mardi, avril 18, 2006

Vu d'ailleurs : l'absence de chomage des jeunes Danois

Si les Français étaient capables d'une réflexion collective sur l'économie, ce que je ne crois pas, ce texte les intéresseraient.

Malheureusement, les politiciens ne faisant pas leur travail de médiation, le débat n'est jamais posé en termes clairs et la réflexion ne peut se développer.


La manière forte du Danemark

Le Monde Economie

Le contraste est saisissant. Alors qu’au sud, en France, et au nord, en Suède, la situation des jeunes sur le marché de l’emploi est au coeur des débats, le Danemark, au milieu, est épargné. « Le chômage des jeunes a quasiment disparu du jour au lendemain après l’entrée en vigueur de la réforme de 1996 », note Jon Kvist, chercheur au SFI, Institut danois de recherches sociales à Copenhague. L’image est à peine exagérée. Alors que le royaume était frappé par un chômage écrasant à l’échelle scandinave au début des années 1990 (plus de 12 %), le gouvernement social-démocrate de l’époque a mis en place une série de mesures à poigne dont celle concernant les jeunes fut particulièrement drastique. Les moins de 25 ans ayant un faible niveau d’éducation et étant au chômage depuis plus de six mois au cours des neuf derniers mois, se sont retrouvés dans l’obligation d’accepter les offres d’emploi ou de formation de dix-huit mois, avec une réduction de 50 % de l’assurance-chômage. En cas de refus, c’est tout le montant de l’assurance-chômage qui disparaissait. Dix ans plus tard, les statistiques sont élogieuses. Selon Eurostat, 8,5 % des jeunes Danois de 16 à 25 ans étaient au chômage en février, tandis qu’au niveau national, le taux de chômage s’élevait à 4,4 %. Seuls les Pays-Bas font mieux. Les spécialistes de DST, l’Office danois des statistiques, ont une grille de lecture encore plus spectaculaire puisque dans le système danois, on ne peut pas être inscrit au chômage avant 18 ans. Du coup, selon leur méthode, seuls 3,1 % des Danois de moins de 25 ans sont au chômage, contre 5 % au niveau national. Quelle que soit la méthode, il n’échappe à personne que le côté bâton a fortement stimulé le dynamisme des jeunes. « Ils y sont habitués aujourd’hui. Mais il faut admettre que cette réforme a été adoptée au moment où le Danemark est rentré dans un cycle économique favorable », note Lisbeth Pedersen, responsable de l’Institut de recherches sociales. « Pour être honnête, nous n’avons pas encore étudié les effets à long terme de ces mesures, explique Michael Svarer, professeur d’économie à l’université d’Arhus. Dans quelles proportions, la menace a-t-elle pesé ? Quel rôle a joué la bonne situation économique ? Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement trouve l’idée bonne puisqu’il veut maintenant l’étendre aux 25-29 ans ». Les jeunes Danois ne semblent donc pas souffrir d’un syndrome à la française. Juste après leur sortie du lycée, beaucoup d’entre eux passent plusieurs années à voyager et à faire des petits boulots avant d’entamer leurs études. « Cela signifie aussi qu’ils sont habitués à prendre tout type de travail », souligne Mme Pedersen. La moyenne de cet intermède est de quatre ans, que le gouvernement entend bien réduire afin que les jeunes se lancent dans la vie active au minimum un an plus tôt. Si la flexibilité est le maître mot, le salaire minimum, garanti non par la loi mais par les accords collectifs, est d’un niveau plutôt élevé, ce dont bénéficient également les jeunes. Traditionnellement, les jeunes Danois quittent le domicile parentalvers l’âge de 18 ou 20 ans. Leur accès à un prêt bancaire n’est pas une difficulté car ils ne sont pas considérés comme un groupe à risques par les établissements financiers : peu finalement se retrouvent au chômage, et leur salaire d’entrée dans la vie active est relativement élevé. Ce qui explique l’explosion du marché de l’immobilier depuis sept ans, qui frappe d’abord les jeunes. « Depuis cinq ans, il est fréquent que les parents doivent se porter garants en cas d’achat, ce qui est très nouveau pour le Danemark », constate Jon Kvist.

Olivier Truc

1 commentaire:

Nathan a dit…

Et certains candidats de gauche vanteraient la politique de ce pays ?? Ha, ha, ha ! :)

Dans l'état actuel des choses, ce modèle est une utopie pour nous ... nous vivons dans une autre ...