la dénonciation des élites économiques. Il faudra bien davantage qu'un dîner un peu convenu entre le président de la République et les plus grands patrons français pour rétablir la confiance, et surtout faire émerger une vision commune des positions que nous devons défendre dans la mondialisation. Sans quoi, c'est la France qui « tombera de la falaise » et décrochera du groupe des pays avancés. Dans cette guerre économique où nos avantages comparatifs sont de moins en moins nombreux, nous avons besoin de tout le monde pour relever le défi d'un modèle qui s'écroule. « L'affaire Depardieu » illustre bien l'immense gâchis dont nous sommes parfois capables. Voilà un homme qui a fait davantage pour le rayonnement du pays que tous les ministres de la Culture réunis depuis vingt ans. A Los Angeles, Shanghai, Tokyo ou Moscou, tout le monde connaît son nom. Qui connaît celui de ceux qui nous dirigent ? Le gamin turbulent de Chateauroux ne doit ce qu'il est qu'à son immense talent. En ce sens, il devrait être un modèle. Or il est devenu le symbole de ce que nous ne savons plus faire : attirer ou retenir les talents.

Ce qui caractérise notre époque, c'est l'extraordinaire mobilité des talents et du capital. C'est aussi la concurrence que se livrent des économies mûres pour les attirer, puisqu'elles disposent de peu d'autres leviers pour maintenir leur rang. Au minimum, nous devrions donc chercher à offrir les mêmes conditions, notamment fiscales, que nos voisins. Les Etats-Unis ont fait une priorité nationale de détecter et de faire venir chez eux les meilleurs. Nous sommes en train de devenir les spécialistes mondiaux du contraire. Tous les hauts dirigeants d'entreprises en témoignent : faire venir un grand patron de la recherche, un directeur financier hors pair ou un génie du design est devenu impossible. La France se coupe du marché mondial des cerveaux au moment où celui-ci explose. Nous le paierons en années de déclin.

Malgré l'Etat ...

Comment les groupes français profitent (quand même) du gaz de schiste

Les industriels français sont très forts : ils arrivent à survivre (de moins en moins) malgré les obstacles débiles que dressent les hommes de l'Etat.

La France caviar

La France est devenue le deuxième producteur mondial de caviar

Cela me rassure. Et m'inquiète : je crains qu'à force d'impôts confiscatoires et de lois paralysantes, la France devienne une immense réserve indienne avec comme seuls produits des biens de luxe pour les touristes.

Mariage momosexuel : l'aveu de Pierre Bergé

Quand Pierre Bergé signe l'aveu ultime de cette gauche qui se livre corps et âme à la société de marché

Une fois de plus, on constate que ces histoires de mariage momosexuel, sous leur aspect anecdotique (les concernés sont très peu nombreux), touchent le coeur des différences entre socialisme et conservatisme.

Pour le socialiste à la Bergé, les hommes sont des robots interchangeables, des amas cellulaires temporaires, vivant dans l'instant, entièrement soumis à leurs désirs et à leurs passions.

Pour le conservateur, les hommes ont un passé, une histoire, une famille, des traditions et des responsabilités, ils ne vivent pas que pour eux-mêmes. En un mot, ils ont une âme (1).

Comme je l'ai souvent écrit, les socialistes ont raison si la condition humaine a changé. Et, pour l'instant et en vertu de mes connaissances, ce n'est pas le cas, donc ils ont tort. Avoir tort en des matières aussi fondamentales, c'est presque un crime, en tout cas, une faute lourde.

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(1) : c'est pourquoi ceux qui disent que le mariage momosexuel est une diversion des "vrais" problèmes, sous-entendu, économiques et sociaux, s'égarent. Ils versent dans une vision matérialiste de l'homme qui est celle de leurs ennemis.

mercredi, décembre 19, 2012

D'étranges commentateurs

Je remarque une nouvelle race de commentateurs : ceux qui m'insultent en sachant que je vais les censurer. Je ne vois pas l'intérêt puisque je les censure aussitôt, xomme ils s'y attendent.

Juste l'âcre satisfaction de déverser sa bile ? Ça ne vole pas bien haut. D'ailleurs, la platitude des insultes ne laisse guère de doute sur le quotient intellectuel de ces minus.

Pendant des décennies, on nous a bassinés avec la fantasmatique "parole qui se libère", sous-entendu l'odieuse parole fasciste.

C'est déjà assez incongru qu'il y ait des gens pour considérer qu'une parole qui se libère est un danger. Cela témoigne d'une échelle de valeurs un tantinet liberticide.

Surtout, si une parole de haine se libère ces derniers temps, elle ne vient pas de la droite mais de la gauche. Les ministres et les députés de gauche ont plus insulté en six mois que la droite en dix ans.

Mais, bien sûr, une insulte de gauche, c'est pas pareil, c'est pour le Bien de l'Humanité, de la Justice, de la Solidarité. Les insultes de la gauche, c'est pas de la haine, c'est au contraire l'expression d'une Belle Âme révoltée par l'injustice. Les insultes de la gauche, c'est un cri d'Amour de l'Humanité.

Mon seul problème avec cela, c'est que les Amoureux de l'Humanité ont une fâcheuse tendance á détester les hommes, les particuliers, qu'ils sont incapables de se retenir d'insulter. Ils ont la déplorable habitude de les fusiller, rôtir, noyer, emprisonner, torturer, canonner, mitrailler, goulaguiser, rééduquer, affamer, égorger, éventrer, déporter, rafler, guillotiner, violer. Et toujours pour le plus grand Bien de l'Humanité.

Napoléon chef de guerre (J. Tulard)


Très déçu.

Le sujet est passionnant (ce vaniteux de Chateaubriand n'a rien trouvé de mieux à écrire sur Napoléon que c'était "un gagneur de batailles, mais, qu'à part cela, beaucoup de généraux lui étaient supérieurs" !) et j'aime beaucoup Jean Tulard.

Or, ce livre est court et plat (une queue de castor ?). Son seul intérêt est dans sa bibliographie, pour aller voir dans d'autres livres.

Alors ? Probablement une commande alimentaire, pour payer une pension à une divorcée vorace ou un arriéré d'impôts, le fisc étant encore plus vorace que les femmes.

La jalousie et la haine

L'affaire Depardieu (qui est à mes yeux une affaire Ayrault) révèle, une fois de plus, à quel point certains Français (P. Torreton, entre autres !) sont travaillés par la jalousie et la haine. Jalousie de la richesse et du talent. Haine de la liberté, des autres.

Qu'est-ce que cela peut me faire que M. Depardieu soit plus riche que moi ? Tant mieux pour lui. Il ne m'enlève rien, contrairement à un fonctionnaire ou à un assisté que je suis obligé de payer avec mes impôts. Et qu'il parte ? Il est libre de faire sa vie comme il l'entend. Seuls les Belges ont leur mot à dire, s'ils veulent l'accueillir.

Mais non. Pour certains de nos concitoyens, nul ne doit avoir plus que ce qu'ils ont et pouvoir faire ce qu'ils ne peuvent faire. C'est humain. M. Philippe Torreton est humain. Comme M. Josef Djougachvili, dit Staline, était humain.

Ce qui est dégueulasse, c'est que certains politiciens fassent carrière de cette jalousie et de cette haine. On les appelle des socialistes.

Et notre malheur veut qu'ils nous gouvernent aujourd'hui.