samedi, octobre 06, 2007

Ceux de 14 et l'économie de guerre de 2007

Les livres se parlent entre eux et ont d'étranges résonances : Paul Fabra écrit souvent dans Les Echos que l'économie française est une économie de guerre (sacrifice des jeunes, endettement de l'Etat).

Ne voilà-t-il pas que je lis dans Ceux de 14 Maurice Genevoix critiquant les belles idées d'Etat-Major refusant de «se soumettre aux faits».

Or, c'est exactement ainsi que F. Hayek définit «l'esprit de Polytechnique».

Quelle étrange chaîne d'analogies : notre économie ressemble à la guerre, la guerre était menée en dépit du bon sens par «l'esprit de Polytechnique», au prix du sang versé, nous souffrons encore en 2007 de cet «esprit de Polytechnique».

Aujourd'hui, nos morts sont des chomeurs de longue durée, nos défaites des déficits et nos mauvais généraux des hauts fonctionnaires.

Ces résonances sont d'autant plus étranges qu'une des erreurs conceptuelles de nos hauts fonctionnaires et politiciens est justement d'envisager l'économie comme une guerre où les uns perdraient ce que les autres gagneraient.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Brillant.

fboizard a dit…

C'est trop d'honneur : les régimes passent les mauvaises habitudes restent.

Quelquefois, les mauvaises habitudes s'aggravent : les "grands" écoles françaises représentent un milieu plus fermé qu'au XIXème siècle.

Anonyme a dit…

Hélas, trois fois hélas pour la constance des régimes et leurs mauvaises habitudes.
Que faire?

fboizard a dit…

Clore les festivités de remise des diplômes à l'ENA et à l'X par la cérémonie du peloton d'exécution ? Ca aurait de la gueule, vous ne trouvez pas ?

Anonyme a dit…

un palmares de la nuit des escrocs (voir l'analyse d'EADS) et autres enarques suçant le sang vif de la nation ?

Etablir un crime de haute trahison économique ?

Anonyme a dit…

On peut aussi poursuivre l'analogie ainsi : les militaires avaient une guerre de retard, surtout en 40 et en Indochine, de la même façon nos politiques ont au moins une idéologie de retard, crispés qu'ils sont sur la "relance de la demande" façon Keynes (années 30 quand même !).