vendredi, décembre 31, 2010

Le citoyen, maitre en son chateau

Il y a une nouvelle affaire d'autodéfense : un truffier a tué son voleur. Peut-être s'agit-il d'un guet-apens. Bien entendu, il a été mis en prison.

A propos de ces affaires, j'ai une position simple : chacune est libre de défendre sa propriété de l'intrusion et la défense n'a pas à être proportionnée à l'attaque. Un voleur a un moyen simple de ne pas risquer de se faire tuer par un propriétaire énervé : ne pas voler.

Le monopole de la violence que s'arroge l'Etat en ces circonstances («Ne vous défendez pas. Appelez la police.» Comme si on pouvait compter dessus !) est tout à fait illégitime et injustifié, voire criminophile.

C'est le fait de citoyens adultes et responsables, en un mot, d'hommes, que de défendre leur propriété, c'est-à-dire leur sanctuaire. C'est d'ailleurs bien ce qui choque l'Etat et ce qu'il craint : que les citoyens se comportent comme des hommes et non comme des enfants.

D'où une loi sur la détention d'armes très restrictive qui revient dans les faits à limiter cette détention aux seuls «adultes» : les gendarmes et les voleurs.

Je l'avais déjà exprimé à l'occasion de l'affaire Galinier.

Pauvres de nous.

14 commentaires:

bruno a dit…

Je comprends votre point de vue, mais il y a quand même un limite, qui est... la possibilité de l'erreur judiciaire et de la fraude (finalement une forme de "coût de transaction").

Votre position reviendrait dans les faits à vous donner droit de vie et de mort sur quiconque se trouverait sur votre propriété en l'absence de témoins. Vous pourriez alors assassiner qui vous voudriez sous le prétexte qu'il s'est introduit chez vous pour vous voler... et personne ne pourrait vérifier ce qu'il en était réellement.

Imaginez un peu comme cela pourrait faciliter la tâche des assassins : j'enlève quelqu'un, je l'emmène chez moi, je le tue, je lui mets une arme entre les mains, et le tour est joué. Même pas besoin d'effraction, il suffit qu'il se trouve sur votre terrain...

C'est à mon sens pour le même genre de raison que la peine de mort ne doit pas être permise : en cas d'erreur ou de manipulation, il n'y a aucun moyen de revenir en arrière...

Phoebastria a dit…

Certes, je suis du côté de ce vieux monsieur qui a été mis et prolongé abusivement en prison après avoir tiré sur des cambrioleuses.

Cela dit, je suis absolument pour le monopole d'Etat de la violence, qui est le seul légitime ! Les Français ne veulent pas de cette version bushiste du cow-boy à la gachette facile que vous nous proposez.

Je trouve, à propos de monopole d'Etat de la violence, que quelque chose était bon du temps des Rois. Les bandits financiers apatrides mondiaux sont des faux-monnayeurs qui prêtent aux Etats leur fausse monnaie en exigeant de vrais intérêts. En ces temps-là, ils auraient été mis au fer, soumis au brodequin et à la question, exposés en place de grève et roués vifs.

Bonne année, M. Boizard.

Théo2toulouse a dit…

"je suis absolument pour le monopole d'Etat de la violence"

On sait comment la société civile finit quand ses membres sont désarmés : dans les camps et les génocides. Le petit caporal se vantait d'avoir désarmé les Allemands. On connaît la suite.

Ensuite d'accord avec Bruno. Je suis pour la possession d'armes pour défendre sa propriété. Mais à charge d'assumer ses responsabilités en cas d'erreur.

fboizard a dit…

Phoebastria, pourquoi faut-il que vous vous laissiez aller aux caricatures ?

Savez vous que les réservistes suisses gardent leur arme chez eux ?

Vous avez une idée de vos concitoyens qui ressemble fort à celle des socialistes : des enfants.

Savez qu'en 1900, la ville de Bordeaux comptait 30 000 tireurs inscrits, cette ville était-elle davantage à feu et et à sang qu'aujourd'hui que les tireurs ne sont plus que quelques centaines ?

Par définition, seuls les honnêtes gens respectent la législation sur les armes. Le seul effet d'une législation trop dure est donc de les désarmer face aux malfaiteurs.

Cette absurdité illustre le penchant criminophile de nos institutions actuelles : elle se méfie plus du citoyen honnête que du «socialement proche». Et vous venez nous raconter que l'Etat est le garant de la société ? Ouvrez donc les yeux.

Le plus comique, c'est qu'il est arrivé à l'armée française, du temps de la guerre froide, de regretter ce désarmement des honnêtes gens, qui rendait très difficile une éventuelle guérilla contre l'armée rouge.

René a dit…

Salut Franck,

Dans un premier temps, j'ai résolu de ne pas commenter ton billet, redoutant de m'emporter.

Mais après des commentaires de bon sens, voici que tu enfonces le clou.

Je serais d'accord avec toi dans un monde parfait, c'est à dire dans un monde où seuls les bandits risqueraient d'être victimes de l'arbitraire. Hélas, nous ne vivons pas dans ce monde-là, et ton postulat n'est donc pas vérifiable.

Comme l'a si justement dit Bruno, ta position revient à donner le droit de tuer quiconque se trouverait sur une propriété privée sous le seul prétexte que, justement, il s'y trouve. Donner à chaque citoyen le droit de se faire justice à lui-même, c'est du même coup ouvrir la porte à toutes les erreurs de jugement, et de surcroît à tous les abus. C'est par exemple laisser la possibilité à quiconque de se débarasser d'un gêneur par seul intérêt, dès lors qu'il n'y a aucun témoin.

En outre, et même dans le cas d'un réel vol par effraction, troquer une vie humaine contre un téléviseur, ou conrtre tout autre objet de larcin, ne fait pas partie de ce que je trouve acceptable.

Je me pose souvent la question de savoir si tu es réellement l'extrémiste que tu parais, ou seulement un provocateur. Mais peut-être es-tu les deux ? En tout état de cause, je ne peux pas cautionner certaines de tes prises de position. Celle-ci par exemple...

fboizard a dit…

Que tu puisses considérer comme extrémiste ou provocatrice une position simple et habituelle en dit long sur notre abaissement moral collectif.

Il ne s'agit pas de «troquer une vie contre un téléviseur», équivalence démagogique, il s'agit de savoir si l'homme est maître chez lui, c'est-à-dire si il est libre, car la propriété est la manifestation concrète de la liberté.

Je rappelle très concrètement que des pays où le taux de détention d'armes est bien plus élevé qu'en France et la légitime défense mieux défendue, comme le Canada ou la Suisse, ont des taux d'assassinat équivalents mais qu'on y est sans doute plus libre.

DoM P a dit…

La démonstration par les chiffres, ici : http://www.amazon.com/More-Guns-Less-Crime-Understanding/dp/0226493636

aristide a dit…

La question n'est absolument pas de se faire justice soi-même, mais de défendre sa vie. Lorsque quelqu'un pénètre chez moi je n'ai aucun moyen de savoir quelles sont exactement ses intentions et jusqu'ou il est prêt à aller, par conséquent je suis fondé à agir comme s'il en voulait à ma vie elle-même. En tuant le voleur qui est rentré chez moi, je ne défends pas ma propriété, mais ma vie et celle de mes proches. En revanche si quelqu'un me dérobe quelque chose sans que je m'en apercoive, je ne suis aucunement autorisé à le rechercher pour le tuer. Il s'agit là de propriété, et non plus de vie.
Je signale que cet argument n'est pas de moi mais de John Locke (Second traité du gouvernement civil, III-18)le philosophe qui, avec Montesquieu, a sans doute le plus contribué a poser les fondations de nos démocraties libérales.
Enfin l'argument sur "more guns less crime" est tout à fait exact. Voir les nombreux livres de John Lott sur le sujet (sur Amazon)

fboizard a dit…

Philosophiquement, je ne suis pas d'accord avec vous : il s'agit bien de défendre sa propriété, ou, plus exactement, l'inviolabilité de son domicile.

Cependant, dans la pratique, nous aboutissons au même résultat.

Les rapports de l'Etat français avec ses citoyens sont vicieux, ce sont des rapports inappropriés de parents à enfants, à la fois mère nourricière et castratrice et père fouettard.

René a dit…

Et bien voilà ! J'étais (presque) d'accord avec toi sur ta première réponse. Celle que tu viens de faire fout tout par terre : nous ne sommes décidément pas d'accord !

"Défendre sa propriété" en tuant celui qui s'y est simplement introduit, et simplement parce qu'il s'y est introduit, est de mon point de vue totalement illégitime. La défendre par d'autres moyens, j'en suis totalement d'accord. Mais pas en assassinant l'intrus.

Je le répète : nous ne sommes décidément pas d'accord. J'attache autant que toi beaucoup d'importance à la propriété privée, corolaire de la liberté. J'en attache plus encore à la vie humaine. Ce n'est pas "s'abaisser" que de dire ça.

Autre chose : je ne parle pas du droit de détenir une arme ! Ce n'est pas la détention que je récuse, mais l'usage inconsidéré.

A+

aristide a dit…

Frank (si je peux me permettre),
Je crois au contraire que nous sommes d'accord. Défendre l'inviolabilité de son domicile c'est défendre sa vie. Qui m'assure que celui qui rentre chez moi par effraction en ma présence en veut seulement à mes biens? Qui m'assure qu'il ne choisira pas de me tuer pour couvrir sa fuite?
Ce n'est pas la même chose de défendre les biens qui se trouvent chez moi. Si je me fais cambrioler en mon absence et que je connaisse le voleur (supposons) je ne pense pas qu'il serait légitime de le tuer pour ce qu'il a fait. Dire que l'on peut tuer pour défendre ses biens revient à faire du vol le crime le plus grave qui soit, car la mort est la peine la plus grave qui soit. Je crois que cela ne tient pas la route, et par ailleurs cela fournit un argument idéal à ceux qui refusent toute forme de légitime défense : "vous n'allez quand même pas tuer pour un téléviseur!" alors que ce n'est pas du tout la question.

Roman Bernard a dit…

« la défense n'a pas à être proportionnée à l'attaque »

Ce sophisme selon lequel la défense devrait être proportionnée à l'attaque me rappelle les commentaires idiots des journalistes en janvier 2009 sur le caractère « disproportionné » de la riposte de Tsahal contre le Hamas. Sans dire une seule seconde que ce caractère disproportionné est la condition de la dissuasion, et donc de l'évitement de conflits ultérieurs faisant davantage de victimes.

DoM P a dit…

Je pense qu'en fait, la proportionnalité est essentielle pour préserver la société d'accès de violences exagérés. Mais la proportionnalité ne doit pas se mesurer en fonction de la violence de l'attaque, mais en fonction des risques encourus par la victime, tels qu'elle les a percus. Perception pondérée cependant par le bon sens. Tout cela devant être débattu ultérieurement au tribunal, naturellement.

Robert Marchenoir a dit…

Cette discussion est surréaliste. Elle omet tout simplement de considérer les faits.

Aux Etats-Unis, vous avez le droit d'utiliser la force (dans certaines limites) si quelqu'un pénètre dans votre propriété sans votre accord. Peu importe la raison pour laquelle il se trouve là.

Constate-t-on aux Etats-Unis une avalanche de meurtres de voisins venus nourrir le chat ? Bien sûr que non.

Que dis-je : dans certains Etats américains, est en vigueur la loi du "stand your ground", plus celle du "conceal & carry".

Ca veut dire :

1. Vous pouvez porter une arme à feu cachée sur vous dans la rue.

2. Si quelqu'un se montre menaçant dans la rue (pas chez vous, hein...), et que vous l'abattez, vous n'avez pas besoin de prouver que vous avez utilisé auparavant tous les moyens pour éviter votre agresseur, y compris la fuite : vous avez le droit de rester où vous êtes. Vous êtes un homme libre, et par conséquent un salopard n'a pas le droit de s'approcher de vous et de vous menacer d'un coup de poing dans la gueule. Même un gauchiste ou un Noir.

On n'a toujours pas constaté d'hécatombe de mamies pacifiques s'approchant d'étrangers pour demander le chemin du McDonald.

En France, si l'on s'introduit par force ou par ruse chez vous la nuit, vous avez le droit d'utiliser la force contre l'intrus, et la légitime défense est présumée dans ce cas.

Vous avez constaté, en France, une explosion du nombre de plombiers abattus nuitamment parce qu'ils venaient réparer le chauffe-eau en dehors des 35 heures ?

Moi, j'ai rien vu.

Il faudrait arrêter de se tirer sur la nouille du cerveau. Ras-le-bol des échafaudages théoriques à la con.

La réalité en France aujourd'hui, ce sont des vieux qui se font larder de 100 coups de couteau chez eux pour se faire voler leurs économies.

Ce sont des étudiants arabes venus brûler vif leur professeur d'université chez lui parce qu'ils n'ont pas eu de bonnes notes.

C'est pas des socialistes abattus par erreur par des fachos alors qu'ils venaient faire le bien chez autrui. Il serait temps de se réveiller, un peu.