jeudi, février 26, 2009

Brève : Pérol, Sarkozy, les fusions bancaires orchestrées par l'Etat

Je ne vois pas là de quoi fouetter un chat, rien de nouveau sous le soleil : c'est l'Etat français tel qu'il dysfonctionne de manière habituelle.

Par caprice, par le fait du prince, l'Etat place ses hommes, manoeuvre et s'impose dans des domaines (la banque par exemple) qui ne le regardent en rien tandis qu'il néglige totalement ses véritables responsabilités (le déficit public par exemple).

Pour plus d'opinion : cf Guy Sorman.

Je suis d'accord avec lui : l'Etat français est le plus mal géré d'Europe, il est géré par des énarques. Il y a sans doute un rapport entre la mauvaise gestion et les mauvais gestionnaires (pourquoi les énarques sont mauvais gestionnaires s'explique, mais c'est une autre histoire).

4 commentaires:

Dimitri a dit…

Je ne comprends pas grand chose à cette affaire. Ces deux banques sont bien privées non ?

Que vient faire l'état la dedans. Qu'il les aide à fusionner, qu'il pilote le projet ... Bon allez on arrive à imaginer.

Mais comment peut-il imposer le futur patron s'il n'est pas actionnaire principal ???

Larry a dit…

la France est riche en

Acrobate intellectuel : très haut QI, très grosse mémoire, très grande puissance de travail, très bonne maîtrise de la langue à l'oral et à l'écrit, santé, dynamisme. Réussite brillante aux concours les plus difficiles de la République. Confiance en soi, imbu de sa personne. Imbattable aux figures imposées. Et, lorsque laché dans la pampa, le territoire où il n'y plus ni routes, ni cartes, esprit faux, livré à ses préjugés et ses émotions de toujours. Se révèle un esprit confus, aux jugementx souvent faux. Parfois même porté à la malhonnêteté intellectuelle pour conforter ses thèses (vérifiable par la confrontation des originaux avec ce qu'ils en disent. Ils se placent comme rapportant ce dont il s'agit, comme faisant un résumé, et non pas comme exprimant une opinion.) Perdu lors des figures libres. Ce qui ne l'empêche pas de tourner en rond avec confiance et de demander d'être admiré.

fboizard a dit…

Larry,

Vous décrivez assez bien le problème.

Hayek appelle cela l'esprit de Polytechnique et Taleb l'esprit gaussien (inadapté à un monde mandelbrotien).

Si l'on vous vante les qualités de François Pérol, répondez «Jean Bichelonne». Vous trouverez en tapant son nom dans le moteur de recherche de ce blog quelques messages sur ce double major de Polytechnique, major au concours d'entrée, major au classement de sortie.

La vie de Jean Bichelonne devrait guérir à jamais les Français de leur religion des diplômes (regardez les notices nécrologiques : un type meurt à 98 ans, la première chose que l'on mentionne, c'est son diplôme, acquis il y a 75 ans).

Cependant, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse : parmi les «hauts diplomés», il y a des gens remarquables (même si les qualités humaines ne sont souvent pas à la hauteur des qualités intellectuelles).

Je fais une exception pour les énarques : choisir à vingt ans d'entrer dans une école d'administration dénote une tournure d'esprit qui me rebute radicalement.

Théo2toulouse a dit…

"Que vient faire l'état la dedans."

Vous pouvez appliquez votre question à tous les domaines de la vie d'un être humain.


Je ne me souviens plus qui c'était, mais il expliquait que si on demandait à un énarque lors du grand oral de cautionner l'instauration du totalitarisme, il vous ferait un argumentaire très serré en trois parties pour la justifier dans ses moindres détails alors que la réponse attendue par le jury aurait été "désolé, mais je ne refuse de cautionner un tel système".