jeudi, juin 14, 2007

Une prétention bruyante et bavarde

« Une prétention bruyante et bavarde », c'est ainsi que Marc Fumaroli caractérise notre époque.

Que fais-je d'autre, tenant ce blog, que de manifester cette prétention bruyante et bavarde ?

Notre temps est prompt à la leçon de morale, aussi superficielle qu'hypocrite.

Ainsi, un des problèmes fondamentaux de notre temps serait la mariage des couples homosexuels et l'adoption d'enfants par ceux-ci. On croit rêver !

Une époque qui appelle les enfants d'immigrés des « Français issus de la diversité » (ne sommes nous pas tous issus de la diversité d'un homme et d'une femme ?), un sourd « un malentendant », un coiffeur« un visagiste », un alcoolique « un éthlylodépendant », un chanteur populaire « un leader d'opinion » pour ne vous citer que les absurdités qui me viennent à l'esprit, ne peut être que prétentieuse, bruyante et bavarde

Bien évidemment, noyés dans cette soupe de mots mots insipides, nous en oublions les fondements de notre civilisation, la liberté et la responsabilité.

Nous serions choqués que l'Etat nous imposât la marque de notre voiture ou la couleur de notre téléphone, mais nous ne sommes pas émus le moins du monde qu'il dirige tout le système scolaire, qu'il décide ce qui doit être enseigné à nos enfants.

Etrange conception du monde !

Bien sûr, vous me direz qu'il y eut en 1984 de grandes manifestations pour sauver l'enseignement dit libre. Mais il avait fallu que le pouvoir pousse la volonté hégémonique jusqu'à l'absurde pour en arriver là.

Heureusement, il reste toujours le refuge intérieur et l'amitié de quelques livres. D'ailleurs, consciente de l'existence intolérable de ce dernier espace de liberté, l'école étatique entreprend d'éradiquer systématiquement, méticuleusement, tout goût de la lecture.

La technique la plus simple, mais remarquablement efficace, consiste à ne pas apprendre à lire aux élèves, puis, pour les rebelles qui auraient tout de même réussi à apprendre à lire, grâce à leurs parents par exemple (des bourgeois), à ne proposer que des ouvrages sans intérêt (littérature jeunesse, romans de gare, autobiographies de présentateurs de télévision, etc ...) de manière à les dégouter irrémédiablement de toute lecture.

Mais, bien évidemment, cet abêtissement, fidèle à son époque, s'accomplit dans la plus grande prétention, avec force bavardages, dans un grand bruit, on n'en finit plus « des observations réfléchies de la langue», « des apprenants», « des locuteurs», « des instanciations», « des égalités des chances», « des remédiations» etc ...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Cher Franck,

Je lis en ce moment Histoire du libéralisme en Europe de P. Nemo et J. Petitot. Cet opuscule conséquent - penser plus de 1200 p. - me renvoie à nombre d'idées développées dans ce blog et plus particulièrement sur ce message.
Il est en effet remarquable de constater à la lecture de l'ouvrage mentionné combien le libéralisme n'est pas sorti tout armé de la tête de je ne sais quel penseur anglo-saxon, mais qu'il s'agit bien d'une construction intellectuelle, juridique, sociale et politique dont les sources remontent à l'Antiquité.
En ce sens, sa lecture me rappelle combien je ne suis que le dépositaire temporaire du travail effectué par d'autres.
Il me vient la remarque fait par Newton aux savants de son époque qui le félicitaient pour son travail: si j'ai pu voir loin, c'est que j'étais assis sur les épaule de géants. Manière fort élégante de rendre hommage à l'héritage accumulé auparavant par d'autres.
combien nombre de nos contemporains - je m'y compte - gagnerons à reconnaître cet héritage et ne pas nous condamner à faire du nouveau pour du nouveau - je pense là à l'éducation, par exemple -