lundi, octobre 06, 2008

Economie réelle et économie virtuelle

Je trouve la distinction courante entre économie réelle, les pondéreux, les avions, les voitures et économie virtuelle, la banque, la finance, totalement, profondément, irrémédiablement, stupide (1).

Au fond, elle contient une morale qui n'a rien d'économique : travailler la matière, c'est bien ; travailler l'argent, c'est mal. Aucun argument économique ne justifie ce distinguo.

En réalité, un banquier est presque un acteur économique comme un autre : il a des produits, des clients, des investissements, une marge, des bénéfices, des dettes, un capital.

Pourquoi dis-je «presque comme un autre» ? Parce qu'il se trouve que le banquier est au centre du système. On peut imaginer une économie libre sans voiture (quand la télétransportation aura été inventée), on ne peut imaginer d'économie libre sans banques.

(1) : certes, presque que tous les journaux, journalistes et politiciens font cette distinction, ça prouve juste que, quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, on se dit qu'on a raison de penser ce qu'on pense.

13 commentaires:

Alain G a dit…

"on ne peut imaginer d'économie libre sans banques." salut Franck, et si nous nous posions cette question. Justement dans une nouvelle économie libre, les banques seraient-elles vraiment utiles? Soyons fous, bêtes, ce que vous voulez, mais ouvrons le débat. Une économie libérale, qui suppose l'absence de toute intervention étatique(sauf pour veiller à la libre-concurrence). Cette science qui étudie les mécanismes réglantla production et la consommation des richesses pourquoi aurait-elle(la science éco) encore besoin de banque?
Les plus embarrassés ne seraient-ils pas les Etats eux-mêmes?
Les bourses (différentes) ne suffiraient-elles pas?
A quoi de nos jours servent les banques?
N'avez-vous pas d'autres idées?
j'attends de voir vos commentaires.
Alain philo/économiste.

Pierre Gardin a dit…

Rien de choquant à travailler en manipulant du capital, si les banquiers le font c'est bien parce que d'autres personnes leur ont délégué ce travail.

Théo2toulouse a dit…

Il me semble que le pivot central du système économique est l'entrepreneur, non la banque.

Alain G a dit…

@pierre
Règle de management qui délègue, supervise.
A votre avis pourquoi leur a t-on délégué ce travail, qui sont les autres "personnes"?

Pierre Gardin a dit…

"
A quoi de nos jours servent les banques?"

À effectuer des investissements à notre place, à entreposer des fonds en sûreté, à émettre de la monnaie fiduciaire pour liquéfier les transactions (ce qui est le corollaire du deuxième point), à réceptionner des paiements 24h/24.

Serait-ce pratique d'aller à l'étranger avec des pièces d'or, de devoir peser et analyser chaque monnaie utilisée pendant une transaction ?

fboizard a dit…

L'entrepreneur au centre du système ? Entrepreneur est une fonction diffuse dans l'ensemble du système.

Un monde sans banques ? L'histoire de la banque est longue, aussi vieille que celle de l'économie libre.

Les calèches ont disparu, pas les banques. C'est sans doute qu'elles une utilité.

Th a dit…

Les banques ont une utilité certaine, elles font l'intermédiaire entre l'entepreneur qui est concentré sur son domaine d'activité et ses clients, et les investisseurs qui cherchent à placer leurs économies dans une activité rentable. Que serait un entrepreneur doué sans capital pour lancer son activité ou la développer ?
Force est de constater que les financiers avides de réussite et trop confiants ont mal évalué les risques liés a certains placements et on voulu faire du blé avec du vent. Ils ont ainsi montré quelles sont les limites de leur apport dans l'alchémie économique.
La roue tourne, une nouvelle époque va être ouverte.
Après l'époque de la production de masse, l'époque du commerce et du marketing, l'époque de la finance, nous allons entrer certainement dans une nouvelle ère.
Quelle sera cette nouvelle époque, là est la question.
Je pense pour ma part que les progrès technologiques majeurs des dernières décénnies, actuellement peu exploités car mal compris, sont potentiellement des "drivers" d'évolution, comme l'ont été avant d'autres progrès majeurs (mécanisation, électricité, transports ...). Ceux qui sauront intégrer ces progrès dans la vie courante ont certainement de très belles années devant eux ...

zeufox a dit…

Ou comment l'absence de transparence réelle pousse à une confiance virtuelle de tous les acteurs économiques.

Tonton Jack a dit…

L'argent, c'est mal,
la banque, c'est mal,
le banquier, c'est mal,

Mais les intérêts qu'on me verse, c'est bien,
Les retours sur les investissements que ma banque me verse, c'est bien.
Les crédits accordés pour consommer/investir, c'est bien.

Blague à part, je partage les éléments décrits par les autres participants.
Il est facile de dénigrer les banques, mais elles demeurent un des meilleurs moyens pour beaucoup pour collecter et affecter les fonds.
Vouloir dénigrer les banques, c'est jeter aux orties ceux qui sont capables, lorsqu'ils font leur travail correctement, de participer au développement.

Pour les alter qui viendraient sur le blog, regardez ce que fait M. Yunus avec la banque des pauvres.
Sauf l'échelle, il ne fait qu'un métier de banquier, le même que fait une banque occidentale quand elle prête des sommes parfois très importantes à des entreprises.

Cordialement

Pierre Robes-Roule a dit…

J'aime à dire que la Banque et avec la prostitution, le plus vieux métier du Monde. Je pratique l'un des deux. La Banque a crée le capitalisme du coté de Gènes, il y a bien longtemps. Encore que chez les Egyptiens déjà, des banques de grains existaient.

N'oubliez pas que les Banques créent l'argent (les Banques centrales avant d'être centrales sont des ....banques). Faire crédit, est un engagement sur l'avenir, c'est un pari. IL n'y a pas de croissance sans investissements donc sans crédits, de toutes sortes. Les actions elles-mêmes participent d'une logique de crédits.

Cette expression économie réelle/économie financière me fait aussi mourir de rire. Elle traduit plutôt un aveu de méconnaissance et d'incompréhension. Il y a le réel et la banque tellement complexe qu'elle semble irréelle...

L'autre aspect que j'entends de plus en plus, de la même veine, et le chiffre de 2%, cité à tout bout de champs comme critique ultime. 2% seulement des échanges internationaux viendraient de l'économie réelle. Le reste ne serait que spéculation et autres cochonneries....

Je laisse a chacun le soin de trouver en quoi ce chiffre traduit seulement l'incroyable développement du commerce international de biens réels.....

Il y a peut être une crise financière mais il y a certainement une crise de l'intelligence

théo2toulouse a dit…

Frank : le banquier n'est il pas lui aussi un entrepreneur ?

Il est piquant de noter que beaucoup de ceux qui crachent le plus sur l'argent passent leur temps à en demander toujours plus.

fboizard a dit…

@ Théo

Vous remarquerez que ce sont d'ailleurs les gauchistes qui sont obsédés par le fric. Ils sautent comme des cabris en hurlant «Les inégalités ! Les inégalités !». Ce comportement et ce vocabulaire étranges sont juste une manière dire qu'ils veulent plus d'oseille pour eux (et, si possible, pendant qu'on y est, que les autres en aient moins).

Les libéraux ont coutume de dire que le socialisme est la politique de l'envie. Mais c'est surement parce qu'ils sont mauvaise langue.

Alain G a dit…

J'imaginais quelque peu vos réponses, biensûr que nous connaissons le rôle des banques etc...Mais forçons l'imagination svp, après tout comme dit Montaigne relégué par Franck faut-il pas limer et se frotter la cervelle avec autrui?" Vu la crise et le manque de décision nous allons vite retomber d'ici 3 ans à une autre crise financière qui n'en a que le nom que certains (conservateurs) veulent bien lui donner, j'opterais plus sur une crise interventionniste.
Au vue donc des interventions de(s) l'Etat(s) pour sauver les banques, nous sommes rentrés pour l'heure dans une crise de confiance. Tout le système bancaire sera en manque de confiance pour un bon bout de temps, car déjà entre banque çà ne se fait pas de cadeau. Faute de confiance , il faut rassurer non?
Alors idée: IMAGINONS et réfléchissons sur ce que la réassurance et le monde de l'assurance pourraient-ils faire? Svp ne tombons pas dans le panneau que cela n'est pas le même métier...etc. Merci d'extrapoler, et par rapport toujours à mon premier message.
Bien librement
AL'ain