dimanche, octobre 10, 2010

La mère célibataire, étalon de la morale contemporaine

Naïf que je suis, j'avais été choqué que les trois-quarts des sondés disent ne rien trouver à redire de ses femmes qui «font des bébés toutes seules» (1), alors qu'à mes yeux, c'est un acte gravement irresponsable et, à ce titre, condamnable.

Mais j'en viens à penser que, notre société traitant la paternité comme l'ennemi ultime (2), il est logique que ces femmes refusant la paternité deviennent des exemples à suivre et les héroïnes de cette morale folle.

Détaillons :

> la mère célibataire, c'est le primat de l'égoïsme le plus nu : je fais un bébé pour moi.

> c'est aussi le règne du désir sans retenue : j'ai envie d'un bébé et nulle considération ne saurait me restreindre.

> c'est le rejet du père, donc de la règle.

> c'est l'irresponsabilité la plus assumée. Après moi le déluge. Les enfants qui n'arrivent pas à devenir adultes, faute de père, on s'en fout.

> c'est en permanence la fusion maternaliste, la victoire définitive du sentiment sur la raison, de l'immédiateté sur la durée.

> c'est la sacralisation très rousseauiste de l'enfant : l'enfant naît bon et est corrompu par la société. Alors on obéit à ses moindres caprices, à ses moindres désirs comme on obéirait à un prophète. On éprouve des remords les rares fois où on lui dit non et on s'explique pendant des heures au maître pour se justifier et se faire pardonner d'avoir osé le contrarier. Mais on dénie à l'enfant-roi un droit élémentaire : celui d'avoir un père et d'être éduqué à faire face aux épreuves de la vie.

> c'est le refus de l'homme, donc de l'autre irréconciliablement différent, et, en même temps, de la compromission, de la négociation, de l'adaptation. On voit là le lien entre mère célibataire et exaltation récurrente de l'homosexualité. Dans ce refus de la virilité, on trouve le refus de la prédation masculine et le remplacement de la violence franche et ouverte par une violence faite d'étouffements. Plus de Don Juan, plus de Casanova, nous devrions tous devenir de gentils Saint-Preux, allant s'humilier, pour se faire pardonner d'être allé au bordel, devant la Julie qui le fait lanterner depuis des lustres.

En traçant le portrait des mères célibataires, j'ai tracé le tableau des vices de notre société. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que l'ennemi de notre société soit l'antithèse de la mère célibataire : le père polygame, tyran absolu ayant tout pouvoir sur sa famille.

Or, dois-je rappeler que notre tradition, qui nous a valu quelques bonheurs, n'est dans aucun de ces deux excès ? Depuis, au moins, l'amour courtois, les relations entre sexes y sont faits d'un subtil équilibre où l'homme détient le pouvoir institutionnel et légal et la femme détient le pouvoir psychologique (3), puisque c'est la femme qui décide, ou non, d'apposer son sceau sur la virilité de l'homme. Que seraient Tristan sans Iseut et Romeo sans Juliette ? Mais on n'imagine pas non plus Pénélope faisant Télémaque «toute seule».

La solution est économique : il doit devenir non pas difficile mais impossible à une femme seule d'entretenir une famille et à un père polygame de faire vivre plusieurs familles. Cela passe par la suppression de toutes les aides à la con aux effets nocifs. Je ne désespère pas que la faillite prochaine de l'Etat-mamma provoque de saines remises à plat.

**************
(1) : expression mensongère, bien entendu.

(2) : voyez à quel point «paternalisme» est devenu infamant.

(3) : cet équilibre est à l'évidence trop fin pour nos grossiers féministes qui continue à traiter la société occidentale traditionnelle de patriarcal, ce qu'elle n'est pas.

20 commentaires:

Anonyme a dit…

Simple et brillant!

Cette explosion familiale avec l'approbation de tous est un problème majeure de notre société. La blogosphère en fait pas mal sur l'immigration, qui est un autre problème majeur.
Mais ici on fait très peu d'enfants, et on ne fait rien pour qu'ils grandissent dans de bonnes conditions.

Elevé par des femmes, j'ai dû "faire table rase de toutes les erreurs enseignées depuis l'enfance." (Descartes)

M. Nice Guy

Robert Marchenoir a dit…

Il faut quand même tenir compte du fait que pas mal de mères célibataires le sont suite au départ du père. Ce n'est pas comme si cela avait été une situation voulue dès le épart.

fboizard a dit…

Certes, mais qu'est-ce qui délie les hommes de leurs antiques devoirs si ce n'est cette manière d'envisager la famille de telle sorte que "faire un bébé toute seule" n'est pas grave ?

Si ce n'est pas dramatique de faire des enfants seule, comment pourrait-on expliquer à un homme que c'est dramatique d'abandonner ses enfants ?

On a voulu détruire la famille traditionnelle, prétendument odieusement patriarcale, au prétexte de délivrer les femmes d'une oppression en réalité inexistante. On n'a fait que rendre moralement tolérable leur abandon.

D'une situation de devoirs mutuels, on est passé à un état d'esprit où plus rien n'engage. Et les femmes en sont les victimes.

Ah, vraiment, superbe victoire de nos belles âmes ?

François a dit…

J'étais hier soir à un dîner où une jeune femme superbe et brillante musicienne professionnelle a raconté qu'elle assigne en justice le père de sa fille pour qu'il la prenne plus souvent en garde et à date fixe.

Cette femme (qui a déjà avorté) a fait un bébé avec cet homme a son insu, il l'a reconnu de plus ou moins bonne grâce et elle nous expliquait qu'elle a besoin de plannings fixes pour pouvoir réserver ses vacances à l'avance et pour moins cher.

Atterrant.

Anonyme a dit…

Quel interet du père si celui ci est le frère ainé ou le copain ? La peur d'exercer une autorité qui risque de se faire detester, caractérise nos nouveaux papas poules , mères bis. Un tel père ou rien, n'est ce pas la même chose?

fboizard a dit…

Pourquoi pas ? Mais que cette dame soit cohérente, qu'elle assume ses devoirs comme elle demande au père de son enfant de le faire : qu'elle vive avec.

Elle ne veut pas ? Elle n'avait qu'à ne pas lui faire un enfant dans le dos.

Bruno a dit…

Le problème soulevé dans ce post est très intéressant du point de vue philosophie politique (ce n'était peut-être pas l'intention, mais tant qu'à y être...)

Comment concilier la philosophie libérale (liberté et propriété) avec le problème du droit des enfants ? (qui par principe ne peuvent jouir pleinement des droits fondamentaux concédés aux adultes).

A quel encadrement d'adulte un enfant a t-il "droit", et qui doit le lui fournir ? Et une fois ce droit défini, peut-on l'imposer par la force publique, et jusqu'à quel point ?

Je suis entièrement d'accord qu'un enfant doit avoir - idéalement - un père et une mère qui assument leurs responsabilités.

Mais comment la loi et la politique doivent-ils appréhender cette question, compte tenu de l'extraordinaire variété et complexité des situations réelles ?

François a dit…

L'intérêt de mon affaire c'est que habituellement les hommes réclament leur enfant accaparés par les mères qui ont la garde. En l'espèce la mère veut obliger le père à aimer et s'occuper de son enfant...
Décidément dès que le couple et la famille sont désunis, aucune loi civile ne fonctionne...

Obsédé Textuel a dit…

"la mère célibataire, c'est le primat de l'égoïsme le plus nu "

Cette idéalisation de la mère célibataire, cette femme utilitaire sans homme attitré aux rejetons sans racines et sans amour vrai.
Cet être marginalisé, fragilisé; femelle flattée encouragée dans cette voie, femme de personne et de tous à la fois qui pouvait être prise par le premier venu selon son bon plaisir, mais....
On a déjà vu çà !
Tiens, mais où çà ?

- Dans l'Allemagne nazie bien sûr !
C'était le temps où le socialisme extrème dominait.

fboizard a dit…

Bruno,

Vous vous posez des questions où il n'y a pas vraiment lieu : le code civil, avant les «damnables nouvelletés» dont le PACS est le couronnement (avant l'apothéose que sera le «mariage» homosexuel) organisait toutes ces choses de manière cohérente.

C'est sous l'effet de l'imbécilité pour les uns, d'une volonté consciente pour les autres, que la famille a été détruite.

fboizard a dit…

OT,

je prendrais l'analogie dans l'autre sens : la chair à canon nazie, c'était des enfants sans père.

Robert Marchenoir a dit…

[HS] Franck : Stehli est quand même rédacteur en chef du Figaro Magazine ! Ca troue, non ?

Rédacteur en chef du supplément le plus prestigieux du plus ancien quotidien de France, et ça a un niveau intellectuel d'adolescent avec un Skyblog ! Et un degré d'honnêteté proche de celui d'un tireur de portefeuille...

Vertigineux.

fboizard a dit…

Je n'ai pas une haute idée des journalistes, mais là, je suis tout de même atterré. Ca n'est pas notre désaccord qui me dérange, c'est que ces propos sont cons. Dans ces cas-là, je pense à notre professeur d'histoire de seconde qui nous passait une soufflante chaque fois que notre raisonnement était faible. : M. Stehli a le niveau d'un mauvais niveau d'un élève de seconde des années 80 (c'est-à-dire celui d'un thésard des années 2000 !).

ELB a dit…

Monsieur BOIZARD, avez-vous déjà fondé une famille avec des enfants ingrats qui hurlent, chient et cassent tout ?

Avec une femme aigrie qui vous reproche silencieusement de ne pas être à la hauteur, de ne plus la faire rêver et de ne pas assez vous occuper des tâches quotidiennes ?

Les repas, les machines, les courses, etc...qui accaparent tout ce temps libre durant lequel vous rêviez de vous reposer.

Certainement pas, et tant mieux pour vous.
D'autre ont osé le faire. A leur manière, peu importe

Cela vous laisse tout loisir pour imaginer un monde totalitaire où vous pourriez imposer à tous, sans respecter les aspirations de chacun, des idées de bisounours passéistes.

Adaptez-vous à votre époque, c'est un signe d'intelligence.

fboizard a dit…

ELB,

Vous êtes libre de ne pas penser comme moi. Cependant, trois points méritent clarification :

> il me semble que vous n'avez pas bien compris, ou que vous passez au second rang, le fait que les premières victimes des «nouvelles moeurs» que je dénonce sont les enfants, suivis de près par les femmes abandonnées. Car, comme je l'écris dans un précédent commentaire, si ça n'est pas ni grave ni condamnable de «faire un enfant toute seule», il découle logiquement que ce n'est ni grave ni condmanble pour un homme d'abandonner une femme avec son enfant.

> ma vision n'est en rien «bisounours» : la vie en couple a ses duretés comme la vie seule. Il ne s'agit de choisir entre deux bonheurs, mais de choisir entre deux emmerdes. NB : «passéiste» est plutôt un compliment à mes yeux, compte-tenu de ce qu'est le présent et de ce que fut notre passé.

> je ne comprends pas votre qualification de «totalitaire». Qu'y a-t-il de «totalitaire» à souhaiter le retour à des usages des années 50 ? Ou alors, il faut considérer que toute règle est «totalitaire», mais, dans ce cas, c'est parfaitement idiot, ça ne dépasse pas le niveau de l'adolescent anarchiste ou du bobo pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Permettez moi de penser qu'il s'agit juste d'un lapsus calami de votre part.

Enfin, j'ajoute une précision à mon texte initial qui n'est peut-être pas clair : le bonheur individuel m'importe certes, mais je me place surtout du point de vue de la société et des moeurs qui lui permettent de fonctionner harmonieusement. Il ne me semble pas que la multiplication des adolescents attardés, narcissiques et sauvageons (conséquence directe du maternalisme dont les mères célibataires sont la manifestation la plus extrême) participe à cette harmonie.

fboizard a dit…

J'ai oublié :

«Adaptez-vous à votre époque, c'est un signe d'intelligence.»

Je suis en désaccord radical : c'est un signe de panurgisme.

Théo2toulouse a dit…

"Adaptez-vous à votre époque, c'est un signe d'intelligence."

Ne pas avoir défendu dans les années 70 la pédophilie comme la plupart des hyènes dactylographes de la rive gauche aurait-il été un signe de bêtise affligeante ?

fboizard a dit…

Être de son temps ... Klaus Barbie en parlait justement à Jean Moulin en 1943 ... (les allusions aux HLPSDNH sont les seules que comprennent les couillons gauchistes.

Être dans le vent, une ambition de feuille morte.

Obsédé Textuel a dit…

"Être dans le vent, une ambition de feuille morte"

C'est très bon !
Franck est dans une forme éblouissante.

Alski a dit…

Bonne analyse.

Est ce qu'un polygamme qui assume son role d'homme aupres de plusieurs femmes ne serait pas l'équivalent oriental de nos machos latins qui apportaient sécurité à la fois a leur femmes mais aussi a leurs soeurs et meres? (Je le mets au passé car nos machos ont désormais disparus au profits des tapettes...)

Et aussi cette tendance à exploser les couples n'apporterait elle pas des clients en plus au marché. (Un couple séparé c'est deux frigos, deux voitures, deux télés...)

"Être dans le vent, une ambition de feuille morte"

Ou ai je déjà lu cette expression franck?