mercredi, décembre 24, 2008

La rose vie associative

Extrait d'un article de Luc Rosenzweig dans Causeur :

«Dans le microcosme politique parisien, ce qui arrive aujourd’hui à Julien Dray ne surprend pas grand-monde : l’homme est depuis des décennies un bricoleur de génie en matière de création et de contrôle d’associations destinées à encadrer des mouvements plus ou moins spontanés [plutôt moins que plus] surgissant dans les facs, lycées et quartiers difficiles. Cette technique “mouvementiste”, apprise dans les rangs de la section française de la IVe internationale (canal Frank-Krivine), n’a rien en soi de répréhensible. L’avant-garde du prolétariat se met à la disposition des masses opprimées, leur fournit un package idéologique et organisationnel leur permettant de dépasser le stade de la révolte passionnelle contre les injustices de tout poil pour atteindre celui de l’action révolutionnaire consciente visant la prise du pouvoir par les masses laborieuses à l’échelle nationale, puis mondiale.

Mais lorsque cette technique est importée dans un contexte où le pouvoir est déjà détenu par celui qui veut s’en servir pour canaliser à son profit les révoltes de la jeunesse, cela donne le mitterrandisme associatif, version “degauche” du gaullisme immobilier. Grassement subventionnées, ces organisations plutôt maigres en forces militantes, mais très douées médiatiquement, deviennent des viviers de cadres pour les parti politiques qui les ont suscitées : mouvements étudiants, lycéens, antiracistes associations (SOS Racisme, Ni putes ni soumises), secrètent ainsi des leaders qui deviendront des permanents. Harlem Désir, Malek Boutih, Isabelle Thomas, Bruno Julliard sont sortis de ce moule.

Si on ne veut pas que l’investissement soit perdu, il est indispensable d’assurer un verrouillage bureaucratique très strict de ces organisations, afin d’éviter qu’elles aient la mauvaise idée de penser, d’agir et de décider par elles-mêmes [vive la liberté !]. C’est un domaine dans lequel excelle Julien Dray, bien qu’il ait subi un revers de taille en se faisant piquer Fadela Amara par Sarkozy, alors que le PS avait porté Ni putes ni soumises sur les fonts baptismaux et vers les fonds publics. Dans la pouponnière de Juju, ça ne rigole pas tous les jours.»

4 commentaires:

Tonton Jack a dit…

Bonjour,

Pour information, surtout quand on voit à quoi peut servir la dépense publique...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/12/24/les-depenses-publiques-proches-de-leur-niveau-record-en-france_1134654_3234.html#xtor=RSS-3208

Comme disait Beaumarchais, j'ai pris mon parti de rire de tout de peur de ne devoir en pleurer...

Tonton Jack a dit…

Au passage, bonnes fêtes.

Cordialement

Robert Marchenoir a dit…

"Le mitterrandisme associatif, version “degauche” du gaullisme immobilier."

"Degauche"? J'ai déjà lu ça quelque part...

fboizard a dit…

Les blogs, encore plus que les livres, parlent entre eux.

J'ai retrouvé des thèmes et des expressions miennes sur des blogs plus prestigieux (j'ai éclaté deux paires de chaussettes avec le gonflement de mes chevilles).

Bob, pourriez vous me contacter à mon adresse fboizard[at]usa.net ?