jeudi, avril 02, 2009

L'évasion fiscale est-elle un devoir moral ?

A contre-courant des cris d'allégresse totalement disproportionnés qu'on entend ce soir suite au G20 (1) :

L'évasion fiscale est-elle un devoir moral ?

(1) : les même couillons qui n'avaient pas vu venir la crise nous expliquent maintenant que grâce au G20, elle est en bonne voie d'être résolue. Je ne sais pas ce que ça vous inspire, mais moi, c'est de la méfiance.

25 commentaires:

Kreyket a dit…

Je vois bien votre patron faire la même chose "Je ne vous paye pas ce mois-ci mais vous comprenez, c'est pour le bien de l'entreprise" et hop ! En bon libéral vous ne pourrez même pas gueuler, à moins de virer gauchiste mais théo2toulouse ne vous le pardonnerais pas, lui qui place l'autorité du patron au dessus du respect que celui-ci doit avoir envers ses employés.

Théo2toulouse a dit…

"En bon libéral vous ne pourrez même pas gueuler"

Ben si justement, puisque le patron ne respecterait plus le contrat de travail qu'il a signé avec ses employés.

Quand une entreprise perd de l'argent mais que sa situation financière n'est pas catastrophique, les salariés n'en subissent pas les conséquences sauf si la cessation de paiement pointe le bout de son nez.

Kreyket a dit…

C'est bien vrai, mais seulement si on part du principe qu'un devoir est un devoir, même quand il s'agit de payer, même quand c'est les impôts, et que donc l'évasion fiscale est une évasion à un de nos devoirs, c'est donc un délit ou au mieux une incivilité.

Anonyme a dit…

Et le devoir de compétences des politiques, vous en faites quoi?
Et le de voir du citoyen de ne pas ignorer la loi?
Vous êtes prêts à tout accepter parce que c'est votre devoir? Vous êtes mûr pour le nouvel ordre mondial!
Quand il n'y aura plus de possibilité d'échapper aux impôts spoliateurs, croyez-vous qu'ils se feront un devoir de réfléchir avant de faire voter à main levée une hausse généralisée des taux d'imposition?
Reprenez votre liberté de penser, réveillez la grenouille avant que l'eau du bain ne se transforme en court-bouillon...

Théo2toulouse a dit…

Payer des impôts est tout sauf un devoir : aucun contrat, pas même un contrat moral, ne lie les citoyens et l'Etat.

Kreyket a dit…

Si.
Habiter dans un pays crée un contrat implicite qui vous lie à l'état, lequel crée des droits et des devoirs, comme celui de payer vos impôts. Si cela ne vous convient pas, déménagez dans un pays où vous serez capables de respecter les lois. Sachez que je m'en pose des questions, bien plus que vous car je ne m'arrête pas au cliché de base de "l'impôt spoliateur", personnellement j'ai une éthique, un respect pour certaines valeurs et l'humilité nécessaire pour comprendre que certaines choses me dépassent, comme pourquoi telle loi est ainsi, et pourtant les respecter. Vous allez encore m'insulter car vous manquez d'arguments mais réjouissez-vous d'être encore insouciants et de vivre dans un monde où vous croyez tout comprendre et tout savoir, mais je n'aimerais pas être à votre place le jour où vous vous réveillerez et que la réalité vous mettra un énorme mawashi geri dans la face.

Théo2toulouse a dit…

Un impôt quel que soit sa nature ou son montant est un vol pur et simple. C'est un principe qui ne souffre aucune exception.

BartlettGreen a dit…

Si il a des principes a suivre "aveuglément", ce serait plutot ceux des traditions.
Ils ont été validés par le temps eux.
Les lois sont par trop susceptibles d'étre créer pour servir les intéréts de démagogues ou d'intéréts particuliers( et c'est le cas).
Sinon,dénoncer des Juifs pendant la seconde guerre mondiale n'est pas un probléme, c'était servir l'Etat et ses lois.

Kreyket a dit…

Si pour vous l'impôt est un vol, déménagez là où il n'y en a pas.

Barlett, je n'ai pas dit qu'il fallait aveuglement suivre toutes les lois, il y en a certaines au caractère exceptionnel comme pendant une guerre que l'on peut s'abstenir de suivre, il ne faut tout de même pas être stupide. Suivre une idéologie à la lettre, comme par exemple quelqu'un qui dirait "les impôts c'est du vol" parce qu'il se dit libéral mais qu'il n'a aucune idée personnelle, c'est débile. Mais ce n'est qu'un exemple.

fboizard a dit…

Kreyket, vous justifiez l'exil fiscal ! Rigolo de votre part.

Ne vous vient il pas à l'idée qu'il puisse y avoir un niveau d'impôt excessif ?

Pour ma part, je considère que l'impôt est toujours un vol mais qu'on peut le tolérer en-dessous d'un certain niveau.

Je vois ce niveau autour de 20-30 % de dépenses publiques ; on en est très loin.

Pratiquement, cet excès de dépenses correspond à mes yeux des choses précises. Tout ce que je paye pour le
RMI, les assurances sociales collectivistes, l'éducation nationale, est un vol pur et simple.

Kreyket a dit…

C'est votre avis et aussi incohérent soit-il je m'efforce de le respecter. Et oui, quitter un pays parce qu'on ne veut pas en payer les impôts est à mes yeux moins grave que d'y rester en plaçant son argent ailleurs pour échapper à la fiscalité qui devrait être la notre.Au moins quand on change de pays on respecte la législation fiscale du pays que l'on quitte (en s'abstenant de l'enfreindre) pour respecter celle d'un autre.
Oui aussi, les impôts peuvent être abusifs, mais je suis plutôt content personnellement d'avoir des écoles publiques par exemple, cela évite une compétition entre les écoles et un commerce de l'éducation qui seraient des abominations qui transformeraient les enfants en produits commerciaux.

Anonyme a dit…

"Un impôt quel que soit sa nature ou son montant est un vol pur et simple. C'est un principe qui ne souffre aucune exception." (Théo)

Gnééé ? Qui a décidé ce principe ? Un écrivain libéral (minoritaire même parmi les libéraux) écrivant tout seul dans sa chambrette en tirant la langue ?

Ce n'est inscrit ni dans la loi, ni dans la coutume d'aucun pays un tant soit peu civilisé, sauf exceptions fort rares et non significatives : les dictatures vivant de la rente pétrolière, les paradis fiscaux dépourvus d'habitants, etc.

Au demeurant, même sur un plan de spéculation théorique, il faudra nous expliquer, si vous supprimez tout impôt, comment vous financez la police, l'armée, les juges, voire (horresco referens) les quelques services publics qu'il est plus efficace de confier à l'Etat qu'au marché (Adam Smith dixit).

De façon générale, en matière politique, dès qu'on parle de "principes qui ne souffrent aucune exception", on n'est pas bien loin du totalitarisme. Et on est déjà, en tous cas, en plein dans le dogmatisme.

Anonyme a dit…

"Je suis plutôt content personnellement d'avoir des écoles publiques par exemple, cela évite une compétition entre les écoles et un commerce de l'éducation qui seraient des abominations qui transformeraient les enfants en produits commerciaux." (Kreyket)

J'espère que vous manifestez régulièrement, avec un drapeau rouge, devant votre librairie de quartier, "qui transforme les livres en produits commerciaux", et qui a même l'impudence de vous transformer, vous, lecteur, en "produit commercial".

J'espère que vous revendiquez la création d'un grand service public de la librairie, la nationalisation de toutes les librairies, et la transformation des libraires en fonctionnaires.

C'est quand même une honte que la culture, que les oeuvres de l'esprit humain soient ainsi soumises aux lois du marché.

J'espère que vous en faites autant devant votre marchand de légumes, "qui transforme les haricots verts en produits commerciaux", et "qui transforme les mangeurs de haricots en produits commerciaux". Comment admettre que le besoin le plus vital de l'homme, la nourriture, soit "transformé en produit commercial" ?

Et puis, souvenez-vous : cinq fruits et légumes par jour. Non, il n'est que temps de nationaliser ces vils spéculateurs, qui font leur beurre sur le dos de la population. Marchands de légumes, bouchers, fromagers, boulangers, professeurs : tous fonctionnaires, et que ça saute.

(Ah ! on me signale que pour les professeurs, c'est déjà fait.)

Théo2toulouse a dit…

"je suis plutôt content personnellement d'avoir des écoles publiques par exemple"

Vous devriez aller voir qui sont les enseignants qui bossent chez Acodomia : ce sont pour une bonne part des profs du public mis à la disposition de cette entreprise par le ministère de l'EN, vous savez, ceux qui revendiquent une revendiquent une farouche défense de l'éthique du service public.

"comment vous financez la police, l'armée, les juges, voire (horresco referens) les quelques services publics qu'il est plus efficace de confier à l'Etat qu'au marché (Adam Smith dixit)."

Adam Smith aurait vécu en mai 1940 en France, je pense qu'il aurait changé d'avis sur le service public en matière de défense nationale. On a pu voir comment la meilleure armée du monde (sur le papier) s'est pris la branlée du siècle par les armées du petit caporal moustachu. Déjà qu'en 1918, sans l'aide américaine, il se serait faite sévèrement tanner les miches.

Des entreprises ou des associations libres pourraient le faire, probablement mieux et moins cher. P. Lemieux explique tout cela dans son QSJ sur l'anarcho-capitalisme.

Théo2toulouse a dit…

Corriger le "il" de la dernière phrase de l'avant-dernier paragraphe par "elle".

Anonyme a dit…

Houlà, Théo, je ne pensais pas si bien dire. Vous êtes vraiment dans une bulle théorique. C'est écrit dans un Que Sais-je ? , donc c'est possible.

Et, dites-moi, votre armée confiée à des entreprises ou à des associations libres, ça a existé quand, dans l'histoire ? Parce que si ça n'a jamais existé, c'est, très vraisemblablement, que ça ne peut pas exister.

L'un des arguments les plus forts en faveur du marché est que personne ne l'a inventé. C'est une forme d'organisation spontanée.

La forme d'organisation spontanée, pour une armée, c'est une partie de la population enrôlée sous les ordres du chef politique du teritoire concerné, dans un cadre contraignant, hiérarchique et non motivé par le profit.

Par ailleurs, personne n'a prétendu qu'aucune armée ne pouvait perdre aucune guerre. S'il y a guerre, il y a bien un vaincu et un vainqueur, en général. On n'est pas dans le ouinne-ouinne béat des libéraux dogmatiques.

Quant à la Seconde guerre mondiale, je ne sache pas que les armées américaine, anglaise et soviétique étaient formées "d'entreprises" ou "d'associations libres".

Théo2toulouse a dit…

Il y a un siècle faire voler un avion relevait aussi de la bulle théorique.

Vous raisonnez dans le cadre d'un monopole d'Etat sur la violence, moi je raisonne dans le cadre de propriétés privées, où les habitants auraient la possibilité d'avoir ou non des armes chez eux pour assurer eux-mêmes leur sécurité ou la possibilité de faire appel à des agences spécialisées de sécurité, avec lesquelles elles signeraient des contrats.

Il en serait de même avec les armées, qui seraient elles aussi privées. Du reste, ces armées existent déjà, et des Etats font appel à leurs services.

Ensuite, est-ce que tout cela fonctionnerait ? J'en sais rien, faut essayer.

fboizard a dit…

Ca fait parler, l'évasion fiscale !

Kreyket est du coté des oppresseurs, ceux pour lequel l'Etat a tous les droits surtout celui de piquer l'argent de plus riche que soi.

L'envie est la moteur du socialisme, rien de surprenants, situation nominale.

J'aimerais qu'il réponde à cette question : est-il d'accord pour taxer à 80 % les 5 % de Français les plus riches ?

Je suis globalement en ligne avec Bob en apportant quelques nuances qui m'attirent vers Théo :

> en France, l'armée nationale est une invention de la révolution, auparavant les armées étaient privées et ça ne fonctionnait pas si mal.

> si le système éducatif est un monopole étatique ou para-étatique, c'est pour des raisons politiques, pas pédagogiques ou sociales.

Il s'agissait tout à fait sciemment d'endoctriner les enfants.

Ca n'est nullement un hasard si après la première guerre mondiale, les instituteurs firent le gros des bataillons pacifistes : ils se s'étaient aperçus, mais un peu tard, que leur enseignement de «hussards noirs de la République» avait préparé les petits veaux pour l'abattoir.

L'endoctrinement continue de plus belle : le multi-culturalisme et le socialisme sont des opinions politiques contestables. Elles sont enseignées par l'EN comme des vérités.

L'argument «l'école est étatisée pour permettre à tous d'y accéder» est bien entendu stupide et hypocrite : il est aisée d'imaginer des systèmes où tous ont accès à l'éducation sans que celle-ci soit délivrée par des organismes étatiques.

fboizard a dit…

Ca fait parler, l'évasion fiscale !

Kreyket est du coté des oppresseurs, ceux pour lesquesl l'Etat a tous les droits surtout celui de piquer l'argent de plus riche que soi.

L'envie est le moteur du socialisme, rien de surprenant, situation nominale.

J'aimerais qu'il réponde à cette question : est-il d'accord pour taxer à 80 % les 5 % de Français les plus riches ?

Je suis globalement en ligne avec Bob en apportant quelques nuances qui m'attirent vers Théo :

> en France, l'armée nationale est une invention de la révolution, auparavant les armées étaient privées et ça ne fonctionnait pas si mal.

> si le système éducatif est un monopole étatique ou para-étatique, c'est pour des raisons politiques, pas pédagogiques ni sociales.

Il s'agissait tout à fait sciemment d'endoctriner les enfants.

Ca n'est nullement un hasard si après la première guerre mondiale, les instituteurs firent le gros des bataillons pacifistes : ils se s'étaient aperçus, mais un peu tard, que leur enseignement de «hussards noirs de la République» avait préparé les petits veaux pour l'abattoir.

L'endoctrinement continue de plus belle : le multi-culturalisme et le socialisme sont des opinions politiques contestables. Elles sont enseignées par l'EN comme des vérités.

L'argument «l'école est étatisée pour permettre à tous d'y accéder» est bien entendu stupide et hypocrite : il est aisé d'imaginer des systèmes où tous ont accès à l'éducation sans que celle-ci soit délivrée par des organismes étatiques.

Anonyme a dit…

Théo :

Votre comparaison avec l'avion n'est pas pertinente. Il s'agit là de science et de technique, qui progressent constamment.

La façon de s'organiser pour faire la guerre relève de l'anthropologie. L'homme ne change pas fondamentalement au cours des âges.

Il s'agit là de l'une des erreurs les plus classiques de certains libéraux, qui oublient totalement, dans leurs réflexions théoriques, de tenir compte de la nature humaine, des constantes anthropologiques, et des phénomènes sociaux autres qu'économiques.

Ils raisonnent comme si l'homme était une créature virtuelle, mûe uniquement par des calculs économiques rationnels et par le droit. Rien n'est plus éloigné de la réalité. Il suffit de regarder autour de soi pour s'en convaincre.

Pourquoi, il y a quelques mois, une bande de jeunes gens ivres et agressifs a-t-elle tué, en Angleterre, un chauffeur de taxi jeté à terre en sautant sur sa tête à pieds joints ?

Aucun "choix économique rationnel", aucun "contrat" entre "agents économiques libres" ne permet de l'expliquer.

L'homme réel n'est pas celui dont on parle dans les Que Sais-je ? anarcho-capitalistes.

Les armées privées n'existent pas. Il existe des mercenaires, mais ils sont employés par des nations constituées et des états-majors traditionnels.

Vous dites que vous vous placez dans le cas où les citoyens ont le droit de posséder des armes chez eux. Mais c'est le cas aux Etats-Unis et en Suisse. Or, ces deux pays ont bel et bien une armée nationale. Le patriotisme de leurs citoyens est étroitement lié et à leur armée, et à leur droit de porter les armes à domicile.

Vous dites que "vous vous placez dans le cadre de" (de propriétés privées, d'ailleurs, ce qui ne veut rien dire), vous dites que les gens "auraient la possibilité", qu'ils "feraient appel à des agences de sécurité privées", "avec lesquelles ils signeraient des contrats", vous dites que vous ne savez pas si ça marcherait, mais qu'il "faut essayer".

Bref, si ma tante en avait, on l'appellerait (peut-être, à condition que ça se voie, à condition qu'elle survive) mon oncle.

En d'autres termes, vous avez une démarche constructiviste : vous partez de rien, et vous redessinez la société à partir de zéro sur une feuille blanche, en vous reculant de temps à autre pour admirer l'effet produit.

Vous avez une démarche exactement similaire à celle des communistes, à ceci près que votre dessin, lui, est fait avec des crayons de couleur libéraux.

Mais c'est la même absurdité, la même hubris de celui qui s'imagine qu'il peut refaire le monde à lui tout seul grâce à son intelligence, en ignorant des millions d'années d'histoire et d'évolution.

Et encore : les gauchistes nous disent "Un autre monde est possible" (bien qu'ils n'expliquent jamais lequel). Vous, vous n'allez même pas jusque-là. Vous dites : "il faut essayer". Vous n'êtes même pas convaincu vous-même que cela puisse marcher.

Je garde mon armée nationale, merci bien.

Théo2toulouse a dit…

"Les armées privées n'existent pas."

Et pour cause, elles relèvent d'un monopole étatique. L'Etat ne vous autorise pas à créer une armée ou une police pour assurer la sécurité de votre quartier ou de votre région. Croyez-vous que les habitants de Seine St Denis sont contents de voir que rue de Rivoli il y a plus de flics que leur département n'en verra jamais, et qu'on leur dénie en même temps le droit de se défendre contre leurs racailles ?

"Aucun "choix économique rationnel""

A part les débiles profonds, les criminels font aussi des calculs économiques rationnels. Ils raisonnent aussi en termes de coûts et de profit.

Je lisais ce soir un article sur des vols à la portière. Les victimes de ce type de délinquance sont souvent des femmes. Pourquoi ? Parce qu'une femme c'est plus facile à tabasser qu'un homme. En revanche, si l'agresseur sait que dans la boîte à gants, il y un gros flingue et que la dame fait régulièrement du tir dans un club, il y réfléchira à deux fois avant de s'attaquer à elle. Mais il n'est pas exclu que les plus téméraires s'y risqueront quand même.

Anonyme a dit…

Théo :

Les armées privées n'existent pas, cela veut dire : elles n'ont jamais existé. le chef d'une armée est toujours le chef du pouvoir politique. Par définition et par constatation.

Dans vos histoires de délinquance, vous parlez d'auto-défense contre des bandits. Cela n'a rien à voir avec la défense d'une nation, d'un territoire, d'un peuple. Relisez ce que j'ai écrit sur les Etats-Unis et la Suisse.

Quant à votre choix rationnel, il vous rassure sûrement, il vous fournit une grille de compréhension du monde. Mais gazer des millions de Juifs (au hasard) ne procède pas d'un raisonnement où l'on équilibre les coûts et les profits.

Les voyous anglais dont je vous ai parlé, et dont vous omettez commodément le cas (alors qu'il existe à des dizaines de milliers d'exemplaires, à des degrés divers) n'étaient pas en train de voler quoi que ce soit. Ils étaient motivés par la haine pure.

Ils passeront probablement la moitié de leur vie en prison. A votre avis, c'est le fruit d'un calcul rationnel ? C'est un coût "raisonnable", en échange du plaisir d'humilier quelqu'un dont la gueule ne vous revient pas ? Bien sûr que non.

Le mal, la haine irréductible, déconnectée de toute raison, cela existe, vous savez. C'est difficile à accepter, mais c'est une constante de l'humanité. C'en est même un des moteurs.

fboizard a dit…

A la question : comment savoir qu'une loi est injuste et qu'il faut lui désobéir ?

> individuellement, on ne peut que s'en rapporter à sa conscience. Mais il faut en assumer les conséquences. Les connards gauchistes genre Bové qui font volontairement des choses illégales et qui ensuite gueulent d'être condamnés se ridiculisent (mais ça ne tue pas).

> collectivement, il n'y a qu'un moyen de limiter ce genre de situation : que la loi soit simple, claire, s'en tienne à des grands principes et qu'elle soit toujours la plus limitée possible. Et qu'on ne la change pas tous les quatre matins au gré des changements de majorité.

Ca s'appelle le libéralisme.

Anonyme a dit…

J'ajoute une chose : si, par armée privée, on entend du mercenariat, alors il faut bien payer ces gens-là, et plutôt plus cher que si c'étaient des soldats motivés par l'amour de leur patrie, la loyauté envers leur seigneur, la défense de leur village, de leur province, de leur famille, de leurs églises, de leur religion, etc.

Il faut bien financer leur armement, leur nourriture, leur habillement, leurs déplacements.

Donc, il faut toujours lever un impôt pour financer cette armée, ce qui était le point de départ de notre discussion.

La seule façon d'y échapper consiste à autoriser cette armée privée à se payer sur la bête : ce qui consiste à violer les femmes et à piller les biens de l'ennemi (voire à capturer les vaincus comme esclaves).

Je doute que cela flatte l'image de gentils garçons propres sur eux que veulent se donner tant de libéraux français, à en juger par les mines dégoûtées qu'ils font lorsqu'on les alerte sur les dangers de l'immigration.

Meunniez-Tudor a dit…

Pour que l'Etat s'acquitte de ses tâches principales, telles que la défense, la police et la justice, 10 % sont plus que suffisants. Pour le reste, j'ai comme un pressentiment, confirmé par des exemples existants, que le privé (accompagné du communal) est nettement plus efficace et moins cher. De plus, ce qui est tout aussi important, le fait de côtiser de façon ciblée et libre implique personnellement le "payeur-usager" et lui donne des possibilités de contrôle de qualité.
Si le citoyen n'a pas la possibilité de changer le système fiscal par voie électorale (n'oublions pas qu'à l'origine de toute démocratie était le droit de décider des impôts), la fuite fiscale devient légitime. Seulement, il faudrait peut-être aussi renoncer aux éventuelles prestations, n'est-ce pas ? Ce serait un minimum d'integrité.
Ceci dit, pour ce qui est d'armées et de polices/milices privées, l'histoire en a connu un tas et tous les exemples montrent clairement qu'elles finissaient (voire commençaient) toujours par prélever leurs propres impôts ou contributions. Finalement, la mafia maintient aussi l'ordre sur son territoire et elle est même assez efficace - à sa manière, bien sûr. Est-ce moins cher que l'armée et la police de l'Etat ? Je ne sais pas, il faudrait peut-être demander à ceux qui payent l'impôt mafieux ...