mardi, décembre 16, 2008

On est abruti quand on a 15 ans

On est abruti quand on a 15 ans (1). Je le sais, j'ai eu 15 ans et j'ai manifesté contre les lois de Devaquet.

Je suis effaré par la servilité obséquieuse de nos gouvernements successifs vis-à-vis de merdeux boutonneux. C'est carnaval : une inversion bouffonne des valeurs.

Quand j'entends un ministre raconter qu'il comprend «l'inquiétude des lycéens», je suis bidonné.

Un lycéen, ça a envie de foutre le bordel, de se mettre en danger. «L'inquiétude des lycéens», c'est le truc des adultes qui les endoctrinent pour faire passer leur message politique.

Mais les lycéens manifesteraient pour n'importe quelle raison : la hausse du prix du ticket de métro, la baisse de qualité des films pornos, la joie de vivre en vente libre, le droit de traverser la rue hors des clous, Vélib gratuit, des profs soumis (zut, c'est déjà fait), etc ...

Ils sont bien ridicules ces lâches adultes qui se prosternent devant des immatures.

Pour ma part, j'enverrais les CRS sans remords ni hésitation. D'ailleurs, nul doute que les lycéens en éprouveraient un grand plaisir : rien de tel qu'une bonne baston pour apaiser (momentanément) la crue hormonale et, pour les survivants, quelles histoires héroïques à raconter aux copains.

(1) : ce n'est nullement un hasard si les dictateurs font un usage immodéré des 15 ans : forts comme des adultes, manipulables à souhait, sauvages et sadiques comme des enfants.

40 commentaires:

Matthieu a dit…

Un article fort constructif dis donc ! Je suis impressionné ! Et si au lieu de chier sur une catégorie de personnes à cause de leur âge tu expliquais les fondements de ta réflexion ? qu'est ce qui fait que selon toi la réforme Darcos est bénéfique et donc que la grève est injustifiée ? Que trouves-tu logique dans le fait de supprimer des postes d'enseignants et dans le même temps de réformer le système de manière à ce qu'on ai besoin d'encore plus de profs qu'avant ? Tu tient tellement à faire croire que t'es plus intelligent que la moyenne, PROUVE LE AU LIEU DE RÂLER CONTRE TOUT CE QUI NE TE RESSEMBLE PAS !!!!

Nathan a dit…

Un post hallucinant de franchise et de vérité ! :) J'en connais pas 2 qui seraient capable d'écrire ça, même sur internet, ha, ha :)

pedro a dit…

"Que trouves-tu logique dans le fait de supprimer des postes d'enseignants et dans le même temps de réformer le système de manière à ce qu'on ai besoin d'encore plus de profs qu'avant ?"

Quand on prend conscience que les problèmes de l'EN ne sont pas du tout une question de moyen (on doublerait le budget de l'EN cela ne résoudrait aucun de ses problèmes) on peut commencer à identifier les vrais problèmes et à chercher les vraies solutions.

erdav a dit…

Franck a raison dans le sens où l'on entend cette ânerie qui est de comprendre "l'inquiétude" des lycéens.

Ces derniers sont pourtant plutôt dans la quiétude à manifester en masse : ça permet de sécher les cours tout en ayant l'impression de vivre quelque chose qui change du quotidien.

Se la jouer prolétaire, ça a un petit côté révolution française, prise de la bastille que les français aiment manifestement bien, à en voir le nombre des manifestations chaque année.

P.S : Il y en a ici qui ont un sens particulier de la courtoisie, je parle bien sur de Matthieu.

Matthieu a dit…

Arrêtez avec la courtoisie, elle n'est valable qu'avec les gens respectables, ce qui n'est pas le cas quand on écrit à quelqu'un qui discrimine par l'âge.

Matthieu a dit…

Désolé pour le double post mais je tiens à rajouter qu'il n'y a aucune raison de penser que les lycéens ne peuvent pas être préoccupés par leur avenir (surement pas tous, mais bien plus que vous ne le croyez) et ce juste parce qu'ils sont lycéens.

Paul Guignard a dit…

"qu'est ce qui fait que selon toi la réforme Darcos est bénéfique et donc que la grève est injustifiée ?"

L'argument est bidon.
Ce n'est pas aux enseignants, encore moins aux lycéens, de juger si la réforme est bénéfique ou pas.
Ces mesures de réforme étaient au programme de l'UMP, programme choisi par les français.
La démocratie a parlé, la rue doit se taire.

Stan a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Stan a dit…

J'avais propose moi aussi lors du blocage des facs la maniere forte a base de battes de baseball ou de nunchaku selon votre gout. C'est la seul chose que ces debiles meritent, ou alors l'interdiction de passer le bac pour une periode de 5 ans pour tous les grevistes.
http://republiquefromagere.blogspot.com/2007/11/quelle-reponse-apporter-aux-blocages.html

Quelle bande de glands.

Quant a Sarkosy j'ai toujours affirmer qu'il serait un chirac bis, l'amateurisme en plus. A vomir.

fboizard a dit…

Hé bien, dites donc, Matthieu, un peu de vérité, ça vous excite. Prenez du Prozac.

Quant à la discrimination par l'âge, bin ouais. Toute discrimination n'est pas criminelle. On peut bien dire que des lycéens de 15 ans, surtout en groupe, ne sont pas des adultes responsables.

D'ailleurs, ces lycéens, je ne les trouve pas futés de se laisser manipuler par des adultes. Leur intérêt bien compris, aux lycéens, c'est de bosser le plus fort possible, pas de glander.

Mais ils ne me sont pas antipathiques. Simplement, je préfère ceux qui ne manifestent pas et qui bossent, ils font preuve de bien plus de jugeote.

Robert Marchenoir a dit…

"Si au lieu de chier sur une catégorie de personnes à cause de leur âge tu expliquais les fondements de ta réflexion ?"

Si vous saviez lire, Matthieu, vous verriez que Franck ne "chie pas sur une catégorie de pesonnes" en raison de leur âge, mais en raison de leur connerie.

Vous prétendez interdire de discriminer en faveur de l'intelligence, plutôt que de la bêtise? Cela ne plaide pas en votre faveur.

Par ailleurs, bien entendu qu'il faut discriminer en raison de l'âge.

Vous voulez instaurer le droit de vote à douze ans? Le permis de conduire à dix ans? Le port d'arme à six ans? Vous voulez rendre légales les relations sexuelles entre adultes et enfants? Vous pensez qu'on peut confier la responsabilité d'un pays, ou d'une armée, ou d'une grande entreprise, à des jeunes gens de dix-huit ans?

Si vous étiez intelligent (et libre), vous vous dégageriez de l'endoctrinement idéologique que vous avez subi à l'école et dans les médias, et qui vous a fait croire, par démagogie et lâcheté, que la jeunesse était une valeur.

Un flatteur vit aux dépens de ceux qui l'écoutent. Et vous, comme tant d'autres, vous tombez dans le panneau. Vous croyez être un rebelle, alors que vous faites exactement ce que le pouvoir attend de vous.

Pierre Robes-Roule a dit…

Il faut dorénavant analyser ces manifs comme une sorte d'initiation à la "vie civile politique" en quelque sorte. C'est une forme d'ersatz de service militaire, un truc qu'il faut avoir fait au lycée...Notez d'ailleurs que les étudiants le font de moins en moins et que le phénomène se reporte sur les lycéens. Les étudiants ont pris conscience qu'ils n'ont plus les moyens de ce genre de choses.

Quand j'avais 15 ans, j'étais aussi très con et j'ai bien ris aussi (juste avant 81).

Ces manif ne sont que des maquettes à l'échelle 1/100000000ieme de la révolution française. Un truc culturel et pas forcément si négatif que ça dans la construction d'une identité floue d'une génération. Bien plus positive que les émeutes de 2005.

Bref, faut pas en faire tout un plat. Ca durera à peine plus qu'un carnaval.

François Delpla a dit…

Je suis désolé en particulier pour ceux qui prétendent qu'il y a dans les palinodies de Darcasse quoi que ce soit qui s'apparente à de la démocratie, qu'il cède à "la rue" ou qu'il y résiste.

O certes il y a bien dans l'affaire un engagement présidentiel tenu, bien mieux que maints autres : supprimer un fonctionnaire sur deux par le biais des départs en retraite. Sauf que vous avez peut-être entendu comme moi le candidat expliquer à sa façon pateline que cela ne s'appliquerait pas à l'enseignement, mais là où il y avait "des marges de manoeuvre", c'est-à-dire par exemple... dans les douanes. Faut-il vous rechercher les textes ?

Les lycéens ont donc entièrement raison, et d'être inquiets, et de le manifester. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne fassent que cela et que tous suivent mon éternel conseil de travailler d'autant plus personnellement qu'ils vont moins en classe.

Eh oui figurez-vous, il y a dans les manifs et autres "nuits à l'école" beaucoup de bons élèves, sidérés de ce qu'on leur prépare, surfant sur le site du ministère pour mieux le savoir et conscients par exemple que si Sarcos avait maintenu sa ridicule obstination il ne serait bientôt plus resté qu'une semaine ou deux aux éditeurs de manuels pour les confectionner au reçu des nouveaux programmes.

Le passage en force sarkozyen mis en échec pour la première fois, c'est certes une excellente nouvelle, qui autorise bien des espoirs.

Cf. http://www.delpla.org/article.php3?id_article=352

Matthieu a dit…

On ne doit pas discriminer en fonction de l'age mais du niveau présumé de connaissances, pas de vote à 12 ans car l'éducation civique n'est pas encore faite, pas de relations sexuelles entre adultes et enfants car le corps des enfants n'est pas préparé à ça et il en souffrirait... tout s'explique, sauf vous. Vous vous contentez de dire que j'ai tort sans donner de vrai contre-argument. "C'était prévu dans la campagne électorale" ne tient pas debout, un tas d'autres choses étaient prévues, qui vous dit que ce n'est pas pour ces autres choses que Sarko a été élu ? ou juste par défaut parce qu'il semblait être le moins pire ? Par contre, cela ne signifie pas que le fait d'être lycéen nous rende de suite irresponsable ou immature, certains d'entre eux le font car ils se sentent concernés et c'est bien normal car ils le sont ! Alors oui, c'est débile de juger quelqu'un sur son âge, la preuve, vous avez bien plus de 15 ans et vous ne semblez pas très malin...

Je note au passage que vous n'avez toujours pas expliqué en quoi il était néfaste de lutter contre la réforme Darcos...

fboizard a dit…

Bob (à propos de votre commentaire du message d'à coté, je fais un paquet),

J'aime bien votre emploi de «Degauche» en tant que nom ou adjectif. Vous me permettrez de reprendre cette expression. D'ailleurs « de Gauche», comme un patronyme noble, serait plus approprié, vu le snobisme des Degauches, mais ça rendrait l'ironie difficilement compréhensible.

Bien sûr, vous avez tout à fait raison. Si les Degauches insistent tant sur l'éducation, c'est parce qu'elle est pour eux un moyen d'endoctrinement qui n'a que peu à voir avec une véritable éducation.

Former des citoyens ne devrait pas être un but l'école mais un sous-produit : on forme des hommes cultivés, raisonnant droit, compétents, aptes à être libres et responsables. Par voie de conséquence, il y a des chances qu'ils fassent de bons citoyens, mais ce n'est pas l'objectif principal.

Quant à la fameuse «citoyenneté», c'est une de ces perversions du vocabulaire chères aux Degauches. Car, bien entendu, dans cette acception, un bon «citoyen» ne peut pas être de droite (dans la même veine, dès qu'on critique le «modèle social français», on serait un mauvais Français. C'est un rien réducteur d'identifier un pays millénaire à un système à peine septuagénaire !)

Mais la droite est également coupable : après tout, c'est elle qui a laissé le terrain éducatif libre pour l'endoctrinement bien-pensant.

Le combat a été rude au tournant du XXème siècle mais il n'a été perdu définitivement qu'après-guerre.

Enfin, les Degauches se prennent pour la parti du Bien (de la Générosité, de la Solidarité, etc ...). C'est très irritant, c'est ce qui me passe sur les nerfs dans la degaucherie.

Cependant, je ne raisonne pas à l'inverse, je ne les prends pas pour le parti du Mal. Un degauche peut cesser d'être arrogant et casse-pied. On a déjà vu des conversions plus ou moins brutales, des sorties inattendues des idées fumeuses degauches. Un éveil à l'infinie muabilité du monde et à sa complexité est toujours possible.


PRB,

S'agissant des lycéens eux-mêmes, je suis d'accord avec vous. Ils sont cons, mais j'ai été aussi con qu'eux. Je n'ai donc pas de ressentiment, plutôt de l'indulgence.

Par contre, les démagogues qui leur font croire qu'ils ont raison et se prosternent, eux, sont tout à fait condamnables.


François,

Nous différons totalement sur ce sujet :

> je ne pense pas que les problèmes de l'EN soient de moyens. C'est un problème d'organisation. D'ailleurs, les statistiques de dépenses par élève ne classent pas mal la France.

L'argument des moyens relève clairement de la paresse intellectuelle et du sacrifice à la cohésion de groupe (réclamer des moyens, c'est le seul point sur lequel les enseignants sont d'accord, si on commençait à parler changement d'organisation, ça s'engueulerait. Alors réclamons tous en choeur des moyens).

> la fameuse inquiétude des lycéens n'est pas spontanée, on la crée. Plus précisément, les profs aidés par la presse la créent (j'ai eu 15 ans et j'ai manifesté, je me suis retrouvé au coude à coude avec mon prof d'histoire dans la manif qui nous avait bien encouragés. Alors la prétendue spontanéité des manifs lycéennnes, je me pisse dessus de rire - c'est pas propre). Spontanément, à 15 ans, on pense à courir les filles et à refaire le monde, pas le lycée.

Il faut arrêter de nous en faire des tonnes avec l'angoisse des jeunes. Je peux vous dire que l'angoisse, c'était surtout d'arriver à sécher suffisamment longtemps sous prétexte d'«engagement citoyen» (comme on ne disait pas encore) pour arriver à sauter le cours que nous n'aimions pas.

Même si c'était vrai que les jeunes sont angoissés, je dénie toute légitimité à cette angoisse : pour un lycéen, la vie n'est pas fixée, il n'est pas encore sur des rails, il a toujours son destin en mains, il peut encore rêver d'être Einstein, Bill Gates ou Steevy. Mais peut-être ai-je tort, peut-être qu'encore une fois le pronostic d'Alfred Sauvy se révèle vrai : des enfants élevés dans un pays vieillissant, à la natalité déclinante, ont une mentalité de vieux.

Théo2toulouse a dit…

"les lycéens ne peuvent pas être préoccupés par leur avenir (surement pas tous, mais bien plus que vous ne le croyez) et ce juste parce qu'ils sont lycéens."

Qu'est ce que ça peut leur foutre à ceux qui sont en terminale, qui auront leur bac dans un paquet cadeau et auront quitté le lycée dans 6 mois, à moins d'être un gogol de première ?

De deux, seuls les profs font grève, pas les élèves. Pour faire grève, il faut un contrat de travail. Les élèves ont-ils un contrat de travail avec le gouvernement ?

Tercio : hormis exception les lycéens ne sont pas majeurs et donc ne sont pas des citoyens. Ils auront tout le loisir d'exprimer leur mécontentement avec la politique du gouvernement le jour où ils pourront voter. Certes ils ont le droit d'aller manifester, mais quand on est élève, on est payé pour apprendre, pas pour dicter la bonne politique que devrait appliquer le gouvernement.

Patricespi a dit…

Il m'est toujours apparu effarant de manifester et surtout d'en être fier. Hurler dans la rue, la bouche grande ouverte , en annonant des slogans appris par coeur me parait tellement pitoyable! et surement sans aucun résultat conret.

Alors des lycéens qui ne se sont pas encore frottés aux difficultés de la vie, faisant acte de citoyenneté en faisant une grève.... qui leur évite les maudits cours destestés.

Comme le dit Théo2toulouse, la plupart des lycéens "gueulards" ne seront plus lycéens dans quelques mois mais je suis sûr qu'ils défendront les intérêts de la France et continueront à hurler "liberté, égalité, fraternité" en entrant dans la fonction publique (ou assimilé tel Sncf, Edf, etc.) où ils se moqueront bien de tous ceux qui ne bénéficient pas de leurs avantages qu'il est strictement interdit de toucher (ami de l'égalité et de la fraternité, bonjour).

Larry a dit…

"ce n'est nullement un hasard si les dictateurs font un usage immodéré des 15 ans : forts comme des adultes, manipulables à souhait, sauvages et sadiques comme des enfants."

Excellent

Un des meilleurs racourcis que j'ai lu depuis longtemps

Théo2toulouse a dit…

Que trouves-tu logique dans le fait de supprimer des postes d'enseignants et dans le même temps de réformer le système de manière à ce qu'on ai besoin d'encore plus de profs qu'avant ?

Sais-tu combien d'heures par semaine un prof passe devant ses élèves ? 18 pour un agrégé et 15 pour un certifié. Très loin des 35 que doivent se taper la plupart des salariés. Une heure et demie de plus par semaine en seconde ne nécessite aucunement des créations de postes. J'imagine que cette heure sera rémunérée en supplément au traitement normal.

Matthieu a dit…

Je sais bien le nombre d'heure qu'un prof doit faire devant ses élèves chaque semaine. Ce que je sais aussi c'est le nombre d'heures qu'il doit passer à corriger des copies et à préparer ses cours. Les profs ont bien plus de travail à la maison que n'importe qui, mais en bons libéraux bien endoctrinés vous ne pourrez jamais l'admettre car vous avez bien appris votre leçon : "les profs sont des feignants".

pedro a dit…

Voyons Théo2toulouse,

vous savez bien qu'un prof met quelque chose comme 1,5 h pour préparer une heure de cours (incluant les corrections) soit un total de 45 h ! (démonstrations récurrente des syndicats pour exprimer comme les profs travaillent dur). Et s'ils ont 11 semaines de congé de plus que dans le privé c'est parce que c'est un métier difficile, vous le savez bien.

Et beaucoup (oui beaucoup) font volontiers des heures sup (qu'est-ce que vous voulez, il faut bien vivre, un salaire entre 2 et 3 fois le SMIC c'est que dalle), comme quoi ils en ont sous le pied, mais chut, faut pas le dire.

Et vous avez fait une coquille, ce sont les agrégés qui ne bossent que 15 h, tout en étant payé plus. Comment ils gagnent plus en travaillant moins ?! Tiens j'ai jamais vu un seul syndiqué dénoncer cette petite aberration bien peu rentable.

fboizard a dit…

«vous savez bien qu'un prof met quelque chose comme 1,5 h pour préparer une heure de cours (incluant les corrections) soit un total de 45 h !»

Il se trouve que j'avais posé cette question à une amie prof de français en collège, voici sa réponse :

> 1h30 à 2h de préparation par heure de cours la première année.

> entre une demi-heure et une heure les années suivantes.

> c'est dégressif : avec les années, le stock de préparations déjà prêtes augmente et le prof est rodé.

Elle estime qu'au total, en rythme de croisière, un prof de collège a l'équivalent d'une demi-heure de travail plein à la maison par heure de cours. Elle précise «travail plein» car, travaillant à domicile, elle se disperse, ce qui fait trainer les choses en longueur.

Bref, c'est pas le bagne.

Et restent les vacances.

Si on prend aux pied de la lettre les statistiques des syndicats, on doit en conclure que tous les profs sont débutants !

La spécialité de l'EN, ce n'est plus l'éducation, c'est le long hululement de la plainte victimaire

Robert Marchenoir a dit…

Franck: je vous en prie, c'est fait pour.

Théo2toulouse a dit…

S'ils font 45 heures par semaine (ce que j'ai effectivement fait la semaine dernière), comment certains arrivent-ils à faire encore des heures au noir le week end ou dans des boîtes privées de cours particuliers ?

@pedro, merci de m'avoir corrigé.

Matthieu a dit…

Tiens, j'ai trouvé quelqu'un d'autre qui pense comme toi, exactement le même discours : http://mickavendeta.skyrock.com/2195457015-Mickael-Vendetta-est-favorable-a-la-reforme-des-lycees.html

Édifiant n'est-ce pas ?

pedro a dit…

@ Matthieu,
vous discréditez mais vous ne réfutez pas.

Bien sûr que les lycéens sont manipulés par les syndicats. D’ailleurs leur phraséologie est identique à celle des syndicats.
Même les COP (conseillers d’orientation) ne savent guère expliquer aux parents le contenu de la réforme. Un découpage en semestres, un tronc commun + 2 modules, quelques matières lésées, une organisation sans doute difficile les premières années, mais pas beaucoup davantage. La seule chose certaine, c’est qu’il y aura moins de profs à la rentrée prochaine. Cela suffit pour mobiliser les syndicats et les lycéens, sous la bannière du nombre d’élèves par classe (les profs eux-mêmes ignorent que la taille des classes ne joue pas sur les résultats des élèves, alors vous pensez bien que les lycéens n’en ont pas idée ; ils confondent confort et résultat).

Matthieu a dit…

Dans le cadre des cours, confort et résultats sont liés. C'est en partie un problème de discipline certes, mais la discipline a ses limites, lorsqu'on se retrouve à 40 par classe, le moindre événement peut prendre des proportions sonores impressionnantes, vous devriez le savoir, vous avez été élève et à moins que ce fut il y a plus de 30 ans, auquel cas ce n'est pas comparable tellement le système et les mentalités ont changés. Le professorat est la catégorie socio-professionnelle où le taux de dépressions nerveuses est un des plus forts, peut être même est-ce le plus fort, alors je doute que de leur donner plus de travail soit une bonne idée, autant pour eux que pour les élèves qui devront subir un prof en mauvais état et qui seront donc dans de bien mauvaises conditions pour apprendre.

pedro a dit…

@ Matthieu,
« Dans le cadre des cours, confort et résultats sont liés »

Je n’en suis pas sûr du tout. Comment le savez-vous ? C’est intuitif mais les études montrent le contraire, à savoir que être dans une classe de 25, 30 ou 35 élèves n’influe pas sur les résultats et donc sur le niveau des élèves. En effet il y a un effet de seuil à partir de 16-18 élèves.
Voir par exemple : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/024000197/0000.pdf avec notamment l’extrait suivant :

« Même les chercheurs les plus convaincus des effets positifs de la réduction de la taille des classes mettent en garde contre le coût élevé de cette politique. Non par un souci per se de ne pas augmenter les dépenses de l’État, mais par souci de recommander les politiques les plus efficientes. »

D’ailleurs il y a 20 ans les effectifs étaient déjà au-dessus de 30 dans les lycées. Entre 1980 et 2002 la dépense d’éducation a augmenté de 80 % (!), avec entre autre une augmentation du nombre de profs. Que constate-t-on sur cette période ? Une baisse du niveau des élèves. Alors ce n’est pas une raison, me direz-vous peut-être, pour baisser aujourd’hui le nombre de profs, mais c’est en tous cas une raison pour commencer à chercher ailleurs les causes réelles de la baisse de niveau.

« Le professorat est la catégorie socio-professionnelle où le taux de dépressions nerveuses est un des plus forts »

Vous savez, dans 10 % des bahuts de France les conditions de travail sont vraiment très difficiles, mais dans les 90 % restants, les conditions sont pépères, ça ronronne doucement.
Mais un des sujets les plus tabous des profs c’est de discuter de ce qu’ils font face aux élèves, les profs veulent être seuls maîtres à bord et ne devoir rien rendre à personne de ce qui se passe en classe (hormis l’inspecteur, croisé avec chance une fois tous les 5-7 ans). Il est dès lors inévitable qu’en cas de difficultés ils soient seuls.

Théo2toulouse a dit…

Il me semble qu'il y a 50 ans ou plus, avoir 50 élèves par classe n'était pas rare. En revanche, pas un élève n'aurait osé traiter son professeur de connard.

fboizard a dit…

« Dans le cadre des cours, confort et résultats sont liés »

Absolument rien, même le bon sens, ne le démontre.

Soyons clair : ces histoires de réduction de l'effectif des classes, c'est pour améliorer le confort des profs, pas les résultats des élèves.

C'est d'ailleurs logique qu'il en soit ainsi, puisque les organisations syndicales de l'EN sont aux manettes. L'école est organisée autour des profs et non des élèves.

Rappelons pendant qu'on est dans ce sujet que des études tendent à montrer (ce n'est pas très clair) que, pour les cours collectifs «classiques», c'est-à-dire plus de 15 élèves par classe, il existe un optimum autour de 25-30 élèves par classe. En effet, autour de ce nombre, il y a une tête de classe de 3-4 élèves par matière dont l'émulation a un effet positif sur l'ensemble.

«Lorsqu'on se retrouve à 40 par classe, le moindre événement peut prendre des proportions sonores impressionnantes»

Vous vous trompez de problème : la difficulté n'est pas l'effectif mais l'indiscipline, le manque d'autorité professorale.

Sous le Second Empire, il y avait des classes à 80 élèves où l'on entendait voler une mouche (certes, avec des méthodes que nous jugerions dépassées).

Inversement, un lycéen de mes amis m'a montré une video d'un cours de maths (tournée avec son téléphone portable) qui ressemblait à une représentation exceptionnelle du cirque Pinder recevant les Marx Brothers. Il n'y avait pourtant que vingt élèves.

L'effectif n'est pas le problème.

Le problème, c'est l'organisation, et la mission que les profs se donnent.

Quand j'entends «ce n'est pas mon boulot de faire la police» et que, en discutant, j'en viens à comprendre que «ne pas faire la police» signifie pour ce prof que le grand bazar d'Istanbul à l'heure de pointe est un havre de paix, de calme et de volupté par rapport à son cours, je ne peux que me dire qu'il l'a bien cherché si les élèves ne le respectent pas.

A propos de respect : ayant fait ma scolarité dans les années 70-80, je n'ai pas souvenir au collège ou au lycée d'un professeur tutoyant ses élèves.

Quand les profs se mettent au niveau des élèves, dans tous les sens du terme, ils trahissent leur mission qui est de les élever. C'est de la mécanique élémentaire : pour tirer quelqu'un vers le haut, il faut être au-dessus de lui !

Mais, évidemment, c'est plus facile de sauter comme des cabris en hurlant «des moyens, des moyens» que de se remettre an cause.

Je vous le dis : la grande spécialité de l'EN désormais, ce n'est plus l'enseignement, c'est la plainte victimaire, le poing serré, la colère dans la voix et les larmes aux yeux.

Matthieu a dit…

Je l'ai dit qu'il y a un problème de discipline, mais ce n'est pas tout, les profs ne sont pas des surhommes et lorsqu'on voit ce que la société fait aux enfants et adolescents en dehors des cours on comprend mieux la difficulté que peuvent avoir les enseignants à les gérer, d'où l'intérêt de ne pas augmenter les effectifs en classe, ça se passe déjà mal comme ça, ça ne pourra être que pire après. Avant de se permettre d'augmenter le nombre d'élève par classe, il faut régler d'autres problèmes, tant que ces changements ne seront pas appliqués, il serait suicidaire de diminuer le nombre de profs. Entre autres la qualité des divertissements proposés aux jeunes, le contenu du programme de primaire ainsi que l'éducation des parents sont des causes de tout ceci.

fboizard a dit…

Je suis globalement d'accord avec votre dernier message, mais il pourrait être compris comme un encouragement à l'inaction : si c'est de la faute de la société, c'est tout le monde et, surtout, personne.

Je ne sais pas réformer la société, par contre, il y a quelques moyens de réformer l'école.

Théo2toulouse a dit…

Dès lors que l'on décrète que l'élève est au centre du système, il est normal que tout s'écroule. Les profs ne peuvent plus rien dire aux élèves qui en profitent allègrement avec les parents qui viennent souvent en rajouter une couche. Le client est roi n'est-ce pas ?

Pour ne pas traumatiser ces pauvres chérubins, on leur fait des examens faciles : quasiment plus de dissertations, la meilleure cuvée du bac depuis sa création a été en 2006 avec deux mois et demi de manifestations à la clé. Pendant qu'on y est, il n'y a qu'à leur confectionner les cours à la carte ou au menu, choisir les profs qui leur feront cours, leur faire servir le goûter en classe par les personnels de la cantine, etc...

fboizard a dit…

L'organisation est au service des profs et la pédagogie se soumet aux élèves.

Ca devrait être l'inverse.

Robert Marchenoir a dit…

"Le grand bazar d'Istanbul..."

Hahaha, Franck, mon gaillard, votre compte est bon. Je remplis le formulaire de dénonciation de la Halde dès que je sors de ma session de formation citoyenne à l'ouverture à l'Autre.

Islamophobie caractérisée, stigmatisation de fonctionnaires, incitation à la haine en raison de l'appartenance à l'Education nationale: putain... vous êtes bon pour le stage de rééducation forcée de six mois infligé par des pépites de la nation membres du courant de Julien Dray.

fboizard a dit…

Bob,

Au lieu de délirer, vous auriez pu, par exemple, me signaler que le bazar d'Istanbul est très organisé et que la comparaison avec l'EN est insultante.

Matthieu a dit…

Pffff... Franck votre manque d'humour est réellement maladif, pas étonnant que vous n'ayez jamais les idées claires, vous prenez tout au sérieux, il est normal dans ces conditions d'avoir un bug dans le disque dur si vous voyez ce que je veux dire ! Les seules fois où je vous ai vu essayer d'être drôle c'était aux dépends des autres... Vous devez être bien triste pour passer votre temps à faire des critiques négatives, à chercher sans cesse de quoi les étoffer et le tout sans la moindre once d'humour ! Je compatirais presque si vous n'étiez pas si antipathique et stupide !

fboizard a dit…

Matthieu, me faire donner des leçons d'humour par votre auguste personne me flatte. Croyez bien que j'en ferai mon miel.

Matthieu a dit…

Ce n'est pas une leçon d'humour, je dit juste que ce blog en manque totalement et que dès que quelqu'un fait preuve d'un peu d'esprit vous le rabaissez comme une merde et il faut vraiment être malheureux pour en arriver là.

PAK a dit…

"ce n'est nullement un hasard si les dictateurs font un usage immodéré des 15 ans "

ll me semble que les sicaires de Pol Pot ( je veux dire les valeureux combattants Khmers rouges) avaient à peu près cet age.