lundi, août 14, 2006

Liban : ce n'est qu'une trêve

Aucun des problèmes fondamentaux ayant conduit à la guerre actuelle n'a été réglé par la résolution 1701 :

> Hezbollah : il restera armé en-dehors du Liban sud. Mais il semble tout de même avoir beaucoup souffert.

> Liban : la soumission du gouvernement au Hezbollah, poursuivant des objectifs "non-libanais" semble peu modifiée, sauf retournement de l'opinion.

> Syrie : aucune raison ne lui a été donnée qui ferait qu'elle aurait intérêt à ne plus soutenir le Hezbollah.

> Iran : de son point de vue, sa stratégie est gagnante, pourquoi s'arrêterait-il ?

> Israel : au vu des points précédents, il n'a guère de raisons de se sentir plus en sécurité qu'avant la guerre.

> USA : en fait d'infliger une leçon à l'Iran, c'est plutôt le contraire qui est arrivé.

Seule nouveauté, de mauvais augure : une force d'interposition internationale, composée en partie de Français, va se retrouver prise dans le "bourbier" libanais (scénario connu).

On voit là à mon avis un des mauvais effets de la démocratie d'opinion, où le sentimentalisme écrase la compétence, et de la victoire médiatique du Hezbollah.

Je suis surpris : j'aurais cru Bush plus ferme.

Pour toucher immédiatement la vile monnaie de poser en sauveurs, des dirigeants (Chirac en premier, Blair, Bush, Olmert, Siniora) auront renoncé à toute anticipation politique.

Comme toute querelle non vidée, celle-ci reprendra un jour ou l'autre et, alors, nous regretterons de ne pas l'avoir laissée se vider en son temps et de nous être inutilement, et au prix du sang, interposés. A moins, bien entendu, que, l'amnésie étant foudroyante en nos contrées, nous ayons d'ici là oublier nos propres respansabilités.

Le piège d'une force d'interposition

Dans une guerre, il y a un prix à arrêter les combats trop tard, mais aussi à arrêter les combats trop tôt et, surtout, par une combinaison qui ne résoud rien.

Le scénario de la repise des combats est déjà écrit, seul le calendrier est inconnu : quelques mois/années pour que le Hezbollah reconstitue compétences et arsenal, des tirs sur Israel que les Casques Bleus sont impuissants à empêcher, une riposte d'Israel que nos bonnes âmes qualifient aussitôt "d'aveugle et de disproportionnée".

Scénario optimiste (peu probable à mon sens, mais sait-on jamais ?) : les Libanais commencent à en avoir leur claque du Hezbollah et de discrètes concessions, puis une restitution du Golan, sont faites en faveur de la Syrie.

On notera que l'affaiblissement du Hezbollah en tant que force armée (1) pourrait favoriser ce scénario optimiste.

(1) : ne croyez pas les racontars sur une "défaite" d'Israel : sur le plan politique, il est encore trop tôt pour juger. Mais sur, le plan militaire, c'est clairement une victoire d'Israel : entre un quart et la moitié des combattants expérimentés du Hezbollah ont été tués (évaluation des journaux israeliens, qui, n'en déplaisent à certains, sont plus fiables que les journaux français).

Reste à savoir si une victoire militaire est suffisante ; d'autant plus que la question des roquettes, qui ne peut être résolue qu'en occupant le terrain, est toujours ouverte.

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