samedi, novembre 20, 2010

Pourquoi les socialistes sont-ils si socialistes ?

PS, à gauche toute !

Résumé de Valeurs Actuelles du programme socialiste :

Hausse massive des impôts et des taxes, médecins payés au forfait, loyers encadrés, suppression des notes à l’école, éducation sexuelle au CP, discrimination positive…

Un tel programme ne peut qu'étonner les gens de bon sens : le socialisme échoue partout et toujours, fait des ravages partout où il passe, notamment en France : chômage de masse (1), communautarisme, insécurité (2), mal-éducation ... Il est de plus immoral (j'y tiens) et infantilisant.

Alors pourquoi y-a-t-il encore des socialistes, et plus socialistes que jamais ?

Parce que tout le monde n'est pas intelligent, ni réaliste, ni patriote.

> la droite a commis la faute impardonnable de laisser depuis quarante ans la culture et l'instruction à la gauche. Le socialisme, ardemment transmis par l'éducation nazionale (3), dont c'est la seule réussite, imprègne les chères têtes blondes. Bien sûr, certains arrivent à s'en sortir, mais faites un test autour de vous : ne parlez ni de socialisme, ni de libéralisme, présentez quelques situations de la vie quotidienne, conflictuelles ou non, richesse, pauvreté, chômage, travail, etc. il est remarquable de constater le nombre de gens qui considéreront que c'est à l'Etat de «faire quelque chose».

> plus de la moitié des Français reçoivent plus de la moitié de leurs revenus de la collectivité. Ceux-là, même si ils voyaient le socialisme comme la doctrine la plus néfaste jamais émise (ce que, pour la plupart, ils ne font pas), auraient un intérêt à court terme à voter socialiste. Et ils ne sont pas assez patriotes pour se détacher de leurs intérêts et penser au pays.

Bref, la politique est l'art du louvoyage entre le fait accompli, les intérêts bien compris et le souhaitable pour l'avenir.

Sur le terrain du fait accompli et des intérêts bien compris, le socialisme est largement en tête. Une idée fausse et objectivement néfaste peut survivre très longtemps si elle sert des intérêts et que de nombreux imbéciles y croient.

Cela suffit à expliquer qu'il y ait tant de socialistes et si socialistes. Le monde est mal fait.

**************
(1) : il y a une corrélation remarquable entre d'une part, la hausse des dépenses publiques et, d'autre part, la baisse de la croissance et la hausse du chômage avec juste ce léger décalage temporel qui suggère un lien de causalité entre la première et les secondes.

(2) : les socialistes soutiennent tout de même que l'insécurité est créée par la police !

(3) : un mien collègue pestait récemment contre un cours d'économie de seconde sur le «développement durable» (vocabulaire déjà en soi socialiste) qui ne tournait qu'autour du rôle de l'Etat.

16 commentaires:

daredevil2007 a dit…

Bonjour Franck,

Cette "corrélation remarquable" est remarquablement mise en lumière par C. Gave dans son dernier ouvrage.
Quant au pourquoi de ce virage à gauche, si j'osais, je dirais qu'il s'agit en quelque sorte d'un retour aux sources de leur pensée magique - qui peut paraître nécessaire après la fin de leurs illusions en 1989... sans oublier le simple besoin de "croire" de nombreux humains - on adore les idoles que l'on peut, n'est-ce pas?

Théo2toulouse a dit…

Comme tous nos dirigeants sont socialistes, honteux à droite, assumés à gauche, n'en déplaise à ceux qui croient encore que Sarko est libéral, le PS engage la course à la pureté socialiste de son programme pour se démarquer de ses adversaires, notamment sur son extrême gauche.

Une fois au pouvoir, on sait ce que l'application de la pureté du programme a donné dans l'Histoire : la destruction systématique des sociétés qui l'ont subie.

Si le martinaubrisme arrive au pouvoir en 2012, la France ressemblera au Vénézuéla.

Anonyme a dit…

"La France ressemblera au Venezuela"...l'islam en plus.
rocardo

fboizard a dit…

La capacité des êtres humains à toujours répéter les mêmes erreurs est stupéfiante.

Anonyme a dit…

Le programme socialiste me fait penser à cette citation de R. Mae Brown sur la folie : "La folie c'est de se comporter toujours de la même manière et de s'attendre à un résultat différent".

Pedro

Epicier vénéneux a dit…

La force de l'Etat a également été de réussir à mystifier tout le monde, à faire croire que sans lui, point de salut... et de verrouiller le système.

Car, tout comme on ne peut admettre que son voisin soit libéral, riche et efficace dans un système communiste - ce qui implique de devoir imposer à chacun le communisme par la force, on ne peut par exemple pas admettre non plus que son voisin s'assure pour la santé et la retraite auprès d'une entité privée remboursant mieux les soins et garantissant un meilleur taux de pension pour moins (voire beaucoup moins pour ce qui concerne la santé) de cotisations.

Franck, si un jour cela vous dit, je vous propose une collaboration autour d'une série d'articles exactement sur ce que vous dénoncez dans ce billet: en effet, la pharmacie (qu'elle soit industrielle, hospitalière ou d'officine) est coincée entre exercice libéral, État, Sécurité sociale (j'insiste sur la différence entre ces deux acteurs), mutuelles, assurances privées et grand public.

Tout ce que vous dénoncez à longueur d'année(s) - conflits d'intérêt, inefficacité, irresponsabilité et méconnaissance crasse de l'ultra-base de l'économie par les assurés sociaux, règles arbitraires engendrant un gaspillage monstrueux, etc., tout se concentre là. Le royaume du Dogme. Le rouleau compresseur du Pacte Social associé à l'absence de sens critique des gens, entre croyances magiques, a priori et paresse intellectuelle.

Il me semble que la Médecine et la Justice fonctionnent (si j'ose dire) de la même façon.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, une anecdote.

Epicier vénéneux a dit…

Il faut que vous sachiez qu'aujourd'hui, Sylvie est revenue.

Sylvie est une cliente un peu particulière de la pharmacie car :
1) elle n'est pas malade ;
2) elle ne consulte que des spécialistes ;
3) lesquels spécialistes ne lui prescrivent rien d'utile puisque 1) ;
4) elle profite d'avoir un médecin sous la main pour lui faire prescrire des médicaments courants et se les faire rembourser ;
5) elle a "travaillé toute sa vie, elle" et estime donc que les professionnels de santé qui croisent sa route seraient bien inspirés de ramper à ses pieds en regardant le sol.

Sylvie n'est pas venue les mains vides, ah ça non : elle m'a présenté une ordonnance du Dr Couyemaule, cardiologue écœurant, qui n'a pas eu le courage de décevoir Sylvie en ne lui prescrivant rien à la fin d'une inutile consultation. L'ordonnance demandait la délivrance d'une boîte de Doliprane 500, 2 à 3 par jour si douleurs.

L'envie de lui balancer son ordonnance en travers de la face et d'appeler Couyemaule pour l'insulter copieusement étant passée, je me décidais à faire le petit calcul ci-dessous : en admettant que
a) le Dr Couyemaule est en secteur 1,
b) la valeur faciale d'une boîte de Doliprane 500 est de 1,74€ et
c) Sylvie a une mutuelle quelconque qu'elle paye entre 80 et 100 € par mois, voici combien a réellement coûté cette boîte de Doliprane 500 :

prix d'une consultation chez un spécialiste en secteur 1 : 25€, remboursée 16,50€ par la Sécu

participation forfaitaire du patient pour une consultation : 1€

prix d'une boîte de Doliprane 500 : 1,74€, remboursée à 65%, donc 1,13€ remboursés par la Sécu

participation forfaitaire du patient pour une boîte de médicaments : 0,50€

prix de 3 jours de couverture par une mutuelle (temps qu'il faudra à Sylvie pour venir à bout de sa boîte de Doliprane) : entre 8 et 10€

total des dépenses : 25 + 1,74 + 10 = 36,74 €

La Sécu paye : 16,50 + 1,13 = 17,63 €, soit l'équivalent de 10,1 boîtes de Doliprane 500

La mutuelle paye : (25 - 16,50 - 1) + (1,74 x 0,35 - 0,50) = 7,61€, soit l'équivalent de 4,3 boîtes de Doliprane 500

Sylvie paye : 1 + 0,50 + 10 = 11,50€, soit l'équivalent de 6,7 boîtes de Doliprane 500

En résumé et sous vos yeux ébahis par tant d'efficacité à la française :
- Sylvie a eu 1 boîte pour le prix de 21,1 boîtes
- elle a directement payé de sa poche le prix de 7 boîtes
- la boîte qu'on lui a délivré aura coûté 10,1 fois son prix aux contribuables et 4,3 fois son prix aux cotisants de sa mutuelle
- comme elle n'est pas malade et qu'elle n'a pas mal non plus, Sylvie nous ramènera dans quelques mois sa boîte de Doliprane intacte et on la jettera négligemment dans un carton Cyclamed.

Le clou du spectacle ? Sylvie m'a pourri quand je lui ai annoncé que la Sécu reconduisait le forfait de 0,50€ par boîte en 2009, avant de tout mettre sur le dos de Sarkozy.

Voyez-vous le parallèle se dessiner (pour les anglicismes, vous étiez prévenus !) ? Sylvie hurle sa haine d'une Sécu de plus en plus stricte parce qu'au bord de la banqueroute à cause des autres Sylvie en gaspillant les ressources de la collectivité en consultations et médicaments inutiles, avec l'aide du Dr Couyemaule dont les revenus dépendent de la Sécu et qui a donc intérêt lui-même à tirer sur la ficelle.


Et des comme ça, j'en ai des dizaines.

Curmudgeon a dit…

Epicier Vénéneux : Voilà le genre de données précises devant lesquelles renâclent beaucoup de journalistes ("Pas de chiffres, Coco, ça emmerde les lecteurs"). Mais si on veut comprendre le fonctionnement de certains systèmes, rien de tel qu'un peu d'arithmétique. Comprendre ce qui se passe en analysant une situation se dit souvent en anglais : "put two and two together". Même Sylvie va comprendre. Sauf si elle est très malade de la tête.

Anonyme a dit…

@ Epicier Vénéneux

En fait si l'on suit votre raisonnement, là où le bât blesse c'est le comportement de ce cher Dr Couyemaule qui donne une ordonnance inutile et coûteuse à Sylvie (qui est donc incitée à revenir le voir une prochaine fois).
Et vous dites :
"avec l'aide du Dr Couyemaule dont les revenus dépendent de la Sécu et qui a donc intérêt lui-même à tirer sur la ficelle."

Dans quel système de santé un Dr Couyemaule n'aurait pas intérêt à satisfaire son patient/client ? Si ses revenus étaient indépendants de la sécu à quel point pourrait-il éviter cette hypocrisie de prescrire un médicament juste pour satisfaire un patient et non seulement pour le soigner ? En quoi un système de financement privé serait-il plus efficace sur ce point ?

Et qu'est-ce qui coûte si cher à la sécu : tous ces médicaments prescrits inutilement ou simplement le mode de remboursement (c'est à dire que si on supprimait toutes ces boîtes de Doliprane inutiles la sécu s'y retrouverait-elle ?) ?

Cordialement,

Pedro

Epicier vénéneux a dit…

Pedro,

Le bât blesse à deux endroits:
- le plus grave: les assurés sociaux sont persuadés que les médicaments et les consultations médicales sont gratuits;
- le plus mesquin et pourtant le plus logique: si la consultation était à 150€ au lieu de 25€, remboursées 100€ au lieu de 16,50€, les patients ne les multiplieraient pas (il resterait 50€ à leur charge) et les médecins ne seraient pas obligés de faire de l'abattage et du clientélisme. Dans cette configuration, les revenus du médecin dépendent toujours de la Sécu mais le facteur limitant est la solvabilité du patient.

En fait, pendant des décennies les politiques de santé menées avaient comme priorité l'accès aux soins pour tous, et non leur qualité ou la maîtrise de leur coût. Logiquement, tout un chacun peut aller tous les jours chez le médecin sans que ce coût ne soit insupportable pour lui, sans que ça enrichisse vraiment le médecin, sans que ces consultations soient utiles et sans que ce soit rentable pour la Sécu (marrez-vous, c'est avec vos charges patronales et salariales qu'ils financent ça).

Depuis peu, disons une dizaine d'années, les politiques de santé sont menées selon un nouvel axe: diminution des coûts sans modifier l'accessibilité aux soins: médicaments génériques (avec la totalement anonyme politique de tiers-payant contre générique: normalement, les patients refusant le générique d'un médicament se voit refuser le tiers-payant et devra se faire rembourser à l'ancienne, avec une feuille de maladie. Pour info, la Sécu plaisante de moins en moins à ce sujet, et les pharmaciens commencent à avoir du mal à se faire payer, que ce soit par la Sécu ou par les patients) franchises médicales, déremboursements, diminution des taux de remboursement (vignettes jaunes), etc. de sorte que l'accès aux soins est toujours aussi facile mais il est plus cher pour le patient (qui ne s'en rend pas forcément compte, puisque ce sont les mutuelles qui payent l'addition - ou pas, d'ailleurs, puisqu'elles augmentent régulièrement leurs cotisations).

L'idéal serait de libéraliser le prix des consultations médicales, de sorte que les gens aillent chez le médecin pour des raisons valables (exclure par exemple rhumes, allergies chroniques, bobologie, renouvellement d'ordonnances chroniques, etc) et d'aller directement chez le pharmacien pour un conseil totalement équivalent à celui d'un généraliste dans les cas sus-cités, avec délivrance de médicaments non pris en charge par la Sécu ni les mutuelles mais pour moins cher que la franchise sur les consultations médicales.
Ca permettrait deux économies pour la Sécu: une consultation onéreuse et inutile qui saute et les médicaments non remboursés. Economie également pour le patient puisque déjà aujourd'hui, traiter un rhume en allant voir son pharmacien pour des médicaments non remboursés coûte bien moins cher du fait des franchises et des taux de remboursement en baisse que d'aller chez le médecin se faire prescrire la même chose, en version remboursée.

Tout le monde y gagne!

Par contre, les idéologues diront que les pauvres auront moins facilement accès aux médecins... ce dont on se fout dans les cas peu graves évoqués ci-dessus et qui représentent la majorité des cas.

Epicier vénéneux a dit…

Pedro, vous dites: Et qu'est-ce qui coûte si cher à la sécu : tous ces médicaments prescrits inutilement ou simplement le mode de remboursement (c'est à dire que si on supprimait toutes ces boîtes de Doliprane inutiles la sécu s'y retrouverait-elle ?) ?

Ce qui coule réellement la Sécu, c'est l'hôpital. Que les choses soient claires. Un cabinet médical qui coule ou une pharmacie qui met la clef sous la porte parce qu'on diminue drastiquement leurs revenus, ça fait des chômeurs. Tout le monde s'en fout, "cé dé nanti" (qui perdent tout au passage, hein, professions libérales obligent).

Mais touchez voir un peu le budget d'un service dans un hôpital... c'est la révolution. Comme la Sécu, l'hôpital DOIT être entièrement réformé ou DOIT couler. C'est une nécessité.
Jeune interne en pharmacie, j'ai bossé dans deux services dans un hôpital marseillais. C'est toujours le même schéma... le chef de service, ses assistants les plus proches (ceux qui sont susceptibles de reprendre le service un jour!), les internes en médecine, les meilleurs infirmiers, les meilleurs aides-soignants font un boulot du tonnerre, en quantité et en qualité.

Le reste du service boit des cafés. Dont moi, à l'époque. Je vous le dis, vos impôts financent les heures de présence à l'hôpital des internes en cinquième année de pharmacie (et ils sont quelques milliers par an). Il n'y a que deux services dans un hôpital où des étudiants en pharmacie sont utiles (et utilisés!): la pharmacie de l'hôpital et le laboratoire d'analyses. Dans tous les autres services, pendant 6 à 9 mois, un (ou plusieurs!) interne en pharmacie glande ou est utilisé à des tâches subalternes n'ayant rien à voir ni avec ses études ni avec son avenir professionnel.
Tout ça laisse beaucoup de temps pour se rendre compte que 40 à 50% du personnel fait tourner un service entier.

Maintenant, pour vous répondre plus spécifiquement: la Sécu s'y retrouverait si les médecins rédigeaient moins d'ordonnances, si sur ces ordonnances ils prescrivaient des médicaments non remboursés tout aussi efficaces et peu onéreux en valeur faciale que les remboursés, et/ou si on supprimait le tiers-payant pour les ordonnances de "bobologie".

Cette sensation de gratuité et même pire, ce sentiment que tout est dû aux assurés sociaux nuit gravement à la Sécu et aux professionnels de santé.

François Delpla a dit…

Il a fallu un socialiste au pouvoir pour que les salariés aient des vacances, la droite vent debout hurlant à la paresse, et à l'invasion des plages par les "salopards", alors qu'elles duraient... deux semaines.

Cela serait-il la seule bonne action du PS, elle suffirait à donner une raison pas trop irrationnelle de voter pour lui, non ?

Epicier vénéneux a dit…

Cela serait-il la seule bonne action du PS, elle suffirait à donner une raison pas trop irrationnelle de voter pour lui, non ?

Bravo M. Delpla! en effet, je vois mal un salarié vous répondre que non, les semaines de congés payés sont une hérésie, que leur nombre hallucinant, cumulé aux RTT, sont un luxe superfétatoire et qu'il serait logique, tout comme l'allongement de la durée de cotisation, de réduire ces congés - ne serait-ce que revenir à 40h hebdomadaires.

Vous maniez bien la psychologie; ça vous dirait de vendre des canapés chez But?

François Delpla a dit…

oh, c'était juste pour rappeler que, d'après un certain Karl Marx "la France est le pays où les luttes de classes sont menées à fond", et qu'il en reste quelque chose... des deux côtés, n'est-ce pas, Franck ?

Epicier vénéneux a dit…

Seriez-vous en train de légitimer l'anti-gauchisme primaire par l'existence de fait d'un gauchisme primaire ?

Obsédé Textuel a dit…

Il y aurait une autre solution.
Que les médecins distribuent les médicaments.....comme les vétérinaires !