vendredi, octobre 26, 2007

Dans 20 ans, la fin de l'agriculture française ?


Le «Grenelle» de l'environnement, dont les proposition sont reprises par Nicolas Sarkozy, vient d'annoncer deux objectifs dont la contradiction porte en elle la fin de l'agriculture française, ni plus ni moins :

> une diminution de l'emploi des pesticides

> un moratoire sur la commercialisation des OGMs

Les paysans n'emploient pas les pesticides pour le plaisir mais parce que c'est utile. Sans les pesticides, il n'y aurait pas eu de pommes de terre en France en 2007, fini le steak-frites.

Or, les OGMs sont le meilleur moyen de diminuer l'emploi de pesticides, là est la contradiction. Si on ne commercialise pas les OGMS, on ne peut diminuer les pesticides significativement.

Et l'agriculture biologique ? C'est un marché de niche. Elle ne peut nourrir une population en quantité suffisante, à un prix raisonnable et à une qualité donnée. J'ai pris l'exemple des pommes de terre. Sans pesticides, on n'en aurait pas eu cette année, mais on peut tout aussi bien se référer à l'histoire : quand l'agriculture «biologique» arrivait à nourrir le pays, 90 % de la population était rurale (ce fantasme champêtre est celui plus ou moins avoué de nombre d'écolos (1) ).

Bien sûr, des techniques biologiques modernes permettent d'améliorer les rendements par rapport au XIXème siècle, mais, au fond, la problématique reste, car on ne peut espérer de miracles.

Il y a une issue : c'est l'importation à cette contradiction. C'est déjà le cas des OGMs. On ne peut en cultiver à des fins commerciales en France, mais on peut en importer.

Mais c'est là aussi contradictoire : on ne peut pas vérifier à l'étranger si il n'y a ni pesticides ni OGMs (2). Bref, loin des yeux, loin de la peur ; on aura juste exporté notre pollution.

Bref, on réussira à tuer notre agriculture sans améliorer significativement la qualité des produits. Bel exemple d'intelligence à la française.

Vous me direz qu'on trouvera bien un moyen terme : moins de pesticides, un peu plus d'OGMs. Certes, il n'y a pas que des imbéciles et des démagogues en France, et il y aussi quelques groupes de pression opposés aux écolos. Mais le temps perdu ne se rattrape pas et les parts de marché perdues non plus (du moins à court terme).

Et maintenant, que faudrait-il faire à mon avis ? C'est simple : lever le moratoire sur la commercialisation des OGMs. Et c'est tout, vraiment tout, pas de nouvelles taxes, pas de nouvelles lois, rien.

(1) : certains ignorent à quel point la vie du temps de l'agriculture "biologique" était plus dure, d'autres le savent mais s'en foutent. Pourtant, tout ce que ce retour à la terre, qui, elle, ne ment pas, c'est bien connu, a de relents devrait inciter à la prudence, même les plus irréfléchis.

(2) : de plus, comme les OGMs ont aussi des applications médicales, il est possible que l'industrie pharmaceutique en prenne un coup au passage.

1 commentaire:

DoM P a dit…

Oh, si, un petit autre chose : La fin de la PAC.
Mais je rêve...