vendredi, septembre 08, 2006

Les tabous de l'EN se meurent

Par paresse, je me suis contenté de reproduire des articles des Echos et du Figaro que j'approuve en en soulignant certains passages. Mea culpa.


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Education : vrais et faux débats [ 08/09/06 ] Les Echos

Comme de coutume, la rentrée scolaire sera marquée par une grève, prévue pour le 28 septembre. Elle sera motivée cette fois par une mesure de simple gestion : la suppression programmée de 8.500 postes d'enseignant du second degré, soit moins de 1 % des effectifs, qui ont augmenté de 5 % depuis dix ans, alors que ceux des élèves diminuaient de 6 %. Aux indignations qui s'annoncent sur la « casse de l'Education nationale », on est tenté de faire le point sur les moyens de notre système éducatif, sur la base des dernières statistiques internationales disponibles. En résumé : avec 12 à 19 élèves par enseignant (secondaire-primaire) la France se situe dans l'honnête moyenne des pays développés ; sa dépense d'éducation, d'un peu plus de 6 % du PIB, lui vaut la médaille de bronze mondiale, et d'argent pour le secondaire. La rémunération de ses enseignants reste une des plus faibles en début de carrière, mais parmi les meilleures à l'échelon maximal. En face de ces moyens, les résultats sont pour le moins décevants : le primaire délivre à la classe de sixième un trop grand nombre d'élèves qui ne maîtrisent pas la lecture et l'écriture, le secondaire conduit à un baccalauréat - ticket d'entrée automatique aux universités - des cohortes promises à la décimation. A cet échec collectif, les gouvernements successifs répondent par des projets de réforme, dont les syndicats ne veulent pas. Et les syndicats réclament toujours plus de moyens, auxquels les gouvernements les plus courageux jugent inutile d'en rajouter. Ainsi s'enchaînent les rentrées françaises. Pendant ce temps l'enseignement privé est contraint de refuser du monde, y compris de nombreux enfants d'enseignants du secteur public désireux d'assurer l'avenir de leur progéniture. Cette schizophrénie entre le statut et le marché répond à celle entre les moyens et les résultats.

Là-dessus, l'approche de la présidentielle a inspiré à Ségolène Royal, désireuse de bien faire, une remise en question du système de la carte scolaire. Elle enferme en effet les établissements publics dans leur petit monopole géographique, interdit aux parents la liberté de choix et se trouve d'ailleurs facilement contournée par les plus ingénieux et les plus aisés. Cette suggestion, par ailleurs sarkozienne, a déclenché une manière d'émeute Rue de Solferino. Le marché politique du Parti socialiste, il est vrai (près de 900.000 enseignants, avec leurs familles et leurs proches), ne lui autorise pas de telles intrépidités. La candidate, à qui ses rivaux reprochent volontiers de ne rien dire, sera condamnée cette fois pour avoir dit quelque chose. Et les défilés, comme d'habitude, continueront à réclamer plus de moyens pour toujours aussi peu de résultats. Le (la) futur(e) titulaire de l'Elysée sera jugé(e) aussi sur son aptitude à mettre fin à la lancinante stérilité des rentrées françaises.

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Bloc-notes : Vérités sur le désastre éducatif

Ivan Rioufol (irioufol@lefigaro.fr).
Publié le 08 septembre 2006
Actualisé le 08 septembre 2006 : 07h53


A qui le tour ? L’école. Dans la série Les trompe-l’œil qui s’effondrent (bloc-notes de la semaine dernière), le désastre éducatif s’est imposé cette semaine comme une urgence. Aux sornettes jurant : « Le niveau monte », Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont commencé à dresser, à l’occasion de la rentrée, l’inventaire des dégradations d’un système qui renâcle à transmettre le savoir et qui fait fuir les élèves vers le privé. Toutes les vérités seront- elles dites ?

Que l’école devienne un enjeu, dans la compétition que se livrent les deux possibles candidats à l’Élysée, est une bonne nouvelle. Elle annonce la fin du consensuel statu quo autour d’un naufrage occulté. Reste à en mesurer l’étendue et les causes. Dans cet exercice de lucidité, qui oblige à passer outre aux injonctions idéologiques accumulées par la gauche depuis 1968, Sarkozy a pris l’avantage, lors de l’université d’été de l’UMP.

C’est une révolution conservatrice qu’il propose, en mettant en cause le dogme égalitariste et festif qui « demande aux enfants ce qu’ils ont envie d’apprendre, qui dit à l’élève qu’il est l’égal du maître, qui part en guerre contre l’élitisme républicain ». Gilles de Robien, ministre de l’Éducation, a d’ailleurs déjà entamé ce retour en arrière, en imposant la lecture syllabique, la dictée, l’apprentissage du calcul mental et de la grammaire.

Cet hommage au passé n’est vraisemblablement pas pour effrayer Royal. Dimanche, devant la fédération PS de Florac (Lozère), elle a laissé comprendre, voulant « restaurer l’ordre juste à l’école », son désir de se démarquer des diafoirus qui marchent sur la tête. Mais sa réticence à défendre, ce jour-là, l’aménagement de la carte scolaire laisse deviner d’autres timidités. Son souci de ne pas brusquer son camp dans l’autocritique pourrait l’inciter à baisser le ton.

À la droite d’enfoncer le clou. À elle de désigner les pédants pédagogues comme responsables de la destruction de l’instruction publique. À elle de dénoncer, comme le font des enseignants, l’endoctrinement des instituts de formation des maîtres. À elle de refuser d’avaliser la perte d’exigence, qui semble signifier, comme le remarque le mathématicien Laurent Lafforgue, que « les enfants des milieux défavorisés sont des petits malheureux intellectuellement déficients ». Allez ! Encore quelques efforts !

Hypocrisie

Il faudra bien en finir, aussi, avec cette autre hypocrisie, qui feint de ne pas comprendre pourquoi la mixité sociale est en panne et pourquoi l’Éducation nationale n’arrive plus à faire respecter une identité commune. Oui, l’asphyxie de l’école est due à une immigration massive et incessante. Ce phénomène oblige des enseignants à faire apprendre à de plus en plus d’enfants étrangers une langue et une culture qu’ils ne connaissent pas, que parfois leurs parents n’admirent pas, voire qu’ils détestent pour une minorité d’entre eux. Il faudra bien ressortir des tiroirs le rapport Obin de juillet 2004 qui décrivait, parlant de l’islam à l’école, « la montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes ». Il faudra bien prendre la dimension ethnique de la violence scolaire (82 000 actes recensés en 2005), qui affecte de plus en plus d’« établissements difficiles ».Ceux-là sont le résultat de ces données qui s’additionnent, sans qu’elles soient jamais nommées.

Éloge du réactionnaire

Je les entends déjà : « Réactionnaire ! » Ainsi bêlent les mutins de Panurge (Philippe Muray), qui tremblent que les choses soient dites. Ils ne sont qu’une même plainte, ces jours-ci. Porte-parole du PS, Julien Dray qualifie Nicolas Sarkozy de « vrai réactionnaire ». Jugement repris par le syndicat étudiant Unef. « Réactionnaire » est aussi le mot qui vient à Eddie Aït, responsable des Radicaux de gauche « pour les questions LGBT (lesbiens, gays, bi, trans) », pour commenter l’opposition du président de l’UMP au mariage homosexuel. « Réactionnaire » dit le PS parlant de la réforme du droit de grève. « Réactionnaire », reprend Act Up pour critiquer l’hommage rendu dimanche à Jean-Paul II par la Ville de Paris.

La Grosse Berta du bien pensisme pilonnait pareillement les opposants à la Constitution européenne. Autant dire que cette insulte n’effraye plus les gens. Mieux : le qualificatif est devenu un compliment, puisqu’il désigne de plus en plus « l’aptitude à résister au conformisme du temps » (Marc Fumaroli). Si le réactionnaire est celui qui ne se résout plus aux mensonges des politiques, aux tours de passe-passe des statisticiens, à la bonne conscience des donneurs de leçons, aux intimidations des idéologues, il est urgent de se revendiquer réac.

C’est ce mouvement qui s’observe en Europe, en réaction à l’angélisme du « vivrensemblisme ». Alors que Renaud, fier de faire rimer Sarko avec facho dans une chanson, louait, mardi dans Le Parisien, l’Espagne et l’Italie, qui ont régularisé respectivement 700 000 et 350 000 clandestins, un sondage faisait apparaître, mercredi, que 89 % des Espagnols estiment que trop d’immigrés arrivent chez eux. Plus de la moitié des Britanniques pensent que l’Islam constitue une menace pour le monde occidental. 48 % des Danois (contre 34 %) jugent l’islam incompatible avec la démocratie. Les Hollandais n’en pensent pas moins. L’idée d’une impossible coexistence avec des arrivants envahissants s’installe dans des esprits. Qui s’en alarme ?

11 Septembre

11 Septembre : il y a cinq ans, l’islamisme déclarait la guerre au monde libre, et certains en sont encore à ergoter sur la menace de ce nouveau totalitarisme. C’est pourquoi le Mouvement pour la paix et contre le terrorisme continuera, lundi (19 h-21 h) sur l’esplanade du Trocadéro, à Paris, à sonner le tocsin.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Toujours aussi clairvoyant disons le même, courageux, Ivan Rioufol part tous les vendredis en campagne contre les réciteurs de bonnes paroles et le poliquement correct; à ne rater sous aucun pretexte !