dimanche, janvier 09, 2011

A la télé française : «La crise, c'est la faute aux banques, à Reagan et à Thatcher»

J'apprends par hasard que la télévision française va diffuser une émission expliquant que la crise, c'est la faute de Reagan, de Thatcher, des banques et de la cupidité.

Qu'on pût soutenir cette thèse il y a deux ans dans la panique de la crise, on le tolère, mais aujourd'hui, avec deux ans de recul ? C'est un comble de bêtise.

Je rappelle juste deux objections :

> la banque fait partie des professions les plus contrôlées. Si le contrôle a failli, la faute est-elle chez les contrôlés ou chez les contrôleurs ? Ou dans le principe même du contrôle ?

> on voit bien aujourd'hui que le fond de la crise, c'est le basculement du monde vers l'est et la tentative désespérée des occidentaux de maintenir leur niveau de vie par l'endettement plutôt que par le travail. L'agent de cette tentative fut dans la plupart des cas l'Etat-providence. C'est pourquoi les Etats occidentaux qui ont réformé leur Etat-providence avant la crise s'en sortent remarquablement bien, tandis que les autres sont au bord de la banqueroute. Reagan et Thatcher ont probablement fourni vingt-cinq ans de sursis à leur pays.

Evidemment, je perds mon temps : qu'est-ce qu'un Pierre Arditi peut comprendre à tout cela ?

Il est navrant que la télévision française diffuse des thèses aussi simplistes.

72 commentaires:

daredevil2007 a dit…

Sachant ce que vaut la télévision française et surtout grâce à quelles aides elle survit, cela n'est pas étonnant! Il est aussi évident que c'est une chose toujours facile que de se chercher des boucs émissaires, cela permet de ne pas se poser les bonnes questions et procure un illusoire confort intellectuel... J'y vois, en outre, une tentative ultime sinon désespérée de la part des responsables de ce désastre de s'en tirer sans y laisser de plumes.
Quoi qu'il en soit, cela n'empêchera en rien de percuter le mur du réel, en l'occurrence celui de la dette!

Curmudgeon a dit…

Le Français est "cartésien", du moins c'est ce que certains Français prétendent. Il épouse donc ce raisonnement : 1) L'Etat,ou, plus récemment la "République", affermie par le "Pacte républicain" (sur la nature duquel on ne dispose d'aucune lumière précise) servi par ses "grands commis" soucieux de l'"intérêt général", ainsi que par les "plumes" de la "presse nationale", est la seule garantie de la justice sociale, de la pénétration intellectuelle, de l'efficacité économique (par sa "politique économique", sa "politique industrielle", son "volontarisme", etc.). 2) Celui qui en doute est partisan du "libéralisme sauvage", couplé désormais au "populisme", assemblage qui confine à l'"extrême-droite". 3) Le libéralisme sauvage est associé aux "Anglo-Saxons", "pragmatistes" incultes, et récemment au nom du "mauvais acteur de série B" qui passait son temps "à jouer au golf" (les plus érudits se souviendront que cet individu avait même lu un peu le pamphlétaire réactionnaire et naïf Frédéric Bastiat, dont Le Monde vient tout récemment de stigmatiser la mémoire), et de la "Dame de fer", "fille d'un épicier" (c'est tout dire !), deux créatures au front bas, qui ont plongé leurs pays dans le désastre.

Que peut-on contre un concentré de stéréotypes ? Peut-être ceci, entre autres :

1) Au niveau formel (langue, raisonnement) : manipulation des équivalences et oppositions

Essayer peut-être la technique de "judo rhétorique" de Roland Shirk dans les discussions sur l'islam (voir "Not Optimism But Hope", 7 janvier 2011, sur Jihad Watch). Shirk explique que, en face d'une accusation de xénophobie, il faut demander quel est l'opposé de "xénophobe". En général l'opposant dira quelque chose comme "ouvert", "tolérant". On peut alors corriger : "Non, l'opposé de "xénophobe", c'est "xénomane", celui qui, de façon irréfléchie ou snob, préfère systématiquement ce qui vient d'ailleurs. Quel serait alors le milieu entre les deux extrêmes de la xénophobie et de la xénomanie ?". Shirk ajoute que cette façon de faire peut marcher avec les gens qui sont sensibles aux arguments rationnels (à la rigueur logique, au bon emploi de la langue), mais pour les autres on perd son temps. Avec ces derniers, propose Shirk, mieux vaut essayer l'ironie, la moquerie, d'abord aimable et modérée, puis de niveau croissant. Les tiers assistant à l'échange verront ce qu'il en est.

2) Au niveau factuel : démontage des associations stéréotypiques contraires aux faits

Je suggère qu'il est également utile de faire appel, dans un passé pas trop récent mais pas trop lointain, à des faits avérés qui contredisent frontalement les stéréotypes, spécialement lorsque ces faits consistent en deux composantes qui sont considérées chez nous comme incompatibles. Exemple. Le 27 décembre 2010 est mort l'économiste américain Alfred E. Kahn, dont le décès est passé inaperçu en France. C'était une réfutation en personne de l'inanité de certains stéréotypes français. Kahn s'est toujours considéré comme de gauche ("liberal" et aussi partisan du parti Démocrate). Or, malgré ce que pourrait attendre un observateur français, Kahn a bataillé fermement pour la déréglementation dans le domaine aérien, et cela sous la présidence du Démocrate Jimmy Carter, avec la bénédiction d'Edward Kennedy et de Ralph Nader. Il a même présidé le Civil Aeronautics Board.

Curmudgeon a dit…

Les deux paragraphes finaux de "Enjoy Roissy By Snow" de h16 (9 janvier 2011) se lisent avec profit dans la perspective anti-reagano-thatchérienne.

Phoebastria a dit…

Mais oui, la crise, les subprimes, l'écroulement de Wall street, Goldman Sachs, l'effondrement de l4islande puis de l'Irlande, de l'Espagne (modèles adulés par les bôbôs et les étudiants à sup de fric à la fin des années 1990), tout cela n'a qu'une seule cause.

Tout cela est de la faute du fôôônctionnaire fraônçais. Ca c'est une explication rationnelle. D'ailleurs Messieurs Sarkozy, Jacob, Lelouch, Attali, Copé et Raoult font tout pour répandre cette vérité.

fboizard a dit…

Phoebastria,

Je vous pardonne d'être con comme un balai, il faut de tout pour faire un monde.

Mais ayez pitié de nous : apprenez à lire.

Si vous aviez su lire, vous auriez compris que l'endettement étatique n'est qu'une des modalités de la tentative de sauvegarde sans travail de notre niveau de vie qui a mené à la crise.

Par exemple, la crise des subprimes, créée par une loi obligeant à fournir un crédit immobilier aux gens qui n'en avaient pas les moyens, en est une autre.

Bref, le fonctionnaire français surnuméraire et sous-productif n'est pas l'unique cause de la crise, mais il en est une.

Curmudgeon a dit…

Le fonctionnaire qui remplit avec compétence les missions qui sont du ressort de l'État n'est pas en cause. Celui qui s'ingère dans des domaines hors de la sphère légitime de l'État est nuisible.

Phoebastria a dit…

"Je vous pardonne d'être con comme un balai".

On perd ses nerfs ? Elle est où la politesse légendaire de M. Boizard, prétendu admirateur de Jacqueline de Romilly ?

A ce que vois, c'est plutôt la pub et le mâââârché qui a gagné.

Libertas a dit…

J'ai résolu la question: je ne regarde plus la télé française.

Obsédé Textuel a dit…

La politesse, comme la courtoisie, fonctionne par réciprocité.
Lorsque les enfants capricieux, trop immatures, abusent de la patience d'autrui ils ne doivent pas s'étonner de recevoir une gifle de temps à autres.

fboizard a dit…

OT m'ôte les mots de la bouche.

Phoebastria a dit…

Ah bien c'est sûr, pour ne pas être infantile à vos yeux, il faut dire amen à tout !!

Désolé, même dans la vraie vie, je ne fais pas de lèche.

Cela dit, il y a pas mal d'articles auxquels je ne réponds pas, tout simplement parce que j'acquiesce ou que je suis l'auteur mettons à 70%.

Cela M. Boizard ne le voit pas, c'est le moindre de sa connerie.

Curmudgeon a dit…

Revenons-en aux données initiales. Une législation américaine permet et même impulse le prêt à des débiteurs insolvables. Les banques se précipitent. Quoique régies par une myriade de réglements, elles savent qu'en cas de problème, il y aura la garantie ultime d'un bras de l'Etat, c'est-à-dire ici des contribuables. Les faits leur donnent d'ailleurs raison, puisque "Too big to fail" est érigé en doctrine officielle. L'incompétence, le je-m'en-fichisme, l'absence de lucidité, la roublardise, le mercantilisme éhonté, sont de tous lieux et de tous temps. Mais ces vices peuvent être contrecarrés et leurs effets limités, ou au contraire favorisés, selon le système, et ce système dépend en partie d'idées, justes ou fausses, à partir d'observations, bien conduites ou pas. Le système qui a produit la crise se caractérise bel et bien par une collusion corporatiste entre un activisme politique qui s'ingère indûment dans l'économique, et des personnes et groupes institutionnels qui, en toute logique, s'infiltrent dans l'Etat. Parasitage mutuel : elle est là, l'"exploitation", pas où les marxistes la voyaient. Donc, selon le slogan exact : "Profits privés, pertes publiques". Une séparation de l'Etat et du Marché, sans établissement d'un monde utopique, aurait réduit drastiquement ce genre de risque.

Tout le monde devrait savoir que la confusion des genres entre Etat et "Eglises" aboutit soit au joséphisme, au gallicanisme, à l'asservissement des Eglises mises à la botte des politiques, soit au cléricalisme, soit à un mixte délétère des deux. On a su en tirer la leçon. Tout le monde devrait donc comprendre qu'il est urgent de séparer le Palais et le Marché, dans l'intérêt des deux. Les Français se refusent à le comprendre, endoctrinés par des élites aveugles, rigides, et arrogantes.

Le fonctionnaire français, en soi, est parfaitement innocent. Mais l'Etat à la française suscite une prolifération de la fonction publique pour des "fonctions" injustifiées. L'énarque sorti dans la botte, et même le X-Mines, est formé à croire que l'Etat a en charge l'ensemble du bien commun (qui, par un hasard heureux, coïncide parfaitement avec leurs intérêts de carrière), y compris dans le domaine économique. On assiste donc à répétition à des scènes pathétiques dans leur prétention bornée, comme celles où un Premier ministre (Edith Cresson en 1992, Alain Juppé en 1995, François Fillon en 2008) convoque des préfets pour régler le "problème de l'emploi", ou pour activer un "plan de relance". Il y a peu de préfets qui ont été intellectuellement formés pour répondre au Premier ministre que ce n'est pas de leur ressort. Que le plein emploi n'est pas décrété de façon volontariste par les politiques. Qu'il y a une différence entre les systèmes qui fonctionnent optimalement par planification, et ceux qui fonctionnent optimalement par auto-organisation (ceux pour lesquels une instance centrale ne peut pas disposer de connaissance suffisamment étendues, exactes, rapidement adaptables). Le débarquement sur les côtes de Normandie en 1944 devait être planifié, même si la part d'aléa et d'inconnu était énorme. Toute système n'est pas de ce type. Les mœurs, le droit jurisprudentiel, les langues, la vie économique, ne sont pas planifiables.

Telle est l'analyse dite libérale. En quoi est-elle fausse ?

Un peu de bon sens économique, un peu de bon sens politique (Ecole des choix publics, par exemple), un peu de bon sens moral, et on y voit déjà un peu mieux.

Curmudgeon a dit…

Sujet distinct, mais tout de même connexe. J'avais à peine écrit des choses un peu critiques sur les X-Mines et les Inspecteurs des finances, qui savent tout grâce à leur formidable puissance de synthèse, que j'écoute sur RMC Philippe Even, médecin pneumologue, invité pour son livre "La Recherche biomédicale en danger". Il déclare que, avec les meilleures intentions du monde, la recherche française souffre du pilotage politique, les politiques, qui "n'y comprennent rien", étant conseillés par des X-Mines ou des énarques, qui, même les premiers, "ne connaissent rien à la recherche", car "ils n'en ont jamais fait", et se contentent de "ce qu'ils ont appris à 20 ans". Ils sont "formatés pour détenir la vérité", et favorisent des "grands projets d'ingénierie". Je ne sais pas si la charge est excessive, mais enfin il me semble qu'on évolue dans un paysage familier.

Au passage, vous avez à nouveau une situation de parasitage symétrique, poussé en France au-delà de ce qu'on observe dans des pays comparables. Le système des Grands corps branchés sur les Grandes écoles, et prolongé par le pantouflage, aboutit, malgré les bonnes intentions de départ et la qualité de beaucoup des intéressés, à des interactions assez perverses entre Etat, recherche, entreprises, où c'est la puissance publique qui, vu sa haute sagesse, "se voit" confier le destin intellectuel et économique de la nation, mais où le clientélisme permet aux entreprises et aux "élites intellectuelles" de se servir de l'Etat. Normalement c'est simple : "Garbage in, garbage out" (saloperies à l'entrée, saloperies à la sortie), le tuyau étant neutre. Mais hélas, avec ce système, on innove : on met du nectar à un bout du tuyau, et il en sort de la bibine.

Even prétend que, depuis quarante ans, les laboratoires pharmaceutiques français n'ont pas inventé un seul vrai médicament, se contentant de copier, ou commercialisant de la poudre de perlimpinpin. Je suis totalement incompétent pour en juger. Mais si c'était vrai...

René a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec l'article, et avec les réactions positives aux commentaires des tarés.

Mais il reste un gros problème. Même s'il devient réflexe pour certains, dont je ne suis pas encore, de ne plus regarder la télé parce qu'elle est conne, il reste des millions de gens qui la regardent, et malheureusement qui l'écoutent (dans tous les sens du terme). Ceux-là boivent au robinet de la démagogie, de la propagande et de l'intox.

Le problème, le vrai, est bien là ! On pourra toujours prêcher et re-prêcher la bonne parole, dire et redire les choses pour rétablir la vérité, cette vérité sera toujours perçue comme un mensonge par un nombre important de gogos abreuvés par une idéologie généreusement dispensée sur les ondes. Le comble, c'est que ces ondes-là sont financées par de l'argent public, et donc que ce flot de contre-vérités est distillé à nos frais dans les médias.

Ecoeurant !

Curmudgeon a dit…

René a hélas raison, et en plus, sont financés de façon massive sur fonds publics, non seulement une partie de la télévision, mais aussi la presse écrite, souvent quelconque, et reprenant les dépêches de l'AFP, elle-même financée à 40 % par les abonnements des services publics. Sans parler des partis et des syndicats. Comme je l'ai dit ce jour sur Expression Libre de LOmiG, quoique anti-communiste, en tant que contribuable, je contribue au financement du PCF (qui vient de fêter son 90ème anniversaire), de l'Humanité, et bien sûr de la CGT.

L'espoir est que certaines infos, certains débats, certaines vidéos, sur les blogs, sur les sites des "think tanks", sur les bons sites de presse en ligne, finissent par percoler vers certains journalistes curieux des medias classiques. C'est sûr qu'il faut être patient. La vieille génération des journalistes traite encore le Web par le mépris, surtout les blogs, comparés à des zincs de Café du commerce (par exemple par Sylvain Gouz). Les jeunes sont plus ouverts, mais leur passage dans les écoles de journalisme leur a peut-être fait subir un formatage intellectuel convenu. Les meilleurs s'en sortiront.

Quand le vent tourne, les girouettes pivotent. Par exemple les médias classiques vous disent "la manifestation s'est dispersée dans le calme". On trouve illico sur Internet des vidéos qui prouvent le contraire. Un jour, deux jours : silence. Le troisième jour, on commence à admettre que "certains incidents avaient émaillé, etc.".

Curmudgeon a dit…

Sur L'Insolent, blog de Malliarakis, article "La dette héritée de la Mitterraandie et ses troublants secrets", 10 janvier, à propos du livre de Philippe Herlin sur la dette. Et le blog La dette de la France, de Philippe Herlin. On voit bien par qui nous sommes gouvernés.

daredevil2007 a dit…

En fait, Curmudgeon, je crois encore plus à la débâcle financière qui les mènera à la disparition car si l'état ne peut plus les financer... ils meurent!
Quant aux nouvelles générations, je crains qu'une bonne partie ne soit corrompue par la bien pensance qui les a précédés...

Anonyme a dit…

le basculement du monde vers l'est" ,vous en parlez comme si c'était un phénomène naturel comme la météo !
expliquez moi pourquoi et comment cela est survenu.
Thatcher,Reagan,les gros interets financiers et industriels n'y sont pour rien?
pourquoi l'usine où travaillait ma mère est partie dabord au Maroc et ensuite en Asie? les ouvrières comme elle étaient soit trop betes soit trop bien rénumérées ,ou les deux à la fois sans doute?
j'apprécie souvent vos propos mais là je ne comprends pas ,expliquez moi...leroy serge

Anonyme a dit…

A Serge Leroy : Pour ce qui est de la Chine, elle a connu une éclipse depuis, disons la fin du XVIIIe siècle. Les Occidentaux, Anglais et Français, ont profité de sa faiblesse pour lui imposer des guerres qui comptent parmi les plus infâmes dans les annales de l'histoire, les Guerres de l'opium. J'ai lu les mémoires d'un Chinois chrétien pro-occidental, qui a été diplomate, ministre de Sun Yat-sen, et qui a fini par devenir moine bénédictin dans un monastère en Belgique. Il faut voir, à travers le témoignage de cet homme fin et plein de droiture, les blessures d'amour-propre que les Chinois (qui s'étaient longtemps crus au milieu du monde) ont dû subir de la part d'Européens pleins de morgue, y compris dans des réunions diplomatiques. Ce monde ancien est fini. Il est normal que la Chine reprenne la position qui lui convient, au prorata notamment de sa population. Les pays de l'"est" et les autres, sortent de leur misère, et ceci a des effets sur nous, et c'est vrai pas toujours très agréables (l'usine de votre mère). Mais le désir de figer le monde dans l'état qu'il avait vers 1910 n'est ni possible ni souhaitable. Et alors, franchement,Thatcher et Reagan n'y sont pour rien. Les Chinois nous prêtent de l'argent, achètent une partie du port du Pirée, etc. Mittal achète Arcelor. Si nous sommes incapables de gérer nos deniers publics de façon intelligente, c'est notre faute à nous. Si nous ne sommes pas capables de gérer convenablement nos entreprises, c'est notre faute à nous. Naturellement les Chinois ne nous feront pas de cadeaux si nos intérêts divergent des leurs. Les émirs non plus, et c'est c'est considérablement pire.

Chaque fois l'illusion renaît. J'ai connu l'époque où on nous expliquait que les Japonais étaient d'excellents imitateurs, mais incapables de toute innovation. J'ai connu l'époque où des gens qui n'étaient jamais sortis de leur village s'étaient persuadés que nos universités étaient les meilleures du monde, etc. Nous étions les Chinois de l'Europe, naïvement persuadés que Paris était l'Ombilic de l'Univers, et que c'était ainsi ad vitam aeternam.

Si on rejette radicalement le processus en cours, il faut expliquer comment on va s'y prendre, et regarder en face les conséquences. Fermeture totale des frontières ? Protectionnisme ? Remplacement des matières premières d'origine lointaine par des ersatz (quand c'est possible), comme dans les économies de guerre ? On peut survivre uniquement à l'intérieur de l'UE ? Ou alors on fait la guerre aux concurrents, et on leur impose nos diktats. Par exemple au XIXe siècle les Anglais ont freiné l'industrie cotonnière des Indiens pour leur imposer leur propre production. On peut essayer de recommencer, mais pour ça, il faut déclencher une reconquête coloniale...

Enfin, bien que les Etats et les frontières soient des réalités indiscutables, il faut rappeler que le commerce, les échanges, se font entre personnes et entreprises, et non entre états (sauf dans les conceptions de style totalitaire). Le problème que vous soulevez existe donc aussi à l'intérieur même de la France, et depuis longtemps. Si une région est plus dynamique qu'une autre, et exerce de ce fait une concurrence aboutissant éventuellement à la destruction d'emploi dans un certain secteur, il faudra revenir à l'ancienne technique, celle des frontières intérieures, donc des douanes intérieures, de l'octroi.

fboizard a dit…

> le basculement du monde vers l'est. Pensez d'abord à la démographie et au rattrapage. Ils n'ont rien à voir avec Reagan.

> la mondialisation. Reagan et Thatcher ont avant tout libéralisé chez eux, ils n'ont pas inventé la mondialisation, il ne faut pas tout mélanger. Ils avaient même un nationalisme certain.

De plus, la mondialisation sous sa forme naïve et dévastatrice est bien plus pratiquée à Bruxelles (que n'aimait pas beaucoup Mme Thatcher) qu'à Washington et à Londres.

Curmudgeon a dit…

A voir cette vidéo : Hans Rosling's 200 Countries, 200 Years, 4 Minutes - The Joy of Stats - BBC Four". Malheureusement sans sous-titrage en français actuellement.

Alski a dit…

Tout à fait d'accord avec Phoebastria.

D'ailleurs Boizard ne devriez vous pas discuter au lieu de traiter tous ceux qui démontent vos arguments de cons? Vous avez limé trop profond...

Tenez, c'est pas de moi et ca vient de sortir:

A la Libération, par la loi du 2 décembre 1945, le gouvernement français eut le courage d’interdire de telles pratiques. La Banque de France eut ordre de faire des prêts, à taux quasiment zéro, à l’Etat, au nom du développement des services publics. Pendant 28 ans, ni déficit, ni dette publique. Dans l’agriculture et l’industrie, les gens, remplacés par les machines, furent nombreux à devenir fonctionnaires au service de l’intérêt général, il n’y avait pas de chômage…La production des biens matériels étant assurée par un nombre décroissant de gens, le temps libéré par la technologie était massivement déversé dans le secteur des activités immatérielles au service de l’intérêt général (écoles, hôpitaux, dispensaires, médecine préventive, recherche, culture, transports …).

Pour la première fois, un gouvernement mettait en pratique la gratuité de l’argent créé par les banques. Une gratuité reconnue de fait par l’abandon de la parité-or au XXème par tous les états de la planète. Grâce aux prêts gratuits accordés par la Banque de France, les services publics pouvaient se développer en intégrant ceux qui dans l’industrie et l’agriculture avaient été remplacés par les machines. Le fonctionnaire ne perçoit pas un salaire mais un traitement. Le fonctionnaire n’est plus un salarié parce que son activité ne sert plus à l’enrichissement d’actionnaires qu’ils soient de la banque ou d’autres secteurs du privé. En ce sens, le service public est un sanctuaire qu’il nous faut défendre.

Mais, par la loi du 3 janvier 1973, Giscard et Pompidou, interdirent les prêts gratuits de la Banque de France à l’Etat, ce dernier fut contraint d’emprunter (en payant des intérêts) auprès des banques privées et des marchés. Ainsi commence l’endettement de l’Etat : démantèlement des services publics avec chômage croissant. Les cliniques privées se développèrent au détriment des hôpitaux… En introduisant cette loi dans le Traité Constitutionnel Européen, le rédacteur de ce traité, Giscard d’Estaing, soutenu par Dominique Strauss-Kahn et son parti, a généralisé l’endettement à toute l’Europe.

Les banquiers privés règnent en maîtres absolus. Ils font payer le crédit à l’Etat comme aux particuliers. Un véritable racket, quand on sait que l’argent « prêté », c’est 95% de monnaie électronique pour 5 % de billets et de pièces (papier et métal vulgaire de très faible valeur marchande…). Nous faire payer, pour un prêt à 5% sur quinze ans, deux fois le prix de la maison achetée, sous prétexte que l’argent coûte cher, c’est une escroquerie ! Quand on sait qu’aucune monnaie dans le monde n’est alignée sur l’or. La création monétaire est totalement dissociée de l’obligation pour les banquiers d’acheter des réserves d’or comme autrefois.

Curmudgeon a dit…

Alski, il me semble qu'il y a un problème quand un gouvernement donne l'ordre de prêter à l'Etat à un taux quasiment zéro, c'est qu'il s'agit de décréter un prix. Qui plus est, c'est une situation où A force (= contraint sous la menace) B à prêter à A de l'argent gratuitement. Il est donc acquis que, dans ce cas, l'Etat agit (au nom d'intérêts supérieurs ?) d'une manière qui n'est pas admissible entre individus ou organisations, sauf à encourir l'accusation de pratique mafieuse. Est-ce que mon raisonnement est faux ? Est-ce que je pèche par excès de logique ?

Curmudgeon a dit…

Alski : Je précise. Le système qui a cours étant effectivement déconnecté de l'étalon-or, on peut faire n'importe quoi. Il y a naturellement des économistes qui ont dénoncé ces pratiques. Par exemple Jacques Rueff.

Phoebastria a dit…

Je pensais aussi fortement à la loi scélérate du 3 janvier 1973 (Rotschild ) et à l'article 123 du traité de Lisbonne, revoté dans le dos du Peuple par les valets et les gaudillots du roitelet.

Toutefois, j'avais renoncé, étant un "taré" pour l'ex-informaticien reconverti dans la "philosophie" (sic), ce néolibéral enragé portant une barbe à la Karl Marx et se donnant des airs de sagesse...

Je n'ai plus envie de répondre à l'éternel argutie éculé sur l'Etat qui "force", ce qui revient à une pratique mafieuse. Et quelques autres réponses toutes faites sur l' "inflation" (comme s'il n'y en avait plus maintenant !!), la "spoliation" des épargnants. (Il y a pourtant des contre-exemples retentissants à ces idées reçues, mais je les ai déjà écrits 10 fois).

Les mêmes, donc, ne veulent surtout pas que l'Etat "force" quand on touche au pognon, en revanche, ils adorent quand l'Etat réprime les révoltes. Cherchez l'erreur.

De toute façon, il n'y a plus rien à dire : je préfère observer les nations qui commencent à se soulever un peu partout contre l'idéologie qui s'étale ici avec l'assurance, la morgue d'être les seuls intelligents au monde. L'écroulement à venir n'est peut-être pas celui qui est prédit ici !!!

Ici, c'est ça le plus drole, ils n'arrêtent de baver sur l' "inculture" (en économie évidemment, ils ne connaissent que ça) des autres. C'est ridicule : les guignols à fric, grands experts, genre Jacques Garello, étalent un nombre très limité de raisonnements et de références. Le moindre chapitre de physiologie animale, étudié en 2 mois en préparation vétérinaire-ENS (BCPST) fait appel à un univers mental plus riche, à des références plus lourdes, à des changements de points de vue et d'échelles plus nombreux que ce que ce genre de guignol a pondu en une vie ou avalé en 5 ans d'études (Bastiat, Hayek, Tocqueville, ou plutôt les 20 premières pages de Tocqueville, la loi de l'offre et de la demande, le caractère "aliénant" de toute action publique devenu un réflexe pavolovien, un peu de théorie monétaire sans imagination, une once de sociologie à 2 balles, du "management", du formatage et voilà, on en a fait le tour.)

Ariane a dit…

Je ne m'attendais pas à autre chose de la télévision française. Ce qui m'inquiète un peu davantage, c'est que la plupart des personnes de mon âge (c'est-à-dire très jeunes) regarderont sans doute l'émission sans se demander si on peut critiquer les thèses qui y sont soutenues. Je suis toujours un peu déçue de constater à quel point, chez mes camarades de classe, l'idée même de soutenir le capitalisme est stupide, passée de mode. Sans vouloir parler de la qualité de l'enseignement, même les professeurs (d'économie !) nous enseignent d'un ton docte que la crise a vu s'effondrer le capitalisme et le libéralisme, à cause des banques, pour revenir à un système plus moral. Je ne suis même pas certaine que le discours soit très différent de celui de Mr Arditi, qui n'est pourtant pas spécialiste en la matière, c'est le moins qu'on puisse dire. (Je suis pourtant dans un cursus qui se spécialise en finances publiques et en économie.)
Oui, il est navrant que la télévision française diffuse des théories aussi simplistes, mais pour moi, c'est encore plus navrant de constater à quel point elles sont écoutées par ceux qui se prédestinent à reprendre la situation économique du pays en main. J'espère que je me trompe et que ma génération n'écoute pas bêtement des intellectuels parler de matières dans lesquelles ils n'ont souvent aucune qualification.

daredevil2007 a dit…

A propos de monnaie et d'or :

le jour où la France sortira de l'euro

Curmudgeon a dit…

Phoebastria : Tout le monde est convaincu que la physiologie animale est une discipline exigeante. Mais pourquoi cette irascibilité continuelle, pas par bouffées, mais en continu ? Qu'est-ce qui vous donne à penser que Garello est inculte ? Je persiste à dire que l'intrusion du politique dans le marché ressemble exactement à l'intrusion du politique dans le religieux (idem pour les situations symétriques) : une confusion des domaines. Une confusion archaïsante, un retour vers les sociétés anciennes que nous décrivent les ethnologues. Mais peut-être partez-vous d'une base philosophique qui vous conduit à voir les choses tout autrement. Laquelle ?

Curmudgeon a dit…

Ariane : Avec vos professeurs, faites le dos rond, dites-leur ce qu'ils veulent entendre (sauf s'ils vous adorent et qu'ils vous trouvent brillante). Votre diplôme obtenu, vous serez plus libre. Le monde universitaire peut être très conventionnel.

Titus a dit…

J'ai juste vu le débat, très manichéen, service public versus finance internationale, un très vieux schéma, du réchauffé des années trente.

Que des gauchistes sur le plateau, Cohen compris, à part Madelin bien sûr, il a une conception du capitalisme qui date des années 80, lorsque Montand, dans une émission similaire, vantait les mérites de la mondialisation aux socialistes (ils ont gobé).
Ce pauvre Madelin se débattait pour défendre l'espoir de la dynamique de croissance, en omettant bien entendu le rôle de la monnaie et le poids des intérêts de la dette.
Orsenna a eu une trouvaille; faire payer les riches, c'est dire si le débat était de haute volée.
Arditi fait de la pub pour LCL et diabolise la finance, toute l'ambivalence de gauche caviar qui pleure en s'empiffrant, inutile.
Le syndicaliste et l'étudiante, discours corporatiste formaté qu'on entend à gauche depuis au moins 30 ans (avoir plus de moyens).

Bref, c'était bien pensant.

Phoebastria a dit…

Curmudgeon,

Les écrits de Jacques Garello et de bien d'autres économistes, cela m'a toujours frappé, font appel systématiquement à un petit nombre de concepts qui expliquent le monde ; il y a une incapacité à se placer à différentes échelles, à utiliser les paradigmes de plusieurs disciplines comme autant d'angles d'approches. Les mêmes concepts sont déclinés pour comprendre l'économie familiale et la macro-économie, alors que les effets d'échelle impliquent un fonctionnement différent (ce que prouve sans appel l'échec de la macro-économie). Pire : mettre en concurrence les artisans et les multinationales en "laissant faire" comme si cette situation n'était pas une incongruité scalaire, cela relève soit de l'incompétence ou de l'imposture. Cela revient à faire de la balastique en utilisant les concepts quantiques.

On ne voit pas bien le rapport entre le cléricalisme et l'intervention de la puissance publique en économie. L'Etat reconnaît des certifications dans de nombreux domaines (médecine, coiffure, pharmacie, environnement, expertise comptable, notariat...), on ne va tout de même pas laisser n'importe qui faire ces métiers et compter sur la concurrence pour faire le tri (un imbécile, à la révolution française, a eu pourtant cette idée complètement débile).

Faire ce que je veux de mon fric - y compris écraser l'autre, y compris spéculer sur la nourriture (ce qui se passe pour le sahel en ce moment), y compris pour gratter 3 centimes à l'achat en commandant à des esclavagistes chinois au nom de la concurrence libre, ne relève de ma liberté absolue et de mon droit de faire ce que je veux avec mon argent. Je ne revendique de tels droits, je ne les compare surtout pas avec ma liberté d'aller à la messe ou à confesse !

Une telle comparaison est parfaitement sophiste. La liberté revendiquée par le capitaliste, n'est autre que celle d'un chiard capricieux qui hurle pour avoir un bonbon sans entrave, avec des trépignements de toute-puissance frustrée : on le baffe, point barre.

Curmudgeon a dit…

1/3

A Phoebastria :

Je suis sensible à l'objection touchant la méthode, que vous jugez fondée sur un matériel pauvre : trop petit nombre de concepts, échelle unique. Ça mérite qu'on y réfléchisse. Mais déjà ceci, rapidement. Je suis conscient qu'un hippopotame n'est pas un nucléole, seulement, comme guide méthodologique général, je ne suis pas sûr que, dans toute approche scientifique, même très dure, le faible nombre des principes de base soit, en soi, rédhibitoire. Il faut voir dans chaque cas, sans doctrine englobante a priori.

La logique classique de type Whitehead & Russell peut se construire sur un seul axiome, l'axiome de Nicod. Mais vous me direz que ce n'est pas une discipline empirique. Regardons alors la physique. La physique classique pré-quantique est bâtie sur quelque chose comme 9 principes, ce qui n'est vraiment pas beaucoup : 4 "axiomata sive leges motus" pour la mécanique dès Newton et aujourd'hui encore, plus 5 pour la théorie électromagnétique remaniée. Certes la physique est très différente de la biologie, pour le vraiment très peu que je puisse en entrevoir, et je comprends que les biologistes (au sens le plus général) soient très sensibles aux niveaux (sans même parler des angles d'approches que vous évoquez, et dont je devine l'importance). Mais justement il peut bien se faire que les disciplines ne fonctionnent pas de la même manière. Par exemple les chimistes qui, assez récemment se sont intéressés à l'épistémologie de leur science ("philosophy of chemistry") insistent fortement sur les différences entre physique et chimie, alors même que les physiciens avaient commencé à annoncer de façon impérialiste, et dès les années trente, la dissolution intégrale de la chimie dans la mécanique quantique, idéal restée en partie programmatique.

Vous semblez avoir une propension à tout juger à l'aune de la physiologie, de la biologie. Dans certaines disciplines, je conçois fort bien que ce que vous appelez l'incongruité scalaire soit une erreur sérieuse. Mais pourquoi toutes les disciplines devraient-elle forcément fonctionner exactement de la même manière ?

Curmudgeon a dit…

2/3

S'agissant de l'économie, la conception post-Keynes qui distingue très fortement micro- et macro-économie aboutit tout de même facilement à annoncer que ce qui vaut pour les petites structures ne vaut absolument pas pour l'Etat : d'où, de fil en aiguille, le caractère déclaré pratiquement désirable de la dette publique. L'objecteur se voit accusé de naïveté méthodologique, parce que, justement, il ne comprend pas qu'on a changé d'échelle, et que ce qui vaut pour le petit machin ne vaudrait pas pour le gros machin. Hum. Je crains que les observations répétées n'aillent pas tellement dans le sens de ce paradoxe faussement profond. Il ne manque pas de situations où la meilleure explication pour les observations consiste bel et bien à ramener des cas différents sous un même principe, très simple. Elémentairement, les effets pervers des manipulations de prix (émanant d'une confusion entre systèmes construits de manière volontariste et systèmes auto-organisés, chacun légitime à sa place) s'observent quels que soient les prix : prix des denrées alimentaires, blocage des loyers, salaire minimum, fixation autoritaire des taux d'emprunt. C'est tout de même troublant. De même encore, il semble bien qu'on comprend pas mal de choses quand on part de la conception de la valeur subjective (on évite ainsi, par exemple, les écueils de l'approche marxiste, et en fait, tous les écueils de la théorie économique spontanée), et qu'on considère que les valeurs sont ordonnables sur une échelle de préférence (mais pour chaque agent), mais non quantifiables avec une unité. Les principes explicatifs de base sont donc peu nombreux, et tellement simples que chacun peut les comprendre sans investissement en amont, du genre de ceux qu'on doit consentir pour apprendre la physique ; ils peuvent même être formulés sans abstraction poussée, en langage ordinaire, sans symbolisation mathématique par exemple. Mais ce qui vous apparaît comme une pauvreté n'en est pas nécessairement une.

Avec des principes très simples, l'Ecole des choix publics offre un éclairage précieux sur certains fonctionnements politiques.

Il est possible que, pour échapper à vos objections, il faille combiner des approches de psychologue, d'anthropologue, de sociologue, de politologue, d'économiste. Une telle construction ne se fait pas sans de longs efforts.

Curmudgeon a dit…

3/3

Je me suis sans doute mal exprimé, puisque vous ne voyez pas le rapport entre cléricalisme et intervention de la puissance publique en économie. Je me répète. Le sens de l'évolution des sociétés va, il me semble, vers des distinctions croissantes entre domaines. Ils étaient très mal distingués dans les sociétés anciennes : ce que nous appelons aujourd'hui politique, économie, religion, etc. La lecture des descriptions ethnologiques nous montre bien ce qu'il en est. Je considère comme malavisés les courants de pensée qui conduisent à un retour vers l'indistinction, et c'est une des raisons de mon hostilité au socialisme, à l'islam, à toutes les doctrines sociales holistes. Ne pas distinguer ce qui est de la sphère du politique et ce qui est de la sphère du marché aboutit à des effets négatifs tout autant que l'intrication abusive entre le politique et le religieux, et je fais cette comparaison parce que, spécialement en France, chacun est sensible à ce qui touche à la "laïcité". J'ai la naïveté de croire qu'on se fait mieux comprendre en évoquant ce parallèle, mais il semble que j'aie tort. Quand les domaines ne sont pas distingués, on assiste à un "parasitage" mutuel (vous voudrez bien excuser cette métaphore biologique de pure commodité) néfaste. Dans l'économie à tendance corporatiste, l'Etat et les grosses entreprises cherchent à vivre un peu aux dépends les uns des autres. Exactement comme vous pouviez avoir une collusion malsaine entre le personnel du clergé et le personnel de l'Etat. J'espère ici ne pas être sophiste.

Qu'appelez-vous "le capitaliste" ? Je crains d'en être un (j'ai des trucs "à la banque", et j'achète des fois des machins "made in China"). C'est à dire, à ce qu'il semble, un gamin capricieux qui se roule par terre pour une sucette : je vais rapporter ça à mes proches, ça fera passer un bon moment, ils ne me connaissaient pas sous ce jour. J'aimerais mieux comprendre, parce que vous me promettez une correction carabinée : on se croirait dans un "quartier" en présence du caïd du coin, ou dans une plantation esclavagiste. Que proposez-vous pour sortir de l'enfer néo-libéral ?

Je précise que je ne suis pas un anarcho-capitaliste. Je ne grince même pas des dents à l'idée que les pharmaciens de notre nation soient certifiés par l'Etat. Ce monde sublunaire étant imparfait, j'observe tout de même que ces austères praticiens proposent diverses poudres de perlimpinpin. Est-ce l'effet d'une intrusion néo-libérale ? D'un manquement des autorités ? Du désir altruiste de faire rêver les clients, comme doit le faire tout bon politique ? Ayant demandé à une pharmacienne si elle croyait aux vertus de sa thériaque, je n'ai eu qu'un soupir.

Dans toutes ces questions, nous touchons parfois à des distinctions de base entre les conceptions de l'homme, de la société. Nous entrons dans le domaine de la morale. D'où passions, indignations, condamnations. C'est sûr que le mouvement inertiel ou la trigonométrie, c'est plus reposant.

Pour augmenter la fureur de Phoebastria, je trouve un article de Garello (ce simplet de village) sur le site de l'Institut Turgot (aïe !), "Etat-providence et immigration : la solution libérale" (26 décembre 2010). Deux phrases : "Parmi mes étudiants [africains], ceux qui retournent chez eux vont devenir ministre de quelque chose. Au Gabon, le nombre de ministres par rapport à la population correspondrait en France à 15 000 ministres."

Alski a dit…
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Alski a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Alski a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Alski a dit…

Curmudgeon :

Si je peux me permettre, vous entrez dans des explications de détail d’une économie très complexe quand vous n’avez visiblement pas compris ce qu’est l’argent. (Je ne dis pas ca méchamment, jamais on ne nous explique ce qu’est l’argent, il est donc normal de ne pas le savoir. Ce qu’il est intéressant de noter.)

L’ayant déjà expliqué cent fois ici je vous dirige simplement vers, disons : L’ile des naufragés de Louis Even pour commencer, L’argent dette de Paul Grignon et n’importe quel bouquin d’Eustace Mullins pour finir.

Ensuite vous confondez interventionisme (L’état participe à l’économie.) et souveraineté monétaire. (La nation est maitre de ses finances.)

La nation francaise à donc perdu cette souveraineté suite à la loi Rothschild (Merci de ce rappel très important Phoebastria.) et l’état achete désormais de l’argent a des banques privées. C'est-à-dire que la banque met 100 euros sur la table et en demande 150 à la fin de l’année. Comment ne pas voir que ce système ne peut qu’appauvrir une nation quand l’argent doit servir l’économie et non l’inverse.

...

Alski a dit…

...

Quand au capitalisme, un salarié qui se leve tous les matins pour échanger son temps et ses compétences contre un salaire, (J’imagine que c’est votre cas.) meme s’il à 20.000 euros sur son livret A et joue avec 50 actions EDF à la bourse n’est pas un capitaliste.

Un capitaliste n’est pas productif. Il gère un portefeuille d’actions, à un appartement dans 10 capitales différentes, et se contrefout des nations qu’il voit plutot comme une entrave à l’exploitation de la main d’œuvre dont il tire son profit.

Il n’hésite pas à faire tomber les frontières, déplacer les entreprises d’un pays à l’autre en fonction du cout de la main d’œuvre, à faire passer des lois pour favoriser l’immigration afin de créer un sous-prolétariat et faire baisser les salaires.

D’où d’ailleurs cette volonté de mondialiser, de métisser et de rendre inculte afin d’à la fois se débarasser de nations et de cultures pouvant leur faire obstacle et de créer une masse uniforme de consommateurs abrutis, sans racines ni spiritualité.

C’est précisemment ce capitalisme apatride qui est la cause des maux dont Boizard accuse soit l’immigré maghrébin ou le fonctionnaire francais suivant son humeur et/ou ses lectures. Ce qui est soit malhonnete soit completement idiot.

FB >>> « La banque fait partie des professions les plus controlées. » Les truands sont donc très controlés ? Et alors ? C’est comme si vous me disiez que le métier de tueur à gage est la profession la plus controlée et qu’elle ne peut donc pas etre responsable des meurtres, c’est absurde.

Phoebastria a dit…

Curmudgeon a ércit : " il faille combiner des approches de psychologue, d'anthropologue, de sociologue, de politologue, d'économiste. Une telle construction ne se fait pas sans de longs efforts."

Je ne ramène pas tout à la biologie, loin de là ; je l'avais fait exprès pour vous voir citer quelque chose, mais vous l'avez oublié, comme je l'y attendais.

Vous éludez, donc, un facteur fondamental de la société : son ESPACE et la discipline qui en traite, la GEOGRAPHIE ! Et parallèlement, vous oubliez aussi le temps et l'histoire.

Comment voulez-vous comprendre quoi que ce soit de l'économie dans un espace virtuelle lisse, malthusien, où toute aspérité (tant physique que sociale, comme une barrière douanière par exemple) n'a que valeur d'obstacle à abattre ? Comment voulez-vous comprendre les emboîtements d'échelles en économie sans connaître ceux étudiés précisément par la géographie ?

Mon objectif n'était pas de légitimer la dette publique. En revanche, la macroéconomie, je l'ai vu fonctionner quelque part, sans crises, avec des prix d'équilibres rarement rompus. Si si !.. C'est l'économie réalisée entre les joueurs de World of Warcraft, un monde géographique complet, avec ses discontinuités, ses frontières, ses zones ! La création monétaire (pièces d'or) est générée par une sorte d'Etat, l'ensemble des personnages non joueurs qui rachètent des objets à un prix fixe ou rémunère des "services" (quêtes). Les échanges entre joueurs sont libres à l'hôtel des ventes, mais on peut toujours tabler sur les mêmes prix !

A étudier de près.

Thalassarche a dit…

Où avez-vous vu que M. Boizard accusait les banksters mondialistes apatrides ?

Saku a dit…

@Anonyme :
"le basculement du monde vers l'est" ,vous en parlez comme si c'était un phénomène naturel comme la météo !
expliquez moi pourquoi et comment cela est survenu."

Vous semblez penser que ce basculement est une mauvaise chose.
Or tout bon citoyen de ce monde, devrait se réjouir que 2 milliards d'être humains (je pense à Inde + Chine mais il y en a d'autres) sortent de la famine, et pour un nombre de moins en moins négligeable de la pauvreté tout court.
Dans ces 30 dernières années qui ont pourtant été le théatre d'un "libéralisme impitoyable".

N'est-ce pas le voeu le plus pieu que nous puissions faire en ce bas monde, de toute notre existence durant ?
Le recul de la famine dans le monde ne vaut-il pas une messe, ou disons un peu de notre niveau de vie ?

Il va falloir que les anti-mondialistes un jour réponde à cette contradiction.

fboizard a dit…

Alski, Phoebastria,

Vos théories anti-banquières me semblent fumeuses. Mais j'ai la flemme d'en discuter, ce que vous pouvez à bon droit me reprocher.

C'est pourquoi je remercie Curmudgeon qui paraît bien parti pour s'y coller.

Mon désintérêt pour cette discussion a une raison simple : je pense que la solution de nos problèmes économiques peut se faire sans imaginer un bouleversement fondamental du système économique.

Je préconise une chose simple : des banques obligatoirement en commandite.

Comme mesure immédiate, je souhaite une liquidation d'autorité des banques insolvables ; malheureusement, je sais que c'est impossible : une telle chose devrait être faite très vite, si possible un week-end, c'est impossible dans le cadre institutionnel actuel. C'est ma part d'utopie.

*****************

Je fais la différence entre cosmopolitisme et mondialisme.

Je suis pour la mondialisation économique, mais seulement économique. Je suis persuadé qu'effectivement, elles tirent les hommes de la misère et que nos vieux pays, à condition de faire preuve de courage et d'intelligence, peuvent s'y faire leur place.

Par contre, je suis opposé au cosmopolitisme («disposition d'esprit qui fait qu'on trouve une patrie aussi bien ailleurs que dans son propre pays» d'après le Littré). Je suis opposé à l'idée des hommes abstraits, apatrides, déracinés interchangeables et partout pareils. C'est pourquoi, à mes yeux, les droits de l'homme existent, mais sont très restreints. L'expression «citoyen du monde» a la faculté de me mettre dans des transes hargneuses.

Je pense que l'anti-cosmopolitisme, le patriotisme, est le véritable «respect des cultures» dont on nous bassine tant. Chacun chez soi et l'on se foutra moins sur la gueule.

Mondialisme (au sens où je le définis) et patriotisme sont cohérents : c'est parce que les hommes n'ont pas vocation à circuler (plus exactement, à s'installer) librement que les marchandises et les capitaux doivent pouvoir circuler librement : un Chinois épris de Romanée-Conti n'a pas besoin de s'installer en Bourgogne pour assouvir sa passion, il peut faire venir des caisses à Pékin.

Vous remarquerez que mondialisme et patriotisme forment un couple équilibré : l'un permet de comprenser les défauts de l'autre.

C'est parce que l'UE n'a aucun patriotisme qu'elle est ouverte à tous vents et ne sait pas faire face aux inconvénients de la mondialisation.

La Chine, les USA ou l'Inde s'en sortent beaucoup mieux, justement parce que la itoyenneté du monde n'y est pas à la mode..

Alski a dit…

Vous qui vous réclamez de Montaigne je suis sur que vous prendrez le temps d'étudier ces "théories fumeuses", ainsi vous comprendrez l'argent. C'est un point essentiel avant meme de s'autoriser à discuter d'économie.

Il n'y a aucun boulversement économique à craindre. Le systeme monétaire reste en place, les banques aussi, seulement la France redevient propriétaire de sa monnaie. (Comme de la période CNR jusqu'en 73 ou la France a été prospère.)

Quel bénéfice avons nous tiré de l'abandon de ce droit de créer de l'argent à un consortium de banques privées?

Si vous considérez que le mondialisme et le patriotisme sont cohérents parceque vous voudriez une Patrie forte et respectée qui ne serait par pour autant renfermée sur elle meme et aurait sa place dans le monde alors je suis entièrement de votre avis.

Ceci dit votre définition du mondialisme est erronée car il n'a rien à voir avec l'économie. C'est l'instauration d'un pouvoir POLITIQUE supranational au niveau de la planète. (Ce qui fait de L'UE une mondialisation à l'échelle du continent européen.)

Les nations n'ont pas attendu Attali pour commercer entre elles que je sache. Pourquoi voudriez vous etre régit par une instance supranationale au niveau politique?

Donc si vous etes d'accord avec moi pas besoin de cosmopolitisme NI de mondialisation pour faire du commerce entre nations patriotes.

Théo2toulouse a dit…

"Un capitaliste n’est pas productif. Il gère un portefeuille d’actions"

N'importe quoi !
Quand vous achetez des actions vous financez une entreprise, ses investissements et les salaires qui iront avec. Vous permettez la création de richesses et d'emplois. Un capitaliste est donc productif.

Vous irez expliquer aux millions de salariés français qui ont une assurance-vie que ce sont des salauds de capitalistes.

L'épargne, c'est la source de la prospérité.

"Vos théories anti-banquières me semblent fumeuses."

Vous pouvez aussi rajouter à leur fumisterie la citation permanente de noms juifs avec.

Certains commentateurs sont fâchés avec l'usure : ils devraient aller voir comment les banquiers musulmans, qui ont interdiction de prêter avec intérêts, se démerdent pour contourner cette interdiction.

Le taux d'intérêt, c'est le prix du temps mais aussi celui du risque. L'argent qu'un banquier prête ne vient pas de nulle part, il vient des poches des épargnants qui leur confient leur économies pour qu'elles leur rapportent quelque chose.

Anonyme a dit…

@ Alski,

"Quel bénéfice avons nous tiré de l'abandon de ce droit de créer de l'argent à un consortium de banques privées?"
Et vous faites allusion dans un commentaire plus haut à la loi de janvier 1973.

Il se trouve que cette loi a enrichi les banques privées, mais ce n'était pas son but : cette loi était à l'époque le seul moyen trouvé pour pouvoir continuer à dépenser sans compter. Dans le système de changes flottants qui se mettait en place à l'époque, sans recours aux banques privés le franc aurait tellement été dévalué qu'il n'aurait plus rien valu face aux autres monnaies.

Alors le franc n'a pas été dévalué mais il y a eu endettement.
Ce qui, quelque part, est reculer pour mieux sauter, puisque 30 ans après on se retrouve avec un endettement terrible.

Il n'empêche que la vraie cause de cette dette (que vous semblez nier en mettant tout sur le dos de la loi de 1973) semble être davantage les dépenses de l'Etat plutôt qu'un simple problème de réglementation comme vous le dites.

Et je rejoins les commentaires de Saku a propos du recul de la famine, sauf principalement dans les zones qui ne participent pas ou peu pour diverses raisons aux échanges commerciaux mondialisés.


pedro

Alski a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Alski a dit…

Theodetoulouse:

Visiblement le sujet vous est extremement confus.

Les réserves des épargnants? Vous etes vous deja rendu à la banque pour retirer de l'argent de votre CEL et vous entendre répondre: Désolé il va falloir attendre, nous avons prêté votre argent à quelqu'un d'autre?

Ensuite vous confondez l'entrepreneur qui hypothèque sa maison et emprunte 250.000 euros pour monter une entreprise en province, créant ainsi effectivement des emplois en prenant des risques et le capitaliste qui achete une partie de cette entreprise et demande a recuperer une partie de la plus value créée par le patron et ses salariés sans fournir aucun travail productif.

D'autant que vous ne voyez que le coté positif de l'achat d'actions entrainant un investissement, (Ce qui est tout a fait exact.) mais savez vous ce qui se passe sur le terrain quand l'actionnaire demande que ses dividendes augmentent chaque année sous peine de retirer ses billes?

J'ai donné des pistes de lecture (Certaines existent en vidéo si vous n'etes pas lecteur.) Je ne vous demande pas de me croire sur parole mais instruisez vous et faites vous votre propre idée ainsi nous pourrons discuter.

Alski a dit…

Pedro,

je ne comprend rien à votre commentaire:

Si on voulait pouvoir continuer à dépenser sans compter sans dévaluer la monnaie il fallait arreter de se preter de l'argent gratuitement et commencer à acheter de l'argent très cher aux banques privées, c'est ca?

A quelle loi et/ou quel homme politique faites vous référence quand vous parlez de cette extraordinaire mesure économique du "dépenser sans compter"? (Dépensez vous sans compter Pedro?)

Soyons sérieux, vous confondez le levier que représente effectivement le taux d'interet dans l'economie en terme de frein ou d'accelerateur a l'emprunt et donc à l'investissement et a la consommation et le fait que ce taux d'interet soit récupéré par l'état (C'est a dire vous et moi.) dans un cas, puis gracieusement donné aux banques privées depuis 73.

Vous me dites de plus que la vrai cause de la dette sont les dépenses de l'état. Si c'est le cas le fait d'acheter désormais de l'argent encore plus cher aux banques privées ne fait qu'accéllérer le problème.

Comprenez vous cette loi Giscard Pompidou Rothschild?

Alski a dit…

Au final beaucoup d'entre vous essayez de défendre une loi qui vous endette.

Etes vous a ce point masochistes?

Robert Marchenoir a dit…

"On perd ses nerfs ? Elle est où la politesse légendaire de M. Boizard, prétendu admirateur de Jacqueline de Romilly ?"

Comportement de Phoebastria exactement identique à la méthode des racailles allogènes : débarquer chez les autres en foutant la merde à peine arrivé, insulter tout le monde dès son premier commentaire, puis s'offusquer de l'inévitable réaction lorsqu'elle finit, après beaucoup de patience, par venir.

Phoebastria, c'est la définition du troll.

Mais sa femme est prof de grec : cela lui donne, à l'évidence, le droit d'insulter tout le monde ici.

En réclamant l'impunité.

Phoebastria n'est pas seulement un con, c'est aussi un salopard.

Et il affiche des opinions de gauche. Tout est cohérent. La gauche, par définition, est le contraire de la droiture.

Phoebastria a dit…

Robert Marchenoir est le parfait prototyype du gros connard de commercial formaté et puant, qui ne sait parler que de fric. Il doit être chiant dans ses soirées.

Théo2toulouse a dit…

"Désolé il va falloir attendre, nous avons prêté votre argent à quelqu'un d'autre?"

Pourquoi faut-il faire une demande préalable plusieurs jours à l'avance pour retirer des grosses sommes sur son compte ?

Essayez de récupérer l'argent de votre assurance vie en vous présentant au guichet de votre banque sans RDV et on en reparle.

Vous confondez les banques de dépôts, qui n'ont théoriquement pas le droit de prêter l'épargne et les banques d'affaires qui ont le consentement des épargnants pour que les économies soient placées. Malheureusement, depuis plusieurs décennies, il y a confusion des genres.

@ Phoebastria

Vous ne devez pas lire souvent les messages de Robert, qui sont des modèles de qualité littéraire dont vous feriez bien de vous inspirer.

Celui qui parle tout le temps de fric ici - et accessoirement des Juifs et des banquiers, pardon, des banksters - c'est vous, pas Robert. C'est typique des gauchistes : ils ont cette obsession pathologique de l'argent, et en particulier celui des autres. Typique également de cette schizophrénie du gauchiste qui passe son temps à cracher sur l'argent, à jurer la main sur le coeur qu'il n'est pas matérialiste, qu'il croit en des valeurs spirituelles supérieures à celles qui dominent la société et qui hurle à tout va parce que son voisin gagne 500 euros de plus que lui.

Anonyme a dit…

@ Alski,

"Comprenez vous cette loi Giscard Pompidou Rothschild?"

Vous voudrez bien me l'expliquer et me confirmer que son but est l'enrichissement des banques privées.

"Vous me dites de plus que la vrai cause de la dette sont les dépenses de l'état. Si c'est le cas le fait d'acheter désormais de l'argent encore plus cher aux banques privées ne fait qu'accéllérer le problème."

Effectivement je crois que le problème c'est bien la dépense de l'Etat. La solution actuelle amplifie ce problème (mais ne le crée donc pas) et la solution que vous regrettez (= emprunt à la Banque de France) aurait provoqué, à l'époque, une dévaluation du franc ruineuse.

D'ailleurs Mitterrand, pour ces raisons de dévaluation du franc a du se raviser, je crois, et changer pro parte de politique économique.


"Au final beaucoup d'entre vous essayez de défendre une loi qui vous endette.
Etes vous a ce point masochistes?"

Pouvez-vous m'expliquez une alternative et me convaincre que, sans cette loi, nous ne serions pas ruinés par l'inflation du franc ?


Cela dit je suis convaincu que la maîtrise des dépenses publiques, au-delà du risque électoral évident, est une affaire très difficile.

pedro

fboizard a dit…

J'ai lu il y a quelques années un excellent texte sur l'embrouille, un des sports favoris des allogènes. Vous savez l'inconnu qui vous aborde, l'air faussement sympa mais tout de même un peu agressif, en vous demandant un petit service puis un autre puis s'énerve (généralement en vous accusant de racisme et d'impolitesse) quand vous finissez par refuser.

Evidemment, c'est un exercice de domination : l'embrouilleur cherche à vous soumettre le plus possible.

Théo2toulouse a dit…

Evidemment que les dépenses de l'Etat sont la cause de l'endettement. Endettement justifié depuis plusieurs décennies par cette fumisterie qu'est le keynésianisme (d'ailleurs, où sont les millions d'emplois que les différents plans de relance devaient créer ?). Le gros hic dans le raisonnement, c'est que lorsque vous faites un crédit, vous devez mettre de l'argent (épargne forcée) de côté pour le payer et donc renoncer à des dépenses. Dans le cadre de l'Etat, un crédit est remboursé par les impôts. Si vous creusez les dépenses, il faut mécaniquement augmenter les impôts. C'est un cercle vicieux sans fin jusqu'au jour où arrive la cessation de paiement. C'est pour cela qu'il faut baisser les dépenses publiques ET les impôts, et faire baisser les dépenses encore plus vite que les impôts.

Vous ne pouvez pas passer votre vie entière à dépenser plus que vous ne gagnez. C'est pour cela que l'Etat doit être frugal et centré uniquement sur ses missions régaliennes.

@pedro : oui, c'est une affaire difficile quand vous n'avez pas les c******* pour entreprendre des réformes, des vraies, pas un toilettage du modèle social communiste français. Quand la cessation de paiement, qui est inéluctable, arrivera, le gouvernement aura deux solutions :
- mettre en route très rapidement des réformes radicales et douloureuses pour restaurer la confiance du pays et des investisseurs
- instaurer une dictature et continuer la fuite en avant. Et vous de faire vos valises.
Je crains malheureusement que ce ne soit le second scénario qui se produise en France.

Phoebastria a dit…

Le pseudo "Marchenoir" nous a en effet gratifié de belles qualités littéraires (salopard, etc.). Je confirme. Il fallait oser... De mon côté, je m'affirme populiste, donc je suis cohérent en employant ces mots pour répondre à la bergère.

Pour le reste, dans la vraie vie, j'ai le don (que je cultive un peu il est vrai) de me faire détester par les gros cons (genre bureaucrasse qui n'a que le mot "règlement" à la bouche), je suppose qu'ici ça se prolonge.

Et cessez d'appelez "gauchiste" quiconque ne souscrit pas à votre mondialisme (M. boizard l'a avoué sans honte), concept gauchiste puant mais reformaté et relooké de droite par des guignols de publicitaires néo-cons.

Typique de l'inversion des valeurs ; votre petite dialectique sur mon comportement "gauche" (au sens de tordu) ne trompe que votre microcosme groupusculaire, qui cherche à se convaincre lui-même qu'il est la "Vérité".

La vérité, justement, c'est que les néolibéraux ont des intérêts communs évidents avec la gauche bôbô ; et de fil en aiguille, ils copinent avec les néo-cons. Kouchner, ancien gôcho caviar devenu libéral et maintenant atlanto-sioniste. Et ils sont légion dans ce cas. (bien sûr que la raclure sioniste est au coeur de ce processus, tant pis si comme la crasse de la LICRA vous allez hurler à l'ââântîîsèèèmitissssmeuheh".

Face à cette fornication infâme entre la fausse gauche et la droite du fric, il reste la droite des valeurs et la gauche du travail qui peuvent s'allier. C'est le nouveau clivage :mondialisme contre souverainismle ; le reste n'est qu'embrouille. A commencer par le concept pourri à la Boizard, il fallait oser : le "je suis mondialiste et patriote" (avec, en prime, la liberté de circulation pour le fric mais surtout pour les gens : la caricature de la société pourrie que nous préparent les sionsites et les néo-cons).

Phoebastria a dit…

"mais surtout PAS pour les gens"

Théo2toulouse a dit…

Quand le vol et accessoirement le meurtre font partie des "valeurs" que l'on défend, celui qui les profère est effectivement un salaud. Donc 100 % avec Marchenoir.

"la liberté de circulation pour le fric mais surtout pour les gens"

Rappelez-moi d'où la France tire son nom, j'ai comme un trou de mémoire.

Curmudgeon a dit…

Alski : Je ne suis pas économiste, et je ne prétends donc pas être d'une science techniquement poussée sur la monnaie. Mais je connais "L'argent dette" de Grignon, etc. Je ne crois pas confondre interventionnisme et souveraineté monétaire. Il se trouve que je suis un peu sceptique quant aux vertus de la souveraineté monétaire. Il semble que je ne sois pas le seul. En principe ce pourrait être une bonne chose, si on suppose que l'Etat est tenu par des hommes droits qui ont véritablement le sens du bien commun et une vision idoine des principes économiques de base. Malheureusement l'Etat est tenté de manipuler la monnaie. Les hommes qui tiennent l'Etat ne sont ni plus clairvoyants ni plus vertueux que les particuliers et les hommes qui possèdent les entreprises. Et ils ont en général un pouvoir considérablement plus étendu ; il serait donc étonnant qu'ils ne se laissent pas aller à en abuser. C'est ce qu'ils font assez souvent. L'histoire de ces manipulations étatiques a été établie depuis longtemps, c'est une accablante litanie, concernant une période très longue, des Etats très différents, et déjà avec l'Empire romain. Comme mille auteurs l'ont dit, l'Etat devient alors faux-monnayeur. Et ainsi que l'observait sarcastiquement Frédéric Passy en 1909, avec bien d'autres : "Les rois, si habituellement adonnés à la falsification des espèces, n'ont pu réprouver qu'avec un certain embarras ce qu'ils pratiquaient si hardiment au grand jour. Patrons, en quelque sorte, de la corporation des faux monnayeurs, ils ont dû avoir sans doute, pour leurs obscurs confrères [les faux-monnayeurs condamnés à mort], sinon une bienveillance bien vive, au moins quelque indulgence et quelque respect.". Ce que les monarques pratiquaient, les républiques surent le faire aussi. En outre dès l'instant que les Etats ont été assez forts pour s'affranchir de l'adossement sur l'or, ils ont sauté sur l'occasion, avec des résultats qui ne sont pas très probants. Le droit de créer de la monnaie me semble extraordinairement malsain. C'est vraiment la construction d'un monde de faux-semblants.

Par ailleurs, je doute que le capitalisme apatride s'ingénie activement à rendre inculte les populations pour se débarrasser des peuples et des cultures afin de créer une masse d'abrutis. C'est prêter aux "capitalisme" une capacité de complot sans bornes, un activisme d'une efficacité redoutable, une perversité digne des romans d'Eugène Sue.

Alski a dit…

Phoebastria :

Vous avez absolument raison! Enfin quelqu'un qui pense...

Curmudgeon, Theodetoulouse et Pedro:

Plus vous parlez plus vous dites n'importe quoi. La fausse monnaie maintenant! L'argent n'est qu'une réprésentation d'un bien, d'un travail, d'un effort humain.

L'argent c'est de la confiance, un intermédiaire destiné à sortir de la lourdeur du troc. C'est une magnifique invention.

Un groupement d'individus s'est approprié la création de monnaie et la vend comme si elle était un produit. Comment ne pouvez vous pas comprendre l'énorme arnaque du principe de cette chaise musicale dont il ne restera qu'un seul vainqueur?

Alski a dit…

Curmudgeon

Peut etre me suis je mal exprimé.

L'état c'est le peuple, c'est vous et moi.

Pas le ramassis de commerciaux qui travaillent en ce moment pour l élite apatride capitaliste.

Il faut que nous nous réapproprions la politique, mais pour celà il faut que nous nous instruisions.

Si vous etes heureux de payer votre maison 2 fois son prix et d'avoir le choix entre Strauss Kahn et sarkozy en 2012 remarquez...

weetabix a dit…

Tout à fait d'accord avec Phoebastria également.

Alski a dit…

Theo2toulouse

Ce sont les prets qui font les depots et pas l'inverse.

Renseignez vous de facon serieuse svp.

Curmudgeon:

"En principe (la souverainteté monétaire.) pourrait être une bonne chose, si on suppose que l'Etat est tenu par des hommes droits qui ont véritablement le sens du bien commun et une vision idoine des principes économiques de base."

Exactement!

Il est tout aussi évident que laisser cette gestion à des businessmen à été une décision catastrophique. Regardons autour de nous.

A nous donc de reprendre la politique en main.

Phoebastria a dit…

Merci Alski et Weetabix d'intervenir pour ne pas laisser entre eux ces messieurs qui voudraient converser au sein de leur secte.

Theo2toulouse a écrit "Quand le vol et accessoirement le meurtre font partie des "valeurs" que l'on défend, celui qui les profère est effectivement un salaud."
A mourir de rire.

Pour ceux qui n'ont pas suivi le film : le "vol", ce sont les impôts, les "victimes", ce sont les banquiers et les recéleur du butin ce sont les étudiants qui ne paient pas assez de frais d'inscription.

Quant aux "meurtre". Je m'étouffe là... Le meurtrier, c'est celui qui dénonce Israël et les sionistes, donc forcément un nostalgique d'Auswitch.

Pour info : Messieurs Raoult et Goasgen ne sont pas juifs mais sont sionistes ; Monsieur Bkouche, au contraire, est juif mais pas sioniste. Difficile à comprendre pour les esptrits faibles.

Là où je me marre, c'est que les mêmes qui prétendent défendre Zemmour quand il parle des "Noirs et des Arabes" ne supportent pas quand on touche à leur petit communautarisme - pourtant bien placé tout en haut de l'Etat et noyautant tous les partis - et nous font suffisamment de points Godwin pour devenir major à l'agrégation de connerie. Même la LICRA ne les battrait pas à cet exercice.

On aura compris que le "politiquement incorrect" est ici à deux poids deux mesures.

Même si j'ai eu 2 ou 3 problèmes de vol avec des individus issus de populations immigrés, je ne tombe pas dans le panneau. Quand je suis mordu par un chien, je ne frappe pas le chien mais le maître. Et ici, il y a un nid avec plein de copains su maître (l'un d'entre eux a d'ailleurs avoué son mondialisme. Or l'immigration n'est qu'une forme de délocalisation intérieure ).

Titus a dit…

Théo2toulouse: "L'argent qu'un banquier prête ne vient pas de nulle part, il vient des poches des épargnants qui leur confient leur économies pour qu'elles leur rapportent quelque chose."

ça fait longtemps que ça n'est plus le cas, voir l'argent dette>> http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news

700000 milliards d'€ (de créances/dettes)créés à partir de rien, ça dépasse de très loin les dépôts des épargnants, c'est au moins 12 fois le PIB cummulé de planète.

Curmudgeon a dit…

Sylvère Tajan, "Spirale de la dette", 12 janvier 2011, sur objectifliberte. Il y est question de la "culture" de la dette aux Etats-Unis, totalement contraire à la vision des Pères fondateurs.

Anonyme a dit…

@ Alski,

Je me suis mal fait comprendre ou vous avez mal pris mes questions, mais j'attendais sincèrement des réponses, plutôt qu'une réponse du type "... Pedro : Plus vous parlez plus vous dites n'importe quoi", ce qui ne m'aide pas beaucoup à comprendre.


Je reprends :

- Pouvez-vous m'expliquer la loi Giscard Pompidou Rothschild ?

- Pouvez-vous m'expliquez une alternative et me convaincre que, sans cette loi, nous ne serions pas ruinés par l'inflation ?

Cordialement,

pedro

Curmudgeon a dit…

Alski : Vous dites, très justement, que l'argent, magnifique invention, c'est de la confiance. C'est pourquoi, depuis les Romains, le manipulateur étatique de la monnaie est immoral, car il trahit la confiance. Il est tout aussi immoral que l'escroc privé. Je ne pense pas que nous soyons si éloignés que ça sur ces questions, mais je me trompe peut-être.

La comparaison des manipulations de la monnaie par le Prince (monarque ou république) avec le faux-monnayage n'est évidemment pas de moi, vous le savez, elle est très ancienne. Au XIVe siècle Oresme considérait ces opérations comme un péché grave. Pourquoi refusez-vous d'admettre que, en manipulant la monnaie, en créant l'inflation, ou en instaurant un cours forcé (déjà Caracalla), on se conduit et en mauvais gestionnaire, irresponsable au mieux, et même en voleur ? Est-ce parce qu'il faudrait idolâtrer l'Etat ? Non, ce n'est pas votre pensée.

Vous dites d'ailleurs que l'Etat, c'est le peuple, vous, moi. Si seulement c'était le cas ! L'Etat est, de fait, une entité externe au peuple, susceptible d'utiliser la force illégitime contre lui, plus facilement que le peuple ne peut utiliser la force légitime contre l'Etat. Par ailleurs, qui vous dit que je serais heureux d'avoir à choisir entre Strauss-Kahn et Sarkozy ? Je n'ai voté pour Sarkozy que parce que je ne pouvais pas voter pour Ségolène Royal, étant donné que, entre deux maux, on choisit le moindre. On en est tous réduits à ça, sauf à s'abstenir.

Phoebastria : On lit : "guignols publicitaires néo-cons", la "raclure sioniste", un "nid", une "secte", des "copains au maître", des "esprits faibles". Pour ma part, c'est bizarre, il ne me viendrait pas à l'idée de dire que Weetabix, Alski, Phoebastria, sont des esprits faibles. Des gens animés de fortes convictions différentes des miennes, oui, mais pas des esprits faibles. En revanche, pour ma part, je n'ai aucune vergogne à reconnaître que je suis un imbécile. On est toujours l'imbécile de quelqu'un.

Phoebastria a dit…

"Des gens animés de fortes convictions différentes des miennes, oui, mais pas des esprits faibles. "

Certes, mais je me donne un droit de réponse au florilège d'invective que j'ai reçues seul contre 4 ou 5.

Titus a dit…

La dette, les banques, les agences de notation:
Jovanovic & M.Le Pen
http://frenchcarcan.com/2011/01/14/vous-navez-pas-peur-detre-elue-des-le-premier-tour/#comments

Alski a dit…

Curmudgeon

Vous avez raison je crois qu’on commence à se comprendre.

Je crois que la clé c’est de saisir que peu importe qui s’approprie la monnaie pour en faire une marchandise, c’est de là que vient le problème.
Peut etre meme qu’Oresme à raison quand il considere que c’est pire quand c’est le souverain qui trahi, car contrairement au banquier, celui-ci à au départ a confiance du peuple.

J’aimerais, vous l’avez compris, pouvoir idolatrer un chef d’état et lui faire confiance.
Alors vous avez raison de vous posez la question, peut on faire confiance à un chef d’état ?
Mais je crois avoir ma part de juste raisonnement quand je dis qu’un banquier ne travaille qu’à son propre profit et qu’il est donc à écarter d’office de la gestion de la monnaie.

Pour ce qui est de la politique je reve d’une figure à la Chavez. Comme le disait Phoebastria un mélange des bons cotés de la droite ET de la gauche. L’inverse de ce qui existe en ce moment – parfaitement incarné par le couple présidentiel – l’alliance du coté libéral capitaliste de la droite et du coté BOBO de la gauche.