jeudi, décembre 16, 2004

Bouclier anti-missile : caramba, encore raté !

Nouvel échec de tir d'un missile anti-missile américain, 3 échecs sur 8 tirs, pourtant dans des conditions maitrisées très loin des conditions opérationnelles. La fiabilité officellement envisagée d'une non-interception sur 10 000 tirs n'est pas en vue, ça n'a rien d'étonnant :

- intercepter un fusée en phase ascendante suppose un missile plus gros que la cible afin d'avoir une accélération assez forte pour la rattraper

- intercepter des têtes nuclaires en phase de ré-entrée, rendues manoeuvrantes à peu de frais (récentes annonces russes sur le sujet), au milieu des leurres bon marché, et pendant des manoeuvres erratiques, relèvent en l'état actuel de la technique de la science-fiction

En fait, la défense anti-missile comprend plusieurs non-dits intéressants :

- la défense dite de théâtre qu'il est possible d'envisager aujourd'hui, à laquelle travaillent Européens et Américains ne peut être totalement étanche.

Du point de vue américain, elle est plus offensive que défensive : elle permet de diminuer les risques de représailles d'une offensive contre un pays comme, disons, l'Iran ou la Chine.

En effet, on peut imaginer qu'elle soit assez efficace contre les fusées qui resteraient après une première frappe américaine, pas pour arrêter des tirs en salve de but en blanc.

On peut quand même noter un problème : les TEL, les transports erecteurs de missiles, inspirés des remorques de V2 allemands, qui équipent tous les missiles de type Scud sont très fugaces.

Pas plus les Alliés pendant la 2ème guerre mondiale que la coalition pendant la guerre du Golfe n'ont pu en détruire avant qu'ils tirent. Ce qui veut dire qu'après une offensive aérienne américaine, ils pourraient rester suffisamment de fusées pour saturer une défense anti-missile.

- le seul armement anti-missile ayant une fiabilité suffisante serait basé dans l'espace. Cette militarisation de l'espace ne peut être annoncée trop brutalement, les échecs de missiles terrestres préparent le terrain.

- l'enjeu est autant industriel que militaire : financer une avancée technique américaine qui rendrait tous les systèmes sol-air étrangers ringards et arriérés.

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